(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Revue des études juives 1910"

' ■*•■'• *i '"■ 



m 






r v . 






i Vtfc ; 






■ 









* 



■\ î 



J 






- 






' 



( 



f-î 



CM* 












REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



2, X 



VERSAILLES. - IMPRIMERIES CERF, ">9, HUE DUPLESSIS. 



r^P^ REVUE 



9*1 

DES 



ÉTUDES JUIVES 



PUBLICATION TRIMESTRIELLE 
DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOME SOIXANTIÈME 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE DURLACHER 

142, RUE DU FAUBOURG-SAINT-DENIS 

1910 




loi 

t.U) 



LE TEMPLE DE JERUSALEM 

(suite et fin ') 



5. L'intérieur de l'enceinte sacrée. 

Josèphe nous a donné peu de détails sur l'enceinte sacrée qu'il 
appelle le second hiéron. La Michna est ici encore bien plus expli- 
cite. Sans vouloir donner à ses dires plus de valeur qu'ils n'en 
méritent, j'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de les rap- 
porter, sauf à les discuter autant qu'il nous sera possible de le 
faire. 

L'atrium des femmes, disent donc les rabbins 2 (voir Planche V), était 
d'une longueur de 135 coudées, sur 135 de large. Dans ses quatre angles se 
trouvaient quatre salles, chacune de 40 coudées, et qui n'étaient pas recou- 
vertes. L'atrium des femmes était tout uni et de même niveau dans toutes 
ses parties; mais on le délimita, à l'intérieur, par une tribune, afin que les 
femmes pussent regarder d'en haut et les hommes d'en bas, sans être 
mêlés. Et 15 degrés montaient du milieu (de son extrémité occidentale) à 
l'atrium d'Israël, répondant aux 15 degrés qui se rencontrent dans les 
Psaumes: c'est là que les Lévites chantaient. Ces degrés n'étaient pas 
droits, mais contournés à la façon d'une surface semi-circulaire. 

Il y avait des salles, sous l'atrium des Israélites, qui s'ouvraient dans 
l'atrium des femmes 3 : c'est là que les Lévites plaçaient leurs cithares et 
leurs nables, avec les cymbales et tous les instruments de musique. 

L'atrium d'Israël était de 135 coudées de long, sur 11 de large. L'atrium 

1. Voyez Revue, t. LIX, p. 14 et 161. 

1. M iddot. il, 5, sqq. 

3. L'Empereur dit à ce propos : « R. Chemaïa explique assez heureusement ce 
passage, quand il dit : « 11 y avait au-dessous (de l'atrium d'Israël) des cavités 
« qui s'ouvraient du coté de l'atrium des femmes, dans l'élévation couverte par les 
« 15 degrés. » 

T. LX, N" 119. 1 



2 REVUE DUS ETUDES JUIVES 

des prêtres était, de même, de 135 coudées de long, sur 11 de large. Les 
saillies des poutres formaient la division entre l'atrium d'Israël et celui 
des prêtres. H. Eliézer, fils de Jacob, dit: Il y avait une élévation, de la 
hauteur d'une coudée, sur laquelle se trouvait une estrade, où conduisaient 
trois degrés, chacun d'une demi-coudée. On trouve de là que l'atrium des 
prêtres était de 2 coudées et demie plus haut que celui d'Israël. La lon- 
gueur de l'atrium entier était de 187 coudées, sur 135 de large. Et il y 
avait là treize adorations l . . . 

L'autel, lit -on plus loin* (voir Planche Vf, fuj. 1 et 2), était de 
32 coudées de côté sur chaque face. A la hauteur d'une coudée, il rentrait 
d'une coudée, ce qui formait sa base, et, à partir de là, il n'avait plus que 
30 coudées sur chaque face. Il montait de 5 coudées et rentrait alors 
d'une coudée, ce qui formait le circuit. Dès lois, il n'était plus que de 
28 coudées sur chaque face. L'espace occupé par les cornes prenait une 
coudée de chaque côté, de sorte qu'il ne restait plus sur chaque face que 
26 coudées. L'emplacement réservé pour la circulation des prêtres était 
d'une coudée de chaque côté, de sorte que le lieu du feu comprenait sur 
chaque face 24 coudées. R. Yosé dit: Dans le principe, l'autel ne comptait 
que 28 coudées sur chaque face. Il rentrait et s'élevait, avec ces dimen- 
sions, jusqu'à ce que le lieu du feu fût de 20 coudées sur chaque face. 
Ceux qui avaient subi la captivité, étant de retour, lui ajoutèrent 4 cou- 
dées au nord et 4 à l'occident, en forme de la lettre gamma (r), parce 
qu'il a été dit dans Ezéchiel (xliii, 16) : Ariel est de 12 coudées en long- 
sur 12 en large, en carré. On aurait pu en conclure qu'il n'avait que 
12 coudées sur chaque face; c'est pourquoi, en disant : vers .ses quatre 
côtés, il montre que, du milieu, il mesure 12 coudées en chaque sens 3 . 

Il y avait, en outre, un chemin montant, du côté du sud de Tau tel, sur 
une longueur de 32 coudées et une largeur de 16'*. 

Il y avait un bassin entre le vestibule, ablK, et l'autel, et il s'étendait 
du côté du sud 5 . 

1. Il y a évidemment ici une interpolation dans le texte rabbiuique. On reprend on 
effet, en cet endroit, le texte que nous avons déjà lu chap. H, n. 3, relativement au 
clryphactos. Quant à la phrase précédente, nous la retrouverons pins loin, chap. v, 
n. 1, d'où elle semble être venue s'égarer ici. Pour ce qui est de l'élévation de 
l'atrium des prêtres au-dessus de celui d'Israël, voici comment on pourrait la repré- 
senter graphiquement. 

„ Aov" d- 7/ -i~aJ>JL | — L_l . . ; 



2. Chap. m, 1. 

3. Eu avouant eux-mêmes, dans ce texte, qu'ils parlent de l'autel tel qu'il existait 
au retour de la captivité, les rabbins confirment l'assertion par nous émise plus 
haut, à savoir que certains détails donnes par la Mlchna concernent l'ancien temple 
et non celui d'Hérode. 

4. Loc. cit., 3. 
o. Ibid., 6. 



LE TEMPLE DE JERUSALEM 3 

La longueur de l'atrium entier était de 187 coudées, sur 135 de large. 
La longueur de 187 coudées, comptée d'orient en occident, sur une largeur 
de 135, se décomposait ainsi : le lieu de circulation des prêtres, 11 cou- 
dées; l'autel, 32 ; l'espace entre le vestibule et l'autel, 22 coudées. Le 
temple, avec le sanctuaire, comprenait 100 coudées. Il y avait ensuite 
11 coudées derrière le lieu du propitiatoire. 

Du nord au sud, les 13o coudées étaient ainsi réparties : depuis la 
montée jusqu'à l'extrémité de l'autel, 62 coudées * ; de l'autel aux 
anneaux 2 , 8 coudées; le lieu des anneaux, 24 coudées; ensuite, des 
anneaux aux tables, 4 coudées ; des tables aux colonnes, 4; des colonnes 
au mur de l'atrium, 8 coudées. Ce qui reste était rempli soit par l'espace 
depuis la montée jusqu'au mur (côté sud), soit par l'emplacement des 
colonnes 3 . 

Il y avait six salles dans l'atrium : trois au nord, trois au midi. Celles 
du nord étaient appelées : la salle du sel, la salle de Parouah, la salle des 
laveurs. Dans la salle du sel, on déposait le sel pour les offrandes ; dans 
la salle de Parouah, on salait les peaux des victimes et, sur sa toiture, était 
le bain pour le grand-prêtre dans la. fête de l'expiation; la salle des 
laveurs servait a laver les intestins des victimes; et un escalier en spirale 
montait au toit de celle de Parouah (pour le bain du grand-prêtre). 

Celles du midi étaient : la salle du bois, la salle de la source, la salle 
de la pierre taillée. Au sujet de la salle du bois, R. Eliézer, fils de Jacob, 
dit : J'ai trouvé à quoi elle servait*. Aba Chaoul dit : C'était la salle du 
grand-prêtre comme l'autre (!). Ces trois avaient une toiture pareille. Pour 
ce qui est de la salle de la source, il y avait un puits creusé, surmonté 
d'un système à poulie pour puiser et qui servait à fournir d'eau tout 
l'atrium. Dans la salle de la pierre taillée, mntt, se tenait le grand 
Conseil d'Israël, qui jugeait même les prêtres'. 

J'ai annoté ce texte de plusieurs observations, qui montrent com- 
bien il est peu sûr. Quanl aux mesures données par les rabbins 

1. Le total est inexact : il faut lire (>i. 

1. Nous lisons m, o : « 11 y avait, an nord de l'autel, six rangées d'anneaux, qui 
en comprenaient chacune quatre. Il en est qui affirment qu'il y avait quatre rangées, 
dont chacune eu comprenait six. Ils servaient à immoler les victimes. Le lieu affecté 
aux victimaires était au nord de l'autel et il y avait huit colonnes basses qui suppor- 
taient des pièces de Lois de cèdre carrées. On y avait fixé des crocs de 1er de façon à 
ce que chaque pièce de bois en comprit trois rangées. On y suspendait les victimes du 
sacrifice et on lis dépouillait de leurs peaux sur des tables de marbre qui se trouvaient 
entre les colonnes. » 

3. Ces mesures manquent de précision. Même pour celles données pour le nord de 
l'autel, ou ne peut obtenir en les additionnant la somme voulue. 

4. Cette façon de parler confirme ce que nous avons dit plus haut sur le peu de 
sûreté que trahissent parfois les affirmations des rabbius. La même réflexion de 
U. Kliézer, suivie du témoignage d'Aba Chaoul revient u, o, quand la Michna veut 
spécifier l'affectation des quatre salles du parvis des femmes. 

.';. Loc. cit., 2 et 3. 



4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pour toute l'enceinte sacrée et ses détails, je les ai reportées sur le 
plan ci-joint (voir Planche V), qui les donne dans leur ensemble. 
Or, il y a dans ce plan plusieurs particularités qui surprennent. 
C'est d'abord l'ampleur donnée au parvis des femmes, surtout si on 
la compare à l'exiguïté vraiment déconcertante attribuée à celui 
d'Israël : celui des femmes, en effet, mesure 135/135, tandis que 
celui d'Israël est réduit à 135/11. Et, à supposer, ce que la Michna 
ne semble pas admettre, que l'on eût abandonné également aux 
hommes les deux portiques internes latéraux, au nord et au sud de 
l'autel, chacun de 60/8, ce serait, semble-t-il, bien peu encore 
pour les cérémonies publiques; à moins que la tribune élevée dans 
le parvis des femmes ait eu pour objet de servir habituellement, et 
non en certaines circonstances particulières seulement, et que, par 
le fait, le parvis des femmes fût devenu partie intégrante de celui 
d'Israël. 

En outre, la Michna compte, entre l'autel et le vestibule, 22 cou- 
dées ; mais elle place, en ce même endroit, une série de marches 
couvrant nécessairement au moins 19 coudées, et il est évident, 
par son texte, que ces 19 coudées font partie des 22, mentionnées 
d'abord. Il reste donc à peine 3 coudées pour séparer l'autel des 
degrés. Il y a là un défaut indéniable de proportions. 

J'ai fait observer aussi dans le texte que les mesures données par 
la Michna pour la largeur de l'enceinte ne paraissent pas exactes. 
En effet, en additionnant les mesures de détail données, on obtient 
comme total, pour la moitié de l'enceinte, 62 coudées, et 124, par 
conséquent, pour l'ensemble, au lieu de 135, ce qui fait 11 coudées 
non accusées. 

Les rabbins nous disent encore qu'il y avait six salles dans 
l'atrium supérieur, dont trois au nord et trois au sud. On serait 
naturellement porté à placer ces salles contre le mur d'enceinte, 
entre les diverses portes. On placerait en particulier volontiers les 
salles, qui servent à garder le sel et surtout à saler les peaux des 
victimes ou à laver leurs insteslins, à proximité de l'autel et de 
l'endroit de l'immolation. Mais le soin que l'on a pris de nous 
détailler tous les points, au nord de l'autel jusqu'au mur extérieur, 
ne nous permet pas de le faire. 

Il est vraiment regrettable que nous ne puissions pas ici, comme 
nous l'avons fait ailleurs, à l'aide des données de Josèphe, pré- 
ciser plus positivement la valeur du texte rabbinique. Nous l'avons 
pu faire cependant déjà, pour ce qui concerne les dispositions du 
temple. Quant à l'autel, Josèphe nous dit qu'il avait 50 coudées de 
côté. Une telle assertion, rapprochée du texte de la Michna, a dû 



LE TEMPLE DE JERUSALEM 5 

amener plus d'un critique à sourire dédaigneusement des « chiffres 
exagérés de Josèphe ». Pour moi, j'avoue que les expériences que 
nous avons faites précédemment me donnent à réfléchir et je me 
demande si Josèphe ne serait pas seul à nous donner les vraies 
proportions de l'autel du temple d'Hérode. Je me suis permis plus 
haut d'attirer l'attention du lecteur sur ce point que, quand il 
s'agit de l'autel, les rabbins parlent sûrement de celui qui existait 
au retour de la captivité. Cela, rapproché des observations que 
nous avons eu l'occasion de faire pins haut, démontre d'une façon 
certaine tout au moins que les rabbins ont confondu des souvenirs 
relatifs aux différents temples et nous fait un devoir ici encore de 
nous tenir en garde contre leurs assertions. 

Il est remarquable que dans les trop rares cas où Josèphe nous 
donne des mesures ayant trait à l'enceinte sacrée, ces mesures ont 
quelque chose de plus grandiose à la fois et de plus harmonieux que 
les proportions mesquines et défectueuses qu'indiquent les rabbins. 
Nous l'avons vu pour les portes du temple ; nous venons de cons- 
tater que les dimensions données pour l'autel sont dans le même 
sens ; il en est de même pour l'enceinte sacrée (voir Planche Vil). 

Et d'abord Josèphe distingue, comme je l'ai remarqué plus haut, 
entre le dryphactos et le mur d'enceinte, l'espace occupé par les 
marches des 10 coudées de l'esplanade. En outre, il compte déjà 
ici quatorze marches au lieu des douze de la Michna. Puis, il nous 
signale cinq autres marches, conduisant à chacune des portes laté- 
rales. Mais c'est surtout quand il s'agit du mur d'enceinte et de ses 
portes, que les proportions semblent prendre une tournure autre- 
ment grandiose que celles des rabbins. On se rappelle alors ins- 
tinctivement, d'une part, que nous avons surpris plus d'une fois, 
dans la description des rabbins, des détails relatifs à l'ancien 
temple et, en même temps, que Josèphe nous a dit d'Hérode ' qu'il 
s'était proposé de reconstruire le temple « en en augmentant le 
péribole et en lui donnant une élévation plus imposante ». 

En effet, le mur s'élève, au-dessus du parvis extérieur ou des 
gentils, à une hauteur de 40 coudées. A l'intérieur du mur, l'espace 
compris entre les portes est occupé par des portiques, « supportés 
par des colonnes merveilleusement belles et grandes et qui étaient 
rejetées loin du mur d'enceinte, plus à l'intérieur, devant les salles 
du gazophylacium ». 

Quant aux portes, au lieu des dimensions de 20/10 coudées, que 
leur assignent les rabbins, Josèphe leur donne 30/30 coudées, ce 

1. a. J., XV, xi, \. 



6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

qui fait, puisque le mur, comme le dit le même auteur, ne s'élevait 
qu'à 25 coudées au-dessus du sol intérieur, que ces portes dépas- 
saient ce mur de 5 coudées, soit qu'elles atteignaient dans leur 
faîte, au-dessus du parvis extérieur, la hauteur absolue de 45 cou- 
dées. Quant aux pylônes, dans lesquels se trouvaient ces portes, 
« ils allaient au delà de l'entrée en s'élargissant à l'intérieur, ayant 
de chaque côté des exèdres en formes de tours, mesurant 30 cou- 
dées en largeur et en longueur, et plus de 40 en hauteur. Chacun 
était supporté par deux colonnes d'un périmètre de 12 coudées 
(soit 3 coudées 4/5 de diamètre). Ils étaient tous de mêmes dimen- 
sions, sauf celui... de la porte Corinthienne. Mesurant, en effet, 
50 coudées de haut, il avait des portes de 40 coudées. » 

Si maintenant nous tentons de transporter ces mesures sur le 
plan donné par la Michna, nous trouverons que la chose est irréa- 
lisable, et nous nous voyons forcés d'en conclure que l'atrium 
attribué par Josèphe à Hérode est plus vaste que celui dont les 
rabbins nous ont donné les dimensions. J'ai essayé dès lors, dans 
le plan ci -joint (voir Planche VII), de reconstituer l'enceinte 
sacrée d'Hérode, d'après les données de Josèphe. J'obtiens 
ainsi une enceinte de 450/320 coudées, au lieu de celle de 322/135 
des rabbins. 

Il faut observer d'abord que les mesures totales, que je viens de 
donner, pour la longueur et la largeur de l'enceinte sacrée, 
peuvent à la rigueur, être réduites. Je dis à la rigueur, car, comme 
on le verra, d'après le compte rendu que je vais donner, de la 
façon dont j'ai cru devoir compléter le plan de Josèphe, je pense 
pouvoir affirmer que je n'ai usé qu'avec une réserve très prudente 
de la latitude que me laissaient les omissions de l'historien. 
D'ailleurs, je ne crois pas, pour le moment du moins, qu'une 
réduction des dimensions proposées s'impose. 

On pourra remarquer, en effet, que la largeur de 320 coudées, à 
laquelle j'ai été amené, correspond, dans la carte publiée en 1906 
par M. A. Kuemmel, à peu près exactement à la dimension nord- 
sud de l'esplanade surélevée, qui se trouve encore actuellement 
au milieu du Haram ech-Chérif et sur laquelle se dresse la mos- 
quée dite d'Omar. 

Quant aux 450 coudées de long auxquelles j'aboutis, la largeur 
de l'esplanade totale ne semble pas s'opposer à leur admission. Si, 
en effet, nous traçons le mur sud de l'enceinte sacrée à l'extrémité 
sud de l'esplanade centrale actuelle, dont il vient d'être question, 
nous remarquerons qu'en ce point la grande esplanade atteint, sur 
la carte citée, la largeur approximative de 550 coudées. En laissant, 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 1 

de chaque côté, 30 coudées pour chacun des deux portiques exté- 
rieurs, comme le réclame Josèphe, il nous restera donc encore 
40 coudées à distribuer de part et d'autre entre l'extrémité des 
portiques et celle de l'enceinte sacrée, soit à l'orient, soit à l'occi- 
dent. 

Le point capital qui m'a guidé dans le tracé de cette enceinte, ce 
sont les détails que Josèphe nous fournit sur les portes et les 
pylônes, particulièrement lorsque cet auteur dit de ces pylônes 
qu'à l'intérieur ils allaient en s'élargissant, formant de chaque côté 
deux exèdres, chacun de 30 coudées de long et de large, et sup- 
portés chacun par deux colonnes. J'ai compté les 30 coudées de 
large de chaque exèdre à partir du milieu même de la porte, afin 
de ne rien leur donner de trop, limitant chacun d'eux par un mur 
tracé perpendiculairement sur le mur d'enceinte. Quant aux deux 
colonnes qui supportaient chacun de ces exèdres, il m'a semblé 
qu'elles devaient tenir lieu de mur du côté de l'intérieur, les deux 
exèdres de chaque pylône s'ouvrant ainsi en face l'un de l'autre. 
Aussi bien cette disposition, outre qu'elle semble exigée parle fait 
que les vantaux des portes devaient s'ouvrir à l'intérieur de 
l'enceinte, paraît ainsi donner aux entrées des pylônes plus 
d'ampleur. 

C'est entre ces divers pylônes qu'il faut placer le mur d'enceinte 
proprement dit, qui, d'après Josèphe, vu de l'intérieur, ne dépassait 
pas la hauteur de 25 coudées. Mais l'historien, tout en nous donnant 
les mesures des pylônes, ne nous a pas dit à quelle distance ils se 
trouvaient l'un de l'autre, soit la longueur que couvrait le mur entre 
eux. Pour ne pas étendre le plan outre mesure, j'ai limité cet espace 
intermédiaire occupé par le mur à 30 coudées de long. J'ai remar- 
qué qu'il résultait de ces dispositions, à l'intérieur du mur d'en- 
ceinte, entre chaque pylône et le pylône voisin, un espace carré de 
30 coudées de côté, fermé sur trois de ses côtés par un mur, et qu'il 
suffisait dès lors de limiter par un quatrième mur, du côté de l'in- 
térieur, pour en faire une salle. J'ai obtenu de la sorte ce que 
Josèphe appelle les salles du gazophylacium ou les garde-meubles 
du temple. 11 s'est trouvé, parle fait, que le parvis d'Israël donnait 
six salles de cette sorte, dont trois au nord et trois au midi, comme 
leveutlaMichna, et que, conformémentau même document, l'atrium 
des femmes en comprenait quatre, situées chacune en l'un des angles 
de ce parvis. J'ai dû mettre les deux salles de l'extrémité occidentale 
en recul sur le temple, pour respecter les pylônes des deux dernières 
portes. Il en résulte que le mur d'enceinte en est rejeté d'autant et 
permet d'établir derrière le temple l'exèdre, que mentionne Josèphe, 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

en cet endroit, et sur lequel il dit que les Juifs élevèrent un mur, 
au temps d'Agrippa II, pour empêcher le roi de contempler, du haut 
de son palais, ce qui se passait dans le temple. C'est probablement 
là aussi ce qu'entendent les rabbins par l'espace de 11 coudées 
qu'ils signalent derrière le propitiatoire. 

Le pylône de la porte de séparation des femmes laisse, sur cha- 
cun de ses côtés, un espace libre qui devait avoir, en principe, la 
même élévation que le parvis d'Israël, comme semblerait l'indiquer 
la situation occupée par les degrés de la porte du cantique. C'est 
probablement là que dut être élevée la tribune dont parle la Michna 
et qui, d'après ce même texte, limitait l'atrium des femmes et per- 
mettait à celles-ci de voir d'en haut les cérémonies. 

Quant à la grande porte orientale, son pylône ayant, d'après 
Josèphe, des dimensions de 40 coudées, au lieu de 30, comme aux 
autres portes, formera, sur chacun de ses côtés, par sa jonction 
avec les pylônes des portes latérales, des chambres de dimensions 
bien plus considérables. La Michna dit à ce propos que ces cham- 
bres, dans l'atrium des femmes, n'étaient pas couvertes, ce qui 
semblerait confirmer l'hypothèse émise par moi sur la façon dont 
ces salles résultèrent de l'utilisation des murs des pylônes. Elle 
donne à ces mêmes chambres 40 coudées, mais sans spécifier en 
quel sens. D'après les données de Josèphe, il faudrait restreindre 
cette mesure au sens de la largeur et aux salles voisines du pylône 
de la porte orientale. 

Le portique ou la galerie intérieure étant, d'après Josèphe, situé 
par devant les salles, entre les portes, et en tout semblable aux 
portiques de la grande esplanade, sauf qu'il n'était pas doublé, je 
lui donne 15 coudées de large au lieu de 30 qu'en ont, d'après le 
même auteur, ceux du hiéron extérieur. J'ai tracé, par devant 
les colonnes du portique, le g eisiô?i dont parle Josèphe, servant à 
séparer le parvis des prêtres de celui d'Israël, en enfermant le 
temple et l'autel, et lui ai ménagé, en regard de chaque porte d'en- 
trée, des ouvertures avec les degrés requis par les rabbins. Le 
faisant aboutir contre les salles de l'extrémité occidentale, j'ai 
obtenu par le fait, pour ces salles, les deux portes dont parlent les 
rabbins, donnant l'une sur le parvis des prêtres et l'autre sur celui 
d'Israël. Ce geisiôn comprend un espace de 20 coudées entre ses 
extrémités, nord ou sud, et les ailes de la façade du temple, le 
chemin incliné de l'autel semblant exiger à peu près cet espace. Il 
comprend également 20 coudées entre sa partie sud et l'autel, et 
20 encore entre l'autel et les marches du vestibule. 
Quant à l'autel, étant donné les proportions de l'enceinte, rien 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 9 

ne semble s'opposer à ce que nous lui donnions les dimensions 
indiquées par Josèphe, soit 50 coudées de côté sur 15 de haut (voir 
Planche VI, fig. S). On peut, d'après la carte de M. A. Kuemmel, se 
rendre compte que, dans notre plan, l'autel se trouverait recouvrir 
l'espace occupé, dans l'esplanade actuelle, par la roche Sakhra. 

Un point intéressant se présente à décider ici, à propos de 
l'atrium des femmes. Nous avons vu plus haut que son niveau 
était en contre-bas avec celui du parvis d'Israël, auquel on accé- 
dait du premier par quinze marches. Or, le mur extérieur de 
l'atrium des femmes avait-il la même élévation que celui du reste 
de l'enceinte? Je suis porté à l'admettre pour plusieurs raisons. 

Et d'abord, outre que l'esthétique et l'uniformité sembleraient 
l'exiger, la chose paraît suivre de ce que Josèphe nous dit du pylône 
de la porte orientale. En effet, ayant attribué « plus de 40 coudées» 
en élévation aux autres pylônes, l'historien en donne 50 à celui-ci. 
Or, ces mesures différentes nous donnent l'élévation des divers 
pylônes au-dessus des parvis qui sont propres à chacun d'eux. 
Mais ces parvis, étant eux-mêmes à des niveaux différents, il nous 
faudrait tout d'abord estimer cette différence de niveaux, pour être 
à même de juger ce qui, soustraction faite dé cette différence, pou- 
vait rester à chacun des pylônes en hauteur absolue. 

Quant à la différence de niveau, nous pouvons l'obtenir par le 
calcul de l'élévation couverte par les cinq marches qui donnaient 
accès aux portes latérales, puisque Josèphe nous a dit que la 
hauteur totale de ces cinq marches était équivalente à celle des 
quinze autres qui de l'atrium des femmes montaient au parvis 
d'Israël. 

Maïmonide, comme nous le verrons plus bas, partant de ce prin- 
cipe que tous les degrés dans le temple avaient la hauteur uni- 
forme d'une demi-coudée, conclut ici que la différence de niveau 
entre les deux parvis était de 7 coudées 4/2, puisqu'on montait de 
l'un à l'autre par quinze marches. Il faudrait dès lors admettre 
que les cinq marches des portes latérales étaient chacune d'une 
coudée et demie de haut, ce qui, pour des marches d'escalier, 
semble inadmissible. 

A donner à ces degrés la hauteur maximum d'une coudée, ce qui 
paraîtra sans doute déjà un peu fort, la différence entre les deux 
parvis serait de 5 coudées. Dès lors, les quinze marches de la porte 
du Cantique auraient chacune 4/3 de coudée de hauteur et les 
quatorze de l'extérieur seraient chacune de 0,72 de coudée. Dès 
lors aussi, le pylône oriental étant de 50 coudées, si nous retran- 
chons de cette somme les 5 coudées qui font la différence de 



10 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

niveau, nous sommes ramenés à 45 coudées, mesure que Josèphe 
nous permet de donner aux autres pylônes, par le fait qu'il dit 
d'eux qu'ils s'élevaient à « plus de 40 coudées ». 

Mais ce calcul n'est pas certain et semble moins probable par 
suite de la hauteur d'une coudée qu'il donne aux marches des 
portes latérales. Plus probable me paraît la façon suivante de pro- 
céder. Josèphe dit que les quatorze marches extérieures, avec les 
cinq de chaque porte latérale, couvraient une hauteur totale de 
15 coudées. Dès lors, si nous divisons ces 15 coudées en dix-neuf 
marches, nous obtenons pour chacune d'elles une élévation approxi- 
mative de 4/5 de coudées, soit 4 palmes. Ce calcul, supposant 
une hauteur uniforme pour les quatorze marches de pourtour et 
les cinq des portes latérales, donne, pour ces dernières, une élé- 
vation totale de 4 coudées, ce qui serait, dès lors, la différence de 
niveau entre les deux parvis. Par suite, les quinze marches de la 
porte du Cantique seraient chacune d'une palme 2/3, soit près de 
2 palmes, ou 2/5 de coudée, ce qui semble suffisant pour un escalier 
de cérémonie. 

La différence de niveau paraît donc être certainement de 
4 à 5 coudées. Or, le pylône de la porte orientale ayant 50 coudées 
d'élévation au-dessus du niveau de l'atrium des femmes, pour 
obtenir sa hauteur comparative à celle des autres pylônes, nous 
devons de ces 50 coudées retrancher les 4 ou 5 coudées de différence 
de niveau. Nous obtenons ainsi, pour le pylône oriental, une hau- 
teur comparative de 45 à 46 coudées que nous sommes en droit 
d'estimer sensiblement égale à celle que Josèphe détermine, pour 
les autres pylônes, par l'expression « plus de 40 coudées ». Si l'on 
avait vraiment voulu établir une différence d'élévation entre ce 
pylône et les autres, il semble, étant donné l'importance que 
Josèphe attribue à ce pylône, que celte différence devrait, à tout 
le moins, être plus considérable. 

D'ailleurs, Josèphe nous a dit encore que le mur de l'atrium 
avait de fait 40 coudées d'élévation au-dessus du hiéron extérieur, 
mais qu'il en perdait apparemment 15, enfouies dans le sol par 
suite de la surélévation de l'enceinte sacrée. Tl paraît, dès lors, 
naturel d'admettre que le mur de l'atrium des femmes ait eu les 
mêmes 40 coudées d'élévation absolue, puisqu'il partait du môme 
niveau et que la seule différence consistait en ce que, de ces 
40 coudées, il en perdait apparemment moins que le mur du parvis 
d'Israël, ou que sa partie apparente intérieure se trouvait à un 
niveau moins élevé. 

Mais, si l'on admet cette uniformité d'élévation extérieure du 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 11 

mur de l'enceinte sacrée, une nouvelle difficulté surgit au sujet des 
deux portes latérales qui donnaient dans l'atrium des femmes. En 
effet, Josèphe a dit généralement des portes latérales qu'elles 
avaient chacune à l'extérieur cinq marches qui partaient de la 
plateforme de 10 coudées. Si les deux portes latérales de l'atrium 
des femmes comportaient, elles aussi, ces cinq marches à l'exté- 
rieur, il faudrait, dès lors, qu'à l'intérieur on eût, du seuil de la 
porte, à descendre cinq nouvelles marches de même hauteur que 
celles du dehors. La chose n'est pas absolument inadmissible. 
Mais il n'est pas impossible non plus qu'on eût trouvé plus simple 
de supprimer les unes et les autres, comme c'était le cas pour la 
porte orientale. Dès lors, l'affirmation générale de l'historien ne 
devrait pas être appliquée à ces deux portes. Dès lors aussi, ces 
deux portes seraient parties nécessairement d'un niveau plus bas 
que les autres, soit tout en conservant les dimensions communes 
de 30 coudées de haut, soit, ce qui me semblerait plus plausible, 
en gagnant en hauteur totale les 45 coudées prises, dans les autres 
portes, par l'élévation du seuil 1 . 

En admettant ces hauteurs successives des diverses parties du 
temple, s'étageant les unes au-dessus des autres, on comprend 
l'expression, si usitée chez les Juifs, de « monter au temple », de 
quelque point que l'on vînt, même du mont Sion traditionnel, 
comme cela est dit, au livre des Actes, des apôtres, qui du Cénacle 
« montaient au temple ». On comprend aussi cette autre expression, 
non moins usitée pour désigner le temple, quand on l'appelle « le 
mont du temple », « la montagne de Dieu », « la montagne sainte », 
et par suite, comme je compte l'expliquer ailleurs, « le mont 
Sion ». 

Maïmonide nous a laissé, dans son commentaire de la Michna 2 , 
une description intéressante de ces différences de niveau, que l'on 
me permettra de citer ici, quoique ses chiffres, comme je l'ai dit 
plus haut, ne doivent point être pris avec une précision mathé- 
matique. 



1. Le lieutenant-colonel Sir G. -M. Watson a, dans le travail dont j'ai parlé plus haut 
{The site of tlie Temple, Palest. Expl. F. Quart. Stat Jan. 1896, tirage à part, p. 9, 
vers la fin), émis l'avis que ces degrés doivent être supprimés aux portes du nord, soit 
parce que le sol aurait été plus élevé en cet endroit (?), soit pour permettre d'amener 
les victimes au temple. Il faudrait dès lors supprimer de ce côté même les degrés qui 
conduisaient à l'esplanade de dix coudées. Mais, par le fait, Sir G.-M. Watson se trou- 
verait en contradiction avec Le texte de Josèphe cité plus haut et disant qu'il y avait 
de tout côté, sauf à l'occident, des marches s'étendant au loin. Il est prohahle que l'in- 
troduction des victimes se faisait à l'aide d'un plan incliné mobile. 

2. M'uldot, ii, 4. 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Parlant du prêtre qui revenait d'immoler la vache rousse sur le 
mont des Oliviers, cet auteur dit : 

Quand il entrait par la porte du mont du temple 1 , dite de Suze, il allait 
droit devant lui jusqu'à ce qu'il parvînt à l'avant-mur (le dryphactos) ; 
ensuite, de l'avant-mur, il montait par douze degrés (Josèphe dit 14) 
jusqu'à ce qu'il parvînt à l'atrium des femmes. L'atrium des femmes était 
plus haut que le mont du temple de 6 coudées. Nous avons dit, en effet, 
que tout degré, dans le temple, était d'une demi-coudée de hauteur. 
Ensuite, il allait à travers toute la maison de l'atrium des femmes adroite 
(c'est-à-dire à l'occident, ou devant lui) et, de son extrémité, il montait à 
l'atrium des Israélites par quinze degrés, comme nous le disons plus bas 
dans ce même chapitre. C'est pourquoi l'atrium des Israélites était de 
7 coudées 1/2 plus haut que l'atrium des femmes. Ensuite, de l'atrium des 
Israélites, il montait à l'atrium des prêtres par l'estrade, qui était haute 
d'une coudée, et par les trois degrés placés sur l'estrade. Ensuite, il allait 
par l'atrium des prêtres et l'autel, entre le vestibule et l'autel, par un 
sol uni. Ensuite, par douze degrés, il montait au vestibule, comme il a 
été dit au troisième chapitre de ce même cahier. Le vestibule et le temple 
étaient de plain-pied : c'est pourquoi le temple était élevé de G coudées 
au-dessus de l'atrium des prêtres. Nous déduisons donc de toutes ces 
élévations, que le sol du temple était de 22 coudées plus haut que le sol 
du mont du temple, où était la porte de Suze. 

Le rapprochement du texte de Josèphe et de celui de la Michna 
nous a permis, on le voit, d'aboutir à quelques conclusions qui ne 
sont pas sans intérêt au point de vue archéologique. 

En outre, la lumière obtenue de la sorte, tout en éclairant les 
textes eux-mêmes, nous permet d'en mieux, saisir le sens et la 
portée. Il n'y a pas jusqu'au temple de Salomon, par suite de son 
analogie avec celui d'Hérode, qui ne bénéficie, ainsi que les textes 
de l'Écriture y ayant trait, du résultat de nos efforts. 

En comparant les conclusions auxquelles nous avons ainsi été 
conduit avec les divers plans proposés jusqu'ici 2 , on saisira aisé- 

1. On voit que Maïmonide a compris comme moi cette expression des rabbins, en 
rappliquant à désigner tout le litéron. Il n'est pas inutile à ce propos, de faire observer 
avec combien peu de raison on a pu aflirmer que par « le mont du temple » ou « le 
mont Sion » des Maccbabées, il faudrait entendre toute la colline orientale de Jéru- 
salem. 

La porte de Suze était la porte orientale de l'enceinte extérieure. D'après les 
rabbins, elle se trouvait en face de la porte orientale du temple, c'est-à-dire plus au 
sud que la porte dite actuellement dorée. 

2. On s'étonnera peut-être que, dans ce travail, je n'aie point utilisé ou discuté ce 
qui a été écrit sur la question par les divers auteurs modernes. J'aurais pu, en effet, 
après avoir étudié les textes, juger les divers systèmes, suivant qu'ils se trouvent plus 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 13 

ment ce que notre étude a pu réaliser comme progrès dans la 
question si intéressante de la restauration archéologique du temple 
de Jérusalem. 

Il ne sera peut-être point inutile d'observer que, parmi les 
détails qui ont fait l'objet de cette étude, tous ne sortent point de 
la discussion avec le même degré de probabilité. En donnant les 
textes aussi exactement que possible, j'ai eu pour objet de rendre 
le lecteur juge de la légitimité de mes conclusions : muni de ces 
données, il est à même de faire la part des certitudes ou des pro- 
babilités plus ou moins grandes. Quant aux points sur lesquels les 
textes sont muets, je tiens à déclarer que je ne donne aux hypo- 
thèses, proposées pour suppléer à leur silence, d'autre valeur que 
celle à laquelle elles peuvent avoir légitimement droit. 

Paul Berto. 



ou moins en conformité avec ces documents. Mais mon but étant, comme je l'ai dit 
plus haut, uniquement d'étudier, au point de vue critique, les documents qui doivent 
servir de base à tout travail de restauration du Temple, il sera facile au lecteur de 
compléter lui-même mon étude sur ce point, en jetant un simple coup d'œil sur les 
divers plans publiés jusqu'ici. 



14 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



Planche I. 



r 



. K 



fW\ 



s 



h. : c 



••1»: 



il ■ » ■ 






LL NAOS VU ni" SUD. 



A, Intérieur du vestibule. 

B, Intérieur du Saint. 

C, Intérieur du sanctuaire ou Saint des Saints. 

D, Intérieur de l'étage supérieur. 

E-E, Angle sud-ouest du mur intérieur du naos. 

F-F-F-F, Partie méridionale du mur extérieur ou de circuit avec les fenêtres des 
édicules. 

F -F' Coupe de la partie occidentale du même mur extérieur. 

G, Plafonds. 

H, Surélévation de 6 coudées de l'intérieur du naos au-dessus du sol. 

I, Toiture. 

J, Coupe des édicules formés par les deux murs dans la partie postérieure ou occiden- 
tale du naos. 

K, Prolongement des parties nord et sud du mur extérieur formant exèdre derrière 
le sanctuaire. 

L-L, Mur de séparation entre le Saint et le Saint des Saints. 

M, Marches donnant accès à l'entrée du vestibule. 

P, Porte donnant accès à l'intérieur de l'étage supérieur de la terrasse formée par les 
édicules et le mur de circuit. 

/", Fenêtres des édicules postérieurs du naos, regardant dans l'exedre. 

/ /, Toitures des édicules. 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 



15 



Planche II. 




Plan d'après la Michna. 




Plan d'après Josèphe. 



FAÇADE DU NAOS. 



A,, Porte 'lu Saint, au fond du vestibule, fermée par un voile, surmontée d'une vigne 
d'or et mesurant i'J coudées sur 16. d'après Josèphe (A' = 20/10 coudées 
d'après la Michna . 

B, Ouverture ou entrée du vestibule, ne comportant pas de vantaux et mesurant 

64 coudées sur 2.'i d'après Josèphe (IV = 40 20 coudées d'après la Michna). 

C, Intérieur du vestibule, mesurant, d'après Josèphe, <Si coudées de haut, sur 11 de 

large et 50 de long. 
1), Réduits servant de dépôts pour les couteaux de sacrifices. 
E, Petites portes donnant accès aux édicules. 



16 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Planche IL. 




PLAN DU NAOS. 



Plan de disposition générale d'après 

la Mie h na. 

a, Mur intérieur. 

b, Espace occupé par les édicules. 

c et c', Mur de circuit que les rabbins 
semblent avoir dédouble par erreur. 
d, Couloir de circuit. 



Plan de disposition générale d'après 

Josèphe, complété dans 

les détails d'après la Mickna. 

A, Vestibule de 50 coudées sur 11 dans 
œuvre (Micbua) ou sur 20 hors-d'œuvre 
(Josèphe i. 

B, Saint. 

C, Saint des Saints. 

D, Exèdre. 

E, Petites portes latérales donnant sur le 
couloir de circuit et les édicules 1 . 

F, Enfoncement servant de dépôt pour 
les couteaux de sacrifices. 



1. Le premier édiculc à gauche comprend une ouverture donnant sur l'escalier hélicoïdal et une 
autre conduisant par un couloir pratiqué dans l'intérieur du mur à la porte du Saint (Michaa). 



LE TEMPLE DE JERUSALEM 



Planche IV. 




COUPE TRANSVERSALE DU NAOS vue EN ARRIÈRE UU FRONTISPICE 
OU DE L'OCCIDENT. 



A, Intérieur de l'étage inférieur (49/20 coudées). 

B, Intérieur de l'étage supérieur (30/20 coudées). 

C, Espace libre entre les deux murs formant couloirs et édieules. 

D, Façade postérieure du frontispice (10:)/ 100 coudées). 

E, Mur intérieur, composé de 5 assises, de 20 coudées chacune, superposées en retraite 

avec fruit d'une coudée par assise. 

F, Mur extérieur ou de circuit, de 5 coudées de large. 

G, Plafonds. 

H, Surélévation de 6 coudées au-dessus du sol. 

I, Toiture. 

P, Porte donnant accès de la paroi postérieure du frontispice sur la terrasse formée 

par le mur extérieur et les édieules. A cette porte aboutit l'escalier hélicoïdal, 

figuré en pointillé. 
f, Petites fenêtres des édieules. 
/, Toitures des édieules. 



T. LX, no 119 



48 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Planche V. 



E 


c 


£ 


B 


n 


1 

a 


y 



TV-/T 



PLAN DE DISPOSITION GÉNÉRALE DE L'ENCEINTE SACRÉE OU SECOND HIÉRON 
DAPRÈS LA MICHNA. 



A, Naos (100/70 coudées). 

B, Degrés couvrant 19 ou 20 coudées en avant du vestibule. 

C, Espace de 11 coudées derrière le propitiatoire. 

D, Autel mesurant 32 coudées de côté, avec le chemin en plan incliné mesurant 

32/16 coudées. 
E E E E, Parvis des Prêtres. 
F F, Parvis d'Israël, mesurant 11/133 coudées et formant avec le parvis des Prêtres 

une cour de 135/187 coudées. 
G, Parvis des femmes, formant un carré de 135 coudées de côté. 
H, Salles de 40 coudées situées aux quatre angles du parvis des femmes. 
I, Salles du Gazophylacion. 
P, Portes, mesurant chacune 10 coudées de large. 



LE TEMPLE DE JERUSALEM 



19 



Planche VI. 



Fig. 1. 




Fig. 2. 




t 



Fig. 



L AUTEL DES HOLOCAUSTES. 

Fig. I. Plan de l'autel d'après la Michna. 

A, Autel (32/32 coudées). 

B, Plan incliné donnant accès à l'autel (32/16 coudées). 
a, Base (1 coudée de large sur 1 de haut et 32 de côté). 

6, Circuit (1 coudée de large sur 5 de haut et 30 de côté). 

c, Table de l'autel, hauteur non donnée, comprenant une marge de 26 coudées de 
long sur 1 de large entre les cornes, puis une seconde (d) de mêmes 
dimensions, servant de passage pour les prêtres, et enfin le foyer de 
24/24 coudées (e, e, e, e). 

f, g, h, Foyer primitif de 20/20 coudées. 

i, Cornes formant un carré d'une coudée de côté. 

Fig. 2. L'autel vu de face ou de l'orient, 
a, Base. 
6, Socle de 5 coudées de haut. 

c, Table. 

d, Foyer. 

e, Plan incliné. 



Fig. 3. Autel d'après Josèphe, mesurant 50 coudées de côté sur 15 de haut, re- 
distribution de la hauteur est arbitraire, les détails faisant défaut. 



20 



BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Planche VII A. 



■te suptj\tui€ 



SUD 



PofUSu.f>t 

(«ans no 



Porte dUifeu 
sacré 



?orUlti'Mrà.TuU 

OH . 

do l«î net 



Voftidetclu: 



OUtST 



PofU du Canhû»^ 



P„W« 4. N„.>,ur 

Tort. Crintlv.jrin 

B.Uc Forte. 



E S T 



Fort* S U t VHOMVf 



Lieu du Ckaufkir 
Fort* de JechonUl 

NORD 
Tort* d< rPfïY*i>«<e 



P. r t«a«l« Prc e.v* 



LKS PORTES DU HIÉROTI SACRÉ D'APRÈS JOSÈPHE ET LA MICHNA. 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 
Planche VII B. 



21 




PLAN DE L ENCEINTE SACKÉE OU DU HIÉRON INTÉRIEUR, DIT AUSSI SECOND HIÉRON. 

(450/320 coudées.) 

A, Naos. — B, Autel des holocaustes, mesurant 50/50 coudées, d'après Josèphc. — 
C, C, C, G, Parvis des Prêtres, limité par un geision (Josèphe) et surélevé de 2 coudées 
et demie (Michna). — D, D, D, D, Parvis d'Israël, comprenant un portique simple, 
de 15 coudées de large, courant devant les salles du Gazophylacion. — E, Parvis des 
femmes, en contre-bas du parvis d'Israël. — F, Exèdre derrière le sanctuaire. — 
G, Salles du Gazophylacion, distribuées par la Michna ainsi : G 1 , Salle du Gazilh, 
réservée pour le jugement; G 2 , Salie de la source ou du puits; G 3 , Salle du bois 
pour les holocaustes) ; G\ Salle servant de dépôt pour le set; G 5 , Salle de Parouah, 
où on salait les peaux des victimes; G 6 , Salle des laveurs (où on lavait les intestins 
'les victimes) ; G 7 , Salle de l'huile el du vin; G 8 , Salle des lépreux; G 9 , Salle des 
naziréens ; G 10 , Salle du bois. — P, Portes de l'enceinte sacrée, distribuées comme 
il suit, d'après la Michna et Josèphe : P 1 , Porte principale, dite de Nicanor ou 
Corinthienne, ou la belle porte ; P 2 , Porte du cantique ; P 3 , Porte supérieure ou 
sans nom (Michna) ; P*, Porte du feu (de l'holocauste) ; P 3 , Porte de l'offrande ou 
des premiers-nés ; P 6 , Porte des eaux ou de l'eau (par laquelle on apportait l'eau 
de Siloé dans la tète des Tabernacles; P 7 , Porte supérieure ou sans nom (Michna); 
P 8 , Porte du chauffoir des prêtres, dite aussi de Jéchonias ; P 9 , Porte de Yoffrande ; 
P'°, Porte de la proéminence ou de l'angle. — a, a, a, a, Dryphactos ou barrière 
séparant le saint hiéron du hiéron extérieur (parvis des gentils). — 6, 6, b, 6, 
Degrés. — c, c, c, c, Esplanade large de 10 coudées. — d, d, Tribune des femmes. — 
e. e, Ouvertures des salles des instruments de musique, sous les tribunes des femmes. 



22 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Planche VIII. 




L ENCEINTE SACRÉE VUE DE FACE OU DE L'ORIENT. 

(Longueur totale : 320 coudées.) 



A, Pylône de la porte orientale. 

B, Porte orientale ou Corinthienne ou de Nicanor (40/40 coudées). 

C, Mur oriental de l'enceinte sacrée. 
D D, Dryphactos. 

EE, Esplanade circulaire large de 10 coudées, au-dessus des quatorze marches circu- 
laires. 

F, Prolongements hypothétiques du mur occidental. 

G, Pylônes des portes latérales les plus proches du mur oriental. 
H, Façade du naos. 

I, Porte du vestibule. 

J, Porte du Saint. 

aaaa, Porte intérieure séparant l'atrium des femmes du parvis d'Israël et dite porte 

du Cantique, de mêmes dimensions que les portes latérales, d'après Josèphe . 

Sa base indique le niveau du parvis d'Israël. 
b b b b, Autel des holocaustes, tel qu'on l'apercevait par les portes. Sa base est au 

niveau du parvis des prêtres et du naos. 



LE TEMPLE DE JÉRUSALEM 



23 



Planche IX. 




ENCEINTE SACRÉE VUE DE L OCCIDENT. 



A A, Mur occidental de l'enceinte sacrée, sans ouverture et de 40 coudées de haut, d'après 

Josèphe. 
B, Exèdre formé par les prolongements du mur extérieur du naos CG et la toiture D. 

E, Étage supérieur du naos. 

F, Partie postérieure de la façade du naos, avec la porte P donnant accès à la terrasse 

circulaire t t. 

G, Pylônes des portes latérales les plus proches de l'extrémité occidentale de l'enceinte 

sacrée. 
a a, Élévation du sol du naos et du parvis des Prêtres (17 1/2 coudées). 
b 6, Élévation du sol du parvis d'Israël (15 coudées). 
e e, Escalier circulaire de quatorze marches. 
e' e', Escaliers des portes latérales (cinq marches), 
pp, Plateforme circulaire large de 10 coudées. 

D'après la Michna, l'étage inférieur du naos comportait du coté de l'occident huit 
édicules, dont trois à l'étage inférieur, trois à celui du milieu et deux en 
haut. 



Planche X. 




L ENCEINTE SACREE VUE DU NORD. 

(Longueur totale : 457 coudées *.) 

A, Pylônes des portes latérales. 

B, Mur. 

C, Naos. 

D, Pylône de la porte orientale. 

E, Pylône de la porte intérieure ou du Cantique, séparant l'atrium des femmes du 

parvis d'Israël. 
a a, Niveau du parvis des Prêtres et du sol du naos. 
b b, Niveau du parvis d'Israël. 
c d e f, Autel des holocaustes. 
g, Degrés du vestibule. 



1. Cette longueur peut être réduite à 450 coudées, ainsi que je l'ai fait sur le plan, en diminuant 
IV'paisseur des murs, sur laquelle nous n'avons pas de données. 



LES DORSGHÈ RESCHOUMOT 



Les plus anciens écrits rabbiniques, et principalement la Me- 
chilta, rapportent quelques opinions ou interprétations d'exégètes 
bibliques qu'ils appellent Dorschè Reschoumot (rrwnzn "wn). 

D'après ces commentateurs de l'Écriture, Veau que ne trouvèrent 
pas tout de suite les Israélites à leur entrée dans le désert (Exode, 
xv, 22) désigne la Tora' ; le bois que Dieu montra à Moïse pour 
adoucir les eaux amères (ib., 25), c'était également la Tora 2 ; les 
Israélites, pour recueillir la manne (ib., xvi, 21), devaient se sou- 
mettre à la loi : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front 3 »; 
— le mot manne était de leur invention '. — A propos du meur- 
trier involontaire, les Nombres (xxxv, 24-25) disent que la commu- 
nauté le jugera, le sauvera et l'enverra dans sa ville de refuge. Le 
mot communauté (m*), employé par trois fois dans ce passage, 
enseigne que les arrêts criminels doivent être rendus par un tri- 
bunal de trente personnes (une communauté se composant d'au 
moins dix membres 5 ). Le roi Manassé, Achab, Jéroboam, Ahitofel, 
Guéhazi et Doeg l'Iduméen (malgré les crimes que leur reprocbe 
l'Écriture) auront part, eux aussi, au monde futur. En effet, le 
Psaume lx, 9-10, fait dire à Dieu : « A moi sont Galaad, ainsi 
Manassé... » Or, pour ne parler que du premier, Galaad fait 
allusion à Achab, qui fut blessé à mort à Ramot-Galaad 6 . 

Ces échantillons des notes exégétiques des Dorschè Reschoumot 

1. Mechilta, ad loc, p. 45 a, Friedmann ; Mechilta de R. Schimon b. Yohaï, 
p. 72, Hoffmann. 

2. Mechilta, ad loc, p. 45 6; Mechilta de R. Schimon b. Yohaï, p. 73. 

3. Mechilta, ad loc, p. 50 a. Parce qu'il est dit : chaque matin ("ipaa "lp33). 

4. Ibid., p. 496. Le sens n'est pas clair, car au verset 31 il est dit explicitement 
que ce furent les Israélites qui donnèrent à la graine le nom de manne. 

5. Sifrè, Nombres, 160, p. 62 a, Friedmann. 

6. Sanhédrin, 1046. 



LES DORSCHÈ RESCHOUMOT » 25 

trahissent leur préoccupation dominante : l'édification. Ce sont 
principalement des leçons de morale ou de religion, appuyées sur 
l'interprétation de certaines expressions de l'Écriture. Au surplus, 
ces prédicateurs nous ont eux-mêmes révélé leur dessein : « Si tu 
veux, disent-ils, connaître Celui qui par sa parole a créé le monde, 
étudie la agada; par là, tu connaîtras Dieu et t'attacheras à ses 
voies { », c'est-à-dire t'élèveras aux perfections qui forment ses 
attributs. 

A côté des citations que nous venons de réunir et qui ont déjà 
été relevées 2 , il en est d'autres que le Midrasch Hagadol nous a 
conservées. Elles sont empruntées à la Mechilta de R. Schimon 
b. Y o fiai. 

Le chapitre des lois criminelles ne devrait pas commencer par les 
règles relatives à l'achat des esclaves hébreux. Les Dorschè Reschoumot 
donnent la raison de cette anomalie. Les Israélites avaient déjà reçu la 
législation de droit criminel à Mara (Exode, xv, 25) et le Décalogue. Moïse 
dit à Dieu : « Peut-être, séduits par le mauvais penchant, transgresseront- 
ils ces lois et les banniras-tu de devant toi pour les réduire en esclavage. 
Si tu les livres ainsi aux empires (étrangers), que ceux-ci ne dépassent 
pas le nombre six, à savoir: Babel, la Médie, la Perse, la Grèce, l'Assyrie 
(= la Syrie) et Rome. (C'est là ce que signifient les mots : L'esclave 
hébreu servira six années.) « Au septième, il sortira libre sans bourse 
délier. » Fais-leur grâce, qu'ils soient affranchis gratuitement de la main 
des Romains 3 !. .. » 

Il est écrit (Ex., xxu, 28-29) : « Tu ne maudiras pas les juges et tu ne 
différeras pas à offrir ton abondance et ta liqueur (les redevances sur les 
denrées solides et liquides). » [Le lien entre ces deux versets est le sui- 
vant] : « En maudissant le juge, tu maudis ta récolte. » Ainsi, quand les 
Israélites faussaient le droit, la récolte en était diminuée, car il est dit : 
« Au temps du jugement des Juges (Ruth, i, 1), c'est-à-dire au temps où 
les gens jugeaient leurs juges, « il y eut une famine », parce qu'ils avaient 
perverti le droit. Mais si vous exercez la justice avec équité, votre récolte 
sera au complet, et vous ne différerez pas à offrir la redevance de vos 
terres*... » 

Rephidim (Ex., xvn, 8), doit s'interpréter par « relâchement des mains » 
D^ 1VD1. Les Israélites, pour s'être relâché les maios de la Tora, furent 



1. Sifrè, Deut., 49, p. 85a. C'est l'interprétation des mots de Deut., xi, 22 : c Je 
marcher dans ses voies et de s'attacher à lui ». 

2. Entre autres, Revue, III, p. 109; Bâcher, Die atteste Terminologie der jûdi- 
schen Schriftauslegung, p. 183. 

3. Hoffmann, p. 117-118. La suite n'appartient pas sûrement à la citation... La 
derascha devait servir à raffermir la foi messianique. 

S. Ibid., p. 153. 



26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

attaqués par l'ennemi. Celui-ci, en effet, ne vient qu'appelé par le péché 
et la transgression '. . . » 

Peut-être l'extrait suivant, emprunté également au Midrasch 
Hagadol, provient-il aussi de la Mechilta de R. Schimon b. Yohaï : 

Joseph dit à ses frères: « Je vais mourir et Dieu se souviendra de vous 
npD*> nps) ». Les Dorschè Reschoumot disent : « C'était une tradition que 
celui qui redoublerait le verbe nps serait le libérateur d'Israël. » Cette tra- 
dition fut confiée par Abraham à Isaac, par celui-ci à Jacob, qui la trans- 
mit à Joseph. A son tour, Joseph la fit connaître à ses frères. Aussi quand 
Moïse prononça, au nom de Dieu, ces mots : « Je me suis souvenu de vous » 
TnpD "ipD (en redoublant le verbe), les Israélites ajoutèrent foi tout de 
suite à ses paroles. 

Tanhouma, Schemot, 24, et Exode Rabba, 5, qui fournissent un 
texte parallèle, n'ont pas la mention Dorschè Reschoumot. Mais ce 
détail ne serait pas pour nous arrêter, car il est constant que ces 
deux compilations, de composition assez tardive, éliminent sans 
discrétion les données de cette nature jugées sans intérêt. Ce qui 
mérite plus de considération, c'est le contraste qu'offre ce midrasch 
avec ceux qui précèdent. Il n'est pas impossible que l'auteur du 
Midrasch Hagadol ait employé le terme qui nous occupe pour 
désigner simplement les rabbins, à l'instar des écrivains du moyen 
âge, en particulier des païtanim. C'est vraisemblablement le cas 
dans le morceau qu'on va lire : 

Autre explication. [Rebecca dit] : S'il en est ainsi, pourquoi ceci m'ar- 
rive-t-il? (littéralement : pourquoi celui-ci moi "OiN ht, Gen., xxv, 22). 
Maître du monde, s'écria Rebecca, s'il en est ainsi, qu'Esaii doive faire 
périr les héros en sagesse qui naîtront de la postérité de Jacob, laquelle 
dira au passage de la mer Rouge *b& Ï1T « celui-ci est mon Dieu », à qui 
diras-tu sur le mont Sinaï : « Moi C52N) je suis l'Éternel ton Dieu. . . ? » 
Aussitôt, elle se ceignit les reins et se mit à prier 2 . 

Le Midrasch Hagadol, en prêtant ainsi gratuitement aux Dorschè 
Reschoumot une interprétation de ce genre, a suivi l'exemple de 
KoHélet Rabba (sur x, 1). 

Au dire des Dorschè Reschoumot, l'homme est jugé par Dieu d'après la 
majorité de ses actes. Aussi chacun doit-il se tenir pour mi-coupable, 

1. Ibid., p. 82. La Mechilta, copiée par le Tanhouma, porte simplement: « d'autres 
disent », et ne mentionne pas les Dorschè Reschoumot. 

2. Midr. Haoadnl, 391. 



LES DORSCHÈ RESCIIOUMOT 27 

mi-innocent. Fait-il une bonne action, heureux est-il, car il fait pencher la 
balance du côté du mérite. Commet-il, au contraire, une faute, malheur 
à lui, car il fait pencher la balance de l'autre côté. 

Le commencement de ce dire est attribué à Akiba par le Pirkè 
Aboi (m, 15), et le complément est anonyme dans la Tossefta 
Kiddonschin, n, 13, et le Talmud, même traité, 40 a-b. 

Douteux sont encore les droits des Dorschè Reschoumot sur les 
trois interprétations suivantes : 

R. Juda [ben Haï] dit, à propos de Deut., xvm, 3 [Voici quel sera le 
droit dû aux prêtres par le peuple, par quiconque tuera une bête : il en 
donnera l'épaule, les mâchoires et l'estomac] : d'après les Dorschè 
Reschoumot, on donnait l'épaule à cause de la main [levée par Pinhas] 
lorsqu'il prit la lance (Nombr., xxv, 7); les mâchoires, à cause de la 
prière faite par lui en cette occurrence (Ps., cvi, 30) ; Testomac ïwp, parce 
qu'il perça la femme au flanc ïirrp (Nombr., ib., 8) l . 

Comme on le verra bientôt, ce mode d'explication des prescrip- 
tions du Pentateuque caractérise une autre école dénommée Dorschè 
Hamourot, et précisément c'est à ceux-ci que le Talmud rapporte 
cette interprétation 2 . 

Il est écrit : « Ta vie sera comme suspendue » tr&nbn. Ces mots s'ap- 
pliquent, disent les Dorschè Reschoumot, à celui qui suspend ses tefillin 
(et ne les porte pas) 3 . 

D'après les Dorschè Reschoumot, Ana, dont il est dit (Gen., xxxvi, 24) 
qu'il trouva les mulets, était de naissance irrégulière; c'est pourquoi 
c'est lui qui introduisit des êtres hybrides \ 

Nos éditions du Talmud portent: Dorschè Hamourot ; l'autre 
leçon se lit dans TArouch et le ms. de Munich du Talmud. 

Que si l'on considère en bloc tous ces passages, on reconnaîtra 
certainement que les Dorschè Reschoumot interprètent l'Écriture, 
non pas allégoriquement, mais en prenant au figuré certains 
termes et en y rattachant des enseignements qui n'y paraissent 
pas contenus ; ces enseignements visent l'édification. 

Que signifie le nom qui sert à désigner ces agadistes? M. Bâcher 

1. Sifrè, Deut., 165, p. 106 b. 

2. Houllin, 134 6. 

3. Berachol, 24 a. 

4. Pesahim, 54 a. Ana, d'après le Midrasch, était né d'un inceste; voir, entre 
autres, j. Berachot, 124. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'a le mieux expliqué. Très justement, il tire d'un passage de la 
Mechilta, où D"rcn est opposé à îm-ic*:, le sens véritable du mot, 
qui signifie obscur, indiqué seulement. C'est, d'ailleurs, remarque- 
t-il encore avec raison, de cette façon que les Juifs palestiniens du 
m e siècle comprenaient le participe û"nm dans Daniel, x, 21, comme 
le montre une anecdote très connue, relative à Lévi. Les gens de 
Simonia, pour éprouver la science scripturaire de ce rabbin, lui 
demandent l'explication de ce verset. Il y a, disent-ils, contra- 
diction entre les deux expressions mun et de», « vérité, réalité ». 
Si c'est aiun, ce n'est pas un fait réel, et si c'est un fait réel, ce 
n'est pas tnim. 

L'argumentation de M. Bâcher peut être encore fortifiée. Si la 
racine û«n, dans les Targoumim et le Talmud comme dans l'ara- 
méen de Daniel, signifie tantôt « imprimer un signe, graver, tracer 
en creux », ou tantôt simplement «écrire, signer», le substantif 
désigne parfois un « indice », c'est-à-dire une chose qui en dit plus 
qu'il ne paraît au premier abord. C'est ainsi que, d'après R. Yosé, 
il est interdit, le samedi, d'écrire deux lettres qui ne forment pas 
un mot, parce que ces lettres peuvent fournir un signe conven- 
tionnel, DU5VI, pareil à ceux qui étaient apposés sur les planches 
du Tabernacle et qui servaient à les apparier '. 

Ce sens a très bien pu conduire à celui que nous avons constaté: 
les Dorschè Reschoumot sont ceux qui commentent ce qui est seu- 
lement indiqué, et non dit en propres lettres, dans l'Écriture. 

Ce système exégétique, qui s'explique sans peine, trouvait un 
appui dans la Bible même, où se rencontrent des expressions ayant 
un sens autre que le sens apparent, tels, par exemple, les mots 
Mané, Tékel et Parsim, qui étaient lettres closes pour Ballhasar. 
Or, précisément à ce propos, le livre de Daniel se sert du verbe 
mm fv, 24, 25). 

La plupart des textes qui citent cette école d'exégètes nous ont 
été conservés dans la Mechilta, recueil dont le fond n'est pas pos- 
térieur au m e siècle. Mais il y a mieux : ces citations apparaissent 
dans la partie la plus ancienne de ceMidrasch, celle qui est formée 
des controverses d'Eliézer, de Modin, avec R. Josué et R. Eliézer b. 
Hyrcanos, rabbins du commencement du n e siècle. 

Voilà donc un terminus ad quem pour l'existence de cette école. 
Mais, si Ton se dit que le compilateur n'aurait pas manqué de 
nommer les auteurs de ces interprétations s'il les avait connus, 
on en conclura légitimement que les Dorschè Reschoumot floris- 

4. Mischna, Sabbat, m, 3; baraïta, Sabbat, 103 6. 



LES DORSGHE RESCHOUMOT 29 

saient à une époque déjà lointaine au 11 e siècle, antérieurement 
peut-être aux écoles de Schammaï et de Hillel, vraisemblablement 
dès la première moitié du i er siècle. 

On se demandera peut-être en quoi ces interprètes de l'Écriture 
se distinguent des autres agadistes. Leur mode d'interprétation est 
très banal, les équations auxquelles ils se livrent des plus com- 
munes, et si Ton rencontrait ces jeux exégétiques sans la mention 
des Dorschè Reschoumot, il ne viendrait à la pensée de personne 
de les rapporter à une école particulière. La réponse est des plus 
simples et des plus intéressantes : le système est devenu banal, 
mais, à Uorigine, il était le propre d'une école, probablement des 
premiers agadistes, s'opposant aux interprètes attachés au sens 
littéral. Au commencement du n° siècle, on connaissait encore 
cette étape initiale de la agada, et certains dires de ces agadistes 
de la première heure avaient gardé leur estampille. Par la suite, 
tout ce qui provenait de ce fonds tomba dans le domaine public 
et n'eut plus d'identité. 

Les Dorschè Reschoumot, sous ce rapport, eurent un sort plus 
brillant que les Dorschè Hamourot, qui leur sont étroitement 
apparentés. Les frontières qui séparent ces deux écoles ne sont pas 
nettement marquées ; entre elles s'étend une zone neutre '. Néan- 
moins, certains traits permettent de les distinguer l'une de l'autre. 
Celui qui caractérise les Dorschè Hamourot, c'est la recherche de 
la symbolique des lois du Pentateuque. Les représentants de ce 
système se demandent, par exemple, pourquoi l'esclave hébreu, 
qui ne voulait pas recouvrer sa liberté après six ans de servage, 
se voyait percer l'oreille contre le poteau de la porte. Parce que, 
répondent-ils, Dieu voulait ainsi punir l'oreille qui avait entendu 
proclamer ces mots : « Vous serez mes esclaves à moi, et non les 
esclaves de mes esclaves 2 . » Pourquoi, disent-ils encore, l'emploi 

1. On a \u, plus haut, que pour les trois passages du Talmud babylonien qui les 
mentionnent des variantes ont Dorschè Reschoumot. D'après Raschi, les deux termes 
sont synonymes. 

2. Tosefla Baba Kamma, vu, 5; Mechilta, lia; Kiddouschin, 22 6; j. Kidd., 
59a. Cf. 1 Gorinth., vu, 23 : « Vous avez été rachetés à un grand prix; ne devenez 
point esclaves des hommes. » Mais, comme de juste, la pensée rabbinique, d'une 
grande simplicité, se déforme dans l'esprit de Paul et finit par exprimer le contraire. 
Ce que le théologien du christianisme veut dire, c'est que l'esclave n'a pas à se mettre 
en peine de son état d'esclave (vers. 21), car s'il est devenu chrétien, il est l'affranchi 
du Christ, de même que l'homme libre, devenu chrétien, s'est fait l'esclave du Christ 
(vers. 22). Le morceau se termine par ces mots : « Frères, que chacun demeure devant 
Dieu dans la condition où il a été appelé» (vers. 24). 



30 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

du fer était-il interdit dans la construction de l'autel? Parce que 
l'autel est un instrument d'expiation, et que le fer sert à fabriquer 
des armes de guerre *. 

Ce système, comme celui des Dorschè Reschoamot, tend surtout 
à l'édification ; il devait être exploité pour la prédication. Mais cette 
sorte de mystique de la législation, si elle n'est pas tout à fait 
tombée en discrédit, n'en est pas moins devenue suspecte, parce 
qu'elle pouvait être dangereuse dans la pratique. A ratiociner 
de la sorte, on risquait de volatiliser les prescriptions formelles 
du Pentateuque et de la tradition. Voilà pourquoi le Talmud et le 
Midrasch offrent peu de spécimens de ce genre d'explications du 
texte sacré et citent rarement des productions de cette école. 
En dehors des trois passages du Talmud babylonien relevés plus 
haut, le terme nmn *wn n'apparaît môme plus. On ne ren- 
contre que l'expression n*nn "ptta n»i« 2 ou n73in )^idw 3 (sur 
laquelle a été formée celle de m-rran "nzwi 4 ) et dans la bouche 
de deux rabbins contemporains, Rabban Gamliel II et Yohanan 
b. Zaccal 5 , celui-ci pour cinq explications, celui-là pour une 
seule 6 . 

Ces deux rabbins ayant vécu à la fin du i er siècle, nous voilà 
ramenés à ce moment de l'histoire juive où, pour la première fois, 
émergent quelques renseignements sur l'activité des rabbins. 

C'est à la môme époque que Josèphe écrit un ouvrage sur la 
signification rationnelle des lois mosaïques 7 et qu'il se livre à la 
recherche de la symbolique du tabernacle, du candélabre sacré 8 , 
à la manière de Philon. 

Comme l'a très bien noté M. Eschelbacher 9 , il y a un monde 

1. Tossefta, ib., 6. Cf. Mechilla, 76 a. 

2. Tossefta, loc. cit. ; Mechilta, loc. cil. 

3. Kidd.,22b; Sota, 15 a. 

4. Il faudrait plutôt mn?3irt, orthographe attestée par Houllin, 134 6; elle a été 
calquée sur m 73 11251 ""IDin. Le sens de I73in n'est pas assuré. M. Bâcher se rallie 

l'étymologie qui tire ce mot de l'araméen Nl73in ou NrH73in « sachet, bourse, 
écrin ». 

5. D'autres interprétations du même caractère et dues à ce rabbin se sont conservées, 
mais sans l'étiquette accoutumée. Ainsi, d'après lui, si les Israélites devaient verser au 
sanctuaire un demi-sicle, soit dix guèra, c'est parce qu'ils avaient transgressé les Dix 
Commandements (j. Schekalim, 46 ^ ; Pesikta de B. Câlina, 19 6). Les quarante 
jours que dura le déluge correspondent aux quarante jours nécessaires à la formation 
de l'embryon humain, me les gens de ce temps faisaient périr (Bereschit Rabba, 32). 

6. Sota, 15a. 

7. Antiq., introd., 25; I, 191 ; III, 143; IV, 198, et XX, fin. 

8. Ibid., III, 123, 145 et surtout 180 et suiv. 

9. Monatsschrifl, LI, 545 et s. 



LES DORSCHÈ RESCHOUMOT 31 

entre le système des Dorschè Reschoumot et môme des Dorschè 
Hamourot et celui de saint Paul, qui se dit l'élève d'un rabbin. 
Ces écoles qui. en leur temps, étaient quelque peu en marge du 
Judaïsme palestinien — car autrement elles n'auraient pas reçu 
un nom spécial —, ne se reconnaîtraient pas dans les fantaisies 
de l'apôtre, qui fait dire aux textes bibliques tout ce qu'il veut. 
Le contraste n'est pas moindre entre la timidité et la simplicité 
relatives des symbolistes autlientiquement juifs du i« r siècle et 
l'exégèse désordonnée et déconcertante de l'Épître de Barnabe 
ou du Dialogue de Justin. 

Israkl Lé VI. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 



XXXII 

Observations sur le texte du « Kitâb-al-amânât ». 

Juda ibn Tibbôn ne passe pas pour être un traducteur très exact 
des textes arabes. Mais on aurait tort de croire en principe, en cas 
de divergences entre sa traduction hébraïque et le texte arabe 
conservé, que Terreur est toujours du côté de la traduction. On 
doit, au contraire, admettre a priori comme possible que celle-ci 
nous offre le moyen de restituer les leçons correctes là où le texte 
arabe est mal établi. J'ai pu en donner plus d'un exemple pour le 
texte du Kitâb al-amdnât et pour celui du Khazarî dans mes 
recensions des éditions de ces deux ouvrages 2 . Je voudrais 
examiner sous ce rapport deux passages du traité de Saadia. 

Vouloir corriger, d'après l'éd. Landauer, p. 88, 4 : *$&\ dUi 1% 
jJLUî, la traduction d'Ibn Tibbôn : d^'jTD^n tmnti un, ce 
serait commettre une erreur et le malentendu serait, dans ce 
cas, imputable au correcteur. Le texte exact de Saadia était 
"-Diis^bN, que rend la traduction hébraïque, et c'est à tort que le 
point diacritique a été placé sur le is. On connaît la théorie des 
Mou'tazilites qui entendent par « discours de Dieu » (Kaldm Allah) 
un discours que Dieu crée et produit dans un substratum (// 
mahall) 3 . Ce n'est pas lui qui parle, il fait naître les sons qui par- 
viennent aux oreilles du prophète dans un objet (tel que l'air, etc.) 
comme dit Barzillaï, "ma rm -pn» Ttt bip 4 . Or, chaque fois que 

1. Voir Revue, LV, p. 54. — Les caractères arabes employés dans cet article 
viennent de l'Imprimerie Nationale. 

2. Voir Z. D. M. G., XXXV (1881), p. 773-183 ; XLI (1887), p. 691-707. 

3. Cette théorie remonte à Philon, voir les notes sur le Ma'dnî al-nafs, p. 15, 1. 10. 

4. Commentaire sur le Séfer Yecira, p. 130, 1. 6. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 33 

cette théorie est exposée, on relève avec insistance que dans les 
sons que Dieu produit dans les objets il ne faut pas voir des sons 
vagues et inarticulés, mais des sons bien déterminés et articulés, 
des lettres (!) ou des mots 1 séparés les uns des antres. C'est ainsi 
que YeschoiVa b. Yehoùda dit en parlant de la « voix créée » : ta* 
nbnottn nm-ort mmiD nrniN invri (Mark on, Texte und 
Untersuchungen aus dem Gebiete des Karàischen Ehegesetzes, I, 
p. o, 1. 19) et qu'on lit ailleurs : rraiâstt tpnm IrtfàpE nanirN 
(Mélanges Harkavy, p. 411, 1. 12). Saadia partageait cette concep- 
tion de la « parole de Dieu » et se servait de la même terminologie, 
comme il résulte, outre quelques passages de YAmcindt, des 
citations que nous connaissons de son Commentaire de l'Exode et 
du Lévitique 2 . C'est la même pensée qu'il exprime dans le passage 
que nous examinons : se référant à II Sam., xxiii, 2 : . . .'n mi 
inbtn, il explique que « tous deux sont des choses créées Cjtfnpibifls] : 
le discours articulé, bsDttbN a&ôab&t, etc. ». La version d'ibn Tibbôn 
û^TiiDttn û^iain correspond donc à un texte exact. 

Dans l'éd. Landauer, p. 74, 1. 11, on lit : £A#?.j ^Lo JL> iJ, tandis 
qu'Ibn Tibbôn a rbsïïi ana». La traduction hébraïque permet 
de reconnaître que le dernier mot du texte arabe ""ficrn doit être 
transcrit ^bbj, de la troisième forme de ^ 5 a£, qui, comme 
d'autres formes de cette racine, exprime la notion d' « exagération » 
(rwbDn, tram) ; M. S. Poznanski, dans un article fortement docu- 
menté, en a réuni un grand nombre d'exemples empruntés à la 
littérature judéo-arabe 3 . 

Je profite de cette occasion pour ajouter quelques exemples, pris 
dans cette littérature, de l'emploi de la sixième forme, dont on use 
avec prédilection : Abraham Maimonide, Commentaire du Penta- 
teuque, sur Genèse, xxvi, 12 (éd. Eppenstein), p. 26, 1. 20 : ^-rnam 
tkt ""Kari ïtd Dahnnb», « dans l'explication du ïargoum il y a 
beaucoup d'exagération » (rmrp rrabcn) ; acte privé du Caire, 
publié par B. Chapira, dans les Mélanges Hartwig Derenbourg, 
p. 12o b, 1. 6 : ■pifcwabN rïoro ïttkb* ^a vewm rnasi, « ils 
déployèrent un zèle excessif dans la construction de la synagogue 
des Palestiniens», parallèlement à ce qui suit: «nbKwâ is n««a»bKi. 

Le ^m de Saadia est un exemple de l'emploi de la troisième 
conjugaison. 

i. C]Tin peut avoir les deux sens, v. PraetoriuB, dans Z.D.M.G., LX1II, 504. 

2. Voir ces passages dans Revue, XLVIII, 185. 

3. Z.f.Il.B., III, 94 et suiv. Cf. les exemples dans I. Friedlânder, Der Sprach- 
gebvauch des Maimonides, l 'Francfort, 1902;, p. 83-84. Pour N13N, v. encore Sirïidj, 
Middôt, III, 8 (éd. Fromer). 

T. IA. N' 119. 3 



34 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

XXXIII 

Sur les Juifs du Maghrib. 

Récemment, le Gouvernement général de l'Algérie a confié à 
M. Belkacem al-Hafnaoui, professeur à la grande mosquée d'Alger 
et rédacteur du journal officiel Le Mobacher, une publication 
intitulée Tarîfel-khalafbi-ridjdlessalaf* : c'est une anthologie 
de biographies des plus célèbres autorités musulmanes qui ont vécu 
et agi sur la terre algérienne, extraite de l'abondante littérature 
biographique de l'Afrique du nord. Dans le premier volume de 
cette collection on trouve quelques données qui pourraient inté- 
resser l'histoire des Juifs dans cette contrée. Comme les ouvrages 
auxquels ces renseignements sont empruntés ne me sont pas 
accessibles, je ne puis les faire connaître que d'après l'anthologie 
d'al-Hafnaoui. 

/. — Le Djazwat at-iktibâs, ouvrage d'Abou-l-'Abbàs b. 
Mohammed al-Miknàsî sur les savants de Fez 2 , fournit la biographie 
du célèbre Mohammed b. Ibrahim b. Ahmed al- e Abdarî, de Tlemcen, 
originaire d'Avila en Espagne (mort en 757 = 1356) 3 . Théo- 
logien savant, il s'occupa aussi d'études de philosophie et de 
mathématiques. Il refusa à plusieurs reprises d'entrer au service 
de l'État. Lorsque Aboû Hamou, le souverain de Tlemcen, voulut 
l'y contraindre, « il s'enfuit à Fez et s', y tint caché chez le scheikh 
des mathématiques (scheikh al-ta'dlîm), le juif Khûltoûf al- 
Maghilî ; il apprit de lui les branches de cette science et y acquit 
une grande habileté ' ». Voilà sans doute un nom à ajouter à 
l'histoire des savants juifs de Fez. 

2. — Au Neil al-ibtihddj de Ahmed Bâbâ al-Soudânî ;i est 
empruntée la biographie- de Mohamed b. 'Abdalkarîm al-Maghîlî al- 

1. Biographie des savants musulmans de V Algérie du IV e siècle de l'hégire, à 
nos jours, tome I, Alger, 1907. 

2. Sur cet auteur, mort eu 1025 (1616) et ses ouvrages, v. II. Basset, «laus le Recueil 
de Mémoires et de Textes publié eu l'honneur du XIV* Congrès des Orientalistes 
(Alger, 1905), p. 21. 

3. P. 95 et suiv. 

4. Le même reuseigucmeut est douué p. 89 d'après nue autre source biographique. 

5. Mort eu 1032 (1623). Voir sur lui R. Basset, l. c. 



MELANGES JUDEO-ARABES 3S 

Tilimsànî al-Touàtî, qui est dépeint comme un champion ardent de 
la Sounna. On y lit l'épisode suivant (p. 167) : À cause de ces 
opinions, il eut des démêlés avec les fakîhs de son temps, lorsqu'il 
séleva contre les Juifs de Touàt et voulut les obliger à supporter 
des humiliations ; il alla même jusqu'à exciter au meurtre et à la 
destruction des synagogues. Il se heurta dans ce dessein à l'oppo- 
sition du fakîh 'Abdallah al-'Açnoûnî, cadi de Touât. Les oulémas 
de Fez, Tunis et Tlemcen correspondirent avec lui à ce sujet; le 
Hàfiz al-Tinnîsî lui adressa une longue épître dans laquelle il se 
langeait au jugement de Maghîlî. L'imâm al-Senoûsî adhéra 
également à son avis et lui écrivit ce qui suit : « De 'Obeidallâh b. 
Mohammed b. Yoûssouf al-Senoûsî au frère bien-aimé Aboû 
'Abdallâh b. 'Abdalkarîm al-Maghîlî qui, en ce temps funeste, 
répond de ce qui est déchu de l'obligation religieuse de commander 
ce (lui est louable et d'empêcher ce qui est condamnable \ obligation 
dont l'accomplissement est surtout à notre époque un signe de la 
vaillance scientifique, du zèle islamique et de l'édification des 
cœurs par la foi; que Dieu protège sa vie, le bénisse dans ses 
intérêts religieux et temporels et accorde à lui, à nous et à tous les 
Musulmans une mort avec béatitude et rémission des péchés, sans 
tribulations, au jour où nous le rencontrerons (Dieu). Le salâm sur 
vous ainsi que la miséricorde et les bénédictions de Dieu ! — Nous 
avons appris, o seyyid, que votre zèle religieux et votre héroïsme 
savant vous ont poussé à provoquer un changement sur ce que les 
Juifs (que Dieu les abaisse ! ont érigé nouvellement une synagogue 2 
dans les pays de l'Islam et que vous vous efforcez vivement de la 
détruire; de plus, que les gens de Tamantita hésitent à le faire, 
pensant comme ceux qui vous font opposition parmi les adeptes 

1. En arabe : al-amr bil-ma i roàf wal-nahy 'an al-mounkar. Sur la signification 
pratique de cette phrase, v. Le Livre de Mohammed ibn Toumert, Alger, 1903, 
Introduction, p. 85-100. Cette expression coranique est souvent empruntée par les 
écrivains judéo-arabes, et les Inducteurs bébreux éprouvent toujours quelque embarras 
a rendre d'une manière adéquate les termes ma 1 rouf et mouakar. Juda ibnTibbôn tra- 
duit un peu librement dans Saadia, Amendé, éd. Landauer, p. 256, 1.4 d'en bas (éd. 
Slucki, p. 130) : y n n -J73 (éd. nnTnbl) -Tnïî-îbn :Vi3 3 miitb ; de même dans 
Kouzari, IV, 19 (éd. Hirscbfeld, p. 262, 1. 15) : y-\71 )12 "l"VÏ"!Tm Dl^n by Tl^ ; 
ainsi qnr dans Bébayi, V, ebap. S (éd. M.E. Stern, p. 276, 1. H ; 277, 1. 4; original arabe, 
ni. Valiuda, p. 248, d. I. : 24'.). I. 14), cb. (i (éd. Stern, 306, 1. 7; éd. Yabuda, 272, 
1. 8); VII, cb. 9 vers la fin arabe 300, I. 8); VIII, cb. 1 (éd. Stern 359, I. 5; éd. 
Vali. 316, I. 2) et VIII, cb. 3 (éd. St. 377, I. 6 ; Yab. 330, 1. 18. — Isaae b. Natban 
traduit littéralement, mais sa version n'est intelligible que pour qui connaît l'arabe : 
"117173 DTnn 3M"n3 D"PDT"n (Maimonide, -nmn "I73K72, ft& Steinscliiioider, 
p. 25, d. I. . 

2. V. Revue, XXX, p. 9 ; XXXI, 214 et suiv. ; Z. D.M. G., LXII, 26-27. 



36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'opinions erronées. C'est pourquoi vous avez envoyé vers nous, 
afin que nous éveillions les sentiments des oulémas dans cette 
affaire. Mais je n'ai trouvé personne qui approuvât cette intention 
et dirigeât ses efforts à l'effet de faire valoir la vérité et de satisfaire 
le zèle. Personne n'envisage la force de sa croyance et la clarté de 
sa certitude à cause des illusions sataniques de la connivence avec 
celui dont on craint la puissance 4 . Fait exception le très-savant 
sclieikh Abou 'Abdallah Mohammed b. 'Abdaldjalîl al-ïinnisî. . . 
En outre de lui, ont donné leur approbation dans la question : al- 
Raççâ', mufti de Tunis, puis Aboû Mehdî al-Mâwisî, mufti de Fez, 
Ibn Zikrî, mufti de Tlemcen, enfin le cadi Aboû ZakariyyaYahyab. 
Abi-1-Barakât al-Ghomârî et 'Abdalrahmân b. Sab', tous deux de 
Tlemcen». Lorsque la réponse de Tinnisî et la lettre de Senoûsî 
arrivèrent à Touat, al-Maghîlî donna à ses partisans l'ordre 
conformément auquel ils revêtirent les instruments de guerre et 
marchèrent contre la synagogue. Il leur commanda de tuer qui- 
conque leur résisterait. Ils la détruisirent (la synagogue) et il ne se 
trouva pas deux boucs pour entrechoquer leurs cornes là-dessus 
(c'est-à dire : personne n'en prit souci). Ensuite, il leur dit : Celui 
qui tue un Juif peut me réclamer sept mithkâl. C'est ainsi que de 
(grandes) choses survinrent alors et pour fêter cet événement, des 
poèmes furent composés à la gloire du prophète et à la honte des 
Juifs et de leurs protecteurs. 

On raconte ensuite comment Maghîlî entreprend une mission 
dans les différents états du Soudan, prêchant partout la sévère 
exécution de la loi islamique, «recommandant le bien et décon- 
seillant le mal» 2 . Il en fait autant à Kàgho, et compose pour le 
sultan de cette ville un écrit dans lequel il répond à diverses ques- 
tions religieuses. C'est là qu'il apprend que son fils est mort à 
Touât; les Juifs l'auraient assassiné pour se venger. Consterné, il 
réclama du sultan l'emprisonnement de tous les habitants de Touât 
qui se trouvaient alors dans son état. C'est ce que fit le sullan. 
Mais Abou-1-Mahâsin Mahmoud b. 'Omar blâma cette conduite, 
disant que ces gens deTouât n'avaient rien fait, sur quoi ils furent 
mis en liberté. Le scheikh fougueux retourne alors à Touât, où il 
meurt en 909 (1503-4). Le biographe raconte qu'un juif ou quelque 
autre profana sa tombe et fut frappé de cécité sur place. 

1. 11 s'agit sans doute du cadi précité, qui s'opposait au fanatisme de Maghili . 

2. Sur son activité de missionnaire en laveur de l'Islam parmi les tribus du Sahara, 
voir Le Cliatelier, L'Islam dans l'Afrique occidentale (Paris, 1899), 137; sur son 
fanatisme contre les Juifs v. encore Revue du Monde musulman, IX, p. 114, 7 en bas. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 37 

XXXIV 

Encore 'Abd al-Sayyid al-Isra'ili. 

C'est par l'histoire de la conversion de ce dayijân al-Yahoi\d K 
que nous avions ouvert naguère la série de ces Mélanges* 1 . Un 
extrait, publié par M. Fagnan, de l'histoire d'Ibn Kethîr, qui était 
d'ailleurs la source indirecte de mon exposé, nous apprend les 
mêmes faits, augmentés d'un détail qui n'est pas formulé par 
l'historien, mais que nous pouvons déduire de ses indications 3 . 
Le cadi entre les mains duquel le néophyte avait fait sa profession 
de foi musulmane s'appelait 'Abd al-Sayyid. Le converti, dont nous 
ne connaissons pas le nom primitif (car Behâ al-dîn n'est sans doute 
qu'un titre honorifique ou lakab), aurait donc pris, en changeant 
de religion, le nom de celui qui aurait reçu le premier la déclaration 
de sa conversion. C'est là un nouvel exemple d'un fait souvent 
attesté; cependant il est surprenant que ce Juif converti ait pris, 
à ce qu'on nous assure, pour nom de son père le patronyme du cadi 
(ibn aï-Mouhadclab) ; d'après Ibn Hadjar, qui est la source utilisée 
par nous, le véritable nom de son père aurait été Ishâk . 

1. Dans rémunération des ecclésiastiques des différentes confessions donnée par 
Abou-l-'Alà al Ma'arrî [Louzoûm ma la yalzam, apud Kremer, Ueber die philoso- 
phischen Gedichte des M. p. 96, 1. 1), la confession juive est représentée par yL>> 
^7^-3 ->>W î sur la valeur relative de ce titre dans la hiérarchie juive, v. Gottheil, 
An eleventh-century document, etc., dans J. Q. R., 1907, avril (p. 34 du tirage 
à p.). — Au surplus, le nom de dayyân figure aussi parmi les épithètes de 
Dieu et les théologiens musulmans lui attribuent ia signification de Kahhdr (celui 
qui subjugue); mais dans les diverses listes des « beaux noms » (v. Nôldeke Fest- 
schrift, p. 317), cette épithète ne se trouve que dans une seule énumération schi'ite. 
Mahomet est interpellé comme dayyân al-'arab par un Arabe qui lui demande satis- 
faction d'une injustice commise envers lui. Un hadîth dit d'Ali : « qu'il soit dayyân 
hddïhi-l-ummati (le juge de cette communauté) après son prophète » (Voir les 
Lexiques arabes: Lisân al-'arab, XVII, p. 24; Tadscli al-aroûs, IX, p. 207).— Du 
reste, Dayyân existait déjà comme nom propre chez les Arabes de l'époque anté- 
islamique, v. Ibn Sa'd.V, p 385, 1. 23 ; VI, p. 10, 1. 6 et suiv. 

2. Revue, XLlll, p. 1. 

3. Mélanges Har/wiy Derenbouvg, p. 113. — Remarquons en passant que la 
difficulté signalée par M. F. touchant l'intelligence du morceau cité ibid., n. 1 
(signature d'Ali au bas de l'acte des privilèges des Juifs de Kheybar) disparait si l'on 
change abî en aboû. Le fondateur de la grammaire ne peut pas avoir signé 'Alîb. Aboù 
Tàlib, il ne peut avoir commis cette faute de grammaire (lahn) ; il aurait dû écrire 
abî. La signature est donc apocryphe. Dzahabi, Tadkirat al-houffâz, III, 336 (éd. de 
Haidarabad) raconte aussi comment le privilège des Juifs de Kheybar fut déclaré non 
authentique, mais sans mentionner ce troisième indice d'inauthenticité. 



38 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Nous sommes en mesure de compléter ces renseignements par une 
relation sur les antécédents de 'Abdalsayyid et sur la considération 
dont il jouit, après sa conversion, au sein de l'Islam. Nous la puisons 
dans une assertion faite en passant par son célèbre contemporain 
musulman, le théologien fanatique ïakî al-dîn ibn Teymiyya, dont 
nous avons déjà eu l'occasion de signaler l'hostilité vis-à-vis du 
judaïsme 1 . Dans son traité al-Fourkân beyna-l-hakk wal-bâtil, 
polémiquant contre le çoufisme, il dit : « Le scheikh k Abd al-Sayyid, 
qui fut d'abord juge (cadi) des Juifs et se convertit ensuite à l'Islam 
— il comptait parmi les plus sincères des hommes, parmi les 
meilleurs des musulmans et parmi ceux qui ont pratiqué l'Islam 
de la manière la plus juste — m'a rapporté que (lorsqu'il était 
encore juif) il avait coutume de fréquenter un scheikh des Çoufls, 
nommé al-Scharaf al-Balâsî, pour se perfectionner auprès de lui 
dans la science et la connaissance. Il f'Abd al-Sayyid) racontait : 
Ce Scharaf me somma de suivre sa tendance [madhab) ; mais je 
lui dis : « Votre doctrine ressemble à la doctrine de Pharaon » 2 ; 
il répliqua : « Nous reconnaissons en effet cette parole de Pharaon ». 
Je 3 lui demandai : « Est-ce qu'il reconnaissait véritablement les 
paroles de Pharaon? » Je reçus une réponse affirmative de 'Abd 
al-Sayyid, qui avait coutume de s'entretenir avec moi en ce temps 
de ce madhab (çoûfite)... 'Abd al-Sayyid lui donna (au çoûfî) 
cette réponse : « Je n'abandonnerai pas Moïse pour aller avec 
Pharaon, car celui-là a noyé celui-ci. » Le çoûfi fut ainsi com- 
plètement réduit au silence. Je 3 dis à 'Abd al-Sayyid — c'était 
avant sa conversion à l'Islam — : « Ton judaïsme t'a été utile ; un 
Juif est meilleur qu'un adepte de Pharaon *, » 

Nous voyons par là que 'Abd al-Sayyid, avant sa conversion, 
entretenait déjà des relations avec des théologiens musulmans de 
tendances diverses et qu'il était sous l'influence d'ibn Teymiyya, 
dont le zèle de convertisseur, en ce qui concerne le dayyân juif du 
moins, fut couronné de succès. 

I. GOLDZIIIER. 



1 . Revue, XXX, p. H. Cf. Steinschneider, Polemische und apologetische Litteratur, 
Index, s. v. Teimijje ; Schreiner, dans Revue, XXXI, 214 et suiv. 

2. L'auteur avait mentionné précédemment le passade du Koran (Soura, 79, v. 24) 
sur Pharaon qui se divinise lui-même, que plusieurs Çoùfis, notamment Ibn 'Arabî, 
ont cherché à justifier ; v. Schreiner, dans Z. D. M. G., LU, 548. 

3. C'est Ibn Teymiyya qui parle. 

4. Madschrnoû i at al-rasâ'il al-koubrd (Le Caire, 1324), I, p. 146. 



LES 

NOMS DE DIEU ET DES ANGES 

DANS LA MEZOUZA 

CONTRIBUTIONS A L'HISTOIRE DE LA MYSTIQUE 
ET DE LA GABBALE 



Des textes de la littérature talmudique montrent qu'on attribuait 
à la mezouza un pouvoir protecteur, surtout contre les démons 1 . 
Plus tard, sous l'influence de la mystique, cette croyance donna 
naissance à l'usage d'inscrire dans la mezouza, en outre des pas- 
sages bibliques prescrits, des versets qui parlent de la protection 
de Dieu, des noms de Dieu et des noms d'anges, ainsi que des 
figures mystiques. 

Plusieurs auteurs anciens mentionnent cette coutume, les uns 
pour l'approuver ou la favoriser, les autres pour la désapprouver et 
la blâmer plus ou moins sévèrement. L. Low, qui a effleuré ce 
sujet 2 , n'a pas tenu compte de tous les textes, dont une partie lui 
était d'ailleurs inaccessible. Il ne s'est môme pas demandé comment 
était faite celte mezouza mystique, ou, si l'on nous passe l'expres- 
sion, mystificatrice, quels étaient les noms de Dieu et des anges, si 
les noms et figures étaient partout les mêmes. Je me propose de 
réunir ici ce que je sais de cette question. 



1. Mechilta, 12a ; Aboda zara, M a ; Menahot, 33 6 ; j. Péa, i, 1 (15a, 1. 54); 
Targoum sur Cantique, vm, 3; Gen. r., xxxv, i. f. Cf. LOw, Gesammelte Schriften, 
II, 82. 

ï.^Loco cilato. 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



La mezouza « mystique » et les rabbins du moyen âge. 



L'usage d'insérer dans la mezouza des figures mystiques et des 
noms d'anges est signalé pour la première fois, parmi les rabbins 
du moyen âge 1 , par R. Eliézer b. Samuel de Metz, le célèbre dis- 
ciple de R. Tain, qui vivait dans la seconde moitié du xn e siècle 2 . 
« En outre des prescriptions relatives à la mezouza qui sont étudiées 
dans le traité de Menahot*, l'usage s'est établi, pour accroître la 
protection de la maison, d'écrire, à la fin des lignes, des figures 4 
et les noms des anges. Ce n'est pas une condition sine qua non, 
ni une obligation, mais seulement un surplus de précaution 3 . » 

R. Eliézer de Metz n'est donc que médiocrement favorable à cet 
usage, et il a soin de spécifier qu'il ne constitue ni une obligation, 
ni une œuvre pie. Même attitude cliez Abrabam ben Isaac Ab 
Bôt-Din, de Narbonne : « Il en est qui ajoutent des noms d'anges 
et des figures à la fin de certaines lignes, mais ce n'est pas une 
prescription proprement dite 6 . » Le Mahzor Vitry l'ait la môme 
observation, avec cette différence que ces additions n'y apparaissent 
plus comme un usage, ni môme comme un usage privé : l'auteur 

1. Je dis « les rabbins», parce que cet usage est mentionné plus anciennement par 
le caraïte Juda Hadassi. Voir plus loin, p. 4f> et s. 

2. 11 est vrai qu'il en est déjà question dans le Mahzor Vitry (voir plus loin, p. 49) ; 
mais dans cet ouvrage, dont le fond remonte à la première partie du xii* siècle, on 
n'est jamais sur de ne pas avoir affaire à une addition postérieure. Voir, sur ce point, 
Berliner, apxul Hurwitz, Introduction au Mahzor Vitry, p. 117; Gross, (ï allia judaica, 
p. 283 ; Epsteiu, Schemaja (1er Schiller und Secre/iir Raschis, p. IX, u. 1 (tirage à 
part de la Monatsschrift, XLI) : Aptowitzer, dans Monatsschrift, 1908, p. 306, n. 2. 

3. Mena ho t, 31 6-34 a. 

4. Sur le sens de Dmn, voir plus loin, p. 41, n. . r i. 

5. Se fer Yeréim, ntf-pn 1173^, n° 18 (éd. Wilna, 1881 , 18 6) : mSbïttl 123") 

airob n^nn m^aia nsonnb ûbiawi ibamn mnraa PTiUMin r.TiT?: bto 
matE (lire fitbi] nba niid^ irai D'Ofitbnft matti nnmn rmwn cpoa 

D^poisn N£»n nmcn v ^Nn rramm nnTEfi rmati . rm»© nooin ^jn 

Cette référence aux décisionnaires, qu'on lit dans nos éditions, n'est pas de l'auteur, 
car d'après les Haggahot Maïmoniol, ■pb" , Din 'ri, Y, 4, n° 4, le Séfer Yeréim donnait 
à cette place le formulaire d'une mezouza avec ies figures et les noms d'anges : Nb"71 

.D"ONbtt m53iûi mamm nriï'an mis aro -udk (y^an w*bK 'n) û"n-id 
rn 11 »© nsoin ^n mats «bi awy «b ana t»k© aro bsa». On sait que 

notre Séfer Yeréim est un remaniement abrégé de l'ouvrage primitif (v. Àzoulaï, 
Schem ha-Guedolim, éd. Benjacob, p. 24 6 ; Zunz, Literaturgeschichte, p. 352) et 
l'on verra plus loin que le manuscrit de Paris confirme les indications des llaggahot 
Maïmoniot. 

6. Ha-Eschfcol, II, 73. 



LES NOMS DE DIEU ET DES ANGES DANS LA MEZOUZA 41 

les considère comme faisant évidemment partie de la mezouza ' . Un 
autre écrivain, inconnu celui-là, va encore plus loin : il présente 
l'adjonction de noms d'anges dans la mezouza comme une obli- 
gation, aussi importante même, à en juger par ses termes, que les 
prescriptions halachiques 2 . 

Tandis que ces auteurs supportent ou favorisent et réclament cet 
us ou plutôt cet abus, tous les autres ne le mentionnent que pour 
le blâmer et déclarent qu'on ne doit rien ajouter au texte biblique 
de la mezouza 3 . C'est Maïrnonide qui combat le plus longuement 
et le plus énergiquement ces additions postiches : « Un usage 
répandu, dit-il, consiste à écrire au verso de la mezouza, à la hau- 
teur du blanc qui sépare les deux chapitres, le mot ^id (schaddaï) 4 . 
Il n'y a aucun mal à cela, car c'est sur le côté extérieur. Mais ceux 
qui ajoutent au recto des noms d'anges, des noms divins, des ver- 
sets ou des figures 8 sont au nombre de ceux qui n'ont pas part au 

1. Voir plus loin, II, n° 3, p. 49. 

2. Voir plus loin, II, n° 1, p. 45. 

3. Chez aucun auteur autre que ceux que je cite, je n'ai trouvé une opinion favo- 
rable ou même indifférente à cet usage. R. Simha b. Samuel de Spire avait seulement 
coutume d'inscrire dans la marge inférieure de la mezouza trois versets des Psaumes, 
mais non des noms de Dieu ou d'anges; v. Hagahot Maïmoniot, "pb^Dn, v, 4, n° 4 : 

'n rtnron nnn a^pios 'a ana rsn»© irm b© (obiy -non) y'oa pi 

'1DT "TWQi. Rectifier Low en ce sens. 

4. Sur ce point, voir Mahzor Vitry, p. 647 ; S. ha-Eschkol, II, 73 ; S. ha-Teroumot, 
■pi^On mabn, § 204 (éd. Venise, 1523); Semag, commandements positifs, § 22 ; 
Semak, §154 (éd. Crémone, 1556, 57 6); Ascheri, Halachot ketannot, HTIT», § 18 ; 
Mordechaï, Halachot ketannoi, § 960 ; Orhot Hayyim, II, 192 ; Bahya b. Ascher sur 
Deut. , vi, 9, et Kad ha-Kémah, riT1T73 (éd. Breit, II, 3a) ; Barouch schéamar, éd. 
Varsovie, 5 a ; Tour, Bel Yossef et Schoulhan Arouch, Yoré Déa, § 288. Le Zohar, 
sur Deutér. (266a), demande que l'on écrive iTtZÎ derrière le mot mm du Schéma: 

ibapb -i2b?3 D"Wn« "ma an bsn kwj Nnn» «©"Hp n»© mm ">Tn Nn 
nab»i labE tnaoban i»3 na -pas *nm:b -iab» "H© isb» mm ,&n n»©. 

Cf. Bel Yossef, l. c, et mTl»n "Haï sur Ascheri, l. c. ; de là, dans Schoulhan 
Arouch, l. c. Un motif de cet usage daus Recanati, m£» * , 73^LD, § 180 : "H© Dtfj") 

■npn b« miata -h© mm ainaio m m» tt nruÈ ban©"» nmi n»i© 
b* Dnanaïaa *p mwin Bpai ^tk nb-in ma îa^m m-Pica êôn mnssa 

^n^3 niTIT» b*. Cf. OrW Hayyim, II, 192, et rt©» »Tl sur 7ore Déa, § 288, 
n. 100 (d'après le Kolbo). Le Baziel, 8 a, l'explique au moyen de la guematria. Le 
même usage est mentionné par Judâ Hadassi, Eschkol ha- Ko fer, Alphab. 242 (92 c) : 

ne a© iibnn mp»a nnran nna pâmai. 

5. Et non ce des formules finales», comme traduit Low {Schlussformeln). Chez les 
mystiques et les cahbalistes, le mot Dnin signifie « paraphe, figure ». Voir p. ex. 

Se fer Yedra, i, 13: n»nm... i"t!3 i»nm- . • n"ni)3nm... Y'ma i»nm . . . 

rî"*na 17anm..- v 'iri3 ; Alphabet de B. Akiba, dans Bét ha-Midrasch, III, 25 : 

a©-i a© ba© ...v'fflmBMM ni»© ba i73nro jna© n"ap:i b© m?3mn V*n 
D^inm d^»© msaaa nnrap y-iNn maaai ...Dmn ib ©^ naan»a© 
ynNT D">»© "jna i»nnn3© m»© pa . ..mns t©« mna n^aaa ; ib., 95 et 

s., et passim. Pour le sens de « figure », voir la consultation de R. Haï dans Taam 



42 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

monde futur. Car, non contents de ne pas accomplir le précepte \ 
ces sots traitent un précepte important, qui rappelle l'unité de Dieu, 
l'amour et le culte qui lui sont dus, comme si c'était une amulette 
pour leur avantage personnel et qui, à ce qu'imagine leur esprit 
imbécile, serait de quelque utilité pour les biens fragiles de ce 
monde 2 . » Schemtob b. Abraham 3 cite les Consultations des 
Gueonim comme source de ce paragraphe. Mais cette condamna- 
tion ou une assertion analogue ne figure dans aucun des recueils 
connus de consultations gaoniques, et nul autre auteur ne cite rien 
de tel au nom des Gueonim. Peut-être l'indication de Schemtob 
manque-t-elle seulement de précision, la référence aux Consulta- 
tions des Gueonim ne s'appliquant qu'à la dernière phrase de 
l'alinéa 4 . 

Dans le même sens, et en partie dans les mêmes termes que 
Maïmonide, Moïse de Coucy écrit : « Un usage répandu consiste 
à écrire au verso de la mezouza, derrière le blanc qui sépare les 
différents paragraphes, le mot "nto. De même, on écrit derrière les 
mots ina 'n l^nb» Vi le nom divin en remplaçant chaque lettre par 
la lettre suivante de l'alphabet : Y'na T"oaTOa Y'nD 5 , 11 n'y a aucun 

Zekénirn, 54 ; Judab. Barzillaï, Commentaire du S. Yecira, p. 104: D^IDO !!73ai 

mnmn m-nm n^DNbwn m»tzn mEun» pa aina nbatM pw&< 

Le second sens de Dmn ressort incontestablement des passages qui vont être cités et 
qui sont apparentés à celui qui nous occupe. 

1. Lire mUfcTjn au l' eu de m£?3n, ainsi que l'exige le sens et que le porte ^jiyiz 
31L3 Ù"P sur Ascheri, Halachot ketannot, ÏTHTE, 18, n. 8. Orhof llayyim, II, |92, 
a encore plus clairement riNT!"! m £73 H. 

2. Misc/iné Tura, "pb^Dn, v, 4: yim73 WITOH b* *parVDtï3 B1W ^H 

.yinaTa Ninic ^ob losn nra "pai ,"Huj nnnob nia-ia "paio rrnn nroa 
m* pias in a^np mM in iTPKbnn m»uj D^saa V 3n "> 3U2 ib*M bas 
"h «b bnppQR ib^D ,&an ab-irb pbn anb Twa 173 bbsa p "nn m^mn 
û;an iin 1 «"«n© n>i*ia n*i£73 it»*» «b» [riisan] (mawn) "ibcaaio nnb 
oab by rr^yiD "173a ,px* rr^jn b^a 3>*>7:p nti ib">*o irmaan inarwi 
ûbi*n "«bana nsrrarr nai m© baon. 

3. Migdal Oz, ad lue. 

4. En effet, les mots 'ia"l p3Ê3> m*3tt bta 3^73 p Nin ib^ND semblent dirigés 
contre une assertion de 8 cher ira : Délais» Û^DNb73!"Nï5 D^"iaT 71733 WE) D"lia73 

Vï5p ^ana">73 ywi tnabn srôy&'m nwn ^s^ix nbi iTNrn owb ana 

Taia D^aNb^n "nTJ^ia "Ha n")73ia "|"H73Nj"I [Consultations des Gueonim, éd. 
Harkitvy, n° 373, p. 189). Maïmonide a copieusement utilisé 1rs Gueonim comme source 
balacbique, sans se croire obligé à les ménager pour cela, — attitude que Léon de 
Modène a imitée pour le Talmud. 

5. Maïmonide ne mentionne pas ce détail et son silence doit être interprété comme 
une désapprobation, si cet usage existait en Espagne ; mais cela n'est pas sûr, car 
Ascheri le considère comme français et allemand (voir plus loin, p. 43, n. 3). 

On voit que ces mots n'ont rien d'obscur et de mystérieux, comme le croit M. Krauss, 
dans Revue, LVI, 253. Sur ce point, voir encore *: Mahzor Vilry, 647, 649 ; Se fer 
Raziel, 8a; llagg. Maïmon., "pb^Dn, v, 4, n. 4 ; Ascheri, rsnT73 niabn, §18; 



LES NOMS OE DIEU ET DES ANGES DANS LA MEZOUZA 43 

mal à agir ainsi, puisqu'on écrit alors sur le côté extérieur. Mais à 
l'intérieur, il est défendu d'ajouter ne fût-ce qu'une lettre, ou de 
dessiner les figures des anges ou quelque chose d'autre, qui ne soit 
pas le commandement du Maître souverain, rien de plus, rien de 
moins ', » 

En Allemagne, un contemporain de Moïse de Coucy, R. Abigdor 
ben Elia ha-Cohen, proteste contre les additions à la mezouza, et 
c'est grâce à lui que, dans toute l'Autriche, on cessa d'y ajouter des 
figures, des noms d'anges et autres superfétations 2 . Un peu plus 
tard, R. Ascher b. Yehiel s'exprime dans le même sens que Maïmo- 
nideetR. Moïse de Coucy : « A l'intérieur de la mezouza, on ne 
doit rien ajouter ni introduire aucune figure, car on aurait l'air 
de vouloir se faire une amulette protectrice ; il faut exécuter le 
précepte dans les règles et pour obéir à l'ordre de Dieu qui nous 
sauvegarde 3 . » 

Mordechaï, rtTITtt, S 960 ; Semak, § 154 (éd. Crémone, 57 6) ; Barouch schéamar, éd. 
Varsovie, 5a ; 'Tour et Schoulhan Arouch, Yoré Déa, §288; Schilté ha-Guibborim, 
sur Alfasi, Hilchot Mezouza, § 240, n. 5 ; Ikkarim, II, 28, i.f. ; Moïse Cordovero, 
Parties, porte 21, ch. 4. (éd. Koretz, 103a, 1036), qui cite des ouvrages cabbalistiques 
plus anciens et y ajoute une interprétation dans le même goût. V. encore Zio?i, II, 161 ; 
L. Low, Gesaminelte Schriften, II, 82. M. Schwab, Vocabulaire de l'Ange'lologte, 
85, 153, et Revue, LVIU, 160, ne cite que le Raziel. — La première mention de ces 
mots dans les sources existantes est le Esckkol ha-Kofer du caraïte Juda Hadassi 
(terminé en 1149). On y lit : ^Nia 173DT LPirOT rîbtt m?2"lD D"On D? 

"nnrm ^pn'rN vmp ûo rn Y'na t"o^i72d Y'na E)-nD73n nvi d^-^n 
mn "n*tzj mnT?3 rrvBna (Alphabet 364, 136a) ; nnTftn nns D"Qmm 
ira t"od"iïï2 it-d nrniM Y"*a tomottri duîi "ntu nv yibnn hi-pm (Alpha- 
bet 242, 92c) ; enfin, cette citation du rPTDfina rïU53>73 (Alph. 81, 35c) : rPtBÈna 

'•n D"ab«n\D 'b pi *s 1» 'Mtn pj. n"N i""p p pD3 it amanaa rvp^-p 

13ia Y'T 1"D T"02 V'233 Y'T Y'3 pnppn DÇ3 "IHT ^"'J3 [OnN3U3] Dn"«3P 

■nan mtïïÊna mpJEa nn Dbi;rb tnrwn rm niai rrabiy *ju: lanaa 

T'TûDn, Sur l'ouvrage rPEJ&na rnZ33773i voir Zunz, Goltesdlenslliche Vortrage, 
2' éd., 176, nutea; ajouter ce passage de Esckkol ha-Kofer et ibuL, Alphabet 80, 
82 (36 6 en baut); Oçar Nehmad, 111, 59. 

1. Semag, commandements positifs, n" 22 : nTITttït h'D ^amDÏÏ) L3"lttJ2 2H373 

"îrrpja 'n -wpp "pâma pn .^na prçn»P rrcns paio rrmn njjp yinatt 
"ia^nb« 'n nvmNb rivais nwwn la^m ma qb«a qbnnEn ûia nrtN 'n 

TlpN 0"'3D373 23N yim73 NimZJ ipb HODH nn *pNn Y'TID T"OD173a Y'TIS 'H 

dn ra in dits etbi a^Nb» bia rrramn m©yb sbi nnN mx ÏPSH q^oinb 

anan «bl tpoin fitb 3371 "pIN "HV^» Cf. Mordechaï et Haggahol MaîmoniotJLçç. 

2. //a^/. Maïmon., i. c. : -i:-m73D ytp'im n"-in p -^73 -Tn ^b i^n pi 
Nb nnraa airob «bœ h p" , ï3Si'iK ynN boa ïrran b"£T pD mwsjB "Y'nrj 

tt^dn q^oinb «b manro on -.'C^d m^iZ3"îDn ^nizj pn ^«b» «bi omn 
nnN m«. 

3. Halachot Kelannol, HTIT», § 18 : HTITTCH b^ yin37J ^lu: Sinsb ^713 

imbs 'n i^=> nonirm t:3u;n3 sirob wna pi niaiob mans yma m^na 
.Nn-^3 NDb«a 'n imbe* 'n ba nvmNb manwo Dm i"* 1 bw dus Vinn72 'n 
■ib^a HN-isuj ^Db m?3mn wwsb ïibi n73iN73 D^onnb y« d ,, 2D37: ba« 



44 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Le jugement sévère porté par Maïmonide sur ceux qui ajoutent à 
la mezouza des noms de Dieu et d'anges, des versets et des figures 
n'a été contresigné que par une autorité de second ordre \ mais les 
rabbins les plus éminents et les plus influents de l'Allemagne et de 
la France s'accordent avec lui, nous l'avons vu, pour interdire 
toute addition â la teneur biblique de la mezouza. Cette opinion, 
acceptée par tous les décisionnaires postérieurs, s'impose dans la 
pratique et acquiert une autorité telle que même des mystiques et 
des cabbalistes de première classe condamnent, par leur silence, 
l'introduction de noms et de signes mystiques ou la rejettent en 
termes exprès. Ainsi, le Raziel et le ZoJtar, ces œuvres fondamen- 
tales de la mystique et de la cabbale, ne connaissent pas les noms 
de Dieu et les noms d'anges dans la mezouza 2 , tandis que l'auteur 
du Se fer ha-Kana s'en explique ainsi : « Il lui dit : Maître, j'ai vu 
des mezouzas qui contenaient des figures et des noms d'anges, 
ce que le Saint (béni soit-il!) n'a pas prescrit. Ne vaut-il donc pas 
mieux que le Saint (béni soit-il!) nous protège lui-môme, ainsi 
qu'il est dit : « Dieu te protège contre tout mal » (Psaumes, cxxi, 7), 
au lieu que nous nous confiions à des anges? Le Maître répondit : 
Mon fils, pourquoi n'as -tu pas enlevé ces mezouzas pour les 
soustraire à l'usage? Car Dieu n'a pas prescrit ces additions; au 
contraire, celui qui en fait transgresse le commandement « Tu 
n'ajouteras rien » (Deutér., xm, 1), pas même une seule lettre. 
Vois-tu, ceux qui font de ces additions perdent d'un côté ce qu'ils 
gagnent de l'autre 3 . » 

-172N72 a^pb rrtip*na matnn to:^ îôn n-PEffib 3^»p îb rvnarb "pian 
■03^ -r b* i^im isnatir som "pam aman. 

1. Orliot Hayyim, II, 192 : ni»ïï DMD^Û H3 parTOO 0-12 DU H Û^OSNH lb«l 

mstîan "ibaasj onb -h ab m::mn ïn pnoa in D*rçmpn m?at»m a'ONban 
3n»p Nin nb^Na [m©*i] imwi înanan rfan bta tous ttit" bomo n«Tn 
abi^n rnna nsn^n -m ^vv baon oaba nbjœ i»a vnzy nanab 
N3n abub pbn ib pwa V2 bbaa p ib« nn. 

2. Le Zohar ne connaît même pas Y'Tia, non plus que Maïmonide. Cf. plus haut, 
p. 42, n. 5. 

3. rt-pri -1DD, éd. Poritzk, 1786, 44c : «TE PITITO TTfin (">a"l ib "l»N) l"b» 

aia irrp «b n aT ht ma: «b -"spi n^aNb» b© marnai msnn ana 
^Tooao n73?3 sn baw -paci 'n penses paya Tbatra n w ap n:m« mcpb 
nai? cn-HNi ma '- ms ab ^a ,DT3ab nnpb «b nabi 733 b"« ?D"»anbna 
ûiODna anaffi Nar 1 rom nnN m« lb"»s« cpoin Nb iw^ba. 



LES NOMS DE DIEU ET DES ANGES DANS LA MEZOUZA 45 



IL — Les types de la mezouza mystique. 

Les additions mystiques de la mezouza n'étaient pas partout les 
mêmes. Dans telle contrée, on ajoutait seulement des noms divins; 
dans telle autre, des noms d'anges seulement; dans une troisième, 
les uns et les autres. De même, les noms et leur nombre variaient 
avec les contrées. Le petit nombre d'indications dont nous dispo- 
sons nous permet de conclure à l'existence d'au moins cinq types 
de mezouzas mystiques : deux palestiniennes ou babyloniennes, 
deux françaises et une allemande. 

I. — Mezouza babylonienne ou palestinienne n" /. — Elle 
contient sept noms d'anges et douze figures, probablement celle 
qu'on appelle Maguen David ' . L'ordre des noms et des signes 
est le suivant 2 : 

na . . .yiyv 1 

'm . . . 'n 2 

^ bien» ûn^un . . .tmmrr 3 

ym . . .*pab 4 

ffi bcr-DA nsaab . . . *pKm 5 

^pwm . . ."pa 6 

■osa . . . mm 7 

Xj? bamw 3 *na*bi . . . mxtt 8 

m^a . . .bas 9 

■nrûi . . .!TiT» 10 

^ E^ bfinpat 4 DDb...a©y 11 

1. Ou bien celles de la mezouza n° 2 (voir plus loin). 

2. Pardès, éd. Coost., Gd, éd. Varsovie, § 285: riTTND a"Da arOVlb nD^iTI 

# D-3Nbw 't na-nsi .d^wo 'n yna- tpbai pn^n by ...j»id mmpft ^nii 
n(l)m«3 Epoai , (les signes manquent) pioi bfiOTO Ù^ain nCl)miD tpoa 

barpias a©* qiDm ^n^oi beonT* !rj£7j tnoai ,rw "je^di ,bamaa "paizm 
,[*l?^oi] b«sn Dna rpoai /["proi] baro-no ama«i tpoai /rswo 'm 

IT^^OI 2N23? "I^ny'tSai E]10a"l. Le Ma/izor Vilry, 649-650, donne le texte tout entier 
avec les divisions réglementaires. 

3., Schwab, Vocabulaire de Uangéloloyie, 210 ; b^fcOT^ dans une amulette arabe, 
v. Z.D.M.G., XXXVII, 436. Cf. Jérusalem, éd. Luncz, IV, 156. Dans le Pardès de 
Moïse Cordovero, porte 20, ebap. 2 (éd. Koretz, 155a), bfiTIW est le ofan du sud. 

4. Vocabulaire, 22S, 22!). Dans Wertbeimer, mWTTM n DD, W, 24, Çadkiel est un 
des gardiens du côté septentrional du troisième ciel ; le même nom est porté par un 
gardien du côté oriental de ce ciel. Dans le commentaire du S. Yecira de Juda ben 
Barzillaï, Çadkiel régit Jupiter ; cf. plus bas, p. 51. V. encore mb^M rO073 (Jellinek, 



46 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

trnna . . .-jd 12 

r« . . DrmnntDïn 13 

rrbirr . . . trtetsn \ 4 

X^X bfiwi» 1 D5b...dmaNi 15 

dmiûpi . . . ûn»izn 1 6 

Xfi ^ D "" Drvrob-i . ..DPN 17 

"frobsi . . .ûna 18 

fma . . .^13 19 

^ V^dj? 2 nttian . . . 'îptJtttfl 20 

û^isr: . . .^œa 21 

^ $ ^ ^X : "pan b* 22 

Par la source seule, on ne peut savoir dans quels pays ce genre 
de mezouza était usité, mais à cause de son étroite parenté avec 
la mezouza suivante et pour d'autres raisons encore, que nous 
verrons tout à l'heure, il est très vraisemblable qu'elle est d'ori- 
gine babylonienne ou palestinienne. 

2. — Mezouza babylonienne ou palestinienne n° 2. — Elle est 
conservée dans une source confuse, le Eschkat ha-Ko fer du caraïte 
Juda Hadassi, en deux passages dont les indications discordantes 
ne permettent pas de reconnaître avec certitude l'ordre des noms 
des anges; de plus, l'un de ces passages a moins de noms que 
l'autre. D'après le plus long 3 , cette mezouza comptait onze noms 

Auswahl, p. 3); riCS ftE353, cliap. D"rP33 narîSn, ii" 40 ; dans le Pardès de 
Moïse Cordovero, porte 21, ehap. 12 (éd. Koretz, 107 a en bas), Çadkiel est un nom 
de Dieu. 

1. Vocabulaire, 260. Dans m'CJmTS VO, l- c, barfiTIJ est gardien de la porte 
septentrionale, du quatrième ciel. Dans la formule d'excommunication citée dans 
Buxtorf, Lexicon, p. 829, on lit : s'il, malediclus ex ore. . . Seraphiel, mois ce nom 
manque dans le texte hébreu. 

2. Vocabulaire, 212. Dans m 'OTTO "•Pin, II, 123, bX33> est gardien de la porte 
orientale du deuxième ciel. Chez J. ben Barzillaï, /. c, il régit Vénus. Dans la formule 
d'excommunication du Kolbo, § 139, Orhol Hayyim, II. 504, biO^ est l'ange du mois 
de Schebat. Ibn Ezra, Diwan, n" 99, p. 34 : 

bar-ias srwi b«sm b m a y toi ieib bas"»» ^2*™ K3is nra pk» 

IbkL, n° 247, p. 132 : 

ban:? -i«m bar-na ^on :>n pi»72ti 

Anaël se trouve déjà chez Crise, v. Joël, Blicke in die lieligionsgescliiclite . I, 140. 

3. Alphabet 242, 92c: baa plNm b«1Ô*» yiiX P1T1TED H9V0 mniDÎ! 

: ■p?1$« 'n (pn parwi) n"ni : bN"itt- ynv rs^bo D^p-ion d^ptdi û^w 



LES NOMS DE DIEU ET DES ANGES DANS LA MEZOUZA 47 

d'anges et autant de Mdguen David, cinq noms divins et les ver- 
sets 7-8 du psaume cxxi, le tout dans cet ordre: avant le texte: 
Micbaèl, Gabriel, Actuariel ', Yali, ïétragramme, Sebaot 2 , Azriel, 
Çadkiel, Yehoun 3 , Yab, Çarphiel, versets des Psaumes 4 ; après le 
texte: Anaél, Çarphiel, Courier 1 , Métatron 6 . Les lignes sont au 
nombre de sept comme dans la mezouza palestinienne 7 , tandis que 

b«a*fc D^ana: nntTon *>3ôb nyac û^Kbai î'mai i:>72ttn *tot un n-ifti 
'n bfiwiio rr 1 "jim berpia bfirnîj : msait 'ï"i !"P bltnroK btona:n 
biwa» nnTttn spoai ^«ba baa airo (in p» aopsn) ï-it ittoi TpM"» 
ib ïn^ofi m ^abm ^«bTa baai popn 'n "p-maTa bsms b&cs-na 

""PÎT! Tjpnma. Les mots entre parenthèses sont la remarque d'un copiste ou de 
l'éditeur ; avant cette parenthèse la figure manque. 

1. Vocabulaire, 55; Saadia cité par Juda b. Barzillai, Commentaire du S. Yecira, 

20 : m mai nbron -mari n^nan tinh rrrnaMa nnN mis n^n bn^auî"' 'n *>3 

...bfcP"irOX rmatn, ce que Ben Barzillai, iôid., 22, comprend ainsi : n?a?2 Ï1N"1jT 

&nn m«ax 'n n^ bamros '^d ^a nbj'ttb b"T "pfcw wyd nran afistî 

"paFP N113" rW3 FpbïJ ^£073. Cf. Luzzato, Correspondance, p. 857. Ensuite 
Ben Barzillaï remarque . fFM SflCTiPON n a TOI^D b"t Û^fittn p D^3"l baN 

pi m"K bi&iaiDi 'n T.W2 ïWitû . . ."pan^ maan -nara ^b^ û^aNb^n 172 
ir^ma nt bnynv 'n rwno (7 a) mana tin-pea b"i iiw bfiwsn *i2an ana 
«in -naan bon i:bap ab i3*n tnn *j»bn bstnrôK n7aiN u^i ...abrr. 

L'explication de R. Hananel est citée clans les Consultations des Gueonim, éd. Lyck, 
n» 116; Or Zaroua, I, 26, §8. D'après R. Nissim Gaon aussi b&mrON est un ange. 
Cf. Epstein, Das talmudische Lexicon D'WITOÎO ÊPfitafl ""Din"*, p. 26 {Monals- 
schri/'t, XXXIX). L'auteur de ce Lexique combat cette interprétation et soutient que. 
Arhtariel est un des noms de Dieu (D^TZînpn "rm72ia73). D'après Juda le Pieux, 
mjl*HÛïM 1DO, ms. Epstein. 9 (t, Achtariel est Dieu lui-même (T72^^a N"nan! et 
ce nom dérive de la racine "ira (Job, xxxvi, 2), « attendre », parce qu'il attend 
les prières avec recueillement (rt3iaa mborD 'pnfaTSD "»ôb", ibid., 8 6). — Dans 
la formule d'excommunication du Lexicon de Buxtorf, p. 829, on lit : bblpTO " i n ,, 'l 
bWlnMH *pTTHN ^BE ; dans celle du Kolbo, § 139 (Orhot Hayyim, II, 503) : 
mfitai: f T\ H" 1 blPnfOM Dïïîa. Cf. encore Séfër ha-Kana, éd. Poritzk, 46; Ré- 
Halouç, X, 70; Ila-lloker, II, 37. 

2. Cf. Berachot, la: mN3£ 'fl n^ btfnfÛM. 

3. Vocabulaire, 146. 

i. Pour ■pEC* 'ri, il faut peut-être lire ^-172112 'n (v. 7). Cf. plus bas, 
p. M», n. 5. 

5. Vocabulaire, 230; Kolbo, 139 ; Moïse Cordovero, Pardès, porte 21, ch. 12 (éd. 
Koretz, 107 6 en bas). 

6. Cl. Alphabet 78-79 (34tf-35a): "pnbub p»3 li'3 )T\^t2)2 NIH "p3m 

n»»3* to© ia"i diûd ppn 'fi ■»» io s i»tDi inddd inod ds ûsen 

"Qipa "'SJtÊ ^a- La source de la désignation du Métatron par ppïl 'M est 
Héchalol, dans ftrV hé-Midrasch, V, 175 : arïfiWÎ SianN ^1P73 nC72 *;TiaC373 b"N 

firbns ba ^:ca l^pr; 'n ^a^npi . .. D^n-i7: ^a 5373 nrw n"aprr ^m» 
Exode, xxm, 21) nanpa rz'Z 'N:'w Ùlltta© ; ^'w^c d'Hénech, ibid., II, 116 : 
a" 1 !"! n^l a" 1 ^- -ro ppn rr"n^ "'Misa T»nN"ip : Beréschit rabbati, ms. 

Prague, sur den.. v, 24: . . .ûinwb vwm an n :^a7: it p ^jisn n« npbn 
D^n ynvn a^:D- mo ppn 'n i?aï5a ix^pi ...inod nin7: iwNoa n"an bna. 

Cf. encore Ma<;oudi, cité par Grùobaum, Z. D.M.G., XXX, 272. 

7. Mahzor Vitnj, 648: ma^ yao na C n^bïîTT' nnT731- 



48 REVUE DES ETUDES JUIVES j 

celle de la Babylonie en a vingt-deux 1 ; le texte est divisé en trois 
alinéas 2 . Le second passage est plus bref 3 ; il indique un nouveau 
nom d'ange, Sandalfon ''. 

J'appelle cette mezouza babylonienne ou palestinienne, car le 
seul point qui ressorte sûrement des indications peu concordantes 
de Hadassi est que cette mezouza était en usage en Babylonie ou 
en Palestine, ou bien dans ces deux pays. Le premier passage, où il 
est question d'abord de l'usage palestinien ou babylonien quant au 
nombre des lignes, peut se rapporter à l'un de ces pays ou à tous 
deux. Il en est de même du second texte, où aucun pays n'est 
d'ailleurs nommé. Par contre, on lit dans un troisième passage : 
« sept lignes avec sept anges tout autour, écrites en trois 
alinéas. . » 5 . Il s'agit donc de l'usage palestinien. Mais d'autre 
part, nous verrons que cette mezouza, à cause de ses vingt-deux 
lignes, est originaire de Babylonie. 

1. IbicL: Û^jIDI D^HUÎ^n 131 Ntt^ ^K- Cf. Mischné Tora, 'pb.'MDn, v, 5; 
Semag, commandements positifs, n° 23 ; Tour et Schoulhan Arouch, Yoré Déa, 
§ 288. 11 en est de môme de la mezouza actuelle, qui est par conséquent d'origine 
babylonienne. La mezouza n° 4 a aussi 22 lignes (voir plus loin, p. 51). 

2. Cette tripartition du texte de la mezouza n'est pas connue par ailleurs. Depuis 
les Amoraïm jusqu'aux derniers décisionnaireg, on discute sur le point de savoir si 
yj2'Cj et 3H721ZJ DN PPm doivent former un alinéa ou deux, c'est-à-dire si la 
mezouza doit être écrite n72")nO ou HmnD (les Gueonim se décident pour n?JinD, 
voir Jim^n ^H^UJ, n" 157; mpiOD mDbn, u" 193). Mais on ne dit nulle part que 
l'unique verset de ^7312 forme un alinéa à lui seul. Hadassi parle encore de trois 
alinéas f» 1366: nj>3tt lTDîÔE 3? 5 H^Tinb D^blZJ Q^piDD ; mais ailleurs 
de deux alinéas seulement : rPHI : P"1DH 35 ""prirS '~ nN rQHfcO bjn;3"> *73'«3 
15ÇJ P~ID3 yi73*»S DN. La division en trois alinéas parait être palestinienne. Peut-être 
y a t— il lieu aussi de déduire du Mahzor Vitry, p. 645, que dans certaines contrées 
le mot nnN était à la lin «le la ligne : T3?*^ 371373 ?B5 Hï3"nD E|103 "I3"\N inNI- 

3. Alphabet 240, 92 6 : bfcPSTÛ 3«3* 0»D1 bîmaa bND"»H QUJ3 ; T D^DÈtbai 

psb*T3D bsms (i. arp-infin) a^-in^i m«aas 'n m bernroN birpix 
...•pmnfla b* D^p-iDn nwao ivjpn 'n ïi-ibots. 

4. Vocabulaire, 201; la citation du Amtahal Binyamin se trouve aussi dans un 
Siddour ms. Epstein, p. 4 : "»m?r>D IS^TÎ 33> rijT7û7jn 1U5 "psbTSO (communi- 
cation de M. Epstein); Haguiga, 13 6: Pesikla r., 97a; Bel ha-Midrasch, I, 59; 

" V, 165 ; VI, 111, 165 ; Juda bon Barzillaï, Commentaire du Se'fer Yecira, p. 249 ; 
Raziel, 24a, 26 6 ; Moïse Gordovero, l'ardès, porte 24, chap. 7 (éd. Koretz, 157c en bas) ; 
Kené Bina, 27 c; Yalkout Hadasch, s. v. D"'DNb73, n° 118; Oçar Nehmad, 111,59; 
Ua-Lebanon, V, 140, 244; llé-Ilalouç, VIII, 7, n. 5. IbnEzra, Diwan, n° 217. p. 101 : 

û"pta anai Qbbrina -i-rm 'p-virr 

a^ioca ■psb'raoi bao^i baonasa 

b«i«> ump "pi^nb -na-rn aina iwp -ind. 

Sur Micbaël, Gabriel, Raphaël et Métatrou, il y a une « littérature » ahondante et 
qui pourrait être augmentée encore, mais elle dépasserait le cadre d'une note. 

5. Alphabet 364, 136a: Q"»33D73 a'ONbE Û3> i n?a;2 S'HItû nyrilZ) E31ÛH©n 

rrobe a^p-icn 02 owro ,nyaiD; 1366 : û^aK372 nrnnb rroba n^pnsa 
...n*ai». 



LES NOMS DE DIEU ET DES ANGES DANS LA MEZOUZA 



49 



Quoi qu'il en soit, celte mezouza a les mêmes noms d'anges que 
la précédente (n° 1) ; elle ont donc une origine commune. Bien 
plus, il est extrêmement vraisemblable que le Eschkol ha-Kofer et 
le Pardès ont puisé à la même source. Ces deux ouvrages contien- 
nent, en effet, une indication qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, 
touchant la matière sur laquelle et l'heure à laquelle on doit écrire 
la mezouza : elle doit être écrite sur du parchemin de peau de cerf, 
le lundi à la cinquième heure, dans le signe du Soleil, sous l'in- 
fluence de Raphaël, le jeudi à la quatrième heure, dans le signe de 
Vénus, sous l'influence d'Anaël. Voici les deux textes : 



Eschkol ha-Kofer, 926 et s. 

ana©b 'a ova ananb "pimsio 
p^o^n nanaa ^aoa :'n ava is 
fiaTOTan 'bson *j«btta mzn nbnna 
*onanai : ipiînb nyœ ï"im»b 
* baa* ^abca n:na nbnna 'i rryisa 
bai : ^aanb n*ïJ nm«b nava^n 
r-narwa m aras- mirai •pb^an 
pirbata pa T^Epi 3 ibbn 
«■•as -na>a mnn dnaTS : ^xan 
i-ia^y ^nati "('maa in b'W biai) 
sn'r»aa ora» ïna«in tw rittiab 
...maiai 



Pardès, §285. 

nanoa ïj©a abs nanaa na^Ni 
1 bsoi *j«b73.a rî7jn nbnna miB^Efi 
rianaai r>?v nm«a riai7372n 
nbnna nyai nyœa naïaa ^a^na 
*?y n:i7373n *b«33> ^abîaa raia 
manaan msrapi "pb^an pi rwian 
ina-nazi ...^Tfbxja 8 ib« rvïïa 
pai "^as b-a ma»a rrowb na^y 
DV3E «bi nb^aa ûna» «b 'pioiain 
...riD"nu 



1. Voir Vocabulaire, 249, d'après Raziel, 7 6 et 17 6. Mais le /ta-ieZ dit : NI"! 
KnaCa nna tSMTSTa, et dans une autre version b^a^tt "73 n ; voir aussi ?7>i'<:/., 346, 
et Juda ben Barzillaï, Commentaire du S. Yecira, p. 247 : abiya D^aaia Dn ibiRI 

,«C73C ,ia: ,113 ni*«) 'i pxa obi? mo s D^biaiE rt^aia ib« a":£;a b"aan 
rïM , raton ia«bE nTan a-o^Ta 't n^aiEtt CD orrbji û'hn vtba fa b*>a 
u^iwz ('a) # bfirpis pnir ,barsrp *na«3 ,b»"naa -:ab >a^B naia ,b«a? 
...bwaa. 

2. D'après le ms. Paris u° 602 (Vocabulaire, 212), bfitt* est l'ange de vendredi ; 
de même Raziel, 34 6. 

3. /?ar«w, 416: ."py^ap "jna amab D'ncnn (ïTîsnaon "ra^Ta manan nb«i 
...mar«a'i n^o 'n DT ...msnan n^ia 'a dv ...mjrao nrj n dv . 

4. Le Mahzor Vitry a conservé un vestiire de cette conception : ^aiaa nnnai 

nwopi pbwi pi ma^a-i n*U3a ^aj'Mna in mio^Tan nyœa (p. 647). 

5. Le parchemin de peau de cerf est nécessaire pour certaines amulettes, v. Raziel, 
44 6. 11 est recommandé pour les Tefillin dans les Halaehot Keçoubot, éd. Horovitz, 
D^IflMTl bo "jn-nn, I, 35, et dans ^-D73n, § 86, d'après pb^n OIOT. Voir par 
contre la consultation de 11. Yehoudaï ajDttd Horovitz, /. c, 4o. 

6. J'ai mis ces mots entre parenthèses parce que je les considère comme une addi- 
tion de Hadassi ou une interpolation postérieure. Hadassi lui-même y revient à trois 
reprises et chaque fois il ne parle que de peau de cerf : cor» HT"lT73n HniN "ib^aa^l 

a^ama nb« ba nn n»« ^as bo myn (92 c); p miran p mnraai 
yai-iw ■'a» ma» ;3S t/; ; nnanb ^D"»ns : D"»-n»^aa ^vzn D- | -iyu:T mnbn 
fn*n ^ais iva •«^^na in "»a\a ora (i36o). 

T. LX, n» 119. 4 



50 REVUE DES ETUDES JUIVES 

On voit que l'accord ne porte pas seulement sur le fond, les deux 
textes se couvrent mot pour mot. Uoe ressemblance aussi frappante 
entre deux ouvrages, dont l'un a pour auteur un caraïte et dont 
l'autre provient de l'école de Raschi, qui sont si éloignés l'un de 
l'autre par la patrie et peut-être par l'époque, ne peut s'expliquer 
que si ce passage a été emprunté à l'un par l'autre ou, comme 
cette hypothèse est insoutenable dans notre cas, que si l'un et 
l'autre l'ont emprunté à une source commune. 

3. — •- Mezouza mystique française n° 1 . — Telle qu'elle est 
décrite par le Mahzor Vitry \ elle contient vingt-quatre noms de 
Dieu 2 , douze 3 noms d'anges 4 avec deux signes pour chaque, en tout 
vingt-quatre figures. Les noms et les figures se trouvaient dans 
la marge de gauche, assez loin de l'extrémité des lignes. Dans 
la marge inférieure, toujours à une certaine distance du texte 
proprement dit de la mezouza, on lisait les versets o, 7 et 8 du 
psaume cxxi 5 . 

1 . Mahzor Vitry, 64S, 649 : -|"di D^aNba a""»m mM Y'SniB piplb «H 

■pairon manpa o?pn pi nation tpoa ï"pbaa fabaia irr(ta) p^mn 
i^yn d^n© ^cb nbo mo^on ^pna "pa-iuai •pjba'i» i:t nbo rraab 
nnTnïi mata. 

2. Comme la mezouza n'a que 22 lignes, les deux noms restant étaient peut-être 
écrits sur le blanc de la dernière ligne, qui ne contient que les deux derniers mots 
du texte (VlNn 59). 

3. Chaque ligne n'avait donc pas un nom d'auge ; de même dans les autres mezouzot. 
V. aussi Abraham b. Isaac de Narbonne : m?TP PTO'Vaa (plus haut, p. 40). 

4. Ce sont les anges des douze mois, mais leurs noms ne sont pas les mêmes chez 
tous les mystiques. Ainsi Raziel, 21 b : 1 bô!3HS;3 Mb : b&fDaSJD: ms. Munich. 51 : 

banian©), 2 banna-i (bttrwi), 3 m«n8 (-nnaTH, -i , wta , H&), * p^ yian 
haaan), 5 na*a inn ■hr.mn. ■pww), 6 bama, 7 i-n-tne Cj&nnn), 8aanb 
(aanb\ unb-'), 9 nnaaia (-naanaa*, Tia-n»), io (banasa), ii (D'a-nawi), 

12 benaïaai. Raziel, 416:1 banns, 2 bamatti 3 banasas, 4 banna, 5 bmpna, 
tibias, 7 ban-na:, sbamaaa, 9 banana*, u> bancs, u bsnT, iâbanaia, 

13 (pour le mois de Veadar) "pDmSO- Raziel, ibid. : 1 bwniM, 2 bWDnb, 3 bflrSf), 

4 ban-m, 5 banpna, 6 sanan, 7banms, 8ban-iaa, 9banav7a, îobanac, 

H bfcmaa, 12 banal"! ; Kolbo, § 139 {Orhot Hayyim, II, 503) : 1 banTltt, 

2 banass, 3'ban-)a«, 4 banao (banao*, 5 banjp-ia, 6 ban-ns, 7 bannis, 
s ban-DT, 9 banavra*, 10 ba*:?, n ban-na, 12 banan. on voit qu'il n'y a pas 

de « Cotta » mystique uniforme. 

5. C'est par les Hagg. Maïm. qu'on voit quels étaient ces versets (voir plus haut, 
p. 41, n. 3), sauf qu'au lieu de ^173'û' 1 '71 (v. 7), il faut lire *p?2*ND 'n (v. 5), 
puisqu'il est question de trois versets. De plus, les mystiques auraient difficilement 
laissé de côté une phrase telle que '■p"^^ T 09 *p^ '•"*> Q ui co,lv ient si parfaite- 
ment à la mezouza. Effectivement, le paragraphe du Se fer Yeréim sur la mezouza 
commence par le verset ^3"»73" 1 T ba» *]bat 'H *pa"HD 'H- V. cependant plus haut. 
1». 47, n. 4. 



LES NOMS DE DIEU ET DES ANGES DANS LÀ MEZOUZA 



iil 



4. — Mezouza mystique française ?i° 2. — Cette mezouza, 
décrite par R. Eliézer de Metz dans son Se fer Yeréim ', est appa- 
rentée aux types de la mezouza palestinienne ou babylonienne. 
Cette parenté consiste dans la similitude des noms d'anges, qui se 
suivent dans le même ordre, mais se placent à d'autres endroits. 
Outre ces noms d'anges, elle contenait encore huit fois (3 + 3 + 2) 
le nom divin m, et sept figures diverses. Il est difficile de voir si 
les noms et les signes s'intercalaient dans le texte, entre les lignes 
ou dans la marge. J'admets la dernière hypothèse parce que les 
divisions correspondent, à une exception près, à nos lignes. La 
disposition des noms et des figures était donc la suivante : 



m m m 



DX^K 



'TX 



m m m 



o o berp^ 
m m 



pn . . .yftv 1 

*ptftt . . . 'n 2 

ÛPME1 . . . W» 3 

*pT2 . . . ta p33b 4 

nsuab . . .^aaum 5 

m-umm . . .ya 6 

•osa .. .mm 7 

■na*bi . . . smfc 8 

nn^a . . .baa 9 

■nnan . . . ïtïp \ 

dab . . .aïo* 11 

tr-irra . . -la 12 

pk . . .dmnnttm 13 

nbia^ . ..tram 14 

dab . . .dmaai 15 

ûrvropi . . .ûnttun 16 

Dmwbi . . .uns 17 

^nabai . . . ans \ 8 

^jma . . ^-na 1 9 

Wtttn . . . mn? uni 20 

û^uîïi . . .-naa 21 



b^D"ltt3 



bNDI 

ba;* 



5. — La mezouza de Jucla le Pieux. — Un passage interpolé 



1. Ms. de la Bibliothèque Nationale, n° 309, § 400, f° 20j6-206a. M. Liber a eu 
l'amabilité de copier pour moi ce passage. L'édition de Vilna, faite d'après ce manuscrit, 
est restée inachevée. 



S2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dans le Pardès s nous apprend que cette mezouza contenait neuf 
fois le même nom divin et deux signes seulement, le tout dans 
Tordre suivant : 

A la fin de la ligne i : m m m, 

— — 7 : m m m m 

— — 9j: figure 

— — 13: mm 

Une mezouza analogue est attribuée par l'ouvrage manuscrit 
Assoit folk un Salomon ben Juda 2 . Gomme celui-ci, au témoignage 
de Gross, « appartient sans doute à l'Allemagne, si l'on en juge par 
sa méthode », Juda le Pieux, l'auteur de notre mezouza, est proba- 
blement celui d'Allemagne. Juda le Pieux de Paris n'est pas connu 
pour avoir été un mystique. Peut-être même Salomon ben Juda 
pourrait-il être identique avec Zalman (ou Zaltman), fils de Juda le 
Pieux de Ratisbonne :{ . 

La mezouza mystique était en usage en Palestine ou en Babylonie, 
ou peut-être dans ces deux pays à la fois. L'un de ces pays est sa 
patrie primitive, d'où elle est venue en Espagne, en France et en 
Allemagne. Condamnée par les plus grandes autorités de ces 
contrées, elle a totalement disparu de la pratique, de sorte que 
même l'histoire littéraire n'en a conservé que peu de traces. Pour 
une fois, il faut s'en réjouir plutôt que de le regretter. 

Vienne, 16 novembre 4909. 

V. Aptowitzkr 



1. Parties, éd. Constautinople, 6 d, éd. de Varsovie, § 28o : '-| arotfj rîT"1T7û3T 

na^ia cpoai ,nswan na^a cpoabn) m dvizd '3 à-ma mn mon rmm 

(la figure manque) rîTD p^O ban HTJ^ÏÏ tp031 ,!T D"WD '"i PIOIS 2N mm 
m m D^TJ^D '3 Drmnn'tZjm nZ3* , w EpOai. La mention (le Juda le Pieux, que ee 
soit celui de Ratisbonne ou celui de Paris, montre que ce paragraphe est une addition 
postérieure. 11 manque effectivement dans le ms. de Paris 387 3 , comme j'ai pu m'en 
convaincre par l'examen de la copie appartenant à M. A. Epstein. Dans la Table détaillée 
que M. Epstein a donné de ce manuscrit (Monatsschrift, 1908, 711-715), il n'y a pas 
de paragraphe sur la mezouza. 

2. V. Gross, Magazin, X, 84. 

3. V. Epstein, Das talmudische Lexicon . . . , p. 11, n. 7. Zalman Cpûbî) est en 
première ligue un surnom de Salomon. Le nom de ce fils de Juda serait donc Moïse 
Salomon, d'où "jEabT HU573 dans le Ms. Oxford 1208\ V. Zunz, Rilus, 197; Epstein, 
l. c. 



MËIR B. BARUCÏÏ DE ROTHENBOURG 

(suite * ) 



III. — Les consultations de R. Méir. Ses correspondants. 

R. Méir entretenait, nous l'avons vu, une correspondance 
étendue. Pour beaucoup de consultations, il n'est plus possible 
d'en déterminer les auteurs ; le titre et souvent la signature y 
manquent, ce qui tient à ce que les réponses étaient données au 
verso de la lettre qui contenait la question à cause de la rareté du 
papier ou pour des raisons de commodité 2 : peut-être voulait-on 
aussi avoir la question et la réponse réunies pour éviter des 
malentendus possibles. Cette circonstance a fait disparaître les 
noms des consultants et même les questions. 

La nomenclature des consultants n'en est pas moins considé- 
rable; elle fournit un chapitre intéressant de l'histoire littéraire 
de cette époque. R. Méir a correspondu avec les personnes sui- 
vantes : 

Abigdor b. Élia ha-Cohen, de Vienne 3 ; 

• 

i. Voir Revue des Éludes juives, t. LVIII, p. 226, et t. UX, p. 42. 

2. Consultations, éd. Prague, 102, 104 : -)3*73 3"in32 ; 106 : 0^13*7 113* 
-13572 mrOn; 354 : îbn 13*73 1UJK; éd. Lemberg, 373; éd. Crémone, 156: 

îbn my-n swwfn tnanaan : 253 .- o^mnn 12*73 ira» "«aiii»; éd. Berlin, 

221, o° 181 : D^llBI 13*73 11D« ; 229. n" 209 : 13*73 tPHWlH ; 207, n° 136 : 
Tbn 13*73 D^DIpîn "'yTPTS- Les consultants prient d'écrire la réponse au dos de 
leur lettre, voir éd. Berlin, 218, n° 174 : îbn 13*73 ""b 3^"' "H "1731 ; 157, n° 33: 

ht qbpa ma*an ib«b 13*73 p^zn n:b airom. 

3. Consultations, éd. Prague, 102, 490 ; éd. Crémone, 12, 15-16; éd. Berlin, 213, 
n° 162 ; Mordechaï. Guittin, VI; Joseph Colon, Consultations, n° 19. Méir lui écrit 
dans les termes du plus profond respect et sa signature atteste sa grande modestie : 

l^n73na ŒD33 'éd. Crémone, 12: éd. Prague, 102), vb}1 D"llH DDIpON U5D32 
éd. Crémone, 16). 



54 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Abraham b. Éliézer ha-Lévi*, qui écrivit à R. Méir empri- 
sonné 2 ; 

Abraham (b. Joseph de Nuremberg 3 , ou Abraham de Boppard, 
ou Abraham b. Manoah \ ou Abraham d'Aschaffenbourg) s ; 

Aron b. Éliézer 6 ; 

Ascher b. Moïse 7 , neveu d'Isaac Or Zaroua 8 ; 

Ascher b. Yehiel de Cologne, son élève 9 ; 

Baruch b. Méir de Worms, son père 10 ; 

Baruch b. Ourschraga ha-Cohen de Cologne, son parenl" ; 

1. Teschoubot Maïmoniot, 1^3p, 27 [Consultations, éd. Berlin, 320, n° 865), 
32-40, signé ^Tttbn ; Mordechaï, Baba Batra, 575. La consultation 206 de l'éd. 
Lemberg, adressée à Abraham ha-Lévi et à Isaac, n'est pas signée. — Il n'est pas le 
fils d'Éliézer b. Joël ha-Lévi, v. Gross, Elieser b. Joël Halevi, 15. Il correspondit 
avec son parent Ascher b. Yehiel, v. les Consultations de ce dernier, II, 6 ; XXX, 4 ; 
XXXIII, 4 ; LXXXIV, 3; XGIX, 1 ; il est cité dans le Paanéah Raza, v. Zunz, Z. G., 
93; Michael, op. cit., n° 49. 

2. V. Back, op. cit., p. 73, n. 1. 

3. Éd. Prague, 131 ; 983 : '-} ^"Hp HT *!3 1^1 p"1*3:-n3 bnp l^Blba 
ÛÏTIIN. Des Juifs de Nuremberg font le commerce dans le lieu de R. Abraham et 
Méir invite la communauté de Nuremberg à s'y opposer. Abraham demeurait donc à 
Nuremberg ou était de cette ville. Cf. t. LVIII, p. 231. 

4. Éd. Berlin, 72 : arO Dm3K 'iTi "nittl. Il est difficile de dire quel est cet 
Abraham, que Méir appelle son maître. Un R. Abraham de Boppard correspond avec 
Hayyim b. Yehiel Héfeç Zahab (éd. Prague, 249), un R. Abraham b. Manoah avec 
Dan b. Joseph (éd. Lemberg, 924). 

5. V. Luzzatto, Ozar Nechmad, II, 10. 

6. Éd. Prague, 245-246. — Voir sur lui Michael, Or Hachajjim, 275; Zunz, Ltg., 
305; Yohasin, v. H correspondit avec Isaac Or Zaroua (Or Zaroua, I, 103 6; 206 6, 
§ 740 ; 229 a, § 775; Isaac le prie de saluer son fils Éliézer) et avec Abigdor ha-Cohen 
(éd. Prague, 55 = Mordechaï, Schebouot, 1172) ; éd. Lemberg, 175 ; Hag. Maïm., 

miû, xxi, 4. 

7. Éd. Crémone, 7, 8 (éd. Prague, 107), 27. V. Kohn, Mordechai ben Hillel, 100; 
Michael, 551. 

8. Voir sur lui Salfeld, Das Marti/rologium des Niirnberger Me»iorbuches, p. 361. 

9. Éd. Prague, 116 (signé ^p^jm), 543 : (?) -HZJN l"n ">3n"P721 "»Dlb« î éd. 
Lemberg, 108, la question de la communauté de Stendal est signée : bfiOTV p "IU3N 
"nb" (pour "nbn lire n"nbT) ; éd. Berlin, 39, n» 246, note (Méir y salue aussi le frère 
de R. Ascher : i-nabl D^TIE» "p ID^DT» 0^73^3 Û^fi mWH DW ^IN pi 
TTIN mn); 134, n° 97 (éd. Crémone, 21), adressé à T£K '"!» 3HV731 ipbR, sur 
les illustrations dans les Mahzorim (voir plus loin); 158, n" 34; 199, n° 108 (sans 
signature, mais dans Teschuub. Maïmon-., mï3" , N, n" 30, le titre est : "m73 rQTCn 
TI3N "V'PMOb "I^DI ; Méir y écrit "i-il73 3rD "UZÎ&M, ce qui n'empêche pas que le 
correspondant puisse être Ascher b. Yehiel) ; 204, n° 127 (Ascher avec Yehiel b. Isaac 
p-p et Joseph b. Nathan à Méir) ; 208, n° 137; 217, n° 174; 239, n° 240; 240-243, 
n o» 241-246 (Méir y appelle Ascher "m 73) ; Teschoubot Maïmoniot, miï^N, n° 30; 
D^Eâfi'ûa, n° 60 (daté d'Eusisheim). 

10. Éd. Crémone, 31 ; éd. Prague, 50, 119, 919. La consultation n° 311 de l'éd. 
Lemberg est indiquée faussement dans l'Index. 

11. Consultations de Salomon b. Adret, I, 839-40 (Méir y salue son beau-père); 
Consultations, éd. Prague, 73 ; éd. Lemberg, 478 ; éd. Berlin, 168, n° 49 ; 209, n" 140. 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 55 

Dan (b. Joseph '), peut-être identique avec Dan Aschkenazi 2 ; 

David 3 , peut être b. Meschoullam de Wurzbourg k ; 

Éléazar ha-Cohen 5 , peut-être le frère d'Abigdor ha-Cohen 6 et le 
père de Samuel b. Éliézer ha-Cohen 7 ; 

Élia (de Wurzbourg?) 8 ; 

Éliakim ha-Cohen (de Wurzbourg?) 9 ; 

Éliézer b. Éphraïm (b. Jacob?) de Cologne 10 ; 

Éliézer b. Scheloumiel (de Worms?) u ; 

Éliézer b. Yehiel 42 ; 

Éliézer de Touques, peut-être identique avec Éliézer b. Salo- 
mon * 3 ; 

1. Éd. Berlin, 48, n° 304 (éd. Prague, 973, sans signature) : "^"Pttl "^DlbN 
1*1 "l"n. A la fin, il demande pardon, avec Samuel, pour R. Hanania, qui avait offensé 
Méir. La consultation 424 de l'éd. Lemberg est signée Dan b. Joseph ]:N\ZJ. Zunz, Ges. 
Schr., III, 213, suppose que ce dernier mot est le nom de « Friedemann ». Mais dans 
le n° 506 de Péd. Lemberg, Jonathan b. Jacob fait précéder sa signature des mots 
btfTC b3 U9 l^NTSi Qui équivalent à binU)"' bD Ù3> Dlbttn ; "pN© pourrait donc 
avoir le même sens. Cette consultation, adressée à Éliézer et Abraham b. Manoah, 
manque de clarté ; il y est question de "p^Tin bïip (Bautzen ?). 

2. Voir sur lui Michael, 787; Kohn, 37; Perles, R. Salomo b. 'Adereth, p. 9, 
n. 34 ; D. Kaufmann, R. Dan Aschkenazi exégète, dans R. É. J., XXXVI, 287-292; 
L. Ginzberg, dans Jew. Encycl., IV, 424; Aptowitzer, dans R. É. /., LI, 68; Liber, 
ibid., LIV, S4. 

3. Éd. Berlin, 146, n° 19 (David et Élia •'liTlp "'JH'PttI ■'S'ibN). 

4. Briill, Jahrbûcher, IX, 34. 

5. Éd. Prague, 97, 698 (à Éliézer ha-Cohen et à Éliézer, parent de Méir). 

6. Or Zaroua, I, 206 a. 

7. Éd. Berlin, 157, n° 33. Un acte publié par Brisch, Geschichte der Juden in 
Kohi, II, 3, est signé par Éléazar b. Juda ha-Cohen. 

8. Voir t. LV1II, p. 231. 

9. Éd. Prague, 106 (éd. Crémone, 49; éd. Lemberg, 371, sans titre ni signature), 
1009 (sans titre; éd. Crémone, 196-198) ; éd. Berlin, 209, n° 141 (avec Meschoullam, 
probablement M. b. Méir de Wurzbourg). 

10. Éd. Prague, 243-4 (éd. Crémone, 30); éd. Berlin, 144, n u 18; 188, n° 81. Le 
n° 318 de l'éd. Lemberg est une consultation d'Éphraïm b. Jacob à son fils, qui avait 
prononcé une décision erronée (Zunz, Ltg., 288). Méir écrit avec un grand respect à 
Éliézer b. Éphraim, qui doit avoir été alors un vieillard, si nous admettons qu'Éphraïm 
b. Jacob, l'auteur du martyrologe, est son père. Mais ce point est douteux. Voir Michael, 
419; Zunz, Ltg. % 362; Brisch, I, 83; II, 2, 3, 4. — Le Éliézer nommé daus les Consul- 
tations de Hayyim Or Zaroua, 10, est Eliézer de Touques. 

11. Éd. Berlin, 71, n° 528 (éd. Crémone, 11), avec Mordechaï b. Joseph et Salomon 
(éd. Crémone : Siméon Salomon) b. Baruch. 

12. Éd. Lemberg, 310 (avec Moïse Azriel b. Éléazar ha-Darschan et Éphraïm b. 
Joël). 

13. Éd. Lemberg, 476, à la communauté de Magdebourg, sur le droit d'habitation à 
Gosslar (voir plus loin). Dans cette consultation, il mentionne Isaac Or Zaroua ainsi 
que ^spT "HTE, peut-être Jacob b. Méir de Magdebourg, père de Hiskia. — Éliézer b. 
Salomon, auteur d'un pizmon pour le jour de Kippour, peut être identique avec lui 
(Zunz, Ltg., 293:. 



56 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Éliézer ha-Lévi 4 ; 
Éphraïm b. Éphraïm 2 ; 
Éphraïm b. Juda 3 ; 

Hayyim b. Isaac Or Zaroua de Wiener-Neustadt, plus tard à 
May en ce, son élève 4 ; 
Hayyim b. Machir, autre élève 5 ; 
Hayyim Paltiel b. Jacob de Magdebourg 6 ; 
Hayyim b. Yehiel Héfeç Zahab de Cologne 7 ; 
Hillel b. Azriel de Wurzbourg 8 ; 
Hizkia b. Jacob b. Méir de Magdebourg 9 ; 
Isaac b. David *° ; 
Isaac b. Élia, de France u ; 

1. Éd. Lemberg, 384-385, Teschoub. Mdimon., O^UDtDtt, n° 51. Son fils est 
Abraham ha-Lévi. Voir plus haut, p. 54. 

2. Éd. Berlin, 229, n° 209 (avec Netanel b. Ts'ahman). On y voit qu'un commentaire 
de Yebamot coûtait 1 livre. 

3. Teschoub. Maïm., I^p, 32 (avec Isaac b. Périgoros). 

4. Michael, 878; R. É. J., LUI, 78. 

5. Éd. Berlin, 57-64, n<" 476-7 ; éd. Lemberg, 436 ; ibid., 427, est adressé à 
Hayyim, Joseph et Isaac b... (cf. Revue, LUI, 72, n. 7). Éd. Prague, 611, est signé 
Hayyim b. Machir. Les consultations suivantes sont douteuses : éd. Lemberg, 332; 
Consultations de Salomon ben Adret, I, 831 ; éd. Prague, 209 (D^n "l"n p], 993 
(le titre manque, d'après la note de Bloch ; le ms. d'Amsterdam, 36, porte *13"H"I72 
D^n 'in, peut-être le frère d'Ascher b. Yehiel). — Rien ne prouve qu'il ait demeuré 
à Ratisboune {Ltg., 362) ; il était plutôt de Bohème (Consultations de Salomon ben 
Adret, I, 386). Peut-être est-il le frère de Salomon b. Machir, qui vivait à Prague. En 
tout cas, il n'est pas, comme le suppose Back, p. 109, n. 3, le frère de Jacob b. Machir 
(Consultations de Salomon b. Adret, 1, 395), car celui-ci est Jacob b. Machir Don 
Profiat Ibn Tibbon (Gross, Gallia judaica, 332). 

6. Éd. Crémone, 32; Prague, 226. Éd. Lemberg, 507 (corrompu), est adressé à 
Hayyim b. Jacob. Sur ce rabbin, voir Michael, 898 ; Zunz, Ltg., 363. Consultations 
émanant de lui : éd. Lemberg, 130, 135, 136, 157, 161, 164, 174. On connaît un 
Hayyim Paltiel b. Yehiel (Zunz, Z. G., 193 ; Gross, Gallia, 482). 

7. Des consultations de lui figurent dans l'éd. Prague, mais il n'est pas certain qu'il ait 
correspondu avec Méir. Éd. Prague, 241, est signé 3*lï3 y^U. Voir sur lui Michael, 876. 

8. Éd. Prague, 143 (éd. Crémone, 23) ; Lemberg, 357, 388; Crémone, 3 (-Q V^Tt 
N-|TJ>)> 2uJ >; Teschoubot Maïmoniot, D" , t3D , i373, 7, avec Meuahem /;. David (non 
Menahem b. Natronai de Wurzbourg, comme le prétend Kohn, Mordechai b. Hillel, 
20). Ce Hillel ne saurait être le père de Mordecbaï, car il est fils de Hillel, tandis que 
le père de Mordechai s'appelait bbn "13 bbn [Ltg., 508). Bamberger, Geschichte der 
Wilrzburger Rabbiner* 19, répète l'erreur de Kobn. 

9. Éd. Crémone, 20; éd. Prague, 98; Teschoub. Maïm., mUJ*N, 8; Consulta- 
tions de Salomon ben Adret, 832-3 (Joseph Colon, 160 ; Israël de Brunn, 5 ; Jacob 
Weil, 8). Éd. Lemberg, 200, est une consultation de Hizkia b. Jacob. 11 n'était pas 
l'oncle de Méir (Back, 18, n. 1). 

10. Éd. Prague, 237 (avec Salomon et Méir). 

11. Éd. Prague, 542, est une consultation de lui, mais nous ne savons si elle est 
adress ée à Méir, qu'il ne connaissait pas personnellement. Il correspondit avec Hayyim 
Or 'LdLrou&'^Consultations, 160-4). 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 57 

Isaac b. Éliakim de Straubing, son collègue 4 ; 

Isaac b. Moïse Or Zaroua, son maître 2 ; 

ïsaac b. Périgoros 3 ; 

Isaac b. Salomon 4 ; 

Isaac b. Simson de Cologne 5 ; 

Isaac de Wurzbourg 6 ; 

Isaac ha-Lévi 7 ; 

Isaac (?) 8 ; 

Jacob b. Ouri de Limbourg 9 ; 

Jacob de Wurzbourg 10 ; 

Jacob ha-Cohen de anpnp 44 ; 

Jacob (?)< 2 ; 

1. Éd. Berlin, 291, n° 364 : pHlT» 'ift inan TS N£?23 ïiaiffim 
ÉWranattîM (cf. éd. Prague, 493; Crémone, 299, 300; Lemberg, 211-2); 286, 
n° 342 : NKrafctD» prof» Y'ifl *p pOB Wl ; Teschoub. Maïm., ^:p, 35 : 

■psxaw pnsr n"nn "ir-pan *m om D'msn Tiro-nsa ipan (Back, 82 : 

R. Isaac de Gœttingue). Le nom de lieu n'est correct que dans le premier passage 
(Straubing), il faut le corriger dans les deux autres, ainsi que dans les Consultations 
de Salomon b. Adret, II, 26-32 (Isaac b. Éliakim de *p ,, 33'")t3tiJ). 

2. Mordechaï, Baba Batra, 769. 

3. Voir plus haut, p. 56, n. 3. 

4. Éd. Berlin, 182, n° 69 (avec Joseph b. Moïse et Nathan b. Jacob). Un Isaac b. 
Salomon correspondit arec Isaac Or Zaroua (Or Zaroua, I, 227). 

5. Éd. Crémone, 21 ("pOETC "13 pnW Y'nb 3*^77 rwi); Prague, 322; Lem- 
berg, 366 ; Consultations de Salomon ben Adret, I, 834. Ascheri l'appelle son maître 
[Consultations, xxxv, 1 : b"T pnX^ Y'iH "H"I72 "'b ï"ttnri IIJ'l). Il signe un 
document comme membre du rabbinat de Cologne (Brisch, II, 2) et mourut martyr le 
15 Tammouz 1266 [Ibid., I, 82). 

6. Éd. Crémone, 190 (titre : p-vnafcTïb priS" 1 Y'nb Û"""iri73 n31ïïn). H s'agit 
d'un ministre officiant dont une partie de la communauté ne voulait pas et qui obtint 
son poste du prince. Le numéro suivant contient la réponse de Méir, qui blâme cet acte. 
Dans l'éd. Prague, 137-138, il y a Dnbtf»Z3tZ5l, au lieu de nbxiïîlOl de l'éd. Crémone. 

7. Éd. Prague, 88, 891 ; éd. Lemberg, 108 (signé Isaac b. Juda ha-Lévi et Éphraïm 
b. Nathan), 159 pnttpH pn^" 1 "l^DITO, où ^nrtpn est l'équivalent de "nbn). 
Zunz, Ltg., 357, suppose qu'il est l'auteur du Taanèah Baza (Z. G., 92; Kohn, 
Mordechai b. Hillel, 36). Un Isaac ha-Lévi demeurait à Worms et correspondit avec 
Ascheri (Consultations, II, 1). 

8. Éd. Crémone, 7 (Prague, 93), 49 (Prague, 916; Lemberg, 371-2), 52 (adressé à 
R. Isaac et à ses collègues); éd. Berlin, 185, n° 78, émane d'Isaac et Yekôutiel ha-Lévi; 
éd. Lemberg, 206 (Isaac et Abraham ha-Lévi), 381 (Consultations de Salomon ben 
Adret, 1105 : Isaac, Samuel et Yehiel). — Nous ne saurions dire qui est cet Isaac. Un 
Isaac b. Sabbataï est encore nommé dans éd. Crémone, 17 (Prague, 917) ; Lemberg, 
120. Un Isaac b. Moïse correspondit avec Isaac Or Zaroua (I, 231 6). 

9. Éd. Prague, 998 : apji Y'~ 13*dV?K ; ms. Prague, 332 : Jacob b. Ouri, cor- 
respondant d'Ascher b. Yehiel (Consultations, n, 2). 

10. Éd. Crémone, 34 (pmaiD'Hîfl). 

11. Éd. Lemberg, 362; éd. Prague, 864; Isserlein, Teroumat ha-Déschen, 216. 

12. Éd. Lemberg, 312 (apjn 'nn ^TPttT ">BtbK), Crémone, 292 (éd. Berlin, 
237, u° 234 : apjn 'nn "m»); éd. Lemberg, 380 (Jacob, Salomon et 'JttlB Simeon 



58 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Jonathan (b. Jacob?) 1 ; 

Joseph b. ïsaac de Wurzbourg 2 ; 

Joseph b. Jacob 3 ; 

Joseph b. Moïse 4 ; 

Joseph b. Nathan s (de Wurzbourg ?) 6 ; 

Joseph ha-Cohen, son parent 7 ; 

Joseph (?) 8 ; 

Josué (b. Rehabia?) ; 

Juda b Meschoullam 10 ; 

Juda b. Moïse ha-Cohen de Mayence, son parent et son maître 11 ; 

Juda ha-Lévi (b. Ascher de Cologne?) 12 ; 

Juda(b. Sabbataï?) ,3 ; 

ha-Cohen); éd. Berlin, 38, n° 241 (Jacob et Joseph); éd. Prague, 946 (non signé, mais 
le ms. d'Amsterdam, 57, a t|OV l"im 3py "V'in mm \V2) ; Consultations de Salo- 
mon ben Adret, 1, 1104 (Jacob et Moïse). Éd. Berlin, 208, n" 137 (non signé) mentionne 
pns:" 1 'in ^"HTO p ap^ 'in "HITS (le passage se trouve dans les Consultations 
d'Ascheri, xvn, 1); Tossafot de Yoma, 9a : n"l253 3p3^ l"n> Jacob b. Samuel 
ba-Lévi (Zunz, Z. G., 51 : peut-être Jacob de Spire). Éd. Prague, 1020, contient 
une correspondance entre Jacob b. Mordechaï, Joseph b. Hayyim (Joseph Hayyim b. 
Moïse) et Juda b. Yomtob. A ce cercle appartient Azriel b. Yehiel "Pcnn, le beau- 
père de Joseph b. Hayyim. Jacob b. Mordechaï correspondit aussi avec Tsaac Oppen- 
heim; il est cité dans Teschoub. Maïm., n"UD"*N, 9 : apy 4 " 'l Tjra^rO] "^rPKn "G 
""ITJ^bfi* "l"n vby Dirn !"PÏT1 "OT173 "12. Nous ne saurions dire qui est ce 
B. Éliézer. 

1. Teschoub. Maïm., mttPN, 20 (Méir y salue le fils de B. Jonathan, qui est 
peut-être le Aron b. Jonathan des Consultations de Hayyim Or Zaroua, 68); éd. 
Berlin, 133, n° 95 [Mordechaï, Schebouot, H. Mikvaot, 746) ; éd. Lemberg, 506 
(signé Jonathan b. Jacob). Ce B. Jonathan est le maître de Hayyim Or Zaroua, 
v. Revue, LUI, 72, n. 3, 4; Jahrbuch (1er Jûd.-Liter. Gesellschaft, IV, 98. 

2. Teschoub. Maïm., miC», 5 ("[n3»Blï573b 10 ^33 îminbl "mnb DlblDl 

n"nbT 3"373). 

3. Éd. Crémone, 17 (avec Lévi b. Salomon et Moïse b. Isaac). 

4. Éd. Berlin, 182, n° 69 (avec Nathan b. Jacob et Isaac b. Salomon); éd. Prague, 
1020 : Joseph Hayyim b. Moïse "piPj (Cf. Moïse Minz, Consultations, 103, "pJPD). 

5. Éd. Berlin, 205, n° 127 (avec Ascher b. Yehiel et Yehiel b. Isaac). 

6. Bamberger, op. c, 22. 

7. Éd. Prague, 974 (éd. Crémone, 288; Tescli. Maïm., *pp" , T3, 7: non signé, mais, 
d'après la note de Bloch, le ms. d'Amsterdam, 74, a ^2"l"ip "H7ab?3 " , 3H"P72T ^DlbK 
3p3'" , "Y'rn "{"Sn DOT 1 "l"n); éd. Berlin, 38, n° 241 [Consultations de Salomon b. 
Adret, I, 859-860 ; à Joseph et à Jacob, peut-être les mêmes). 

8. Éd. Berlin, 228, n° 206 (Crémone, 43; Joseph et Meuahem ha-Lévi) ; éd. Lem- 
berg, 427 (adressé à Hayyim, Joseph napm HEDria 35D173 et Isaac ain p). 

9. Éd. Crémone, 9, 10. Peut-être J. b. Behabia (éd. Prague, 611 : Israël Josua b. 
Rechabia). 

10. Éd. Prague, 996. 

11. V. plus haut, t. LVIH, 235-7. V. aussi éd. Prague, 227. 

12. Éd. Prague, 57, Juda b. Ascher ha-Lévi signe un acte (Brisch, II, 3). 

13. Éd. Prague, 76. Un Juda b. Sabbataï correspondit avec Hayyim Or Zaroua 
(éd. Berlin, 16, u" 52). 



MÉ1R B. BARUCH DE ROTHENBOURG 59 

Kalonymos b. Ascher (de Worms?) ' ; 
Lévi b. Salomon 2 ; 

Méir ha-Cohen (b Yekoutiel?), son élève 3 ; 
Menahem b. David de Wurzbourg, autre élève '' ; 
Menabem b. Natronaï de Wurzbourg, son parent 5 ; 
Menahem Sire Léon de Melun 6 ; 
Menahem ha-Lévi 7 ; 

Meschoullam (b. Méir de Wurzbourg), son élève 8 ; 
Moïse Azriel b. Éléazar ha-Darschan d'Erfurt, plus tard à Wurz- 
bourg 9 ; 
Moïse b. Isaac* ; 

Mordechaï b. Joseph de Worms u ; 
Mordechaï (b. Abraham ?) ]2 ; 



1. Éd. Berlin, 157, n° 33 (avec Samuel b. Éliézer ha-Cohen et Nahman b. Nathan). 
Un Kalonymos b. Ascher signe un acte, voir Brisch, 11, 20. 

2. Éd. Crémone, 17 (avec Moïse b. Isaac et Joseph b. Jacob). 

3. Éd. Prague, 78 ; Hagafiot Maïm., Z^DD m^ïï:, xv, 1; ïTVin '0, vu, 7. Voir 
Hagoren, VII, 42; Revue, LUI, 70. Méir ha-Cohen, un des glossateurs du Mischné 
Tora de Maïmonide, est parent de Hayyim Paltiel, voir les Consultations □^70TZJ3 
\Z581, 229-230. Éd. Prague, 1004, contient une consultation de Méir b. Simon, qu'il 
faut probablement corriger en Méir b. Baruch. 

4. Éd. Lemberg, 338 (éd. Crémone, 63-4; Prague, 28-29), 388 (Crémone, 23; 
Prague, 143); éd. Crémone, 3 (Prague, 92; Lemberg, 357 ; adressé à lui et à Hillel b. 
Azriel de Wurzbourg) ; éd. Berlin, 131, n° 93; 281, n° 154 (à Menahem). Il signe avec 
Menahem b. Natronaï le 108 de l'éd. Lemberg. 

5. Éd. Prague, 34 (Lemberg, 343-4; Teschoub. Maïm., "j^Dp, 12; éd. Crémone, 
206); Tesch. Maïm., tTÛDÏMa, 6; miD^N, 31. Voir la note précédente. 

6. Éd. Berlin, 317, n° 384. Voir Gross, Gallia, 354. 

7. Éd. Crémone, 38, 43 (Berlin, 228, n° 206 ; à lui et à Joseph). Kohn, Mardochai 
ben Hillel, 140, l'identifie avec Menahem b. David, ce qui n'est pas tout à fait certain. 
Samuel Juda b. Menahem ha-Lévi pourrait être son fils (éd. Prague, 509, 533). Les 
n°" 306-308 de l'éd. Lemberg sont de Menahem et d'Éliézer. Nous ne savons au juste 
quel est ce Menahem. 

8. Éd. Prague, 568; Mordechaï, Yebamot, 122; éd. Berlin, 209, n° 141 (avec 
Eliakim ha-Cohen). V. Bamberger, op. cit., p. 21, note 5. — Un R. Meschoullam 
répond, avec R. Juda "jn^rt, à R. Samuel b. Abraham "nbn [éd. Crémone, 140). 

9. Éd. Prague, 101, 224 (Crémone, 287 : rVw73 'in 'TO), 963, 965, 981, 1001 
(Crémone, 6; Lemberg, 313 : !TtD73 '"in); Teschoub. Maïm., niCN, 2 ; éd. Berlin, 
67, n° 514 ; éd. Lemberg, 310 (avec Éliézer b. Yehiel et Ephraïm b. Joël). Voir sur 
lui Brull, Jahrbùcher, V, 227; Bamberger, Geschichte der Wûrzburgev Rabbinev, 
25-27 ; Z. f. H. R., IX, 24. 

10. Éd. Crémone, 17 (avec Lévi b. Salomon et Joseph b. Jacob). 

11. Éd. Berlin, 71, n° 528 (avec Eliézer b. Scheloumiel et Salomon b. Baruch) ; éd. 
Crémone, 11 (Prague, 321). Voir sur lui Zunz, Ltg., 486, note 2; Gross, Eliézer b. 
Joël Halevi, 37. Il correspondit aussi avec Ascheri [Consultations, xlii, 1). Morde- 
chaï de Worms est cité dans Hag. Mord., Ketoubot, 818 (Kohn, 139). 

12. Kohn, op. cit., 138. Un Mordechaï b. Abraham correspondit avec Hayyim Or 
Zaroua, v. n°" 226, 230, 238, 249. 



60 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Nahman b. Nathan ' ; 

Nathan b. Jacob 2 ; 

Nathan, son oncle 3 ; 

Péreç b. Élia de Gorbeil 4 ; 

Salomon b. Machir (de Prague?) 5 ; 

Salomon (?) 6 ; 

Samuel b. Éliézer ha-Cohen 7 ; 

Samuel Juda b. Menahem ha-Lévi 8 ; 

Samuel b. Salomon Sire Morel de Falaise 9 ; 

Samuel (b. Jacob?) d'Eisenacli, son parent i0 ; 

Samuel (?)" ; 

Scheloumiel' 2 ; 

Schemaria (de Mûhlhausen ?) * 3 ; 

Schenéor (b Kalonymos ?) M; 

i. Éd. Berlin, 157,n°33 (avec Kalonymos b. Ascheret Samuel b. Éliézer ha-Cohen); 
ibid., 229, n° 209 : Nathanel b. Nahman correspond avec Méir en même temps 
qu'Éphraïm ; ue faut-il pas intervertir les deux noms et admettre l'identité des deux 
rabbins ? 

2. Éd. Berlin, 182, n° 69 (avec Joseph b. Moïse et Isaac b. Salomon). 

3. Éd. Crémone, 18, 20 (Prague, 637 ; titre erroné : rpptn '"inb Dr03 HT1 

4. Éd. Prague, 597 ; Berlin, 317, n° 384; 163, n° 46 (abrégé dans éd. Crémone, 
192). 

5. Mordechaï, Baba Kamma, IV, 57-58 (-PN73 IFS*! PN rnabttJ '"i" bfcNU). Je 
soupçonne dans ce Salomon un disciple de Méir, Salomon b. Machir de Prague [Revue, 
LUI, 72, q. 7). 

6. Éd. Prague, 237, avec Méir et Isaac b. David, disciples ; ce n'est pas Salomon 
b. David, comme l'indique Kohn, 148 (corriger 227 en 237) ; éd. Lemberg, 380 (à lui, 
à Jacob et à '3*73113 ha-Cohen). 

7. Éd. Berlin, 157, n° 33 (avec Kalonymos b. Ascher et Nahman b. Nathan). 

8. Éd. Berlin, 157, n° 33. Dans ïTnm *p-DT, 50 6, Yedidia b. Israël (voir plus 
loin) signe avec Samuel b. Juda ha-Lévi. Celui-ci ne serait-il pas identique avec le 
notre, qui serait ainsi de Nuremberg ? 

9. Éd. Lemberg, 174 (non signé) : TTDna blMZJb ^333» nbKlZ) "lEfcO 
T? n^m "P3sb *nb«18 D^bYWn; éd. Prague, 250 (à R.Méir?). 

10. Éd. Crémone, 14 (éd. Berlin, 127, n<> 75). 

11. Éd. Prague, 104 ; peut-être Samuel de Landshut (Revue, l. c.) ou Samuel b. 
Isaac V'T3» p73 (éd. Lemberg, 120). 

12. Éd. Prague, 100 (Crémone, 46; Lemberg, 368). 

13. Éd. Lemberg, 382 (Prague, 231); éd. Berlin, 71, n° 541; Teschoub. Maïmon., 
D^ESDŒTS, 35 ; rHÔBn, 1; Mord. Keloubot, 323. Kohn, op. cit., 152, l'identifie avec 
Schemaria b. Méir. Dans les Consultations de Salomon b. Adret, I, 490 est adressé à 
Schemaria de *JTMbl73. Un maître de Hayyim Or Zaroua s'appelait Schemaria (Revue, 
LUI, 72). Dans les Consultations de Hayyim, 203, un R. Schemaria a une communi- 
cation au nom de R. Hizkia. 

14. Éd. Prague, 351 (Crémone, 66). Il est signataire du n° 611 (Schenéor b. Kalo- 
nymos '■jbia '«^N bTFï) et correspond avec Ascher b. Yehiel (n'° 537). Voir Zunz, Ges. 
Schi\, 111, 212. 



MÉIR B. BARUCH DE ROTUENBOURG 61 

Sidkia b. Abraham ' ; 

Siméon Salomon b. Baruch de Worms 2 ; 

Simlaï b. Joseph 3 ; 

Yakar b. Samuel ha-Lévi de Cologne, son parent 4 ; 

Yedidia b. Israël de Nuremberg 5 ; 

Yehiel b. Isaac 6 ; 

Yehiel b. Jacob ha-Lévi de France 7 ; 

Yekoutiel b Moïse de Cologne ou Y. de Spire?) 8 ; 

Yekoutiel ha-Lévi 9 ; 

Yerahmiel b Lévi 10 . 

Les consultations n'ayant pas de titre, la plupart des correspon- 
dants de R. Méir ne peuvent être déterminés. Les contemporains 
dont les noms suivent sont encore mentionnés dans des consul- 



i. Azoulaï, s. v.; Buber, Introduction au Schibbolê ha-Léhet, xiv, note 140. Weiss, 
Katalog <ler hebràischen Handschriften D. Kaufmann's, 41 (151, 28 : consultations 
échangées entre Sidkia b. Abraham NDI^H et Méir b. Baruch sur une affaire d'hé- 
ritage). 

2. Éd. Crémone, 10, H ("723*3 f T\ H 3 DU X"lp3n); peut-être un changement de 
nom à la suite d'une maladie. 

3. Éd. Crémone, 17 (signe une décision avec Yerahmiel b. Lévi). 

4. Éd. Crémone, 70, 80, 81, 125, 160; ibicL, 153-55 (de Yakar ha-Lévi à son 
gendre pnX" 1 '-) "^nn "H^J). V. Ascheri, San h., ni, 8 ; Consultations, ci, 1. 

5. Éd. Crémone, 13; Prague, 72, 099, 714, 777, 981, 982, 1020 ; Berlin, 276, n° 54 
Prague, 696). Il faisait partie du même collège rabbinique que Moïse Azriel (éd. 

Prague, 982). Il est également cité dans les Tossafot Yeschanim sur Ketoubot, 47 a : 
yV\Xmfà rTTT "V'rï rVCpm. Dans nos Tossafot, ad loc, s. v. iNPÏÏ", la 
réponse à une question de Jacob d'Orléans est introduite par les mots DwD "••n^j^"" 
D"HTÎ "H*172, qui pourraient se rapporter à notre Méir. Les Tossafot sur Eroubin, 41 ô, 
s v. Nrobm, portent, PITT "Y'H DIS 3 ">b "172N "nittl. Yedidia avait un frère 
du nom d' Abraham (éd. Prague, 982) : il était l'élève de R. Yehiel de Paris (Serna- 
liot, 82 : b«TP -|"rî TS'HTO 13"»m D'ÛS p-)"*i:n*12?2 iTTT ['•b] H^b n72N 
*£J"nD72). Voir Salomon Louria, Consultations, 29 (d'après les Tossafot de Sens) ; 
Zunz, Z. G., 40; Michael, 948 ; Kohn, 129. — Un R. Yedidia vivait à Spire, voir les 
Consultations de Hayyim Or Zaroua, 126 (fcfysSJa ÏTînïî rPTT "|""11 "m'ob) ; 
Consultations, éd. Berlin, 159, n° 4 : jH^DCH '"lîl "H TCO (après 'nn, l'initiale 'i 
paraît être tombée). 

6. Éd. Berlin, 205, n° 127 (avec Ascher b. Yehiel et Joseph b. Nathan ; la signature 
est suivie de 73-p). 

7. Éd. Prague, 251 (adressée à Méir?). 

8. Éd. Crémone, 2, 56-62; éd. Prague, 79, 145; éd. Berlin, 174, n° 52; 172, 
n° 53 ; Mordechaï, Baba Mecia, V, 324. Voir Kohn, 131. Un Yekoutiel b. Moise vivait 
a Cologne (Brisch, II, 5) ; d'autre part, Méir, dit, dans Ascheri, Berachot, m, 2 : 

firrwo bfinmp**) n"n Disa b"T T"nn ->b T»an, 

9. Éd. Berlin, 185, n° 78 (Crémone, 199 ; Tesch. Maïrn., 28; avec Isaac); Tossafot 

Yoma, 9rt : i'^mp 1 'i D^n Tjb T£« (*ï*n bKTao p) n"ttJa apjn *T'n 

10. Voir plus haut, n. 3. 



62 REVUE DES ETUDES JUIVES 

tations ou en sont les signataires : Abigdor b. Menabem ', Abraham 
b. Manoah 2 , Alexandre 3 , Eliézer b. Joseph'', Eliézer 5 , Ephraïm b. 
Joël , Ephraïm b. Nathan 7 , Hananîa 8 , Isaac b. Rehabia 9 , Isaac b. 
Sabbataï 10 , Isaac ba-Gohen de Limbourg H , Isaac de Cobourg 12 , 
Jacob b. Moïse de Rothenbourg 13 , Juda b. Sabbataï* 4 , Moïse b. 
Méir 13 , Na trou aï lfi , Pésah b. Juda 17 , Sabbataï b. Samuel de Magde- 
bourg 18 , Samuel ha-Lévi de Worms 19 , Schealtiel 20 , Simha b. 
Guerschom 21 , Susskind ha-Cohen d'Erfurt 22 , Zadoc ha-Lévi 23 . 

Les consultations de R. Méir sont des documents de premier 
ordre sur la situation intérieure des Juifs allemands. Elles dépei- 

1. Éd. Lemberg, 491 (avec l'eulogie i"J2XQ *JpT)- Hayyim Or Zaroua correspond avec 
un Abigdor b. Jacob, qui a le même chiffre (Consultations, 180). Dans le ms. de 
Hambourg, 134 b, n° 242, une consultation est signée d' Abigdor b. Menabem. 11 est 
impossible de l'identifier avec Abigdor haCohen (J. Bamberger, R. Abigdor Hako- 
hen, 7, n. 8). 

2. Éd. Lemberg, 424 (consultation de Dan b. Joseph à lui et àR. Eliézer). 

3. Éd. Berlin, 44, n° 296. Un R. Alexandre est mentionné dans les Consultations 
d'Ascberi, ci, 1. 

4. Éd. Crémone, 161 ftamîOJ). 

5. Éd. Lemberg, 207. 

6. Ibid., 310. 

7. Ibid., 108. 

8. Éd. Berlin, 48, n° 304 (R. Dan implore pour lui le pardon de R. Méir). 

9. Éd. Lemberg, 213. 

10. Éd. Crémone, 17 ; Lemberg, 120. 

11. Éd. Prague, 988. 

12. Ibid., 983. 

13. Éd. Berlin, 188, n° 81. 

14. Ibid., 16, n° 52. C'est un correspondant de Hayyim Or Zaroua (Consultations, 
261 ; altéré). 

15. Semahot, 37 : TttV -l"n ^Dtt "ï*«3 -)"n "p n©W n"H T3 n?:N. Dans 
Hagahot Mordechaï, Moëd Katan, 454, on lit : }izrù 13 TVQ12. Moïse b. Méir est 
probablement le rabbin de Ferrare cité dans les Hagahot Maïmoniot, qui a copié les 
Tossafot de Juda Sire Léon sur lierachot (Z. G., 58). 

16. Éd. Prague, 733. 

17. Éd. Crémone, 17. 

18. Éd. Lemberg, 504 (avec l'eulogie Ûinn p). Il était de Magdebourg (Moïse Minz, 
Consultations, 63 ; Israël Brunu, Consultations, 120). Le gendre d'Isaac Or Zaroua 
s'appelait Samuel b. Sabbataï ; Hayyim Or Zaroua correspondit avec lui (Consulta- 
tions, 25). 

19. Éd. Crémone, 80 : Woli) p">"l2i:n" , l?2 '3H DTOE 13 b«TO» "l"fl n3TC3n 
(NT72"nw) NT7372 ^ibn bfcOEID ^''^b. Ascheri mentionne sa copie de l'Or Zaroua 
(Consultations, xxn, 5). 

20. Éd. Lemberg, 310 ; Ilag. Mord., Yebamot, 754. 

21. Éd. Crémone, 17. 

22. Éd. Prague, 934 : cnTDls» tnBn nrpD-.T mn sroxjîj -i:pn?n isen 

"J1"ID "1SD3- C'était un copiste qui avait copié le nTOSntl "ISQ de Baruch de Mayence. 
Le "pi 3 '"1 1DD est cité dans Taschbeç, 488. 

23. Ed. Prague, 295 (correspond avec Ascher b. Yehiei). 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 63 

gnent en maints endroits la vie sociale, la condition politique, 
l'organisation des communautés, les droits de chacun et ses rap- 
ports avec la collectivité. 

L'impôt était une des bases de l'organisation communale. Les 
taxes collectives et leur répartition équitable entre les individus 
constituaient un lien de solidarité qui unissait les Juifs d'une loca- 
lité. L'oppression d'en haut, la contrainte du dehors, les redevances 
qu'il fallait payer à l'autorité et les impôts destinés à entretenir 
les institutions de la communauté donnaient la cohésion aux 
différents éléments de celle-ci. Mais il n'y avait pas de loi géné- 
rale et uniforme sur les impôts, qui étaient réglés par des déci- 
sions de la communauté ou des accords intervenus entre les 
parties. C'est avec déplaisir que R. Méir répond à des questions 
de cet ordre. « Pourquoi, écrit-il à Ascher b. Yehiel, vous adres- 
sez-vous à moi en celte matière, qui est réglée par des usages 
locaux x ? » 

Cependant, il défend avec la plus grande énergie certains prin- 
cipes pour empêcher la dissémination des forces. 

Il arrivait souvent que des injustices étaient commises dans la 
répartition des impôts. La communauté n'en a pas moins le droit 
de les prélever pour assurer sa sécurité. Il vaut mieux pour elle 
être l'objet de plaintes que d'en intenter elle-même 2 . 

Le changement de domicile ne dispense pas d'acquitter la taxe 
échue 3 . 

Les impôts dus à l'autorité doivent être payés en commun; 
toutefois, si le prince en exempte quelqu'un, il n'est pas obligé de 
contribuera la taxe collective. Mais s'il sollicite lui-même le privi- 
lège, il est tenu d'acquitter sa quote-part 4 . Si un homme riche, qui 
paie directement au prince ses impôts, prête de l'argent, son débi- 

i. Éd. Berlin, 205, n° 128 : rnsbrra D-ip-JH» ara-E -«3*5*» ^inbNia rrob 

■UnSO >"27J nw bsm Wltt; ibid., 209, n° 241; éd. Prague, 106 : DE «ijiuj 

nsn» in:?: ^dd *m écrasa «bi «-1333 &6 D"nbn ara. Cf. Hayyim Yaïr 

Bacliarach, -par mn. 81 : 13TJ paNnm D"tf33 ïamia DH5 'ptf D^Ott ^7!*?: 
■2. Éd. Prague, 106 : ^3Jf ma* "ibrip D* X^rian "PIT 330 ^3N n»n»3 

yib mzv ht yen Kirs aN a"n«i nbTin o*:n awa bnpnïî d^ce 

Grémoae, 49,; Lemberg, 371; Berlin, 130, n" 207; cf. éd. Prague, 708, 915 [Cré- 
mone, 49]: Consultations de Salomon ben Adret, I, 868); Mordechaï, Baba Batra, 
II, 702; Joseph Kolon, Consultations, u" 2; Teroumat ha-Déschen, 341. 

3. Éd. Prague, 369; Teschoub. Maïm., 1' l p" , T3, 9; Mordechaï, Baba Batra, l, 
59t. 

4. Éd. Prague, 134 : Berlin, 209, n" 141 ; 202, n° 122: Tlfcib bl3* nrtN ba U»"Q 
nbTW nbpn *T»b O^S aWD r>XD nb^ann ; éd. Crémone, 222 ; Consulta- 
tions de Salomon b. Adret. I, 841 ; cf. Bis/cê Becanali, 487. 



64 REVUE DES ETUDES JUIVES 

teur doit payer l'impôt delà communauté 1 . Les immeubles ne sont 
pas taxés 2 . 

Les membres de la communauté ne sont astreints qu'aux impôts 
réguliers, mais non aux taxes arbitrairement imposées. Il pouvait 
survenir des abus. Ainsi, dans une communauté qui payait chaque 
année soixante livres à l'évêque, quelques membres jurèrent au 
prélat que les autres ne payaient rien. L'évêque, s'étant assuré de la 
fraude, frappa la communauté d'une amende. Méir n'oblige que les 
parjures à payer celle-ci 3 . Dans un autre cas, des Juifs prêtèrent 
à un doyen 21 livres pour 30, et l'emprunteur demanda à la com- 
munauté d'endosser la somme jusqu'au jour où elle lui paierait 
l'impôt. Le doyen fut destitué de son poste et les créanciers récla- 
mèrent leur argent à la communauté. H. Méir la déclara respon- 
sable du paiement des 30 livres 4 . 

Une question intéressante est adressée à R. Méir par R. 
Abraham 5 : Le roi avait abandonné une partie de son pays à son 
fils. Les Juifs étaient habitués à payer leurs impôts collectivement 
et les communautés réclamèrent leur contribution à ceux qui 
demeuraient dans les possessions du fils du roi. R. Méir répondit : 
Si le roi a complètement renoncé aux villes qu'il a données à son 
fils, les Juifs des localités ainsi abandonnées ne peuvent pas être 
contraints de participer à l'impôt. II n'en est pas de même si le roi 
s'est réservé l'usufruit de la contrée cédée par lui. En d'autres 
termes, si les localités en question sont des biens féodaux, les 
Juifs qui y demeurent sont assujettis à l'impôt avec les commu- 
nautés comme auparavant. Il n'est pas certain que ce roi soit 
Rodolphe de Habsbourg, qui fit don en 1282, à son fils Albert, de 
l'Autriche, de la Styrie et de la Garinthie. Le ton de la consultation 
fait croire qu'il s'agit d'un roi, ou d'un prince (car ■jban a égale- 
ment ce sens") étranger. La distinction que faitR. Méir entre biens 
féodaux et biens allodiaux paraît indiquer qu'il était mal informé, 
ce qui serait surprenant s'il s'agissait de l'empereur d'Allemagne. 
Il est aussi question dans la consultation du tuteur ou adminis- 
trateur du fils du roi. 

1. Éd. Prague, 331. 

2. Éd. Berlin, 206, n° 128 ; Hayyim Or Zaroua, Consultations, 110; Mordechaï, 
Baba Botra, l, 586, 604; Ter. ha-Déschen, 342. 

3. Éd. Prague, 992 ; Crémone, 53 ; Consultations de Salomon nen Adret, I, 1099. 

4. Éd. Prague, 38 ("iSS^n) ; éd. Crémone, 188 ; Mordechaï, Baba Mecia, 440 ; 
Joseph Colon, Consultations, n° 36 (USîONtfn) ; Teroumat ha-Déschen, 303 (aas^ûn). 

5. Éd. Prague, 131 ; Mordechaï, Baba Kamma, 252 ; Piskê Recanati, 486 ; J.Weil, 
Consultations, 81. 

6. Hayyim Or Zaroua, Consultations, 110 : ^^"lUCIN ^12- 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 65 

Les gardes de nuit étaient prises d'abord par les Juifs en per- 
sonne; plus tard cette obligation fut remplacée par une somme 
d'argent. Cette taxe devait- elle être répartie uniformément ou 
devait-elle être supportée seulement par les riches? R. Méir estime 
qu'elle doit être acquittée d'après la fortune des imposables *. 

Parmi les droits des communautés figurait le droit d'habitation, 
qui n'avait pas non plus de règles fixes, mais était régi par des 
dispositions locales 2 . Ainsi, dans le pays du Rhin, on reconnaissait 
même au particulier la faculté de contester le droit d'habitation 
d'un autre aussi bien que la nomination de l'officiant 3 . L'établis- 
sement dans une communauté était nécessairement rendu malaisé 
aux étrangers à cause des difficultés de la vie, et, quoique le séjour 
ne fût jamais refusé aux opprimés et aux persécutés 5 , le mécon- 
tentement avec lequel on accueillait les nouveaux venus s'explique 
par les tristesses d'un temps où l'on ne distinguait guère le droit 
de la force. Le privilège d'habitation n'était pas considéré comme 
une question de droit civil; il constituait une dérogation aune 
défense :i . Aussi l'assertion d'un seul témoin et même une attesta- 
tion indirecte étaient-elles acceptées . Dans le pays rhénan, le 
droit d'habitation était exercé avec plus de rigueur et un témoin 
unique ne suffisait pas ; si te communauté avait accordé le séjour 
à un Juif, celui-ci ne pouvait, le terme écoulé, se prévaloir de ses 
trois ans de domicile. S'il persistait à revendiquer le droit de 
séjour parce que la communauté le lui avait accordé ou ne le lui 
avait pas refusé, il ne pouvait l'invoquer avec succès que si la 
communauté le lui reconnaissait après coup ou si lui-même pou- 
vait l'établir par des témoins 7 . Ce droit pouvait être transmis 8 ; 
même les filles en héritaient 9 . Ainsi, un Juif avait reçu de R Juda 
ha-Cohen, le droit d'habitation, et on voulut ensuite le contester 
à son gendre. R. Méir déclare que la conduite de son maître est 
inattaquable. L'âge ne confère pas la possession du droit d'habi- 
tation, dont les dispositions varient avec les lieux, mais le moindre 



1. Ed. Prague, 104, Mordecliaï, Baba Batra, I, 585. 

2. Éd. Lemberg, 213 : 5n3?3n *p"n:>n 3T0^ W% 

3. Ibid., 111; Or Zaroaa, l, 41a. Moise b. Hisduï est résolument opposé à cet 
usage inique. 

4. Va. Lemberg, 79; Mordechaï, Baba Bâfra, II. 689. 

5. Éd. Lemberg, 120; Tesch. Maïm., D^ûOWi 13: N?N "pEtt "pi3 rP2VJ "l^tf 
-no^N mnn. 

6. Éd. Berlin, 67, n° 514. 

7. Éd. Prague, 46. 

8. Ibid., 101. 

9. Éd. Lemberg, 120. 

T. LX, n° il!). y 



66 BEVUE DES ETUDES JUIVES 

indice suffit pour qu'on puisse l'invoquer. L'autorité de R. Juda, 
dont il ne connaît d'ailleurs pas les raisons, est décisive pour lui 1 . 
Les communautés protégeaient le droit d'habitation par l'excom- 
munication 2 ; mais celle-ci n'était pas partout la même. Elle 
n'existait pas à Gosslar 3 . 

Dans sa jeunesse, R. Méir s'était montré sévère pour les témoins 
des nouveaux habitants ; plus tard, il changea d'avis et décida 
que même les parents pouvaient être acceptés en témoignage ; . 
D'une manière générale, dans les questions qui n'étaient pas 
réglées par des lois fixes, il tenait compte de celles qui étaient 
usitées dans les communautés; il était loin de se montrer autori- 
taire et de renverser d'un mot les usages qui s'étaient établis à la 
faveur des circonstances. Son tact et son sentiment du droit le 
préservaient de s'immiscer dans les affaires intérieures des com- 
munautés ; mais il s'élevait avec force contre les dispositions 
étroites et injustes qu'on manifestait envers les étrangers \ Si 
dans beaucoup de cas, reconnaissant la loi du pays, il enseignait 
à la respecter, il avait, d'autre part, le courage et la franchise de 
proclamer ce qui n'était pas le droit, mais le vol (J . Ainsi, si le 
prince a coutume de lever l'impôt uniformément sur tout le 
inonde, il est injuste d'en exempter un individu en lout ou en 
partie. Il répèle souvent que chacun est responsable de tous et 
que personne ne peut se séparer de la collectivité. Un Juif qui 
avait un gage du roi ne voulait pas moins de quatre gros d'in- 
térêt pour une livre par semaine. L'évèque, homme de confiance 
du roi, menaça les Juifs d'expulsion, et les chefs de la commu- 
nauté, pour le calmer, lui remirent le gage. Le créancier leur 
réclama alors l'intérêt, mais ils ne voulurent lui donner, confor- 
mément à une décision de la communauté, que deux gros par 
semaine. Yedidia h Israël de -Nuremberg consulta R. Méir. qui 
approuva leur conduite, considérant comme coupable celui qui 
met ses frères en danger 7 . 

1. Éd. Letnberg, 213 ; Mordechaï, Baba Haïra, 111,122. 

2. Éd. Lemberg, 77, 78; Mordechaï, liaba Haïra, 11, 064 [aW^J! D"ttl). 

3. Éd. Prague, 382 ; Lemberg, 470. 

4. Tesc/i. Mah»., d^stid, 13 : pDD "îmspTm tnrrV^a ira-; maman it 
iy *be iy ib^sK T?rib û-n^o D*m-ip ib^s» sito^n mm» >jpt. 

5. Éd. Prague, 104 : D1"T3 nlttb ÏTaVT HT "1311 ; 39, 331; Crémone, 234 
(d'après Baba Haïra, 12). 

6. Éd. Prague, 708, 813, 915, 943, 1001 : nb^W K5N RmSbm WH HT *pN 
Nni3?n*1 ; Consultations de Salomon 1). Adret, I, 1105; éd. Crémone, 32. Dans éd. 
Prague, 708,915, obïîE ibïî 073 maab b^"!^, il faut liié Db"ir?Û (é*. Crémone, 49). 

7. Éd. Prague, 980 : nD"136!KJ DÎTWNÏ5 12",*"? est un euphémisme pour « Juifs 
d'Allemagne ». Au lieu de ~mp N1H "135 "pnnn fiÔl, il faut lire tmp (d'après 
Lévit., r. % iv, 6). 



MEIfl B. BAUUCH DE ROTHENUOURG 67 

Les chefs de la communauté doivent être élus avec le consente- 
ment de tous les membres. La désunion s'était mise dans une com- 
munauté et empêchait d'élire ses chefs. R. Méir décide que les 
membres qui paient l'impôt doivent être convoqués pour que 
chacun émette loyalement son avis; on doit s'en rapportera la 
majorité, aussi bien pour nommer les chefs ou les officiants, pour 
établir la caisse de bienfaisance et en désigner les administrateurs, 
que pour bâtir ou abattre dans la synagogue, acquérir une «maison 
de mariage » ou un atelier 1 . Dans une autre communauté, un parti 
s'était emparé du pouvoir. Il se choisit un chef, établit arbitraire- 
ment des impôts, sans consulter les autres et saisit un certain 
R. Méir ha-Gohen, qui refusait de participer aux charges com- 
munes. R. Méir reconnaît à la victime le droit de sauver son bien, 
même en faisant intervenir l'autorité 2 . Or, invoquer l'aide de l'au- 
torilé non juive était considéré, d'après une décision du synode de 
Mayence de i$2Q 3 , comme un acte de trahison et de délation, Les 
communautés condamnaient le dénonciateur à l'excommunication 
ou à un châtiment corporel '*. Méir légitimait la plus grande sévérité 
à son égard', mais contre les violences de quelques-uns, il autori- 
sait le recours au pouvoir. 

L'officiant était engagé pour trois années , son traitement 
incombait à tous les membres de la communauté, même aux 
pauvres 7 , tandis que l'achat du cédrat pour la fête de Souccot 
n'était obligatoire que pour les riches 8 . R. Méir n'admet pas qu'un 
particulier proteste contre l'office les jours de semaine; mais les 
jours de fête et de jeûne, cette protestation ne peut qu'être bien 
accueillie de tout le u&onde 9 . Un défaut corporel de l'officiant n'est 
pas, d'après lui, un obstacle à sa nomination ,0 ; mais, dans un cas 



1. Éd. Berlin, 320, a» 863 : ppnb Jfl DWïffi "mb "{H EPWPfcnn ~i"l3b p 

cpoinb z"Drrnn mnob in flTja'p "jn rrfioa Wixb 1 n ~p-i£ 5Uî o^d 

D^BWl rP3 mspbl m:nn rvamapp yVtitën. Éd. Prague, lOli; ; llag. Mann., 
n^Dn, xi, 2; Tesch. Maïm., ^3p, 27 (signé ">33?, adresse à Abraham b. Eliézer 
ha-Lévi). 

2. Éd. Prague, 966; éd. Berlin, 32:;. U " 0.V2 ; J. Colon, Consultations, 1 ; Terou- 
mat ha-Deschen, 253 ; Tour, Uoschen Misclipat % 96. 

3. Gudemann, Dos Erziehungswespu...^ 1, 138, noie 1. 

i. Éd. Lemberg, 211-8; éd. Prague, 99$, 599, 188 (Crémone, 47. 232, 214: 
Havvini Or Zaroua, Consulta/unis. 1JI [abvégé); éd. Berlin, 50, n n 317). 
.'j. Éd. Prague, 485; Lemberg, 232 ; Mord., liaha Kamma, X, 269. 

6. Éd. Crémone, 292. 

7. Ibid., 228. 

8. Ibidem. 

9. Éd. Lemberg, 111. 
10. Éd. Crémone. 249. 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

particulier, il s'élève contre la prétention du prince à faire taire la 
minorité hostile ' . Il raconte que du temps d'Abi ha-Ezri, un arche- 
vêque de Cologne avait voulu, sur la demande d'un Juif, investir 
dans ses fonctions un officiant, mais que celui-ci avait rejeté avec 
indignation cette proposition, en disant : « Monseigneur, je n'ac- 
cepte pas de tes mains le service de notre Créateur I » 

Il arrivait fréquemment, à cette époque, qu'on extorquait aux 
Juifs des sommes arbitraires. On arrêtait quelques particuliers, 
souvent même des communautés entières, pour en recevoir 
ainsi de l'argent. Dans un cas de ce genre, Hayyim b. Yehiel Héfeç 
Zahab, de Cologne, cite aux Juifs de Lahnstein un trait caractéris- 
tique 2 : 

Un gouverneur avait emprisonné quelques Juifs, mais avait été 
obligé de les remettre en liberté. L'archevêque de Mayence ne lui 
permit de prendre que les frais de l'entretien des prisonniers. Il 
s'agissait de savoir qui devait supporter ces frais ; Hayyim b. Yehiel 
y obligea toute la communauté sans distinction. Mais pour le pré- 
sent de trois livres, qu'on avait fait au gouverneur afin de le 
gagner, les riches seuls devaient être imposés. 

Une consultation dont le sujet est d'un certain intérêt pour l'his- 
toire est la suivante 3 : Un Juif cite en justice la communauté de 
Friedberg. Il expose qu'il lui avait déclaré sa fortune, qui se com- 
posait de 70 livres, sur lesquelles il en devait 33 à des chrétiens. 
La communauté exigea l'impôt sur la somme tout entière, en fai- 
sant observer qu'il était mutile de discuter pour la vétille de 3 gros 
par livre. Le plaignant se soumit, quoiqu'il craignît de voir l'impo- 
sition s'accroître avec le temps. Plus tard, la communauté de 
Friedberg fut arrêtée et, avec elle, la femme du plaignant, qui était 
alors à Francfort, d'où il s'enfuit à Hombourg ' . Là des chevaliers, 
auxquels il devait de l'argent, le firent prisonnier et, pour les satis- 
faire, il fut obligé de faire rentrer les créances qu'il avait ailleurs, 
opération qui ne fut pas sans pertes. Aussi ne pouvait-il contribuer 
à la délivrance de sa femme que d'après sa fortune réelle actuelle. 
Il envoya son beau-frère dans la forteresse où les Juifs de Friedberg 
étaient retenus, lit part de sa situation à la communauté, mais 
celle-ci l'imposa néanmoins du double. Il demandait que son impo- 
sition fût calculée d'après ses moyens actuels. L'administrateur de 

1. Éd. Crémone, 190; cf. Mordeckaï, lhiba Kcutuna, 133 ; (iiidemann, op. cit., 
I, 28, note 2. 

2. Éd. Prague, 339 0p*O©3Y3). 

3. Éd. Berlin, 204, n<>< 127-128. 

4. pn-nain. 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 69 

la communauté, R. Meborach, répliquait que c'était un antique 
usage à Friedberg, alors que de grands savants et des Juifs distin- 
gués y demeuraient encore, que chacun indiquât annuellement, 
sous la menace de l'excommunication, sa fortune imposable et qu'à 
Hanoucca on prélevât l'impôt, même sur les capitaux qu'on avait 
exploités l'année durant. Le plaignant s'est soumis à ces disposi- 
tions. Aussi R. Méir décide-t-il qu'il doit verser, pour la rançon de 
sa femme, la somme fixée par la communauté. 

Dans un autre cas il émit l'avis que, si quelqu'un était délivré 
contre son gré de sa détention, il devait payer la rançon 1 . 

Gomme exemple d'otage, on peut citer celui-ci. Un Juif qui devait 
de l'argent à un chrétien convint avec lui que, s'il ne le payait pas 
dans un certain délai, son garant mangerait à ses frais. Le débi- 
teur ne tint pas son engagement et fut emprisonné. Mais tenant 
compte de sa triste situation, R. Méir ne condamna le débiteur qu'à 
une pension médiocre 2 . 

On ne savait pas s'il était permis de donner à intérêt l'argent des 
pauvres. Joël ha-Lévi le défendait, Isaac Or Zaroua avait d'abord 
voulu le permettre 3 , R. Méir y était opposé, même si le bénéfice 
était plus vraisemblable que les pertes ''. Il interdisait semblable- 
raent de prêter l'argent des orphelins à intérêt 5 . 

R. Méir fut consulté par un Juif qui, le jour du massacre de 
Coblence, avait égorgé sa femme et quatre enfants sur leur 
propre demande et qui avait voulu ensuite se tuer lui-même. Il 
demandait s'il avait besoin d'une expiation pour cet acte. R. Méir 
répondit qu'il ne pouvait être question d'expiation, puisqu'il avait 
agi dans une intention pieuse et que son seul mobile avait été 
l'amour de Dieu 6 . 

Dans l'affaire des fugitifs de Rriickenhausen, on lui demanda si 
les femmes faites prisonnières pouvaient être reprises par leurs 
maris. Il répondit que, comme elles n'avaient rien fait d'autre que 
d'écouter en silence les discours des prêtres, le témoignage d'une 

1. Voir Back, p. 50. Cf. éd. Crémone, 33; éd. Berlin, 206, n" 128. 

2. Éd. Prague, 83 (cf. éd. Berlin, 182, n° 69) : ■jet? pINT 13 ^"ID 11 N5 DN^ 

*-»■»« n* pi en by trvs^o» '3 d*p bas bgwc sapœ. 

3. Or Zaroua, 1, 18. 

4. Back, p. 54, 55. Dans le n" 13 de l'éd. Prague, Méir écrit : "O T^T' D373N 

maria rvp-vz nu» D"-ib»œ npmabn baa -imnb imn uud imc manya 
• dt nnn riKTn nboattm Dïrb eôi n^MBin d* 1 bnn D^eoam nxisp 

Éd. Berlin, 57, n" 476-477 (Lemberg, 425), 234. Voir, par contre, éd. Berlin, 321, 
n u 8S3 ; éd. Crémone, 109. 

5. Éd. Prague, 969. 

6. Éd. Berlin, p. 346. 



70 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

seule personne, même d'une femme, suffisait pour les déclarer 
pures ' . 

R. Méir ne permet pas d'employer dans un but rituel les vête- 
ments ecclésiastiques qui servent à la messe 2 . Il ne considère pas 
comme valable le serment prêté sur des saints chrétiens. Il s'éleva 
souvent contre ceux qui provoquaient de tels serments, mais il ne 
pouvait les en empêcher, car on invoquait l'autorité de R. Tam,qui 
avait admis que les chrétiens de nos jours, ne sont pas des idolâtres 
et qu'ils ne considèrent pas les saints comme des dieux. De plus, 
disait-on, le nom de Jésus n'est pas prononcé, quoiqu'on pense à lui 
en prêtant serment. R. Méir n'approuve pas cette conduite 3 . Celui 
qui a l'intention de prêter un faux serment contre un chrétien doit 
en être détourné par tous les moyens possibles 5 . 

La coutume du leîkâuf usitée au moyen âge pour les conventions 
et les ventes, est considérée par R. Meir comme non juive et il ne 
lui reconnaît pas de force légale 5 . — Regarder un lépreux comme 
mort en ce qui concerne l'héritage est d'après lui un non-sens, une 
conception contraire au judaïsme •'■. 

Il ne permet pas d'orner les mahzorim (livres de prières pour les 
fêtes) d'illustrations; s'il n'y a pas de loi qui les défende, elles n'en 
sont pas moins à rejeter parce qu'elles troublent le recueillement 
du fidèle 7 . 

1. Éd. Berlin, 187, n° 8(1 : lymrTSpTï *UT2D •pOISNM 111*71** b*. Le nom de lini 
est à corriger en "jynnîpii:!, Briickenliausen. Sur la persécution des Juifs de cette 
ville, voir Graetz, Geschichte, VU-, !87. Seize Juifs y furent tués le 25 Nissan 1283. 
La consultation est signée 'TP'vO ^1"13 "12 "PK73. Or le père de R. Méir est toort 
en 1276. L'eulogie 'TP'iO se rapporte donc à B. Stêir lui-même ri a été ajoutée par- 
le copiste. Noter Les mots : &6n t'y m? «b abVOT D"»"17:i«ï5 Tm "»tlb 

ipnu; Dm onosa nai B"nan "»3Ba -pjin nban«. 

2. Éd. Berlin. 6, n" 18. 

3. Ibid., 2â4, n" 380: cf. p. 31, u" <J7 : Û1N ^3 m?2C3 1Nip3 b"W*tp?Ttt HP? 

DmottO "pn rrrsp ^n ftïttbKb bfcïtJ "pn73 nnoin f^tt ; Taithbêp, 520 ; 

Mofdechaï, Ah. Z., 1229 [au nom d'Éliézerb. Joël ha-Lévi ; Tossaf. Sanh., 636, s. v. 
■nOS. Les chrétiens sont appelés par B. Méir VU" 1 '■Tttbn ^'d. Berlin, 239, n" 240). 
i. Éd. Lemberg, 233. Voir Gûdemann, Erziekung8wesen,l, 148. 

5. Éd. Prague, 730 (É|*ip3Vib), 187 (q^p^ni; d'après 1"3în, 96 [&*ifWhl); éd. 
Berlin. 341 (&D*lp^*h) j Moïse Minz. Consulta/ions. S2 (t|W3^b). Cf. Giideinann, 
Erziehungswesen, 1, 29: Griinbaum, Jiidisch-deutsche Chvestomathie, 472 (tftpÎPI) : 
Weiss, Catalogue Kaufmann, p. 10 : û"nmon ■pbxntÔ *I"no T'jpn Û*"pb 
ï\xp p*n N "bn J^lptÛ rm:'o rvrayb. Le Ëazkouni, rrnbin, ne donne pas 

de glose. Andresen, Deutsche Volksetymologie, p. 363 : litkouf, winkouf. 

6. Éd. Crémone, 115 : Ïltj*£ ÎTS1T \^3? D730 OT^n ynit» 1731 «m 

ht -m bK^b nrjoi sirr y»p1*7fc. 

7. Éd. Berlin, 134, n° 97: éd. Crémone, 24; Tossaf. Yoma, 54a; Movdechai, 
Ah. Z., 1294-5. Dans le premier passage, K"ba NOO? D^aUÎ TO, il. faut lire 
NOO*^, Nixe. Voir Gûdemann, op. cit., I, 217; Kaufmann, Ges. Schr., I, 94, n. 2. 



MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 71 

Les consultations de R. Méir contiennent de précieuses indica- 
tions sur l'organisation de l'instruction et la condition du per- 
sonnel enseignant. Un maître ne doit pas s'engager pour plus de 
trois ans. Mais il ne doit pas être considéré comme un « esclave 
hébreu » qui se vend lui-même, moins encore comme un tra- 
vailleur 1 . Son service ne prend pas fin, même si le père, après 
l'avoir congédié, veut continuer à le garder 2 . S'il tombe malade, il 
n'est pas tenu de rattraper le temps perdu 3 et a droit à son traite- 
ment intégral ; il en est de même si c'est l'enfant qui a été malade 
ou est mort*. Si un témoin le déclare incapable, le maître doit 
affirmer sous la foi du serment qu'il a rempli son devoir 3 . L'instruc- 
tion est un précepte religieux de la plus haute importance ; c'est 
pourquoi R. Méir protège le maître, dont la situation n'était pas 
réglée à cette époque. 

Nous devons mentionner, enfin, les décisions de R. Méir en droit 
matrimonial. La procédure contre l'épouse récalcitrante (morédet) 
est une question souvent traitée; elle avait déjà occupé les Gueonim 
sans avoir été définitivement réglée. Tandis que les Gueonim 
n'avaient pas voulu se prononcer 6 , Raschi était pour la répudiation 
imposée de force; R. Jacob Tarn contre toute contrainte. R. Méir a 
varié dans son opinion ; d'abord, il reconnut à la femme le droit de 
reprendre son apport dotal ; plus tard, il décida qu'elle devait tout 
perdre 7 . Cette sévérité avait pour but de combattre la corruption 
des mœurs. Le synode des communautés rhénanes, siégeant à 
Nuremberg, prit parti dans la question sur l'invitation de R. Méir, 
qui, vers la fin de sa vie, avant son emprisonnement, avait exposé 
sa thèse. Nous le savons par Isaac b. Hayyim Or Zaroua, à qui son 
père avait communiqué l'opinion de R. Méir 8 . Nous connaissons 
aussi, sur cette matière, une lettre du maître à Yedidia b. Israël. 
Celui-ci devait transmettre à la fédération des communautés l'avis 
de R. Méir et demander au synode de prononcer contre la femme 
récalcitrante la perte totale de ses droits !) . 

R. Méir s'éleva contre le remariage d'une femme dont le premier 

1. Éd. Prague, 72; Siméon b. Gémah Duran, Consultations, I, 64. 

2. Ibid., 77 ; éd. Lemberg, 205. 

3. Éd. Prague, 85. 

4. Ibid., 138. 

5. Ibid., 484. Voir Back, op. cit., 57-60. 

6. Éd. Berlin, 17, n° 53; 285, n° 338-9. 

7. Hayyim Or Zaroua, G9, 155. 

8. Ibid., 69. 

9. Ibid., 126. Sur cette question, voir éd. Prague, 228, 442-3, 946, 1021 ; Tour 
Eben ha-Êzer, 77 ; cf. Back, op. cit., 37-38. 



72 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

époux était tombé dans des eaux sans fin; la Mischna défendait ce 
second mariage, le Talmud permettait de le maintenir s'il avait été 
contracté. D'après notre rabbin, la femme doit solliciter l'autorisa- 
tion d'un savant, sinon elle est passible d'excommunication. En 
Allemagne et en France, on n'était pas opposé à ces unions 1 . 

Les 100 livres reconnues à la fiancée dans la Ketouba étaient 
diversement calculées. A Wurzbourg, c'était 200 marcs, à Worms, 
100 livres de Halle 2 . 



(A suivre). 



J. Wellesz. 



1. Éd. Berlin, 192, n° 97; Tesch. Maïm., C^3, n° 11 ; éd. Crémone, 194; éd. 
Prague, 612, 620 ; Hag. Mord., Yebamot, i. f. ; Back, op. cit., 52-3. 

2. Éd. Prague, 284 : lD"Wlbn NIÛ'Ô 'p. Le ms. de Parme, 309, a BntPb 'p 
-)5"Tï 'b. Voir Zunz, Z. G., 171; Back, op. cit., 52. 



LE BUREAU DU COMMERCE 

ET LES RÉCLAMATIONS 

CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 

(1726-1746) 



NOTES PRÉLIMINAIRES 

Le Bureau du Commerce, que dans la suite nous désignerons 
par « Bureau » tout court, était une institution créée au sein du 
Conseil d'État, par arrêt du 29 juin 1700, pour l'examen de toutes 
les questions concernant le commerce et l'industrie. Il fonctionna, 
non sans avoir subi au cours de son existence de nombreuses 
modifications, sous le nom de « Conseil de Commerce » d'abord 
et ensuite — à partir de 1722 — sous celui de « Bureau du 
Commerce • ». Ni comme « Bureau » ni comme « Conseil », il 
n'avait de pouvoir propre. Il n'exprimait que des avis, devant 
servir à éclairer l'administration centrale. Le dernier mot appar- 
tenait au contrôleur général ou au secrétaire d'État de la marine, 
quand il s'agissait des questions purement administratives, ou au 
Conseil d'État, quand il y avait à rendre des arrêts. Mais cette 
dépendance n'existait qu'en apparence. En réalité, c'était l'opinion 
du Bureau, quoique n'étant prononcée que sous forme d'avis, qui 

1. Pour simplifier, nous parlerons toujours de « Bureau », même pour l'époque anté- 
rieure à 1722, tandis que le nom de « Conseil » sera réservé pour désigner le Conseil d'État. 
Dans certains milieux d'ailleurs on continue d'appeler le Bureau « Conseil de Commerce » 
même après 1722. (Pour tout ce qui concerne les institutions eu question, voir l'intro- 
duction d'Eugène Lelong en tète de l'Inventaire analytique des procès-verbaux du 
Bureau du Commerce par Pierre Bonnassieux.) 



74 REVUE DES ETUDES JUIVES 

prévalait toujours, l'adhésion des ministres ou du Conseil ne lui 
étant, ce semble, jamais refusée. 

En même temps que le Bureau il fut encore créé une institution 
de « Députés du commerce ». Recrutés parmi les commerçants 
notoires, ils étaient élus et envoyés par les villes les plus impor- 
tantes du royaume, pour siéger à côté du Bureau et éclairer ce 
dernier de leurs avis d'hommes pratiques rompus aux affaires. 
Ils étaient appelés à donner sur chaque question un avis préalable, 
avis qui, il est vrai, « n'était rien moins qu'un arrêt ». Dans bien 
des cas, en effet, il ne fut pas écouté et le Bureau passa outre. 
Néanmoins cet avis était nécessaire et était joint au dossier des 
questions qui venaient en délibération devant le Bureau. 

Depuis 1715, il existait, en outre, auprès de l'assemblée plénière 
du Bureau, formé de quelques-uns seulement de ses membres, un 
autre bureau, qui était une sorte de sous-commission et dont la 
fonction consista d'abord à « régler les matières légères qui ne 
méritaient pas d'être portées à l'assemblée de ce Conseil » et ensuite 
à « instruire les affaires d'une plus longue discussion afin de les 
rapporter ensuite toutes digérées à l'assemblée ». 

Les procès-verbaux des séances de ce dernier bureau n'existant 
pas, à notre connaissance, ce seront les procès-verbaux de l'as- 
semblée plénière du Bureau ' accompagnés des avis des députés 2 
qui formeront la base de cette étude. 

Le Bureau et, par conséquent, les députés n'avaient à s'occuper 
du commerce juif qu'autant que celte question était soulevée, soit 
par les marcbands juifs eux-mêmes, soit par leurs adversaires. 
Mais comme les Juifs, ayant beaucoup plus à perdre qu'à gagner 
dans ces sortes de discussions, se gardaient bien de les provoquer 
inutilement et que celles-ci étaient causées, pour la plupart, par 
leurs adversaires, c'est le. plus souvent aux réclamations de ces 
derniers, — appuyées dans bien des cas par les autorités provin- 
ciales, comme l'inspecteur des manufactures ou même l'intendant, 
— que nous aurons affaire dans cette étude. 

Nous aurons à examiner les conditions dans lesquelles ces con- 
testations se sont produites et l'attitude que les députés d'abord, 
et le Bureau ensuite, ont cru devoir prendre dans ces occasions. 

Certes la plupart des conflits ou plutôt des incidents qui devaient 
se produire journellement entre marcbands juifs et chrétiens et 
qui, dans leur ensemble, donneraient une image bien caractéris- 

1. Arch. tiât., F 12/51-108. 

2. Ibid., F 12/113 2-3; F 12/693-124. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 75 

tique des relations commerciales entre Juifs et Chrétiens étaient 
réglés sur place, sans l'intermédiaire du Bureau et ne trouveront, 
par conséquent, pas de place dans notre étude. 

Même les contestations portées devant le Bureau ne sauront 
toutes nous occuper. C'est que, regardées comme « matière légère », 
certaines affaires étaient abandonnées parle Bureau à cette sorte 
de sous-commission instituée pour des affaires de ce genre et dont 
nous avons parlé plus haut. Parfois la correspondance des membres 
du Bureau nous permettra de retrouver les traces de quelques- 
unes d'entre elles. Nous en ferons alors mention. Mais, dans leur 
ensemble, ces contestations resteront forcément étrangères à notre 
étude. 

Il ne nous restera à traiter pour ainsi dire que les gros faits, les 
faits qui ont été jugés assez importants pour occuper le Bureau 
central lui-même. 

Signalons tout de suite quelques traits caractéristiques de ces 
contestations. On remarque en premier lieu que la plupart des 
réclamations sont soulevées par le commerce forain des Juifs et 
arrivent de provinces non habitées par eux. Ceci, à notre avis, peut 
s'expliquer aisément. Là où les Juifs habitaient en nombre, là où 
les intérêts opposés de marchands chrétiens et juifs se heurtaient 
à chaque pas, la fréquence même de tels conflits devait avoir pour 
conséquence, d'une part, d'établir entre les adversaires une sorte 
de modus vivcndi déterminant les sphères d'activité de chacun et 
de rendre, d'autre part, moins violents les conflits impossibles à 
éviter. La menace perpétuelle de ces luttes dut, de plus, contribuer 
à créer l'organe nécessaire pour les résoudre sur place. En effet, 
on ne pouvait faire tous les jours des démarches auprès du contrô- 
leur général, mettre en mouvement tous les rouages de l'État. 
On dut prendre l'habitude de les faire résoudre par les autorités 
locales. Et c'est à celte cause surtout que nous croyons devoir 
attribuer l'absence presque totale auprès du Bureau de réclama- 
tions venant d'Alsace ou du pays messin, quoique les conflits 
commerciaux dussent y être assez fréquents. Ce n'est que dans 
les cas extraordinaires dépassant la compétence des autorités pro- 
vinciales, comme nous le verrons, par exemple, chez les commer- 
çants de Bordeaux ou d'Orange, lorsqu'il s'agira de faire expulser 
les Juifs avignonnais, que nous les verrons s'adresser au contrô- 
leur général. 

Il n'en était pas de même du commerce forain. Un marchand 
forain de grande envergure arrivant dans une ville pour y passer 
un certain temps, c'était un fait important capable de la révolu- 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Lion ner parfois. Les marchands locaux étaient délaissés et tout le 
monde accourait vers le forain. Aussi les marchands étaient-ils 
prêts à crier haro sur cet ennemi qui surgissait, en appelant à leur 
secours et l'intendant et le contrôleur général. 

On peut remarquer ensuite qu'à l'époque qui nous occupe, dans 
presque toutes les plaintes contre le commerce forain des Juifs où 
les noms nous ont été conservés, il s'agit de Juifs avignonnais, 
jamais de Juifs allemands et presque jamais de Juifs portugais, 
et cela quoique les plaintes en question aient pour lieux d'origine 
les différents points du territoire. Faut-il en conclure que les 
Avignonnais furent seuls vers ce temps, parmi les Juifs, à pratiquer 
le commerce forain en France, ou seuls au moins à le pratiquer 
dans une large mesure? Nous nous contentons de constater le fait 
en laissant à d'autres plus compétents le soin d'y répondre. 

Ajoutons quelques mots sur les différentes manières dont se fai- 
sait le commerce forain. Nous en distinguons trois. 

Il y avait d'abord le commerce sur les foires franches. Celui-ci 
était, en général, pour les forains, le moins sujet à contestation. 
Les foires franches étant regardées comme un facteur de la plus 
grande importance pour la prospérité générale, on se gardait bien 
de toucher inutilement à ses privilèges. Cette circonstance profi- 
tera également aux marchands juifs. Néanmoins des efforts très 
sérieux seront faits dans la suite par les marchands chrétiens pour 
leur enlever ce droit. Il y avait, en second lieu, le commerce que 
les forains pouvaient généralement exercer pendant quelques 
jours en passant par une ville ', sans compter celui qu'on leur 
permettait également dans différents endroits sur les marchés heb- 
domadaires. Mais ce genre ne pouvait convenir qu'aux petits mar- 
chands forains et colporteurs. Les usages, d'ailleurs, n'étant pas 
uniformes sur ce point, ce droit devait être des plus incertains et 
sujet à l'arbitraire des autorités locales. Il y avait, enfin, une 
manière beaucoup plus large de faire le commerce et qui consis- 
tait à vendre dans une ville pendant un mois de chaque saison. 
Mais il fallait pour cela avoir des permissions spéciales. C'est à 
ce privilège obtenu par certains Juifs que les commerçants chré- 
tiens s'attaqueront d'abord avec le plus d'âpre té. 

i. D'une façon générale nous savons (Pièces justif., VIII) qu'il était permis aux 
forains de passage de faire Le commerce là où il n'y avait pas de jurande établie. Ed 
ce qui concerne les forains juifs en particulier, nous savons qu'en Provence, par 
exemple, il ne leur était accordé qu'un séjour de trois jours seulement (Voir Boislisle, 
Corresp. des Contrôleurs généraux des finances avec Les intendants des provinces, 
t. III, n» 1720, lettre de l'intendant de la Provence du 26 mai 1715). 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 77 

Nous avons choisi de préférence l'époque de 1726 à 1746, parce 
qu'elle est la pins intéressante pour la question qui nous occupe. 

Un simple coup d'œil, à laide de la table analytique, sur les 
procès-verbaux des séances du Bureau nous permet déjà de cons- 
tater une recrudescence remarquable des réclamations contre les 
Juifs durant ce laps de temps. 

Les réclamations avant 1726 ou après 1746 furent plutôt des cas 
isolés. 

Or, dans ces réclamations qui affluent de 1726 à 1746, certaines 
tendances se laissent constater. C'est d'après ces tendances que 
nous avons distingué deux groupes de faits que nous traiterons 
dans deux chapitres séparés. Le premier groupe comprenant les 
réclamations se rattachant à l'arrêt du 20 février 1731, le deuxième 
se caractérisant par les expulsions successives des Avignonnais. 



I 
Le Bureau et le commerce forain juif avant l'arrêt de 1731. 

Les marchands forains d'une certaine importance — et un bon 
nombre de Juifs avignonnais étaient dans ce cas — qui ne vou- 
laient pas se contenter du commerce des foires toujours un peu 
hasardeux et encore moins des quelques jours de trafic qu'on leur 
accordait généralement et dont il a été parlé dans nos notes préli- 
minaires, devaient être tentés de sortir du cercle étroit dans lequel 
règlements et usages les avaient enfermés. Ils devaient chercher 
des moyens pour donner à leur commerce forain plus d'ampleur 
et de stabilité ; ils devaient ambitionner le droit de fréquenter les 
villes les plus importantes, môme en dehors du temps des foires, 
d'y rester un temps suffisant pour attirer le plus possible 
d'acheteurs, et de pouvoir revenir à chaque saison — ce qui pour 
les marchands d'étoffes, par exemple, était de la plus grande 
importance. — C'était, pour eux, se créer un nouveau genre de 
commerce tenant le milieu entre celui du marchand établi et celui 
du forain. 

Aussi sont-ils nombreux parmi les forains juifs, ceux qui, 
devenus forains plutôt par nécessité que par goût, ambitionnent 
cette sorte de privilège. 

Pour l'obtenir, les Juifs s'adressent souvent aux Parlements, et 
cela non sans succès. C'est ainsi que nous voyons, pour ne parler 



78 BEVUE DES ETUDES JUIVES 

que du xvm e siècle, des Juifs avignonnais obtenir en 1705 un arrêt 
du Parlement de Toulouse leur accordant le privilège d'un mois 
par saison pour la province du Languedoc 1 ; de même uous les 
voyons obtenir ce privilège en 1709 du Parlement d'Aix pour les 
villes de la Provence. 

Mais les marchands chrétiens veillent. Des réclamations ne 
manquent pas de se produire et ces arrêts sont annulés par le 
Conseil. L'arrêt du Parlement d'Aix Test dès le 15 février 1710 2 . 
Ceux — car il y en a eu plusieurs — du Parlement de Toulouse, 
après avoir été provisoirement suspendus 3 , le sont également par 
arrêt du Conseil du 29 février 1716 '\ 

En même temps qu'ils annulent les privilèges accordés par les 
Parlements, ces arrêts enjoignent aux Juifs avignonnais d'avoir à 
quitter le royaume. On rappelle que les Juifs sont proscrits en 
France et qu'il n'appartient qu'au roi de rapporter cette proscrip- 
tion, etnon aux Parlements. 

Cet arrêt de 1716 surtout était appelé à avoir une portée plus 
générale. Il accuse à nos yeux l'intention bien arrêtée du Conseil 
de refouler partout le commerce juif. Et les conséquences de cette 
décision ne se feront pas attendre. N'ayant plus affaire à des 
arrêts des Parlements, le Conseil, de son côté, n'aura pas besoin 
de rendre de nouveaux arrêts pour les casser. Tl se bornera sim- 
plement, au fur et à mesure que les cas se présenteront, à 
donner des ordres aux intendants, afin d'empêcher ce commerce. 
Et cela suffira. 

C'est ainsi que, sur des plaintes des marcbands de DôJe 3 
(Franche-Comté) dénonçant le « tort que les Juifs font à leur com- 
merce », nous voyons M. Amelot G , après avoir demandé préa- 
lablement l'avis de l'intendant, écrire à ce dernier, le 4 février 1717, 
que « l'intention du Conseil n'est nullement de permettre plus 
longtemps la continuation de ce commerce dont les marchands se 
plaignent avec raison » et l'invite à donner des ordres en consé- 
quence 7 . Et « comme les règles doivent être les mêmes dans 
toutes les villes de la Franche-Comté », on décidera aussitôt après 

1. Ruubin, Revue, t. XXXIV, i>. 282 (voir ibid., p. 381, note 3, où sont cités d'autres 
arrêts du môme Parlement en faveur des Juifs). 

2. Revue, t. XVII, p. 106 et suiv. 

3. Procès-verbal de la séance du Bureau du 13 février 1716. Archives nationales, 
F12/59, f° s 95-96. 

4. Revue, t. XXXIV, p. 282. 

5. Pièces justificatives, I. 

6. Membre du Bureau. 

7. Pièces justif., II. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 79 

d'en user de môme pour Salins ' d'où les commerçants, à l'instar 
de ceux de Dole, avaient porté plainte. 

De même, sur les réclamations adressées vers la même époque 
de la province de Bourgogne « contre la quantité des Juifs qui se 
répandaient en cette province et en faisaient tout le commerce », 
1 intendant reçoit Tordre « de réprimer cet abus et de faire exécu- 
ter sévèrement les édits qui les ont chassez du Royaume 2 » ce qui 
sera par lui transmis consciencieusement à toutes les villes de sa 
province. 

Mais ici la chose se complique par la question des foires franches. 
Voici à quelle occasion elle fut soulevée. Le maire et les échevins 
de Chalon-sur-Saône ayant permis à certains Juifs, en dépit des 
ordres de l'intendant, dont il a été question tout à l'heure, de fré- 
quenter une de leurs foires, en s'appuyant sur ce qu'elles étaient 
des foires franches, l'intendant et l'inspecteur des manufactures, 
ne sachant quel parti prendre, crurent devoir en référer au 
Bureau 3 . 

L'inspecteur, d'ailleurs, ne se contente pas de demander l'avis 
du Bureau, il s'efforce d'influencer cet avis, et cela dans un sens 
défavorable. C'est ainsi qu'il conteste d'abord la matérialité des faits, 
c'est-à-dire la franchise des foires de Chalon } . Il rappelle ensuite 
au Bureau les conséquences qu'une pareille permission peut avoir 
eu encourageant les Juifs à demander les mômes permissions pour 
toutes les foires, ce qui leur permettra de s'emparer du commerce 
tout entier, vu le nombre considérable des foires. Et il fait des 
Juifs un portrait « très propre à faire renouveller les anciennes 
ordonnances rendues contre eux ;i ». 

Néanmoins les députés appelés à donner leur avis n'hésitent pas 
a reconnaître aux Juifs le droit de fréquenter les foires, pendant 
la durée desquelles on ne doit pas les regarder « comme Juifs, 
mais comme Allemands, Hollandais, etc. » 6 . La franchise d'une 

1 . Pièces justif., III. 

2. Pièces justif., IV. 

3. Ibid. 

4. Il est d'ailleurs peu scrupuleux dans ses affirmations. Pour démontrer, par 
exemple, les conséquences que cette permission peut avoir pour Chalon seulement, il 
prétend qu'il se tenait à Chalon quatre foires par an, d'une durée d'un mois cha- 
cune {ibid.). Or, il ne se tenait, en réalité, que deux foires par an (voir Encyclopédie 
du XVIII' siècle, Dict. du commerce, t. II, p. $69). Quant ù leur durée, elle n'était 
que de quinze jours seulement (voir Pièces jii.slif., où il est question de la foire qui 
se tenait a Chalon du 20 juin jusqu'au 5 juillet). 

5. Ibid. 

6. Ibid. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

foire est donc, d'après eux, de nature à suspendre momentanément 
les défenses faites aux Juifs. Mais, comme il s'agissait, non seule- 
ment d'une question de principe, mais aussi de savoir si les foires 
de Chalon étaient franches, comme l'affirmaient les autorités de cette 
ville, ou si elles ne l'étaient pas, comme prétendait l'inspecteur, ils 
proposent au Bureau de faire éclaircir ce point par l'intendant. 

Mais, quoique fondé, cet avis n'est pas partagé par le Bureau. 
Pour lui 1 , la franchise d'une foire « ne concernerait que la mar- 
chandise qui est affranchie de droits et non point les personnes ». 
La liberté dont jouissaient généralement les individus de diffé- 
rentes nations de fréquenter les foires franches et d'y faire le 
commerce n'était pas, d'après lui, la conséquence des franchises 
spéciales accordées aux foires, mais une « liberté naturelle » qui ne 
pouvait faire cesser l'effet de la défense portée par les lois du 
Royaume aux Juifs d'y entrer et d'y faire aucun commerce 2 . 
Quanta l'enquête proposée parles députés, elle serait doublement 
inutile, car, en dehors de toute considération de principe, il est, 
pour lui, encore une fois certain « que dans toutes les provinces 
qui dépendent des fermes générales il ne se tient aucune foire 
franche 3 ». Et se basant sur toutes ces « certitudes » et vu, enfin, 
que « ce sont ces Juifs qui achettent toutes les bardes volées et 



1. D'après la lettre de M. Machault, membre du Bureau, à l'intendant de Bourgogne, 
du 3 juin 1117, Pièces jitstif., V. 

2. Théorie nouvelle et tout à l'ait insoutenable. La franchise des foires s'étendait, 
non seulement aux marchandises, mais également aux personnes ; et cette liberté poul- 
ies personnes était si peu une « liberté naturelle », comme l'appelle M. Machault, que 
toutes les lettres patentes des foires frauches tenaient à l'accorder expressément à « tous 
marchands étrangers régnicolcs et autres ». D'autres même poussaient la spécification 
tellement loin qu'elles allaient jusqu'à dire eu termes formels que cette liberté était 
accordée à « toutes personnes, marchands et autres de quelques pays, nation, contrée 
et condition qu'ils soient » (confirmation des lettres patentes des foires franches, de 
Chàlons-sur-Marne, de novembre 1714, Arch. nat., F12/1242-1243). Quant à l'usage qui 
en fut fait envers les Juifs, nous verrons dans la suite qu'il ne fut pas fait d'exception 
pour eux. 

3. Par « provinces qui dépendent des fermes générales » il entendait sans doute 
désigner les provinces appelées « provinces de cinq grosses fermes », en opposition 
avec celles « réputées étrangères »>. Mais il serait alors absolument inexact de dire qu'il 
ne se tenait pas dans ces provinces des foires franches. Et pour démontrer celte inexacti- 
tude, il suffirait de nommer les foires de Caen,Bouen et surtout celle de Guibray, toutes 
situées en Normandie et par conséquent dans le domaine de cinq grosses fermes. On 
ne peut s'expliquer toutes ces erreurs singulières chez une autorité si haut placée, 
que par le peu de renseignements que vers cette époque le Bureau devait posséder sur 
cette matière. Nous le verrons, en effet, désireux de s'instruire plus amplement sur les 
privilèges des foires, demander peu après aux intendants des différentes provinces des 
copies des lettres patentes de toutes les foires du royaume (Lettre de M. Amelot, du 
15 janvier 1718, Arch. nat., ibid.). 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 81 

qu'ils emportent hors du Royaume beaucoup d'argent », il est d'avis 
que les Juifs ne devront être tolérés « dans aucun temps et sous 
quelque prétexte que ce puisse être ». 

Ainsi donc, après avoir été défendu dans le Languedoc, le com- 
merce juif l'est consécutivement en Franche-Comté et en Bour- 
gogne. Et il sera sans doute fait de même pour les autres provinces 
si des plaintes viennent à se produire, et tout cela sans bruit, sans 
nouvel arrêt : ce ne sont que «les anciennes ordonnances rendues 
contre eux » qui sont ressuscitées ', ou, si l'on préfère, c'est 
l'arrêt de 1716 qui est généralisé. 

Puis, une trêve se fait. Les plaintes de ce genre contre les Juifs 
semblent avoir cessé. Ni les procès-verbaux des séances, ni la cor- 
respondance du Bureau, autant que nous avons pu la consulter, 
n'en font plus mention. Il est à présumer que cet arrêt des plaintes 
est dû à une diminution simultanée de l'activité commerciale des 
forains juifs vers cette époque. 

Ce phénomène pourrait s'expliquer de la façon suivante. D'abord, 
les autorités averties par ces ordres et arrêts réitérés de l'inten- 
tion du Conseil à l'égard du commerce juif et ne voulant sans 
doute pas s'exposer à des réprimandes de sa part, devaient bien 
se garder désormais d'accorder aux Juifs de nouvelles autorisa- 
tions. D'autre pari, les Juifs ayant eu, eux aussi, beaucoup d'ennuis 
à cette époque n'auraient pu songer à pousser trop loin leurs 
entreprises commerciales. Il y avait alors, après le long règne de 
Louis XIV, beaucoup de mouvement dans tous les rouages de 
l'État, et les Juifs allaient bientôt en ressentir les conséquences. 
Ce ne sont pas seulement les Juifs avignonnais et leur commerce 
forain qui ont à en souffrir, comme nous venons de le voir, mais 
aussi les Juifs domiciliés. Dans les différentes provinces où ils sont 
établis la question de leurs privilèges va être mise à l'ordre du jour 
et discutée. Voici d'abord l'Alsace. Nous savons qu'en 1716-1717 il 
y fut sérieusement question de restreindre leurs libertés commer- 
ciales et autres 2 . A Metz des influences s'exercèrent également 
vers cette époque contre les Juifs 3 . Il y avait alors un certain d'Os- 
quet et une Juive convertie nommée Hannoy qui, d'après le témoi- 

1. La preuve que toutes ces mesures furent regardées comme innovant peu, c'est 
qu'elles furent abandonnées, d'après ce qu'il semble, au Bureau destiné à régler « les 
matières légères » dont il a été question dans les « notes préliminaires ». Car, bien 
qu'elles eussent été délibérées par le Bureau du commerce (voir Pièces justif., Il, III 
et V), il ne se trouve aucune trace de ces délibérations daus les procès-verbaux de ce 
Bureau. 

2. Voir, par exemple, Hoffmann, L'Alsace au XVIII* siècle, t. IV, p. 365 et suiv. 

3. Voir Clément, La condition des Juifs de Metz sous l'ancien régime, p. 109. 

T. LIX, n» 119. 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gnage dan membre du Bureau 1 , s'employaient très consciencieu- 
sement auprès des personnes compétentes à Paris en faveur des 
marchands de Metz et contre les Juifs. De son côté, l'intendant de 
Metz fit parvenir au Bureau un projet de règlement restrictif qui, 
entre autres, proposa de réduire le nombre des Juifs messins à 
200 familles. De cette situation les Juifs ne purent se tirer qu'en 
acceptant une nouvelle charge de vingt mille livres par an. Et ce 
fut enfin la situation privilégiée des Juifs portugais en même temps 
que celle des Avignonnais habitant Bordeaux qui fut menacée. On 
sait combien fut peu bienveillante depuis 1718 l'attitude du Conseil 
à l'égard des Juifs de Bordeaux, ce qui aboutit à l'arrêt du 21 fé- 
vrier 1722 prononçant, entre autres, la mise sous scellés de tous 
leurs immeubles 2 . A cette époque, si les Juifs avignonnais, direc- 
tement menacés à Bordeaux, ne s'abstinrent pas tout à fait de faire 
le commerce en France, au moins devaient-ils l'exercer assez dis- 
crètement pour ne pas attirer trop d'attention sur eux. 

Mais cette situation difficile ne devait pas durer éternellement. 
Peu à peu l'orage qui avait menacé les Juifs s'apaisa. De cette 
épreuve les Juifs, à quelques exceptions près, sortirent indemnes. 
La situation des Juifs portugais en fut même consolidée et amé- 
liorée. Les lettres patentes de 1723, non seulement leur confirmè- 
rent leurs anciens privilèges, mais, en les désignant expressément 
— et pour la première fois — comme Juifs, elles mirent fin à une 
situation équivoque qui n'avait que trop duré et qui — l'arrêt du 
21 février 1722 l'avait démontré — n'était pas sans danger pour eux. 

Mais une fois le danger passé et ces lettres patentes obtenues — 
obtenues bien entendu par les Portugais — les Avignonnais ne 
laissèrent pas échapper l'occasion d'en profiter. Leur activité corn 
merciale, trop longtemps contenue, se donne bientôt libre cours. 
On les voit réapparaître çà et là, et porter partout leur commerce. 
Et de nouveau, ils cherchent à obtenir ce privilège, autrefois ambi- 
tionné par eux, de vendre un mois par saison. 

Il est vrai que le Conseil, dans ses arrêts de 1710 et 1716, avait 
contesté aux Parlements le droit d'accorder pareils privilèges aux 
Juifs avignonnais et qu'il le leur avait même défendu. Mais ce n'est 
plus comme Juifs étrangers qu'ils se présentent : c'est comme 
« Juifs de Bordeaux», où ils venaient d'élire domicile. Comme tels, 
ils viennent titres en mains, car ces lettres patentes de 1723, les 

1. Arch. nat., F12/118 (Lettre de M. Amelot à M. Bachelor, marchand "à Metz, du 
22 mai 1718 et lettre du même à M. Marien, maître et frarde des marchands de Metz. 
du 4 octobre 'le la même année). 

2. Voir MutvBziu, Histoire des Juifs de Bordeaux, p. 172-173. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 83 

Juifs avignonnais de Bordeaux eu font des titres à eux. Que ces 
lettres patentes ne fussent que la confirmation des privilèges 
accordés précédemment, que, par conséquent, elles ne s'appli- 
quassent qu'aux Portugais, peu leur importait. Ce n'était pour eux, 
au surplus, qu'un vice de forme. Les lettres patentes devaient-elles 
être prises au mot? Pouvaient-elles s'expliquer sur tous les détails? 
Les exemples à l'appui d'une interprétation large ne manquaient 
pas. Ainsi, toutes les lettres patentes précédentes ne parlaient que 
des « nouveaux chrétiens », et elles s'appliquèrent néanmoins aux 
Juifs; toutes les lettres patentes, y comprises celles de 1 723, ne 
parlaient que des Portugais, et malgré cela, elles profitaient éga- 
lement aux « Espagnols » ; pourquoi donc en exclure les Avignon- 
Dais habitant Bordeaux? L'arrêt du 21 février 1722 rendu contre 
tous les Juifs des généralités de Bordeaux et de Bayonne, sans 
aucune distinction, les avait déjà assimilés aux Portugais. Quaud 
cette mesure fut rapportée, lors des lettres patentes de 1723, elle 
le fut pour tous, pour les Avignonnais aussi bien que pour les 
Portugais, car depuis lors les Avignonnais ne furent plus inquiétés, 
pendant un certain temps du moins. Ainsi, ces lettres patentes leur 
avaient déjà apporté un soulagement effectif; par conséquent, 
pouvaient-ils conclure, elles s'appliquaient à eux aussi. D'ailleurs, 
est-ce que tout le monde connaissait la distinction existant entre 
les Juifs portugais et les autres? Et certes, ce n'était pas à eux de 
la proclamer. Ils se feront donc dorénavant passer pour des » Juifs 
de Bordeaux » tout bonnement. C'est comme tels que nous les 
retrouverons dans la suite auprès des Parlements et officiers muni- 
cipaux se réclamant des lettres patentes de 1723 et sollicitant de 
nouveaux privilèges commerciaux. 

Mais, demandera-t-on, ces lettres patentes contenaient elles 
vraiment un pareil privilège ou, au moins, des termes susceptibles 
d'être interprétés de cette façon? C'est plus tard que cette question 
sera discutée par le Bureau et nous aurons alors à y revenir. Mais 
en attendant qu'elle soit posée, les Juifs et les autorités locales 
interprètent les lettres patentes à leur gré. C'est ainsi que nous 
voyous les nommés Joseph et Raphaël de Lazia *, père et fils, Saine 
Boger, David Ranez et Joseph de Saint-Paul, tous Juifs de Bor- 
deaux -', se présenter au Parlement de Dijon, et obtenir de lui, le 

1. D'autres écrivent : de Sazia. Voir Malvezin, ibid.^ p. 177. 

2. 11 nous semble que c'est à tort que Malvezin les prend pour des « Juifs portu- 
gait .. De Lazia ou de Sazia, Roger et Saint-Paul, au moins, sont des noms portés 
par de* Juifs avignonnais. On retrouve ces noms parmi les Avignonnais de Bordeaux 
dans le dénombrement fait en 1722 (Malvezin, op. cit., p. 188-189). 



84 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

22 juin 1724, en vertu de ces lettres patentes, un arrêt leur per- 
mettant de faire le commerce dans les villes de la province de 
Bourgogne, pendant un mois par saison. 

Ces forains juifs, soit qu'ils aient trouvé un meilleur accueil chez 
les autorités de Bourgogne, soit pour quelque autre raison, semblent 
avoir recherché de préférence le commerce de cette province aux 
foires de laquelle, comme aussi d'ailleurs à celles d'autres provinces, 
se faisait plus spécialement le commerce de la draperie ', Nous les 
avons déjà rencontrés dans cette province en 1716-1717, nous les y 
retrouverons encore en 1726 et plus tard en 1730. 

Aussi est-ce la province de Bourgogne qui fournit à plusieurs 
reprises au Bureau l'occasion de s'occuper du commerce juif. 
Car ici, comme partout ailleurs, leur apparition ne laisse pas de 
provoquer des réclamations véhémentes. Et quand, après l'inter- 
ruption dont a été question plus haut, l'activité commerciale des 
Juifs reprend en même temps que les plaintes contre eux, c'est de 
cette province que la première plainte parvient. 

Elle est causée par un conflit qui se produit de nouveau dans la 
même ville de Chalon-sur-Saône au mois de juin 1726. Voici à 
quelle occasion 2 . Déjà un mois auparavant, il y avait eu contes- 
tation entre les maîtres gardes des marchands de celte ville et des 
Juifs qui, probablement en vertu de l'arrêt du Parlement de 1724, 
y étaient venus débiter leurs marchandises. Les premiers alors 
ayant porté plainte auprès du Procureur général, celui-ci, en même 
temps que l'Inspecteur des manufactures, leur conseilla, pour 
éviter la longueur d'un procès, de s'adresser directement au Bureau 
du commerce. 

Nous ne savons pas s'il fut donné suite à ce conseil. Mais l'éveil 
était donné aux autorités et commerçants de cette ville. Bientôt 
arriva la foire — elle se tint du 20 juin au 5 juillet — les Juifs au 
nombre de huit y tinrent deux magasins et firent, semble-t-il, de 
bonnes affaires, dans le commerce de détail surtout. Les commer- 
çants, déjà excités par le conflit récent, ne purent que le devenir 
davantage. Ce fut le moment pour l'inspecteur des manufac- 
tures, M. Darinel, de venir à leur aide et d'adresser au Bureau ses 
« observations » contre le commerce juif. 

Il expose que « différentes troupes des Juifs »> restaient « un mois 
entier de chaque saison dans toutes les villes de la province de 

1. Voir L'Encyclopédie du XVIII e siècle, Dictionnaire du Commerce, t. II, 
p. 669. 

2. Voir pour ce qui suit, Pièces justif., VI. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 85 

Bourgogne que bon leur semble », que ces troupes se succédaient 
de mois en mois, et qu'en plus les marchandises qu'ils débitaient 
étaient de mauvaise qualité, car ils n'achetaient que « les rebuts et 
pièces tarées » dont ils avaient l'adresse de cacher les défauts 
«étant presque tous fripiers et fripons en même temps ». Gomme 
si tout cela ne suffisait pas à les discréditer, l'inspecteur affirmait 
que les Juifs « achètent souvent des parties considérables des ban- 
queroutiers, receleurs, etc. » et qu'en outre, ils emportent l'argent 
« provenant de leur gain sordide » hors du royaume, ne contribuant 
ainsi « pas peu» au dérangement du commerce du Royaume. Pour 
terminer il s'adresse au président du Bureau en l'implorant de 
« mettre ordre à ces abus en imposant la loi aux perturbateurs ». 

Toutes ces accusations, à vrai dire, n'avaient rien de nouveau. 
Elles étaient reproduites d'après un vieux cliché dont on s'était 
servi bien souvent et qu'on reprendra toujours dès qu'il s'agira de 
gagner l'opinion des autorités contre eux. La seule plainte peut-être 
inédite, c'est que les Juifs restaient un mois entier de chaque saison 
dans les villes, ce qui ne peut être attribué qu'à l'arrêt cité plus 
haut. Et comme cet arrêt était de date très récente, que, par con- 
séquent, il n'avait peut-être pas encore eu le temps d'être connu, 
et comme en outre, il étendait de beaucoup les privilèges commer- 
ciaux de quelques Juifs dans cette province, privilèges dont d'autres 
Juifs auraient pu profiter également, on comprend le mécontente- 
ment des marchands, comme aussi l'intervention de l'inspecteur. 
Ce dernier, en effet, en renseignant ses chefs sur tout ce qu'il avait 
remarqué d'extraordinaire dans son domaine, ne faisait que rem- 
plir son devoir. Mais il ne se borna pas à cela : pour rendre sa 
plainte plus efficace, il se fit l'écho de toutes ces vieilles accusa- 
tions vagues qui couraient contre les Juifs, il les revêtit de son 
autorité. Mais au lieu d'attirer l'attention du Gouvernement sur le 
phénomène nouveau en le mettant spécialement en relief, il le 
noya dans une foule de plaintes oiseuses et banales. 

Aussi ce fait essentiel échappe entièrement à l'attention des 
députés. Leur avis du 29 juillet 1726 * n'en dit mot. Par contre, les 
autres accusations sont examinées avec beaucoup de bon sens; 
chose rare lorsqu'il s'agissait des Juifs, et qui mérite donc d'être 
signalée. 

On reproche aux marchands juifs, disaient-ils, de rester dans les 
villes plus qu'il ne leur est permis? Eh bien, les marchands n'ont 
qu'à porter plainte auprès des officiers municipaux, qui, eux, de 

1. Pièces jus t if., VII. 



86 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

leur côté, n'ont qu'à faire respecter les règlements et expulser les 
Juifs. On leur reproche encore de vendre des marchandises défec- 
tueuses et prohibées ? Mais les gardes jurés et l'inspecteur des 
manufactures n'ont qu'à saisir ces marchandises et à faire pour- 
suivre les délinquants, et ainsi de suite. 

Plus tard, sous l'influence de nouvelles plaintes et de l'attitude du 
Bureau, l'opinion des députés se modifiera. Mais pour le moment, 
ils tiennent bon. Ainsi, contre le doute qui semble avoir été exprimé 
par l'inspecteur sur le droit qu'avaient les Juifs de fréquenter les 
foires, ils déclarent nettement « que le privilège de cette foire 
ainsi que des autres veut que les Juifs comme les chrétiens puissent 
y venir librement faire le commerce ». En quoi ils ne faisaient autre 
chose que rester fidèles à leur attitude de 1717. 

Le Bureau, auprès duquel cette question fut portée 1 par M. de Haut- 
roche, ne partage pas l'opinion des députés sur ce sujet. Contrai- 
rement à ceux-ci, le Bureau semble déjà entrevoir la nécessité d'un 
règlement « qui fasse cesser les abus expliqués dans les observa- 
tions de l'inspecteur ». Quant à la liberté pour les Juifs de fréquenter 
les foires franches qui, d'après les députés, n'était sujette à aucun 
doute, elle était aux yeux du Bureau une chose tout à fait discu 
table. S'il n'a plus la certitude d'autrefois, il est cependant bien 
loin de croire à la légitimité de cette liberté. Et c'est pourquoi il 
croit nécessaire, avant de faire le règlement, de prendre des infor- 
mations au sujet du commerce juif. Ce sont les députés qui seront 
chargés de s'enquérir dans les différentes provinces sur « le privi- 
lège des foires franches en rapport aux Juifs » et sur la question 
de savoir « jusqu'où va la tolérance à leur égard, quand ils font 
quelque séjour dans les villes de la domination du Roy 2 ». Par cette 
dernière question, ils semblent déjà faire allusion au commerce 
d'un mois par saison mentionné dans les plaintes de l'inspecteur. 

Cette enquête recommandée par le Bureau, a-t-elle abouti ? Il 
semble que non, car nous n'entendrons jamais parler de ses résul- 
tats. Tout ce que nous savons, c'est qu'il y eut des éclaircisse- 
ments de la part du maire de Chalon-sur-Saône. Ces éclaircisse- 
ments, il est vrai, devaient présenter au Bureau un intérêt tout 
particulier, car ayant eu en mains les titres des Juifs 3 , le maire 
devait être à même de fournir des renseignements exacts. Aussi 
voyons-nous le Bureau, dans sa séance du 6 mars 17*27 \ s'occu- 
per spécialement de la réponse du maire. 

1. Dans sa séance du 19 septembre 1726, Arch. nat., F12/73, p. 636 et suiv. 

2. Ibid. 

3. Voir Pièces justif., VI. 

4. Arch. nat., F12-74, p. 210-211. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 87 

Du rapport que M. de Levignen en fit 1 au bureau, il ressort que 
le maire avait cité des titres pouvant autoriser le commerce juif 
dans les foires, comme aussi en dehors des foires. Mais on ne nous 
dit pas en particulier de quelle nature étaient ces titres. Le Bureau, 
voulant alors aller au fond de cette question, décide d'écrire à 
M. de la Brisse, intendant de Bourgogne, pour lui demander copie 
des titres en question. 

Mais, pour se convaincre que ce n'était pas dans le but de recher- 
cher impartialement la vérité qu'il les demandait, il suffit de savoir 
qu'en même temps qu'il réclamait ces titres, donc avant de les 
connaître, il demandait à l'intendant son avis « sur la question de 
savoir si l'on peut empêcher le commerce des Juifs ou au moins le 
restreindre » dans son département. 

Le hasard, qui parfois arrange les choses malicieusement, voulut 
que dans la même séance, le Bureau fût saisi d'une autre plainte, 
qui, toute pareille à la précédente, semble-t-il, fut néanmoins jugée 
bien autrement. 

Ce fut cette fois un mercier de Dijon qui porta plainte contre les 
Savoyards, « qui courent les foires où ils occupent les meilleures 
places et vendent des marchandises défectueuses et même prohi- 
bées, ruinent les merciers vendant en détail 2 », etc., etc. Mais, bien 
que l'avis des députés leur fût défavorable, le Bureau lut d'avis 
« qu'il convenait de les laisser jouir de cette liberté », parce que 
« ces sortes de gens courant le pais pour vendre leurs marchandises 
augmentent la consommation ». Quant à l'accusation de vendre des 
« marchandises défectueuses et prohibées » « c'est la faute à ceux 
qui sont préposés à en empêcher le commerce », c'est à dire à l'ins- 
pecteur des manufactures et aux gardes jurés. 

Raisonnement parfaitement logique, mais la logique perd ses 
droits lorsqu'il s'agit des Juifs. 



Pétition de quelques Juifs devant le Conseil au sujet 
de leur commerce. 

Pendant qu'au Bureau on s'occupait du commerce juif dans un 
sens peu favorable et qu'on cherchait des moyens de l'empêcher 
« ou au moins le restreindre », les Juifs semblent ne s'être doutés 
de rien. Quelques-uns crurent même le moment opportun pour 

1. Arch. nat., F12-74, p. 210-211. 

2. Ibid., p. 204. 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

essayer de donner à leur commerce un nouvel essor et une exten- 
sion inconnue jusque là '. 

C'est en 1728 que Joseph et Jacob Dalpuget, père et fils, Nathan 
Astruc, Salon Dalpuget, David et Léon Petit, frères, tous Juifs avi- 
gnonnais habitant Bordeaux, conçurent le projet hardi, mais peu 
adroit, de s'adresser au Conseil en lui demandant la permission de 
vendre « dans le ressort du Parlement de Paris et des autres res- 
sorts du Royaume les marchandises qu'ils achèten t dans les foires » 
et qu'à cet effet il leur fût permis de séjourner dans les villes pen- 
dant un mois de chaque saison. C'était donc le privilège le plus 
étendu auquel un forain pouvait prétendre qu'ils demandaient au 
Conseil. Ce que les autres n'ont obtenu en 1724 que pour une 
seule province, la Bourgogne, eux comptent l'obtenir d'un seul 
coup pour le Royaume tout entier. 

Les Juifs, n'osant sans doute pas se réclamer auprès du Conseil, 
des lettres patentes de 1723, comme l'avaient fait leurs collègues 
en 1724 auprès du Parlement de Dijon — ce qui montrerait qu'ils 
ont bien eu conscience que ces lettres patentes ne leur étaient pas 
applicables — apportent à l'appui de leur demande des titres plus 
modestes : ce sont deux permissions obtenues du Conseil par 
Nathan et Salon Astruc; l'une, du 28 septembre 1719, valable pour 
six mois, l'autre, du 27 mars 1720, pour un an; et toutes les deux, 
leur permettant de faire le commerce dans le Languedoc pendant 
ce temps. 

L'accueil fait à cette demande, fut, on le devine, peu encoura- 
geant. 

Les députés mêmes qui, lout récemment encore, s'étaient 
montrés équitables à l'égard du commerce juif, cette fois, tout 
en prenant les pétitionnaires pour des Juifs portugais, tout en les 
gratifiant du titre de « sujets du Roy » que « personne ne leur 
dispute », se montrent nettement défavorables à leur requête. Ils 
ne voient aucun inconvénient à ce que les Juifs aillent chercher 
chaque année, des marchandises dans les différentes villes pour 
les revendre ensuite à Bordeaux « lieu de leur domicile » ; de 
même ils ne trouvent rien à objecter à ce qu'on leur permette 
« comme à tous les autres sujets du Roy » de vendre des mar- 
chandises « dans les différentes villes, bourgs et villages où ils 
sont obligés de passer, pourvu que dans ces mêmes villes et lieux 
il n'y ait nul établissement de maîtrise ou jurande 2 ». Mais 

1. Voir pour ce qui suit le procès-Terbal de la séance du Bureau du 30 décembre 
1728, Arch. nat., F12/75, p. 1038 et suir., et Pièces justif., VIII. 

2. Pièces justif., VIII. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 89 

accorder aux Juifs leur demande, c'était, d'après eux, ruiner les 
marchands et même porter préjudice au public. 

Les pièces que les Juifs avaient ajoutées pour appuyer leur 
demande, loin de leur être utiles, servirent, au contraire, aux 
députés pour en tirer des conclusions tout autres qu'ils ne 
l'avaient désiré. 

On avait permis — disent-ils — à deux Juifs d'aller pour un cer- 
tain temps dans le Languedoc y faire le commerce, et cela 
« nonobstant les deffenses cy-devant faites ». Il était donc défendu 
à ces « Juifs de Bordeaux » quoique « sujets du Roy » de faire le 
commerce en Languedoc* Pourquoi défendu? Évidemment parce 
qu'il a été fait défense « aux Juifs de faire leur commerce ailleurs 
que dans les lieux de leur résidence K ». Cette déduction qui n'était 
possible que parce qu'ils croyaient avoir affaire à des Juifs français 
était absolument inexacte, car jamais pareille défense n'avait été 
faite aux Juifs en France. C'est qu'ils ne remarquaient pas que ce 
Natan et Salon Astruc étaient des Juifs avignonnais, que c'était 
comme tels que les permissions en question leur furent accordées 
et que les défenses auxquelles celles-ci voulurent déroger n'étaient 
autres que les arrêts de 1710 et 1716 qui étaient également dirigés 
contre les Juifs avignonnais et étrangers. C'est parce qu'on ne 
savait pas distinguer entre les Juifs avignonnais et les autres 
que l'idée d'une défense générale faite aux Juifs se forma chez les 
députés, opinion qui, formulée ici pour la première fois, semble- 
t-il, était appelée à faire fortune ; car c'est elle qui sera érigée en 
loi par l'arrêt du 20 février 1731. 

Tel fut le seul résultat de cette demande des Juifs avignonnais 
de Bordeaux, 

L'attitude du Bureau sur cette question ne pouvait être autre 
que négative. Le procès-verbal de la séance du Bureau du 
30 décembre 1728, sans ajouter aucune explication, dit seulement 
que la demande fut rejetée. 

Activité commerciale des forains juifs. 

Pendant que cette pétition se trouvait en délibération, les Juifs 
se répandaient dans différentes provinces, sollicitant des permis- 
sions et y poursuivant un commerce actif. 

C'est ainsi que les auteurs mêmes de la pétition, Joseph et Jacob 

1. Pièces justif., VIII. 



90 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Dalpuget, avec les Juifs de leur compagnie, s'adressent à deux 
reprises aux lieutenants de police de La Rochelle et obtiennent 
d'eux le 14 juillet 1728 et le 2 décembre de la même année, deux 
ordonnances leur permettant d'y faire le commerce *. Et c'est ainsi 
que d'autres viendront chaque saison dans le Languedoc pour y 
passer dans les différentes villes un temps variant de quelques jours 
à un mois 2 . Il en est de même en Auvergne. Partout les Juifs pré- 
tendent posséder des privilèges leur permettant de faire librement 
le commerce dans toutes les villes du royaume. Mais bientôt des 
clameurs s'élèvent de toutes parts. 

Dans le Languedoc, ce sont les marchands et fabricants de soie 
de Montpellier et de Nîmes qui portent plainte au contrôleur géné- 
ral 3 . Ils reprochent aux Juifs de tenir à Montpellier boutique 
ouverte pendant toute l'année et cela bien qu'il ne leur soit permis 
de faire le commerce que pendant le temps des foires, accordant 
par là même que le commerce leur était loisible pendant ladite 
période. Cet aveu sera retenu. Plus tard quand les commerçants 
languedociens voudront contester aux Juifs le droit de fréquenter 
les foires, on l'invoquera. Sur l'ordre du contrôleur général, l'inten- 
dant du Languedoc demanda alors aux subdélégués des renseigne- 
ments sur le commerce juif. Ceux-ci furent favorables aux Juifs. 
Néanmoins, sur une plainte des fripiers et d'après des instructions 
reçues du contrôleur général '*, l'intendant leur intima l'ordre de 
sortir de Montpellier. 

Ceux de La Rochelle qui réclament également contre les ordon- 
nances de leurs lieutenants de police obtiennent, le 22 août 1729, 
un arrêt défendant non seulement auxdits Joseph et Jacob Dalpuget 
et autres marchands de leur compagnie, mais encore à tous les 
Juifs en général, de faire le commerce à La Rochelle ou de s'y 
établir « à perpétuité ou pour un certain temps ». 

Mais de toutes ces plaintes portées vers ce temps contre les Juifs 
ce ne sont que celles d'Auvergne qui occupent les séances du 
Bureau, et c'est pourquoi nous y insisterons un peu davantage. 

Ce fut ici l'inspecteur des manufactures qui réclama auprès 
de l'intendant et contre les Juifs et contre les colporteurs 5 . Il 

1. Arrêt de la cour du Parlement qui fait deffense aux Juifs de s'établir à La Rochelle 
à perpétuité ou pour un certain tems, du 22 août 1729 (Bibl. nat., F23672/576-647). 

2. Inventaire des arc h. de'p. de l'Hérault, par Louis de La Cour de la Pijardière, 
C 2743 (réponse du subdélégué de Carcassonne du 9 septembre 1729 et de celui de 
Nîmes du 19 septembre même année). 

3. Ibid. 

4. D'après l'intendant. Voir Arch. nat., F12/79, p. 168. 

5. Pour ce qui suit, voir Arch. nat.,F12-76, p. 422 et suiv 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 91 

demanda qu'il leur fût défendu de tenir boutique ouverte dans 
aucune ville de son département en dehors du temps de la foire. 
L'intendant transmit cette demande au contrôleur général et, vou- 
lant l'appuyer, il ajouta qu'il lui semblait que les Juifs avaient fait 
passer beaucoup de contrebande en France et qu'ils étaient, en 
outre, « des receleurs et souvent des vagabonds », etc. Gomme les 
Juifs prétendaient avoir « des privilèges qui leur permettent de 
vendre dans toutes les villes du Royaume », privilèges à lui incon- 
nus, il s'adressa au contrôleur général pour lui demander ce qu'il 
devait faire. 

Les députés, qui, déjà, lors de la pétition récente des Juifs, 
avaient parlé des marchandises défectueuses et prohibées dont 
« ces mêmes Juifs et colporteurs étaient soupçonnés de faire un 
grand commerce 1 » cette fois, impressionnés peut-être par l'inter- 
vention de l'intendant, allèrent plus loin. Ce qui autrefois n'avait 
été pour eux qu'un soupçon, devient à leurs yeux une cbose cer- 
taine, et ce sont eux qui, à présent, reprennent, à leur compte, 
la demande d'un règlement général. Mais assimilant forains juifs 
et colporteurs non-juifs, ils veulent un règlement commun pour 
les deux. Ils proposèrent, par conséquent, au Bureau d'ordonner, 
« que dans toutes les villes du Royaume les marchans juifs "et col- 
porteurs ne pourront à l'avenir vendre et tenir boutique et maga- 
sins ouverts que pendant le temps de foire, passé lequel, il ne leur 
sera permis de rien exposer en vente 2 ». 

Chose étrange, ce Bureau, toujours prêt, nous l'avons vu à édicter 
des règlements contre le commerce juif, cette fois-ci n'en veut pas. 
Dans sa séance du 14 juillet 1729 3 , au lieu de s'occuper d'une 
mesure générale, il préféra rester sur le terrain précis de la ques- 
tion d'Auvergne. Celle-ci, il la règle en décidant d'écrire à M. de 
la Grandville, intendant de cette province, qu'il était parfaitement 
autorisé par les règlements en vigueur à empêcher le commerce 
des colporteurs et Juifs en dehors du temps des foires, partout où 
des jurandes existaient et que les juges de police n'avaient qu'à 
prendre des mesures contre eux. La vérité se déclarera, car si les 
Juifs sont vraiment en possession des titres, comme ils le disent, 
ils les exhiberont 4 . 

En conséquence de cet ordre, la « sénéchaussée et siège prési- 
dial de Riom » rend, le 20 août 1729, une ordonnance défendant 

1. Pièces justif., VIII. 

2. Pièces justif., IX. 

3. Arch. nat., F12/76, p. 422 et suiv. 

4. Inventaire des arch. dép. du Puy-de-Dôme, par Cohendy et Rouchon, C816. 



92 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

aux colporteurs et « par exprès aux marchands Juifs » de vendre 
dans la ville de Riom, à boutique ouverte, en dehors du temps des 
foires ; pendant celles-ci il ne leur sera permis de vendre que 
pendant quatre jours seulement '. 

Ainsi, dans les différentes provinces, les litiges soulevées par le 
commerce juif sont réglées provisoirement. Toutefois, en répri- 
mant le commerce juif partout où l'occasion s'en offrait, le Bureau 
ne renonce pas à son idée d'un règlement général. C'est très pro- 
bablement le sentiment de son peu de compétence sur cette 
matière qui l'avait empêché jusque-là de légiférer. Les plaintes 
qui lui étaient parvenues étaient toujours un peu vagues. On lui 
avait parlé en général des titres dont les Juifs étaient possesseurs, 
mais sans trop spécifier. A différentes reprises le Bureau essaie de 
percer ce mystère. Nous l'avons vu en 1726 charger les députés 
de s'enquérir dans leurs provinces respectives du commerce juif. 
Nous l'avons vu ensuite en 1727 demander à l'intendant de Bour- 
gogne la copie des titres en question. Mais tout cela, semble-t-il, 
n'avait abouti à rien, puisqu'en 1729, à propos de l'Auvergne, le 
contrôleur général conseille aux juges de prendre des mesures 
pour que les Juifs fassent voir leurs privilèges, s'ils en ont. Le 
contrôleur général ne savait donc rien là-dessus. 

Mais les Juifs, en multipliant leurs entreprises commerciales, 
malgré les résistances, et en provoquant ainsi des plaintes toujours 
renouvelées, attirent toujours de nouveau l'attention du Bureau et 
le forcent de s'occuper de leurs privilèges. Et une fois qu'il aura eu 
l'occasion d'être édifié sur la valeur réelle de leurs titres et qu'il 
pourra frapper, il frappera. Cette occasion lui est fournie par une 
nouvelle démarche des Juifs avignonnais auprès du Parlement 
de Dijon en 1730 et par les réclamations des marchands qui en 
résultent. 

Réclamations des marchands de, Dijon 2 . 

Au mois de juillet 1730, trois Juifs avignonnais habitant Bor- 
deaux, Lange Masse, David Petit et Jacob Dalpuget se rendirent 
auprès du Parlement de Dijon et, à l'instar de leurs collègues en 
1724, et se basant comme eux sur les lettres patentes de 1723 et 
de plus sur l'arrêt obtenu en 1724 dans ce Parlement même, ils 
demandèrent pour eux aussi l'autorisation de faire le commerce 

4. Inventaire des arch. dëp. du Puy-de-Dôme. 

2. Pour ce qui suit, voir Arch. nat., F12/77, p. 728 et suiv 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 93 

dans les villes de la province de Bourgogne pendant un mois de 
chaque saison. 

A cette requête, les marchands dijonnais s'opposent. Ils exigent 
d'abord que les Juifs leur donnent communication des titres 
invoqués par eux, et, ensuite, qu'ils justifient qu'ils estoient effec- 
tivement Juifs de nation. 

Cette dernière exigence paraîtra un peu étrange. Depuis com- 
bien de temps les Juifs if étaient-ils pas accoutumés à ce qu'on 
leur lançât ce vocable à la face, et tout à coup, on leur dit : vous 
Juifs? Pas du tout! Vous ne l'avez jamais été, ou démontrez que 
vous l'êtes par des titres authentiques. 

Mais il faut se rappeler que les Juifs avignonnais de Bordeaux — 
peut-être d'autres encore — en invoquant partout des titres rela- 
tifs à leur commerce, étaient parvenus à persuader tout le monde, 
et les autorités et le public, qu'ils étaient vraiment en possession 
de droits extraordinaires. 

La preuve en est fournie par le Parlement de Dijon, les juges de 
police de La Rochelle, etc., qui tous crurent devoir céder à leurs 
sollicitations en leur accordant les permissions demandées. Mais 
c'est le public surtout qui, en voyant des Juifs invoquer avec succès 
ces différents litres et n'étant pas au courant des distinctions exis- 
tant entre Juifs portugais et avignonnais de Bordeaux, d'une part, et 
des Juifs de Bordeaux et Bayonne et ceux des autres provinces, de 
l'autre, devait être facilement amené à cette conviction que c'étaient 
les Juifs, les Juifs de France en général qui les avaient obtenus. 
C'est ainsi que nous voyons les marchands de Dijon commencer 
leurs plaintes auprès du Contrôleur général par cet exposé : que 
« par lettres patentes du mois de juin 1723, le Roy a accordé aux 
Juifs domiciliés en France le privilège de vendre et trafiquer pen- 
dant un mois de chaque saison dans toutes les villes, bourgs et 
villages du Royaume ^ ». Et, puisque les Juifs étaient possesseurs 
de tels privilèges, puisque être Juif était devenu si avantageux, il 
va de soi qu'on ne laissera pas le premier venu usurper le nom de 
«Juif». Il faudra le prouver comme la possession de tout autre titre. 

Le Parlement de Dijon, voulant sans doute rester d'accord avec 
son propre arrêt de 4724, qui avait jugé les titres des Juifs de 
Bordeaux suffisants, estimant probablement aussi la demande 
faite aux Juifs d'apporter la preuve de leur judaïsme une simple 
chicane, sans tenir compte de l'opposition des marchands, rendit, 
le 24 juillet 1730, un arrêt conforme à la demande des Juifs. 

1. Arch. nat., F12/77. p. 728 et suiv. 



94 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Cet arrêt obtenu, les Juifs s'en servirent immédiatement pour 
débiter leurs marchandises à Dijon pendant tout le mois d'août. 
Ils firent, paraît-il, de bonnes affaires, puisque l'argent emporté par 
eux, fut évalué — d'après l'intendant ' — à 40,000 écus au moins. 
Leurs affaires terminées, ils se rendirent à Beaune, d'où, après 
une vente de quelques jours, ils allèrent à Autun. Et c'est ainsi 
qu'ils parcoururent la province. 

Les marchands de Dijon ne restèrent pas indifférents à tout cela. 
Battus devant le Parlement, ils s'adressèrent au Contrôleur géné- 
ral, sûrs d'être secondés par l'intendant. 

Dans leurs plaintes ils firent remarquer que le commerce de 
Bourgogne, étant limité à la consommation intérieure, n'offrait 
que peu de ressources, que c'était, par conséquent, un marché 
restreint, àpeine suffisant pour eux-mêmes que les Juifs venaient 
leur enlever; que leur situation était d'ailleurs tellement précaire 
« qu'il ne faudrait qu'un autre semblable voyage (des marchands 
juifs en Bourgogne) pour ruiner tous les marchands de Dijon ». Et 
comme les marchands, tout en pensant à leurs propres affaires, ne 
perdent pas de vue l'intérêt général de l'État, comme il sied à de 
bons sujets, ils s'appliquent à faire ressortir tout le dangerque cet 
intérêt courait du fait du commerce des Juifs, à commencer par la 
mauvaise qualité de leurs marchandises pour finir par le transport 
du numéraire bois du pays. Pour conclure, ils demandent « qu'il 
soit ordonné aux Juifs de borner leur négoce aux villes et lieux où 
il leur a été permis de fixer leurs établissements ». Et voici que 
cette formule après avoir été prononcée d'abord par les députés, 
revient pour la deuxième fois. 

Dans une lettre datée du 16 septembre 1730 l'intendant vient 
corroborer leurs dires 2 . 

Enfin le Bureau les possède, ces indications précises qui jusqu'à 
présent lui faisaient défaut. C'est la réclamation des marchands 
dijonnaisqui les lui fournit. 11 sait dès lors qu'il y avait deux arrêts 
du Parlement de Dijon en faveur des Juifs et surtout que les titres 
originaux dont les Juifs se réclamaient partout n'étaient autres 
que les lettres patentes de juin 1723. Dès lors, pour se convaincre 
du bien-fondé de leurs affirmations, on n'aura qu'à examiner ces 
lettres patentes. Et c'est précisément ce que les députés du com- 
merce se proposent de faire dans leur avis du 27 novembre 1730 3 . 

Mais les lettres patentes de 1723 n'étaient que la confirmation de 

1. Arch. nat., F12/77, p. 728 et suiv. 

2. Ibid. 

3. Arch. nat., F12/698. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 95 

titres précédents. Il aurait fallu savoir, d'abord, ce que ces der- 
niers avaient accordé ; il aurait fallu remonter aux titres primor- 
diaux, c'est-à-dire, à la déclaration du mois d'août 1550, lettres 
patentes du 11 novembre 1574, etc. Mais ces titres, on ne les avait 
pas à sa disposition. A leur défaut, on a recours au préambule des 
lettres patentes de 1723, où est récapitulé l'exposé que les Juifs 
portugais avaient fait de leurs privilèges lors de leurs réclamations 
contre l'arrêt du 21 février 1722. D'après ce préambule, les Juifs 
avaient exposé que le roi Henri II, par sa déclaration du mois 
d'août 1550, leur avait permis d'habiter librement « telles villes et 
lieux » de son royaume, « pais, terres et seigneuries» de son obéis- 
sance avec entre autres la faculté « d'y trafiquer et commercer ». 

Les députés interprétèrent celte permission comme ayant rap- 
port seulement aux villes et provinces que les Juifs pouvaient 
choisir pour leur domicile. Gomme, d'autre part, les députés ne 
doutaient pas que cet exposé fait par les Juifs ne fût dressé « dans 
les termes les plus favorables pour eux », ils en conclurent que la 
déclaration du mois d'août 1550, et, par conséquent, tous les titres 
s'y ajoutant, n'avaient autorisé Je commerce des Juifs que dans les 
lieux où ils seraient domiciliés '. Donc le Parlement de Dijon, en 

1. En quoi les députés se trompaient. Car l'exposé des titres des Juifs fait dans le 
Préambule des lettres patentes de 1723 était bien loin d'être la reproduction exacte des 
privilèges à eux concédés par Henri II. Et si les termes de ce préambule, en faisant 
précéder la permission de faire le commerce de la spécification de « villes et lieux » 
qu'ils pouvaient habiter, se prêtait à la rigueur à l'interprétation des députés, le texte 
de l'original ne s'y prêtait guère. Le lecteur d'ailleurs pourra s'en convaincre en 
comparant les deux textes y relatifs que nous allons reproduire. 

Déclaration ije Henri II. Texte du préambule des lettres patentes 

[Recueil des lettres patentes, etc., en f)E 1~23. 

faveur des Juifs portugais, Paris, (Léon, Bis t. des Juifs de Bayonne, 

1765.) p. 41-43.) 

Contenait entre autres la permission «. Par déclaration du roi Henri II du 

« d'entrer en ce Royaume et en sortir, « mois d'aoust 1550, il a été permis aus- 
aller et venir sans aucun trouble ni em- « dits portugais ou nouveaux-cbrétiens de 
pèchement et en icelui notre Royaume « se retirer et habiter librement en telles 
trafiquer et exercer train de marclian- « villes et lieux de nôtre Royaume, pais, 
dises ». « terres et seigneuries de nôtre obeis- 

« sauce que bon leur semblerait, pour y 
« vivre avec leurs femmes, enfans, fa- 
« milles, commis et facteurs, suivant leurs 
« usages avec la faculté d'y trafiquer et 
« commercer. » 

On voit ainsi que l'exposé fait par les Juifs de leurs privilèges, si toutefois le 
préambule l'avait rapporté fidèlement, n'était nullement conçu « dans les termes le 
plus favorables pour eux » comme le supposaient les députés. Bien au contraire. 



9b" REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

accordant par ses arrêts de 1724* et 1730 des privilèges commer- 
ciaux pour rétendue de la province de Bourgogne à des Juifs habi- 
tant Bordeaux, avait donné à leurs privilèges une extension qu'ils 
ne possédaient pas en réalité: ces arrêts devaient, par conséquent, 
être annulés. 

C'était également l'avis du Bureau qui, dans sa séance du 
21 décembre 1730, eut à s'occuper de cette affaire. 

Mais pour casser les arrêts, il fallait en avoir sous les yeux le 
texte précis. On décide donc de demander communication au Parle- 
ment des dits arrêts ainsi que des motifs, avec l'intention, bien 
entendu, de ne pas en tenir compte. Pour que le délai nécessité par 
cette formalité ne profite pas aux Juifs, on décide de suspendre 
immédiatement les effets des arrêts en question, en invitant l'inten- 
dant de Bourgogne à faire savoir aux officiers municipaux et aux 
juges de police de son département, qu'ils ne devront plus accorder 
aux Juifs aucune permission pour le débit de leurs marchandises. 

La réponse du Parlement ne fut pas longue à venir. Dès le 
30 décembre 1730, son premier président envoya au Bureau les 
textes des deux arrêts en question accompagnés d'une lettre dans 
laquelle étaient exposés les motifs, à savoir les lettres patentes de 
1723 et deux autres arrêts rendus en conséquence, l'un par le 
Parlement de Bordeaux et l'autre par celui de Toulouse. 

Ces explications, bien entendu, ne purent rien changer à la déci- 
sion du Bureau déjà arrêtée d'avance. Pour les lettres patentes, le 
Bureau croyait déjà être fixé là-dessus, il savait ce qu'il fallait en 
penser. Quant aux arrêts des Parlements de Bordeaux et de Tou- 
louse, ils étaient sans portée, leur base se trouvant détruite. Mais 
le président du Parlement n'ayant pas ajouté les textes de ces 
arrêts, le Bureau se refusa même à les discuter. 

Toutefois, avant de décider définitivement, le Bureau cruL bon 
de soumettre cette réponse à un nouvel examen des députés. 
Ceux-ci alors, ne voyant rien à changer à leur avis précédent, se 
contentèrent de répéter que les arrêts du Parlement de Dijon 
étaient illégaux, qu'il fallait les casser et en rendre un autre qui 
enfermerait le commerce juif dans ses véritables bornes, c'est-à- 
dire, dans les provinces où ils seraient domiciliés 2 . 

Cet avis rendu, le Bureau aborde cette question pour la dernière 

1. Les députés commettent ici un quiproquo en prenant l'arrêt de 1724 pour uu 
arrêt du Parlement de Bordeaux. Ils le rectifieront d'ailleurs eux-.mèmes dans leur 
second avis du 19 janvier 1731. 

2. Avis des députés du 19 janvier 1731. Pièces jus t if., X. 



LE BUREAU DU COMMERCE CONTRE LES COMMERÇANTS JUIFS 97 

fois dans sa séance du 8 février 1731 *. Adoptant les vues des 
députés, il déclare « d'un sentiment unanime » qu'il y a lieu 
d'ordonner que « lesd. lettres patentes (du mois de juin 1723) seront 
exécutées selon leur forme et teneur » et qu'en conséquence, il 
convient «de casser lesd. deux arrêts avec injonction à lad. Cour 
de Dijon de s'abstenir d'en rendre de semblables à l'avenir ». 
Quant au règlement à faire, il convient également « de faire def- 
fenses aux Juifs portugais établis dans les généralités de Bordeaux 
et d'Auch de faire commerce et trafiquer dans toutes autres pro- 
vinces et villes du Royaume que celles où ils sont établis ». 

C'est cet avis qui, adopté par le Conseil d'Etat, deviendra l'arrêt 
du 20 février 1731 2 . 

Si nous essayons maintenant de classer cet arrêt, nous consta- 
tons qu'il se présente à nous sous deux aspects différents. On peut 
l'envisager d'abord comme une suite donnée aux lettres patentes 
de 1723 sous forme d'interprétation rendue nécessaire par l'usage 
qu'on en fit. C'est, en effet, comme tel qu'il est considéré par le 
Bureau et par le Conseil 3 . Le Bureau, comme nous l'avons vu tout 
à l'heure, ne parle que des défenses à faire « aux Juifs portugais 
établis dans les généralités de Bordeaux et d'Auch ». Pour les 
autres Juifs, on n'avait pas besoin de ces défenses. Si l'arrêt, 
comme il est conçu définitivement par le Conseil, a pris une forme 
plus générale et ne parle plus de Juifs portugais (sans doute pour 
ne pas donner par cela même un titre quelconque à d'autres Juifs), 
cela ne change rien à son caractère original, d'après lequel il 
n'était regardé que comme limitation ou interprétation donnée 
aux lettres patentes de 1723. 

Comme, d'autre part, cet arrêt vient casser également les 
arrêts du Parlement favorables au commerce juif, il peut être envi- 
sagé comme faisant suite aux arrêts du Conseil du même genre de 
1710 et 1716. 

(A suivie.) 



David Wolfson. 



1. Arch. nat., F12/78, p. 100-101 

2. Pièces juslif., XI. 

3. Ibid. 



T. LX. v ll!f. 



MANUSCRITS HÉBREUX 

EN FRANGE 



En dehors du fonds hébreu des manuscrits de la Bibliothèque 
nationale de Paris, il y a un certain nombre de manuscrits hébreux 
disséminés parmi les bibliothèques d'autres villes de France. Les 
uns ont été déjà signalés ici'. D'autres volumes du môme genre 
méritent de fixer l'attention : 

A Lyon, le ms. latin n° 479, qui est un Commentaire anonyme 
sur l'oraison dominicale, a pour « garde » du volume, à gauche, 
collé sur le plat à l'intérieur de la reliure, un feuillet en parche- 
min, comprenant un morceau du Commentaire de Raschi sur 
Kiddouschin (27 b), qui se réfère à la Mischna, Sota, iv, 1. Ce 
feuillet débute par une fin de phrase, rënpttiib, et continue en ces 
termes : rwa nnn swwi nnos dk rnmia «b. 

Dans la môme bibliothèque, le ms. n° 1235, recueil d'ouvrages 
en français, a pour « garde » du volume, à gauche, un feuillet en 
parchemin, comprenant également un morceau du commentaire 
de Raschi sur le môme traité talmudique (41 b à 426). Le côté 
extérieur est le recto de ce feuillet, dont le verso est tourné à 
l'intérieur du volume. 

Les deux feuillets 2 sont exactement de la môme main, d'écriture 
soignée rabbinique allemande du xiv* siècle, aisément reconnais- 
sable à cette particularité que les lettres n et » se ressemblent au 

1. Revue, XIII, 296; XXV, 250; XXX, 289; XXXIV, 127; XLII, Hl; XLVI1I, 230; 
XUX, 74, 270. 

2. Le Catalogue général des mss. des bibliothèques publiques de France, t. XXX, 
p. 127 et 309, à la suite de l'analyse des deux manuscrits, qui sont du xv e siècle, se 
contente de dénommer chacun de ces feuillets : « fragment hébreu », sans autre 
explication. 



MANUSCRITS HÉBREUX EN FRANCE 90 

point de donner lieu à des confusions. Ces feuillets, écrits sur deux 
colonnes, proviennent d'un volume qu'un relieur a dépecé pour 
son usage. 

Le n° 1235 contient une quittance (sans date) délivrée à un 
habitant de Crémieu, par Simon. . . 



Caen. 



N° 199 : Mélanges et extraits divers par Samuel Bochart. Au 
fol. 40, commence un texte hébreu, sous cette rubrique : « Liber 
cui titulus D^n ^byn ma« a me lectus in Holmiœ manuscriptis. » 
Cette « Lettre sur les animaux », qui traite de l'homme dans la 
nature, a été traduite de l'arabe en hébreu par Kalonymos b. 
Kalonymos b. Méir, d'Arles. C'est la vingt et unième section d'un 
grand ouvrage en cinquante et une sections, dans lequel l'auteur 
fait parler les animaux entre eux, sous la présidence de leur roi, 
le lion. — Bochart semble n'avoir pas connu la première édition 
de cette « Lettre », publiée à Mantoue, 1557, in-8°, ni su que les 
manuscrits en sont fréquents. La présente copie n'a pas le texte 
complet, mais seulement une série de notables extraits, séparés 
les uns des autres par des têtes de chapitres en latin. 

Le copiste raconte que Kalonymos a traduit cette « Lettre » d'un 
livre arabe, rrestba ma ; il voit dans cette expression le nom propre 
« Abulsafa », faute d'y avoir reconnu le tilre rÏDiibtf []»] ■©«, 
« frères de la pureté ». 

A la fin du volume (sur des feuillets reliés à l'envers), Bochart a 
transcrit pour son usage des listes de mss. orientaux, en tête 
desquels (f. 201 b), on lit ces mots : « Manuscripti ebraei reperti in 
XII capsis Lutetià in Sueciam nuper allatis », où figurent les cory- 
phées de la littérature rabbinique du moyen âge, œuvres de théo- 
logie, philosophie, grammaire, consultations, etc « Biblia ebraica 
majora. . . », en 71 n os « Ibid. Libri Samaritani », 7 n°" — F. 192#- 
194 à : Libri ebraici, chaldaici, syriaci, omnes mss. et inediti » 
(sic). Cependant, il a parfois soin d'ajouter : « sa'pius editus », par 
exemple pour le Mahzor. Puis sont inscrits environ 120 volumes 
non numérotés, contenant des traités de médecine, philosophie 
aristotélique, astrologie, cabbale, polémique, liturgie. 

Papier, xvn e siècle, 17 et 8 If. in-4°. 



JOO REVUE DES ETUDES JUIVES 



Nice. 



N° 1. qiiûvvt, « Discorsi morali », selon le titre factice mis au dos 
des six volumes reliés qui constituent cette collection de sermons 
divers, œuvres posthumes du rabbin niçois Elisée Pontremoli, 
conservés jusqu'à présent dans la bibliothèque privée de ses fils 
et légués à la Bibliothèque municipale. Ce sont de larges dévelop- 
pements de Midraschim hébreux, reproduits d'abord dans leur 
texte, mais longuement paraphrasés en italien, appliqués ou 
adaptés à toutes les circonstances de la vie religieuse : lec- 
tures sabbatiques du Pentateuque, grandes fêtes, solennités syna- 
gogales, épithalames pour fiançailles ou mariages, circoncisions, 
discours de pénitence. 

Le t. I, daté d'Ivrée (États sardes), va de 1801 à 1807, et com- 
prend quarante-cinq discours ; le deuxième discours, en 12 pages, 
est relié (par erreur) de droite à gauche. Au fol. 15, on lit ce titre : 
« Discours et exposés par moi, E. P., Rabbin de l'Université des 
Ébreux à Ivrea. » — Fol. 33 à 38 : légère déchirure au bas des 
pages. A la fin : n^b-on, initiales des mots "j^an ya» ûbn*b ^"- | ^nn-i 
(Ps., lxxii, 19). 

Le t. II, de 1810 à 1819, comprend quarante discours. A la fin, 
une note hébraïque dit : « Ce discours a été traduit en hébreu et 
inséré dans mon tribu) rma, livre spécialement consacré aux allo- 
cutions de circoncisions. » Ce livre ne se retrouve plus. — Le 
t. III, depuis 1805 jusqu'en 1820, a soixante-trois discours. — Le 
t. IV, de 1821 à 1824, comprend cinquante discours. — En tète, 
une recette (en italien) pour fabriquer de l'encre A la fin, une note 
dit : « Je traduirai en hébreu, avec l'aide de Dieu, une trentaine de 
ces discours, complétés par des additions. » On ignore si ce projet 
a été réalisé. — Le t. V, de 1826 à 1829, comprend cinquante dis- 
cours. — Le t. VI, de 1829 à 1839, en comprend quatre-vingt-cinq. 
— La série s'arrête là, bien que l'orateur ait continué ses fonc- 
tions pastorales jusqu'en 1847. — Écriture rabbin, italienne. 
Papier, t. I : 236 ff. ; t. II : 187 ff.; t. III : 237 ff. ; t. IV : 193 ff. ; 
t. V : 183 ff.; t. VI : 274 ff. in-fol. 

N° 2. tu) ■nai. Commentaire explicatif et poétique de l'Ecclé- 
siaste, par Elisée Pontremoli, selon ces mots qui terminent la 
préface : nbatt b* ^mm ^ibd ©tto tid -nrm iieon w brc "ibbs 
■nptt Yir'-» ibwnoaiD kit? K"ab p Jtï^bs wat «*«• ^5» tdn nbnp 
rûttn raai T»bos "wrû iï-pn b rb"' mi (?) wmau» îifimmN T*a ^Tn 



MANUSCRITS HEBREUX EN FRANCE 101 



p"Db nn'iri Va rittrrà ■irm. Ce chronogramme (Ecclés., xn, 12) 
donne l'an 569 (= fin 1808). L'eulogie Y'2r\ appliquée au père de 
l'auteur, indique que celui-ci vivait encore ; mais la qualification 
suivante, celle d'instituteur, se rapporte-t-elle,au père ou au fils? 
• — Le poème a 223 sixains, en vers de onze syllabes, mnsn. Les 
rimes alternent ainsi : 1 et 3, 2 et 4, puis 5 et 6. Le texte, en écri- 
ture carrée, calligraphiée et vocalisée, occupe le milieu des pages. 
A droite est chaque verset du texte biblique, en plus petite écri- 
ture carrée ; à gauche, un commentaire perpétuel, en écriture 
rabbinique italienne, avec références soit à des exégètes contem- 
porains, tels que Gallico, Moses Mendelssolin, soit à de plus 
anciens, par exemple Abraham ibn Ezra. Parfois, sur la marge des 
pages, de courtes explications sont données en italien. De plus 
longues notes en hébreu sont rejetées à l'Appendice, que l'auteur 
intitule -narr nrtrj (en 6 pages). En face de la strophe 87, une 
citation en français tirée de Condillac. — Papier. 30 ff. in-fol. et 
10 ff. blancs. 

N° 3. Du môme: watti rwio. Paraphrase, sous forme de poème, 
du traité de morale de Salomon Pappenheim, en quatre parties 
ou « quatre coupes », formant un ensemble de 334 sizains. Ce 
livre est daté d'Ivrée, Ab 573 (== 1813). Le titre est inscrit au centre 
d'un portique à double colonne, au fronton en encorbellement. La 
préface justifie ainsi le. titre : le mot murii: vise le nombre six des 
vers de chaque strophe, et le mot watt 'constitue un acrostiche 
des initiales de l'auteur. Le commentaire rasn a*, avec nouvelle 
allusion au nom de l'auteur, explique les obscurités du texte de 
Pappenheim, en ajoutant les références à la Bible, au Talmud et au 
Midrasch; il est écrit sur les deux marges du poème, en cursive 
judéo-italienne. La table des matières se compose de distiques 
pour chacun des vingt et un chapitres. Vers la fin du texte, une 
série de vingt-deux distiques forme la conclusion. — Fol. 54 et 
suiv. : Concordance des versets bibliques, de la Mischna, du 
Talmud, du Midrasch, du Zohar, des avis de docteurs juifs et 
même d'auteurs profanes, tels que Descartes, Pétrarque, Plutarque, 
Pope. Finalement, une table des sentences. — Belle écriture 
carrée. Papier. 62 ff., fol. dont 3 blancs. 

N e 4. 1Z5D3 rmaim ûma-» mpn 'o, « Espoir des justes et immorta- 
lité de l'âme », poème en 336 sizains, daté de Nice, l'an ^mabo: 
ou 597 (= 1837), par le même rabbin. Au verso du titre, un extrait 
du « Poème de Racine sur la Religion » (Chant II, vers 255 à 264), 
suivi de la traduction hébraïque libre, en autant de vers d'onze 
syllabes. — Le texte est en écriture carrée vocalisée ; la préface et 



102 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

les notes explicatives, rejetées à la fin, sont en écriture rabbi- 
nique, ces dernières complétées en langue italienne.— Papier fort. 
37 ff. in-4°, dont 6 ff. blancs, savoir : un avant et un après le titre ; 
2 ff. entre le texte et les notes, et 2 ff. à la fin. 

N° 5. Nieto, en hébreu et en italien, sous ce titre : « Disserta- 
zione e diffesa délia legge orale, ossia tradizione scritta da Eliseo 
Pontremoli da Casale, e rabbino dell' Universita isr. di Nizza mari- 
tima, anno 1843. » Gomme avant-propos, en français, une lettre 
de M. Singer aux Archives Israélites, t. IV, datée du 13 mai 1843, 
sur « la Loi écrite et la Loi orale ». La Préface hébraïque du tra- 
ducteur et celle de l'auteur italien narrart b*a rû^ m n"-TO nttipn 
"p ttatt, sont suivies de la version hébraïque de cette même préface 
et d'une courte biographie de l'auteur Nieto, par êcpjt Efba; le 
premier de ces deux mots donne les initiales du nom Elisée Pon- 
tremoli, et le second, à la mode des concetti, est un jeu de mots 
exprimant le sens de « modeste, humble » et formant l'anagramme 
d'Ezra, nom du père d'Elisée. — Traduction textuelle commencée 
à Nice en 1843 et terminée le 8 Tisri min 5606 (9 octob. 1845), aux 
termes d'un poème hébreu final, signé en acrostiche : b&«3n :wbN 
pm ^VittnariD. A la suite, notes sur le même sujet et concordance 
du calendrier, û^iab ma*, de l'ère grégorienne. — Écriture cur- 
sive italienne. Papier. 37 + 258 + 43 ff. fol., dont 4 blancs. 

N° 6. man *ynr\ 'o, Rituel pour l'inauguration d'une synagogue 
par nYti (Hayyim Joseph David Azoulaï, auteur du û^b-mn dus). 
Avant le titre, une préface en prose rimée, dont chaque paragraphe 
a pour refrain le mot man, « la maison » (consacrée), par tfbN, 
Elisée Pontremoli. Après le Ps. xci et la prière cabbalistique de 
R. Nehounia b. Hakana, on lit une prière spéciale à la cérémonie, 
des passages du Talmud, du Zohar, de Maïmonide (Hil. Beth 
ha-Mikdasch). — Petit volume sans date, comme les trois suivants. 
— Écriture carrée pour le texte ; les autres passages en lettres 
rabbiniques. Papier. 10 ff. in-4°. 

N° 7. Deux cahiers à pagination continue, savoir : 

a) « Qualche Genno : sul libro délie osservazioni, di Amedeo 
Teresio Ma Valperga Luzzati, sulla falsa persuasione degli Ebrei 
di non anmettere il vero Messia. » 

b) « Filone opéra ; libro primo délie allégorie. » 
Papier. 54 ff. in-fol., dont la moitié en blanc. 

N° 8. '•*$ orn î6d bip (réminiscence d'Exode, xm, 2); abré- 
viations expliquées en sous-titre : Dm d^t»^ O'wa û-obd "iwd 
vs maab ">b û^tjb ittmn rwun. En haut de la marge externe, 
index des sujets traités, savoir : Commentaires sur les Haftaroth, 



manuscrits hébreux en France 103 

pour les sections sabbatiques duPentateuque, depuis nbtD'n jusqu'à 
nbun, dont plusieurs comprennent divers textes, en raison des 
divergences entre le rite Aschkenazi et le rite Sefardi, à propos 
des lectures prophétiques. Chaque verset inscrit à droite est 
accompagné de longues explications. — Écriture cursive italienne. 
Papier. 24 ff. in-fol. dont 2 blancs. 

N° 9. Formulaire composé par tfba (El. P.), à propos du décès 
de Joab Viterbo, fin Tébet 595 (janv. 1835), lors du choléra ; à 
réciter le lundi et le jeudi devant l'arche sainte, pour détourner 
l'épidémie de la communauté. Ce Rituel est composé comme suit : 
Ps. xx et xci, avec intercalations cabbalistiques; invocation spé- 
ciale en prose rimée ; la série de supplications Abinoa Malkènou; 
des extraits du Ps. cxix, les quatre lettres ksw (=-. Nice) ; autre 
invocation spéciale ; le Kaddisch, et finalement les versets de 
l'Exode relatifs à l'encens : xxx, 34-35 et 7-8 ; puis des Nombres, 
xvii, 11 et 12. Les textes, en lettres carrées vocalisées ; les indica- 
tions en lettres rabbiniques. Papier. 8 ff. in-12, le dernier en blanc. 

N° 10. Liasse comprenant quatorze pièces, sans titre ni date, 
savoir : A. nrp, Complainte en six strophes, dont le refrain est 
DeraK, suivie d'une invocation de pénitence. Puis, deux invoca- 
tions, mann, et un passage du Talmud Berachot. A la fin, un poème 
par Moïse Zacut, dont le refrain est -bs îi3D. — Écriture cursive 
italienne, 4 fî. in-8°. 

B. mTT» TTD, Epithalame en quinze strophes par sizains. L'avant- 
dernière donne en grosses lettres les noms "jnn ba tv *©\ jeu de 
mots portant sur l'appellation « Isaïe Colonne » et le sens de ces 
mots décomposés ; la dernière strophe a le prénom Rebecca. — 
Écriture carrée vocalisée, 1 f. in-4°. 

C. Commencement d'un poème en sizains ; huit strophes. Le 
poète dit vouloir revenir à ses chants négligés. — lf. gr. in-8°. 

D. Un sonnet : deux quatrains et deux tercets, vocalises pour 
marquer les quantités des syllabes longues et brèves. — Écriture 
cursive. 1 f. in-8°. 

E. Pièce de vers en huit strophes, de même structure et même 
écriture. — 1 f. in-fol. 

F. Dissertation sur la loi du nsftto. — Même écriture, 2 ff. in-fol. 
à 2 col. 

G. H, 1, J. Résumés ou « Canevas » de sermons. — Petite écri- 
ture cursive, serrée. 

K, L. Notes et extraits pour la préparation de discours. 2 ff. 
in4 a . 

M. Polémique sur la religion chrétienne, en italien. 1 f. in-fol. 



*04 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

N. tpT aipb\ C'est un Catalogue hébreu de livres en vente 
chez Giuseppe Luzzatto à Padoue, partie III. A la suite des livres 
provenant du R. Baruch Halévi, de Ferrare, formant la section A, 
on trouve cités, sous les n oS 47 à 77 qui constituent la section B, 
les livres du « Grand rabbin Elisée Graziadio Pontremoli, deNizza- 
Mare Francia » (donc après 1860). Parmi ces livres, il importe de 
noter les suivants : 

bt* d-ianmb tfbtf nwa pna»a "îawa-ib 'nnb ^p-iaw bVob na ama . 18 

.(Chieri) 1833, fol. T«p .8|bamDDittû:nbiB ^vwi 
/foc?., .E]bN» B^pnanE ...D^m» wtpnm d-'pBiott D*ieo Y'"' .20 

.1829, 4° 
mon bbia d'ora-» vibid 'o rb« rribai (d'Elie Seligmann) na« naa .21 

.arparr E^bab ûrmaroai a^-iso n^tan a"» 
Ivrée, 1804, in-4° .iVwiDr» arç^bab a^aiia d^-pra &ôb w .22 .23 

.1 et II 

.a-pan qbab dTPPtt ba> û'rçjvrr . 24 

Jbid., 1803, fol. .rmnn npn uîtid da» *»DTOn rnavo .35 

.Nice, 1836, in -4° , a-pan t]bab noi» npb .42 

,fcrrw E|batt ton ^aa 'bb ûmaitob» ipna>a d^toï d*w ^bidiV'b -ioto .46 

Jbid., 1850, fol. 
fol. ,trpan t|b«b (-«pba^N 'ba p"nb pttp) p"nb n» .47 
•ton ^bbt *"ttn asrm nsai y-nrra pViïi» arraTa ^niapbiz) d^anaTa .49 

.Ivrée, 1835, 8° ^baoap Trima ïa* nanam 
pna>TO . . .-nnan yw mmo ï-ibswa d^a mm» net d^nab trana .51 
.1840 .a-pan E|ba na?a d^na» idio» "prab ba nsis "probn 
.1840-41, fol. 12 .aTan qbab rT-ira .ana^ba mamro .53 .54 
ton 1 ^irsa ■nbrt "pabn mba -la-rna "n-nn -nan anbun maa .55 
m-ib ma* a-pan S|ba .(1802) aopn '© o^-iaca d-mmn rno 

.Ivrée, 1811, fol. bpuro -miaTan 

Israël : p"nbb pna>a -©on ba>a nttipfTi a-pan qbab -isorr m-np da* .56 

Jbid., 1816, 8° t|ba na?a , vengé d'Orobio 

Jbid., 1807, fol. a-pan qbab ,m»n ba* pp nos .61 

.fol. "n^pa dbiaan ïwwbo bnmn /t qba natt muni .mpn nns . 62 

Basnage b© -naa> aia-in ntn d-nn *7a» ^ara ma la-irro avurr mnip .63 

.Nice, 1840, 4 vol. fol. d-ona 't ,rma*n da» s'n'a'b 
a^aibip dmaa ns-iir 'ba -iaTi ,d"Wpn ^pm m-np -iaan a"np .65 
.Chieri, Oct. 1819, fol. a-pan qba p"nba p->na»m 

73. Discorso sacro morale, esposto da me E. P. nella scuola ora- 
toria nell Sabbato detto Agadol delP anno 1800, in Ivrea, in-8°. 

1. Grand-père de Fromenthal Halévy. 



MANUSCRITS HÉBREUX EN FRANCE 105 

74. Grammatica ebraica ridotta in stilo famigliare dall' Ecc. S. 
Rab. Isach, scritta nell' Aprilo 1796 da Eliseo Graziadio Ponlremoli. 
In-4°. 

75. Gram. ebraica italiana. . . tradotta dall' originale di Tomaso 
Blelleli, Ivrée, 1812, in-4\ Opéra di E. P. 

Une note finale prévient que les frères Pontremoli de Nice ont 
conservé de leur père trois manuscrits (ci-dessus n 08 2, 3, 4), puis 
que tout futur éditeur de Tune de ces œuvres devra indiquer qu'il 
s'agit du « Rabbino maggiore Eliseo Graziadio Pontremoli, né à 
Casale-Monferrat en Piémont, le 22 septembre 1778, décédé à 
Nice, le 4 août 1851 ». 

Le même Catalogue de vente contient ensuite, section G, n os 78-86, 
un dépôt de livres du R Benjamin Artom, de Gênes, rabbin à 
Naples, devenu vers 1865 Hakham de la communauté des Juifs 
portugais à Londres : 

Section D, n 08 87-149 : livres de R. Jacob Halévi à Mantoue. 

Section E, n 08 150-1 : livres de ûb'rn, ou û^Trirro ïro û^n prnr\ 
Isaac Hayim Gantarini. 

Moïse Schwab. 



NOTES ET MÉLANGES 



R. JOSUÉ A EMMÀUS 

Dans la Mechilta du Deutéronome, sur xxvi, 13 (Midrasch Tan- 
naïm, 175-176), on examine une question relative à l'enlèvement 
des produits dont on n'a pas acquitté la dîme dans la quatrième 
année (iva). Une demande est adressée par un élève à R. Nehou- 
nia ben Hakkana, qui est désigné comme o"iï"jek sfk, c'est-à-dire 
« habitant de la ville d'Emmatis ». La réponse qu'il donne est 
désapprouvée par R. Josué (b. Hanania), qui entre à ce moment ; 
il démontre par un fait historique, remontant à l'époque du second 
Temple, que la queslion doit être résolue dans un aulre sens. 
R. Josué est un disciple de R. Yohanan b. Zaccaï ' ; R. Nehounia 
b. Hakkana, qui apparaît dans ce récit, était un contemporain 
plus jeune 2 . 

Or, il est à remarquer que R. Josué figure encore dans une 
autre relation comme se trouvant à Emmaiis 3 . Il semble que 
R. Josué demeurait dans cette ville 4 . 

Un collègue de R. Josué, comme lui élève de R. Yohanan b. 
Zaccaï, fut R. Elazar b. Arach \ qui abandonna l'école de son 
maître et, tandis que ses collègues se fixaient à Jabné, alla fonder 
une école à Emmaiis. Les relations de cet événement ne concor- 

1. Abot, h, 9; T. Maasser rischon, n, 1 (p. 82, 1. 13) : '-) 'fbïT© ni25*?3 

b^n Tnab f'a'n b^N ytovr. 

2. Abot, m, 6. 

3. Keritot, m, 7 : y\znm 'n nao barbnJi pn dn TbKffl K3^p* 'n -imn 
oiyns bio obato. 

4. Remarquer aussi que dans Midr. Tannaïm, il est dit : "|bi£N 21Z3VP 'n 03D3, 
« il entra chez lui », il était donc déjà à Emmaiis. 

5. Abot, ii, 11 et 12. 



NOTES ET MÉLANGES 107 

dent pas entièrement '. La version qui nous paraît la plus authen- 
tique est celle qui place le fait aussitôt après la destruction du 
Temple 2 . Ce récit montre aussi que R. Elazar voulut également 
déterminer ses collègues à le suivre à Emmaûs et on peut admettre 
que quelques-uns d'entre eux s'y rendirent avec lui 3 . R. Nehounia 
b. Hakkana fut peut-être un de ces docteurs et il paraît même 
vraisemblable que R. Josué séjourna au moins quelque temps à 
Emmatis et fut — qui sait? — membre de l'école qui s'y établit ''. 



D. Tuzla. 



S. Klein. 



LA >On ^nZTPD DE LYDDA 

Dans un texte tannaïtique 3 , un rabbin appelé R. Hanina ou 
R. Hanania, et d'ailleurs inconnu 6 , rapporte deux questions que 
les élèves de R. Éliézer adressèrent à leur maître dans la NPa-»ntt 
N3"i ou îon aarrra. Aucun commentateur, aucun éditeur ne donne 

1. b. Sabbat, 147 A; Koh. r., sur vu, 7; Ab. d. R. N., ch. 14 i. f. ; 2° version, 
ch. 29 (30 a). 

2. Ab. d. R. N., 2 e version : (I. *p3) *p N n:N n73N P'ÔOTVn "iRafC fP3... 
'1D1. Dans Koh. r. le fait est placé après la mort de R. Yohanan b. Zaccaï : lUDDttîa 
b^n ""mab "Obn- Mais R. Yohanan b. Zaccaï est sûrement mort à Jabné et non à 
Berour-Haïl ; voir Reck, dans Magy. Zsidô Szemle, VII, 348. A Berour-Haïl, il avait eu 
son école avant la destruction du Temple, comme le prouve la baraïta bien connue 

de b. Sanh., 32 6: nntf wb n"-i -ina ,r>^ Va ^hn *fin qrnn p^ir pis 

b^n "ITiab 'T'a'" 1 '"!', la baraïta primitive n'avait certainement que ces deux 
membres, car la baraïta plus étendue qui est citée aussitôt après est déjà considéra- 
blement complétée (jusqu'à R. Juda I) et remaniée, voir surtout la dernière phrase : 
n^UH rOTZîbb Q^723>n "inN- Or, R. Eliézer avait déjà son école à Lydda du temps 
du Temple, v. Réça, 5 a-b ; on peut donc admettre avec certitude que le texte pri- 
mitif citait les écoles contemporaines du second Temple. Mais si c'est à Jabné que 
R. Yohanan b. Zaccaï est mort, on ne peut pas dire de ses disciples : "Obn 1l3DDU:D 
nDT^b, puisqu'ils étaient à ce moment à Jabné. 

3. Voir Ab. d. R. iV., 2 e version, l. c. : 173 53 ...OWftb 13b *p 3 "1738113 WTt 

(lire HWttt) rrnn« ib ^r> rmn *n»bb \3pa7j Ninizs. 

4. Il est bon de noter que la seule tradition halachique sur R. Nehounia b. Hakkana 
(Edouyot, m, 3; cf. b. Houllin, 129 b) le nomme en même temps que R. Josué. 

5. Mechilta sur Exode, xvn, 8 (éd. Friedmann, 53 6 ; éd. Weiss, 61 a); Mechilta 
de R. Simon b. Yohaï, éd. Hoffmann, 82, 1. 7 et suiv. ; b. Rechorot, 5 6. Le texte est 
ainsi conçu dans la Mechilta de R. Simon : HT ^13*1 (7P3 371) rWaH '1 ^lEN 

'idt «an Namtta aïov comas w^bt* 'n na isbarej. Les iialachot Guedoiot, 

éd. Hildesheimer, p. 601, 1. 3 et s., lisent dans Bech., 5 b : ^"21 N3m73 ma. 

6. Bâcher, Agada der Tannaiten, 1*, 145, n. 7, songe à R. Hanina b. Gamliel. 



108 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

une explication de celte expression singulière. Levy (III, 296 a) et 
Jastrow (861 b) ne citent même pas ce passage, où Km «ravi» se 
trouve pour la première fois. Raschi se borne à traduire les mots 
araméens en hébreu (Vrai «rrài ma)*. 

Le docteur questionné est R. Éliézer 2 . Or, nous savons que ce 
rabbin avait son école célèbre à Lydda 3 . Lydda était sans doute 
sa ville natale; il y avait ses propriétés 4 . Cette circonstance suffi- 
rait à nous incliner à placer la «an «navra à Lydda. 

Mais cette hypothèse trouve une confirmation presque inat- 
tendue dans un passage de la Pesikta. On y raconte qu'un enfant 
fut chargé par le prophète Élie — c'est un de ces contes dont Élie 
est le héros — d'aller trouver R. Josué b. Lévi, qui demeurait à 
Lydda, et le rencontra assis dans « la grande école de Lydda » 
(Tibn «an «nav73a) :i . 

On ne saurait douter que l'indication de notre texte ne se rap- 
porte à la même localité. Il est donc établi que du temps de 
R. Éliézer, b Hyrkanos, disciple ou collègue de R. Yohanan b. 
Zaccaï 6 , l'école de Lydda portait déjà le nom araméen de «navra, 
plus usité à une époque postérieure. On sait d'ailleurs que l'ara- 
méen était alors la langue populaire en Palestine. 

D. Tuzla. 

S. Klein. 



4. Une école s'appelait ainsi à Sepphoris au 11 e siècle (Deut. r., en. 7, § 8), voir 
mes Beitràge zuv Géographie und Geschichte Galilaas, p. 33, n. 4. 

2. C'est la leçon de la Mechilta de R. Simon et il faut lire de môme dans le pas- 
sage parallèle au lieu de 1Tyb« '"1 ; la baraïta conforme citée aussitôt après porte 

'id-i 'n wb« 'i ^sens. 

3. b. Sanh., 32 b : -pbb -)T3nb« "1 "VIN. 

4. b. Be'ça, 5 a. Voir l'article de Rapoport sur Lydda, édité par Luncz, -|732?2n, 
p. 224 et s. (particulièrement p. 224), et Jawitz, b«-mr mibvi, VI, 33 et suiv. 

5. Pesikta de R. Kahana, 436 a; Pesikta rabbati, ch. 32 (éd. Friedmann, 4486); 
Yalkout, sur Isaïe, ch. 54 (11313) : ^b p JUJim '"1 "^b «pi^ «inn bï« 
'131 Tlbl «an NnaviBa aVO nVDTBNI ; cf. Buber, note 33. Dans la Pes. 
rabb., où le récit est remanié en hébreu, nïrn '"1 «naVE est devenu rî3*H73a 
Tlba nbY13!T. ce qui est un non sens. A noter que les mots «am73a 3ttJV NVH23 
«31 de la Mechilta de R. Si?non correspondent exactement aux mots 3VH 
«ai NnaVOaa de la Pesikta. — Sur ce conte, voir Bacber, Agada der pal. Amor., 1, 
489-490. 

6. Voir Béça, 5 b : YnV-j . . .vnan T^y 13733 na3. 



NOTES ET MÉLANGES 109 



R. YOSÉ ET R. YOSÉ B. HANINA 

Hoffmann, Midrasch Tannaïm, p. vu, note, fait remarquer que 
la phrase rran •vcrmi a* a^bbsnfctt ^pbn w, qui est attribuée dans 
b. Sabbat, 118 ô, à R. Yosé (b. Halafta), est prononcée par R. Yosé 
b. Hanina dans j. Berachot, iv, 1 (1b). 

Un cas semblable se retrouve dans le récit de Midrasch Tan- 
naim, p. 193, 1. 24 : marra) ^nsa "pm^a rnc^w nron la "•dt 'i i»« 
'iai bun bu) nbp ras nb. Dans b. Ketoubot, 111 6, le fait est rap- 
porté par R. Yosé tout court, c'est-à-dire R. Yosé b. Halafta. 

Hoffmann a déjà remarqué que dans b. Sabbat, 118 6, le nom 
de R. Yosé b. Halafta seul est à sa place. Dans b. Ketoubot, \\\b, 
aussi la seule leçon exacte est "»or r i K . En effet, ce tanna rapporte 
plusieurs faits qui se sont passés dans la ville de •pmii) (Asochis) 2 . 

Le nom de rmsn p iot 'i provient sans doute, dans les deux 
passages, d'une résolution inexacte de l'abréviation 'n'a^-i, qui a 
été lue ansbn p *ot r n. 

D. Tuzla. 

S. Klein. 



1. Les éditions ordinaires portent tp-p ai', mais le En Yakob a correctement 
"»OT '1. 

2. Voir mes Beitràge zur Géographie und Gescàichte Galilàas, p. 66-67 (les 
textes sont : T. Nidda, vm, 6 ; T. B. M., vi, 3; Sabbat, 1206). Dans j. Pe'o, vu, 20 6, 
le même récit est donné comme anonyme. 



BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

ANNÉE 1908 (suite 1 ) . 

^ 2. Ouvrages en langues modernes (suite). 

Klameïh (G.). Ezras Leben und Wirken. Vienne, Kirsch, 1908; in-8" de 
xvi + 142 p. M. 4,80. 

Critique conservatrice. 

Klein (S.). Tod und Begrâbnis in Palâstina zur Zeit der Tannaïten. Berlin, 
Lamm, 1908; in-8° de 101 p. M. 3. 

Le culte des morts tenant une place considérable dans l'histoire de la 
civilisation et ayant joué, d'après certains savants, un grand rôle dans la 
genèse de la religion israélite, il valait la peine d'étudier les usages funèbres 
en Palestine à l'époque post-biblique, qui reflètent les conceptions des Juifs 
sur la mort et sur la vie, que ce soient des survivances du passé — particu- 
lièrement tenaces dans ce domaine — des créations originales ou des emprunts 
à l'étranger. M. K., qui a entrepris cette étude d'archéologie, en a quelque 
peu rétréci l'étendue et, donc, l'intérêt, en laissant de côté les usages de 
deuil et en s'arrètant à l'époque tannaïlique. Les rites de deuil sont intimement 
liés aux rites mortuaires proprement dits et l'auteur est obligé de les con- 
tourner sans les aborder. D'autre part, il est difficile de tracer une ligne de 
démarcation précise entre la littérature tannaïtique et la littérature talmu- 
dique, surtout pour les Midrascbim, que M. K. n'a d'ailleurs pas utilisés suffi- 
samment. Aussi bien M. K. a-t-il été obligé de recourir à des sources post- 
tannaïtiques, notamment au traité de Semahot, dont il ne place sans doute pas 
la composition avaut la clôture de la Miscbna (il ne parait pas connaître 
l'article de N. Brull, Die talmudischen Trac taie ùber Trauer um Verslor- 
bene, dans ses Jahrbucher, I, 1). Comme il est difficile, dans l'état actuel des 
études talmudiques, de distinguer chaque fois entre les éléments d'un ouvrage 
et sa rédaction, il vaut mieux comprendre dans la même étude l'époque de la 
Mischna et celle des Talmuds, d'autant mieux que la transition est insensible 

1. Voir Revue, t. LVI1I, p. 129, et t. LIX, p. 133 et 278. 



BIBLIOGRAPHIE 111 

entre l'une et l'autre. Cette observation générale s'applique à plusieurs dis- 
sertations qui ont paru dans ces derniers temps et qui se confinent dans la 
période tannaïtique ; il est bon de limiter son sujet, mais non de le morceler. 
Ce morcellement est d'autant plus regrettable que personne ne voudra plus 
étudier, pour le même sujet, la période amoraïtique. Tel un bomme qui, 
en élevaut une maison sur une partie d'un terrain, empêcherait de bâtir sur 
l'autre partie. 

Si M. K. a restreint le choix de ses sources, il les a en revanche convena- 
blement groupées et exactement interprétées. Rarement il leur attribue une 
trop grande portée. Ainsi il conclut de Semahot, ni, 8-9, que la mort qui 
suivait une maladie d'un jour était appelée « mort de la colère » (provoquée 
par le courroux de Dieu), celle qui dénouait une maladie de deux jours, 
« mort subite », etc. (p. 16), comme si ces dénominations avaient jamais été 
usuelles. Rarement aussi il fait dire aux textes autre chose que ce qu'ils 
disent. « En général, ou enterrait les morts loin des habitations. Ainsi Abra- 
ham acquit comme caveau de famille la caverne de Machpéla, sise sur un 
fonds étranger » (p. 61). Pour l'écrivain biblique, le site du terrain d'Ephron 
n'a aucun rapport avec l'éloignement du lieu de sépulture, qui est déterminé 
par des raisons de pureté ou d'hygiène. « Avant de mourir, le père de 
famille bénissait ses enfants, comme il est rapporté de Jacob » (p. 20). 
L'exemple du patriarche ne prouve rien pour un usage général à l'époque 
tannaïtique. Il eût mieux valu citer le cas de Yohanan b. Zaccaï bénissant ses 
élèves (Be>\, 28 b). Autant il faut éviter de généraliser des assertions isolées, 
autant il peut être utile de suppléer au silence des textes à l'aide de textes 
parallèles, même postérieurs. Si la, Mischna ne dit pas (pie c'est le fils aine 
qui fermait les yeux à son père, il ne s'ensuit pas que ce soit « un usage 
postérieur » (p. 21, n. 1). La Mischna n'a pas besoin de tout dire. De plus, 
dans Gen., xlvi, 4, « et Joseph te fermera les yeux », Joseph joue le rôle de 
fils aîné (cf. IChr., v, 1), à moins que sa mention ne soit due au sens géné- 
ral du discours : Jacob retrouvera son fils et mourra dans ses bras. Voici qui 
est plus important : « On se servait, dit M. K., presque exclusivement de cer- 
cueils » (p. 33). Comme l'inhumation sans cercueil est très aucienne — Nahma- 
nide la réclame encore impérieusement, ce qui s'explique en partie par ses 
accointances avec la Cabbale — il est naturel de supposer qu'elle était usitée à 
l'époque des Tannaites concurremment avec l'inhumation avec cercueil. De ce 
que la Mischna et la Tossefta contiennent des prescriptions sur le cercueil, il 
ne s'ensuit pas qu'on ne pouvait pas enterrer le corps à môme. L'usage du 
cercueil tient non pas, comme le croit M. K., à un plus grand respect pour 
les restes mortels, mais aux conditions spéciales de l'enterrement en Pales- 
tine, que M. K. a fort bien mises en lumière (p. 66 et suiv.) : on avait besoin 
de cercueil là où la tombe était creusée dans le roc. En était-il ainsi dans 
toute la Palestine? M. K. ne l'a pas prouvé. Les textes parlent aussi de 
champs (nT»I3) qui ont servi à l'inhumation (v. p. 98, n. 4 et 5). M. Bùchler 
croit « qu'à l'époque des Tannaites on enterrait sans cercueil » {Revue, XLVI, 
78). — Les inscriptions tombales n'auraient pas encore été usitées à l'époque 
de la Mischna (p. 92-93). Mais il fallait au moins marquer la propriété des 
caveaux. Ici encore, il faut suppléer au silence des textes. 

M. K. a eu soin, comme on voit, d'expliquer les usages et rites mortuaires 
par les idées et les croyances sur la mort. Avec raison il commence son étude 
par un chapitre sur « la conception de l'àme et de l'état après la mort », où 
il remonte jusqu'à l'Ancien Testament. 11 a négligé le chaînon intermédiaire 
des Apocryphes, qui lui auraient fourni de nombreux matériaux; qu'on songe 
seulement au livre de Tobit et à l'importance qu'il attache aux devoirs envers 



112 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

les morts. Les Apocryphes étaient pour M. K. des témoins d'autant plus 
précieux à consulter que certains d'entre eux s'étendent sur la résurrection, 
à laquelle notre auteur attribue une grande influence sur le développement 
des usages funèbres. « Primitivement on enterrait les morts dans leurs vête- 
ments de tous les jours; mais plus tard, quand la croyance à la résurrection 
eut pénétré de plus en plus, on chercha, du moins chez les riches, à se sur- 
passer dans la valeur des vêtements mortuaires et on accumula les vêtements 
sur le cadavre, afin que le mort n'en manquât pas au jour de la résurrec- 
tion » (p. 25-26). Cette explication ne nous paraît pas juste. L'histoire de la 
civilisation nous apprend que très anciennement les hommes ont cru à une 
espèce de survie et qu'ils munissaient le mort de tous les objets dont il pou- 
vait avoir besoin. Le développement de la richesse et du luxe enfanta des 
excès de raffinement qui obligèrent les rabbins à intervenir et 1». Gamaliel II 
mit fin à cette débauche de linceuls par une loi somptuaire, qu'il se fit 
appliquer à lui-même pour donner l'exemple (p. 26 ; pourquoi M. K. écrit-il 
Gamaliel I? dans la baraïta de M. K., 27 6 [ajouter Tos. Niclda, ix, 171, 
le mot rijV£N"l2 ne doit pas être pris à la lettre, il n'a jamais qu'une 
valeur relative). Semblahlement M. K. écrit : « Quand la doctrine de la 
résurrection se fut introduite et que du même coup on se fit une conception 
plus belle et plus sensible de l'autre vie, on commença à attacher plus d'im- 
portance à l'ornementation des tombes » (p. 67). Les hommes ont de tout 
temps soigné les tombeaux et les seuls progrès furent ceux de la richesse, qui 
née des besoins nouveaux. M. K. admet avec les historiens critiques de la 
religion israélite que la résurrection est une importation post-exilique. L se 
peut, mais les anciens Hébreux n'en ont pas moins cru à une persistance de 
la vie, sous une forme atténuée, après la mort et ont pratiqué les usages que 
comporte cette croyance (voir A. Lods, La croyance à la vie fulure et le 
culte des morts dans l'antiquité hébraïque, Paris, 1906). Les raffinements 
qui se sont introduits plus tard ne sont pas dus à de nouvelles conceptions. 
Pour compléter, contrôler et expliquer les usages palestiniens, il est légi- 
time d'interroger ceux des autres peuples, surtout des peuples voisins. M. K. 
a eu recours à cette ressource. Il aurait même dû utiliser les résultats des 
dernières explorations palestiniennes et le dépouillement des périodiques spé- 
ciaux, la Z. D. P. V., le P. K. F., la Revue Biblique, lui aurait fourni plus 
de matériaux que les manuels qu'il a consultés. Du reste, il fait un emploi 
judicieux de la méthode comparative ; il note soigneusement les ressem- 
blances sans chercher à établir des rapports de filiation. Mais il se départit 
quelquefois de cette réserve. Les femmes marchent-elles devant le cercueil, 
c'est une imitation de l'usage égyptien ; marchent-elles derrière, c'est une 
imitation de l'usage grec (p. 48, n. 2). Où voulez-vous qu'elles marchent pour 
n'imiter personne ? M. K. a omis de citer ici le texte parallèle de Ber. ?\, 
ch. xvii (R. Josué), d'où il parait résulter que primitivement c'étaient les 
femmes qui ouvraient la marche. 11 est aussi inutile de supposer un emprunt 
dans ce cas qu'une opposition dans le cas suivant : « On n'enterrait pas dans 
les rues ouvertes à la circulation publique, ni aux carrefours, peut-être parce 
que c'étaient les lieux d'inhumation favoris des Grecs » (p. 62, n. 6). La raison 
est beaucoup plus simple. « Les tombes usitées en Palestine à l'époque des 
Tannaïtes sont des imitations des catacombes égyptiennes » (p. 82). Pourquoi? 
la ressemblance des conditions physiques n'est-elle pas une meilleure expli- 
cation qu'une influence étrangère ? Ou plutôt comment les Palestiniens, habi- 
tants d'un pays montagneux, ont-ils appris des Égyptiens, habitants de 
plaines, à creuser des tombes dans le roc? On ne doit admettre d'emprunts 
directs que pour les objets qui ue cadrent pas avec les conditions naturelles 



BIBLIOGRAPHIE 113 

du pays ou les mœurs ordinaires des habitants, par exemple pour les monu- 
ments architecturaux de l'époque maceabéenne (p. 91 et suiv). 

Outre ces réserves d'un caractère général sur la méthode de l'auteur, nous 
aurions encore quelques observations de détail à présenter. P. 22 : « on bou- 
chait probablement les ouvertures du tombeau, moins parce qu'on craignait 
l'invasion de mauvais esprits que pour retarder la décomposition du corps. » 
Ce scrupule hygiénique a pu venir plus tard et même alors il a été neutralisé 
par le désir de hâter au contraire la décomposition. En général, les anciennes 
croyances se sont conservées à la faveur de motifs hygiéniques trouvés 
après coup. P. 27, n. 1. Les Évangiles parlent tantôt d'un linceul d'une seule 
pièce ((7tvôd)v\ tantôt de bandes de lin (oOovîot) : est-ce la même chose? 
P. 31 : « de grands trésors se seraient trouvés, d'après Josèphe, dans les tom- 
beaux royaux » ; les découvertes archéologiques, notamment celle des préten- 
dus « Tombeaux des Rois » près de Jérusalem, ont confirmé ce fait. P. 33, 
n. 3 : la Tossefta d'Ahilol, n, 3, ne parle pas de l'absence de cercueil, mais 
de l'absence de linceul. P. 37, n. 5, rJÎ372 peut signifier non seulement « lit », 
mais aussi « civière, brancard » ; ce sens est certain dans Û^bnn bttS HU72, 
lier., 10 h. P. 56, n. 7, D130 "CH DITO est plus large que « à cause de 
la paix » ; nous dirions « pour des raisons d'humanité » (et non de solidarité 
nationale ou confessionnelle seulement). P. 59, n. 2 : « il est probable que 
la femme était tenue de défrayer l'enterrement de son mari » ; c'étaient plutôt 
les enfants, puisqu'elle n'héritait pas de lui. P. 67 et suivantes, M. K. donne 
une bonne description des tombes avec niches creusées dans le roc et montre 
en passant que cette disposition n'était plus comprise en Babylonie. Mais il 
paraît croire qu'on ne connaissait pas d'autres tombes en Palestine; on enter- 
rait aussi en pleine campagne (voir plus haut). P. 98, n. 5, 0*15 signiiie 
toujours moitié, v. Blau, Revue, LV, 211. A deux reprises, M. K. traite de 
l'enterrement et de l'exhumation des criminels (p. 58 et p. 99); il n'a pas 
connu l'article de M. Biichler, Revue, XLVI (1903), 74-88, qui a examiné un 
texte important de Kohélet rabba, non cité par notre auteur, et a expliqué 
différents termes difficiles comme 'pî")M (Klein, p. 33, n. 5; p. 99, n. 4], 

D^bnn bm rr^2 (p. 37, n. 5), rarni (p. 38, n. 3), na^ro (p. 40, n. 2), 

n"l"ll?3n72 (p. 99, n. 11). Dans le chapitre sur l'exhumation, qui est particu- 
lièrement soigné, M. K. soutient, à la suite de Zuckermandel (p. 95, n. 4, 
lire XXIII, 1874, au lieu de XXII, et p. 100, n. 3, lire XXIII, 1874, au lieu de 
1875), qu'on ne blanchissait pas tous les tombeaux, mais seulement ce qu'il 
appelle les « cénotaphes », plus exactement les emplacements d'anciens tom- 
beaux, qui restaient impurs et où l'on dressait des pierres (p. 98). Mais il 
ressort de Matthieu que les tombeaux eux-mêmes étaient blanchis à la chaux. 
Jésus dit en effet aux Pharisiens : « Vous ressemblez à des sépulcres blan- 
chis... (lui sont remplis d'ossements et d'impureté » (Matth., xxm, 27). Le 
texte parallèle de Luc, xi, 44, parle de tombes sur lesquelles on marche sans 
les remarquer; il s'agit donc de tombes creusées dans le sol, comme les 
nôtres, et non blanchies à la chaux. 

Nous avons jugé inutile de relever quelques références défectueuses et 
quelques fautes d'impression, qu'il est facile de rectifier. Klles ne diminuent 
pas la valeur de cette dissertation, qui est somme toute consciencieuse et soignée. 

Klostermann (A.). Schulwesen im alten Israël. Leipzig, Deichert, 1908 ; 

in-8° de 40 p. M. 0,90 (Extrait des « Theologische Studien Theodor 

Zahn... dargebraeht »). 
Knudson (A.-C). The Old Testament Problem. Cincinnati, Jennings and 

Graham, 1908; in-10° de 55 p. D. 0,35. 

T. LX, no ny. 8 



114 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Knudtzon (J.-A.). Die El-Amarna-ïafeln. 1. Halfte. Leipzig, Hinrichs, 
1908; in-8° de iv -f- 570 p. (Vorderasiatische Bibliothek). 

Kôberle (J.). Die Beziehungen zwisehen Israël und Babylonien. Sechs 
Vortrage. Herausg. von Walther. Wismar, Bartholdi, 1908 ; gr. in-8° 
de 95 p. M. 2. 

Édition posthume de conférences faites à Rostock en juillet 1907. L'auteur 
conclut que la civilisation babylonienne était bien supérieure à celle des 
Hébreux, qu'elle a fortement influencée, mais que la religion biblique est 
en opposition et en lutte avec toutes les religions ambiantes, y compris la 
babylonienne. 

Kôberle (J.). Die alttestamentliche Offenbarung. 2. vôllig neu bearb. 
Aufl. der Vortrage « Zum Kampfe uni das A. T. ». Wismar, Bartholdj, 
1908; in-8° de vm -f- 142 p. M. 2,20. 

Kônig (E.). Ahasver, « der ewige Jade ». Nach seiner urspriinglichen Idée 
und seiner literarischen Vervvertung betrachtet. Giïtersloh, Bertels- 
mann, 1907 ; in-8° de 74 p. M. 1. 

Kônig (E.). Geschiehte des Reiches Gottes bis auf Jésus Ghristus. Brun- 
swick, Wollermann, 1908; in-8° de vm + 330 p. M. 4,80 (Grundriss der 
Théologie. II. Abteilung : Die AltU'stamentliehen Disziplinen. I. Teil). 

L'histoire d'Israël est envisagée comme une histoire du royaume de Dieu 
depuis Abraham jusqu'à Jésus. La période post-eiilique est traitée sèchement 
et sans sympathie. Beaucoup de digressions éruditcs. 

Kônig (E.). Hebraisehe Grammatik fur den Unterrieht mit Uebungsstii- 
cken und Wôrterverzeichnissen. Leipzig, Hinrichs, 1908 ; in-8° de vin 
+ 112 -f 88 p. M. 3. 

Kônig. Das Testament des Kônigs David (I Rcg., 2, 1-9). Programm. Mel- 
dorf, 1908; in-4° de 7 p. 

Kortleiner (Fr.). De polytheismo universo et quibusdam eitis formis 
apud Hebraeos finitimasque gentes usitatis. Innsbruck, Wagner, 1908; 
gr. in-8° de xxxi -f 343 p., 3 pi. M. 6. 

Krakauer (MA Bausteine und Denksteine. Religiôse Betrachtungen. 
Breslau, Brandcis, 1908 ; in-8o de iv -f- 387 p. M. 6. 

Krauss (S.). Bad und Badewesen im Talmud. Francfort, J. Kauffmann, 
1908 ; in-8° de n -f 65 p. M. 1,50 (Tirage à part de Hakcdnn . 

Krautlein 'J.). Die sprachlichen Verschiedenheiten in den Hexatcueh- 
quellen. Ein Beitrag zum Sprachbeweis in der Literarkritik des Allen 
Testaments. Leipzig, Hinrichs, 1908 ; gr. in-8° de 67 p. M. 1,50. 

Krenberger (S.). Der Zionismus von heute. Betrachtungen und Meinungcn. 
Briinn, Jiidischer Buch- und Kunstverlag, 1908; in-8° de 32 p. 

Kroner (Th.). Uebersetzungsbuch zu den Gebeten der Mittelstufe. 
5. durchpfes. und verb. Aufl. Hanovre, Manz und Lange, 1908; in-8° de 
iv -f 131 p. M. 1,10. 



BIBLIOGRAPHIE US 

Krûger (P.). Hellenismus und Judentum im neutestamentlichen Zeit- 

alter. Leipzig, Hinrichs, 1908 ; gr. in-8° de 47 p. M. 1,20 (Schriften des 

Iustitutum Delitzschianum zu Leipzig, 1. Heft). 
Lamàn (H-W.). De geschiedenissGD der koningen van Juda en Israël, 

samengevoegd en geordend. Middelburg, Littooy Az., 1908 ; g p. in-8° de 

223 p. 1 fr. 10. 

Lanz-Liebenfels (J.). Die griechischen Bibel-Versionen (Septuaginta und 
Hexapla) herausgegeben, mit Anmerkungen und deutseher Ueberse- 
tzung versehen. Vol. I : Genesis. Leipzig et Vienne, éd. « Lumen », 
1908; gr. in-8° de 175 p. M. 15 (Orbis Antiquitatum, Religions- und 
Kulturgeschiehtliche QuelJenschriflen in Urtext, Umschrift und Ueber- 
setzung.. . herausg. von M. Altschûler und J. Lanz-Liebenfels. Pars II, 
Tom. I, Vol. I). 

Lattes (G.) Cuore d'Israele. Libro per i ragazzi israeliti. Gasale, impr. 
Rossi et Levagno, 1908; in-8° de 202 p. L. 3. 

Leimbach (K. A.). Die Weissagnngen der Propheten Joël, Abdias, Jonas, 
Nahum, Habakuk, Sophonias, Aggaus, Zacharias und Malacbias, iïber- 
setzt und kurz erklàrt. Fulda, 1908; in-8° de 204 p. (Biblische Volks- 
bùcher, 4). 

Levi (L.). L'istituto del divorzio nel diritto ebraico eon introduzione del 
Prof. Renato Manzato. Venise, Off. GraficheN. Norza, 1908; in-8° de 48 p. 

Levin (M.). Lehrbuch der jûdischen Geschichte und Literatur. Vierte, 
durchaus verbesserte Auflage. Berlin, Poppclauer, 1908; gr. in-8» de 
ix + 278 p. 

Lévy (L.-G.). Une religion rationnelle et laïque. La religion du xx e siècle. 
3 e édition corrigée et augmentée. Paris, Nourry, 1908; in-8° de 116 p. 
Cette religion est le judaïsme libéral. 

Levy (S.). Original virtue and other short Studies. Londres, Longmans, 
Green and Go, 1907 ; in-8° de îx -f 177 p. 

I. The doctrine of original virtue (Introduction ; « the virtues of the 
fathers ■»). — II. Jewish conceptions of original sin. — III. Is there a Jewish 
literature ? — IV. What is « Jewish » Literature ? — V. Maimonides, seveu 
centuries af'ter. — VI. hishop Barlow on the « Case of the Jews ». — VU. John 
Dury and the English Jewry. — VIII. The charm of the Seder (Passover). — 
IX. The seventh New Moun (JVeu> Year). — X. The feast of Light {Çhanucah). 
— XI. Purim pot-pourri (Purim). — Tous ces essais ont paru dans la Jewish 
Quarferly Review ou dans le Jewish Chronicle. 

Lewkowicz (J.). Salomon Majmon i jego filozofia. Szkic do sylwetki. 
Varsovie, 1908; in-8° de 31 p. 

Lidzbarski (M.). Ephemeris fur sernitische Epigraphik. II. Bd. 3. Heft. 
Giessen, Topelmann, 1908 ; gr. in-8° de vin -j- 317-444 p., 6 grav. M. 6. 

Littmann. lftaoa rl^ffl "'173 Betracbtungen zu den Schriftabschnitten des 
Jahres. Zurich (Francfort, Kauffmann), 1907 ; in-8° de 86 p. M. 1,25. 

Recueil d'articles parus dans le Israelilisches Wochenhlalt fur die Schweiz. 



116 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Lobry (F.-X.). La Palestine, le Caire, Damas et le Liban. Souvenirs de 
voyage. Bourges, Desclée et de Brouwer, 1907 ; in-8° de xvni -f- 449 p. 
et fi g. 

Lob (A.). Die Rechtsverhâltnisse der Juden im ehemaligen Kônigreiche 
und der jetzigen Provinz Hannover. Francfort, Kauffmann, 1908 ; in-8° 
de vin -f 140 p. M. 3. 

Lôhr (M.). Die Stellung des Weibes zu Jahwe- Religion und Kult unter- 
sucht. Leipzig, Hinrichs, 1908 ; in-8° de iv -J- 54 p. M. 1,80 (Beitrâge zur 
Wissenschaft vom A. T., herausg. von R Kittel, 4). 

Lœwenstein (L.). Licht- und Schattenseiten ans der Geschiehte der Juden 
in Wertheim (Beilage zum Jahresbericht des Historischen Vereins 
« Alt-Wertheim »). Wertheim, 1907 ; in-8° de 20 p. 

Loisy (A.). La religion d'Israël. 2° édition, revue et augmentée. Chez 
l'auteur, à Ceffonds, près Moutier-en-Dair (Haute-Marne), 1908; in-18° 
de 297 p. 

Lotz (W.). Hebràisehe Sprachlehre. Grammatik und Vocabular mit 
Uebungsstucken Leipzig, A. Deichert, 1908; gr. in-8° de vi -{- 184 p. 
M. 4. 

Lôwinger (Ad.). Der Traum in der jiidischen Literatur. Leipzig, M. W. 
Kaufmann, 1908 ; in-8° de 3Î> p. 

Dans cette dissertation remarquablement soignée, qui a d'abord paru dans 
les Mitteilunçjen d. Gesellschaf't fur jiidische Volkskunde de M. Grunwald, 
Tailleur étudie une des questions les plus intéressantes et les plus obscures 
de la psycbologie. Il n'entreprend pas des recberches psychologiques ou phy- 
siologiques dans ce domaine; il réunit les textes de la littérature juive qui se 
rapportent au rêve, de manier»! a grouper les traits qui peuvent former un 
tableau d'histoire des idées. Embrassant une foule de matériaux, il retrace 
avec clarté et méthode les notions de l'époque biblique et de l'époque post- 
biblique, utilisant le Talinud et le Midrascb, les explications des théologiens 
du moyen âge, des exégètes et des mystiques; il examine tour à tour les 
causes des rêves, les rapports du rêve et de la prophétie, les décisions hala- 
chiques dues à des rêves, la demande des rêves (Dlbn pb^M'£), leur inter- 
prétation, leur amélioration (aibn PD^H et les jeûnes qu'ils imposent 
(3lbn D^-^P ; cà et là, il signale des parallèles dans la littérature clas- 
sique. Ce travail, s'il n'épuise pas la question, qui est vaste, est néanmoins 
d'une grande valeur et on ne peut que désirer voir l'auteur poursuivre ses 
recherches dans cette voie. 

Quelques détails peuvent être ajoutés. P. 3, sur Baal hû-halom, v. Te- 
schoubot Maïmoniot, "p3p, n° 31 : Dibnn bj>3 ""DE: Mordechal sur Baba 
Kamma, i, 1 : Dlbm HN13 b"T TS)] '"1 mttbl (Kohn, Mord. b. Uillel, 
p. 32); Parties, 415 (R. Méir jeûna à la suite d'un rêve au jour de l'an ; 
Hayyim Or Zaroua, n" 164 (Isaac b. Elia eut un rêve dans lequel R. Méir, 
qu'il n'avait jamais vu personnellement, lui expliqua une lecture ancienne dans 
le Talmud). Azoulai mentionne souvent des rêves dans son Schem ha-Gucdo- 
lim, p. ex. dans les art. Abraham Azoulai, Eliézer b. Nathan, Ephraïm b. 
Simsou Q*)bnn b^nb btfÔ DP 'itD iny'û'iï ; c'est probablement Jacob de 
Marvège, \. Gallia, 38i . Guedalia Hayyoun, Hayyim Vital, llesehel II, David 
Guerschom \. Kohn, Mardochai b. Uillel, p. 32; naiOîl "H"\a sur Orah 



BIBLIOGRAPHIE H 7 

Ilayyim, 211, 9), Joseph Caro, Méir do Rothenbourg, Moïse Alsclieikh, Moïse 
de Coucy, etc. Cf. Siméon b. Cémah Duran, Consultations, II, 128 : ">z >m \ 
mttlbnftb* 1*07310 "PK m3"l?373; Samuel Landau, Consult. 1t»22 pbrû, 
n° 32. Guedalia ibn Yahya, Schalschélet ha-Kabbala, éd. Varsovie, 21 b, 
raconte que le père de Maïmonide reçut en rêve l'ordre d'épouser la fille d un 
boucher. Un rêve étrange est rapporté pari. Hirschensohn, Û^O-IUSIp PiSTDp, 
I, d'après un manuscrit : R. Joseph ibn Leb apparaît au rabbin de *J 3* 13*1 3 
et lui recommande d'étudier ses Consultations. — /. Wellesz. 

Sur le chapitre du « rêve des auteurs », notamment dans la halacha (p. 20), 
voir encore Steinschneider, dans //. #., XVIII, 64; Brùll, Jahrbucher, IX, 
153, n. 2 ; I. Loeb, dans Revue, I, 80, n. 3; II, 161 ; Neubauer, ibid., XII, 92, 
et dans Isr. Letlerbode, IV, 133; H. Hirschfeld, dans J. Q. R., XIV, 775 (sur 
Ms. Montef, 372, 111, f° 53). Le plus ancien exemple paraît être celui de Haï, 
rapporté par Moïse ibn Ezra dans le chapitre de sa Poétique où il examine si 
l'on peut faire des vers en dormant (voir l'analyse de Schreiner et ses réfé- 
rences, Revue, XXII, 62-64). Azaria de Rossi et Léon de Modène versifient après 
dormir (Kérem Hémed, V, 161). Un rêve du roi kazare est, tout, comme dans la 
tragédie classique, l'entrée en matière du Kazari. On voit que les indications 
de M. L. peuvent être complétées. Sur Jacob de Marvège, dont les consultations 
célestes ont été rééditées en 1895 à Cracovie et plus récemment, si nous ne 
nous trompons, à Podgorze, voir principalement Steinschneider, dans H. R., 
XIV, 122 et 131; cf. XVI, 14; D. Kaufmann dans Revue, V, 273 et s., et 
Monalsschr., XL, 187. Sur la légende du compagnon au paradis (p. 21), v # 
Heller, dans Revue, LVI, 198 et s. ; sur la prière pour les rêves intercalée 
dans la bénédiction sacerdotale (p. 32), v. Heller, dans Revue, LV, 60 et s. 
Le passade du Talmud d'après lequel la nudité vue en rêve indique en Baby- 
lonie l'absence de péché et en Palestine le manque de piété (p. 28) a été 
expliqué, si nous avons bonne mémoire, par Leopold Low (nous citons de 
préférence les Hongrois) comme une allusion à l'état religieux des deux pays. 

D'une manière générale, M. L. se dispense d'expliquer les textes qu'il cite et 
qui n'ont d'intérêt que s'ils sont bien interprétés — c'est le cas ou jamais 
d'interpréter. Il faut se garder, seulement, en une matière où l'imagination 
se donne libre cours, de rechercher des allusions historiques. M. L. n'y a pas 
toujours pris garde. Il assure (sur la foi de Graetz) que Simon b. Yohaï est 
allé à Rome pour obtenir de Marc-Aurèle le retrait de l'édit de Vérus (p. 6). 
Manassé b. Israël raconte que Sclierira vit en rêve les mots de Michée, n, 12, 
2p3" ïpOKX CpN, dont les initiales donnent b^SIDN m«bs "nnO ^3^73 «2 N 

pnm oib-ip d? ûnb"> rraMxna ^bîai b«?3o miat. m. l. com- 
mente : « Je ne sais quel est l'événement historique du x e siècle qui est visé 
ici. Il s'agit sans doute des derniers Carlovingiens » (p. 24, n. 4). Ne s'agit-il 
pas plutôt des guerres de François I' r et de Charles-Quint? Ce n'est pas 
Manassé b. Israël que l'anachronisme aura gêné. U faudrait du reste savoir à 
quelle source il a puisé. Ce conte se lit dans une glose du T^Dn '3 ms. 
(Revue, XII, 92). Est-ce le même rêve que relate Sambari [M. J. C.,l, 117)? 
Mais nous avons une critique plus grave à faire au travail de M. L. : c'est 
qu'il confond les textes sans tenir compte de leur âge et de la qualité des 
auteurs. Il cite pêle-mêle les apocryphes et les aggadistes, les rationalistes du 
moyen âge, comme Maïmonide, et les mystiques, comme Nahmanide. Tout 
apparaît sur le même plan et l'on ne distingue pas les temps et les milieux. 
Ainsi le Zohar a toute une théorie, et peut-être même plus d'une, sur l'ori- 
gine des rêves; M. L. disperse les textes au lieu de les grouper. Dès lors, son 
étude n'est qu'un amas de matériaux et, si précieuse qu'elle soit, elle est 
insuffisante. Les folkloristes ne doivent pas se contenter de collectionner des 
fiches, il faut encore qu'ils les classent. 



118 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Lundgreen (F.). Heilige Baume im Alten Testament. Programmabhandlung 
Ostern 1908. Leipzig, impr. Drugulin [1907] ; in-8° de 2 + 43 p. 
Est entré dans le suivant. 

Lundgreen (F.). Die Benutzung der Pflanzenwelt in der alttestamentli- 
chen Religion. Giessen, ïôpelmann, 1908 ; in-8° de xxm + 191 p. M. 5 
(Beihefte zur Z. A. W., XIV). 

Luttke (A.). Das heilige Land iin Spiegel der Weltgeschichte. Gùtersloh, 
Bertelsmann, 1908 ; gr. in-8° de vm -\- 568 p , 12 grav. et 3 cartes. M. 6. 

Luzzati (M.). Sulla nécessita di riformare il culto israelitico. Turin, impr. 
Sacerdote, 1908 ; in-8° de 16 p. 

Luzzatto (S. D.). Essenza e socialità del Giudaismo. Dalla letterature 
ebraica in Italia. Estratto dal 1. fascicolo del « Giudaismo illustrato ». 
2 e edizione fatta a cura del Dr. A. Zammatto. Padoue, impr. Salmin, 
1908; in-8° de 36 p. 

Macalister (A. S.). Streiflichter zur biblischen Geschichte aus der altpa- 
lastinensischen Stadt Geser. Ausgrabungen undEntdeckungen. Deutsche 
Ausgabe mit Anmerkungen von Fr. Hashagen. Wismar, Bartholdi, 1907 ; 
in-8° de 112 p. M. 1,50. 

Maclaren (A.). The second Book of Kings from chapt. 8, and the Books of 
Chronicles, Ezra and Nehemiah. Londres, Hodder, 1908 ; in-8° de 408 p. 
7 s. 6 d. (Expositions of Holy Scripture). 

Maclaretn (A.). The Books of Ezekiel, Daniel and the Minor Prophets. 
Londres, Hodder, 1908 ; in-8° de 398 p. 7 s. 6 d. 

Maclaren (A.). The Book of Psalms. i-xlix. l-xclv. Londres, Hodder, 1908 ; 
2 vol. in-8° de 384 et 402 p. 7 s. 6 d. chaque. 

Maclaren (A.). The Books of Esther, Job, Proverbs and Ecclesiastcs. 
Londres, Hodder, 1908 ; in-8 1 de 418 p. 7 s. 6 d. (Expositions of Holy 
Scripture). 

Mader (J.). Allgemeine Einleitung in das Alte und Neue Testament. Muns- 
ter, Aschendorff, 1908 ; gr. in-8° de vm + 146 p. 

Magnasco (F.). Outlines of Hebrew Grammar. Leyde, Brill, 1908; in-8° de 
vin -f 99 p. M. 2,50. 

Magnus (L.). « Religio laici » judaica : the fait of a Jewish layman. New- 
York, Bloch Publ. Co, 1907 ; in-8° de xi + 178 p. D. 1. 

Mainz (J. M.). Die Bedeutung der "iDT — Feier. Ein Beitrag zur Erklarung 
altjùdischer Branche. Francfort, Sanger et Friedberg, 1908; in-8° de 
15 p. M. 0,80. 
Margel (M.). Deutsch-hebraisches Wôrterbuch. Pozega, Leopold Klein, 
1906; gr. in-8° de xvi -f 868 p. à 2 col. 

C'est le répertoire le pins complet jusqu'à présent de l'hébreu ancien et 
moderne. On remarquera surtout les néologismes ima-irinés par l'auteur, 
réunis et justifiés p. 845-863. 



BIBLIOGRAPHIE 119 

Margolis (Max L,). Micah. Philadelphie, The Jcwish Publication Society of 
America, 1908; in-12* de 104 p. (The Holy Scriptures with Commentary). 

La Société américaine des publications juives se propose d'éditer, à l'usage 
du public israélite, une collection de traductions annotées des livres bibliques 
au courant de la science moderne. Le premier volume, dû à M. Margolis, est 
consacré à Micbée ; il pourra servir de modèle à tous les autres. L'introduc- 
tion étudie avec autant de justesse que de clarté l'époque du prophète, ses 
idées et son style ; les thèses de la « haute critique » sont exposées et appré- 
ciées avec mesure en quelques pages soignées, qui forment une excellente 
orientation. La traduction nous a paru fidèle et élégante ; le commentaire, qui 
fait une place suffisante à la critique du texte, est substantiel et la valeur eu 
est relevée par l'utilisation méthodique de la tradition juive, Midraschim et 
commentateurs du moyen âge ; sur vu, 19, l'auteur remarque que c'est de ce 
verset que dérive l'usage du taschlih (p. 79) ; il serait plus juste de dire que 
l'usage a été rattaché à ce verset. Des notes additionnelles sont consacrées 
aux hauts-lieux, aux rapports du riche et du pauvre dans la Bible, aux dési- 
gnations d'Israël dans la littérature biblique et post-biblique (nation, race, etc.), 
au Messie préexistant, aux compagnons du Messie, à l'attitude des prophètes 
vis-à-vis des sacrifices, aux sacrifices humains, à la pàque future. Tout est 
a lire. Etant douné la destination du volume, nous n'avons pas à entrer 
dans une discussion de détail, mais nous pouvons assurer que les spécialistes 
le consulteront avec fruit. Voilà enfin de la bonne exégèse, scientifique et 
juive. 

L'impression, le papier et la reliure méritent tous les éloges. Il faudrait 
seulement quelques réductions matérielles: un volume de 100 pages, ce n'est 
pas beaucoup, mais c'est beaucoup pour Michée seulement. 

Margoliouth (D. S.). Cairo, Jérusalem and Damascus. Three chief cities 
of the Egyptians Sultans. New-York, 1907 ; in-8° de 472 p. 

Marmorstkin (A.). Talmud und Neues Testament. Vinkovci (Slavonie), 
chez l'auteur, 1908 ; gr. in-8° de 54 p. M. 2,50. 

La brochure de E. Kônig était bien faible (v. Revue, LVI, 302), mais la 
réponse de M. M. n'est pas bien heureuse. Elle prête trop souvent elle-même 
le flanc à la critique. Même quand son adversaire a tort, lui n'a pas raison. 
Ainsi, Kônig écarte les textes talmudiques rapportés par des rabbins posté- 
rieurs à Jésus. M. M. objecte avec raison que ces textes peuvent être plus 
anciens, mais il prétend (p. 8-11) qu'il est « prouvé depuis longtemps que la 
première Mischna a été rédigée quelques dizaines d'années avant la destruc- 
tion du Temple » et que les Tannaim combattent encore les « Bothoséens » 
{sic) . M. Hoffmann n'a pas prouvé l'existence de la « première Mischna » 
et les « Bothoséens >, ont-ils survécu à la destruction du Temple ? Kônig 
maintient qu'on est fondé à traduire « tora » par « loi » ; M. M. objecte qu'on 
dit min btD mX73 (p- 16). Dans un Evangile apocryphe, le jeune Jésus 
fait un miracle le sabbat ; mais, objecte M. M., un enfant n'est pas obligé 
d'observer le sabbat (p. 25). Kônig s'étonne que Hillel autorise le mari a 
répudier sa femme *rb v ÔJnn Hrnptt "lb^SÊt; M. M. objecte (p. 35) que 
cette expression est un euphémisme, mais l'adverbe prouve qu'il faut la 
prendre à la lettre. Kônig s'étonne que le Talmud défende de faire remonter 
ou descendre les idolâtres et les bergers (d'une fosse où ils sont tombés) : 
M. M. répond p. 37) que *pb3>73 et "pi^lTE signifie « confier ou enlever 
une fonction synagogale » ! 

M. M. cîte des textes fcalmudiqucs qui seraient parallèles aux Evangiles. 



120 BEVUE DES ETUDES JUIVES 

« Faites pénitence, car le royaume de Dieu est proche » égale « Le Messie 
apportera la pénitence et le pardon » (p. 20; il fallait citer Sa?ih., 97 b: UN 
•pbfcWa nmïïn ■piUI* b^^"l , ^D" , )- « Que ta volonté soit faite, que ton règne 
arrive » est une fausse traduction de ces mots du Kaddisch (quel Kaddisch ?) 
« veuille que ton règne arrive » (p. 43 ; la traduction de l'oraison dominicale 
proposée p. 42 est un mélange d'hébreu et d'araméen). « Ne jetez pas vos perles 
devant des porcs » équivaut à « Vous avez en main une perle précieuse et 
vouliez m'en priver» (p. 51). Autres inexactitudes : rîTnan ^D73 DHb -|70NUJ 
ne signifie pas « au nom de la puissance » (p. 21), mais « sous l'inspira- 
tion de Dieu » . Le psaume de Sira ne peut pas être allégué en faveur de 
l'ancienneté du Schemoné Esré, car il est suspect, comme l'a reconnu M. Israël 
Lévi (non Levy). — Le style est assez plat; les citations hébraïques sont 
déparées par des fautes d'impression (comment Kônig les comprendra-t-il ?) 
Il y a tout de même quelques remarques justes semées dans ces 50 pages. 
Mais en gros les critiques de M. M. tombent à côté. M. M. est capable de gâter 
le plus beau sujet. Il ne suffit pas de s'appliquer le mot : « Quand il n'y a pas 
d'homme, efforce-toi d'être un homme » (p. 4) : dans la science, les efforts 
manques sont nuisibles et compromettants. 

Marschak. (J.). Die Restauration der Juden nach dem babylonischen Exil 
nach den Ueberlieferungen in Talmud und Midrasch. Dissertation. 
Berlin, 1908; in-8° de vu + 71 p. 

Martin (G. -G.). Proverbs, Ecclesiastes and Song of Songs. Introduction, 
Revised Version with Notes and Index. Londres, Jack, 1908; in-12° de 
368 p. 3 s. 6 d. (The Century Bible). 

Martin (abbé P.). Voyage en Orient, 15 mars-24 avril 1906 : Italie, Grèce, 
Turquie, Syrie, Palestine, Egypte. Goncoret (Morbihan), chez l'auteur, 
1908; in-8° de 497 p., pi., carte, fig. 

Marx (A.). The Expulsion of the Jews from Spain. [Londres, 1908]; in-8° 
de 32 p. (Reprinted from the « Jewish Quarterly Review », January, 
1908). 

Sous ce titre, M. M. publie, traduit et commente deux relations hébraïques. 
La première, anonyme, paraît être d'un Italien contemporain de l'expulsion; 
elle nous révèle plusieurs faits nouveaux et nous fait connaître les rabbins 
espagnols de cette époque. M. M. n'a pas manqué cette occasion de déployer 
son érudition si sure et de discuter chemin faisant deux questions épineuses: 
le date de l'expulsion et le nombre des Juifs expulsés (cf. Revue, XV, 121). 
Le second texte est une courte autobiographie d'Isaac ibn Faradj, victime de 
l'expulsion; la valeur historique n'en est pas aussi grande, mais certains 
détails sont déchirants dans leur sobriété. 

Marx (A.). Untersuchungen zum Siddur des Gaon R. Amram. I. Die 
handschriftliche Ueberlieferung. Berlin, Poppelauer, 1908; in-8° de 
28 + 38 p. (Tirage à part du « Jahrbuch der Jùdisch- Literarischen 
Gesellschaft », V). 

Nous examinerons ce travail en même temps que ceux de MM. S. Poznanski 
et L. Ginzberg sur la littérature des Gueonim. 

Massy (G. -H.). The Gospel in the Book of Job. Londres, Skeffington, 1908; 
in-8° de 154 p. 2 s. 



BIBLIOGRAPHIE 121 

Mathers (S. L. M.). The Kabbalah unveiled. 3rd. impr. Londres, Paul, 
1907. 7 s. 6 d. 

Matthes (J.-C), Dyserincr (J.). De Spreuken van Jezus Sirach uit het 
hebreeuwsch vertaald. S-Gravenhage, 1908; pet. in-8° de xx + 159 p. 

Maunder (E.-W.). The Astronomy of the Bible. An elementary Gommentary 
of theastronomical références of Holy Scriptures. Londres, Glark, 1908; 
in-8° de 410 p. 5 s. 

Me Neile (A. H.). The Book of Exodus, with Introduction and Notes. 
Londres, Methuen, 1908; in-8' de xvi + cxxxvi -f 247 p. 10 s. 6 d. (The 
Westminster Commen taries). 

Meinhold (H.). Die Weisheit Israels in Spruch, Sage und Dichtung. 
Leipzig, Quelle et Meyer, 1908; gr. in-8° de vin — J— 343 p. M. 4,40. 

Meiss (Honel). Considérations sur le judaïsme, dogmes, histoire, légendes. 
Saloniquc, établissement Acquarone, 1908; in-8° de 176 p. 

La couverture porte en outre : « A l'usage de la jeunesse Israélite ». Dans 
ce livre, « qui est le résumé fidèle des cours faits, depuis 35 ans, dans 
les lycées de Nantes, de Nice et de Marseille », les leçons proprement dites 
sont « encadrées avec des textes bibliques, des Extraits des oeuvres de nos 
Sages, des légendes juives d'une si naïve et admirable poésie, afin de fami- 
liariser l'élève avec notre littérature ». 

Mercier (Ch.). Les prophètes d'Israël. Saint-Biaise et Roubaix, Foyer soli- 
dariste, 1908 ; in-12° de 157 p. 1 fr. 60 (Bibliothèque d'études reli- 
gieuses). 

Bon travail de vulgarisation. 

Merrill (Selah). Ancient Jérusalem. New-York, Londres, etc., Fleming 
H. Réveil Cy, 1908; gr. in-8° de 419 p., ill. D. 6. 

Metmann (L.). Zur Regenerationsarbeit in Palâstina. Vortrag. Berne, Verlag 
des A. Z. V. Bern, 1908 ; in-8° de 28 p. 

Miketta (K.). Die Amarnazeit. Palâstina und Aegypten in der Zeit israe- 
litischer Wanderung und Siedelung . Munster, Aschendorff, 1908; 
gr. in-8° de 48 p. M. 0,60 (Biblische Zeitfragen, herausg. von J. Nikel 
und I. Rohr, I, 10). 

Mills (L.-H.). Avesta Eschatology compared with the Books of Daniel and 
Révélation. Being supplementary to Zarathustra, Philo, the Achaemenids 
and Israël. Chicago, 1908; in-8» de 85 p. 

Minchioni (G.). Su il libre Dei Maccabei, tre discorsi. Florence, tip. Dome- 
nicana, 1908; in-8° de 47 p. L. 1. 

Minocchi (S.). La Genesi, con discussioni critiche. P. I, sezione i, cap. 1-3. 
Florence, E. Àriani, 1908; in-8° de xm -\- 124 p. L. 2,50. — Sez. n, capp. 
4-11 ; 326 p. L. 3,75. 

Minocchi (S.). Le profetie d'Isaia, tradotte e commentate. Bologne, 
Matteuzzi, 1907 ; in-8° do 302 p. 



122 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Mischnajot. Hebraischer Text mit Punktation nebst deutscher Ueber- 

setzung und Erklârung. III. Teil. Seder Naschim. Von M. Petuchowski. 

Livraison 37. Berlin, Itzkowski, 1908; gr. in 8° de p. 257 288. 

Mitteilungen desGesammtarchivsderdeutschenJuden. Herausgegeben von 

Eugen Tâubler. i. [und] 2. Heft. Leipzig, Fock. 1908; in 8" de 94 -f 2 p. 

Les « Archives générales des Juifs allemands », ouvertes en 1906, ont pour 
but de « réunir les documents et actes de toutes les communautés, sociétés et 
fondations juives dans les limites actuelles de l'empire allemand, qui ne ser- 
vent plus à l'expédition *des affaires courantes, pour en assurer la conservation 
et en faciliter l'utilisation dans un but scientifique ou administratif». Près de 
deux cents communautés ont jusqu'à présent versé leurs archives au siège 
social, qui est à Berlin ; mais nous remarquons que les plus grandes, celles 
de Berlin, Hambourg, Francfort, Breslau, sont restées à l'écart. Le nouvel 
institut doit non seulement inventorier les documents qui lui sont confiés à 
titre de dépôt, mais aussi se procurer des inventaires des archives nationales 
et municipales. 11 est donc destiné à favoriser puissamment les recherches sur 
l'histoire des Juifs en Allemagne, soit en répondant aux questions qui lui sont 
adressées, soit en prêtant des documents, livres, etc., aux savants qui en feront 
la demande. Ce qui diminue un peu la valeur historique de cette collection, 
c'est que les archives des communautés ne remontent qu'au milieu du 
xvii 6 siècle, non seulement, comme le dit M. T., parce que ces communautés 
se sont constituées ou reconstituées pour la plupart après la guerre de Trente 
ans, mais encore parce qu'on n'avait pas, avant les temps modernes, la 
préoccupation de collectionner les documents, si ce n'est les Memorbiïcher et 
les recueils analogues. Cependant, le Gesammtarchiv s'intéressera aussi au 
moyen âge et il a déjà commencé à dresser, sous forme de catalogue, des 
liégestes de tous les actes qui se rapportent au judaïsme ou à des Juifs. 

Le Gesammtarchiv ne se bornera pas à fournir des matériaux aux histo- 
riens; il livrera lui-môme les résultats de ses recherches. Il publiera, à raison 
de 2 fascicules par an, des Mitteilungen, qui feront connaître les inventaires 
achevés ainsi que des documents inédits, et dresseront la bibliographie des 
travaux intéressant l'histoire du judaïsme allemand. 

Le premier fascicule des Mitteilungen contient les inventaires des archives 
de trois communautés « dont le développement est typique pour le territoire 
auquel elles appartiennent » : Landsberg a. W. (Prusse), Neuenkirchcn 
(Westphalie) etStettin ; en outre, ce qui reste de celles de Wandsbeck (presque 
tout a péri dans un incendie). Les archives de chaque communauté sont 
classées sous cinq rubriques : droit public, organisation et administration 
générale, finances, culte et instruction, bienfaisance. Le conteuu de chaque 
acte ou de chaque liasse est brièvement indiqué et mention est faite, quand 
il y a lieu, des renseignements historiques qu'on peut tirer des documents. 
Des annexes complètent ces inventaires en exposant los questions d'intérêt 
général que les pièces d'archives permettent de résoudre. A noter spéciale- 
ment, dans le 1 er fascicule, la o e annexe de Landsberg (p. 23-29), qui complète 
et rectifie ce qu'on savait de la tentative de réforme des communautés prus- 
siennes sous Frédéric-Guillaume II (1787-1792). 

M. Tâubler, directeur du Gesammtarchiv et éditeur des Mitteilungen, 
expose en outre, dans la Préface, des vues très judicieuses sur la méthode 
avec laquelle doit être traitée l'histoire des Juifs en Allemagne, sur les rapports 
entre l'histoire politique et l'histoire intérieure des communautés, sur les 
sources d'archives et sur les sources littéraires. Ses réflexions s'appliquent 
à l'histoire des Juifs dans tous les pays de l'Europe et méritent d'être enten- 
dues par les savants juifs et par les autres. 



BIBLIOGRAPHIE 123 

Mo.Mir.LiANO (F.). Ebrei in Italia ed ebrei in Russia (Modernismo ebraico ?). 
Lugano. Casa éditrice del Coenobium, 1908; in-8° de 12 p. 
A propos du drame de Tscliirikow « Les Juifs ». 

Mommert (G.). Siloah, Brunnen, Teich, Kanal zu Jérusalem. Leipzig, Haber- 
land, 1908 ; gr. in-8° de iv-f 96 p., 9 grav., 1 table. M. 3. 

Monnier (H.). Qu'est-ce que la Bible? Saint-Biaise, Foyer solidariste, 1908; 
in-8°de 142 p. 1 fr. 60. 

Montefiore (Cl.-G.). Judaism, Unitarianism and Theism. Pnblisbed by the 
Jewish Religions Union. [Londres, 1908]. (Papers for Jewish People, 
no IV). 

Morgan (G. -G.). The analysed Bible. Genesis to Esther. Londres, Hodder, 
1908 ; in-8° de 272 p. 3 s. 6 d. — Job to Maleachi. In-8° de 340 p. 3 s. 
6d. 

Moses ben Maimon, sein Leben, seine Werke und sein Einfluss. ZurErin- 
nerung an den siebenhundertsten Todestag des Maimonides, herausge- 
geben von der Gesellschaft zur Forderung der Wissenschaft des Juden- 
tutns durch W. Bâcher, M. Brann, D. Simonsen, unter Mitwirkung von 
J. Guttmann. Band I. Leipzig, Fock, 1908; gr. in-8° de viu-f-495 p. 
(Schriften herausgegeben von der Gesellschaft zur Forderung der 
Wissenschaft des Judentums). 

Quoiqu'on ait beaucoup écrit sur Maïmonide, nous n'avons pas encore sur 
ce grand esprit d'ouvrage définitif. Et comme l'étendue et la profondeur de 
son œuvre sont faites pour effrayer un auteur unique, il est heureux qu'elle 
ait été attaquée par plusieurs savants, compétents chacun dans son domaine, 
et dont les travaux peuvent être considérés comme préparatoires, mais non 
comme provisoires. Il était inévitable que ces monographies diverses fussent 
inégales de valeur comme d'étendue et qu'elles fussent déparées par un 
manque de proportion et même de concordance ; mais le bon l'emporte de beau- 
coup, les lacunes pourront être comblées et l'œuvre achevée formera un monu- 
ment vaste et presque harmonieux, tel qu'il convient à l'auteur du Mischné 
Tora. 

C'est au Guide des Egarés, le plus profond, sinon le plus juif des ouvrages de 
Maïmonide, que sont consacrées les trois premières études. M. Philippe Bloch, l'his- 
torien attitré de lathéologie juive, donne, en 62 pages, une « caractéristique et une 
analyse du More ». Après en avoir montré la structure, il suit la marche des 
idées dans chacun de ses trois livres. Il explique avec raison le plan assez peu 
cohérent de ce traité par la manière dont il a été composé ; il suppose que 
l'introduction, les chapitres 1-30, 37-45.48,49 et d'autresde la première partie 
étaient primitivement destinés à un Livre sur la Prophétie, que l'auteur avait 
projeté. On pourrait se demander si les parties du Guide n'ont pas été envoyées 
à Joseph ibn Aqnin au fur et à mesure de leur composition. — M. Hermann 
Cohen, l'éminent philosophe, conclut ainsi sa « caractéristique de l'éthique de 
Maïmonide » (p. 63-134) : « Son éthique est celle de la connaissance du Dieu 
messianique, qui, dans l'amour de l'humanité entière, rejette toutes les étroi- 
tesses de l'intellectualisme, unit la connaissance et la volonté, moralise la con- 
naissance de Dieu sous forme d'amour de Dieu, mais affermit dans le culte de 
l'amour de Dieu la moralité de l'amour des hommes et fonde sur l'amour du 
soi messianique l'unité du genre humain. » Ces idées sont fort belles, mais il 



124 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fallait M. Hermann Cohen pour les découvrir dans le Guide et il fallait aussi 
faire abstraction des Schemonê Perakim et des Hiichot Déot. D'après 
M. Cohen, toute la philosophie de Maimonide, même sa métaphysique, 
converge vers la morale, et le More tout entier gravite autour des derniers 
chapitres, que Maimonide désigne ainsi : nDDin bblD i:*N... p"l£!l fîT 

rnrnn rrwaTS pn wan -ittSîan ht "9I3 ims nbbria na hy \^^y. 

Cette fin ne serait pas, comme le traduit Munk, une « conclusion », ni surtout 
un « appendice », comme le commente Joël, maisle -< couronnement >• et le 
résultat de tout le traité. Les paroles de Maimonide ne souffrent pas cette 
interprétation. Si M. Cohen citait et discutait les textes, comme ici, le lecteur 
pourrait s'assurer si le commentaire est adéquat au traité ou s'il le dépasse. 
Ceux qui se méfient admireront encore la pensée et la langue de M. Cohen ; ils 
se convaincront que l'influence philosophique de Maimonide n'est pas épuisée. 

Le Guide des Egarés n'a pas eu seulement un grand retentissement au 
sein du judaïsme : il a également agi sur le monde chrétien. M. Jacob 
Guttmann retrace, avec sa maîtrise habituelle,. « l'influence de la philoso- 
phie de Maimonide sur l'occident chrétien » (p. 135-230). Il existe sur cette 
question des travaux préparatoires de J. Perles et de D. Kaufmann; mais 
nul n'était mieux qualifié que l'auteur de Die Scholaslik des dreizehnten 
Jahrhunderts in ihren Beziehungen zum Judentum und zur jiidischen 
Literatur pour étudier ces problèmes complexes d influence et de filiation. Ici 
les textes sont exactement cités, interprétés avec pénétration, et l'on acquiert 
la conviction que Maimonide (avec d'autres sans doute) a appris aux scolas- 
tiques à justifier philosophiquement la création dans le temps contre l'aristoté- 
lisme et que son action féconde s'est fait sentir dans d'autres problèmes théo- 
logiques. Presque toute la scolastique défile ainsi devant nous : Guillaume 
d'Auvergne, Alexandre de Haies, Vincent de Beauvais, surtout Albert le Grand 
(celui-ci connaîtrait aussi Ibn Ezra, p. 153, note) et Thomas d'Aquin, beau- 
coup moins Bonaventure, Roger Bacon, Raymond Lulle et Duns Scot, Guil- 
laume Durand de Saint-Pourçain et Guillaume d'Occam, Nicolas de Cusa. La 
philosophie de la Renaissance s'émancipe de Maimonide comme d'Aristote, 
mais grâce à l'édition de la vieille traduction latine du Guide (1520), son 
influence est encore perceptible chez les deux Pic de la Mirandole (l'oncle et 
le neveu), Reuchlin, Galatinus et Michel Servet, chez Jean Bodin et Scaliger. 
La publication de la traduction latine de Buxtorf le Jeune (1629) révèle Maimo- 
nide à Leibniz, qui excerpte le Guide et le commente. Aussi bien l'auteur de 
la Théodicée appartient-il, dans l'histoire de la philosophie, au passé autant 
qu'à l'avenir. 

Maimonide, qui était médecin de profession, a écrit sur l'art médical un cer- 
tain nombre de traités dont une partie seulement sont édités. C'est sur ceux-ci 
que M. J. Pagel base son appréciation de « Maimonide comme écrivain médi- 
cal » (p. 231-247). Il estime que Maimonide, disciple indépendant de Galien, 
mérite une place distinguée dans l'histoire de la médecine arabe. 

Trois travaux sont consacrés, dans ce volume, au Mischné Tora, qui frappe 
d'abord par sa belle ordonnance. Aussi feu Bernhard Ziemlich étudie-t-il « le 
plan et la disposition » de l'ouvrage (p. 248-318). Le gros de cette étude avait 
déjà paru dans un numéro de la Monatsschrifï, consacré à Z. Frankel (XLV, 
19 01, 323-336) et utilise un cours de ce dernier sur « l'architectonique » du 
Mischné Tora. A la suite de Frankel, Ziemlich marque ainsi les grandes divi- 
sions de cet ouvrage : 1" partie, devoirs de l'homme envers Dieu; a) halacha 
pratique : livres 1 à 6; b) halacha théorique : livres 7 à 10 ; - 2 e partie, 
devoirs de l'homme envers son prochain: a) halacha pratique : livres 11 à 
13 . A) halacha théorique : livre 14. Cette double distinction ne nous paraît 



BIBLIOGRAPHIE 125 

pas fondée, ne fût-ce que parce qu'elle n'est pas formulée par l'auteur, qui ne 
manque pas, ailleurs, d'indiquer son plan. La distinction de la théorie et de 
la pratique, qui est contraire à la conception même du M. T., a été repoussée 
avec raison par M. Schwarz \Der Mischneh Thora, 190) comme incompatible 
avec un « système fermé » et la réplique de M. Z. (p. 308 et suiv.) ne nous a 
pas convaincu. Le travail complet de Ziemlich, sur la tendance du M. T., sur 
ses caractères généraux, sur ses divisions et subdivisions, et sur les ouvrages 
préparatoires (Commentaire de la Mischna et Séfer ha-Mitzvot) est d'ailleurs 
rempli d'observations intéressantes. Telle est la longue note sur les sacrifices 
chez Maimonide (p. 291) ; ici apparaît le fossé entre la théorie et la pra- 
tique, ou plutôt entre la philosophie et la ha lâcha. M. Ziemlich ne peut que 
pallier cette opposition, qui est encore aujourd'hui matière à discussion, on l'a 
vu dans la polémique entre MM. Steckelmacher et Hoffmann. 

M. I. Elbogen, que son Histoire du Schemoné-Esré et ses Études sur l'his- 
toire du culte juif ont qualifié pour écrire sur la liturgie, traite du « rite 
dans le Mischné Tora » (p. 319 331). Il analyse le rituel que Maimonide 
donne à la fin du Séfer Ahaba et en détermine la place dans le dévelop- 
pement des rites synagogaux. Maimonide reste aussi fidèle que possible au 
Talmud. Il a des points de contact avec le rite espagnol (Siddour de R. 
Amram), mais il a également subi l'influence de l'ancien rite palestinien, 
qui était suivi en Egypte et qui a été recueilli dans le Siddour de Saadia. 
M. Elbogen formule à ce propos la règle suivante : « Les prières ou les 
tournures qui étaient combattues en Babylone, mais qui se sont conservées 
chez Saadia et dans le rituel égyptien ou romain, appartiennent au rite pales- 
tinien ». Nous doutons que la démonstration soit facile à faire. Quand il y a 
divergence, c'est plutôt entre l'académie de Sora et celle de Poumbedita, et 
l'Egypte paraît avoir été d'abord sous l'obédience de celle de Sora ; du reste, 
on ne comprendrait pas que le Gaon Saadia, ait préféré le rituel de son pays 
natal à celui de son académie. M. Elbogen présente lui-même son travail 
comme préparatoire; il resterait encore à examiner l'attitude de Maimonide 
vis-à-vis duminhag et du piout et certaines de ses assertions dans les Hilchot 
Te fi lia. 

M. Ad. Schwarz étudie « les rapports de Maimonide avec les Gueonim » 
(p. 332-410). L'étude consiste dans rénumération et la discussion de 68 pas- 
sages où Maimonide mentionne les Gueonim. M. Schwarz avoue qu'il en a 
peut-être oublié quelques-uns. Peut-être aussi en a t-il quelques-uns de trop, 
car il ne s'est pas demandé si les « Gueonim » de Maimonide sont toujours les 
« recteurs », comme il dit, des académies babyloniennes ou si ce titre n'est 
pas donné par lui à des autorités telles que R. Hananel ou Alfasi. La question 
méritait pourtant d'être posée, d'autant plus que Maimonide évite tous les noms 
propres. Quand il cite (H. Maach. Assour., xi, 10) les niJ^ûîl ■ , 3"I&W, H faut 
bien convenir qu'il a probablement en vue des rabbins de Kairouan [p. 363). 
Mais même quand la décision attribuée par Maimonide à des Gueonim est citée 
ailleurs sous la même rubrique, la preuve n'est pas faite. Ainsi, le Mordechaï 
sur Aboda Zara. 845 (non 846) dit : D""DJ'T D^lfcMn nm^r.3 'rO 

ttd« ira pttv mUEttEi D^m^ rma* yBa *pN->p:n "pa T"rtT3 

2~1 "nmb "ïb^DN. Ce texte ne confirme pas //. Maach. Assour., xi, 7 
(p. 362), car il émane très vraisemblablement d'un rabbin français ou allemand ; 
il y en a d'autres où les mots D^DTN^r» n"n*UL3n s'appliquent à des consulta- 
tions françaises ou allemandes (voir p. ex. Wellesz, dans Jahrbuch de)' Jild- 
Liter. Gesellsch., IV, 100). En l'absence d'un nom propre, le sens dialectique 
ne suffit pas à découvrir l'origine d'un texte, il y faut encore le sens littéraire. 
Mais les 6S exemples réunis par M. Schwarz fussent-ils tous buis, leurjuxtapo- 



126 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sition ne nous éclairerait pas encore sur l'attitude prise par Maïmonide vis-à- 
vis des Gueonim. Il aurait été suffisant, ou plutôt préférable, de grouper un 
certain nombre de textes caractéristiques, où l'on aurait vu, même sans être 
un grand talmudiste, comment Maïmonide apprécie les enseignements des 
Gueonim (niNlirt), ou leurs institutions (rOjpn), ou l'autorité de leurs tradi- 
tions (nbap). Telle quelle, l'étude de M. Scliwarz, d'ailleurs pénétrante et 
parsemée d'aperçus nouveaux, — p. ex. sur la portée de i3>D"l D""D (p- 358-60), 
sur les vœux et le Kol Nuire (p. 364-366 ; est-il sûr cependant que Maïmo- 
nide vise le Kol Nidrê et que cette formule fût déjà acceptée par tous de son 
temps ? voir Revue, XXXIX, 77), sur le calcul des périodes jubilaires (p. 369- 
372) — est un utile, sinon modeste complément au Késef Mischné. 

L'exégèse biblique de Maïmonide est un sujet épuisé par M. Bâcher (Die 
Bibelexegese Maimûnis, 1896; v. Revue, XXXHI, 317). M. Simon Eppenstein, 
dans des « Contributions à l'exégèse du Pentatcuque de Maïmonide » (p. 411- 
420), nous en fournit quelques nouveaux exemples, empruntés pour la plupart au 
Commentaire d'Abraham Maïmonide sur la Genèse et l'Exode, qu'il doit éditer 
prochainement. Mais nous ne voyons pas en quoi ces exemples dénotent une 
exégèse « qui, sans subir l'influence tendancieuse de la philosophie, s'efforce 
de pénétrer le sens propre de l'Écriture ». Maïmonide ne se dément pas. 

M. Israël Friedlaender examine, dans deux esquisses originales, « la langue 
arabe » (p. 421-428) et « le style de Maïmonide » (p. 429-438). On s'attache 
rarement à la forme d'un traité philosophique ; Maïmonide ne passe pas pour 
être artiste, et le Guide nous est plus familier dans la traduction hébraïque 
que dans l'original arabe. Encore moins est-on tenté d'admirer le style d'un code 
halachique. Mais M. Friedlaender établit (pion ne doit pas négliger ce côté 
de l'œuvre de Maïmonide ; si « le style, c'est l'homme môme », une indivi- 
dualité aussi prononcée que l'auteur du Guide n'a pu manquer de se créer en 
partie sou langage ou du moins de marquer à son empreinte le commun lan- 
gage. Taudis (pue sa langue, envisagée au point de vue grammatical et lexico- 
graphique, est celle des auteurs arabes contemporains — et il n'y a pas de 
judéo-arabe, comme on pourrait le croire, assez éloignée de l'arabe clas- 
sique, mais entièrement conforme à l'arabe moyen, et meilleure, plus pure et 
plus claire, que celle de Saadia, voire de Juda Hallévi, sou style est limpide, 
précis, imagé, réaliste aussi jusqu'au sarcasme. Peut-être aurait-il fallu dis- 
tinguer entre le style du More et du Vad et celui des petits traités et des 
lettres, qui est moins noble et plus familier. « Maïmonide n'est pas seulement, 
conclut M. Friedlaender, un des plus profonds penseurs, mais encore un des 
plus brillants écrivains du judaïsme. » 

Les deux derniers travaux s'occupent du Séfer ha-Miçvot. M. Rforitz Perilz, 
qui avait commencé à l'éditer (v. Revue. VI, 307), en examine le plan et le 
contenu (p. 439-474); c'est une véritable introduction qui contient l'essentiel, 
non seulement sur l'objet et la méthode, mais même sur les sources de ce 
traité ou, d'après l'auteur, de cette dissertation (r"ïTNp73?N). — 'Pour bien 
apprécier un ouvrage, il faut le comparer à ceux qui Tout précédé comme à 
ceux qui l'ont suivi ; le Séfer ha-Miçvot, notamment, appartient à un geme 
littéraire, où il occupe la place centrale. M. F. Ilosenthal étudie « la critique 
du Livre des Préceptes de Maïmonide par Nahmanide » (p. 475-495). U se 
borne avec raison aux divergences de principes qui séparent les deux talmu- 
distes et qui, outre qu'elles caractérisent leur esprit et leurs tendances, inté- 
ressent le problème de l'autorité de la tradition rabbinique. A noter que, 
d'après Nahmanide, le nombre 613 des préceptes ne représente qu'une opi- 
nion individuelle de Simlaî. Les discussions de détail offrent moins d'intérêt 
et témoignent surtout du désir, avoué par Nahmanide, de défendre l'auteur des 
Halachot Guedolot contre celui du Mischné Tora. 



BIBLIOGRAPHIE 127 

Eu quittant ce volume, le lecteur reste pénétré non seulement de recon- 
naissance pour ses collaborateurs, mais encore d'admiration pour celui qui a 
inspiré tant d'études de valeur. Sans doute, on nous a caché les ombres de son 
œuvre imposante ; M. Cohen a voulu nous prouver que le Guide était foncière- 
ment juif et Ziemlich que le Yad était incapable de suppléer le Talmud ; et 
pourtant Salomon b. Abraham et Luzzato savaient ce qu'ils disaient. Il reste 
aux éditeurs un moyen respectueux de faire à la critique sa place légitime : 
c'est de consacrer une partie du second volume aux adversaires de Maïmonide 
et aux luttes qu'ils ont suscitées. L'histoire des œuvres de Maïmonide permet 
de mieux les apprécier et, de plus, elle montre que, considérables en elles- 
mêmes, elles ne le sont pas moins par le retentissement qu'elles ont eu. Enfin, 
comme l'influence de Maïmonide apparaît surtout dans les travaux dont il a 
été l'objet, nous espérons trouver à la fin du recueil une bibliographie métho- 
dique et critique. 

Mosiman (S. K.). Eine Zusammenstellung und Vergleichung der Paral- 
leltexte der Chronik und der Rlteren Bûcher des alten Testaments. 
Thèse. Halle, 1907 ; in-8° de 126 p. 

Mossinsohn (B.). Paliistina, seine Stellung und Bedeutung in der vorexi- 
lischen Literatur des Alten Testaments. Dissertation. Zurich, Schaufel- 
berger, 1907 ; in-8° de 38 p. (Tirage à part de la « Schweizer Theolo- 
gische Zeitsehrift », XXIV). 

Muirhead (L. A.). The terms Life and Death in the Old and New Testa- 
ment. Londres, Melrose, 1908; in-8° de 162 p. 3 s. 

Mùlinen (E. von). Beitràge zur Kenntnis des Karmels. Leipzig, Baedeker, 
1908 ; in-8" de îv + 349 p., 2 cartes, 122 grav. M. 15 (Tirage à part de la 
Z. D. P. V.). 

Le chapitre sur les « races » contient quelques indications sur les Juifs de 
la région. Le § 16 décrit les colonies juives de « Chouschm », Ziehron 
Yaakob, etc. Dans cette région, l'auteur a découvert une inscription samari- 
taine du moyen âge, qui contient le premier paragraphe du Schéma; elle est 
expliquée en appendice par Schroder. 

Muller (D. H.). Strophenbau und Responsion in Ezechiel und den Psal- 
men. Vienne, Solder, 1908; gr. in-8° de 64 p. M. 2 (Biblische Stu- 
dien, IV). 

Poussé, à ce qu'il dit, par une force impérieuse, M. M. poursuit ses études 
sur la strophique biblique, qu'il oppose comme remède à la maladie métrique 
d'autres exégètes. D'après lui, le chap. xx d'Ezechiel se divise ainsi : 
Titre en prose: question des anciens (v. 1-2). 
Strophe d'introduction : réponse du prophète (v. 3-4). 
Israël en Egypte et dans le désert : 

Colonne A:7+7+7 + 4 stiches (v. 5-9) ; 

B : 7 + 7 + 4 + 7 (10-16) ; 17-19a est une strophe de 

transition; 
C: 7 + 7 + 4 + 7 (19 6-24) [25-26 est une strophe de 

transition]. 
Israël dans la Palestine et en exil : 

Colonne D : 4 + 7 + 3 (27-29) ; 
E : 4 + 7 + 3 ;30-32ï. 



128 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Retour et purification d'Israël : 7 + 7 (33-38); 

Le culte à l'étranger et dans la patrie: 7 + 7 (39-40) ; 

Dans la patrie: 5 + 5 + 5 + 5 (41-44). 

L'équilibre de cet agencement n'est pas très visible, surtout vers la fin; mais 
pour M. M., « le parallélisme vertical et horizontal des strophes est si évi- 
dent qu'il faut tout simplement être aveugle pour le nier » (p. 16). — Le 
psaume lxxviii, dont le fond est analogue à celui de ce chapitre, forme cinq 
strophes de dix-huit stiches chacune, sauf celle du milieu qui n'en compte que 
neuf. 

Ezéchiel xxm ne serait pas moins facile à décomposer : Introduction (v. 2-4) ; 
histoire d'Ohola, 3 strophes de 6 + 8 + 8 stiches (5-6, 7-8, 9-10); histoire 
d'Oholiba, 7 strophes de 6+ 3 x 8 + 3 x 8 (11-12, 14-15,16-18,19-21, 22-23, 
24-25, 26-27); 11 c, 13, 19 c, 25 e-/"sont des gloses. 

Étant donné le caractère géométrique de la pensée et du style d'Ezéchiel, il 
n'est pas étonnant qu'on trouve dans ses compositions des ébauches de strophes. 
surtout quand il énumère des épisodes successifs, comme dans le chap. xx, 
ou qu'il trace deui portraits parallèles, comme dans le chap. xxm. Quant au 
psaume lxxviii, les répétitions relevées par M. M., qui est obligé de convenir 
qu'une strophe est boiteuse, seraient plutôt des indices d'une faiblesse dans 
la composition. 

Il faut reconnaître que M. M. use modérément des corrections et des trans- 
positions, et qu'il se règle essentiellement sur le sens. Même s'il n'a pas prouve 
l'existence d'une strophique consciente en découvrant des formes fixes qui 
s'adaptent à des tirades diverses, sa théorie a le mérite de faire ressortir la 
marche des idées, certaines correspondances et oppositions qui marquent le 
rythme de la pensée. 

En dehors de ses reconstructions strophiques, M. M. présente des observa- 
tions judicieuses et son commentaire est toujours vivant. Sur Kzéeh., xx, il 
reprend l'hypothèse de Friedmann. d'après qui les anciens seraient venus 
demander au prophète s'il était permis de construire un temple en Babylonie. 
Cette conjecture, dont le souvenir lui a été suggéré par le temple d'Eléphan- 
tine, est séduisante, niais ne peut guère s'autoriser que du v. 40; autrement, 
le temple n'est même pas nommé : "1BOH "J73 "lOn "rp*3>. — Si dans le chap. xx, 
Ezéchiel imite l'Exode et le Lévitique, il s'inspire dans le chap. xxm, d'Osée, 
ii, 4-17. En fait de corrections, nous notons dans Ps., lxxviii, 57, celle de 
130^1 en topt, comme au v. 18; mais dans la dernière strophe, si strophe il 
y a, il n'est plus question de tentation, et voilà comment la strophique, guide 
parfois utile, peut lancer sur de fausses pistes. 

En appendice, M. M. présente une division strophique et une traduction des 
chap. vu, xvii et xxn de Jérémie, dont il maintient l'authenticité ; touchant 
xvn, 19-27, il observe avec raison que Jérémie pouvait recommander l'obser- 
vation du sabbat, loi sociale autant que religieuse. 

Muller (I). H.). Die Bergpredigt im Lichte der Strophentheorie. Vienne, 
A. Holder, 1908; gr. in-8° de 94 p. M. 3,60 (Biblische Studicn, V). 

En 1896, M. Millier publiait un ouvrage, Die Propheten in ihrer ursprilny- 
lichen Fovm, où il établissait « les lois fondamentales de la poésie sémitique 
dans la Bible, les cunéiformes et le Coran ». Toutes ces littératures usent de 
la forme strophique, comme si des discours étaient des poèmes et que l'élo- 
quence, parlée ou écrite, fût régie par les lois de la poésie. 11 est vrai que la 
strophe mullérienne est libre et irrégulière, qu'elle ne comprend pas un 
nombre déterminé de vers assujettis à un ordre qui se répète dans toute la 
pièce : c'est simplement • un groupe de vers formant unité, un faisceau 



BIBLIOGRAPHIE 129 

d'idées représentant une idée ». Les différentes strophes d'une composition 
correspondent entre elles par concordance ou opposition ; cette correspondance 
est la « responsion », qui est « l'élément de cristallisation de la strophe » et 
qui est marquée par des procédés divers : quand le premier vers d'une strophe 
répond au dernier, on a une a inclusion » ; quand le dernier vers d'une 
strophe répond au premier de la strophe suivante, on a une « concaténation ». 
M. M. en donne quelques exemples, qui lui paraissent particulièrement décisifs, 
à la lin de la présente étude, qui s'adresse surtout aux interprètes du Nouveau 
Testament. 

M. M. fait ici l'application de sa théorie aux discours de Jésus, qui occupent 
l'intervalle entre les Prophètes et le Coran. « Le Discours sur la Montagne est 
une composition pleine d'art. » Les béatitudes forment deux strophes qui se 
répondent (Luc, vi, 20-23 et 24-26). Des cinq antithèses, la première, sur le 
meurtre, se compose de 3 strophes de 6+5 + 6 lignes (Matth., v, 21-26) ; la 
seconde, sur l'adultère, de 4 strophes de 5 + 4+4+5 lignes (27-42) ; les 
3 autres, sur le serment, la loi du talion et l'amour du prochain, forment cha- 
cune une strophe de 10 lignes (33-37, 38-42, 43-48). La tirade de la piété 
comprend 3 strophes de 8 lignes chacune, sur les trois formes de la piété : 
l'aumône (vi, 2-4), la prière (5-6) et le jeune (16-18); des intercalations sur la 
prière séparent les strophes 2 et 3. Viennent ensuite 3 strophes sur le vrai 
trésor (vi, 19-21, 22-23, 24), un poème de 7 strophes sur les oiseaux du ciel 
et les lis des champs (Matthieu, vi, 25-33; Luc, xii, 22-32), etc. Outre les 
morceaux parallèles au Discours sur la Montagne, l'auteur étudie l'instruction 
aux apôtres (Matt., x, 5-42 et parallèles), l'exorcisme des démons (Matt., xn, 
25-32 et parallèles) et l'apostrophe aux Pharisiens (Matt., xxm, 1-36). 

Cette analyse a le mérite de faire apparaître non seulement les procédés 
de rédaction du premier Évangile, mais aussi la succession et l'enchaînement 
des idées; elle permet de déceler les intercalations ou plutôt les couches suc- 
cessives. Ainsi, il est visible que les conseils sur la manière de prier (Matth., vi, 
7-9) et la formule de la prière par excellence (9-14) interrompent le contexte; 
l'oraison, qui est autrement introduite dans Luc, xi, 1, a été transportée à 
cette place par le rédacteur de Matthieu. Cet exemple, qui est le plus probant 
— aussi M. M. l'a-t-il détaché pour le mettre en tète de sa démonstration — 
prouve cepeudantque le Discours sur la Montagne est une compilation d'élé- 
ments divers, et quelle apparence que le compilaieur ait compilé en strophes? 
De même, les 4 strophes dont se composerait l'instruction aux apôtres dans Luc 
(x, 3-11) correspondent aux 2 premières strophes sur les 8 que forme la même 
instruction dans Matthieu (x, 5-42). Aussi, M. M., qui a senti cette diffi- 
culté, est-il tenté d'admettre que Jésus a prononcé les deux discours dans 
deux occasions différentes (p. 71). Mais pourquoi le discours que Jésus fait 
après avoir chassé les démons compte-t-il 4 strophes dans Matthieu (xii 
25-26, 27-28, 29, 31-32) et 3 dans Luc (xr, 17-18, 19-20, 21-22) aussi bien 
que dans Marc (m, 24-26, 27, 28-29)? Du reste, ce n'est pas ainsi que la 
critique évangélique explique la tradition des discours de Jésus. Nous tou- 
chons là le nœud du problème : ces discours, même s'ils sont authentiques 
en leur fond, ont passé par tant de bouches et de mains que les recensions 
qui nous en ont été conservées sont des répliques inlidèles de l'original et ne 
peuvent en reproduire la structure. Il faudrait donc, encore une fois, attribuer- 
la disposition strophique aux derniers rédacteurs. 

Pour que nous passions sur ces difficultés, il faudrait, du moins, (pie la 
division strophique fût continue et sans lacunes, qu'elle lut mieux parquée 
extérieurement, qu'une strophe ne fût pas formée de deux fragments rappor- 
tés Matth., vu, 1-9, et Luc, vi, M-i2 , que des ligues ne fussent pas ajoutées 
T. LX, N" 119. 9 



130 REVOE DES ÉTUDES JUIVES 

ou retranchées çà et là. Au contraire, le caractère didactique et sentencieux 
des discours évangéliques suffirait à expliquer les phénomènes qui ont frappé 
M. M. 

Ceux qui ne seront pas convaincus par sa thèse strophique trouveront dans 
son commentaire des remarques judicieuses et fines. Ainsi, dans Matth., vi, 1, 
8ixaioauvr] désigne non la « charité », mais la « piété », qui, d'après les textes 
rabbiuiques aussi, comprend l'aumône, la prière et le jeune, ou la pénitence 
(p. 8); dans Matth., v, 31, )>6yo; Troç>veta; est l'équivalent de miJ "131, tiré 
par les rabbins de '■m DT\y (M. Guitt., ix, 10), et, à ce propos, M. M. explique 
bien, contre Wellhausen, l'attitude de Jésus vis-à-vis du divorce et de l'adultère 
(p. 19-22); Matth., vr, 19-20, rappelle le mot de Monobaze dans T. Péa, iv, 18. 
Ces exemples montrent combien l'intelligence des Évangiles a encore à gagner 
du concours des hébraïsants, mieux peut-être que les extraits de la traduc- 
tion hébraïque de Delitzsch, que M. M. reproduit (p. 72-81) pour mettre en évi- 
dence le « sémitisme » des Évangiles. 

Mi'iLLER (J.). Beitrâge zur Erklârung und Kritik des Bûches Tobit. — 
Smknd (R.). Alter und Herkunft des Achikar- Romans und sein Verhalt- 
nis zu Aesop. Giessen, Topelmann, 1908; gr. in-8° de 125 p. M. 4,40 
(Beihefte zur Z. A. W., XIII). 

Muhr (C. G.). Versuch eincr Gcschichte dcr Juden in China. Nebst P. Ignaz 
Kôglers Beschreibung ihrer hl. Bûcher in der Synagoge zu Kaifong-fu. 
Halle, 1906 [Berlin, Lamm, 1908] ; in-8° de 74 p. M. 3. 
Réimpression anastatique. 
Musil (Alois). Arabia Petraea. II. Edorn. Topographischer Bericht. Vienne, 
Hôlder, 1907 et 1908 ; 2 vol. gr. in-8o de xn + 343 et x -f 300 p., cartes 
et gravures. 

La première partie est consacrée à Moab {Revue, LV1I, 112). Une carte a 
paru en 1906 : Karle von Arabia Petraea nach eigenen Aufnahmen. 
Massstab 1 : 300.000. 

Nui-mark (I).). Voir à Catalog ofthe Hebrew Union Collège. 

Nicolardot (F.). La composition du livre d'Habacuc. Paris, Fischbacher, 
1908 ; in-8° de 99 p. 

Voici enfin un livre d'exégèse biblique qui est français, dont le plan est 
méthodique et le style avenant. L'auteur est bien informé, c'est un critique 
averti, judicieux, prudent, ce qui n'exclut pas la finesse. Son travail a les 
qualités d'une bonne thèse de doctorat. 

Après une copieuse bibliographie critique, M. N. traduit et annote les 
trois chapitres d'Habacuc; dans la traduction, aussi fidèle qu'il se peut, et 
qui rend le mouvement du texte, les différents éléments sont distingués typo- 
graphiquement ; le commentaire fait une assez large place à la critique 
conjecturale, mais sans apporter — ce n'est pas un reproche — de nouvelles 
conjectures. Passant à l'étude de la composition d'Habacuc, l'auteur examine 
et repousse toutes les interprétations « unitaires » : le livre n'est pas « un bloc 
indivisible ». Il faut y distinguer plusieurs sources et dans ce but, M. N. pro- 
cède à une analyse régressive. Le chapitre ni, d'abord, est un cantique post- 
exilique, qu'on pourrait placer entre le v e siècle et la fin du m*. Les malé- 
dictions de il, 5-19 (20 étant une glose de transition) sont dirigées contre les 
Chaldéens, dont elles annoncent la ruine prochaine ;• elles datent donc des 
environs de 550. Le conglomérat de i, 2 - n, 4, est plus difficile à dissocier; 



BIBLIOGRAPHIE 131 

on y reconnaît une prophétie, i, 6-10, 14-17, et une sorte de psaume, i, 2-4, 13, 
à quoi il faut ajouter n, 4. La prophétie, qui vise les Chaldéens et est des 
environs de 604, après Karkemich, forme uoe série de strophes où les distiques 
alternent avec les tétrastiques, tandis que le psaume, qui a été rédigé entre 
le v e et le m« siècles, se compose de cinq tétrastiques complets. Les différences 
de la strophique confirment la distinction des éléments. On voit que M. N. 
combine les opinions de Stade, de Rothstein et de Marti ; la seule originalité 
de son analyse consiste à éliminer n, 1-3, et à rattacher n, 4 à i, 13. 

Mais la partie nouvelle de son étude est la synthèse, l'explication de la 
« combinaison rédactionnelle ». Les deux prophéties de 604 et de 530 se sont 
trouvées rapprochées en vertu de leur commune application aux Chaldéens; 
c'est plutôt la seconde qui appartiendrait à Habacuc. Pour expliquer la gran- 
deur et la décadence des Chaldéens, un rédacteur s'est servi d'un psaume, 
qu'il a divisé en tronçons, légitimant successivement, par l'intervention de la 
justice divine, le châtiment des Chaldéens sur Juda et celui de Mèdes sur les 
Chaldéens. Un second psaume couronnerait ces enseignements, « en montrant 
Dieu en personne derrière les instruments humains de sa Providence ». La 
compilation définitive se placerait au cours du m c siècle. M. N. ne présente 
ces dates qu'à titre hypothétique, mais nous croyons qu'à défaut d'allusions 
précises, il faut s'abstenir de toute datation. Sa reconstruction nous parait, 
comme à lui-même sans doute, très problématique ; nous nous refusons 
notamment à regarder comme gloses des versets qui ne portent pas le caractère 
vague et amorphe d'additions rédactionnelles; qui croira, par exemple, que 
« les versets n, 13 sont. . . tout entiers commandés, dans leur matière, par 
la fiction unitaire du rédacteur » ? 

A moins de découvertes nouvelles, nous ne pensons pas qu'on puisse par- 
venir à des résultats plus certains que ceux de M. JN. Tout au plus pourrait-on 
regretter qu'il n'ait pas choisi, pour le doctorat ès-lettres, un sujet qui lui eût 
fourni la matière d'une « thèse ». Quoi qu'il eu soit, son étude mérite l'accueil 
flatteur qu'elle a reçu de la Faculté et elle nous fait augurer de la renaissance 
des études bibliques dans l'Université. 

Niebergall (S.). Was ist uhs heute die Bibel ? Tubingue, Mohr, 1907; 
in-8° de 85 p. 

Nikel (J.). Alte und neue Angriffe auf das Alte Testament. Munster, 
Aschendc-rff, 1908; gr. in-8° de 47 p. M. 0,60 (Biblische Zeitfragen, 
herausg. v. I. Nikel n. I. Rohr, I, 1). 

Nikel (J.). Der Ursprungdes alttestamcntlichen Gotlesglaubens. Munster, 
Aschendortf', 1908; gr. in-8° de 43 p. M. 0,50 (Biblische Zeilfragen, 

1,2). 

Nikel (J.). Die Glaubwùrdigkeit des Alten Testaments im Lichte der 

Inspirationslehre und der Literarkritik. Munster, Aschendorff, 1908; 

gr. in-8° de 48 p. M. 0,60 (Biblische Zeilfragen, I, 8). 
Nobel (J.). Offenbarung und Tradition. Eine religionsphilosophische 

Betrachtung. Francfort, J. Kauft'mann, 1908 ; in-8° de 30 p. M. 0,60. 
Nowagk (W.). Amos und Hosea. Tubingue, Mohr, 1908; in-t2° de 48 p. 

M. 0,70 iBeligiongeschichtliche Volksbûcher, II, 9). 

Nystrom (O. E.). Den s. k. hôgre bibelkritiken. En vidriiknig med de 
moderna falske profeterna jamte nàgra ord om den heliga skrifts myn- 
dighet och ingifvelse. Goteborg, 1907 ; in-8°de 83 p. 



132 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Oesterley (W. 0. E.). The évolution ot* Ihe Messianie Idea, a Study in 
comparative Religions. Londres, Pitman, 1908; in-8° de 276 p. 
3 s. 6 d. 

Old Testament and Semitic étudies in Memory of William Rainey Harper, 
edited by R.-F. Harper, F. Brown, G. Foot Moore. Chicago, The Uni- 
versity of Chicago Press, 1908; 2 vol. in-4° de xxxiv -f 400 et 438 p., 
1 photograv. 

I. Crawford H. Toy : On some conceptions of the Old Testament Psalier 

(1-34). 
Henry P. Smith : Theophorous proper names in the Old Testament (35-64). 
Charles Augustus Briggs : An analysis of Isaiah 40-62 (65-112). 
Hinckley G. Mitchell : The omission of the interrogative particle (113-130). 
Max L. Margolis : Gharacter of the anonymous Greek version of Habak- 

kuk, ch. 3(131-142). 
George Foot Moore : Notes on the name rllïT (143-164). 
William B. Arnold : The rhythms of the ancient Hebrews (165-204). 
Frank Chamberliu Porter : The pre-existence of the soûl in the Book of 

Wisdom and in the Rabbinical writings (205-270;. 
John D. Davis : Persian words and the date of Old Testament documents 

(271-284). 
Travaux araméens, arabes, assyriologiques. 

II. Lewis B. Paton : A text-critical apparatus to the book of Esther (1-52). 
Charles Cutler Torrey : The apparatus for the textual criticism of Chro- 

nicles-Ezra-Nehemiah (53-112). 
Paul Haupt : Critical notes on Esther (113-204). 

Julius A. Bewer : Critical notes on Old Testament passages (205-226)... 
Charles P. Fagani : The structure of the text of the book of Zephaniah 

(259-278)... 
Nataniel Schmidt : The original language of the parables of Enoch (327-350). 
Richard J. H. Gottheil : Dhimmis and Moslems in Egypt (351-414). 
John M. P. Smith : The strophic structure of the Book of Micah (415-438). 

Oort (H.), Knappert (L.). De Leidsche verlaling van liet Onde Testament. 
Assen, Hansma, 1908 ; in-8° de 70 p. fr. 70. 

Oppenheimer (F.). Genossenschaftliche Ansiedlungen von Juden in Pala- 
stina. Vienne, 1907 ; in-8° de 18 p. K. 0,50. 

Ouchard (W. E.). The évolution of the Old Testament Religion. Londres, 
Clarke, 1908 ; in-8° de 288 p. 3 s. d. 

Orelli (C. v.). Der Knecht Jahve's im Jesajabuche. 5 e mille. Gr. Lichter- 
felde, Runge, 1908 ; in-8° de 47 p. M. 0,50 (Biblische Zeit- und Streit- 
fragen, IV, 6). 

Orklli (C. v.). Die Zwôlf kleinen Propheten ausgelegt. 3. neubearb. Aiifl. 
Mit einem Anhang : Zur Metrik der hebr. Prophetcnschriften. Munich, 
Beck, 1908 ; in-8° de vin -f- 213 p. M. 3,50 (Kurzgefasster Kommentar su 
den heil. Schr., A, V, 2). 

Orelli (C. von). The Peculiarity of the Religion of the Bible. New-York, 
1908 (Foréign religions Séries). 



BIBLIOGRAPHIE 133 

Ottolenghi (R.). Voei d'Orienté. Studi di Storia religiosa. Vol. II. Gènes, 
Libreria Moderna, 1C08; in-8° de xlix -f 218 p. L. 6. 
Le premier volume a paru en 1906. 
Palâstinajahrbuch des Deutschen Evangelischen Instituts fur Altertums- 
wissenschaft des heiligen Landes zu Jérusalem. . . herausg. von G. Dal- 
man. Dritter Jahrgang. Berlin, Mittler und Sohn, 1907 ; in-8° de iv -f- 
176 p., 6 pl.,4 fig. M. 3. 

Gressmann décrit un tombeau préhistorique au Mont des Oliviers (p. 72-75) 
et Schwôbel esquisse une géographie humaine du désert de Juda (p. 76-132). 
Les autres travaux intéressent la Palestine chrétienne. 

Palâstinajahrbuch des Deutschen Evangelischen Instituts fur Altertums- 
wissenschaft des heiligen Landes zu Jérusalem. .. herausg. von G. Dal- 
man. Vierter Jahrgang. Berlin, Mittler und Sohn, 1908; in-8° de iv -f- 
131 p., 7 grav., 8 tables, 1 carte. M. 2,60. 

G. Dalman: les pierres creuses en Palestine et leur intérêt pour l'histoire de 
la civilisation et de la religion (p. 27-53) ; H. Gressmann : description du 
dôme de pierre [Felsendom) de Jérusalem (p. 54-66) ; Baumann : une noce à 
el-bire (p. 67-76) ; G. Dalman : le niveau de la Mer Morte s'élève peu à peu, 
ce qui explique que Sodome ne soit pas réapparue (p. 77-87) ; Tausen : voyage 
« de la Montagne de Moïse au Tombeau de Moïse » (p. 91-103) ; Gressmann : 
voyage à l'est du Jourdain (p. 104-131). 

Pannier (E.). Les Psaumes d'après l'hébreu, en double traduction, avec 
indications métriques et strophiques et la Vulgate latine en regard. 
Lille, R. Giard, 1908 ; in-8° de xxvm -f 423 p. 12 fr. 

Paton (L. B.). A critical and exegtical Gommentary on the Book of Esther. 
Edimbourg, Clark, 1908, in-8° de 17 -f 339 p. 10 s. 6 d. (The Interna- 
tional Critical Gommentary). 

Paton (L. B.). Jérusalem in Bible times. Chicago, University of Chicago 
Press, 1908; gr. in-8° de xii + 169 p. 4 s. 6 d. 

Peake (A. S.). The Religion of Israël. Londres et Edimbourg, Jack, 1908 ; 
in-16° de 184 p. 1 s. (The Century Bible Handbooks). 

Peritz (M.). Des Buch der Gesetze (rmattDbfi* 115 ^D nbNpsb») (ibo 
rmatTan) nach seiner Anlage und seinem Inhalte untersucht. Leipzig, 
G. Fock, 1908 ; gr. in-8° de xxxvi p. 
Voir à Moses ben Maimon. 

Perlberg (F.).Palastina-Album. Munich, Andelfinger, 1908; 10 aquarelles. 
If. 1. 

Perles (F.). Voir à Staerk. 

Perls (Armin). Beszédek, III. Pécs, irodalmi es Konyvnyomdai részvény- 
târsasâg, 1908 ; gr. in-8° de 171 p. 

Pkrrochet (A.). L'évolution religieuse en Israël. Saint-Biaise, Foyer soli- 
dariste, 1908 ; in-8° de 43 p. fr. 80. 

Peters (C). Ophir. Nach den ncuesten Forschungcn. Berlin, E. Fclber, 
1908; in-8° de 36 p. M. 1. 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Les recherches toutes récentes d'après lesquelles M. P. veut localiser l'Ophir 
biblique sont, à ce qu'il semble, celles de M. P. lui-même, qui a publié sur 
cette question un ouvrage plus considérable, Das Goldland des Altertums 
(Munich et Leipzig, 1902), auquel il se réfère, mais que nous ne connaissons 
pas. Est-ce parce que nous ne le connaissons pas que nous n'avons pas été 
convaincu ? Ou est-ce parce que les arguments qu'il produit dans cette bro- 
chure n'emportent pas la conviction ? Après avoir cité tous les passages 
bibliques qui mentionnent Ophir, il cherche le pays qui répond au signalement. 
Outre l'or, dit-il (p. 17), Ophir exportait de l'ivoire. Mais le passage où 
l'ivoire est, ou semble nommé (D^SÏIDTD), I Rois, x, 22 = II Chr., ix, 21, ne 
parle pas d'Ophir. Ses preuves philologiques ne sont pas plus solides : TD"iN 
est Afer, ancien nom sémitique (?) de l'Afrique ; la Septante rend Ophir par 
louçi'p, c'est-à-dire Sofara ou Sofala sur la côte d'Afrique (qu'en savait le tra- 
ducteur grec?). D'après Eupolème — encore une autorité — David a envoyé 
des mineurs dans l'île d'Urphe, dans la Mer Rouge — entendez dans l'Océan 
Indien. J'oubliais de dire que l'Ophir de M. P. est sur la côte sud-est de 
l'Afrique, près du Zambèze. 

L'auteur assure que cette thèse a provoqué une certaine émotion en Alle- 
magne, même dans les cercles politiques. Nous ne voulons pas rechercher si 
elle couvre des projets d'exploration ou de colonisation, mais elle nous a paru 
iuoffensive. . 

Peters (M. CL). Justice of the Jew : the Story of what he has done for the 
world. New-York, Me Cluse C°, 1908 ; in-12° de xiv -f- 244 p. 75 c. 

Petuchowski (M.). Voir à Mischnajot. 

Porges (N.). Joseph BechorSchor, ein nordfranzôsischer Bibelerklarer des 
XIII. Jahrhnnderts. — J. Guttmanm. Kant und das Judentum. 2 Vortràge 
gehalten in der Generalversammlung der Gesellschaftam 23. Dezember 
1907 zu Berlin. Leipzig, G. Fock, 1908; in-8° de 61 p. M. 1,50 (Schriften 
herausg. von der Gesellschaft znr Fordcrung. der Wissenschaft des 
Judentnms). 

La conférence de M. Porges a déjà été appréciée (Revue, LVII1, 307-314). 
Voici une analyse de celle de M. Guttmann sur les rapports de Kant avec le 
judaïsme. 

On sait que Kant entretint d'amicales relations avec Mendelssohn, cpie Marcus 
Herz et Ben David furent ses fidèles disciples, Salomon Maimon un de ses pre- 
miers et de ses plus profonds critiques. La philosophie de Kant se répandit 
dans les cercles juifs et Schleiermacher disait méchamment que, sur trois ou 
quatre Juifs éclairés, il y avait au moins un kantien. D'après M. G., ce succès 
est dû à ce (pie Kant est, au point de vue moral et religieux, le dernier repré- 
sentant de la philosophie de VAufklârung, dont les principes et les tendances 
sont ceux du judaïsme moderne, tel qu'il s'est précisément élaboré à la lin du 
xvm e siècle. 

Il est d'autant plus étonnant que le philosophe de Konigsberg n'ait subi en 
rien l'influence du judaïsme. Il n'a fait aucune étude personnelle de la Bihle 
et les théologiens juifs du moyen âge lui sont étrangers; c'est tout au plus 
s'il a pu connaître indirectement quelques idées de Maimonide. Aussi se fait-il 
l'idée la plus fausse du judaïsme; il ne veut y voir qu'une société politique 
qui n'a ni sentiment religieux, ni sentiment moral, mais des lois formelles 
et des pratiques tout extérieures. M. G. fait remonter cette conception du 
judaïsme au Tractatus de Spinoza ; elle aurait passé en Allemagne par 






BIBLIOGRAPHIE 135 

P intermédiaire des déistes anglais. N'est-ce pas plus simplement la conception 
des théologiens chrétiens? 

Les idées de Kaut n'en présentent pas moins de réelles affinités avec celles 
du judaïsme, si l'on fait ahstractiou de la différence qui sépare une doctrine 
religieuse d'un système philosophique. Le criticisme affirme, aussi bien que le 
judaïsme, la primauté de la loi morale, la valeur de la personne morale et le 
respect du prochain considéré comme personnalité morale, la solidarité de la 
personnalité et de la collectivité morales. Ce qui rapproche encore Kant du 
judaïsme, c'est qu'ici et là, la morale est la base de la religion, que l'individu 
a des devoirs envers la société et que l'humanité tend vers le messianisme, 
c'est-à-dire vers le progrès. 

Il nous semble qu'on pourrait creuser davantage ce problème et examiner 
s'il est vrai, comme de grands philosophes l'ont soutenu, que la morale kan- 
tienne soit d'origine judéo-chrétienne et que « l'impératif catégorique descende 
du Sinaï ». 

La conférence de M. Guttmann est substantielle, d'une pensée sûre et d'un 
style soutenu. 

Poznanski (S.). The Karaite literary opponents of Saadiah Gaon. Londres, 
Luzac, 1908 ; in-8" de vu + 104 p. 

Voir le compte rendu de M. Margoliouth, Revue, LVII, 311-314. 

Psichari (J.). Essai sur le grec de la Septante. Paris, Klineksieck, 1908; 
in-8° de p. 161-208 (Extrait de la « Revue des Études Juives »). 

Publications of the American Jewish Historical Society. Number 16. 
1907 ; in-8° de xvn + 230 -f 13 p., 1 portrait. 

Table des matières scientifiques : 

P. A. Hilfmann : Some furtlier notes on the history of the Jews in Surinam. 

Max J. Kohler : Some Jewish factors in the seulement of the West. 

L. Hùhner : The struggle foi 1 religious liberty in North Carolina, with spé- 
cial référence to the Jews 

J. F. Sachse : Jacob Philadelphia, mystic and physicist (espèce de Piobert 
Houdin de la seconde moitié du xviii siècle, qui essaya d'établir des 
relations commerciales entre la Prusse et les États-Unis). 

L. Geiger : Jacob Philadelphia and Frederick the Great. 

S. Oppenheim : An early Jewish colony in Western Guiana, 1658-1666, 
and its relation to the Jews in Surinam, Cayenne and Tobago. 

Notes (divers). 

Raisin (J. I.). Sect, creed and custom in Judaism. A study in Jewish 
Nomology. Philadelphie, Greenstone, 1907 ; in-8° de xv + 142 p. 

Histoire du « Minhag », y compris naturellement le « Minhag America ». 
A ces considérations, d'ailleurs intéressantes, mais où le lecteur se perd à la 
suite de l'auteur, sur le développement du droit coutumier chez les Juifs, on 
«jurait préféré une histoire précise et approfondie de quelques minhayuim 
caractéristiques. 

Rapoport (S.). Taies and Maxims from the Midrash. Londres, 1907; in-8° 
de 272 p. 

Rappoport (Ch.). Palastina-Studien. Ein wissenschaftliches Buch i'iber 
aile Vcrhaltnisse Paliistinas, bearbeitet, gesammelt und (sic) unter 
Mitwirkungder grosster Fachmannern [sic). Jérusalem, 1908; pet. in-8° 
de 62 p. 



136 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Différents petits articles sur la Palestine ancienne et moderne (fouilles de 
Sellin, etc.), la plupart sans grand intérêt ; les « grands spécialistes » sont 
des inconnus pour nous. 

Rawicz (M.). Der talmudische Traktat « Chulin », welcher von den Regeln 
des jùdisch-rituellen Schlachtens handelt ...ins Deutsche iibertragen 
und kommentiert. 1. Tl. : Fol. 2a bis 69 6. Offenburg, chez l'auteur, 
1008; gf. in-8° de 335 p. M. 10. 

Redpath (H. A). The Book of the Prophet Ezekiel, with introduction and 
notes. New-York, 1907 ; in-8° (Westminster Commentary). 

Reich (H. L.). Modernismus und Judentum. Eine Apologie. Vienne et 
Leipzig, W. Braumuller, 1908; gr. in-8° de vu -f 63 p. K. 2,40. 

Apologie du judaïsme et exhortation à lui rester fidèle. Titres des cha- 
pitres : Un appel, l'histoire considérée comme une apologie, modernisme et 
religion, l'éthique considérée comme base de l'État et de l'Église, croyance et 
confiance en Dieu, les sciences naturelles et le récit de la création, les lois 
alimentaires, l'amour du prochain et la tolérance. — Banal. 

Riemer (A.). Die Juden in niedersachsischen Stlidten des Mittelalters. 
Dissertation. Goettingue, 1907 ; in-8° de 70 p. 

Riessler (P.). Wo lag das Paradies? Hainm, Breer und Thiernann, 1908; 
gr. in-8» de m -j- 2 ^ P- M. 0,50 (Frankfurter zeitgemàsse Broschuren. 
27. Bd., 12. Heft). 

Rodkinson (M. L.). Voir à Talmud. 

Rodkinssohn (M. L.). The History of the Talmud from the time of its 
formation, about 200 b. G., to the présent date. Londres, Luzac, 1908 ; 
in-8° de 450 p. 27 s. 6 d. 

Rogers (Rob. William). The Religion of Babylonia and Assyria cspecially 
in its relations to Israël. Londres, Luzac, 1908; in-8 1 de xiv -j— i235 p., 
illustr. 

Cinq « lectures » faites à l'Université de Harvard : la découverte d'une reli- 
gion perdue, les dieux de la Babylonie et de l'Assyrie, les cosmologies, les 
livres sacrés, les mythes et les épopées. Clair et bien présenté. 

Rose» (C.). Die heiligen Schriften des alten Judentums. Ausfùhrliche 
Inhaltsiibersicht mit kurzgefasster spezieller Einleitung. 1. Teil. Die 
historischen Schriften. Munster, Aschendortï", 1908 ; in-8° de vi -j-256 p. 
M. 4. 

Rose.nberg (H.). Das Geschlecht der Hauptworter in der Mischna. Berlin, 
Mayer et Millier, 1908; §v. in-8° de 78 p. (Tirage à part de la M. G. 

w. /., lu). 

En hébreu, les noms qui ont une terminaison féminine sont généralement 
féminins. Pour ceux qui n'ont pas de terminaison féminine, c'est la construc- 
tion qui indique le genre. M. R. a groupé par ordre alphabétique tous les 
noms de cette seconde catégorie qui se trouvent dans la Mischna et dont le 
genre est déterminé par le contexte ; il eût été bon de dépouiller du même 
coup les autres recueils taunaïtiques. Les résultats de cette enquête ne man- 
quent pas d'intérêt et comblent une lacune sensible de nos dictionnaires. La 



BIBLIOGRAPHIE 137 

lexicographie de l'hébreu biblique y trouve aussi son compte : la Mischna 
permet de fixer le genre de 113 substantifs dont on ne pouvait savoir, par la 
Bible, s'ils étaient masculins ou féminins (comp. l'article du même auteur 
daus la Z. A. W. de 1905). Le vocabulaire de la Mischna, s'il contient beau- 
coup de noms grecs — également examinés par M. R. — a conservé des élé- 
ments anciens. Ainsi du pluriel D^N'Jp, la Mischna a le singulier m^p, 
etc. Mais ici une réseive s'imposait : la forme et le genre d'un nom peuvent 
changer dans l'évolution de la langue. Pour le genre de douze noms au moins, 
la Mischna est en désaccord avec la Bible. 

L'étude de M. R. est faite avec le plus grand soin. Il a utilisé l'édition 
princeps de la Mischna, celle de Venise, la recension publiée par Lowe et le 
ms. de Munich 95. Peut-être choisit-il quelquefois arbitrairement quand les 
textes ne s'accordent pas sur le genre d'un nom. Mais en général il procède 
avec prudence et esprit critique. 

Rosenthal (L. A.). Die Lebensfàhigkeit des Judentums und sciner Formen. 
Naeh einem Vortrag im « Zentralverein fur die Interessen derjùdischen 
Gemeinde » am 9. April 1908. Strasbourg, Trubner, 1908 ;in-4<> de 12 p. 
à 2 col. 

La question traitée par M. R. pourrait intéresser les lecteurs de la Revue, 
si elle était traitée différemment. M. R. la formule ainsi : « Le judaïsme sous 
son aspect actuel, avec sa religion et sa morale ainsi qu'avec ses formes, 
peut-il compter sur l'avenir, ou son maintien ne saurait-il lui être assuré que 
par une transformation totale ? » On peut essayer de répondre à cette ques- 
tion en montrant, l'histoire en main, que le judaïsme s'est toujours adapté au 
milieu ou qu'il se concilie avec la pensée et la vie modernes. M. R. ne tente pas 
cette démonstration et se contente de considérations sentimentales, dont nous ne 
contestons pas l'importance — ce qu'il dit par exemple de la valeur religieuse 
et morale des lectures de la Tora est juste — mais qui ne relèvent pas de la 
critique scientifique. 11 affirme de même, mais ne prouve pas, la nécessaire et 
éternelle solidarité des croyances et des pratiques. Là où M. R. a parfaite- 
ment raison, c'est quand il dénie à ses adversaires, les libéraux, le droit 
d'invoquer les Prophètes. Mais au lieu de se borner à leur remontrer que les 
Prophètes connaissent et recommandent les cérémonies, il aurait pu leur 
objecter qu'eu se raccrochant au prophétisme, ils nient l'idée d'évolution 
dont ils se réclament. Si l'argumentation n'est pas toujours péremptoire, le 
ton est chaleureux et la conférence plaira à ceux qu'elle ne convaincra pas. 

Rothstein (J. W.). Juden und Samaritaner. Die grundlegende Scheidung 
von Judentum und Heidentum. Eine kritische Studie zum Bûche 
Haggai und zur jùd. Geschichte im ersten nachexilischen Jahrhundert. 
Leipzig, Hinrichs, 1908; gr. in-8° de 82 p. M. 2 (Beitrage zur Wissen- 
schaft vom A. T., herausg. von R. Kittel, 3). 

Salfeld (S.). Zur Geschichte der Mainzer Synagogen . Mayence, 1908; 
in-8° de 13 p., 4 grav. (Tirage à part de la « Mainzer Zeitschrift », III, 
1908, 106-110). 

M. S. publie quatre inscriptions hébraïques, dont la dernière avait déjà été 
décrite par lui dans la Z. f. H. B., IV, 16. 

Samuel al-Magrebi. Abhandlung ùber die Pflichten der Priester und 
Richter bei den Kariiern. Nach einer Berliner Handschrift herausg., 
iibers. und mit Anmerkungen versehen von J. Cohn. Thèse Heidelberg, 
1907; in-8° de 72 -f- 23 p. 



138 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Samuel ben Moses ha-Ma'arabi. ^dtjtn nNnsbfc p rrasribN ribNpttbN 
natob» "^D TSnttbttn (en caractères arabes). ïraktat ûber den Sabbat 
bei den Karaern, nach einer Berliner Handschrift kritisch herausge- 
geben, ins Deutsche iïbertragen und mit Anmerkungen versehen von 
N. Weiss. Presbourg, imprimerie Alkalay, 1907 ; in-8° de 48 (-|- 1) 
+ 35 p. 

Sandy (L.)- Child lifc in Bible times Londres, Stock well, 1908 ; in-8° de 
194 p. 2 s. 6 d. 

Schechter (S.). Studies in Judaism. Second séries. Philadelphie, The 
Jewish Publication Society, 1908 ; in-8° de xm -f- 362 p. 
Réimpression des études suivantes : 
A Hoard of Hebrew manuscripts (la Gueniza du Caire). 
The study of the Bible. 
A Glimpse of the social life of the Jews in the âge of Jésus the son of 

Sirach. 
On the study of the Talmud. 

The Memoirs of a Jewess of the seventeenth century (Gliickel von Hameln). 
Saints and Saintliness. 

Four epistlesto the Jews of England (questions religieuses'. 
Safed in the sixteenth century. A. City of legists and mystics (avec 

deux appendices : 4 textes inédits contenant des règles de conduite ; 

liste des rabbins de Safed au xvi e siècle). 

Schiffer (S.). Keilinschriftliche Spuren der in der 2. Halfte des 8. Jahr- 
hunderts von den Assyrern nach Mesopotamien deportierten Sam a rie r 
(10 Stamme). Berlin, Peiser, 1908 ; ie-4° de iv + 44 p. à 2 col. M. 5 
(Beihefte zur Orientalistischen Litteratur Zeitung, I). 

Dans une collection de contrats assyriens de la seconde moitié du vm e siècle, 
beaucoup de parties portent des noms théopbores à forme hébraïque. Ce 
seraient des déportés du royaume d'Israël. — Un article de C. H. Johns sur 
le même sujet a paru dans les /'. S. B. A., XXX, 107-115 et 137-141. 

Schii fmacher (E.). Job, traduction en vers du poème biblique. Préface de 

François Coppée. Paris, Lemerrc, 1907 ; in-12° de m + 84 p. 3 fr. 
Schlœssinger (M.). The Ritual of Eldad ha-Dani, reconstructed and edited 
•from manuscripts and a Genizah fragment. With notes, an introduc- 
tion and an appendix on the Eldad legends. Leipzig et New-York, 
R. Haupt, 1908 ; gr. in-8° de (vin -f-) 132 p. et 1 fac-similé. M. 10. 

Eldad le Danite est ce voyageur, ou cet aventurier, qui parut à Kairouan 
au ix e siècle, étonnant les Juifs par ses révélations sur les tribus perdues, 
leurs usages et notamment leurs lois alimentaires. Le mystère qui planait 
sur ce personnage n'est pas encore dissipé et nous ne sommes pas moins 
intrigués par lui que les Juifs de Kairouan. M. S. a essayé de lever un coin 
du voile en étudiant la partie halacbique de la relation d'Eldad — M. Epstein 
avait déjà fait une tentative dans ce sens — et a reconstruit, à cet effet, son 
« Rituel » des lois de schehita et de teréfa. 

M. S. distingue (ch. il) deux recensions de ee rituel. La première représente 
une version très proche de 1 original, sinon l'original .lui-même. Outre dif- 
férents extraits déjà connus et édités , il en publie un texte inédit, provenant 
de la Gueniza; plus ancien que tous les autres, il est incomplet comme eux. 



BIBLIOGRAPHIE 189 

La comparaison de ces fragments, qui se complètent mutuellement, a con- 
duit M. S. à prendre celui de la Gueniza pour base de son édition, en sup- 
pléant à ses lacunes à l'aide des autres. Il a pu donner ainsi, pour la première 
fois, un texte suivi du Rituel (p. 57-87), qui se trouve reconstitué à peu près 
intégralement, sauf la fin. La seconde recension est un extrait du Rituel sou- 
mis par les Juifs de Kairouan au Gaon Cémali b. Hayyim. Ce n'est donc pas, 
à vrai dire, une nouvelle recension. M. S., après avoir rejeté la thèse « hyper- 
critique » de Reifmann, qui niait l'authenticité de cette consultation, montre 
que les passages suspects sont des interpolations ; non seulement la langue 
en a été rajeunie, mais encore certaines règles ont été modifiées d'après la 
halacha talmudique et rabbinique et d'autres passages ont été ajoutés ; six au 
moins sont empruntés littéralement au Tour Yoré Béa. Les altérations écar- 
tées, la consultation permet He compléter et de contrôler la première recen- 
sion. Parmi les fragments de cette dernière, celui que contient le ms. d'Ox- 
ford 678 représente un développement indépendant du texte de la consultation 
et, quoique plus jeune qu'elle, a conservé certaines leçons originales. Dans 
l'édition de la partie halachique de la consultation (p. 91-103), M. S. a distingué 
lypographiquement les interpolations. 

Après avoir indiqué le plan et le contenu du Rituel d'après la recension 
complète et d'après l'abrégé (chap. m), M. S. en analyse la langue (chap. iv). 
Elle ne lui semble pas « fabriquée ad hoc ». On peut être d'un avis contraire 
(v. Revue, XVII, 317 ; XXV, 39) et le sentiment des anciens lexicographes 
juifs pèse peu dans la balance. Chose curieuse, elle présente — nous dirions: 
elle affecte — une allure archaïque et, d'autre part, elle a subi indéniablement 
l'influence de l'arabe et abonde en arabismes. Dans un glossaire de tous les mots 
difficiles, M. S. reprend et complète les recherches de Frankl et d'Epstein. 
Peu de ses nouvelles interprétations sont convaincantes et elles ne dissipent 
pas l'impression d'artifice que produisent tant de formes barbares. 

Le chap. iv étudie la place du Rituel d'Eldad dans la littérature halachique. 
C'était le chapitre capital ; c'est malheureusement le plus maigre et le plus 
faible. M. S. repousse l'hypothèse d'une forgerie d'Eldad, parce qu'elle ne 
s'explique pas psychologiquement et que la littérature juive n'offre pas 
d'autre exemple de « l'invention d'un système halachique ». Nous connais- 
sons pourtant des cas de halachot apocryphes, depuis les fausses citations du 
Yerouschalmi jusqu'aux impostures de Saiil Berlin. M. S. estime que certaines 
règles du Rituel ne peuvent pas être dues à une fantaisie individuelle, parce 
qu'elles supposent de patientes observations anatomiques et reposent sur la 
longue expérience d'un peuple. Eldad n'a pas tout inventé (les faussaires n'in- 
ventent pas) ; il a voyagé, il a pu remarquer certains usages ; et puis, il suffit 
qu'il ait été... boucher. 

D'après M. S., « le Rituel représente un corps de lois et de pratiques réelle- 
ment observées à une certaine époque et dans une certaine contrée, quoique 
nous ne puissions pas dire quand ni où. Un système indépendant de halachot a 
pu se développer en dehors des centres juifs de la Babylonie et de la Pales- 
tine et, tout en étant basé sur la Mischna, prendre une physionomie nouvelle, 
due à une observation indépendante de l'anatomie animale et aux usages par- 
ticuliers d'une certaine région ». Cette hypothèse ne suffit pas à expliquer 
l'origine du Rituel. Ainsi, la première partie a pour cadre les cinq règles de 
schehita, qui sont connues par la Mischna, mais qui ne sont formulées et 
groupées que par l'amora babylonien Samuel (Houllin, 9 a). Bien mieux, cette 
partie du Rituel est parallèle aux Halachot (}uedolol ou l'esoukot. M. S. le 
montre lui-même, à la suite d'Epstein, et cette constatation infirme plutôt qu'elle 
ne confirme l'opinion de la constitution d'un rituel indépendant. M. S. veut à 



UO REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

la fois isoler le Rituel d'Eldad et le replacer dans la littérature halachique. Il 
lui cherche des affinités avec le Talmud Yerouschalmi et, dans ce but, il a 
recours — qui le croirait? — au pseudo-Yerouschalmi « récemment découvert» 
par S. Friedlânder. A la vérité, il se tient sur ses gardes ; mais il lui importe 
peu « que cet ouvrage représente le texte original du Séder Kodaschim du 
Talmud de Palestine ou qu'il soit formé par une collection de citations prises 
dans les autres parties du Yerouschalmi ». Et si Friedlânder y a ajouté des 
morceaux de son cru. cela importe-t-il peu ? Voyons le premier exemple de 
M. S. Eldad déclare la femme impropre à la schehita ; de même le Yerouschalmi 
de Friedlânder. Mais Friedlânder a pu s'inspirer des Tossafot, qui citent cette 
défense au nom des b^TCT yMK niDbn. Or, on sait que ce titre, où notre 
faussaire a flairé le Yerouschalmi, désigne les Halachotd'Eldad. Friedlânder a 
démarqué Eldad sans le savoir ; étonnez-vous, après cela, que son Yerou- 
schalmi concorde avec Eldad ! (Si l'on y regarde de plus près, on peut s'as- 
surer que Friedlânder a fabriqué son texte à l'aide du Bel Yossef). 

M. S. a dû remarquer lui-même que son argumentation était caduque, car 
il finit sans conclure, de même qu'au début de son ouvrage, il avait convenu 
qu'il n'était arrivé à aucun résultat positif. Si sa thèse est donc manquée, 
nous nous plaisons à reconnaître que, dans l'ensemble, l'étude est fort soignée 
et témoigne d'une application et d'une diligence méritoires. L'historique de 
la question, qui occupe le chap. i, est complet et précis; on pourrait ajouter 
à la bibliographie une note d'Harkavy, Revue, VU, 195-196. L'édition des 
textes est faite avec le plus grand soin; de copieuses notes forment un com- 
mentaire qui ne lève pas toutes les difficultés, mais qui contient de précieuses 
indications, notamment sur Fart vétérinaire. Nous ferons seulement observer 
qu'en fondant et juxtaposant les différents fragments de ce qu'il appelle la 
première recension, l'éditeur a estompé les caractères particuliers de chacun 
d'eux, notamment de celui de la Gueniza, sans obtenir un texte bien uni- 
forme. — Dans le détail, nous n'avons que peu d'observations à présenter. 
P. 3, n. 13 : le passage n'est pas obscur ; les consultants veulent dire qu'ils 
vont reproduire seulement un extrait du Talmud d'Eldad. P. 6 : l'auteur 
expédie trop sommairement la théorie falacha de M. Epstein. P. 10, n. 30 : 
Azoulaï n'a pas été le premier à reconnaître dans les b^"!'^ yiN n"Dbn 
l'œuvre d'Eldad : il cite lui-même l'auteur des Schiltë ha-Guibborim, Josué 
Boaz (M. S. reproduit le texte de ce dernier, p. 14, n. 53). Nous ne sommes 
d'ailleurs pas convaincu que ce titre provienne d'une fausse résolution de 
l'abréviation •*"&, qui aurait signifié à l'origine 3^"irP 172M- Au moyen âge, 
on appelle « palestinien » ce qui est étranger ou étrange. P. 13 : le Mor- 
dechai cite Eldad reproduit par II. Baruch. La citation ne se trouvant pas 
dans le Se fer ka-Terouma, M. S. suppose qu'elle est empruntée au Se fer 
fia-Hoehma (perdu) de Baruch b. Samuel de Mayence (n. 52, effacer 1878 
p. 42 et 108). Il est plus naturel de penser que le Séfer ha-Terouma, qui 
cite d'ailleurs Eldad (Hilck. Schechila, n° 8), avait également la citation 
reproduite par le Mordechaï. P. 45, sur fTOlD, v. encore Eppenstein, dans 
Revue, XLVII, 53. — P. 47, n. 72a: le texte d'Or Zaroua, qui parait se 
couvrir avec une assertion de Haï, citée dans le Yohasin, éd. Filipowski, 
p. 206 a, ne dit pas que les Halachot de Yehoudaï sont nées dans un pays 
étranger, mais qu'elles sont restées inconnues pendant cent ;\ns en Babylonie ; 
elles avaient, sans doute, été envoyées par le Gaon à une communauté du 
dehors (v. Halévi, Dorol Harischonim, III, 191). — P. 60, n. 26 : le frag- 
ment ms. cité (il faut lire '"1D721 au lieu de '"»Dtf"l, qui ne donne aucun sens) 
est tiré du Semag, II, 63. Dans le même paragraphe, un peu plus loin, 

Moïse de Coucy dit : rvoo n?3N bjnia^ y-w n*Db:i 3rOU5 osn "imfcO 



BIBLIOGRAPHIE 441 

irunfc m")73"in; U parait distinguer les V'« rrobn du ^n 3PD 

■>3in yiVn. 

En appendice, M. S. publie un autre fragment de la Gueniza, contenant 
une partie de la consultation de Gémali Gaon sur Eldad et s'efforce, à l'aide, 
de ce document inédit et du texte reproduit par le Schalschélet Jtù-Kabbala 
de dégager les interpolations de cette consultation. Il est' curieux que le nou- 
veau fragment ne dise pas que le Sambation ne coule pas le samedi ; peut- 
être M. S. aurait-il pu indiquer l'absence de ce trait caractéristique comme 
une confirmation de l'hypothèse, au premier abord singulière, de D. Kauf- 
mann sur l'origine du nom de ce fleuve (Revue, XXIT, 285-281 ; cf. A. Ka- 
minka, Scheëltol, Heft I, N° 1, n. 20). Après un commentaire soigné de ce 
texte, M. S. en publie un autre de la même provenance, mais plus petit et 
moins important, et dresse, pour finir, une liste de corrigenda des textes 
publiés par MM. Epsteiu et Mi'iller. 

Sans avoir fait avancer la question de l'origine du Rituel, M. S. a versé au 
débat de nouveaux matériaux et a su mettre en œuvre ceux que l'on connais- 
sait déjà. 

Schmidt (A.). Nye Fund. De hetitiskc fund i Lilleasicn. Israelitiske 
fund Ira Esras og Nehemias' tid. Copenhague, 4908 ; in-8° de 42 p. 
Kr. 0,75. 

Schmidt (K.). Die Semiten als Trâger der altesten Kultur Europas. Glei- 
witz, 4908; in -8» de vu -f 190 p. 

Schulte (A.). Die messianischen Weissagungen des Alten Testaments 
nebst dessen Typen iïberstzt nnd kurz erklàrt. Paderborn, Schôningh, 
490S ; in-8° de vin -j- 208 p. M. 3.60 (Wissenschaftliche Hausbibliothek. 
I. Reihe. Theologische Lehrbiteher, XXX). 

Schulz (A.). Doppelberichte irn Pentateuch. Ein Beitrag zur Einleitnng 
in das Alte Testament. Fribourg-en-B., Herder, 4908; gr. in-8° de vin 
+ 96 p. M. 2,80 (Biblische Stndien, éd. Bardenhewer, XIII, 4). 

Sghwartz(A.). Das Verhaltnis Maimuni's zu den Gaonen. Leipzig, G.Fock, 
4908; gr. in-8° de lxxix p. (Tirage à part de « Moses ben Mai mon »). 
Voir à Moses ben Maimon. 

Schwarz (B.). Jûszuf al-Baszir al-Kitàl) al-Muhtavi ezmunkâjânak XV. 
fejezete, Tôbia b. Môzes héber forditâsâval. Thèse. Budapest, 4907; 
in-8°. 

Le chap. xv du Kitdb al-Muhtavi de Joseph al-Bacir, avec la traduction 
hébraïque de Tobia b. Moïse, édité pour la première fois avec traduction et 
commentaire. 

Schwartz (I.). L'amour de l'étranger. Sermon prononcé au Temple israé- 
lite de Bruxelles le 7° jour de Pessach 5668 (22 avril 1908). Bruxelles, 
impr. Ve Michel Van Danzig, 1908 ; in-8° de 23 p. 

Seeberg (A.). Die Didache des Judcntums und der Urchristenheit. Leip- 
zig, Deichert, 4 908; gr. in-8° de vi +422 p. M. 3,50. 

Retrouve partout la Didacbê et lui attribue une trop grande influence. 
Matériaux utiles. 

Secre (A.). Ebrei, industria e commcrcioin Pisanei seeoli decimosettimo 
e deciniottavo. Pise, impr. Mariolti, 4907; in-8' de H p. L. 2. 



142 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Sellin (E.). Das Ratseldes deuterojesaianischen Bûches. Leipzig, Deichert, 
1908 ; gr. in-8° de iv -f 150 p. M. 3. 

Solution de l'énigme : L'auteur a composé vers 561 les morceaux du « Ser- 
viteur de Dieu », qui était alors Yoyachin. Il les a insérés en 539 dans son 
livre (Isaïe, xl et s.) en les appliquant h Israël. 

Sellin (E.). Die alttestamentliche Religion im Rahmen der andern alto- 
rientalischen. Leipzig, Deichert, 1908 ; gr. in-8° de iv -f- 82 p. M. 1,50. 

Sellin (E.). Die Schiloh-Weissagung. Leipzig, Deichert, 1908; gr. in-8° de 
22 p. M. 0,60 (Tirage à part des « Theologische Studien Theodor Zahn... 
dargebracht »). 

Sépher ha-Zohar (Le Livre de la splendeur), doctrine ésotérique des 
Israélites, traduit pour la première fois sur le texte chaldaïque et 
accompagné de notes par Jean de Pauly. Œuvre posthume, entière- 
ment revue, corrigée et complétée, publiée par les soins de Emile 
Lafuma-Giraud. III. Paris, Leroux, 1908 ; in-8° de 493 p. 

Ce tome va de Schemot à Mvtchpatim (f" 2 a -26 a). Un supplément de S p. 
non paginées contient une note sur les « Idra » et une autre sur la « Sclie- 
khina ». 

Serner (I. N.). Anmiirkingen till bibelkommissionens ôf verset tin g of 
gamla Testamentet. Gôteborg, 1908 ; in-8° de 159 p. 

Service of the Synagogue. A new édition of the festival Prayers wilh an 
English translation in prose and verse by A. Davis and Herbert 
M. Adler. Vol. IV : Tabernacles. Londres, Routledge, 1908. 3 s. 6 d. 

Seton (E. T.). The natural Hislory of the Tcn Commandments. New- 
York, 1907 ; in-8°de78 p. 

Sevensma (T. P.). De ark Gods, bel oud- israelitisclie heiligdom. Amster- 
dam, impr. J. Glausen, 1908 ; gr. in-8° de xi -f- 166 p. 
Sieffert ^F.). Die Heidenbekehrung im Alten Testament und im Juden- 
tum. Gr. Lichterfelde, Rungc, 1908; in-8° de 48 p. M. 0,50 (Biblische 
Zeit- und Streitfragen, IV, 3 . 
Silrerstein (S. J.). Remédiai laws for deserted wives, proved by the real 
spirit of the vvritten laws of Moscs, as well as of the oral laws of 
Judaism, the Talmud and Rabbinical translations. Also a thesis upon 
Chaliza. New-York, 1907 ; in-8° de 62 p. 
Singer (L). Christ or God. New-York, Singer C°, 1908. 

Cette brochure de l'éditeur de la Jew. Encyclop. contient i courts articles: 
Unitarianism or Monotlieism ? Christ or God? Agnostic, Jew or Monotheist? 
Jewish Misery in INew-York. 

Singer (S.). The literary remains of the Rev. Simeon Singer. I. Sermons. 
Selected and edited with a Memoir by Israël Abrahams. — IL Lectures 
and adresses. — III. Sermons to children. With an appréciation by 
Lily H. Montagu. Londres, Routledge, 1908. 4 s. 6 d. chaque. 

Nous avons lu le 3 e volume; ces sermons adressés à la jeunesse sont exqui 
d'esprit et de sentiment, d'enjouement et de grâce. Rarement ou a, du liau l 



BIBLIOGRAPHIE 143 

d'une chaire, parlé aux entants avec plus de cordialité et de délicatesse. Une 
« appréciation » enthousiaste de Mrs. Montagu révèle la sympathie fascinante 
qui se dégageait de cette personnalité et de cette éloquence. 

Slouschz (Nahum). Hébraeo-Phéniciens et Judéo-Berbères. Introduction 
à L'histoire des Juifs et du judaïsme en Afrique, Paris, Leroux, 1908 ; 
in-8° de 473 p. 12 fr. (Archives Marocaines, t. XIV). 

L'ouvrage a paru aussi en deux volumes, — deux thèses de doctorat es- 
lettres : Les Hébraeo-Phéniciens, introduction à l'histoire delà colonisation 
hébraïque dans les pays méditerranéens ; iu-8° de 205 p. Judéo-Hellènes 
et Judéo-Berbères, recherches sur l'histoire des Juifs et du judaïsme en 
Afrique ; in-8° de 272 p. Sur le tout voir le compte rendu de M. Ch. Fossey, 
dans la Revue critique du 15 avril 1910, 265-270, et la polémique qui s'en 
est suivie dans les n° s suivants de cette revue (n os des 19 mai, 2 et 9. juin). 

Smend (R.). Voir à Muller (J.). 

Smith (G. A.). Jérusalem, the topography, économies and history from 
the earliest times to A. D. 70. Londres, Hodder, 1908 ; 2 vol. in-8° de 

518 et 648 p., cartes et grav. 24 s. 

Smith (J. M. P.). Books for Old Testament study. Chicago, The University 
of Chicago Press, 1908; gr. in-8° de 70 p. 

Smith (W. R.). The Prophets of Israël and their place in history. With 
introduction and addilional notes by T. K. Cheyne. Second cheaper éd. 
New-York, 1907 ; in-8° de 446 p. 

Smith (W. R.). Lectures on the Religion of the Sémites. First séries. The 
fondamental institutions. New édition. New-York, 1907 ; in-8° de 507 p. 

Sorani (G.). Israeliti impiccati o bruciati vivi in Roma dal XVI al XVIII 
secolo dal Santo LIfficio perche non vollero rinnegare la fede avita. 
Casale, Rossi, 1908 ; in-8° de 15 p. 

Staerk (W.). Amos, Nahum, Habakuk. Leipzig, Hinrichs, 1908; gr. in-8° 
de ix + 25 p. M. 1. (Ausgewahlte poetische Texte des Alten Testaments 
in metrischer und strophischer Gliederung, zum Gebrauch in Vorle- 
sungen und Seminariïbungen und zum Selbststudium. 2. Heft). 

Staerk (W.). Das assyrische Weltreich im Urteil der Propheten. Goet- 
tingue, Vandenhoeck et Ruprecht, 1908 ; gr. in-8° de vi -j- 240 p. M. 8. 

Staerk (W.). Aramaische Urkunden zur Geschichte des Judentums im VI. 
und V. Jahrhundert v. Chr., sprachlich und sachlich erklart. Bonn, 
Markus et Weber, 1908; in-8° de 16 p. M. 0,60 (Kleine Texte fur 
theologische und philologische Vorlesungen und Uebungen, herausg. 
von H. Lietzmann, 32). 

Staekk (W.). Die Anfànge der judischen Diaspora in Aegypten. — 
Perles (F.). Zur Erklaïung der Tcstamente der zwôlf Patriarchen. — 
Ungand (A.). Aus den neubabylonischen Privaturkunden. — Herzfeld 
(E.). Herbaraufnahmen aus Kal'at Serkat-Assur. Berlin, Peiser, 1908; 
in-4° de 37 p. à 2 col. 



144 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

M. Staerk, qui a donné deux éditions manuelles des papyrus araméens 
d'Élépliantine, expose dans cette étude l'intérêt historique de ces documents. 
De la requête des cohanhn à Bagoas, il résulte que la communauté juive 
d'Élépliantine était d'une certaine importance numérique, qu'elle avait un 
temple à elle avec un culte et un clergé organisés. Gomme ce temple existait 
au moment de l'invasion de Cambyse en Egypte, la colonie juive devait déjà 
être considérable au vi e siècle. Nous pouvons encore remonter plus haut. 
Hérodote nous apprend que Psammétich 1 er (663-612) avait placé une garnison 
à Éléphantine; parmi ces colons militaires pouvaient se trouver des Juifs. 
Cette conjecture est confirmé par la Lr-ttre d'Aristée, qui nous apprend que 
Psammétich (II, vers 600) eut des auxiliaires juifs dans sa lutte contre les 
Éthiopiens. C'est ce que M. I. Lévi a déjà dit ici même, Revue, LV, 44. La colonie 
juive d'Élépliantine n'était pas isolée en Egypte : Isaïe, xix, 18, montre qu'il 
y avait dans ce pays plusieurs communautés qu'on pouvait considérer comme 
« les points de cristallisation » d'une grande Diaspora. On comprend mieux 
ainsi qu'après le meurtre de Guedalia, beaucoup de Juifs se soient réfugiés 
tant dans la haute que dans la basse Egypte (Jérémie, xliv; cf. xxiv, 8). — 
Ces colonies restèrent en relations avec la mère-patrie, ainsi que l'attestent 
nos papyrus. Si les prêtres d'Elépliantine s'adressent à Bagoas et aux Sama- 
ritains, ce n'est pas qu'ils eussent rompu avec le clergé de Jérusalem, puisque 
c'est à lui qu'ils avaient fait appel la première fois. Mais pourquoi les Jéru- 
salémites avaient-ils fait la sourde oreille? C'est d'abord parce qu'ils n'avaieut 
pas pu obtenir gain de cause pour les colons : le gouvernement perse crai- 
gnait d'exciter à nouveau le fanatisme des prêtres égyptiens en autorisant le 
rétablissement du culte sanglant (et, en effet, cette restriction semble avoir été 
maintenue). C'est ensuite parce que le grand-prêtre Yolianan venait d'entrer 
en conflit avec Bagoas et qu'il était mal placé pour faire rendre justice aux 
requérants. Non seulement le clergé de Jérusalem ne voyait aucune con- 
currence dans le temple des Juifs d'Élépliantine, mais encore ceux-ci se sen- 
taient en communion d'idées religieuses avec leurs frères de la métropole. Sauf 
sur ce dernier point, où il abuse de l'argumentation a silentio — c'est le cas 
d'employer ce terme — l'exposé de M. St., d'ailleurs clair et bien présenté, 
n'est pas très neuf; il réunit et combine les opinions de Noldeke, Gunkel, 
Smend et autres. Encore l'interprétation des papyrus a-t-elle fait quelques 
progrès depuis l'apparition de ce travail. La bibliographie n'est pas, ou n'est 
plus complète ; il y manque l'étude de M. Barth dans le Jahrbuch derJiïd.- 
liter. Gesellschaft, IV, les notes de M. Chajes dans la Rivista Israelitica et 
d'autres articles parus dans des revues françaises (P. 2 a, n. 1, la Revue des 
Études juives est confondue avec la Revue se) ni tique . 

M. St. a intitulé son étude: «Les commencements de la Diaspora juive en 
Egypte >s mais nous ne savons pas s'il y a filiation entre la colonie juive du 
v* siècle et la diaspora égyptienne de l'époque alexandrine. Lui-même est 
d'ailleurs tenté d'admettre que la communauté d'Élépliantine a disparu, 
victime du fanatisme égyptien, au moment où s'est écroulée la domination 
perse. 

R. H. Charles vient de publier une édition critique et une traduction des 
Testaments des Douze Patriarches. M. F. Perles a profité de cette publica- 
tion pour proposer une série d'explications nouvelles sur le texte de cet apo- 
cryphe. Il est constant que les Testaments ont été composés en hébreu. Or, 
Charles a montré que les deux classes de manuscrits du grec représentent 
deux recensions de l'original ou plutôt deux traductions différentes du même 
original. M. P. rend ce résultat assuré en retrouvaut, |>our plusieurs passages, 
le mot hébreu qui a pu être compris de deux manières. Ainsi, dans le Testa- 



BIBLIOGRAPHIE 14b 

ss. grecs oscillent entre ô y6êo toù 6eoîj oîxeî év 
aurai et vixà to |jli<toç. M. P. suppose que l'original portait ÏT17T* nNT 
13 ntjbltt3 (l'auteur des Testaments n'écrivait sans doute plus le tétragramme; 
de plus, le grec traduit plutôt Û^h'tJK)- Cet exemple montre en même temps 
que la langue de notre apocryphe était voisine de l'hébreu de la Mischna. 
M. P. l'établit encore par d'antres passages ; l'auteur emploie ï'O'ia (dans le 
sens de prière), "J "173 73 « argent », m*t3S « mort », et même des expressions 
aussi récentes que rmn "773?, (H73Î3) t|£3ï33 et ^730 « être l'élève de 
quelqu'un ». ce qui ne laisse pas d'étonner un peu, quoique la langue de Sira 
soit déjà bien moderne. Ailleurs, M. P. ajoute quelques nouveaux parallèles 
tirés de la littérature rabbinique ; celui du Test, hébreu de Nephtali, m, 13, 
I^IV fcO"l ïlbj* 1 Nb Nin D"lbn, a été, depuis, signalé aussi, avec deux 
autres, par L. Ginzberg (Rivista Israelilica, VI, 13 et s.), qui a retrouvé, de 
plus, une citation, sans doute indirecte, du Testament de Benjamin dans le 
■n73n TT11I d'Abraham Saba. Sur le *p~nn "1D du fragment araméen du 
Testament de Lévi (M. P. suppose que l'original portait, à la syriaque, N"|D 
•p^m), v. I. Lévi, dans Revue, LIV, 168. 

Quelques-unes des restitutions de M. P. nous paraissent définitivement 
acquises; toutes témoignent de sa virtuosité dans un domaine où il est passé 
maître. 

Les deux autres études de ce fascicule iutéressent, l'une la littérature de la 
Babylonie ancienne, l'autre la flore de la Babylonie moderne. 

St.ehelin (F.). Problème der israelitischen Geschichte. Habilitationsschrift. 
Bâle, 1907; in-8° de 34 p. 

St.ehelin (F.). Israël in Aegypten nach neugefundenen Urkunden. Vor- 
trag. Bàle, Helbing et Lichtenhahn, 1908 ; in-8° de 24 p. M. 0,40. 

Stahn (H.). Die Simsonsage. Eine religionsgeschichtliehe Untersuchnng 
liber Richter, 13-16. Goettingue, Vandenhœek, 1908 ; in-8° de v + 81 p. 
M. 2,40. 

Après un historique de la question et un examen du texte (Juges, xiii-xvi), 
où des observations fondées coudoient des conjectures arbitraires, telle que 
la lecture WT»1 pour "imfc* 1N~P") dans xvi, 24, l'auteur caractérise le récit 
au point de vue littéraire. Ce récit se compose de divers épisodes juxtaposés 
comme se suivent les scènes d'un drame et il est rédigé aussi sous une 
forme dramatique de manière à faire effet. Les invraisemblances du fond 
montrent que ce récit n'est pas une histoire, mais une légende, ou plutôt des 
légendes où tel motif reparaît plusieurs fois. 

Telle est la forme de la légende ; quel en est le fond ? Pour répondre à 
cette question, M. St. cherche des motifs parallèles dans les autres religions 
et mythologies, suivant la méthode de Max Mu lier. 11 reprend en gros, mais 
corrige et modifie dans le détail, l'interprétation de Steinthal {Die Sage von 
Simson, dans sa Zeitschrift fur Volkerpsychologie und Sprachwissenschaft 
II, 1862 I. Mais d'abord, il écarte trois traits de la légende, qui relèvent du 
folklore étiologique : l'exploit de la mâchoire doit servir à expliquer le nom 
de Ramat Lehi, la prière exaucée du héros explique le nom d'une source 
En hakorê, et l'enlèvement des portes de Gaza celui d'une porte de Hébron 
(Porte de Gaza ou Porte Forte). M. St. ne connaît pas le travail de M. Vernes, 
De la place faite aux légendes locales par les livres historiques de la 
Bible. 

Mais d'autres motifs nous révèlent la nature de Samson. Le héros tue un 
lion. Or, le lion est le symbole du soleil ; ries divinités solaires sont repré- 

T. LX, n> 119. 10 



146 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sentées sous la forme de lions : Nergal, Ninib, Ra, Baal, Kronos, Dionysos, 
Apollon, Hercule. (Le motif signifierait donc que le soleil devient l'ennemi de 
son propre symbole et tue le lion en cessant de brûler la terre !) Dans 
l'énigme de Samson, le miel sort du lion. De même Dionysos et Aristée dis- 
pensent le miel. Entendez que le soleil, lorsqu'il se trouve dans le signe du 
Lion, favorise la production du miel. — Il nous semble que ces deux motifs 
manquent de cohérence. — Samson lâche dans les champs des Philistins des 
renards portant des torches dans leurs queues. C'est un souvenir d'un rite 
qui se célébrait aussi chez les Romains (Ovide, Fastes, IV, 679 et suiv.) et qui 
symbolise l'incendie des blés par le soleil. Samson a de longs cheveux. Les 
cheveux sont les rayons du soleil : les divinités solaires sont représentées avec 
une longue chevelure (Dionysos, Hélios, Apollon) et la chute des cheveux 
figure le coucher du soleil. Samson est donc un représentant du soleil et son 
nom signifie «le solaire » ou «le petit soleil». 11 constituait primitivement 
une divinité chananéenne, car les Chananéens pratiquaient le culte du soleil 
(Baal). 

Ce résultat acquis, certains traits de la légende de Samson peuvent encore 
être considérés avec vraisemblance comme solaires. La naissance de Samson 
rappelle la conception sans père (?) du dieu soleil, comme l'Antre d'Etam 
dans lequel il séjourne, les cavernes des légendes de Dionysos, d'Apollon, de 
Hélios. Son enchaînement, qui figure l'affaiblissement du soleil pendant l'hiver, 
se retrouve dans la légende d'Hercule. Son aveuglement s'explique de même, 
le soleil étant comparé à un œil. Samson ébranle les deux colonnes du temple 
de Dagon, et les deux colonnes sont les attributs des dieux solaires colonnes 
d'Hercule); le motif signifie que le soleil, quand il disparait le soir, abat les 
colonnes qui portent le ciel. Enfin, les amours de Samson rappellent que les 
dieux solaires, Baal notamment, sont adonnés à la volupté; l'histoire de 
Samson et de Dalila est parallèle à celles de Ra et Isis, Hercule et Déjanire, 
Siegfried et Krimhilde. 

Pour d'autres thèmes de la légende, l'interprétation solaire n'est que 
possible: la production d'une source — les sources sont vouées à des dieux- 
solaires — ; la lutte avec une mâchoire d'àne — l'âne est en rapport avec 
les dieux-soleils — ; le jeu de Samson dans le temple de Dagon — Apollon et 
Hercule sont des musiciens — : son esclavage — Apollon et Hercule sont 
esclaves — ; sa taille gigantesque — Hercule, Atlas — ; la mort de sa femme 
dans les tlammes — Sémélé, Didon, Brùnehilde. 

M. St. se pose alors — un peu tard — cette question : peut-on identifier les 
légendes de peuples différents? Il répond que Canaan a subi l'influence tant 
de la Babylonie que de l'Egypte et a agi a son tour sur la Grèce (il ne parait 
pas au courant des récentes découvertes en Palestine). On est en droit d'ad- 
mettre une migration des légendes, ou plutôt des motifs légendaires. 

Dans un dernier chapitre, M. St. montre comment Samson, de dieu solaire, 
est devenu un héros humain. Cette métamorphose s'est produite sous l'in- 
fluence de la religion yahvéiste et des circonstances politiques. Samson se 
transforma ainsi en ennemi des Philistins vers l'époque de David, quand les 
Philistins ne furent plus redoutés des Israélites. La rédaction de la légende 
est antérieure au Deutéronome. 

La thèse de M. St. est fort bien conduite et assez séduisante. Mais dès qu'on 
ferme le livre, on devient sceptique. 

Stearns (W. N.). Fragments from Graeco-Jewisli writers, collected ami 
edited with brief introductions and notes. Chicago, Université Press, 
1908; in-12" de îx -f 126 p. 



BIBLIOGRAPHIE 147 

Steckelmacher (M.). \Yiderleguug des Sendschreibens des Dr. D. Hofl'mann, 
Hektor am Rabbin erseminar in Berlin, iiber den von dem Gr. Bad. 
Oberrat der Israeliten herausgegeben Gcbctbuchentwurf und die zugë- 
hôrige Denkschrift. Mannheim, Vereinsdrnekerei, [1907] ; in-8° de 
73 p. 

Stein. Das Bueh Hiob. Ein Vortrag. Berlin (Francfort, Kauffmann), 1908; 
in-8° de 26 p. M. 0,60. 

Steinfuhrer (\Y.). Das Magnificat Luc 1 identisch mit Psalm 103. Ein 
sprachwissensehaftlicher Beleg. Neubrandenburg, 1908; in-8° de vin + 
343 p. 

Steinthal (S.). Die Hygiène in Bibel u. Talmud. Ein Vortrag. Berlin, 
H. Steinitz, [1907] ; in-8° de 31 p. M. 0,80. 

Stern (J.). Dr. Salomon Rubin, sein Leben und seine Schriften. Gracovie, 
Wetzstein (Stuttgart, impr. Kohlhammer), 1908; in-8° de 60 p., portr. 

Stern (J.). Wirtschaftliche Beitriige zur Kolonisierung der jûdischen Emi- 
granten aus den ôstlichen europaischen Landern. Màhr.-Schônberg, 
chez Fauteur, 1908 ; gr. in-8° de 14 p. 

Stern (Bf.).. Grundriss zur Geschichte der Juden und ihrer Literatur. 
In tabellarischer Form bearbeitet. 5. u. 6. verb. Aufl. Berlin, 1908 ; 
in-8° de 68 p. M. 1. 

Sternberg (G.). Die Ethik des Deuteronomiums. Berlin, Trowitzsch, 1908; 
gr. in-8° de 99 p. M. 2,60. 

Stieglitz (M.). Die zerstreuten Baraitas der beiden Taltnude zur Mischna 
Berachot. Dissertation de Berne. Franct'ort-s.-M., L. Golde, 1908; in-8° 
de îx + 31 p. 

Si les baraïtot citées par le Talmud de Babylone et par celui de Jérusalem 
éclairent et complètent, souvent de la manière la plus heureuse, soit la Mischna 
soit les autres recueils tannaitiques, leur groupement et leur confrontation entre 
elles et avec la Mischna constituent un des côtés les plus intéressants de 
l'histoire de la halacha. M. S. a vu (pie c'était un travail à entreprendre et a 
tenté un essai, mais cet essai ne saurait être proposé comme modèle. L'auteur 
ne parait pas préparé pour cette tâche Son Introduction, qui coupe court, on 
ne sait pourquoi, oriente suffisamment le lecteur sur la nature des baraïtot, 
mais ne le renseigne, et pour cause, ni sur la méthode qu'il a suivie, ni sur 
la critique qu'il a appliquée. M. S. s'est borné, pour chaque mischna du 
traité de Berachot, à mettre bout à bout les baraïtot et fragments de 
baraïtot de l'un et de l'autre Talmud, en consignant en note les variantes 
• les Dikdoukê Soferim. C'est tout. Toutes les baraïtot ont-elles été recueillies ? 
Tous les textes parallèles ont-ils été consultés? On peut en douter. Les 
matériaux fussent-ils complets, il resterait à les mettre en œuvre, à les 
replace!" dans leur contexte, à les expliquer, à en discuter les divergences. 11 
est inutile d'insister. Le Corpus Tannaitïcum préparé par la «Gesellschaft zur 
Forderung der Wissenschaft der Judentums » exaucera le vœu de l'auteur, qui 
souhaite que d'autres perfectionnent son travail eu en comblant les lacunes 
et en en corrigeant les erreurs. 11 faut lui rendre cette justice qu'il s'est 
rendu justice, et lui savoir gré de sa bonne idée et de ses bonnes intentions. 



148 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Strack (H. L.). Einleitung in den Talmud. Vierte, neubearbeitete 
Auflage. Leipzig, Hinrichs, 1908; gr. in-8° de vin -f 182 p. M. 3,20 
(Sehriften des Institulum Judaicum in Berlin. Nr. 2). 

La succession assez rapide de quatre éditions et les appréciations élogieuses 
des savants les plus compétents (v. par exemple Revue, XLI, 290-292 ; 
LVU, 140-149) attestent la valeur de cet ouvrage et sa faveur auprès du public 
et de la critique. Combien M. Str. serait-il encore plus sûr du succès et plus 
proche de son but s'il se contentait moins de remplacer les descriptions par des 
références ? Ce livre est un précieux manuel bibliographique, mais sans doute 
n'est-il pas destiné uniquement aux rats de bibliothèques. Qu'on lise, par 
exemple, le paragraphe consacré aux «petits traités» : il ne contient que des 
titres d'ouvrages. Mais cette méthode est encore plus sensible si l'on compare 
le chap. x (Zur Charakteristilt) et le chap. xn (Literatur): le premier a 
18 pages, presque toutes de citations, le second en a 36, et encore faudrait-il 
y ajouter la place occupée par la bibliographie dans le reste de l'ouvrage. Nous 
demanderions un peu plus de «caractéristique», sinon un peu moins de 
« littérature ». 

Le chap. vin (Histoire du Talmud) est bien maigre: une page de géuéralités 
et seulement sur la. censure. M. Strack aurait pu utiliser, sur les destinées du 
Talmud, l'article de Graetz (Monatssckrift, XXXIV, 529) et, sur l'histoire du 
texte, les travaux de Briill (Jahrbiicher, III) et de M. Jastrow (The history 
and the future of tke text of tlie Talmud, dans les Publications of the 
Gratz Collège, I, Philadelphie, 1897. p. 77-103). C'est parce que nous tenons 
ce livre eu haute estime, que nous nous permettons de signaler à l'auteur ces 
perfectionnements nécessaires à notre avis. 

Les précédentes éditions contenaient un chapitre sur les Midraschim liala- 
chiques, qui a disparu maintenant. Qui nous donnera une Introduction au 
Midrasch ? 

Streuberg (W.). Die gothische Bibel. ErsterTeil : Der gothische Text nnd 
seine griechische Vorlage mit Einleitung, Lesarten und Quellennach- 
weisen, sowie den kleineren Den k mâle rn als Anhang. Heidelberg, 
1908; in-8° de lxvi -[-484 p. (Germanische Bibliothek, Zweite Abtei- 
lung : Untersuchungen und Texte, III, l). 

Szarolgsi (M.). Hitoita Izsâk ben Abraham Troki Chizuk Etnunâja nyo- 
mâu ôsszeâllikotta es beveretessel ellâtta. Budapest, éd. du « Egyen- 
lôség » (impr. Brôzsa Ottô), 1908 ; in-8° de vi -f- 96 p. 

Controverse d'après le llizzou/c Emouna de Troki. Ce n'est pas un ouvrage 
scientifique, une traduction du Hizzouk, mais comme une édition abrégée et 
pratique pour défendre le judaïsme contre les missionnaires. C'est le premier 
effort en hongrois pour combattre les conversions et les baptêmes. La verve et 
le brio caractérisent ce brillant petit volume du célèbre journaliste hongrois. 
— J. W. 

Szcvcepanski (L.). Nach Petra und zum Sinai. Zvvei Reiseberichte nebst 
Beitriigen zur biblischen Géographie und Geschichte. Innsbruck, 1908 ; 
gr. in-8° de xx + 597 p., 2 cartes. M. 5,20 (Verôffentlichungen des 
biblisch-patristischen Seminars zu Innsbruck, 2). 

.\ suivre.) 

M Curice Liber. 



BIBLIOGRAPHIE 149 



Kropat (Arno). Die Syntax des Autors der Chronik verglichen mit (1er 
seiner Quellen. Ein Beitrag zur historischen Syntax dos Hebrâischen (Beihefte 
zur Zeitschrift fur die alttestamentliche Wissenschaft, XVI). Giessen, 1909, 
Tôpelmann ; in-8° de vi -+- 94 p. 4 Mark. 

Le présent ouvrage a pour but, comme Fauteur l'indique dans sa 
préface, de préciser les différences syntactiques entre le style de 
l'auteur des Chroniques et celui des sources où il a puisé. M. Kropat 
s'est occupé de l'emploi, du nombre, des temps, des particules, de 
l'accord entre les membres de phrase et de la construction des proposi- 
tions, etc. Ces diverses questions sont réparties en trois chapitres dont le 
premier est intitulé : « la proposition simple nue », c'est-à-dire qui 
traite du sujet et du verbe sans compléments; le second: « la proposition 
simple habillée », c'est-à-dire augmentée de compléments ; le troisième-. 
« la proposition complexe », c'est-à-dire où les membres de phrases 
forment eux-mêmes des propositions. 

L'auteur fait preuve d'une précision, d'une netteté et d'une justesse 
d'esprit auxquelles on doit rendre hommage. Lorsqu'il critique les opi- 
nions des grammairiens ou des exégètes antérieurs, il a presque toujours 
raison, et les règles qu'il établit sont fondées sur une observation 
exacte et une saine appréciation des textes. Il ne suffit pas, comme le dit 
très justement M. Kropat, d'assembler mécaniquement des matériaux, il 
faut savoir les classer. Nous signalerons, à titre d'exemples, les para- 
graphes sur la place des pronoms personnels (p. 25-26), sur l'emploi de la 
négation après un pronom personnel (p. 31-32), sur la place des nombres 
(p. 50), etc. Alafin de son travail(p. 72-75), M. Kropat en résume les résultats. 
Il montre notamment que les mémoires de Néhémie et d'Esdras ont un 
style qui s'écarte de celui des Chroniques et que ceux de Néhémie ont un 
caractère archaïque. Un appendice explique un certain nombre de pas- 
sages des Chroniques et d'Esdras-Néhémie, que l'auteur a cités dans le 
cours de son ouvrage. Parfois M. Kropat propose des corrections, presque 
toujours très plausibles. 

Sur quelques points de détail nous aurions à présenter des observa- 
tions : P. 3, 1nk, devant un substantif, est, dans la Mischna, l'équiva- 
lent d'un pronom démonstratif. Il y a donc insistance. Ibid. rwnai (Gen., 
29, 27) est sûrement la l ro personne pluriel du cohortatif qal, et non pas 
la 3 6 personne féminin du parfait nifal. En effet, le verbe, étant précédé 
d'un impératif, doit être lui-même à l'impératif (cohortatif), étant donné 
qu'il y a changement de personne (voir notre article, Revue des Eludes 
juives, XXXV, p. 107 et suiv.j. 

Les exemples que M. Kropat cite du désaccord entre le verbe actif au 
singulier et le sujet au pluriel ne sont pas probants, car dans Job, 1, 20 ; 
Hab., 3, 17 ; Is. 59, 12, les mots poétiques mttm, m?2Y£, nNan ont la 
forme du pluriel, mais sont considérés comme des singuliers (cf. Revue y 



150 REVUE DES ETUDES JUIVES 

XXIV, p. 109. note 4). Il y a là une question de morphologie plus que de 
syntaxe, et Ton ne peut pas comparer ces exemples au pluriel pro- 
saïque mattt. 

P. 5. Dans I Chr., 26, 31, WiitlS, après le même mot employé deux 
fois, paraît du à un entraînement du copiste. — Ibid. Il aurait été bon 
de faire remarquer que le lamed est particulièrement employé avec ^D, 
de sorte que 'rob se met pour bs. 

P. 20. "pw^aï (II Chr., 10, 4) est un cohortatif et non un imparfait 
simple. Avec les suffixes on ne peut pas distinguer l'un de l'autre. 
î*îbj*i [ib. 16, 3) est un jussif, quoiqu'il ne soit pas apocope; de même 
•jrrn (ib. 18, 5], niD'n [ib. 30, 6 et 8) est par sa forme même un jussif. 

P. 24. Mettre nto?K pour nto?». 

P. 40. àifl avec 3 se rencontre dans II Rois, 17, 25. 

P. 46. C'est une règle générale que le pronom démonstratif ne prend 
pas l'article après le suffixe pronominal et il aurait fallu renvoyer à 
G. K. § 126 y. 

P. 48 et 54. V\t& peut très bien être à l'état construit; le céré, étant 
pour un hataf segôl, subsiste à l'état construit ; cf. 0T3N (Is., 1, 3). 

P. 64. Il est douteux que l'auteur des Chroniques emploie une cons- 
truction mixte, c'est-à-dire que le sujet ait une préposition parce qu'il 
pourrait aussi être complément. Dans ï"DK>3aa Drpb? r:b*>bi D73T» "O 
(I Chr., 19, 33 b) on peut sous-entendre après amb* le verbe nvnb et 
traduire : « Car jour et nuit il était obligatoire pour eux (d'être) au tra- 
vail ». Quant à Esdras, 3, 3, les mots manKH ^Wa ÙtVÔy rra'wa "Q 
n'ont aucun rapport avec le contexte, car les difficultés suscitées par les 
adversaires des Israélites ne sont mentionnées qu'au chapitre iv. Il est k 
noter, en outre, que le mot TV2^8 ne se retrouve pas dans les Chroniques, 
Esdras et Néhémie. Il est donc probable que le texte est altéré. 

P. 79-80. M. Kropat veut supprimer le vav de N31 (II Chr., 24, 11), parce 
que les Chroniques n'emploient pas le vav apodotique devant un verbe ; 
mais ici il s'agit d'une phrase commencée par vm, ce qui n'est pas le cas 
pour les exemples du § 32. Il n'en est pas moins vrai que N31 devant un 
futur itératif précède du vav est peu admissible. A notre avis, il faut lire 
»b^2 et ponctuer i-iani, nn»©?], irfcwn. 

La seule question importante où nous soyons en désaccord avec 
l'auteur, c'est celle du vav consécutif. M. Kropat parait croire qu'entre le 
vav ordinaire (copulatif) et le vav consécutif il y a une différence essen- 
tielle, et qu'on peut à volonté employer l'un ou l'autre. C'est ce terme de 
vav consécutif, tout à fait impropre, qui nous semble avoir égare 
M. Kropat. Dans le Pentateuque et les livres historiques anciens la règle 
est que, si un verbe à Vindicatif est précédé immédiatement de la con- 
jonction « et », on emploie le parfait, c'est-à-dire le temps suffixe, dans le 
sens du futur, et l'imparfait, c'est-à-dire le temps préfixé, dans le sens 
du passé (cf. Revue, t. XXVI, p. 47). Les mémoires de Néhémie se confor- 
ment à cette règle ; par conséquent, lorsqu'on trouve dans Néhémie, 3, 35, 
ynoi, qui se rapporte au futur, il n'y a qu'à y voir un temps suffixe 



BIBLIOGRAPHIE loi 

ayant le sens du futur et le vav est dit consécutif. L'écrivain ne pourrait 
s'exprimer autrement, puisque le verbe est précédé de la conjonction et. 
Il est inutile de chercher un passé prophétique. II en est de même dans 
II Chr., 18, 11 =1 Rois, 22, 12. Toutefois il est à remarquer que \tÀ\ 
est irrégulier, car on aurait attendu, après un impératif, le jussif imi, 
comme cela est au v. 5(— I Rois, 22, 6) et non l'indicatif. Dans I Chr., 9, 26 
le verbe *rm a le même sens que vm au v. 24. — Dans I S., 1, 3, le 
verbe nbsn doit se traduire : « et il montait », non pas « et il monta ». 

Le vav est donc consécutif, c'est-à-dire que le verbe a le sens de l'im- 
parfait. De même I, 23, 32, le sens indique l'imparfait et non le parfait 
et l'on traduira « et ils gardaient » ou « et devaient garder ». 

M. Kropat peut avoir raison de dire (p. 21 a) que le parfait a quelquefois 
le sens itératif. Dans ce cas il est employé exceptionnellement comme le 
verbe précédé de la conjonction et. Cela n'empêche pas les verbes 
suivants, qui sont précédés de la conjonction et, d'avoir le vav soi-disant 
consécutif. 

Il nous sera permis aussi de nous étonner que M. Kropat paraisse 
ignorer la Revue des Études juives. Il ne cite jamais les articles où nous 
avons traité des questions dont il s'occupe, par exemple, l'emploi du 
lamed pour le complément direct en araméen (p. 35), celle de D"P avec 
le nombre ordinal (p. 57). 

Nous n'en reconnaîtrons pas moins que l'étude de M. Kropat est une 
œuvre de grand mérite, et nous souhaitons que l'auteur continue dans 
la voie où il s'est engagé. Bien des livres de la Bible devraient être l'objet 
de recherches aussi approfondies et aussi fécondes. 

Mayer Lambert. 



Ratner (B.). b^blSVn "p^X nnHK noO Varianten und Ergânzungen des 
Textes des Jerusalemischen Talmuds nach alten Quellen und 
handschriftlichen Quellen ediert, mit kritischen Noten und Er- 
klârungen versehen. Traktat Joina. Wilna, 1909; in-8° de 118 p. *. 

Les volumes de l'ouvrage de M. Ratner se succèdent avec une heureuse 
régularité, grâce au zèle et au dévouement de l'auteur, grâce aussi aux 
subventions de la Zunz-Stiftung, de la Gesellschaft zur Fôrderung der 
Wissenschaft des Judentums et de l'Alliance israélite. Cette fois, c'est le 
traité de Yoma que nous avons sous les yeux; pour les 31 colonnes du 
Talmud de Jérusalem sur ce traité (38 c-45 c), nous avons 108 pages de 
gloses et d'explications, outre les 10 pages d'additions et de rectifications. 
Rien ne caractérise mieux le travail de M. Ratner que le nombre d'addi- 

1. Comptes rendus des volumes précédents: Revue, XLIII, 310-317; XLVI, 154-159; 
L, 140 144: LU, 3H-314: LUI, 217-289: LVLI, 308-311. 



152 REVUE DES ETUDES JUIVES 

tamenta qu'il a encore pu joindre au volume avant sa publication et qui 
témoignent de l'assiduité de ses recherches toujours fertiles en résultats. 
Ainsi on trouve signalé en appendice (p. 117) un terme technique du 
Midrasch halachique, qui est tout à fait intéressant, mais qui n'avait pas 
encore été noté par les dictionnaires (pana Diptt?j, dans l'emploi de 
la règle herméneutique "Vu ïTTTO); Gomp. mon ouvrage : Die exgetische 
Traditions lit eratur, Ile V ol. (1905), p. 252. 

Chaque nouveau volume accroît l'importance de l'ouvrage comme col- 
lection de matériaux pour l'histoire du texte et de l'étude du Talmud 
palestinien. Il est fort intéressant de connaître le texte du Yerouschalmi 
tel qu'il était connu des savants de Kairouan, R. Nissim et R. Hananel; 
il ne contenait pas plus que le nôtre les derniers chapitres du traité 
Sabbat (p. 118). Joseph ibn Migasch, dans ses explications du Talmud 
Babli, ne tient pas compte, par principe, du Yerouschalmi, quoiqu'il le 
cite ailleurs (dans ses Consultations, p. 100). Mordechaï b. Hillel disposait 
d'un texte particulièrement correct du Yerouschalmi (p. 77 1 ); de même 
Isaac Arama (p. 72). Issachar Bacr de Posen, l'auteur du 3>3T3 "nan 
(commencement du xvue siècle) n'a utilisé qu'un manuscrit du Yerou- 
schalmi et n'en a jamais connu l'édition imprimée (p. 52). 

Une portion considérable des scolies de M. Ratner se compose de réfé- 
rences aux passages parallèles du Talmud babylonien et d'autres ouvrages 
de la littérature traditionnelle. Pour le traité de Yoma, il utilise copieu- 
sement la poésie liturgique, à laquelle le Yerouschalmi sert parfois de 
source. Très souvent aussi il fait ressortir l'accord entre les indications 
de Josèphe et celles de la tradition talmudique. Il traite avec un soin 
particulier le texte de la Mischna et en enrichit la critique par plus d'une 
observation importante (voir p. 30, sur m, 3, et p. 45, sur ni, 10). En pas- 
sant, nous recueillons d'utiles contributions à la lexicographie talmudique 
(p. ex. sur le mot mnfflï, p. 32) et à l'histoire des représentants de la 
tradition (p. ex. R. Haggaï, p. 7 ; H. Yirmiya, p. 9 ; Hilfai, p. 20). 

Les passages du Yerouschalmi de Yoma dans lesquels M. R. comble des 
lacunes d'après les sources utilisées par lui sont les suivants : 38 b, 
ligne 23 (p. 2); 38 c, 1. 16 (p. 4); 38 d, 1. 49 (p. 11); 39 a, 1. 50 (p. 15); 
39 b, 1. 17 (p. 17) ; 40 a, 1. 13 (p. 25) ; 40 c, 1. 57 (p. 33) ; 41 a, 1. 1 (p. 38) et 
1. 16 (p. 42); 42 a, 1. 22 (p. 57); 42 />, 1. 73 (p. 61); 42 c, 1. 19 {ib.)\ 43 d, 
1. 29 (p. 72) ; 44 a, 1. 72 (p. 76) ; 44 b, 1. 1 1 (p. 80) ; 44 d, 1. 24 (p. 84), 1. 27 
(p. 85) et 73 (p. 91); 45 a, 1. 72 (p. 99); 45 c, 1. 27 (p. 102). Au dernier de 
ces passages l'auteur rattache une longue digression (p. 103-107), où il 
montre des lacunes dans le texte actuel du Talmud palestinien. — Parmi 
les autres corrections du texte, citons celles sur 40 b, 1. 23 (p. 27) ; 40 d, 
1. 31 (p. 35) ; 41 d, 1. 44 (p. 55) et 70 (p. 90:. 

Voici encore quelques remarques de détail : P. 2, R. cite le commen- 
taire de Raschi sur Nombres, xxvi, 13, en lui faisant dire Nittan tn^i 

1. Mais précisément pour ce passage la leçon de Mordechaï est fautive ; voir plus 
bas, sur p. 76. 






BIBLIOGRAPHIE 153 

rmabtDVP; Raschi n'a naturellement pas écrit ainsi, mais "n7jbra TSatQl 
labwrr (voir l'édition de Berliner, 2° éd., p. 334). — P. 4 (sur 38 6, 
1. 12). L'identification de l'amora Hanin avec Hanin b. Lévi ne se justifie 
par rien. Le premier est un des amoras importants de la Palestine au 
commencement du iv e siècle, voir Die Agada der paldst. Amoràer, III, 
86-95. Sur Hanin b. Lévi, v. ibid., p. 700. — P. 9 (sur 38 d, 1. 24). R. iden- 
tifie par erreur l'amora ici nommé Yosé (iv c siècle) et son fils Eléazar 
(ou Eliézer) avec le tanna Yosé b. Halaftaet son fils Eléazar. Sur ce pas- 
sage, voir Die Agada der paldst. Amor., III, 23G. — P. 15 (sur 39 a, 1. 38). 
Ce que "J13 "Ta ->D"P 'n (Yosé b. Abin) dit ici est rapporté dans le Babli 
(Yoma, 18 a) au nom de tpv m, c'est-à-dire du chef bien connu de 
l'école de Poumbadita. R. suppose que le r|D-i"» m du Babli est Yosé b. 
Abin. Cette hypothèse est gratuite. Yosé b. Abin (voir sur lui Die Agada 
der paldst. Amor., III, 724 etsuiv.) peut fort bien avoir rapporté l'opinion 
d'un amora babylonien plus ancien sans le nommer, ou peut-être 
n'a-t-on conservé le souvenir que du nom du rapporteur. Je ferai encore 
remarquer que le père de Yosé b. Abin, Abin l'Ancien, a rapporté dans 
les écoles palestiniennes beaucoup de dires de docteurs babyloniens (voir 
ibid., III, 398). 

P. 23 (sur 39 d, 1. 42). Sur Hiyya b. Louliani, voir ib., III, 687 l . — 
P. 38 (sur 40 d, 1. 74). Le mot nnN73n doit être divisé en N7ûn et fin 
et au lieu de ïfn il faut lire Nn, qui se rapporte au mot "noua 
qui suit. R. considère à tort nrN7jn comme une variante de fcton. — 
P. 43 (sur 41 a, 1. 18). Le commentaire d'Ezra qui porte le nom d'Abraham 
ibn Ezra est de Moïse Kimhi. — P. 51, 1. 1. Au lieu de 5"n lire Y'™. — 
P. 59 (sur 42 b, 1. 23). Il aurait fallu remarquer ici que, dans les éditions 
du Talmud de Babylone, on lit, dans ce passage de j. Schekalim, {TTt 'i. 
— P. 60, en haut. L'identification deBenKatia, nommé dans M. Yoma, m, 10, 
avec le grand-prêtre Josué b. Gamala ne peut pas être prise au sérieux. 

P. 62 (sur 42 e, 1. 35). Sur la phrase "pN nn«3 «npD rflab "prm 'n n7:K 
obi^n nrrcnr; rn^ao frira, R. remarque que "pirp 'i provient d'une fausse 
résolution de l'abréviation """"î, qui désigne ici w* '"i. Le texte primitif 
nommait R. Yosé (b. Halafta), car c'est lui qui est l'auteur de cet ensei- 
gnement dans la Tosefta (T. Yoma, m, 6). Mais R. ne voit pas que le 
Talmud de Jérusalem cite lui-même la Tosefta immédiatement après le 
dire de Yohanan (rPTl '"i ^n) et cela dans des termes identiques avec 
l'explication de Yohanan. Celui-ci dit la même chose que la tradition 
tannaïtique sur l'étymologie de l'expression !""PniO "pc*. Or, quoique 
R. Yosé ne soit pas nommé dans la citation de la Tosefta faite par le 
Yerouschalmi, c'est son dire qu'on a en vue, de sorte que dans la phrase 
précédente du Yerouschalmi, le nom d'un Amora est seul en place, c'est- 
à dire celui de R. Yohanan. 

1. Complétons ici ce que nous avons dit en cet endroit en ajoutant que le Yalkout 
Schimeoni aussi bien que le Yalkout Macliiri sur Prov., xx. 2îi, citent un dire de cet 
Amora qui manque dans nos éditions de Genèse rabba, ch. lxxxi, in. 



1^)4 REVUE DES ETUDES JUIVES 

P. 76 (sur 44 a, 1. 73). Dans le passage intéressant sur un usage des 
juifs babyloniens relatif à l'exilarque. H. admet comme exacte une leçon 
qui défigure le sens môme du texte. L'usage babylonien d après lequel on 
apporte le rouleau de la loi à l'exilarque, au lieu que celui-ci se rende, 
comme les autres fidèles auprès de la Tora, est justifié par Yosé b. Abin 
(celui-là même qui a été cité plus haut, sur p. 15) en ces termes : "jEn 
•prïrnnK ^n:72D -ib -p-ia* ûo irpitto lii btti iJHiS "H" 1 b*. Sans discuter les 
différentes leçons, dont celle de Ratner : f 2& 5n:73D «bi, je voudrais 
seulement préciser en quelques mots la seule signification exacte du dire 
de Yosé b. Abin. D'abord il faut corriger ib, qui ne donne aucun sens, 
en fit, car ce mot araméen (pour prrb} convient seul au contexte. Le 
suffixe pronominal de "pb et de innnaK se rapporte à -m btt *i?-it(ou 
-in ma bis iam, comme le lit H. Hananel), les descendants de la 
dynastie davidique, c'est-à-dire les exilarques. Yosé b. Abin dit : On leur 
décerne cet honneur parce qu'il était également usité pour leurs ancêtres, 
les rois de la maison de David. Yosé b. Abin a en vue la lecture du cha- 
pitre royal par le roi, tel qu'il est décrit dans la Mischna (Sota, vu, 8) : 
Le grand-prêtre passait le rouleau de la loi au roi, afin qu'il y lût. Les 
exilarques élaient donc, pour ce privilège liturgique, les héritiers des rois 
davidiques. 

Budapest, octobre, 1909. 

W. Bâcher. 



The Commentary of Rabbi Meyuhas b. Elijah on the Pentateuch. 

Edited, for the first time, from the unique Ms. (Add. 19, 970) in the British 
Muséum. By A. W. Greenup and G. H. Pitterton. Genesis. Londres, 1909 ; 
petit in -8° de (2) + 131 p. 

Ce commentaire, dont nous recevons la partie qui porte sur la Genèse 
seulement, a droit à notre intérêt, non pas tant à cause de son contenu 
qu'à cause de son auteur, qui est l'un des peu nombreux représen- 
tants de l'exégèse biblique dans l'empire byzantin. On sait que cette 
école commence dans la seconde moitié du xi e siècle avec les darseha- 
nim Tobia b. Eliézer et Méir de Gastoria, son disciple. La transition du 
derasch au peschat est peut-être formée par l'auteur d'un commentaire 
anonyme des Proverbes, qui appartient a la première moitié du xui e 
siècle (v. Z. /'. B. B., XI, 133). A la fin de ce siècle vivait Joseph b. David 
ha-Yevàni, dont l'ouvrage grammatical et lexicographique, intitule 
Menorat ha-Maor et incomplètement conservé en manuscrit, contient 
beaucoup d'éléments exégétiques. Au xiv° siècle appartiennent Schemaria 
Ikriti et Moïse Kapuzato, dont le commentaire du Pcntateuque n'est connu 
que par des citations d'Klia Baschiatsclii On peut y joindre les auteurs de 
quelques supercommentaires dlbn Ezra : Abischaï de Zagora en Houmélie 



BIBLIOGRAPHIE 15b 

(1170 ? v. Magazin, IÏI, 45), Caleb çv/mp de Constantinople (ibid., 46), 
David Pardléon do Chypre et Juda Mosconi d'Ochrida en Bulgarie, et 
l'auteur d'un super-commentaire de Kaschi, Dosa b. Moïse de Viddin en 
Bulgarie. A côté de ces écrivains viennent se placer les exégètes caraïtes, 
qui apparaissent également dans la seconde moitié du xi e siècle et dont le 
premier représentant est Tobia b. Moïse, le Traducteur (p"Wafl) ; puis 
viennent Juda Hadassi, dont le Eschkol ha-Kofer renferme une très grande 
partie exégétique, et les deux Aron, qui ne sont d'ailleurs pas originaires 
de l'empire byzantin, mais qui sont venus s'établir à Constantinople |. 

Ce qui prouve que Meyoubas b. Elia * était également un Byzantin, 
c'est d'abord qu'il emploie des gloses grecques dans son commentaire, 
par exemple, dans la partie éditée, sur Genèse, x, 4, 9 (p. 31) 3 : Ei^b 
bi-iô^p *p:o "PV "jStob D"»\x d-'o "^n n 721 en ...en tf"8 lb« bi û^nn 
ûrn RiTOI ïïnm ■'ûrnpi, et un peu plus loin : t^lpEaiS rmaa bs *pn 
naniT:» f\V jTDbrn ...enn Mit*» ytàS. Un autre indice de la pairie 
de l'auteur est que le seul manuscrit existant a été copié à Nicopolis, par 
Elia b. Elkana, en 1469. De plus, il n'est cité, autant que je sache, que 
par un auteur grec, Elia Mizrahi, qui dit, sur Lévit., xi, 38 : Dnvw "iD^-n 
in: 3"iîri«3 ^n antn b* laro D s nna "pa J1T b* o^?o *jrrp "pi arc 
Dip?: bbi2 2V2 nw n:t tcn rtburab ~,?2Nj nna in^JSirt uvzr t by, 
et sur Nombres, vu, 16 : ainnn nnp by nfccb naanb inx D"n* n^yto 
"nap iriT ■w "ny-n «b ht by ans orrp?: imn ...pso nNtiTJi 
a^c-ipi ttHpfô frtt ab rtasy n? -nnia pso neronu ton ht ">ni birWfl ; 
ces deux citations se retrouvent mot pour mot dans notre commentaire, 
à ce que m'apprend M. Greenup. Enfin, il faut remarquer que le nom de 
Meyouhas ne se rencontre qu'en Grèce et en Turquie (v. Zunz, l. c). 

Comme Mizrahi donne à notre Meyouhas le titre de lirai, il s'ensuit 
qu'il était une grande autorité, mais nous ne savons rien de sa vie. 
A noter seulement qu'il cite souvent son propre ouvrage rmwrî "îSO, qui 
s'occupait de grammaire et des règles herméneutiques de l'interprétation 
du Pentateuque, comme il résulte des citations contenues dans le com- 
mentaire de la Genèse (p. 1, 10, 21, 23 [bis], 62, 64, 85 et 114). Mais ce 
traité n'est mentionné nulle part ailleurs. 

Il n'est pas moins difficile de déterminer l'époque de Meyouhas. 

1 . En revanche, Mordechaï Comtino appartient déjà à la pt-t-iode turque, car le gros 
de son activité se place dans la seconde moitié du xv a siècle. Si le Graecus Venetus 
est l'œuvre d'un Juif, ce Juif serait à ajouter aux exégètes Byzantins (v. Jew. Encj/cl., 
III, 188 a en haut). Je me réserve de consacrer une étude d'ensemble à l'histoire de la 
grammaire hébraïque et de l'exégèse biblique dans l'empire byzantin. 

2. Sur le peu que nous savons de lui, voir Zunz, Literaturgesch. dersynàg. Poésie, 
38(1: Chwolson, dans la Jûdische Zéitschrifl de Geiger, IV, &1& ; Geiger, ibidem, 
V, 188; G. Margoliouth, Catalogue of the... ÈHtish Muséum, I, n" '201 ; Stein- 
schueider, O.L.Z., III, 1900, col. 129; S. Poznanski, R.È.J., XLI, 1900, p. 3Ô3, et 
A. Posnanski, Schiloh, I, 12o (et les pièces justificatives, p. xv, où est reproduit le 
commentaire sur Gen., xlix, 10). 

3. Les chapitres et les versets lie sent pas indiqués dans l'édition ; c'est pourquoi je 
cite souvent d'après la page. 



1S6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Margoliouth le place au xn e siècle à cause des auteurs qu'il cite et dont 
nous allons reprendre la liste. Le plus souvent cité dans la partie éditée 
est Raschi (p. 7, 20, 24 [appelé ici rmbp ?a"l], 62, 70, 81, 98); il le 
mentionne de plus sans le nommer, ainsi dès le début: irninn^ Uî"n 
ircn *inr, rimn fism y-iNi 2V2V rwia mwn irnN D^cnD72 
'idt bbo pD3 nr«n 3>ï5in b» i"i -m nbnn ib 1721m (cf. Raschi sur 
Gen., 1, 1) ; il l'utilise même sans le dire, par exemple dans ses explica- 
tions de i-pn3> (xv, 2; p. 41). "înm (xxv, 21 ; p. 69), Tnn (xxvn, 40; 
p. 75), "l"i72D3 (xliii, 30 ; p. 115), etc. L'Arouch est cité une fois, à ce que 
nous apprend Margoliouth (ms.,p. 219 : mnirpn ûip72 Tba*K ^vn ,m *D 
ïba* 'iC--m 'wil n3L37: niai) 1 . Un certain Isaac b. Samuel, autrement 
inconnu, est cité quatre fois, dont une sur Gen., xvi.ii, 6 (p. 49) : .i'Olb 
N'^ib p^n "721N \vbb b«TOï3 p pn£i 'n 'ib ; dans les trois autres 
passages aussi, Faraméen sert de terme de comparaison, comme nous le 
savons par Margoliouth. L'identification, conjecturée par moi (R. E. J., 
I. c), avec Isaac b. Samuel ha-Sefardi, auteur d'un commentaire arabe 
de Samuel, qui appartient sans doute au xie siècle, me paraît maintenant 
invraisemblable, car il est difficile de croire que Meyouhas comprenait 
l'arabe. Puis vient une citation d'Abraham ibn Ezra, que Meyouhas n'a 
pas prise dans son commentaire, mais qu'il a entendue d'un intermédiaire, 
v. p. 32 (sur xi, 3): B*nn '^V K1TJ p o-DN Dttn WttïJ .— !72nm 
^nT-n im« r" 1 " 1 ?" 1 ~ Tn N" 171 " 1 in "priai net '722 &ra:i73i Niai^a 1*0 
mm "pcnsi \ Effectivement, je n'ai rien trouvé qui indiquât néces- 
sairement un emprunt direct à Ibn Ezra, certaines ressemblances occasion- 
nelles (p. ex. l'explication de Tibbe Nb dans xlviii, lt, par VC1 «b, p. 123) 
pouvant être fortuites 3 . 

Cependant, Steinschneider (/. c.) a des scrupules sur l'ancienneté de 
Meyouhas, parce que il est cité pour la première fois par Elia Mizrahi. au 

1. Une citation de Tobia b. Eliézer, dans la partie encore manuscrite, est sans duute 
une addition postérieure, comme le suppose Margoliouth. 

2. Le mot *")N3 est au-dessus de la ligne, nous apprend Margoliouth, et est ici 
déplacé. L'explication d'après l'arabe se trouve, contrairement à ce que dit ce savant, 
dans les deux recensions du Commentaire d'ibn Ezra. Meyouhas cite encore à deux 
reprises des explications entendues par lui, sur xxiv, 15. p. 64: p"*D72 tfb .71121 

inp-n bsN in?7:d "p .n^n od hisse »b« 'pa nb^n nrrn «b© *pb a"n 

p T18£73 R31, et sur xli, 45, p. 111 en bas cette singulière explication: "pN *jr!D 

liainn pnb 'txso T*a rran3i 01-11:72 bio rîfiomsoabK it Din72iN'a in^rc 

•JCO -1172N- 11»Ï3 "^N 1721X1 iPDH rwm30Dbfi«3 "pb»n Daim 1172N N:72 

*npab ïbnb "TOan to kih. 

3. Le fait est d'autant plus étonnant (pie Hadassi, qui a écrit en 1148, utilise déjà 
les ouvrages grammaticaux d'ibn Ezra ^voir Bâcher, M. G. W. J., XL, 126) et que les 
commentaires de ce dernier ont été commentés a plusieurs reprises en Grèce préci- 
sément (voir plus haut). Il faut seulement remarquer qu'une explication rapportée par 
Meyouhas est peut-être empruntée à Ibn Ezra : sur Epu (vin, 11), on lit (p. 27) : 

■m au: aim nrrci: isna 172:: r,iy i73"i« yvab enp»n ib*a73 nns ©wb 

'«13T i'^3 V172P NirîUJ li^Dl "pi021 ; cette remarque est citée par Ibn Ezra au nom 
d'ibn Balàin dans le Long Commentaire (éd. l'riedlânder, p. 49) et sans nom d'auteur 
dans le Commentaire ordinaire. 



BIBLIOGRAPHIE 157 

xvi e siècle et que le manuscrit date de la seconde moitié du xv e siècle 
seulement. Le t'ait est qu'il se pourrait que Meyouhas ait déjà connu les 
ouvrages des Kimhides, car il parle du bans Taa(p; 10, 18) et du b*Btn "paa 
(p. 21, 36) et l'on sait que ces deux formes verbales ont été introduites 
par les Kimhides (voir mes Beitràge zur Gesckichte cler hebr. Sprach- 
icissenschaft, I, 17). quoique le terme b^aiïi se rencontre déjà sous la 
plume d'Ibn Ezra (p. ex. Cachot, éd. Lippmann, 67 6). Il n'est donc pas 
possible actuellement de déterminer avec exactitude l'époque de Meyouhas. 

Le commentaire est très sobre et a principalement en vue le peschat. 
Comme Raschi, il fait parfois ressortir l'opposition du peschat et du derasch 
(p. ex. p. 3, 5, 12, 58, 79, 122, etc., notamment p. 103, sur xxxvu, 35 : 
itsd maa nabi a^aa pb tfhpb anp7an "p-t pi "ina son rmaa pi 
Kibe ^3i pT nri n5n rwwi vmaan "paa ^aa ba pnb -ra^au; 
tji-wD ^d ba> acma irai vmba pu: i-ibn wma-n aarb», et p. 
130, à la fin de la bénédiction de Jacob : bo 1B1CB "*eb \n;a"TD HT bai 
bs> arrpTan ato^b ^nppta "«aai -ijin ■parai a*»an ma» ^"vnai &np73 
ÎOTCB piN). Néanmoins, beaucoup d'explications sont tacitement em- 
pruntées à l'Aggada, p. ex. sur m, 226 (p. 14) ; vi, 18 (p. 24) ; vu, 2a (p. 25) ; 
xxv, 9a (p. 60), etc., etc.) Il est intéressant de voir que le commentaire 
contient parfois des digressions halachiques (p. ex. p. 8, 60, 62), qui 
deviennent çà et là de véritables dissertations, p. ex. p. 101, sur xxxv, 34, 
touchant les règles de deuil, sous le titre de ba« rnabn, et dans la section 
de ntn, sous le titre de na^rra mabn (indication de Margoliouth dans le 
Catalogue). 

La grammaire occupe une très grande place dans notre commentaire. 
A noter quelques termes originaux. L'infinitif est appelé 11X173 (p. 12, 17, 
19, 27, 32, 46, 48, 71, 80, 81, 83, 84, 108 et 114); le passage de la p. 32 
sur xi, 3) mérite particulièrement d'être relevé : vzit* "piab ."—îan 
iTaa lo-wa ï-n»Nn bri Trra ta^an br bsiai narra «im s-ra^na 
^■»bîï ana» r>« nan. 11 ne faut pas corriger ce mot en "narra == "YTS73 
mais, comme je l'ai déjà fait remarquer dans la Revue, L c, on doit en 
rapprocher un passage analogue d'un opuscule grammatical anonyme 
■pannoo! canbiri -pnrin "na^nbi nan is bab banaia "nacra l . 
Les formes abrégées de tout genre sont appelées y£")p73 (p. ex p. 5, sur 
i, 14: "1733 'pnrrrflB i>3a y2ip73 yrob «ïïti rrmwa i\t 173a mm»» w 
'ia"i a**©"» TPI D^bin an wi) ; les formes verbales contractes sont 
appelées biba bric, p. ex. mbm dans xvi, H (p. 44: 1?33 p î-nbTn 
pn msr n« naiar 173a biba bris snm naaip73 "paaba naiarj ou 
riTaa (p. 120: rra 1733 [t. rai-pDnj £>"^DT biba brs r;73a). Les verbes 
irréguliers sont appelés tm W3 (p. 82), BjbKH ""bra (p. 62), Nïin ^bra 
(iè.) ou T?n ^Dibr (p. 72), nabn ■•riba (p. 33). Le /ié interrogatif s'appelle 
nrrarfian an (p. 63) ; les mots de sens opposé mnat mbtt, p. ex. rjruntf 
(xxxi, 39;, HttTp (xxxvm, 21), "Dam (xlii, 7; p. 112 : mb»n p ï-JT E]N1 

1. Il se pourrait donc que le "paaïl "1DO ait été composé en Grèce. Il est d'ailleurs 
certain que -nin73 provient de 11X73, qui se trouve chez Parliou et Hadassi, p. ex., 
mais qui, étant énigoiatique pour ceux qui ne comprenaient pas l'arabe, fut modilié 
par eux. 



158 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ina jvaia. bipbpi "ppn rnPBSJSfcl mniin ; cf. mon étude Un Com- 
mentaire sur Job, p. 29 =s Revue, LU, 204). Les hapax legomena sont 
désignés par les expressions fcnp733 "I3n lu "p« (p. 57, 70, 81, 98, 107, 
127) ou fcnp733 iy 13 y»K (p. 81, 84, 85, 86, 93, 99; 108, 109, 111); les 
mêmes expressions sont employées quand les mots en. question reviennent 
ailleurs, mais dans un autre sens. p. ex. 13 (xxxi, 34), ou quand la forme 
verbale dont il s'agit ne se retrouve pas, p. ex. yQ^\ (xxxi, 25; p. 85 : 
■npvsj nan:i fcnprç a ny r? "patça nih *>pv nraft anv ^;\x ,jrçpi 
tn"nz~ 1^03 3in?Q 1733 VOS cet aveu est bien singulier, d'autant 
plus que jH3"n reparaît encore dans Ps., vu. 6), ~;p]£N (xxxm, 15; p. 93 : 
T\?rib fcnp»3 n* ib "paia îôn snii» wm m» "ion . c^: ~;psn 
-PT npVl "JT 1 feTUTO rwoai 17173 vhv ; ici aussi, les hésitations de 
l'auteur sont étonnantes, car les nombreuses formes représentées 
indiquent $3p) \ *|3^m (xl, 13 ; p. 107 : t*-np?33 nan ib fa ."p^m 

'131 "p^TI 1733 Nini). 

Meyouhas utilise très souvent le Targoum (ittWns). Le nom d'Onkelos 
n'est mentionné qu'une fois, sur xlii, 9 (p. 113: nK .yn«~ mny ns 
Nsnfin Np-ia ' n P5W DSnnttî Kim ...minDn yna- nonn); par contre, 
il l'appelle souvent yônr* (p. 20, 24, 32, 39, 54, 68, 72, 78, 81, 84, 95, 103, 
112, 120, 127). Plus fréquents encore sont les rapprochements avec l'ara- 
méen, voir notamment sur vin, 22 (p. 29): i?:3 nf2Tpn V2ia \VEh .tpin 
-Dir: \xdb un "m is-nn nst Epm 33« ,&npnn pT «vip 'HDTiti •»»"♦». 
Il l'ait encore dériver de l'araméen mm (i, 28), 3p"n (i\ , 8), ne (ix, 27), 
ain (xiv, 23), merp (xix, 28), bbfc (xxi, 7), N1DD73 (xxiv, 32). d^n (xxx, 
35), b«b (xxxi, 29), 13JÏ3 (xlv, 17), min (ib., 24), KH (xlvii, 23), Ù13 (xlix, 
14), iy (ib., 27), etc., etc. Il a recours, de même, avec un grand profit, a 
l'hébreu de la Mischna, p. ex. *pim (m, 14} et nmn bms [Mo«d h'uhin, 
la; cf. Arouch, s. v. Ha, éd. Kohut, II. 250), dm (xxx, 32) et PTttniS 
(Baba batra, v, 6; p. 81 : Nnp733 *iy ib r*o rran -p^b 3in£ «in dm 
dîna y'r^rj û^nnio kttti rs:33 passai nvusnta n3is»3i), d^Din. 
«divinités» (xxxi, 19) et msinn û*3binn (Aboda zara, n, 3), nnc, 
« rond » xxxix, 20 et -insm -ma (p. 106 : Samoars n^3 «in .nnon n^D 
nnon p« 1733 73 *np biay -ma hitto d-3 b*i Nip733 v ib -p^i 
inpni mis n2'373 fliobai; pour les deux derniers mots, il faut peut- 
être lire "irtD IN TH ou quelque chose d'analogue, v. Eroubin, u, I ; 
Tosefta, n, 2), etc., etc. 

Les étymologies fréquentes de l'auteur ne manquent pas non plus 
d'intérêt; nous en relevons un certain nombre (dans\Tordrc alphabétique) 
qui nous paraissent mériter d'être signalées ; ynN, « terre », parce qu'on 
court sur elle (p. 9 : B5HH na H3 "px-ita DO bj); ÏTOÏTO, «animal», 
c -à-d., qu'est-ce qui est en lui? (p. 7: H3 ri73 173133) ; "ia, « blé », 
parce qu'il est séparé de la paille et de la balle (p. 110: Ninia d'3 ban 
■paru ]mr> 112 -111373) ; p « jardin », de JM « protéger », parce qu'il est 
« protégé » par des arbres (pli: nw*lt3 "(3137313 DIS bj) ; mr>, « femme 

1. Peut-être veut-il dire dans ces deux passades que les racines en question {yoz «t 
}^) ne figurent pas dans la Bible sous leur forme trilitëre. 



BIBLIOGRAPHIE 159 

enceinte», parce que son corps s'élève et s'enfle comme une montagne 
(p. 20: WD31 pan nnij û\23 b? -in tii&bn nnm) ; naT, « mâle », 
parce qu'il rappelle son père (p. 8 : "maM n« T^TttUJ ÛD b* yt&i ynç? 
"iO"ima) ; les géants s'appellent d^W, parce qu'ils sont distincts de tous 
les autres (p. 22 : îa^pwi mTVEl p d-fimp: ...nann dWW3 ario *T bJV.ï 
l'auteur a donc confondu les verbes boa et nbo) ; l'été se dit "pp, parce 
qu'on y cueille les fruits (p. 29: diDa^b mTBH patXlpia BO b*) f etc. 
Une singulière étymologie est celle de ût et nr^b (p. 3 : û*pk "p©b dV... 
bnabai nb^ba }"H2J> nb"»b ...«rnsn)- 

Dans sa préface, l'auteur s'explique sur certaines règles exégétiques: 
il existe des versets elliptiques (n£p 8"ip72) ou redondants en apparence 
(im N"ip73) ; dans certains versets, il faut intervertir les mots (8*npn 
cmD72), etc. Presque à chaque page on trouve le terme Nin enpTSfï blS72, 
c.-à-d. «expression biblique ». — Parmi les autres explications, citons les 
suivantes : Ûip72 (n, 8) ne signifie pas « a l'orient», mais «avant la créa- 
tion du monde * ; — qD-ra" 1 (m, 15) veut dire «épier dans une embuscade» 
(rrcbym *no=n rosûn "pcb), comme ^:dic dansPs., cxxxix, 11 ; — si 
l'ange parle à Agar à la première personne (xvi, 10), c'est un usage que 
l'on retrouve ailleurs, p. ex. dans P&^-rai,^ 1 ; — les patriarches parlaient 
en hébreu, comme il résulte de xxvn, 36 et xxxi 47; — y«EH p fxxxv, 18) 
signifie « fils des vieux jours » (comp. 'pttTï ypb, Daniel, xn, 13) ou 
littéralement « fils de la main droite », par allusion à I Chr., xn, 2 ; — 
bM (xlviii, 14) veut dire «se tromper» (de mbao) ; — IWBtiJ (xlix, 17) 
a le sens de « marcher lentement et prudemment », comme HWSJ dans 
Nombres, xxiii, 3, etc. 

Le texte est passablement correct, car j'en ai corrigé les épreuves 
autant que je l'ai pu faire sans avoir le manuscrit sous les yeux*. Les 

1. Remarquons en passant que ce sont ces versets et d'autres du même genre qui 
ont servi au caraïte Benjamin ISahawendi à appuyer sa théorie bien connue sur la 
création du monde par un ange ; voir mes remarques dans la Revue, L, 11, et nXlN 
bN"]l»\ III, 127 b. 

2. Quelques fautes y sont néanmoins restées, p. ex. : p. 1, 1. 2 : mon, l. HOn ; 
ib., 1. 8, mettre '72"lba après rniM" "ID03 ; ib. 1. 10 : '"ibd, L 'blD ; p. 4, 1, 8 : 

lîttm, i. pTnrv»; p. 22, 1. 19 .- p-nn», i. p -nna; p. 23, 1. 13 : msn, 1. 
nn:n ; p. 34, 1. s d'en bas : ima^bidn'id, '• nma^raniû ; p. 53, 1. 1 : prycj«, 

1. 'jn TJ3N : ib., 1. 9 : "irW^Ea, 1. "inC2723 et effacer le point d'interrogation et la 
parenthèse qui suivent: p. 55, I. S -9 : 1. m 72b "77213' , D72 T2H ; 1». 56, I. 13 : 1. 
"p KITI'iS ; p- 60, 1. 16 : ^mnp, 1. T»2Tip ; ib., I. 4 d'en bas: imE, 1. in?2 ; 
p. 64, I. 1 : nni">3, I. HT3 ; ib., 1. 14: ITVT13©, '• n"niDÏJ ; P- 65, 1. 2: 
bp©733, I. bpia?23 ; ib., 1. 5 d'eu bas: '-p, 1. '-p (c'-à-d. TUT); p. 69, 1. 4: 
"mi, I. nr?1 ; ib., \. 1 d'en bas : D^DwX, 1. O^DN; p 70, 1.7: D1ÎÔ72, i. 

din?72 ; p. 71, d. i. : 'm, l. p-n ; p. 72, i. 8 : inynb, i. insnttb : p. 79, 1. 3 

d'en bas: 'W&b {kis), L 'Kl:© ; p. 82, 1. 14: bp?r, I. bp72T ; p. 85, .1.1.: 

îranai, i. iroaai : p. 86, 1. 17 : pT»na, 1. p-pn Dip72a ; p. 88, 1. 5, m-,7:n 

est incompréhensible; p. 97, 1.0: "ira:*, I. p^as î ib., 1. 12: bEHdnbîS, 1. 

boanbe ; p. 98, i. 10 : avoi, i. aT.ai ; p. 99, i. 20 : nb», 1. nb^M et 

effacer le point d'interrogatioo : p. 102, 1. 15 : blSI, I. bsn : p. 106, 1. 2 : Tijn, I. 
HPJH : p. 124,1. 6 d'en bas : nna*.2P. I. ma en; p. 126. I. 1 d'en bas : "Ql, 1. pi. 



160 REVUE DES ETUDES JUIVES 

éditeurs ne disent rien de mes corrections parce qu'ils n'ont joint à 
l'édition ni préface, ni références, rien enfin de ce qui aurait pu contri- 
buer à Tintelligcnce du commentaire. Mais on doit leur savoir gré de 
nous avoir fourni, ne fut-ce que le texle nu, si je puis dire, et il est à 
désirer qu'ils publient bientôt la partie encore manuscrite, qui porte sur 
les quatre derniers livres du Pentateuque. 

Varsovie. 

Samuel Poznanski. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. LlX,p.273. — Jacob Gouguenheim, «juif rabbin », est Jacob YekelG., 
rabbin à Nidernai et à Haguenau, fils de Benjamin Wolf G., gendre de 
Samuel Zanvil Weyl de Ribeauvillé (Revue, XLI, 127). L'ordre d'expulsion 
ne paraît pas avoir été exécuté contre lui ; on le retrouve en 1800 (ibid.) 
et sa femme vivait encore en 1816 ; elle avait alors quatre-vingt-six ans 
(Arcbives du Consistoire Central à Paris). Son fils, Baruch G., d'abord 
rabbin à Phalsbourg, fut élu grand-rabbin de Nancy le 14 avril 1812 et 
nommé le 7 mai suivant (Archives Nationales, AF IV, 659, n° 5252, pi. 
170-171 ; Archives du C. C), à la place de Jacob Schweich, mort le 22 jan- 
vier 1812, à l'âge de quatre-vingt quinze ans (rectifier en ce sens Kayser- 
ling, Revue, XL VI, 271). — P. 275, n. 3. Il est exact qu'un Juif ait été 
membre du Conseil général du Bas-Rhin ; c'est Abraham Moch, négociant 
de Strasbourg, qui signe les procès- verbaux des sessions depuis l'an VIII 
jusqu'en l'an XII (Archives Nationales, F le V, Bas-Rhin). — M. Liber. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, o9, RUE DUPLESSIS. 



CATALOGUE DES ACTES 



DE 



JAIME I ER ? PEDRO III ET ALFONSO III 

ROIS D'ARAGON 

CONCERNANT LES JUIFS 

(1213-1291) 

ACTES DE JAIME I er (1213- 1276) ' 



1. — Jaime I er fait spécifier aux Cortes de Villafranca que la constitu- 
tion de paix ou de trêve adoptée par cette assemblée doit s'appliquer non 
seulement aux Chrétiens, mais encore aux Juifs et aux Sarrasins établis 
sous sa sauvegarde en Catalogne. — Villafranca del Panades, 23 juin 1218. 

1. PRINCIPALES ABRÉVIATIONS. 

Amador de los Rios = José Amador de lus Rios, Historia social, politica y reli- 
f/iosa de los Judios de Espaha y Portugal, Madrid, 1875-1876, 3 vol. in-8°. 
Arch. d'Arag. = Archives de la couronne d'Aragon, à Barcelone. 

— Parch. de Jaime I er . = Série des actes sur parchemin du règne de 

Jaime I er . 

— Reg. = Série des registres de la chancellerie royale. 

— Transcr. des parch. de Jaime I er = Transcriptions des actes sur par- 

chemin du règne de Jaime I er (copies du xix e siècle). 

Boletin de Madrid = Boletin de la real Academia de la Historia. 

Collection Bofarull = Collection manuscrite de copies d'actes concernant les Juifs 
formée par Manuel de Bofarull y de Sartorio, archiviste de la cuuronne d'Aragon, 
aujourd'hui entre les mains de son lils et successeur, D. Francisco de Bofarull y Sans, 
qui a eu l'extrême obligeance de nous communiquer la partie de cette collection cor- 
respondant au règne de Jaime I er . 

Cortes de Cataluna = Corées de los antiguos reinos de Aragon y de Valencia 
y principado de Cataluna, publicadas por la real Academia de la Historia. Cortes de 
Cataluna, Madrid, 1896-1903, 7 vol. iu-f°. 

Documentos inédilos = Coleccion de documentas inédiéos del Archivo gênerai 
T. LX, n" 120. 11 



162 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Publ. : Cortes de CataluTia, t. I, p. 97, art. vu (d'après Bibl. del Escorial, 
cod. Z. j. 3, f° 151, et Gollcccion de codigos, t. IX, f'° 18). 

Confirmation de l'art, vu par les Cortès de Tortose, le 28 avril 1225. 

Publ. : Villanueva, t. XIII (ex. arcli. eccl. Gerund.) ; Corles de CataluTia, 
p. 104, art. x (d'après Collection de codigos, t. IX, f° 20, et Bibl. del Escorial, 
cod. Z. j. 3, f° 149; D. i. j. 12, 1° 55). 

2. — Jaime I er confirme en faveur de ses fidèles Perfeit, baile, Tolosana, 
sa femme, et Mira, veuve d'Àzach Alfachim, les droits dont ils jouissaient 
sur les « quartaria » et • quintaria », sous les mômes conditions que par 
le passé, mais à la réserve qu'après le décès du dernier survivant, leurs 
droits feront retour à la couronne. — Calatayud, 19 août 1224. 

Orig. : Arch. d'Arag. — Parch. de Jaime l* r , n° 238. — Cop. : Transcr. des 
parcb. de Jaime l tr . — Publ. : Pièces justificatives de notre catalogue, n° I. 

3. — Jaime I er donne à Sancha Jiménez d'Urrea, prieure de Sigena, une 
rente annuelle et perpétuelle de 100 rnorabotins alfonsins, à prendre sur 
la rente de 200 rnorabotins que le roi Pedro II, son père, avait assignée 
au monastère d'Olger sur l'oratoire des Juifs de Calatayud. — Lérida, 
10 novembre 1228. 

Publ. : J. Delaville Le Koulx, Carlulaire général de l'ordre des Hospi- 
taliers de Saint-Jean de Jérusalem, Paris, 1894-1906, 4 vol. in-f°, t. II 
(1897), n° 1926 (d'après Alcala de Hénarès, Arch. yen. centr., ordre de Saint- 
Jean, langue d'Aragon, liasse 131-132). 

4. — Jaime I ' et ses conseillers défendent aux Juifs du royaume 
d'exiger pour le prêt à intérêt plus de 20 0/0 par an (art. I or ) ; ils décident, 
en outre, de ne pas tenir compte des serments prêtés par les Juifs en vue 
de recouvrer leurs créances, s'ils ne produisent pas des actes légalement 
dressés, des témoins idoines, un gage meuble ou une hypothèque (art. II) ; 
ils prescrivent aussi « quod privilégia Judeis indulta contra sponsalicia 
mulierum, locum sibi non vindicent, si m r. lier tempore reperiatur » 
(art. III); que si les Juifs laissent s'écouler un intervalle de deux ans, sans 
exiger le remboursement de leurs créances ou sans porter plainte au 
juge, les intérêts qu'ils exigeront ne devront pas dépasser le montant du 

de la corona de Aragon, Barcelone, 1847-16, 40 vol. iu-8° : en particulier, t VI (1850) 
et t. XI (1856), ce dernier contenant le Heparlimiento de Mallorca :reg. 26) et le 
Heparlimiento de Vulencia (reg. 5, 6, 7). 

Jacobs = Joseph Jacobs, An inquiry into Ihe sources of tke kislorg of Ihe Jews 
in Spain, Londres, 1894, in-8°. 

/{. E. J. = Revue des Eludes juives. 

Tourtoulon = Charles de Tourtoulon, Jaime I er le Conquérant, roi d'Aragon, Mont- 
pellier, 1863, 2 vol. in-8°. 

Villanueva = Jaime Villanueva, Viage literario a las iglesias de Espana, Madrid. 
tomes I à XXII, 1803-1852, in-8» : en particulier, t. XIII (1850) et XXII (1852). 

.V. B. — Quand, dans les références bibliographiques, nous- n'indiquons pas entre 
parenthèses la source à laquelle a puisé l'auteur de l'ouvrage cité, c'est qu'elle est la 
même que celle que nous avons utilisée. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME 1 er , PEDKO III ET ALFONSO 111 163 

capital (art IV); ils interdisent encore aux Juifs d'une manière irréfragable 
d'exercer aucune fonction publique, c'est-à-dire de juger, de punir, ou 
d'exécuter des sentences (art. V), et d'entretenir à leur service dans leurs 
maisons des servantes chrétiennes art. VI). — Barcelone, 22 décembre 1228. 

Publ. : P. de Marca, Marca hispanica, Paris. 1688, in-f°, ce 1415-1416 
(ex codicibus 277 et 1777 bibliothecae Colbertinae) ; Cortes de Cataluna, 1. 1, 
pp. 120-121 (d'après Bibl. del Escorial, cod. Z. i. 4, f° 58 et D. ij. 12, f° 57). 
'— Indiq. : Marca hispanica, c. 524; Henry, Histoire de Roussillon, Paris, 
1835, 2 vol. in-8°, t. 1, p. 205 ; Amador de los Rios, t. I, pp. 393-394 ; P. Vidal, 
Les Juifs de Roussillon et de Cerdagne (tirage à part de la R. E. J., t. XV 
(1887) et t. XYI (1888), Paris, 1888, in-8°, pp. 5-6 (d'après Marca hispanica). 

5. — Jaime I er notifie à ses fonctionnaires et aux Juifs des comtés de 
Girone et de Resalu que, sur les instances du cardinal Jean, évêque de 
Sabine, légat de Grégoire IX en Espagne, et à la prière de Guillelmo de 
Gabanellas, évêque de Girone, il a interdit aux notaires, sous peine 
de révocation, de dresser des contrats de prêt à raison de plus de 20 0/0 
ou à raison de « pogèses 1 », et de légaliser des emprunts comportant le 
mélange ou cumul de l'intérêt et du capital — il s'agit là évidemment de 
prêts à intérêts composés, — sous peine pour les notaires et les créanciers 
d'une amende, pouvant s'élever au double de la somme insérée dans le 
contrat; qu'il a défendu aux chrétiennes de cohabiter avec les Juifs et 
qu'enfin, il a ordonné à tous de demander conseil et prêter obéissance à 
l'évêque, dont tous les actes recevront la sanction royale. — Lérida, 
31 mars 1229. 

Publ. : Villanueva, t. XIII, pp. 316-317 (probablement d'après les arebives 
de la cathédrale de Girone); Girbal, Los Judios en Girona, Gerona, 1870, 
in-8°, p. 65 (même source). — Indiq. : Girbal, ut supra, p. 12. 

6. — Jaime I or concède aux Juifs de Calatayud le droit de choisir 
comme « adénantades 2 », en présence et du consentement de leur rabbin 
(arrab), pour la durée qu'ils voudront, quatre prud'hommes de leur 
communauté, qui ne pourront se dérober au choix de leurs coreligion- 
naires, et qui auront plein pouvoir de poursuivre les malfaiteurs juifs, de 
les emprisonner et même de les condamner à mort, de gouverner la 
communauté, enfin de lancer le ban contre les Juifs et leurs biens, sur 
avis conforme de 1' « aljama 3 »; le roi termine son mandement en prenant 
un arrêté d'expulsion hors de la ville de Galatayud contre Açecri Abincresp 
et Abrahem, son gendre, coupables tous les deux de faux témoignage. — 
Calatayud, 22 avril, erà 1267/1229. 

Arch. d'Arag., reg. 202, fol. 201 r° et v°. (Confirmation par Jaime II. — 
Calatayud, 27 janvier 1304 S . 

1. La pogèse est le quart du denier. 

2. Où mieux adélantades : représentants de la communauté juive. 

3. Aljama de l'arabe al-djamaa (réunion d'hommes) sert à désigner la commu- 
nauté juive ou sarrasine. 



164 REVUK DES ÉTUDES JUIVES 

7. — Jaime I er , procédant, après la conquête du royaume de Majorque, 
à la répartition des terres entre ses soldats, concède à certains Juifs des 
« alquerias 1 » sises à Inca ; d'autres reçoivent des terres à Almudaina, 
tels que Joffias, d'autres à Petra, d'autres à Montuiri, tels que Jahia. — 
l ftr juillet 1232. 

Publ. : Documentes inédites, t. XT, pp. 14, 18, 20, 25, 29, 34. — Indiq. : 
Amador de los Rios, t. I, p. 399, n. 1. 

8. — Jaime I er , voulant récompenser les Juifs de Uncastillo de leur 
fidélité et de leur dévouement, affranchit leurs personnes, leurs montures 
et les membres de leurs familles, des taxes de péage ou de leude dans 
toute l'étendue du royaume. — Sarinena, 6 février, era 1271/1233. 

Arch. d'Arag., reg. 203, f°- 103 v°-104. (Confirmation par Jaime II. — Egea 
de los Cabalieros, 17 janvier 1305/6). 

9. — Jaime I er fait adopter par le parlement ecclésiastique de Tarragone 
la prohibition pour les Juifs du prêt à intérêt composé et du prêt à intérêt 
simple supérieur à 20 0/0, tant en Catalogne qu'en Aragon, et l'inter- 
diction pour les Juifs et les Sarrasins, « sous peine de perdre leurs per- 
sonnes », de se convertir, les premiers à l'islamisme, les seconds au 
judaïsme. — Tarragone, 7 février 1234/5. 

Publ. : Marca hispanica, ce. 1426-1427, art. XV et XX (ex codicibus 277 
et 1777 bibliotbecae Colbertinae) ; Corles de Catalunà, t. I, p. 126, art. XVI 
et XXI (d'après Bibl. del Escorial et Marca hispanica). — Indiq. : Marca 
hispanica, c. 527; Amador de los Rios, t. I, pp. 406, n. 1 et 411, n. 4. 

10. — Jaime I er fait interdire aux Juifs par les Gortès de Tarragone la 
pratique des prêts à plus de 20 0/0 d'intérêt, sous peine d'encourir la con- 
fiscation au profit du roi dans leurs personnes et dans leurs biens, et sous 
peine, au cas où leurs débiteurs porteraient plainte à l'Église, d'être fla- 
gellés à travers les rues de leur résidence — Tarragone, 17 mars 1234/5. 

Orig. : Arcb. d'Arag., pareb. de Jaime I er , n° 633. — Cop. : Transcr. des 
pareb. de Jaime I er . - Publ. : Marca hispanica, c. 1431, art. XVIII (d'après 
mss. de la Bibl. Colbert, déjà cités); Cortes de Catalunà, p. 131, art. XVII 
(d'après parch. de Jaime I er , n° 633, et Marca hispanica). — Indiq. : Tour- 
toulon, t. I, p. 360, note, et t. II, pp. 156 et 159; J.-A. Brutails, Etude sur 
la condition des populations rurales du Houssillon au moyen âge, Paris, 
1891, in-8°, p. 78, n. 2. 

11. — Jaime I er confirme la donation faite par le roi Pedro II, son père, 
le 31 mars 1212, à Berengario de Mirallas, maître de l'Hôpital en Aragon, 
et aux Hospitaliers, d'un Juif de Saragosse appelé Alazrach, fils d'Abulfach 
Abenalazar, avec toute sa famille. — Saragosse, 13 mai 1235. 

Indiq. : Delaville Le Roulx, Cartulaire des Hospitaliers de Saint-Jean de 
Jérusalem, t. II (1897), n°2110 (d'après Alcala de Hénarès, arch. gén. centr., 
ordre de Saint-Jean, langue dAragon, cartul. magno, II, 18fr(copie fin xiv siècle). 

1. Do l'arabe al-carya: ferme, métairie. 



CATALOGUE DES ACTES DE JA1ME I e '', PEDRO III ET ALFONSO III 165 

12. Jaime I er concède aux Juifs de Barcelone et de la Catalogne que, 
toutes les fois qu'un procès sera intenté par un chrétien à un Juif, le 
témoignage produit contre ce dernier ne sera tenu pour preuve que s'il 
émane à la fois d'un chrétien et d'un Juif. — Barcelone, 30 septembre 1236. 

Arch. d'Arag., Cartas reaies, u° 38, petit registre en papier, f» 2. 

Publ. partielle : Vidal, Juif s de Roussillon, p. 55, n. 3 (d'après Arch. des 
Pyr.-Orient., B. 217, f° 90 : Confirmation par Pedro IV, 13 février 1378). — 
Indiq. : Inventaire des archives des Pyrénées-Orientales, série B., Paris, 
1868, in-4°, p. 132, 2« col. 

13. — Jaime I sr , répartissant après la conquête les terres du royaume 
de Valence entre ses soldats, fait plusieurs confiscations aux dépens ou en 
faveur de Juifs : certain Ladro de Tortose reçoit la maison du Juif Ali 
Aliviaylexex. — 7 avril 1238. 

Publ. : Documentes inédilos, t. XI, p. 165. 

14. — Jaime I er , poursuivant la répartition, confisque au profit d'un 
chrétien le jardin de Haran, Juif. — Au siège de Valence, l ei mai 1238. 

Publ. : Ibid.. p. 169. 

15. —Jaime I er adjuge à Alassar Alhufach, Juif de Saragosse, plusieurs 
maisons de Valence et 22 « jovades 1 » de terre sises dans le terroir de 
cette ville. — 1 er juin 1238. 

Publ. : Ibid., p. 175. 

16. —Jaime I er concède à Jasuda Albala, Juif de Barcelone, les mai- 
sons du Juif Alchohens, ainsi que deux jovades de terre. — 20 juillet 1238. 

Publ. : Ibid., p. 192. 

17. — Jaime I ,r adjuge au Juif Abrahim, changeur, les maisons de 
Jucef Avinalcayt, ainsi que deux jovades de terre. — 16 août 1238. 

Publ. : Ibid., p. 200. 

18. — Jaime I er concède à Salamo, Juif de Girone, en plus d'un jardin, 
des maisons situées dans la rue de la juiverie. — 15 décembre 1238. 

Publ. : Ibid., p. 224. 

19. — Jaime I er adjuge à Cresches, Juif de Bellcaire, un jardin et les 
maisons du Juif Farayx Abinçeid sises dans la juiverie. — Même date. 

Publ. : Ibid., 224. 

20. — Jaime I er confisque au profit d'un chrétien les maisons de Açan 
Abindalel, Juif, situées dans le quartier des hommes de la Hapita. — 
19 décembre 1238. 

Plbl. : Ibid., p. 224. 

1. Eu castillan, jovada : étendue de terrain que peut labourer en un jour une couple 
de mules. 



166 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

21. — Jaime I er adjuge à l'un de ses compagnons chrétiens les maisons 
du Juif Mahomat Alondi. — Même date. 

Publ : Ibid , p. 224. 

22. — Jaime I er confisque au profit d'Ibraym, Juif de Valence, .les mai- 
sons de Juçeph Abinsapund. — 31 décembre 1238. 

Publ. : Ibid., p. 227. 

23. —Jaime I er adjuge à Simeon Abenpesat, Juif de Alagon, les mai- 
sons de Mahomat Avengolamalla, sises dans le quartier d'Abcnagip — 
2 janvier 1238/9. 

Publ. : Ibid., p. 228. 

24. — Jaime I er confisque au profit du Juif Barueh, fils de Bonet Aben- 
baruch, de Lérida, les maisons de Mahomat Mussileu, sises dans le quar- 
tier des Juifs, près de la mosquée de Delpont, ainsi qu'un jardin de deux 
«fanegades * », situé dans le terroir de Valence — 1 er mars 1238/9. 

Publ. : Ibid., p. 240. 

25. — Jaime I er adjuge au Juif Alaçar, fils de Daçecri Abinjuçef, 
de Huesca, les maisons de Mahomat Acaquem, situées dans le quartier des 
Juifs, près do la mosquée d'Algalcha, au « Coylo », ainsi qu'un jardin 
de deux fanegades, situé dans le terroir de Valence. — Même date. 

Publ. : Ibid., p. 240. 

26. — Total des Juifs installés à Valence dans la partie qui a été assi- 
gnée aux hommes de Tarragone, en partant de la mosquée de Rabat 
Anaxat : 95; Juifs installés dans la partie de Montblaneh : Alfavel, 
Ysmeyl, Abduhac, Muça Alguleyax, Açabar, Çulevman Alguleyag, Muça 
Algeraleyax et Muça Algoleyax, Hébreux. — 9 avril, era 1277/1239. 

Publ. : Ibid., pp. 536, 580, 581. 

27. — Jaime I er confirme eu faveur des Juifs Salomon et Jofa la posses- 
sion des maisons qu'ils ont reçues dans le « call' » des Juifs, devant 
l'établissement de bains d'Almeli. — 24 juillet 1240. 

Publ. : Ibid., p. 274. 

28. — Jaime I er et les Cortès de (iirone fixent le taux maximum de 
l'intérêt à 12 0/0 pour les chrétiens, à 20 0/0 pour les Juifs, interdisent à 
ces derniers le prêt à intérêt composé, leur imposent l'obligation de 
prêter serment devant le viguier royal de leur résidence — munis de là 
liste des Juifs jurés, les notaires ne devront dresser des actes que pour 

1. En castillan, fanegada : étendue de terre pouvant s'ensemencer avec une 
t'anègue (mesure de grains). La fanega (de l'arabe fanîca, grand sac) vaut 55 litres. 

2. La rue et, par extension, le quartier habité par les Juifs. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I" r , PEDRO III ET ALFONSO 111 167 

ceux-ci —, d'observer dans tous les contrats de prêt le taux légal et les 
autres formalités prescrites par le roi, notamment, celle qui exige, pour 
assurer la validité d'un acte, qu'il soit souscrit par deux témoins; le roi 
et les Cortès décident, en outre, que si, à défaut d'argent comptant, le 
prêt consiste en denrées pesables ou mesurables, telles que poivre, vin, 
blé, huile, on devra bieu prendre garde qu'il ne se cache quelque fraude 
sous cette opération, et, en tout cas, l'on devra observer pour l'estima- 
tion de ces marchandises le cours du moment; pour éviter toute super- 
cherie dans les contrats conclus entre chrétiens et Juifs, les notaires 
devront exiger la prestation du serment, sous peine pour eux-mêmes de 
révocation, sous peine pour le prêteur juif d'annulation de créance au 
profit du dénonciateur et du viguier royal ; pour ce qui est de la preuve 
à faire en justice dans les procès entre Juifs et chrétiens, le témoignage 
produit en faveur de ceux-ci ne sera reconnu valable que s'il émane àla 
fois d'un chrétien et d'un Juif, et le témoignage produit, en faveur de 
ceux-là, que s'il émane de témoins exclusivement chrétiens; quant au 
serment imposé aux Juifs, il sera prêté, non dans leurs synagogues, mais 
dans les cours royales, sur la Loi de Moïse, le Décalogue et autres 
Malédictions; le parjure, Juif ou chrétien, sera puni selon la coutume. 
— Girone, 26 février 1240/1. 

Plbl. : Marca hispanica, ce. 1433-1436 (d'après Arch. du monastère de 
Ripoll et mss. 277 et 1777 de la Bibl. de Colbert) ; Corles de CataluTia, 
pp. 133-137 (d'après Marca hispanica . - Indiq. : Marca hispanica, t. §2% \ 
B. Alart, Privilèges et titres relatifs aux institutions... de Roussillon et de 
Cerdagne. Perpignan, 1874, in-4°, p. 158 (d'après Arch. mun. de Perp., Livre 
vert mineur, f" s 27-29) ; Vidal, Juifs de Roussillon, p. 5 (d'après même source) ; 
Brutails, Populations rurales du Roussillon, p. 79, n. 2 (d'après Alart). 

29. — Jaime I er autorise la communauté juive de Barcelone à choisir 
dans son sein deux ou trois prud'hommes, chargés de connaître des sot- 
tises et paroles injurieuses qui peuvent être proférées à l'adresse des 
autres prud'hommes et d'infliger aux délinquants des peines ou des 
amendes (bans). — Barcelone, 9 décembre 1241. 

Arch. d'Arag., reg. 16, f° 158. — Cor. : Collection Bofarull. 

30. — Jaime I er concède et confirme à tous les Juifs qui sont venus 
peupler le Puig de Perpignan [Puig de Saint-Jacques], ainsi qu'à tous 
leurs descendants, les habitations (stalica), palus ou maisons qui leur ont 
été ou leur seront assignés sur le dit Puig en toute propriété, à titre 
d'alleu franc et libre, avec le droit de les donner, vendre ou engager, 
sauf en faveur de chevaliers ou de saints, et de les aliéner en faveur de 
coreligionnaires, sans être obligés de payer au roi les droits de mutation 
ou droits de lods et « foriscap ». — 19 avril 1243. 

Publ. : Vidal, Juifs de Roussillon, p. N, note 3 (d'après Arch. des Pyr:- 
Orient., B 10). — [ndiq. : Alart, Privilèges et titres de Roussillon, p. 171 
(d'après même source). — lurent, des arch. des Pgr.-Oriem., série R, p. 6, 
l re col. 



168 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

31. — Jaime I er concède aux Juifs qui habitent Valence ou qui vien- 
dront y peupler tout le quartier qui s'étend de TAdarp 1 Abingeme jusqu'à 
la maison de bains de Nalmelig, de cette maison jusqu'à la porte Exarca, 
de cette porte jusqu'au four d'Albinnulliz, de ce four jusqu'à l'Adarp 
d'Abrahim Alvalençi, le même for et la même coutume qu'à Taljama de 
Barcelone. — 20 octobre 1244. 

Publ. : Documentos inéditos, t. XI, p. 290; F. Danvila, El robo de la 
Juderia de Valencia en 1391, dans Boletin de Madrid, t. VIII (1886), p. 380, 
n. 1 (reproduction et traduction en castillan du texte publié par les Doc. inéd.). 

32. — Jaime I er confisque au profit du Juif Baruch plusieurs maisons 
sises à Valence, dans la rue de la Juiverie, ainsi que trois jovades de terre 
et un jardin situés à « Roçafa ». — 22 novembre 1244. 

Publ. : Documrntos inéditos, t. XI. p. 304. 

33. — Jaime 1 er concède à un de ses compagnons chrétiens les maisons 
du Juif Juçef Alchoen. — 29 novembre 1244. 

Publ. : Ibid, |>. 306. 

34 — Jaime I er confisque au profit d'un de ses soldats chrétiens les 
maisons du Juif Salamo Abinceyd. — 5 décembre 1244. 
Publ. : Ibid., p. 307. 

35. — Jaime I er confirme la donation, laite par le roi Pedro II, son 
père, le 31 mars 1212, aux Hospitaliers, d'un Juif de Saragosse, Alazar 
Alfaquim, fils d'Alazrach. — Lérida, 23 septembre 1246. 

Lndiq. : Delaville Le Roulx, Cartulaire des Hospitaliers de Saint-Jean de 
Jérusalem, t. II, n° 2424 (d'après Alcala de Hénarès, arch. gén. ceatr., ordre 
de Saint-Jeau, langue d'Aragon, cartul. magao, II, 187). 

36. — Jaime I er accorde son « guidage* » et des lettres de naturalisation 
(nationalité) a tous les Juifs qui, par terre ou par mer, voudront venir 
s'établir dans les États deMajorque, Catalogne, Valence ; et en particulier à 
Salomon ben Aramar, Juif de Sidjilmassa, — royaume de Fez, — à Reana, 
sa femme, à ses fils et filles, à son gendre Jucef, au Juif Isaac, à sa femme 
Yamen et à leurs enfants Nini, Jucef et Jacob. — Valence, 11 juin 1247. 

Publ. : Villanueva, t. XXII, pp. 327-328 (d'après ms. Pueyo). — Indiq. : 
Villanueva, p. 250; J. Rullan, Historia de Soller, en sus relaciones con la 
gênerai de Mallorca, Palma, 1875-1876, 2 vol. in-8°, t. I«', p. 414 (d'après 
Villanueva); Morel-Fatio, Notes et documents sur les Juifs des Baléares, 
dans R.E. J., t. IV (1882), p. 32, n» 1 (d'après Villanueva); Fidel Fita et Gabriel 
Llabrés, Los Judios mallorquines. Colleccion diplomalica desde el ano 1-2-T, 
al 1387, dans Boletin de Madrid, t. XXXVI (1900), p. 19 (d'après ms. Pueyo, 
— aujourd'hui dans la bibl. du marquis de Campofranco, à Palma, — f° 1). 

1. En castillan, adarve signifie espace ou chemin derrière lés créneaux. 

2. En catalan, guidage, en castillan, guiaje signifient sauf-conduit. 



CATALOGUE DES ACTES DE MIME l" r , PEDRO III ET ALFONSO III 169 

37. — Jaime I er renouvelle en faveur des habitants de Majorque 
(Palma 1 ) la défense faite aux Juifs de dépasser le taux légal de l'intérêt, 
4 deniers pour livre par mois, soit 20 0/0 par an. — Valence, 6 juillet 1249. 

Arch. d'Arag., reg. 26, f° 128. - Publ. : Villanueva, t. XXII, p. 301 (d'après 
rus. Pueyo (?) ; Lecoy de la Marche, Les relations politiques de la France 
avec le royaume de Majorque, Paris, 1892, 2 vol. in-8°, t. I, p. 417. — 
Indiq. : Morel-Fatio, ut supra, p. 33, n° 2 (d'après Villauueva); Fidel Fita et 
Llabrés, ut supra, p. 19 (d'après Villanueva). 

38. — Jaime I er , poursuivant la répartition des biens après la conquête 
du royaume de Valence, confisque en faveur du Juif Muza plusieurs mai- 
sons sises à Murviedro (auj. Sagunto), trois jovades de terre à Figueroles, 
ainsi que deux petites vignes de huit fanegades. — 2 août 1249. 

Publ. : Documentos inéditos, t. XI, p. 398. 

39. — Jaime 1 er adjuge à un chrétien des maisons sises à Jativa, dans 
la rue des Juifs. — 5 août 1249. 

Publ. : Ibid., p. 428. 

40. — Jaime I er concède au Juif Jucef Albufach trois jovades de terre 
au terroir de Murviedro, au lieu dit < Gausa », et une jovade de terre à 
« Labayren ». — 18 août 1249. 

Publ. : Ibid., p. 508. 

41. — Jaime I er confisque au profit du Juif Açach Avenros les maisons 
d'un boucher sarrasin de Murviedro, quatre jovades de terre sises au ter- 
roir de Murviedro, trois à « Gausa » et une à « Labayren ». — Même date. 

Publ. : Ibid., p. 508. 

42. — Jaime I er assigne encore des bénéfices aux Juifs suivants : 
Bafiel, interprète (alfaquim) royal, Salamo, également interprète, Alassar, 
de Saragosse, Salomon Bonafoç, Mosse Algostanti, Açach Grespi, M e David 
Abnadayan, interprète de l'infant don Fernando, Açach Abnadainan, 
gendre de Ab. Gapsor, Astruch, Abrahim, fils de Vives Alfaquim, Juceff 
Alfaquim, de Tortose, Açach Abenros, Jacob Lason, Benahaquem, fils de 
Babiçach. 

Jaime I er dépossède, d'autre part, les Juifs suivants : Abrahim Abina- 
lema, Abrahim Abinjuniç, Maymo Abcnhaçem, Abrahim de Ricli, Maymo 
Abenhatço, Maymo Abnalcatan, Içadi Alfarel, Juceff Alharar, Hogeyal, 
Açach Abnadayhen. - 1249. 

Publ. : Ibid., passim. — Indkj. : Dauvila 2 , Clausura de la Juderia de 

1. La capitale de la {dus grande des îles Baléares ne prit le nom de Palma qu'à la 
fin du xvn e siècle. 

2. M. Danvila a relevé la liste des Juifs pourvus d'un bénéfice et fies Juifs dépossédés. 
Nous n'en avons retenu que les noms de Juifs que nous avions laissé échapper dans 
le dépouillement du t. XI des Documentos inéditos. 



170 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Yalencia, dans Boletin de Madrid, t. XVlli (1891), p. 143, n. 3, et pp. 144-1 45, 
note; Tourtoulon, t. II, p. 377»; Amador de los Rios, t. 1, p. 402. n. 1, 
p. 404, n. 2, p. 405, n. 1. 

43. — Jaime I er confirme un privilège d'habitation accordé aux Juifs de 
Majorque, leur restitue la place située devant le palais royal, leur con- 
cède qu'en matière civile et criminelle, un chrétien ne sera admis à faire 
la preuve contre un Juif que s'il se fait assister d'un Juif et d'un chrétien; 
de plus, si quelqu'un prétend que des gages détenus par un Juif lui ont 
été volés, et si, d'autre part, le Juif jure qu'il en ignorait la provenance, 
ce dernier ne pourra être tenu de les restituer au propriétaire que si on 
lui paie auparavant le capital et les intérêts; les Juifs majorquins sont 
autorisés, en outre, à régler leurs différents entre eux, sauf pour les délits 
graves, auxquels cas ils devront recourir à la justice royale; enfin, les 
chrétiens qui auront obtenu des sursis pour le payement de leurs dettes 
seront tenus d'informer le baile de Majorque qu'ils paieront à la nouvelle 
échéance le montant de leurs dettes et les intérêts. — Morella, 10 mai 1250. 

Publ. : Vitlanueva, t. XXII, pp. 328-330 (d'après ms. Pueyo). — Indiq. : 
Rullan, Historia de Soller, t. I, p. 414 (d'après Villanueva); Morel-Fatio, 
Juifs des Baléares, dans R. E. J., t. IV (1882), p. 33, u° 3 (d'après Villa- 
nueva); Fidel FitaetLlabrés, Judios mallorquines, dans Boletin de Madrid, 
t. XXXVI (1900), p. 20, n° 2 (d'après ms. Pueyo, f° 2). 

44. — La reine Yolande accorde aux habitants du Puig de Perpignan 
que tous les Juifs de cette ville seront obligés de se transférer au dit Puig 
et d'y installer leur domicile dans le quartier que le roi leur a assigné, 
transfert qui devra s'opérer avant la prochaine Noël, sous peine de 50mora- 
botinsalfonsins pour chaque contravention relevée par le bailli de la reine 
et les commissaires des habitants du Puig. — Collioure, 17 mars 1250/1. 

Publ. : Fossa, Mémoire pour l'ordre des avocats, p. 66 (d'après un docu- 
ment, aujourd'hui perdu, conserve alors dans les archives de la confrérie des 
pareurs de Saint-Jacques); Alart, Privilèges et titres de Roussillon, p. 200 
(d'après môme source). - Indiq. : Vidal, Juifs de Roussillon, p. 9 (d'après 
Fossa et Alart). 

45. — Jaime 1^ renouvelle, à la requête des habitants de Majorque, 
l'interdiction pour les chrétiens, les Juifs et les Sarrasins d'exiger plus 
de 20 0/0 d'intérêt; il impose, en outre, aux créanciers l'obligation de 
restituer le contrat de prêt et les gages y afférent, lorsque la somme 
des intérêts produits atteindra le montant du capital prêté. — Lérida, 
20 août 1251. 

Arch. d'Arag., reg. 26, 1° 130. - Publ. : Villanueva, t. XX11, p. 302-303 
(d'après ms. Pueyo); Lecoy de la Marche, Les relations politiques de la 
France avec le royaume de Majorque, t 1, p. '.20. - Indiq. : Morel-Fatio, 
Juifs des Baléares, dans R. E.J., t. IV 1882), p. 33, Q° l d'après Villanueva i. 

1. Parmi les hènéheiés, M. de Tourtoulon a relevé le nom d'Astrug de Bunsenynr. 
« principal secrétaire de Jacme pour la langue arabe, plusieurs fois mentionne dans 
la chronique royale ». 






CATALOGUE DES ACTES DE JA1ME 1 er , PEDKO 111 ET ALFONSO 111 171 

46. — Jaime I er confirme en faveur des Juifs de Majorque un privilège 
promulgué à Valence, ainsi que la charte publiée à Morella (voy. n° 43); 
il leur accorde, en outre, le droit de se plaindre directement à lui des 
torts que pourront leur causer ses agents; tout Juif de Majorque acquiert 
le droit de constituer à sa femme un douaire en or ou en argent par un 
acte rédigé en hébreu, qui aura même valeur que les actes dressés en 
latin par les notaires chrétiens, les Sarrasins esclaves de Juifs qui se 
feront baptiser à tout autre époque qu'à Pâques, Pentecôte, Noël, devront 
payer 12 morabotins au baile du roi ; il est défendu aux chrétiens et aux 
Sarrasins, sous peine de 100 morabotins d'amende, d'extraire des pierres 
ou de la terre du cimetière juif. — Lérida, 8 mai 1252. 

Publ. : Villanueva, t. XXII, pp. 330-331 (d'après ms. Pueyo). — Indiq. : 
Rullan, Historia de Soller, t. I, p. 415 (d'après Villanueva); Morel-Fatio, ut 
supra, p. 34, n°5 (d'après Villanueva) ; Fidel Fita et Llabrés, Judios mallor- 
quines, dans Boletin de Madrid, t. XXXVI (1900), p. 20, n° 3 (d'après ms. 
Pueyo, f° 3). 

47. — Jaime I er concède aux Juifs de Majorque qu'un chrétien ne peut 
faire la preuve contre un Juif que s'il est assisté d'un témoin chrétien et 
d'un témoin juif. — Même date. 

Publ. : Fidel Fita et Llabrés, ut supra, pp. 20-21, n° 4 (d'après ms. Pueyo, 
f° 4). 

48. — Jaime I er confirme en faveur d'Astruch de Garcassonne, 
d'Abraham, fils de feu Bonet, Juif, et de toute la communauté juive de 
Montpellier les privilèges octroyés par ses prédécesseurs et par lui-même, 
notamment, le privilège relatif au tribut annuel. —Barcelone, 18 octobre 
1252. 

Publ. : S. Kahn, Documents inédits sur les Juifs de Montpellier, dans 
R. E. /., t. XXII (1891), pp. 271-272 (d'après Arch. mun. de Montp., Grand 
Thalamus, f° 44 v°, pièce 91). — Indiq. : Kalm, ibid., p. 264. 

49. — Jaime 1 er mande à son lieutenant, aux consuls, au baile et aux 
notables de la cour de Montpellier, de ne pas molester, ni de laisser 
molester les Juifs qui habitent Montpellier ou viendront y habiter. — 
Barcelone, 23 octobre 1252. 

Publ. : A. Germain, Histoire du commerce de Montpellier, Montpellier, 
1861, 2 vol. in-8", t. I, pp. 219-220 (d'après Arch. mun. de Montp., Grand 
Thalamus, fol. 44 v°). — Indiq. : A. Germain, Histoire de la commune de 
Montpellier, Montp., 1854, 3 vol. in-8°, t.. I, p. lxviii, n. 1 ; Kahn, ut supra, 
t. XIX (1889), p. 261; Jos. Berthelé, Archives de la ville de Montpellier, 
inventaires et documents, .Montpellier, in-4°, t. III (1901), p. 100, n° 701. 

50. — Jaime I er reconnaît devoir à Salamon Saragossan, Juif de Huesca, 
1.000 sous de Jaca, qu'il lui a empruntés pour subvenir aux dépenses de 
la famille royale durant son séjour à Valence, et en garantie de cet em- 
prunt, il lui engage la bailie foraine de Huesca, à la réserve que le dit 



172 REVUE DES ETUDES JUIVES 

engagiste devra verser la moitié des revenus de son gage à Abrahim 
Avindino, dont la créance a été également assignée sur ladite bailie. — 
Valence, 7 juillet 1254. 

Arch. d'Arag., pareil, de Jaime I er , n° 1379. — Publ. : Pièces justificatives, 
n° II. 

51. — Jaime I er concède aux Juifs de Majorque que, seul, le créancier 
juif qui ne se conformera pas aux prescriptions de l'autorité royale tou- 
chant les prêts et le taux de l'intérêt sera tenu pour responsable et puni 
en conséquence; les autres Juifs de la communauté ne seront pas 
inquiétés; en outre, il ne se fera plus d'enquête chez les Juifs pour con- 
naître l'état de leur fortune, et ils ne seront plus tenus de faire la décla- 
ration de leurs créances; enfin, les débiteurs devront rembourser leurs 
dettes aux échéances fixées, sans espoir d'obtenir du roi des lettres de 
sursis. — Lérida, 15 septembre 1254. 

Publ. : Villamieva, t. XXII, pp. 331-332 (d'après ms. Pueyo). — Indiq. : 
Rullan, Historia de Soller, t. I, p. 415 (d'après Villanueva); Morel-Fatio, 
Juifs des Baléares, dans R. E. J., t. IV (1882), p. 34, o° 6 (d'après Villa- 
nueva); Fidel FitaetLlabrés, Judios mallor quittes, dans Boletin de Madrid, 
t. XXXVI (1900), p. 21, 4i° 5 (d'après ms. Pueyo, f° 5). 

52. — Jaime I er dispense tous les Juifs de Majorque de l'obligation de 
contribuer à la « quête' » ou à la « peite 2 » concurremment avec les 
Juifs de Catalogne, d'Aragon ou d'une autre partie du royaume, et les 
autorise à verser désormais leurs contributions séparément. — Olite, 
11 décembre 1254. 

Publ. : Fidel Fita-Llabrès, ut supra, pp. 21-22, n" 6 (d'après ms. Pueyo, 
f° 5 v°). 

53. — Jaime I er fait remise aux habitants de Bolea de tout l'argent 
qu'ils devaient aux Juifs d'Aragon au moment de la confiscation de Sara- 
gosse. — 29 juillet 1257. 

Arch. d'Arag., reg, 10, f° 12 r° et v°. — Indiq. : Jacobs, n° 127. 

54. — Jaime I • remet aux habitants de Pertusa obligés au profit de 
Juifs d'Aragon, à titre de débiteurs ou de répondants, les dettes contractées 
avant la confiscation de Saragosse, et cela moyennant la somme de 
500 sous de Jaca. — Lérida, 6 août 1257. 

Reg. 10, f°" 4v°-5. — Indiq. : Jacobs, n° 125. 

55. — Jaime I tr autorise le vicomte de Gardona, si ce dernier est réel- 
lement nanti d'une créance de 9.500 sous de Jaca, à la réaliser sur le 

1. La queslia, dît M. Brutails (Populations rurales du Roussillon, p. 183), corres- 
pondait à la taille du droit français. 

2. Peite est synonyme de quête. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I er , PEDRO 111 ET ALFONSO III 173 

produit des tributs 1 et peites que verseront prochainement les Juifs de 
Barcelone et de Villafranca del Panades. — Lérida, 23 août 1257. 

Reg. 10, f°- 16vM7. — Indiq. : Jacobs, n° 129. 

56. — Jaime I er donne quittance aux aljamas juives de Girone et de 
Besalu de 2 000 sous barcelonais et de 100 morabotins alfonsins, à valoir 
sur le montant du prochain tribut; elles ont acquitté cette somme à sa 
décharge au profit d'Izach de Navarra, Juif de Girone, qui, à son tour, 
l'avait remboursée à un créancier du roi. — Lérida, 27 août 1257. 

Reg. 10, f° 17. — Indiq. : Jacobs, n° 131. 

57. — Jaime I er , en considération des pertes subies par l'aljama des 
Juifs de Barbastro, lui fait remise pour quatre ans, à partir de la Noël 
suivante, de 500 sous de Jaca sur les 3.000 du tribut annuel. — Lérida, 
29 août 1257. 

Reg. 9, f° 31 v°. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 116. 

58. — Jaime I or fait remise aux habitants de Fraella de toutes les 
sommes dont ils se trouvaient débiteurs à l'égard de certains Juifs d'Ara- 
gon, au moment où le roi confisqua à Saragosse toutes les créances des 
Juifs aragonais, à l'exception de celles de Salamon Saragossan, Juif de 
Huesca. — Lérida, 30 août 1257. 

Reg. 9, f 32 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 117. 

59. — Jaime I er , compatissant à la situation misérable de l'aljama des 
Juifs de Huesca, lui fait remise pour deux ans de 1.000 sous de Jaca sur 
les 7.000 du tribut annuel. — Lérida, 3 septembre 1257. 

Jacobs, n° 118. 

60. — Jaime I er fait remise à un chrétien et à sa femme de toutes les 
dettes, capital et intérêts, qu'il leur restait a rembourser en leur propre 
nom ou à titre de caution, à certains Juifs d'Aragon, etc. . . (le reste 
comme au n« 58). — Lérida, 12 septembre 1257. 

Reg. 9, f° 35 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 119. 

61. — Jaime I or donne licence à Abrahim, fils d'Açach Maimo, baile du 
Temple et de G. de Moncada à Tortose, de transporter 80 cafices 2 de 
blé à la mesure de Tortose dans n'importe quel pays, sauf en territoire 
sarrasin. — Lérida, 16 septembre 1257. 

Reg. 9, f° 31. — Indiq. : Jacobs, n°120. 



1. Quête, peite, tribut sont trois termes synonymes. 

2. En castillan, cafiz ou cahiz (de l'arabe cahiz) s'applique à une mesure de grains 
de 666 litres. 



174 REVUE HES ETUDES JUIVES 

62. — Jaime I er vend (afferme) à Juriez Avinceyt, Jahuda Avinzeyt, 
Juriez Boclares, Çahadia Boclares, Juriez Abnazazram, Salomon Aboleyx, 
Salomon Azugeg et Abrafïm Amuzeat, Juifs de Daroca, à partir du 
1er janvier 1258, pour deux ans, les petites et grandes leudes de Daroca, 
à charge d'une redevance annuelle de 5.200 sous de Jaca, déduction faite 
des 400 sous que les dits fermiers ont déjà versés au roi. — Lérida, 
29 septembre 1257. 

Reg. 9, f° s 41 v°-42. 

63. — Jaime I er donne licence à Abraham, fils de Vidal d'en Estrayna, 
Juif de Tarragone, de transporter 130 calices de froment, à la mesure de 
Tortose, en n'importe quel territoire, sauf en pays sarrasin. — Lérida, 
5 octobre 1257. 

Reg. 10, f'° 10 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 126. 

64. —"Jaime I er place sous sa sauvegarde le Juif Jafias Almorcat, 
courtier à Lérida, ainsi que tous ses biens présents et futurs, pour lui 
permettre, quoique son fils ait été exécuté pour homicide commis sur la 
personne d'un habitant de Lérida par instigation diabolique, de revenir 
habiter en toute sécurité dans cette ville ou dans tout autre lieu du 
royaume. — Lérida, 23 octobre 1257. 

Reg. 9, f° 12 v°. — Indiq. : Jacobs, 11" 112. 

65. — Jaime I or remet à tous les Juifs de Montclus 1.000 sous de Jaca, 
que leur réclame le justice d'Aragon, en raison du service qu'ils ont pro- 
mis de fournir au roi. — Lérida, 30 octobre 1257. 

Reg. 9, f° 43 v». — Indiq. : J. Miivt y Sans, Le massacre des Juifs de 
Montclus en 1320 — Épisode de Ventrée des Pastoureaux dans V Aragon, 
dans H. E. J., t. LUI (1907 1, p. 256. 

66. — Jaime I er concède à Vidal Almalegui, Juif de Lérida, sa vie 
durant, le poids de Lérida, sous l'obligation de peser au prix courant et 
san9 partialité pour l'une ou l'autre des parties, à charge d'une redevance 
annuelle de 82 masmondines, payable au baile de Lérida en deux termes, 
a la Noël et à la Saint-Jean-Baptiste; le roi annule du même coup l'adju- 
dication faite précédemment à un autre Juif de Lérida, Kaym Ascarell, 
pour 50 masmondines. — Lérida, 31 octobre 1257. 

Reg. 9, f° 2. — Indiq. : Jacobs, n° 105. 

67. — Mention, dans une quittance relative au baile de Lérida, du 
paiement de 12 sous de Jaca à A[za]ch, Juif de Hell-Lloch. - Même date. 

Reg. 10, f°* 23 v°-24. 

68. — Jaime I er promet aux Juifs de Monzon qu'au terme du sursis 
accordé aux habitants de Pertusa pour le paiement de leurs deltes, il n'en 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME 1 er , PEDRO III ET ALFONSO III 175 

accordera plus, mais qu'au contraire, il fera contraindre les débiteurs des 
Juifs à s'acquitter de leurs obligations envers leurs créanciers. — Barce- 
lone, 8 novembre 1257. 

Reg. 9, t'° 45. — Indiq. : Jacobs, n° 121. 

69. — Jaime I er défend au baile et au viguier de Barcelone de 
molester ou de laisser molester les courtiers juifs de cette ville, ou 
même de leur intenter des procès en raison de leur office, à moins que 
les circonstances ne l'exigent; il leur prescrit, en outre, de rendre 
justice à ces Juifs courtiers, s'ils leur portent plainte. — Barcelone, 
11 novembre 1257. 

Reg. 9, f° 45 v". — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 122. 

70. — Jaime I" concède au Juif Bonanasse Salamoet à Bonafos, fils de 
Vidal Salamo, que les sursis accordés pour dettes à des chrétiens, Juifs 
ou Sarrasins ne s'appliquent pas à leurs créances et qu'ils peuvent, par 
conséquent, en poursuivre le recouvrement. — Barcelone, 15 novembre 1257. 

Reg. 9, f° 48. 

71. — Jaime I er place sous sa sauvegarde et sous son guidage 1' « hon- 
neur * » que Pons Arbert, chanoine de Barcelone, vient d'acheter dans le 
Bourg, sous le Chàteau-Neuf, dans l'alleu et le domaine du chapitre et 
qu'il a cédé à titre emphytéotique à certains Juifs de ce quartier, ainsi 
que la rue et les maisons construites et à construire dans cet honneur; 
cette concession porte qu'il est défendu à quiconque, sous peine de 
500 morabotins d'amende, d envahir ou violer cet honneur, d'infliger des 
dommages, injures, rapines à ses habitants, d'ouvrir des égouts, des 
fenêtres ou autres ouvertures dans le dit call, sauf en faveur des pro- 
priétaires directs, qui gardent le droit d'ouvrir et de fermer à leur guise 
de jour et de nuit les portes du call, dont l'une, l'orientale, fait commu- 
niquer le call avec la voie publique qui passe sous le Château-Neuf, et 
l'autre, l'occidentale, donne entrée et sortie sur une seconde voie 
publique. — Même date. 

Reg. 9, f° 48. — Publ. : Pièces justificatives, n° III. — Indiq. : Jacobs, d° 123. 

72. — Jaime I er , nonobstant la défense faite à ses sujets de se rendre à 
Montpellier, autorise Abrahim Eseandaram, Juif de Barcelone, à partir 
pour cette dernière ville, lui ou son fondé de pouvoir (nonce) et à y 
séjourner pour réaliser une créance sur un habitant de Montpellier; bien 
plus, si Abrahim ne réussit pas à se faire rembourser dans un premier 
voyage, le roi lui permettra d'en faire un second; dans tous les cas, 
Jaime I er place Abrahim sous son guidage et sa sauvegarde. — Barcelone, 
2 décembre 1257. 

Reg. 9, f° 8 52 v"-53. 

1. Honneur est synonyme île bien-fond». 



176 REVUE DES ETUDES JUIVES 

73. — Jaime I er concède à Bonafilla, fille de la veuve d'Escapat 
Malet, Juif de Barcelone, que personne ne puisse saisir ses biens, 
ni la contraindre à prêter serment hors de sa maison. — Barcelone, 
13 décembre 1257. 

Reg. 9, f" 54 v". — Cop. : Collection Bofarull. — Inoiq. : Jacobs, n° 124. 

74. — Jaime I er concède à Astruc de Bellcaire, Juif de Barcelone, et à 
son flls Salomon que, en raison des tribut, peyte, service ou collecte dus 
au roi par l'aljama des Juifs de Barcelone, ils ne puissent être appré- 
hendés, molestés, ni détenus à l'intérieur ou hors de leurs maisons, leurs 
portes fermées et leurs biens saisis, pourvu, toutefois, qu'ils s'acquittent 
exactement de leur quote-part, ou qu'ils prennent l'engagement d'y 
satisfaire aux termes imposés à leur communauté ; le roi leur accorde 
encore, sous la même réserve, que s'il ordonne à l'aljama de Barcelone 
d'acquitter une dette royale, ils ne soient pas tenus de s'obliger, instituer 
des débiteurs ou fournir des répondants. — Barcelone, 16 décembre 1257. 

Reg. 9, f° 1 v". — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 104. 

75. — Jaime I er donne quittance à l'aljama des Juifs de Barcelone, 
Villafranca, Tarragone et des autres lieux ressortissant à sa collecte de 
42.500 sous barcelonais, montant du tribut de l'année 1258, et de 32.200 
sous, montant de celui de 1259, sommes qui ont été versées à différents 
créanciers du roi, tels que Benvenist de Porta, Astrug Garavida, Mosse 
Sollam, Vidal Salamo, Bonsenior Alfaquim.— Barcelone, 18 décembre 1257. 

Reg. 10, f°28 r° etv°. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 135. 

76. — Jaime I er concède et confirme à la communauté des Juifs de 
Barcelone, Villafranca et Tarragone, ainsi qu'à tous les autres Juifs qui 
contribuent à la quête de Barcelone, un privilège portant que les actes 
dressés ou souscrits par des ecclésiastiques faisant office de notaire aient 
même valeur en jugement ou en dehors que les actes confectionnés par 
les tabellions-jurés des cours royales. — Barcelone, 19 décembre 1257. 

Reg. 9, f" 2 v°. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 106. 

77. — Jaime l 6r renouvelle en faveur des Juifs de l'aljama de Barce- 
lone, Villafranca, Tarragone et des autres lieux compris dans sa collecte 
la promesse déjà faite de ne pas accorder de sursis pendant un intervalle 
de cinq ans à leurs débiteurs ou aux répondants de ces derniers ; en 
outre, eu égard aux lourdes charges qu'il fait peser sur eux, le roi pro- 
roge ce délai de trois ans. — Même date. 

Reg. 9, f° 3. — Indiq. : Amador de los Rios, t. 1, p. 411, n. 4; Jacobs, 
d° 107. 

78. — Jaime I er accorde sa rémission, après une enquête négative, 
aux frères Janton et Azmel Abutarda, aux frères Jahuda et Abraham 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I er , PEDRO III ET ALFONSO III 177 

Almuli, fils de feu Sabba, Juif de Daroca, accusés de recel par un habi- 
tant de Daroca, qui affirmait leur avoir confié en dépôt une partie d'un 
trésor par lui découvert. — Barcelone, 20 décembre 1257. 

Reg. 9, f e 3 v°. — Lndiq. : Jacobs, n° 108. 

79. — Jaime I er donne quittance aux quatre Juifs de Daroca inculpés 
de recel de 1.100 sous de Jaca, qu'il en reçoit à titre de caution et qu'il 
leur restituera, une fois faite la preuve de leur innocence. — Même date. 

Reg. 9, f° 3 v". — Indiq. : Jacobs, u° 109. 

80. — Jaime I er mande aux Juifs de Girone et de Besalu de payer à 
linfant don Pedro les tributs de la Noël 1257 et de la Saint-Jean 1258. — 
Barcelone, 28 décembre 1257. 

Reg. 10, f° 29. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 136. 

81. — Jaime I er donne quittance aux Juifs de Girone et de Besalu du 
reliquat qu'il leur restait à verser à l'infant don Pedro des tributs de la 
Noël 1257 et de la Saint-Jean 1258. — Même date. 

Reg. 10, f° 29. - Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 137. 

82. — Mention d'un paiement fait à Abraham, Juif de Calatayud, de 
300 sous melgoriens. — 1257. 

Reg. 10, f° 38. 

83. — Mention de la somme fournie par les Juifs de Montpellier pour 
le cens : 1.000 sous melgoriens. — 1257. 

Reg. 11, f° 272. 

84. — Jaime l ur mande à l'ai) a ma de Girone d'avancer à Bonastrug de 
Porta, maître juif de Girone, sur le tribut de la prochaine Noël, 40 mora- 
botins alfonsins d'or, que le roi donne au dit Bonastrug. — Barcelone, 
2 janvier 1257/8. 

Reg. 10, f° 30. - Indiq. : Jacobs, n" 138. 

85. — Jaime I or mande à tous ses officiers et à tous ses sujets de ne pas 
contraindre l'élu ou abbé de Ripoll, le camérier, le sacriste et les autres 
dignitaires, non plus que les hommes du monastère, à rembourser les 
sommes, capital ou intérêts, qu'ils se trouvent devoir à quelques Juifs, 
jusqu'à ce que l'aljama des Juifs de Girone et de Besalu se soit obligée 
envers l'élu de Uipoll pour 15.000 sous melgoriens, montant des tributs 
delà Saint-Jean et de la Noël suivantes. — Barcelone, 9 janvier 1257/8. 

Reg. 9, f'<> S v°. — Indiq. : Jacobs, u" 110. 

86. — Jaime 1 er accorde à l'abbaye de liipoll un sursis semblable au 
précédent pour les sommes quelle doit à Bonanat, Juif de Besalu, à la 

T. LX, n» 120. 12 



178 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

réserve que, le terme de prorogation expiré, les agents royaux contrain- 
dront les débiteurs de Bonanat à s'acquitter de leurs obligations; le 
compte entre Bonanat et l'abbaye sera réglé alors par les soins du juge 
de Girone. — Même date. 

Reg. 9, f° 9. 

87. — Jaime I er mande à ses officiers et aux cours de Barcelone, Girone 
et Besalu, ainsi qu'a tous ses sujets, de ne pas contraindre l'élu ou abbé 
de Ripoll à rembourser les dettes souscrites à l'égard de quelques Juifs 
avant le terme fixé plus haut (n° 85). — Même date. 

Reg. 9, t° 9. 

88. — Jaime I er promet à l'aljama des Juifs de Girone de rabattre au 
compte de la recette des prochains tributs de la Noël et de la Saint-Jean 
15.000 sous melgoriens, pour lesquels elle s'est constituée débitrice sur 
mandement royal à l'élu ou abbé de Ripoll. — Même date. 

Reg. 10, f°31. — Indiq. : Jacobs, n° 139. 

89. — Jaime I er , rappelant la promesse qu'il a faite à toute l'aljama des 
Juifs de Perpignan et des autres lieux de la collecte de ne pas accorder de 
sursis à leurs débiteurs ou aux répondants de ces derniers, durant un 
délai de trois ans, proroge ce délai de trois nouvelles années, en dédom- 
magement de leurs nombreuses charges et en récompense de leur 
constante tidélité. — Barcelone, 12 janvier 1257/8. 

Reg. 9, f" 11. — Indiq. : Jacobs, n" 111. 

90. — Jaime I er concède pour un an le pesage et le « portage 1 » de 
Galatayud à Jucef et Aaron Abinafia, Juifs de cette ville. — Barcelone, 
13 janvier 1257/8. 

Reg. 10, f° 31 v». 

91. — Jaime I er autorise Aslrug Bonsenior, Juif de Barcelone, â faire 
des ouvertures dans le mur d'enceinte de la cité de Barcelone, en face de 
ses maisons, à bâtir sur le mur, à y ménager des fenêtres et portes, avec 
défense à quiconque de faire des ouvertures dans cette partie du mur, 
devant la façade des maisons d'A. Bonsenior, ou de le surélever, en y 
disposant des fenêtres, linteaux (bigas), arches, voûtes ou autre ouvrage 
de maçonnerie. — Barcelone, 15 janvier 1257 8. 

Reg. 10, f'° 15 v°. - Cop. : Collection Bofarull. 

92. — Jaime I er concède à Astrug, Juif de Barcelone, fils de feu Isach, 
teinturier de Girone, que, pour les plaintes dont il pourra être l'objet de 
la part de quelque Juif ou chrétien, il ne soit pas tenu d'y faire droit 

1. Le portage est un droit d'entrée un do transit perçu sur les marchandises. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I or , PEDRO III ET ALFONSO III 179 

devant des juges chrétiens, mais devant des juges juifs, et que tout procès 
intenté contre lui soit jugé conformément au droit et aux coutumes 
hébraïques. — Même date. 

Reg. 10, f° 15 v°. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 128. 

93. — Jaime I er , continuant la « taille 1 » qui vient d'être faite pour 
deux ans entre les Juifs de l'aljama de Saragosse par Jahuda Gulbef, Junez 
Repallàt, Jahuda Golobra, Salamon, etc., mande à tous ses agents de 
veiller à son application, sous peine pour tout contrevenant de 2,000 mo- 
rabotins, et remet toute excommunication ou tout autre châtiment insérés 
dans le rôle de la dite taille. — Tortose, 30 janvier 1257/8. 

Reg. 9, f° 17. — Indiq. : Jacobs, n° 113. 

94. — Jaime I er donne plein pouvoir à l'infant don Pedro de composer 
avec les débiteurs de ces Juifs catalans qui, après avoir quitté les terres 
royales pour aller s'établir sous une autre domination, ne sont pas rentrés 
dans le royaume avant le dernier carême, et de remettre auxdits débiteurs 
tout ce qu'ils doivent aux Juifs émigrés, à l'exception, toutefois, de ceux 
qui ont obtenu du roi une prolongation de séjour à l'étranger. — Tortose, 
18 février 1257/8. 

Reg. 10, t'° 37. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 146. 

95. — Jaime I er proroge jusqu'à la Saint-Jean de juin le permis de 
séjour hors du royaume délivré en faveur du Juif Bonanasch de Besalu, 
l'exceptant ainsi de la peine de contiscation édictée contre les créanciers 
juifs qui ne sont pas rentrés de l'étranger avant le dernier carême, à la 
réserve, toutefois, que Bonanasch ne pourra rien exiger de ses débiteurs 
jusqu'à l'expiration de son nouveau permis; le roi mande à l'infant don 
Pedro et à tous ses officiers de Catalogne de faire observer la présente 
prolongation, et promet à Bonanasch de le placer sous sa sauvegarde, s'il 
revient se fixer dans le royaume. — Tortose, 12 mars 1257/8. 

Reg. 9, f° 26 v°. 

96. —Jaime 1 er mande a ses \iguiers de Girone et de Besalu et à leurs 
sergents (sajones), nonobstant la concession faite à quelques seigneurs de 
ne pas laisser mettre leurs hommes en cause pour dettes si les contrats 
y relatifs ne portent pas a ce sujet de clause particulière, de saisir tous 
les biens de ses sujets obligés pour dettes envers les Juifs des villes et 
collecte de Girone et Besalu. — Tortose, 28 mars 1258. 

Reg. 10, f" 53. — Indiq. : Jacobs, n° 150. 

97. — Jaime I er concède aux Juifs de Girone et Besalu le privilège de 
choisir cinq Juifs, qui seront chargés de contraindre tous les Juifs de la 

1. La taille n'est pas un impôt, niais la répartition qui en est laite. 



180 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

collecte de Girone et Besalu, même par la saisie de leurs biens, à payer 
les quêtes et peites royales, ainsi que toutes les dépenses inscrites dans 
les rôles des tailles dressés par les secrétaires des communautés juives, 
à la réserve que les cinq élus devront jurer, lors de leur nomination, 
selon la loi des Juifs, de ne rien révéler de tout ce qui leur sera confié 
par les secrétaires relativement aux ressources de chaque Juif et de bien 
se comporter dans l'exercice de leurs fonctions, lesquelles leur confé- 
reront, en outre, le droit d'entendre les plaintes portées par les contri- 
buables contre leurs secrétaires au sujet de la taille, et de les exa- 
miner de la même manière que les « tailleurs 1 » de Girone. — Tortose, 
31 mars 1258. 

Reg. 10, 1° 54 v". — Indiq. : Jacobs, n° 151. 

98. ■— Jaime l or concède aux Juifs de Girone et Besalu et des autres 
lieux de la collecte que leurs débiteurs, nonobstant le sursis dont ils ont 
bénéficié, soient tenus d'acquitter leurs dettes sur les biens meubles; et 
comme il s'élève des contestations relativement à la catégorie de meubles 
réputés insaisissables, le roi déclare qu'il faut entendre par là les bêtes 
agricoles, les instruments de culture, les vases vinaires, les vêtements, 
les ustensiles de cuisine, les draps de lit et autres meubles (suppel- 
lectilia) de la maison, mais non le blé, le vin, l'huile et autres produits, 
que le créancier peut faire saisir. — Même date. 

Reg. 10, t'° 54 v". — Indiq. : Jacobs, n° 152. 

99. — Jaime I er accorde son guidage à Jafias Avinzabarra, Juif de Tor- 
tose, et à Maymonell, son fils, sous peine pour tout contrevenant de 
500 morabotins d'amende. — Valence, 28 avril 1258. 

Reg. 10, f° 61 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 153. 

ÎOO. — Jaime I er mande à tous ses officiers de contraindre, dans leurs 
personnes et leurs biens, tous ceux qui sont obligés, à titre de débiteurs 
ou de répondants, vis-à-vis de Jafias Avinzabarra, Juif de Tortose. — 
Même date. 

Reg. 10, f°61 v°. - Indiq. : Jacobs, u° 154. 

101. — Jaime I er donne licence à Abraham Albanna, Juif de Tortose, 
de transporter par mer des Sarrassins du royaume de Gastille et de la 
terre d'Aladrach au port de Dénia, pour les réembarquer de là à desti- 
nation de la Barbarie ou d'ailleurs, à la condition de verser au fisc royal 
deux besants d'or par tête de Sarrasin, sans préjudice du droit de table 
que ledit Juif devra payer à Dénia; le roi place, en outre, la cargaison de 
Sarrasins sous son guidage spécial. — Valence, 1 er mai 1258. 

Reg. 10, i'< 62 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 155. 
1. Répartiteurs d'impôt. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I e ', PEDRO III ET ALFONSO III 181 

102. — Jaime I er reconnaît devoir à Jaftias Avinzabarra, Juif de Tortose, 
1.000 sous de Jaca, qu'il lui a empruntés à Tortose et qu'il lui assigne sur 
les revenus royaux de Lérida. — Même date. 

Reg 10, f° 65. — Indtq. : Jacobs, n° 156. 

103. — Jaime I er autorise Jafias Maymo, Juif de Tortose, à faire exé- 
cuter, dans leurs personnes et leurs biens, les hommes du seigneur 
d'Oleiza qui lui doivent de l'argent, si ledit seigneur, auquel le roi mande 
d'intervenir auprès des débiteurs de Jafias, refuse son concours. — Jativa, 
15 mai 1258. 

Reg. 10, f° 66 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 157. 

104. — Jaime I er fait adjuger aux enchères publiques à Cota, veuve de 
Mubarich Machedan, Juif de Valence, les maisons, les jardins, les deux 
vignes, les quatre champs et les autres immeubles que son mari possédait 
à « Mezlata » et à « Raffalsoternos » ; le roi reconnaît que ladite veuve a 
droit, selon le for des Juifs, en raison de sa dot, qui s'élevait à 250 mora- 
botins, et de la donation qui lui avait été consentie par son mari, au tiers 
de la succession de ce dernier, évaluée à 3.503 sous, 4 deniers de réaux, 
et il lui donne quittance de 566 sous, 8 deniers et de 200 sous de réaux. 
— Concentaina, 26 mai 1258. 

Reg. 10, feuille volante intercalée entre les f ' 66 et 67. 

105. — Jaime I" remet à Ezdras Anulfac, Juif de Saragosse, toute peine 
encourue pour s'être disputé avec Jahuda de Gavalleria, baile royal de 
Saragosse. — Concentaina, 8 juin 1258. 

Reg. 10, 1° 55. 

106. — Jaime I er proroge de deux nouvelles années le privilège 
d'exemption de toute peite, tribut, service, etc., qu'il a déjà octroyé à 
Mosse Avengayet, Juif de Jativa, pour la durée de cinq ans. — Valence, 
2 juillet 1258. 

Reg. 10, 1° 81 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 161. 

107. — Jaime I er reconnaît rester débiteur à Bonafos, lils et héritier de 
Vidal Salamo, ancien baile royal de Barcelone, sur les 35.000 sous barce- 
lonais que Vidal Salamo a prêtés au roi et à sa femme Yolande, à Valence, 
le 10 mars 1251/2, de 4.300 sous, qu'il assigne sur les quotes-parts que 
le dit Bonafos, Bonanast Salamo, Samuel Cap, Astrug et Vidal, fils de 
Saltel de Cardona, et Zarch Malet, fils d'Escapat Malet, sont tenus de 
payer pour le tribut ou la quête; le roi mande au baile de Barcelone et 
aux secrétaires de l'aljama de faire observer la présente assignation. — 
Barcelone, 7 août 1258. 

Reg. 10. f° 71 y°. — Indiq. : Jacobs, n° 158. 



182 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

108. — Jaime I er annule la nomination du Juif N. de Colomar comme 
notaire public. — Barcelone, 9 août 1258. 

Reg. 9, f° 62 v°. 

109. — Jaime I er ratifie la taille faite par Jahuda Abenjucez, Junez 
Repollat, Salamon Mehegeron et Jahuda Gulluf, Juifs de Saragosse, entre 
leurs coreligionnaires de l'aljama, à valoir jusqu'au mois de janvier 
suivant, et remet aux tailleurs la peine de 2,000 sous qu'ils avaient 
encourue en raison de cette taille. — Barcelone, 23 août 1258. 

Reg. 10, f° 77. — Indiq. : Jacobs, n° 160. 

110. — Jaime I er accorde son guidage à Jucef Mascaran, Juif de 
Barcelone, sous peine pour toutcontrevenant dc200 morabotins d'amende. 
- Montpellier, 30 octobre 1258. 

Reg. 10, f° 86 v°. 

111. — Jaime I er décline, dans sa charte d'amnistie accordée aux Juifs 
de Montpellier, que, quoique leurs coreligionnaires subissent le joug de 
la servitude dans presque toutes les terres des princes chrétiens, il ne 
convient pourtant pas de les humilier, de leur faire subir de mauvais 
traitements, ni de leur causer aucun préjudice dans les territoires soumis 
à sa juridiction. — Montpellier, 10 décembre 1258. 

Indiq. : Germain, Histoire de la commune, de Montpellier, p. i.xvm, n. 1 
(d'après Arcli. mun. de Montp., Grand Gbartrier, Aiin. A, Cass. iv, n° 7 quater, 
et Grand Thalamus, f° 47 v°) ; Kahu. Juifs de Montpellier, dans H. E. J., 
t. XIX (1889), p. 261 (d'après même source! ; Berthelé, Arc/t. de la ville de 
Montpellier, t. III, p. 103. n" 71 S d'après Grand Thalamus). 

112. — Jaime I er remet toute peine encourue pour transgression du 
taux de l'intérêt à Abraham Levi et à Bonet de Provence, son gendre, 
Juifs de Villefranche-de Confient, pourvu qu'ils fassent à l'avenir rési- 
dence dans ses États. — Montpellier, 27 décembre 1258. 

Reg. 10, f° 44. — Coi». : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 147. 

113. — Jaime I er autorise le Juif Jucef de Grasse, bien qu'il soit déjà 
marié et malgré l'attestation de Jucef Vidal, de Mosse de Lunel, de Durant 
et Abraham d'Andusc, ces deux derniers fils de feu Bonet, et d'autres 
Juifs qui déclarent que la bigamie est contraire au droit et au rite 
judaïques, à contracter mariage avec Hegina, tille de Samuel alias 
Brafayre, nonobstant sa première union avec Sima, répudiée ou non, sauf 
toutefois, pour cette dernière, le droit qu'elle a sur les biens de son mari, 
conformément à la législation hébraïque, et le droit qu'elle peut avoir 
sur les joyaux dont son mari l'a gratifiée; Jucef de Grasse pourra 
emmener sa nouvelle femme de Montpellier et la conduire n'importe où ; 
et le roi défend à tous ses Juifs de Montpellier et d'ailleurs, sous peine de 
500 morabotins d'amende, de laucer quelque prohibition ou excomniu- 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME l nr , PEDRO 111 ET ALFONSO III 183 

nication de vive voix ou par écrit contre le dit Jucef de Grasse en raison 
de son nouveau mariage. — Montpellier, 20 janvier 1258/9. 

Reg. 10, f° 47 v°. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 148; 
Danvila, El robo de la Juderia de Valencia en 1391, dans Boletin de 
Madrid, t. VIII (1886), p. 383, n. 9. 

114. — Jaime I er , à la requête de Salamon d'en Bonet, Benjarni de 
Carcassonne, Creschas, fils de feu Vidal de Garcassonne, Mosse, fils de 
Juce de Lunel, et Jaco, fils de Bonsenior de Lunel, Juifs de Montpellier, 
syndics ou procureurs de la communauté juive de cette ville, promulgue 
les statuts de franchises suivants : 1° Si quelque Juif de Montpellier 
trangresse le taux de l'intérêt ou les autres règlements royaux relatifs au 
prêt à intérêt, il ne sera pas puni des peines insérées dans la constitution 
de Jaime I er y relatives. 2° Si quelque Juif de Montpellier vend à crédit 
{ad sostam) des biens meubles, pesables ou mesurables, sans fixer de 
terme de paiement, ou si, réciproquement, il achète des biens livrables à 
terme et payables d'avance, le statut royal relatif aux ventes et achats de 
ce genre ne sera pas invoqué à rencontre de l'une ou l'autre de ces 
opérations. 3° Tout Juif de Montpellier peut acheter ou prendre à bail 
(acapitare) des immeubles sis dans cette ville, sauf les tenures royales et 
les immeubles loués par le roi, son lieutenant ou le baile de la cour 
royale du lieu. 4° Le lieutenant royal, le baile et les autres officiers des 
cours royales de Montpellier et des autres parties du royaume seront 
tenus de contraindre les débiteurs des Juifs à s'acquitter sans retard de 
leurs obligations, principal et intérêt, ce dernier à raison de 4 deniers 
pour livre par mois. — Montpellier, 21 janvier 1258/9. 

Reg. 10, f° 48. — CéP. : Collection Bofarull. -- Indiq. : Jacobs, n° 149. 

115. — Jaime I er prescrit, sur avis conforme des consuls de Mont- 
pellier, qu'avant de conclure un contrat, les Juifs de cette ville devront 
jurer sur la Loi mosaïque qu'ils ne se sont livrés à aucune fraude ou 
usure; et par la même occasion, il défend aux notaires de recevoir aucun 
contrat u suraire. — [Montpellier], 5 avril 1259. 

Publ. : Germain, Histoire du commerce de Montpellier, t. 1, pp. 240-241 
(d'après Arch. muu. de Montp., Arm. D, Cass. xx, n° 3 (Parch. orig.), et 
n° 21 (Copie vidimée). — Indiq. : Germain, ibid., t. II, p. 117; G. Saige, 
Les Juifs du Languedoc, Paris, 1881, in-8°, p. 24 (d'après Germain); Kalin, 
Juifs de Montpellier, dans fi. E. J., t. XIX (1889;, pp. 261-262 (d'après Arm. 
D, etc.); Ferd. Castets et Jos. Berthelé, Archives de la ville de Montpellier, 
Montpellier, in-4°, t. I (1895), p. 142, n° 1933 (d'après Arm. D, etc.). 

116. — Jaime 1 er mande a ses officiers de s'abstenir, durant un délai 
de quatre ans, de contraindre, par la saisie notamment, l'abbé et le 
couvent de Ripoll, les biens du monastère, leurs débiteurs et répondants 
à rembourser leurs dettes aux héritiers de feu Bonanasch de Besalu, 
lesquels ne pourront exiger d'intérêt pendant les quatre ans, nonobstant 
quelque promesse faite par le roi aux aljamas des Juifs de Girone et de 



184 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Besalu de ne pas accorder de nouveau sursis à leurs débiteurs. — Lérida, 
11 août 1259. 

Reg. 10, f° 116. 

117. — Jaime I er concède à trois citoyens de Barcelone et au Juif 
Benvenist de Porta que personne ne puisse détourner, en vue de l'irri- 
gation, l'eau dès moulins de la cité qu'ils tiennent à cens du roi, sous 
peine de 60 sous d'amende, et que ceux qui jouissent par charte ou 
coutume du droit de se servir de cette eau pour l'arrosage de leurs par- 
celles, soient tenus, sous peine d'une amende de 20 sous, de ramener 
l'eau, une fois leur opération terminée, à la branche mère du grand canal 
(Cequere majoris). — Lérida, 30 août 1259. 

Reg. 10, f» 143. 

118. — Jaime I er donne quittance à l'aljama des Juifs de Barcelone, 
à valoir sur les tributs de la Noël et de la Saint-Jean, de 10.000 sous de 
Jaca, qu'elle a payés, sur l'ordre et à la décharge du roi, à Benvenist de 
Porta, baile royal de Barcelone. — Lérida, 31 août 1259. 

Reg. 10, f° 117. — Indiq. : Jacobs, n° 168 a. 

119. — Jaime 1 er assigne au profit de son créancier Benvenist de Porta 
une dette de 10.000 sous de Jaca sur le tribut que doivent payer les Juifs 
de (iirone à la Noël et à la Saint-Jean. — Même date. 

Reg. 10, f" 117. 

120. — Jaime 1 er reconnaît devoir à Salamon Saragossan, Juif de 
Huesca, 700 sous de Jaca, reliquat de la somme de 1.000 sous qu'il lui a 
empruntée à Valence pour subvenir aux frais de séjour de la famille royale 
et en garantie de laquelle il lui a obligé la bailie foraine de la cité de 
Huesca; le roi se déclare encore débiteur à Salamon Saragossan de 
2.605 sous 8 deniers de Jaca et d'autres 2.000 sous que, sur son ordre, 
Salamon a versés à l'évèque de Valence, soit au total 5.305 sous 8 deniers, 
que Jaime I er assigne à Salamon sur la peite des habitants de Almu- 
débar. — Même date. 

Reg. 10, f° 117 v 1 '. — Indiq. : Jacobs, n° 169. 

121. — Jaime I er accorde à tous les Juifs établis dans la « villa' » de 
Uncastillo qui transféreront leur domicile dans le château du même lieu 
l'exemption pour trois ans de toute peite, cène et autres services royaux, 
et à tous les Juifs qui viendront d'ailleurs que d'Uncastillo peupler le dit 
château, une exemption de quatre années. — Lérida, 16 novembre 1259. 

Orio. : Parch. de Jaime 1 er , n° 1346. — Reg. 11, f° 153 v°. — Cop. : Transcr. 
des parch. de Jaime 1 er ; Collection Bofarull. — Plbl. : Documentos inéditos, 

1. La villa est la ville ouverte, dépourvue de toute enceinte; elle est d'ordinaire 
défendue par le castell, qui est un quartier fortiOé. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME 1 er , PEDRO 111 ET ALFONSO 111 185 

t. VI, pp. 14.1-146 ; M. Kayserliûg ', Zur Geschichte der Juden in Barcelona 
dans Monastssckrift fur Geschichte iuuI Wissenschaff. des Judenthums, 
de Frankel, in-8°, t. XV (1866), p. 89 (d'après Doc. ine'd.). — Indiq. : 
Amador de los Rios, t. I, p. 423. n. I [d'après Parch. de Jaime I", n° 1346); 
Jacobs, n° 166 a (d'après reg. 11). 

122. — Jaime I er concède à l'aljama des Juifs de Barcelone que tout 
Juif qui viendra s'établir dans cette ville et y conservera son domicile une 
année durant, sera tenu de payer sa part de quête et des autres services 
royaux et communaux (vicinalium), que les secrétaires doivent répartir 
équitablement entre les membres de la communauté. — Lérida, 27 no- 
vembre 1259. 

Reg. 10, f° 121 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 172 a. 

123. — Jaime I er assigne à l'infant don Alfonso sur les revenus du 
péage royal de Galatayud les 1.000 sous de Jaca qu'il a alloués aux Juifs 
de Daroca sur le produit de leur tribut, pour réparer leur mur qui s'était 
écroulé, et il mande à Jahuda de Gavalleria, baile de Saragosse, ainsi 
qu'aux collecteurs du péage, de verser à l'infant pour le paiement des 
dits 1.000 sous, 500 sous de la recette de 1260 et 500 sous de la recette de 
1261 ; le roi autorise, enfin, l'infant à recouvrer sur les Juifs de Daroca 
tout le tribut des années 1261 et 1262. — Lérida, 19 janvier 1259/60. 

Reg. 10, f° 126 v°. 

124. — Jaime I er donne quittance à l'aljama des Juifs de Perpignan 
des 1.100 sous melgoriens qu'elle a payés au baile de cette ville pour le 
tribut de la Noël précédente. - Barcelone, 1 er février 1259/60. 

Reg. 10, f° 128 v°. — Indiq. : Jacobs, n» 164 a. 

125. — Jaime I er s'oblige au profit de Aharon Abinafia, Juif de Gala- 
tayud, pour 6.000 sous de Jaca, à la décharge de feu Alvaro Perez de 
Azagra qui les devait à l'aljama de Galatayud et qui, s'en étant rendu 
débiteur au roi, lui avait engagé le château et la villa de Santa Maria de 
Albarracin ; le roi assigne les 6.000 sous audit Aharon sur les revenus de 
la « morerie * » de Daroca, et mande aux Sarrasins de cette ville d'ob- 
server cette assignation. — Barcelone, 10 juin 1260. 

Reg. Il, f« 176 v°. — Indiq. : Jacobs. n° 168. 

126. — Jaime I er mande à l'aljama des Juifs de Girone et Besalu qu'il 
a assigné à l'un de ses créanciers sur le trfbttt qu'elle doit fournir à la 
Noël suivante, et au besoin sur le tribut de la Saint-Jean, 8.683 sous 
4 deniers barcelonais neufs, de monnaie de tern. — Même date. 

Reg. 11, f» 177. — Indiq. : Jacobs, n° 169a. 

1. La date de 1250 donnée par Kayserling à cet acte est erronée. 

2. En castillan, moreria désigne le quartier réservé a la population sarrasine. 



186 REVUE DES ETUDES JUIVES 

127. — Jaime I er , eu égard a la situation critique de raljama juive 
de Girone et Besalu, lui fait remise sur le tribut annuel de la somme 
de 2.000 sous melgoriens, qui seront ainsi répartis : 800 aux Juifs de 
Tortose, 700 à ceux de Perpignan et 500 à ceux de Lérida. — Barcelone, 
11 juin 1260. 

Reg. 11, f° 177 v°. — î.ndiu. : Jacobs, n° 170. 

128. — Jaime I er proroge à la Noël l'échéance des 30 morabotins que 
le Juif Enoch de Navarra devait payer au terme de la Saint-Jean à Izach 
Malet pour certaines maisons, et à l'année suivante celle des 172 mora- 
botins qu'il devait payer au dit Izach à la Noël. — Barcelone, 20 juin 1260. 

Reg. 11. f» 175 \°. 

129. — Jaime I er reconnaît que l'aljama des Juif9 de Barcelone s'est 
constituée débitrice à sa décharge de 1.800 sous barcelonais neufs sur le 
tribut de la Noël. — Barcelone, 23 juin 1260. 

Reg. 11, f» 175 y». 

130. - Jaime I ,r dispense les Juifs de Barcelone, Villafrancà del 
Panades et Tarragone de loger à l'avenir dans les rues judaïques ou dans 
leurs maisons les infants et autres membres de la famille royale, ainsi 
que leurs montures et autres animaux, et les autorise même à fermer les 
portes de leurs rues et de leurs maisons; le roi les dispense encore de 
prêter des draps et autres objets aux membres de la famille royale ou 
à des personnes étrangères, qui devront bien se garder de rien leur 
enlever; il leur remet de grâce spéciale toute peine, tiers ou quête, et 
leur concède que tout contribuable défaillant qui se trouvera sous le coup 
d'une saisie obtiendra main-levée des secrétaires durant un délai de deux 
mois. — Barcelone, 27 juin 1260. 

Reg. Il, 1" 229. — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Amador de los 
Rios, t. I, p. 425, n. 1. 

131. — Jaime I er nomme un chrétien à l'oftice de notaire public des 
Juifs de Jaca. — Lérida, 10 août 1260 

Reg. 11, f 224 v f '. 

132. — Jaime I er donne quittance à l'aljama des Juifs de Perpignan 
de 4.200 sous melgoriens pour le tribut de la Noël suivante. — Perpignan, 
1 er septembre 1260. 

Reg. H, f° 179. 

133. — Jaime I er mande au viguier, au baile et aux autres officiers du 
Uoussillon de faire exécuter les habitants de Thuir qui sont débiteurs des 
Juifs de Perpignan, nonobstant tout sursis. — Même date. 

Reg. H, f» 179. 



CATALOGUE DES ACTES DE JA1ME I or , PEDRO III ET ALFONSO 111 187 

134. — Jaime I or fait remise à l'aljama des Juifs de Jaca de 900 sous sur 
les 1.900 du tribut, mais pour un an seulement. — Barcelone, 7 octobre 1260. 

Reg. 11, t'° 228 y . — Indiq. : Jacobs, u° 186. 

135. — Jaime I er promet aux Juifs d'Egea de ne plus accorder de sursis 
à leurs débiteurs. — Barcelone, 12 octobre 1260. 

Reg. 11, f° 230 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 187. 

136. - Jaime l or reconnaît devoir a Salomon Saragossan, Juif de 
Huesca, 6.305 sous 8 deniers de Jaca, pour lesquels il lui oblige tout le 
« merinat » ou bailie hors de la cité de Huesca, avec les peites, cènes, 
homicides et autres revenus. — Barcelone, 15 octobre 1260. 

Reg. 11, f° 181. — Indiq. : Jacobs, n° 172. 

137. — Jaime I er concède à Bonastrug de Porta, maître des Juifs de 
Girone, sa vie durant, le moulin du Roi avec l'enclos (casai) où il se 
trouve installé et tous les revenus royaux du marché de la cité de Girone. 
— Barcelone, 17 octobre 1260. 

Reg. 11, f° 182. — Indiq. : Jacobs, n° 173. 

138. — Jaime I er fait remise à l'aljama des Juifs de Calatayud de 
1.000 sous de Jaca sur les 6.000 du tribut, mais pour un an seulement. — 
Teruel, 1 er décembre 1260. 

Reg. 11, t'° 185 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 174. 

139. — Jaime I er promet, à la requête des Juifs de Barbastro, de s'abs- 
tenir pendant deux ans de toute prorogation d'échéance au profit de leurs 
débiteurs. — Valence, 14 mars 1260/1. 

Reg. 11, f° 239. — Indiq. : Jacobs, n° 190. 

140. — Jaime I er confirme à Vives, fils de Jucef Abenvives, et à Faquem, 
fils de Jucef Abentuyagna, Juifs de la cité de Valence, la vente qui leur a 
été faite par Martino Sanchez de Loriz, chevalier, et Marie, sa femme, au 
prix de 2.700 sous réaux de Valence, des maisons, jardins, vignes et de 
tout l'héritage sis à « MalilJa », dans le terroir de la cité de Valence, 
avec le droit d'en disposer, sauf au profit de chevaliers, de saints et d'ec- 
clésiastiques. — Valence, 9 avril 1261. 

Reg. 11, f° 199 v°. 

141. — Jaime I er confirme aux Juifs de la cité et du royaume de 
Valence tous les achats qu'ils ont faits et feront selon le for de Valence, 
de champs, « rahals * » (reallis), vignes, jardins, maisons, à des cheva- 
liers, clercs ou autres habitants du royaume, et les dispense de contribuer 

1. En arabe, rahl signifie maison ou terre rurale. 



188 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

avec les chrétiens aux quêtes, cènes et autres exactions royales s'ils s'en 
acquittent par ailleurs séparément. — Valence, 13 avril 1261. 

Reg. 11, f° 202 v°. — Gop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 176. 

142. — Jaime I er dispense tous les Juifs de la cité et du royaume de 
Valence de contribuer au paiement des 1.000 sous réaux qu'il est en train 
de lever sur les chrétiens et les Sarrasins du royaume de Valence en 
retour de la confirmation des fors. — Même date. 

Reg. 11, f° 233. — Indiq. : Jacobs, u° 188. 

143. — Jaime I e »" reconnaît devoir à l'aljama des Juifs de Huesca 
9.000 sous de Jaca, qu'il lui assigne sur les prochains tributs, à raison de 
2.000 sous par an. — Lérida, 22 juin 1261. 

Reg. 11, f° 234 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 189. 

144. — Jaime I er ratifie les achats que les Juifs de Tarragone ont faits 
ou feront de blé, de safran et de tout autre denrée pesable ou mesurable, 
et même d'animaux; il concède, en outre, aux Juifs de Tarragone et 
Montblanch le privilège dont jouissent les Juifs d'Aragon en matière de 
vente et d'achat. — Tarragone, 28 juillet 1261. 

Reg. 11, f° 211. — Gop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n« 177. 

145. — Jaime I er confirme aux Juifs de Barcelone, Villafranca, Tarra- 
gone, Cervera et autres lieux de la collecte toutes leurs créances portant 
sur des ventes, achats, engagements. — Barcelone, 13 septembre 1261. 

Reg. 11, f° 215 v°. - Indiq. : Jacobs, n« 179. 

146. — Jaime I or autorise tous les Juifs de Barcelone, Tarragone, Cer- 
vera, Montblanch el Caldas de Montbuy à acheter ou vendre du blé, fro- 
ment, huile et autre denrée pesable ou mesurable, soit au comptant, soit 
à terme. — Même date. 

Reg. 11, f° 215 v». — Indiq. : Aniador de los Rios, t. I, p. 426, n. 1 ; Jacobs, 
n° 179. 

147. — Jaime I er concède à tous les Juifs de Barcelone, Villafranca, 
Tarragone et des autres lieux de la collecte qu'à l'avenir, aucun de ses 
fonctionnaires ou même aucun de ses sujets ne puissent ouvrir d'enquête 
ou introduire d'action judiciaire contre les Juifs créanciers, sauf pour le 
débiteur le droit de porter plainte sous caution devant une cour royale. — 
Même date. 

Reg. 11, f° 21 o v°. — Indiq. : Jacobs, n° 179. 

148. — Jaime I er autorise tous les Juifs de Villafranca à acheter du blé, 
du froment, de l'huile et autres marchandises pesables ou mesurables 
soit au comptant, soit à terme. — Même date. 

Reff. II. f° 21 G. — [ndiq. : Jarobs, n° 1S0. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I er , PEDRO III ET ALFONSO 111 189 

149. — Jaime I er promet à tous les Juifs de Barcelone, Villafranca, 
Tarragone et des autres lieux de la collecte de ne pas accorder de sursis 
à leurs débiteurs ou aux répondants de ces derniers pendant un délai de 
trois ans. — Même date. 

Reg. 11, t'° 216. — Indiq. : Jacobs, u° 181. 

150. — Jaime I" confirme en faveur des Juifs de Besalu les privilèges 
que ses prédécesseurs et lui-même ont accordés aux Juifs de Girone, 
bien que les actes qui les confèrent ne mentionnent pas les Juifs de Besalu. 
— Perpignan, 29 septembre 1261. 

Reg. 11, f° 216 v°. — Lndiq. : Jacobs, n° 182. 



151. — Jaime I er rembourse à l'aljama des Juifs de Lérida 3.336 sous 
8 deniers barcelonais neufs qu'il lui devait et en recouvre Y « albaran 1 ». 
- 1261. 

Reg. 11, f 260. 



152. — Jaime I er remet toute poursuite aux Juifs de Montpellier pour 
infraction au statut royal sur le taux maximum de l'intérêt, soit 4 deniers 
pour livre par mois. — Montpellier, 1 er mars 1261/2. 

Reg. 12, f° 39. 

153. — Jaime I or permet aux Juifs de Montpellier de capitaliser l'intérêt 
et de faire figurer dans le même acte pour une seule créance le capital 
et l'intérêt, à condition que ce dernier ne dépasse pas le taux légal. — 
Même date. 

Reg. 12, f° 39 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 207. 

154. — Jaime I er reconnaît rester débiteur à Salomon Almuli, Juif de 
Daroca, de 500 sous de Jaca sur les 1.109 qu'il lui a empruntés par albaran. 
— Montpellier, 24 avril 1262. 

Reg. 12, f° 48. — Indiq. : Jacobs, n° 212. 

155. — Jaime I er fait remise à l'aljama des Juifs de Daroca pour deux 
ans, à partir de la Saint-Jean, de 500 sous de Jaca sur les 1.500 du tribut 
annuel. — Même date. 

Reg. 12, 1'° 48 v". — Indiq. : Jacobs, d° 213. 

156. — Jaime I er reconnaît qu'Issach Adret et lssach Jotias, délégués 
auprès de lui par l'aljama des Juifs de Barcelone, Villafranca, Tarragone 
et des autres lieux de la collecte, sont venus à Montpellier rendre compte 
du produit de la quête ou tribut des années 1260, 1261 et 1262, soit de 

1. En castillan, albaran signifie billet sous seing privé, C'est probablement ici une 
sorte de billet à ordre. 



190 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

63.750 sous melgoriens au total, qui ont été payés à divers créanciers du 
roi. — Montpellier, 3 mai 1262. 

Reg. 12, f°» 39 v°-40. — Indiq. : Jacobs, n° 208. 

157. — Jaime I er reconnaît rester débiteur à Salomon Adret, Juif de 
Barcelone, sur les 1.616 sous barcelonais qu'il lui a empruntés par albaran 
à lui et à Benedi, Juif de Girone, de 1.000 sous, qu'il lui assigne sur le 
tribut que les Juifs de Girone doivent payer à la Saint-Jean. — Montpellier, 
4 mai 1262. 

Reg. 12, F 50 v°. — Publ. : Jacobs, p. 130, n° 111. — Indiq. : Jacobs, n° 215. 

158. — Jaime I er promet aux secrétaires et à l'aljama des Juifs de Bar- 
celone qu'il n'assignera aucune créance sur leur tribut avant qu'ils 
n'aient achevé de payer à sa décharge la somme qu'il doit au baile de 
Barcelone. — Montpellier, 5 mai 1262. 

Reg. 12, f° 50 v°. 

159. — Jaime I er concède à l'aljama des Juifs de Barcelone que pour 
les dettes de la communauté ou pour les dettes royales qu'elle est tenue 
d'acquitter sur mandement du roi, à titre d'avances sur ses tributs, elle 
ne soit requise de donner aux viguiers et bailes de Barcelone que « la 
justice ou le tiers ». — Montpellier, 7 mai 1262. 

Reg. 12, F il. — Indiq. : Jacobs, u° 209. 

160. — Jaime I er accorde à l'aljama des Juifs de la cité et du royaume 
de Valence les privilèges suivants : 1° Si quelque chrétien porte plainte 
contre quelque Juif, il devra, conformément au for de Valence, produire 
à l'appui de sa demande le témoignage concordant d'un chrétien et d'un 
Juif, aussi bien pour les procès relatifs aux prêts à intérêt que pour tout 
autre affaire; 2° le serment exigé des Juifs dans leurs procès avec les 
chrétiens devra être prêté sur les Dix commandements de Moïse; 3" quand 
le roi imposera aux Juifs quelque exaction en raison de la peite ou d'une 
autre taxe, ils pourront lui envoyer des délégués, et le baile ou le portier 
royal chargés de lever ladite exaction ne pourront en commencer la per- 
ception, avant que les délègues n'aient rempli leur mission et ne soient 
retournés dans leur communauté; 4° toute enquête ouverte contre les 
Juifs devra se faire conformément au for de Valence; f ô° les Juifs détenus 
pour non paiement d'impôt devront être mis en liberté la veille de leurs 
fêtes et tous les vendredis matins, « quand l'étoile apparaîtra ». laissés 
libres toute la journée et toute la nuit du sabbat ou du jour de fête, sur 
la promesse formelle de réintégrer leur lieu de détention le lendemain 
matin. — Montpellier, 9 mai 1262. 

Reg. 12. f° 9 43 v"-44. — Cor. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, q c 210. 

161. — Jaime I e ' accorde aux Juifs de la cité et du royaume de Valence 



CATALOGUE DES ACTES DE JA1ME 1 er , PEDRO 111 ET ALFONSO III 191 

1 exonération pour les Sarrasins qui habiteront leurs héritages de la capi- 
tation annuelle d'un besant. — Montpellier, 10 mai 1262. 

Reg. 12, f° 44 v°. — Cop. : Collection Bofarull. - Indiq. : Jacobs, n° 211. 

162. — Jaime I er dispense jusqu'à la Noël suivante l'aljama des Juifs 
de Girone et de Besalu de s'obliger à son égard ou au profit de quelque 
particulier pour les quotes-parts de quête dues par l'héritier de feu 
Bonanasch de Besalu et par Navarro, Juif de Perelada. — Montpellier, 
17 mai 1262. 

Rey. 12, f° 52. - Indiq. : Jacobs, n° 211. 

163. — Jaime I er accorde son guidage et sa sauvegarde, sous peine pour 
tout contrevenant de 500 morabotins d'amende, au Juif Navarro et à son 
fils Jucef, habitants de Perelada, et à leurs biens, avec l'exonération pour 
le père et le fils de toute quête ou taille exigibles par le roi ou l'infant 
don Pedro, à condition qu'ils s'engagent à payer au trésor chaque année, 
au terme de la Noël, 300 sous melgoriens, pendant tout le temps qu'ils 
demeureront sous la juridiction de Jofre de Rocabertino; si le fils vient 
s'établir avec sa famille soit à Girone, soit à Besalu, soit en quelque 
autre lieu du royaume, il ne sera tenu de payer aucune taxe supplémen- 
taire; il en sera de même pour le père, s'il vient se fixer dans une terre 
royale et pourvu qu'il verse au roi une contribution annuelle de 500 sous 
melgoriens. — Même date. 

Reg. 12, f° 52. — Coi>. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 218. 

164. — Jaime I er ratifie la reddition de comptes faite à Montpellier par 
Benvenist de Porta pour tous les revenus de Besalu, et, entre autres 
choses, pour les contributions des Juifs de Girone et Besalu, dont 
15.166 sous 8 deniers barcelonais équivalant aux 13.000 sous melgoriens 
du tribut annuel. — Montpellier, 21 mai 1262. 

Reg. 12, f" 59 v°-60. — Indiq. : Jacobs, a 224. 

165. — Jaime I er reconnaît devoir à Jahudade Gavaleria, baile de Sara- 
gosse, 2.750 sous barcelonais, que ce dernier a versés, à la décharge du 
roi, à Vidal Astruch, Juif de Barcelone, créancier pour pareille somme de 
Benvenist de Porta; et le roi assigne les 2.750 sous à Jahuda sur les 
revenus de Saragosse. — Montpellier, l 01 juin 1262. 

Reg. 12. f° 53 v». — Iiidiq. : Jacobs, 11° 220. 

166. — Jaime I er reconnaît que le total de la somme qu'il doit par 
albarans àÇulema de Daroca, Juif de Monzon, s'élève a 7.100 morabotins 
alfonsins d'or, neufs et de poids légal, moins 51 sous de Jaca, et, en 
outre, à 5.000 morabotins de la paye de Castille, pour laquelle somme le 
roi a engagé à Çulema les revenus de la juiverie de Lérida, les revenus 
de l'herbe, ceux de la maison à huile de V « almacera » de Lérida, le 



192 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

produit du courtage du lin et de la laine de Lérida, enfin, le tribut des 
Juifs de Barbastro. — Montpellier, 13 juin 1262. 

Reg. 12, f° 55 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 221. 

Reg. 14, f° 20 v°. — Gop. : Collection Rofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 337. 

167. — Jaime I er reconnaît devoir à Azmel Avenlevi 2.000 sous de Jaca, 
qu'il lui assigne sur le tribut des Juifs de Saragosse, à raison de 300 sous 
par an; et par la même occasion, il mande à Jahuda de Gavalleria, baile 
de Saragosse, de veiller au paiement de ces annuités. — Même date. 

Reg. 12, 1° 56. — Indiq. : Jacobs, n° 222. 

168. — Jaime I er considérant la grande pauvreté et les lourdes charges 
que subissent les Juifs de Girone et, notamment, la perte de la plus 
grande partie de la succession de feu Bonanasch de Besalu, dont les biens 
étaient d'un grand secours à la communauté pour le paiement du tribut, 
fait remise à l'aljama des Juifs de Girone et Besalu de 1.400 sous sur les 
13.250 delà quête ou tribut annuel, pendant deux ans, et de 600 sous sur 
le tribut des années qui suivront. — Barcelone, 30 août 1262. 

Reg. 12, i'° 68. — Indiq. : Jacobs, n° 226. 

169. — Jaime I a reconnaît devoir àSalamon Saragossan, Juif de Huesca, 
pour toutes les dettes contractées à l'égard de ce dernier par feu l'infant 
don Alfonso, 7.681 sous 8 deniers de Jaca, qu'il lui assigne sur les pre- 
mières peiteset cènes qui seront levées sur la« moranade 1 » de Saragosse; 
et, à cet effet, le roi mande à Jahuda de Cavallcria, baile de Saragosse, 
de faire observer la présente assignation. — Barcelone, 8 septembre 1262. 

Reg. 12, f° 57. 

170. — Jaime I or assigne à son baile de Saragosse, Jahuda de Caval- 
leria, une dette de 51.834 sous de Jaca sur le tribut des Juifs de Perpignan. 
— [Lérida, 1 er novembre 1262]. 

Reg. 12, f° 47. — Inoiq. : Jacobs, n° 225. 

171. — Jaime I er accorde sa rémission à l'aljama des Juifs de Lérida, 
passible de poursuites pour infraction aux droits de leudes ou pour cer- 
tains achats d'huile, de blé et d'autres produits à Lérida et hors de 
Lérida; et il l'autorise, dans l'intérieur et hors de la ville, à acheter, 
vendre et«barater 2 » toutes sortes de marchandises, pourvu que l< l s Juifs 
s'acquittent des droits de péage, leude et mesurage pour les deniers 
achetées aux marchands forains. — Lérida, 4 novembre 1262. 

Reg. 12, f' 71 v°. — Inhiu- : Jacobs, n" 227. 

1. C'est-à-dire sur la communauté sarrasine. 

2. En castillan, baralar signifie prendre ou donner à vil prix. II «s'agit là, croyons- 
nous, de bénéfices réalisés sur la spéculation dos denrées. 



CATALOGUE DES ACTES DE JA1ME 1 er , PEDRO III ET ALFONSO III 193 

172. — Jaime I er permet à l'uljama des Juifs de Montblanch de pro- 
céder à l'égard de ses débiteurs et des répondants de ces derniers de la 
même façon que les Juifs de Barcelone, et la dispense de l'obligation de 
restituer un gage réclamé par un tiers, si elle fait la preuve de l'anté- 
riorité de la remise du gage. — Lérida, 10 novembre 1262. 

Reg. 12, t" 73 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 228. 

173. -- Jaime I er dispense l'aljama des Juifs de Huesca de l'obligation 
de fournir, à l'occasion de leur entrée en fonctions, quelque service soit 
au baile ou « çavelmédine », soit aux autres officiers de la cité. — Lérida, 
12 novembre 1262. 

Reg. 12, f° 74 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 229. 

174. — Jaime I er accorde sa rémission à Samuel, fils de Jacob Delobelo, 
Juif d'Uncastillo, inculpé du meurtre de Nuno Bonjudio. — Huesca, 
5 janvier 1262/3. 

Reg. 12, f° 6. — Indiq. : Jacobs, n° 194. 

175. — Jaime I er concède à tous les Juifs de Calatayud qu'à l'avenir, 
aucun baile, juge, « justice 1 », juré, portier ou autre officier ne puisse 
lien saisir à un membre de l'aljama sur la plainte d'un chrétien, pourvu, 
cependant, que le Juif incriminé fournisse caution suffisante. — Sara- 
gosse, 27 janvier 1262/3. 

Reg. 12, f° 6r° et v". — Cop. : Collection Bofaruil. - Indiq. : Jacobs, n* 195. 

176. — Jaime I er remet toute poursuite à l'aljama des Juifs de Monzon 
pour transgression du taux légal de l'intérêt, et l'autorise à prêter aux 
chrétiens à raison de 4 deniers pour livre, à barater aux chrétiens et 
Sarrasins le drap, le bétail, le froment, l'orge, l'huile et autres denrées; 
tout créancier juif, convaincu d'usure, ne sera pas condamné à l'amende, 
mais à la contiscation de sa créance, capital et intérêt. — Saragosse, 
4 février 1262/3. 

Reg. 12, f° 6 v°. — Indiq. : Jacobs, u° 196. 

177. — Jaime I er mande à ses officiers qu'il a accordé son guidage et 
sa sauvegarde au Juif Samuel Alcala et qu'il lui a remis, en outre, toute 
peine encourue pour vente à l'encan d'une Sarrasine baptisée, sous peine 
pour tout contrevenant de 100 morabotins d'amende. — Saragosse, 
8 février 1262/3. 

Reg. 14, f° 7. — Indiq. : Jacobs, n° 334. 

178. — Jaime I= r exonère les Juifs de Perpignan de l'obligation de 
loger les membres de sa famille ou de leur fournir des draps, de payer 

1. En Aragon, le juslicia est un magistrat cbarg<': de rendre la justice. 

T. LX, is° 120. 13 



194 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quelque taxe supplémentaire en plus du tribut annuel ; il leur concède, 
en outre, que les Juifs détenus pour non paiement d'impôt puissent être 
mis en liberté provisoire le vendredi soir et la veille de leurs fêtes, et 
que, pendant leur emprisonnement, ils ne soient pas privés de nourri- 
ture. — Saragosse, 13 février 12623. 

Reg. 12, f" 8 v". — Indiq. : Jacobs, n° 191. — Publ. : Pièces justificatives, 
n° IV. 

179. — Jaime I er concède aux Juifs de Perpignan que le baile ou 
quelque autre officier ne puisse pénétrer dans le call pour y procéder 
à une enquête qu'avec une suite de cinq hommes seulement, que si le 
baile poursuit quelque Juif réputé coupable, il soit tenu de lui donner 
un juge impartial, que si ce dernier reconnaît le non fondé de la plainte, 
le baile soit obligé de la retirer, et que si le baile s'y refuse, le Juif pour- 
suivi puisse en interjeter appel au roi. — Même date. 

Reg. 12, f° 9. — Indiq. : Jacobs, n° 198. 

180. — Jaime I or concède aux Juifs de Perpignan : 1° que tout débi- 
teur chrétien, même bénéficiaire d'un sursis royal, soit contraint de s'ac- 
quitter de ses dettes, s'il possède des meubles saisissables, a l'exception 
des vêtements, animaux, instruments aratoires, vases vinaires, draps de 
lit, armes et ustensiles de ménage; 2° que les Juifs engagistes ne soient 
pas tenus de restituer les gages à leurs débiteurs chrétiens qui ont béné- 
ficié d'un sursis ; 3° que les Juifs créanciers, bien qu'il leur soit interdit 
de laisser les intérêts égaler le capital, puissent exiger l'intérêt pendant 
cinq années consécutives, mais que, passé ce délai, ils fassent exécuter 
leurs débiteurs. — Même date. 

Reg. 12, 1° 9. 

181. - Jaime I er accorde son guidage, sous peine pour tout eonlreve- 
nant de 100 morabotins d'amende, à Senton de Granada, Alton Gomerct, 
Jucef Alcarcem, Ifani Fadench et Abrahim Aullamin, Juifs de Saragosse, 
qui ont été choisis pour répartir (tailler) le tribut et autres taxes imposées 
à leur communauté, depuis janvier 1263 jusqu'à janvier 1265, pourvu 
qu'ils s'acquittent de leurs fonctions fidèlement et en secret, bref d'après 
les instructions qui leur seront données par l'aljama de Saragosse. — 
Saragosse, 16 février 1262/3. 

Reg. 14, f° 8. 

182.— Jaime I er reconnaît devoir 1.000 sous barcelonais à son baile 
de Girone, qui les a pavés, a sa décharge, a Salomon Adret, Juif de Bar- 
celone. — Saragosse, 19 février 1262/3. 
Reg. 14, 1° 11. 

183. — Jaime I er remet toute poursuite aux Juifs de Torlose pour 
transgression du taux légal de l'intérêt, et, en même temps, il les auto- 



CATALOGUE DES ACTES L)E JA1ME L° 4 , PEDItO III ET ALFONSO III 195 

rise a baraler aux chrétiens, Juifs et Sarrasins le bétail, le drap, l'huile 
et autres marchandises. — Saragosse, 22 février 1262/3. 

Reg. 12, f« 13 v°. — Indiq. : Jacobs, n° 199. 

184. — Jaime I er mande à ses officiers de contraindre tous ceux qui 
sont obligés à l'égard des Juifs de Tortose à rembourser leurs dettes. — 
Même date. 

Reg. 14, f° 11 v°. — Indi.;». : Jacobs, n° 335. 

185. — Jaime I er accorde sa rémission à Juceff, fils d'Abrahim Ferrez, 
Juif de Barbastro, faussement accusé d'avoir trouvé un trésor sous terre. 
— Saragosse, 26 février 1262/3. 

Reg. 12. f° 14 — Indiq. : Jacobs, n° 200. 

186. — Jaime I er nomme Astrueh Jacob Xixo, Juif de Tortose, à l'of- 
fice de baile royal de la cité de Tortose, et l'autorise à s'y faire remplacer 
par un chrétien ou un Juif, mais à charge pour son délégué de faire au 
roi les redditions de comptes. — Saragosse, 1 er mars 1262/3. 

Reg. 12, f 15. — Cop. : Collection Bofarull. - Inoiq. : Jacobs, n° 201. 

187. — Jaime I 01 ' assigne au baile du royaume de Valence tous les 
revenus des Juifs de Téruel. — Même date. 

Reg. 14, i'° 14. 

188. — Jaime I r concède a Jucof Avineabra, (ils de feu Mosse Avineabra, 
et à Açaeh, son fils, Juifs de Calatayud, sous peine pour tout contrevenant 
de 200 morabotins d'amende, que, pourvu qu'ils s'acquittent de leur quote- 
part, ils ne puissent être rendus solidaires du non paiement par quel- 
qu'un de leurs coreligionnaires du tribut ou de toute autre exaction royale, 
et, de plus, qu'ils ne soient pas tenus de contribuer aux dons ou services 
que Taljama fournira à d'autres que le roi et les infants. — Saragosse, 
20 mars 1262/3. 

Reg 12, f° 21. — Indiq. : Jacobs, n° 203. 

189. — Jaime I er accorde sa rémission, moyennant 5.000 sous réaux, 
au Juif Çulema Abinçulana, qui a été surpris en compagnie d'une femme 
baptisée dans le rahal (/x'fl//e)d'ismaël Abinçulana, son frère, et qui a fait, 
ainsi que la dite baptisée, des aveux complets ; Ismaël bénéficie égale- 
ment de la rémission royale. — Lérida, 29 avril 1263. 

fteg. 12, l'° 24. 

190. — L'infant don Pedro reconnaît avoir emprunté à Abaron Abi- 
nafia, Juif de CalaUyudj plusieurs sommes, dont 600 sous de Jaca, pour 
l'achat d'une mule destinée à Vidal Astrug, Juif de Perpignan, soit au 



196 KEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

total 8.168 sous, qu'il lui assigne sur les revenus de la bailie de Calatayud 
et de Téruel. — Lérida, 1 er mai 1263. 
Reg. 17, f° 100. 

191. — Jaime I er confirme l'acquittement prononcé par le Juif Çulcma 
de Daroca, sur l'avis et du consentement d'un clerc, en faveur de Mosse 
Alcohen, Juif de Tortose, accusé par Jucef Alcohen. — Lérida, 2 mai 1263. 

Reg. 12, f° 27 v°. — Indiq. : Jacobs, u« 204. 

. 192. — Jaime I er , considérant qu'Abraham Lévi. Juif de Villefranehe- 
de-Gonflent, exploite la mine (opus menarii) de Nossa, près de la villa 
« Baorra de Argento », à charge de fournir au roi le dixième du minerai, 
exempte le dit Juif et ses biens pour tout le temps où il gardera l'exploi- 
tation de la mine, de toute quête, peite et autres exactions communales 
{uicinalibus), de sorte qu'il ne soit tenu de rien payer à la collecte de 
l'aljama des Juifs de Perpignan. — Lérida, 14 mai 1263. 
Reg. 12, f° 84. — Indiq. : Jacobs, n° 231. 

193. — Jaime I er assigne à Benvenist de Porta, baile de Barcelone, sur 
la bailie de Perpignan les 7.000 sous barcelonais qu'il a prêtés à l'infant 
don Pedro sur le tribut des Juifs. — Lérida, 18 mai 1263. 

Reg. 14, f'o 22. — Indiq. : Jacobs, n° 339. 

194. — Jaime b r ratifie toutes les clauses du testament que feu Salo- 
mon de Tortosa, Juif de Barcelone, a fait dresser en double exemplaire, 
l'un en latin corroboré par le lieutenant du viguier de Barcelone, l'autre 
rédigé en hébreu, notamment le choix fait par le dit Salomon pour ses 
exécuteurs testamentaires [mannmissores suos) de Biona Satell, Issac, fils 
de feu Bonet de Apiara et Zarch Malet. Juifs de Barcelone, et l'institution 
comme son héritier universel de sa fille Belor, à laquelle il donne pour 
tuteurs et curateurs les exécuteurs testamentaires; en même temps qu'il 
légalise les dernières volontés de Salomon de Tortosa le roi place sa 
tille Belor sous sa sauvegarde. — Lérida, 6 juin 1263. 

Reg. 12, f° 88. - Indio. : Jacobs, n° 233. 

195. — Jaime I or fait don au monastère, à Bertrand, abbé, et à tout le 
couvent de Valmagne d'un terrain [l'ancien cimetière juif] situé a Mont- 
pellier près du four royal, près du jardin et des vieilles maisons de Val- 
magne, pour y édifier un collège de théologie 1 . — Lérida, 7 juin 1263. 

1. Ch. d'Aigrefeuille (Hitt. de Monlp., t. III. éd. de la Pijardière, p. 602, d'après 
un document des archives de l'abbaye) ajoute qu'un compromis fui conclu entre 
l'abbé de Valmagne et la communauté des Juifs de Montpellier, par lequel ceux-ci 
approuvaient le don de leur cimetière fait par le roi d'Aragon au collège <le Val- 
magne, mais exigeaient, en retour, que l'abbé leur donnât la somme de dix livres pour 
faire transporter les ossements de leurs morts dans un autre terrain. Cf. Kabn. Juifs de 
Montpellier, dans H. E. ./., t. XIX, p. 264. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I er , PEDRO III ET ALFONSO III 197 

Publ. : Germain, Histoire de la commune de Montpellier, pp. 413-415 
(sans indication de source) : Cli. tUAigrefeuille, Histoire de Montpellier, 
nouv. ûri. publ. sous la direction delà Pijardière, Montp., 1875-82, 4 vol. in-4°, 
t. III, p. 002 (d'après les archives de l'abbaye de Valmagne). — Indiq. : Kalin, 
Juifs de Montpellier, dans R. E. ./., t. 19 (1889), p. 264 (d'après Germain et 
d'Aigi-efenillc!. 

196. — Jaimc I er reconnaît que l'aljama des Juifs de Barcelone a soldé, 
sur son ordre, à un de ses scribes une dette de 5,637 sous de Jaca, 
974 sous melgoriens et 1,234 sous barcelonais, que le roi leur assigne sur 
le tribut de la Saint-Jean. — Lérida, 13 juin 1263. 

Reg. 14, f° 2à\ — Cop. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 340. 

197. — Jaime I er reconnaît devoir à Astrug Jacob Xixo, Juif de Tortose, 
9,000 sous de Jaca, qu'il en a reçus à titre de caution à la suite de l'en- 
quête faite contre le dit- Juif parle maître du Temple R. de Moncada et 
par P. de Moncada, et pour lesquels il lui engage le château et la villa 
de Peniscola. — Lérida, 15 juin 1263. 

Reg. 14, f" 25. — Indiq. : Jacobs, n° 341. 

198. — Jaime I er reconnaît devoir à Astrug Jacob Xixo, Juif de Tortose, 
20.000 sous de Jaca qu'il lui a empruntés à Lérida et pour lesquels il lui 
engage les revenus du château et de la villa de Peniscola, la gabelle du 
sel, toutes les peites de Peniscola, Burriana, Onda, Murviedro (auj. 
Sagunto); de plus, le roi lui accorde pour la garde du château de Penis- 
cola six hommes et, pour l'entretien de chacun de ces hommes, 150 sous 
à prélever sur les revenus du château. — Même date. 

Reg. 14. t'° 2."'. i" et v". — Indiq. : Jacobs, n° 342. 

199. — Jaime I er accorde son guidage à Jacob, fils de Simon, Juif de la 
Seo dTrgel, et à tous ses biens, sous peine pour tout contrevenant de 
500 morabotins d'amende, et, de plus, il l'autorise à habiter où il voudra, 
pourvu qu'il verse à son trésor chaque année à la Noël un morabolin à 
titre de cens, ou bien qu'il paie sa quote-part du tribut delà communauté 
dans laquelle il s'établira. — Lérida, 18 juin 1263. 

Reg. 12, f° 93. — Indiq. : Jacobs, n° 235. 

200. — Jaime I er remet toute poursuite à Jacob, fils de Simon, Juif de 
la Seo d'Urgel, inculpé d'avoir eu un fils d'une chrétienne de la ville, 
nomme Gerdana, et détenu pour ce motif pendant trois mois, la preuve 
de sa culpabilité n'ayant pas été faite; le roi spécifie que le bénéfice de la 
présente rémission s'étendra à la tante de Jacob, Gomtessa, arrêtée comme 
complice. — Même date. 

Reg. 12. f° 93. - Indiq. : Jacobs, n° 236. 

201. — Jaime I r accorde sa rémission à Alaçay, Juif de Lérida, petit- 



198 REVU H DES ÉTUDES JUIVES 

fils (netum) d'en Vives de Limoux, faussement accusé de sodomie par 
Bonet Daroqui et David Vendayan, de Balaguer. — Lérida, 26 juin 1263. 
Reg. 12, f" 91. - Indiq. ; Jacohs, n° 234. 

202. — Jaime I er accorde son guidage à Alazar Abecimfa, fils de feu 
Abraym Abecimfa, Juif de Tortose, et à tous ses biens, sous peine pour 
tout contrevenant de 200 morabotins d'amende. — Lérida, 27 juin 1263. 

Rëg. 12, f° 91 v°. 

203. — Jaime I er mande à tous ses fonctionnaires et à tous ses sujets, 
chrétiens et juifs, de considérer comme sans valeur le témoignage de 
David Avendayan et d'autres Juifs qui avaient suborné des témoins contre 
Alaçar, petit-fils de Vives de Limoux, si, par hasard, les dits faussaires 
essayaient de témoigner à nouveau contre Alaçar ou ses frères, Jahuda 
et Senton. — Lérida, 28 juin 1263. 

Reg. 12, t'° 93 v". — Indiq. : Jacohs, d° 237. 

204. — Jaime I er , considérant que Samiel et Issach, fils de feu Aron, 
ancien « alfaquim ' » juif, ont souvent comparu devant lui pour le supplier 
de leur rendre l'héritage qu'il avait donné à leur père à Jativa, mais qu'à 
la mort de celui-ci, il avait concédé à un chrétien, promet deleur assigner, 
à titre de compensation, à Jativa un héritage d'une valeur de 3.000 sous 
réaux. — Barcelone, 8 juillet 1263. 

Reg. 12. t'° 93 v". — Libiq, : Jacobs, n° 238. 

205. — Jaime I er donne quittance aux secrétaires et à toute l'aljama 
des Juifs de Barcelone de 4.000 sous barcelonais de tern, qu'ils ont versés, 
sur son ordre, au Juif Jahuda de Cavalleria, baile do Saragosse, savoir 
2.000 sous pour le tribut de la Noël 1203 et 2.000 sous pour celui de la 
Saint-Jean 1204. — Barcelone, 16 juillet 1263. 

Reg. 14, f° 30. — INDIQ. : Jacobs. n» 3 il. 

206. — Jaime I er remet toute peine à Issach, fils de Bonjuda Fusel, 
inculpé, mais sans preuves suffisantes, d'avoir entretenu des relations 
coupables avec une chrétienne, en Sicile. — Barcelone, 17 juillet 1263. 

Reg. 12, f° 96 v°. - Gop. : Collection Bofaruli. - IndîQ. : Jacobs, n° 239. 

207. — Jaime I er , sur les instances des Frères Prêcheurs de Girone, 
invite Mosse, maître juif de cette ville, à soutenir une controverse contre 
Fr. Pablo : le colloque a lieu dans le palais royal de Barcelone, en pré- 
sence du roi, de barons, de prélats, de religieux, de chevaliers, etc. Mosse 
se présente en compagnie de savants coreligionnaires. Apres avoir posé 
en principe que la foi chrétienne est chose indiscutable, Fr. Pablo consent 

1. En arabe, alfaquih désigne un docteur de la loi de Mahomet, Dans nos textes, 
alfaquim est un interprète pour la langue arabe. 



CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I er , PEDRO III ET ALFONSO III 199 

pour les besoins de la controverse à la supposer douteuse, et cela pour 
ébranler la confiance de beaucoup de Juifs qui, se sentant incapables de sou- 
tenir leurs erreurs, prétendent que le maître juif saurait trouver réponse 
à toutes les objections qui lui seraient opposées. Fr. Pablo se fait fort de 
prouver au maître, juif, à l'aide d'arguments tirés des écritures, dont les 
Juifs eux-mêmes reconnaissent la parfaite authenticité, la vérité des 
quatre propositions suivantes : 1° Le Messie attendu par les Juifs est sans 
aucun doute arrivé ; 2° Le Messie est, selon la prophétie, à la fois homme 
et Dieu ; 3° Le Messie a souffert et est mort pour le salut du genre humain ; 
4° Les choses légales ou « cérémoniales » ont cessé après la venue du 
Messie. 

Mosse accepte la discussion sur ce terrain et se déclare prêt, pour la 
soutenir, à séjourner à Barcelone, un jour, une semaine, un mois, une 
année même. Il lui est d'abord démontré qu'il ne doit pas se faire appeler 
le Maître, puisqu'aucun Juif ne doit porter ce titre depuis la Passion du 
Christ : Mosse reconnaît qu'il en est ainsi depuis 800 ans. Puis Fr. Pablo 
rappelle à Mosse la dernière conférence qu'ils ont eue ensemble à Girone 
sur la sainte Trinité, sur l'unité de l'essence divine et la trinité des per- 
sonnes; accablé par les preuves et les autorités, Mosse accorde que le 
Christ ou Messie est né à Bethléem il y a mille ans et qu'il a apparu dans 
Rome à quelques-uns. Ensuite, comme Fr. Pablo lui demande où est le 
Messie, Mosse, se contredisant, répond d'abord qu'il n'en sait rien, puis, 
que le Messie vit avec Elie dans le paradis terrestre. Mosse ajoute, cepen- 
dant, que bien qu'il soit né, le Messie n'est pas encore venu, mais qu'il 
viendra régner sur les Juifs, les délivrer et les emmener à sa suite. Fr. 
Pablo objecte à Mosse le passage du Talmud qui porte que le Messie ne 
viendra pas pour les Juifs, s'ils n'entendent pas sa voix et s'ils endur- 
cissent leurs cœurs {Psaumes : Hodie si vocem ejus audieretis et cetera), 
que le Messie est né parmi les hommes et qu'il ne peut en avoir été autre- 
ment. A cela, Mosse ne peut rien répondre. Fr. Pablo cite encore comme 
preuve de la venue du Messie le passage de la Genèse : le sceptre ne sera 
pas enlevé de la maison de Juda, etc. Mosse répond que le sceptre n'a pas 
été enlevé, qu'il est seulement vacant, comme au temps de la captivité de 
Babylone. On lui prouve que pendant cette captivité, les Juifs ont eu des 
chefs de captivité avec le droit de juridiction, et qu'après la mort du 
Christ, ils n'ont plus eu, selon la prophétie de Daniel, ni prince, ni chef 
de captivité, ni prophète, ni gouvernement. Mosse se déclare prêt à 
démontrer que les Juifs ont eu des chefs après la venue du Christ; mais 
il n'apporte aucune preuve. 11 avoue même qu'ils n'ont plus de chefs 
depuis 8oîj ans. 

Mosse objecte à Fr. Pablo que Jésus-Christ ne doit pas être appelé le 
Messie, parce que, selon les Psaumes ( Vitam petiit a te et tribuisti ei, etc.), 
le Messie ne doit pas mourir, mais vivre éternellement, ainsi que ceux 
qu'il délivrera. A son tour, Fr. Pablo oppose à son contradicteur le cha- 
pitre lui dTsaïe {Domine (fins credidit), qui, selon les Hébreux, commence 
à la fin du chapitre lu, où il est dit: Ecce Intelliget servus meus et cetera 



200 RliVUE DES ÉTUDES JUIVES 

loqueretur de Messia. Mosse répond qu'il n'y est pas question du Messie. 
Fr. Pablo cite les passages du Talmud relatifs à la passion du Christ, à 
sa mise au tombeau, à sa résurrection. Mosse déclare que tout n'est pas 
vérité dans les livres des docteurs Juifs, qui y ont introduit des mensonges 
agréables au peuple. 

Bref, Mosse se montre confondu par son contradicteur, comme il l'a été 
déjà plusieurs fois; Juifs et chrétiens s'indignent contre lui. Mosse 
explique son silence par Tordre que les Juifs, Fr. P. de Gênes et cer- 
tains prud'hommes de la ville lui ont donné de se taire. Il est aussitôt 
convaincu de mensonge par Fr. Pablo et les prud'hommes, qui montrent 
que Mosse veut se dérober à la discussion par des mensonges. 

De plus, après avoir promis devant le roi et d'autres personnes qu'il 
répondrait en petit comité, Mosse profite de l'absence du roi pour s'enfuir 
de Barcelone, manifestant ainsi d'une façon éclatante son impuissance à 
défendre une croyance erronée. 

Jaime I er reconnaît que tout s'est bien passé ainsi que le porte le présent 
procès-verbal 1 . — Barcelone, 20 juillet 1263. 

Reg. 12, fo- 110-111. — Cor. : Collection Bofarull. — Publ. : Viltaoueva, 
t. XIII, pp. 332-335 (ex Cartor. curioe episc. Gmind., f° 40); Tourtoulon, 
t. II, pp. 594-596; Girbal, Judios en Girona, pp. 66-68 (d'après la copie faite 
par Villanueva de l'acte contenu dans le « Cartulaïre de Charlemagne »); Le 
P. Denifle, Quelle n zur Disputation Pablos Çliristiani mi/*Moses Nachmani 
zu Barcelona, 1263, dans HistoHsches Jahrbuch der Gorres-Gesellschaft , 
t. VIII (1887), pp. 231-234. — Indiq. : Diago, Historien de la provincia de 
Aragon de la orden de predicadores, Barcelona, 1599, in-f°, f° 31 v°, 2 e col. 
(d'après reg. 12); Medrano, Historia de la provincia de Espuna de la orden 
de predicadores, t« parte, t. II, Madrid, 1727, in-f°, pp. 492-493 (d'après 
reg. 12); Le P. Touron, Histoire des hommes illustres de l'ordre de Saint- 
Dominique, Paris, 17 43, 6 vol. in-4", t. I, pp. 485-486 (d'après Diago); 
Tourtoulon, t. Il, pp. 380-381 ; Kayserliug, Die Disputation des Bonastruc 
mit Frai Pablo in Barcelona, dans Monaisschrifl fur Geschichte und 
Wissenschaft des Judenlhums, de Frankel, Dresden, t. XIV (1865), in-8°, 
pp. 308-313; Graetz, Die Disputation des Bonastruc mil frai Pablo in 
Barcelona, dans Monatsschrift de Frankel, t. XIV, pp. 128-433; Girbal, 
Judios en Girono, pp. 12-13; Amador de los Rios, t. I, pp. 429-432; J. Loeb, 
La controverse de 1263 à Barcelone entre Paulus Christiani cl Moise ben 
Nahman, dans B. E. J., t. XV (1887), pp. 1-18 (étude magistrale à-propos 
de la publication du P. Denifle 2 ); Le même, La controverse religieuse entre 
les chrétiens et les Juifs au moyen âge en France el en Espagne, dans 
Bévue de l'histoire des religions, t. XVIII (1888), pp. 134-136; Graetz, His- 
toire des Juifs, tome IV, traduit de l'allemand par Moïse D'och (920-150(1 , 
Paris, 1893, in-8°, pp. 203-204; Jacobs, n° 246; H.-Ch. Lea, A his/org of 
the Inquisition ofSpain, New-York, 1906-1907, 4 vol. in-8°, t. I, p. 90. 

1. Il existe de cette controverse une relation hébraïque de Moise lien Nahman, qui, 
comme il fallait s'y attendre, est absolument différente de la relation latine : elle a 
été publiée par Wagenseil dans ses Tela ignea Salanae, Altdorfi-Noricarum, 1861. 
2 vol. in-4», t. II, Disputulio B. Xachmunidis cuin fra/re Paulo, et par Steinsclineider 
sous le titre de Nachmanides disputaiio publica, Berlin, 1860. 

2. Is. Loeh l'ait un parallèle très intéressant entre la relation chrétienne et la relation 
rabbinique et démontre que cette dernière est plus digne de foi. 



CATALOGUE DES ACTES DR JAIME T r , PEDRO III ET ALFONSO III 201 

208. — Jaime I er accorde h Bonanast Salamo, sa vie durant, l'autorisa- 
tion d'édifier, à l'intérieur de Tu ne de ses maisons ou dans un antre 
lieu du call judaïque de Barcelone, un oratoire ou synagogue, où il puisse 
placer le livre de la Loi de Moïse, connu sous le nom de « Rotle », ainsi 
que tous les antres livres hébraïques et où tous les Juifs qui voudront 
venir y prier puissent s'assembler licitement; le roi mande à son baile 
et à son viguier de Barcelone de faire protéger le dit oratoire ou syna- 
gogue, ainsi que tous ceux, qui s'y assembleront. — Barcelone, 24 août 1263. 

Reg. 12, f° 104 \"\ — Cor. : Collection Bofarull. — Indiq. : Jacobs, n° 241. 

209. — Jaime P 1 ' mande aux Sarrasins et aux Juifs d'assister aux ser- 
mons des Frères Prêcheurs, sous peine d'amende. — Barcelone, 26 août 1263. 

Reg. 12, f° 107. — Cop. : Collection Bofarull. — Publ. : Le P. Denifle, 
Quel/en zur D'imputation Pablos Christiani. .., dans Historisches Jahrbuch 
der Gôrres-Gesellschafi, t. VIII (1887), pp. 234-235. — Indiq. : ls. Loeb, La 
controverse de l'26.i à Barcelone, dans R. É. J., t. XV (1887), p. 16, n° 2 
(d'après le P. Denifle) ; Jacobs, n° 244. 

210. — Jaime I er reconnaît devoir à Astruch de Tolosa, Juif de Bar- 
celone, en raison du quintal et demi d'argent vif que ce dernier a remis 
à Bn. Porter, chargé par le roi d'une mission à Alexandrie, la somme de 
270 sous barcelonais de tern, qu'il lui assigne sur les leudes et « quintar » 
de Barcelone, droits qui avaient, d'ailleurs, été achetés par Astruch et 
ses associés à Bcnvenist de Porta, baile de Barcelone. — Barcelone, 
27 août 1263. 

Reg. 14, f° 33. — Indiq. : Jacobs, n° 348. 

211. — Jaime I er se déclare débiteur à la Juive Gog de Palafolls de 
1.300 sous barcelonais de tern, que le chevalier Guillelmo de Brull a saisi 
sur son fils Issach, en raison de certaine créance souscrite par le roi 
au profit de Berengario de Gardona ; le roi assigne à ladite Juive les 
1.300 sous sur le tribut que les secrétaires et l'aljama de Barcelone doi- 
vent payer à la Saint- Jean. — Même date. 

Reg. 14, f? 34 v°. 

212. — Jaime I or mande à tous ses officiers de veiller b. ce que tous 
les livres connus sous le titre de Soffrim, dont Fauteur est certain Juif 
appelé Mosse fils de Maymo, Égyptien du Caire, et contenant des blas- 
phèmes à l'adresse de Jésus-Christ, soient brûlés publiquement; le roi 
ordonne aux Juifs qui ont des exemplaires de ces livres de les remettre 
à ses agents. — Barcelone, 28 août 1263. 

Reg. 12. r 106. — Cor. : Collection Bofarull. — Publ. : Le P. Denifle, ut 
supra, p. 235. — Indiq. : Atnador de los EUog, t. I, pp. i:>2-i33 ; ls. Loeb, ut 
supra, p. 16, n° 3 (d'après le F*. Denifle); Jacobs, n" 243. 

(A suivre.) 

Jean Régné, 



LA CHUTE DES ANGES 

SCHEMHAZAI, OUZZA ET AZAËL 



La légende des anges déchus a été souvent étudiée. On doit 
beaucoup d'éclaircissements à ce sujet à Max Grûnbaum, qui a eu 
le mérite de réunir une foule de données. La question a été reprise 
par M. Aptowitzer, qui a consulté surtout les témoignages de la 
littérature juive postérieure, et par M. Oscar Dahnhardt, qui lui a 
consacré un chapitre substantiel de littérature comparée '. 

Nous y revenons, non seulement pour grouper tous ces maté- 
riaux (ce qui n'est point inutile, car M. Aptowitzer n'a pas tenu 
compte de Grûnbaum, ni M. Dahnhardt de M. Aptowitzer), mais 
aussi pour les compléter, lés développer et, autant que possible, 
les expliquer. 



Schcmhazai et Azaël dans le livre d'Hénoch. 

Grtinbaum a déjà remarqué (Z.D.M.G., XXXI, 235) que certains 
traits et allusions aggadiques semblent les fragments du livre 
d'Hénoch ou plutôt d'un livre d'Hénoch. Le livre apocryphe qui 
nous est parvenu sous ce nom est loin de comprendre tous ces 



1. Max Griinbaum, Beitràge zur vergleichenden Mythologie aus der Hat/ado. 
Z. D. M. G , XXXI (1877), p. 224-237 ; Nette Beitràge zur semitischen Sagenkunde, 
Leyde, 1893, p. 73-15, 80, 261, 262. — V. Aptowitzer, Sur la légende de la chute de 
Satan et des Anges, II. É. ./.. L1V (1907), p. 59-63. — 0. Dahnhardt. Natursagen. 
I Sagen zum Allen Testament, Leipzig, 1907, p. 294-297, v. aussi H. E. ./., LIX 
(1910), p. 317. — Consulter encore les noms des Anges dans J. Levy, Rabbinisches 
Wôrterbuch iiber die Targumim, et Moise Schwab, Vocabulaire de l'Ange'lologie, 
Paris. 1897. 



LA CHUTE DES ANGES 203 

détails aggadiques. Tout de même, il offre bien des points de 
comparaison. Les voici : 

Au temps de Yared', les fils du ciel, les anges, sont pris de 
concupiscence. Ils descendent à plus de deux cents, Semiaza 
Schemhazai) à leur tète, Azaël avec eux (ch. iv). Chacun d'eux 
choisit une belle fille des hommes pour femme. Ils leur enseignent 
la magie et engendrent des géants d'une hauteur de 3,000 aunes, 
qui commencent par manger ce que les hommes ont acquis et 
finissent par dévorer les hommes (ch.vn). Ce même événement est 
aussi présenté sous la forme d'une allégorie. Les taureaux montent 
sur les vaches, et de leur union naissent des éléphants, des cha- 
meaux et des ânes ch. lxxxvii. Azaël apprend aux hommes à 
faire des armes, des ornements, des jouets, à se parer, à se farder; 
Semiaza enseigne la magie. Azazel répand les injustices et livre 
les secrets divins (ch. vin et ix). La terre entière est corrompue par 
ses enseignements, tous les péchés lui sont imputables (x, 8). Les 
secrets divulgués, profanés par les anges sont ainsi spécifiés : la 
concupiscence, le meurtre, l'art d'écrire, etc. Kasbeel réclame 
à Mikhaël le « nom secret » pour rendre le serment plus redou- 
table (ch. lxix ; on ne dit pas si Mikhaël a livré ce nom secret à 
Kasbéel et si celui-ci l'a transmis à d'autres). Azbiel entraîne les 
fils des anges à se corrompre par le corps des filles des hommes 
(lxix, 5). 

Le livre dHénoch nous dépeint aussi les châtiments de ces 
crimes. Azazel est jeté par Raphaël, pieds et mains liés, dans un 
fossé du désert et reste là dans les ténèbres jusqu'au jour du 
grand jugement, où il sera jeté dans le feu (x, 4-6). Semiaza et ses 
compagnons voient d'abord que leurs fils s'exterminent les uns les 
autres, puis ils sont liés par Mikhaël et placés sous les montagnes 
(l'analogie avec les Titans domptés s'impose) auprès des astres 
tombés, pour soixante-dix générations 2 , jusqu'au jour du jugement 
dernier, où ils seront jetés pour jamais dans les abîmes de feu 
(x, 11-13). 

Les femmes des anges déchus deviennent des sirènes (xix), c'est- 
à-dire des démons. 



1. Ce détail, fondé sur l'étyraologie "j-p = descendre, revient encore 106, 13 et 
dans le Livre des Jubilés, iv, 15. 

2. D'après xvm, 16 ; xxi, 6, pour dix mille années; le Livre des Jubilés, iv, 6. 
raconte aussi que les anges sont liés et leurs entants exterminés par le glaive. 



204 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Traces aggadiques isolées. 

Nous voilà donc en face d'un système d'idées. Le livre d'Hénoch 
est, en général, aitribué au judaïsme qui précède immédiatement 
le christianisme. Aussi devons-nous nous attendre à ce que 
l'aggada en garde quelques traces. C'est ce qui a lieu. Elles se 
trouvent même dans le Targoum Yeroushalmi, Gen., vi, 4 : "WfflûiD 
wnv 173 ibsa \Tsr> barwi, Schemhazai et Ouziel sont tombés du 
ciel. Une tradition de l'école de Rabbi Ismaël nous présente une 
énigme facile à résoudre au moyen du Midrasch de Schemhazai et 
Azaël : Yôma, 67 b : Sxtsh an* myyn br -isa» Stnt* Azazel, 
c'est-à-dire le bouc émissaire consacré à Aznzel, expie l'œuvre de 
Ouzza et Azaël (qui ont cédé à la séduction charnelle). Schemhazai, 
à son tour, se trouve dans un autre passage talmudique, Nidda, 
61 a : vn "wrraiD *ia Fpna ^a yvr\ "prrD Sihon et Og étaient fils de 
Ahiyya, qui était fils de Schemhazai. Schemhazai a engendré des 
géants; aussi fait-on remonter le gigantesque roi Og jusqu'à lui '. 

Parmi les midraschim ce sont les plus récents qui en savent le plus 
long. Pesikta Rabat ti, 35, § 2 : ynab ttpto Ci* \vrom baun nt* nri 
po ba «b 158 iNun. « Gomment l'homme, avec son cœur de pierre, 
ne pécherait-il pas, si même Azza et Azaël, dont le corps était de 
feu, ont péché quand ils sont descendus sur la terre ? » 

Nous apprenons aussi le supplice de ces deux anges. L'âme de 
Moïse, ne voulant pas se séparer du corps de son maître, s'écrie 
(Dent. Rabba, à la un) : a^aabfl ^ae vit dtiew ^nrana hzsn *"u3a-i 
•pa tonna rr^bnia iy yixri b? sam immaTi r\ter\t* nnaa toeïti Httîn î^t:? 
yplb y-iax « Du lieu de ta résidence céleste sont descendus deux- 
anges, Azza et Azaël, qui ont convoité les filles de la terre, ont 
corrompu leurs mœurs, de sorte que tu les as suspendus entre la 
terre et le firmament. » 

C'est une invention sans précédent ni suite qui fait de Ouzza le 
génie des Egyptiens, opposé à Gabriel, ange protecteur d'Israël 2 . 

Le Se fer Hékhalot, nommé aussi Livre d'Hénoch, — pastiche 
cabbalislique — a fixé deux traits de Ouzza et Azaël. Ge sont eux 
qui dédaignent Hénoch monté au ciel, qui veulent empêcher qu'il y 
soit admis et qui regrettent que l'homme ait été créé. D'autre part, 
ce sont eux de qui la génération d'Enos apprend la magie 3 . Ce 

1. La légende invente plusieurs ruses par lesquelles Og échappe au déluge. V. Grùn- 
baum, Neae Beitràge, p. 80; 0. Dâhnhardt, Natursagen, I, p. 283. 

2. Midrasch Vayyoscha, dans Jcllinek, Bel ha-Midrasch, I, 31), 40. 

3. Bel ha-Midrasch, V, 112, 173. 



LA CHUTE DES ANGES 205 

dernier trait est emprunté au livre apocryphe d'Hénoch, où les 
anges tombés pèchent surtout parce qu'ils entraînent l'homme à 
la magie (ch. vin, ix). Le premier motif, Ouzza et Azaél dénoncia- 
teurs d'Hénoch et, en général, du genre humain, est dérivé du 
Midrasch Schemhazai et Azaél, que nous allons discuter. Aussi, 
trouve-t-on pour Ouzza et Azaél la leçon Schemhazai et Azaël, 
approuvée aussi par Jellinek (V, p. xlii). 

En tout cela nous n'avons que des survivances, des débris d'une 
riche tradition. Une légende véritable et complète nous est gardée 
par le Midrasch Abkhir. 



La légende de Schemhazai et Azaël '. 

Les disciples de il. Joseph lui demandèrent : qu'est-ce qu'.izazel? Il 
leur répondit : « Quand la génération du déluge eut adoré les idoles, Dieu 
s'affligea. Deux anges, Schemhazai et Azaël triomphèrent : ne t'avions - 
nous pas dit: qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui? » (Ps.,viu,5.) 
Dieu dit : « Que deviendrait le monde? — Nous lui suffirions. » « Je suis 
persuadé, répliqua Dieu, que, descendus sur terre, vous succomberiez au 
penchant coupable plus encore que les hommes. » Les anges prient qu'il 
leur soit permis de sanctifier le nom de Dieu sur la terre. Ils ne tardent 
pas a pécher avec les belles filles humaines. Schemhazai s'éprend d'Istahar. 
Celle-ci, avant de se rendre à ses instances, veut d'abord connaître le 
nom miraculeux U3""nS7an SQ qui fait monter l'ange au ciel. Schemhazai 
le lui apprend, et elle monte au ciel sans avoir péché. Pour récom- 
penser sa vertu, Dieu la fixe entre les sept étoiles de la Pléiade, afin 
qu'on s'en souvienne toujours. Alors Schemhazai et Azaël prennent des 
femmes et engendrent deux fils : Hiwa et Hiyya (îO">m Nivn). Azaël 
s'occupe des parures, des ornements avec quoi les femmes excitent la 
concupiscence des humains. Metraton annonce à Schemhazai que le 
déluge va anéantir le monde. Schemhazai est désolé: que feront ses fils, qui 
ont besoin chacun de mille chameaux, de mille chevaux, de mille bœufs 
par jour? Les deux fils ont un songe. L'un voit une pierre étendue 
comme une table sur la terre; celle-ci est pleine de lignes, de traces; 
un ange descend, avec à la main quelque chose comme un couteau, 
efface toutes ces lignes et ne laisse que quatre mots. L'autre voit un 
jardin vaste et magnifique ; des anges coupent les arbres avec des haches 
et n'épargnent qu'un seul tronc à quatre branches. Leur père leur 
explique ce songe : Dieu va anéantir le genre humain et ne sauvera que 
Noé avec ses trois fils. Hiwa et Hiyya sont désespérés; leur père les 
console : leur nom ne périra pas. Toutes les fois qu'on coupera des arbres, 

1. Ce passage du M. Ab/chir se trouve dans le Yalkout^ Gen., § 44, et imprimé à 
part dans Jellinek, Bel ha-Midrascfl, IV, 127. 



206 KEVUK UES ETUDES JUIVES 

qu'on remontera des pierres ou des bateaux, les hommes diront : Hiwa et 
Hiyya. Schemhazai fait pénitence, il se suspend dans l'air, la tête en bas, 
les pieds en haut ; il est encore aujourd'hui suspendu entre terre et ciel. 
Azaél persiste dans le péché. Il continue à séduire les hommes par les 
parures des femmes. C'est pourquoi les Israélites offrent, le jour de l'ex- 
piation, un bélier (!) à l'Éternel et un bélier (!) à Azazel, afin que celui-ci 
soit chargé des péchés d'Israël. C'est l'Azazel de la Tora (Lévitique, xvi). 

Voilà une tradition bien confuse, pour le style et pour le fond. 
Est-ce une traduction maladroite? Mainte expression gauche le 
ferait supposer 1 . Les deux enfants aussi sont d'abord attribués 
aux deux anges, puis à Schemhazai seul. Dans la vision bizarre, 
les quatre mots qui ne sont pas effacés marquent les noms de Noé 
et de ses fils; de même, l'arbre signifie Noé, les trois branches ses 
trois fils. 

Azaël, qui ne cesse de séduire les hommes par les parures des 
femmes, l'appelle le vu chapitre du livre d'Hénoeh, où c'est juste- 
ment lui qui apprend les femmes à se farder et à se parer. 

Quant aux noms des fils de Schemhazai, on les a déjà rap- 
prochés du passage de Nidda^ 01 a, vn *aTn»« "ia mna "^a avn "pmo 
où le fils de Schemhazai est Ahiyya et semble êlre sauvé du déluge, 
tandis que le livre d'Hénoeh \ i et le livre des Jubilés (iv) font périr 
les descendants des anges. 

Schemhazai se suspend spontanément entre ciel et terre; à la 
fin de Deut. Rabba, Ouzza et Azaél sont condamnés a un pareil 
supplice. 

Ni le livre dHénoch, ni l'aggada ne suffisent à expliquer celte 
tradition singulière; elle devient plus claire d'après un mythe 
persan-arabe. 

Haront et Maroat. 

Pour éclaircir notre midrasch,Max Griinbaum (Z.I).M (}., XXXI, 
p. 227 ; Nette Beitràge, p. 262) a déjà allégué la légende de Harout 
et Marout, d'après les Àoyoi o' xaxà xoiï Mui^so de Joli. Canta- 
cuzène. Aujourd'hui, c'est le commentaire de Tabari sur le Coran 
qui nous renseigne le plus exactement sur notre sujel. 

La tradition sur Harout et Marout, qui précède de beaucoup l'isla- 

1. Notons des tours comme : 13 "ppDnOTS lS^fl « nous aurions suffi an monde», 
m-pn "lî'WO. Gela veut-il dire qu'on coupe des arbres ou qu'on taille <lrs pierres ? 
Et puis bn8, au lieu de -p3>T25, remarqué déjà par JelHnek, Bel ha-Midrasck, IV. 
p. x, n. 1, montre quelque négligence. 



LÀ CHUTE DES ANGES 207 

misme, se rattache au verset suivant du Coran (n, 90) : « Les satans 
ont nié la foi, ils ont appris aux hommes la magie et ce qui fut 
révélé à Babylone aux deux anges Harout et Marout. » 

Parmi les commentateurs célèbres, Beidhavi (éd. Fleischer, I, 
p. 76j et Zamahshâri (Elkasshdf, Le Caire, 1307, I, p. 69, 70) ne 
nous offrent guère de renseignements sur notre thème. Tabari ' , au 
contraire, ne se lasse pas de présenter une série d'esquisses et de 
variantes. Celles-ci diffèrent assez essentiellement les unes des 
autres. 

Considérons la plus simple. Zouharat (nom arabe de l'étoile 
Vénus) était une belle femme persane qui excita la passion des 
anges Harout et Marout. Obsédée par eux, elle leur demande le 
nom divin qui les fait monter au ciel; l'ayant appris, elle le pro- 
nonce, se lève et est placée parmi les étoiles 2 . 

Une rédaction plus développée prétend remonter à Kab-el-Abbar. 
Les anges blâment les actions des hommes. Dieu les gronde: à 
leur place, doués aussi de dix désirs corporels, ils pécheraient 
comme eux. Harout et Marout sont choisis par les anges pour 
prouver leur supériorité. Aux hommes Dieu envoie ses prophètes; 
entre Dieu et les anges il n'y a pas besoin de prophètes. Il suffit de 
leur dire : «N'associez rien à Dieu n'adorez pas d'idoles), gardez la 
chasteté.» Harout et Marout, animés de désirs humains, descendent 
sur la terre pour rendre justice aux hommes. Ils jugent pendant la 
journée, et chaque soir ils remontent au ciel. Une femme avait un 
procès contre son mari; elle s'appelait Zouharat, en nabatéen 3 
Bîdocht io^yo, en persan Nàhîd Anahîla). Harout et Marout sont 
éblouis de sa beauté, ils veulent satisfaire leur passion. Zouharat 
exige d'abord qu'ils lui rendent justice contre son mari. Ils le font, 
mais au rendez-vous qu'elle leur accorde dans un lieu désert, elle 
exige d'abord qu'ils lui apprennent quel nom les fait monter et 
quel descendre. Elle prononce le premier, moule au ciel, Dieu lui 
fait oublier celui qui la ferait descendre, et la fixe entre les étoiles 
(Tabari, 1,344,343). 

Tabari en offre encore un troisième type 5 : Dieu ouvre le ciel 
aux anges pour qu'ils voient ce que les hommes l'ont. Seigneur, 
s'écrient-ils, sont-ce les fils de cet Adam que tu as créé de ta propre 

1. Tabari, Tafsh\ Le Caire, I, 34:5-346. 

2. Ibidem, p. 344. 

3. Tlia'labi. 'Arais almadjâlis, Le Caire, 1312, p. 33, dit « en copte » ; Lidzbarski, 
De propheticis, quse dicuntur, leyendis arabicis, Leipzig, 1893, p. 15, l'a déjà cor- 
rigé ; *î>k~^ et £^k.-cJ> se confondent aisément. 

4. En plusieurs variantes que nous résumons en une seule (p. 343, 344 et 335, 336), 



208 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

main, devant qui tu as fait prosterner les anges, à qui tu as appris 
les noms de toutes choses? Harout et Marout descendent sur la 
terre. Dieu leur interdit d'adorer les idoles, de tuer, de manger ce 
qui n'est pas permis, de voler, de se souiller par la fornication, de 
boire du vin. Ainsi, ils vivaient au temps d'ïdrîs, rendant justice 
aux hommes. En même temps vivait une femme qui par sa beauté 
se distinguait des autres femmes, comme Vénus des autres étoiles. 
Harout et Marout voudraient la séduire. Mais elle exige qu'adoptant 
sa religion, ils adorent son idole. Ils résistent. Alors elle leur 
accorde de choisir, ou qu'ils adorent son idole, ou qu'ils soient 
homicides, ou qu'ils boivent du vin. Ils consentent à boire du vin. 
Ivres, ils couchent avec elle. Quelqu'un passe par là, ils le tuent, de 
peur que leur crime n'ait un témoin. Réveillés de leur ivresse, ils 
veulent monter au ciel, mais ils en sont incapables. Dieu leur per- 
met à leur choix de subir leur supplice dans ce monde ou dans 
l'autre. Ici, la peine est passagère, au delà, elle est éternelle. Ils la 
subissent ici. 

Le commentaire de Hasan i. Muhammed i. Hussein Alqoummi de 
Nisabûr, imprimé sur la marge deTahari (p. 436), offre des variantes 
plus succinctes. Les anges admirent la patience de Dieu pour les 
hommes. Harout et Marout, les premiers en science et en force 
morale, descendent. Dieu leur interdit l'idolâtrie, le meurtre, la 
fornication, le vin. En même temps, Dieu fait descendre l'étoile de 
Vénus et l'ange qui est chargé de diriger cette étoile: Zouharat, qui 
est une femme éhlouissante, l'ange pour Servir didole. Harout et 
Marout veulent être aimés de Zouharat. Celle-ci les engage à boire 
du vin. Ils commencent par résister, mais finissent par céder. Elles 
persuade les anges ivres de se prosterner devant l'idole. Un men- 
diant passe ; de peur qu'il ne les trahisse, ils le tuent. Pendant ces 
faits Zouharat et son ange remontent au ciel. 

D'après une autre version, Zouharat est une femme débauchée. 
Harout et Marout ont des rapports avec elle, après avoir bu du vin, 
tué un homme, adoré une idole, et après avoir appris à Zouharat le 
nom redoutable. Zouharat le prononce, monte au ciel et devient 
l'étoile Vénus. Harout et Marout préfèrent le supplice en ce monde, 
ils sont liés dans un puits jusqu'au jour de la résurrection. 

Relevons d'abord les traits qui rappellent les Apocryphes. Haroul 
et Marout rendent justice sur la terre, jugent les procès. De môme, 
dans le Lirrc des Jubilés (IV, 15), les anges de Dieu, les gardiens, 
qui finissent par pécher avec les filles des hommes, descendent 
pour enseigner la justice et le droit. Le rapport avec le livre 
d'Hénoch est beaucoup plus étroit, puisque la tradition arabe, en 



LA CHUTE DES ANGES 209 

général, met ces événements au temps d'Idris (= Hénoch) ; c'est Idris 
(d'ailleurs aussi Salomon) qui fait consentir Dieu à ce que les anges 
tombés subissent leur supplice dans ce monde, de même que 
Hénoch adresse à Dieu une supplique écrite en faveur des anges 
(xxi). Puis, le supplice. Nous venons de voir Harout et Marout liés 
dans un puits jusqu'à la résurrection. De même, d'après le livre 
d'Hénoch, Schemhazai et Azaël sont liés et, au jour du jugement 
dernier, ils seront jetés dans le feu. 

C'est le commentaire le plus récent qui place les anges déchus 
dans un puits ; la tradition courante, notée par Tabari et par 
Tha'labi, les présente suspendus la tète en bas. C'est le même sup- 
plice que Dent. R. fait subir à Schemhazai et Azaël, et le Midrash 
Abkhir à Schemhazai seul. 

La parenté entre la légende de Schemhazai et Azaël du M.Aôkhir, 
d'une part, et du mythe de Zouharat, d'autre part, saule aux yeux. 
Dans le type original de ce mythe, Zouharat, sans succomber, 
apprend le nom mystérieux, s'élève aux cieux, et, récompensée 
de sa vertu, est placée parmi les étoiles. Substituant Istahar à 
Zouharat, Schemhazai et Azaël à Harout et Marout, nous obtenons 
le fond de la légende du M. Abkhir. 

Ce midrasch et la tradition arabe trahissent la patrie de ce mythe. 
C'est la Perse. Istahar est le nom persan de Vénus {Z.D.M.G., 
XXXI, 229), de même que Bîdouht ou Anahîta. La légende ne 
manque pas de relever que Zouharat était une femme persane. 
L'origine persane de Harout et Marout eux-mêmes est depuis 
longtemps reconnue. 

La légende arabe, même la tradition populaire, a établi un rapport 
entre Harout et Marout, d'une part, et Tangélologie juive, de l'autre. 
Une tradition algérienne de nos jours 1 raconte que Azza et Azama, 
descendus sur la terre, prennent le nom d'Harout et Marout. 
Mais c'est Tha'labi qui nous renseigne le mieux sur ces relations 2 , 
Il nous a gardé maint détail remarquable. Une variante rapporte 
que ce n'étaient pas deux anges qui étaient descendus sur la terre, 
mais trois : Azza, Azabiya et Azriyatl. De même que Azazel, 
après s'être révolté contre Dieu, est devenu Iblis, de même Azza 
prit le nom de Harout et Azabiya celui de Marout. Azza n'est autre 
que «ro ou NT? de l'aggada. Azabiya (ïTOW), « cum i quitte Dieu », 
est, sans doute, à identifier avec Azabeél (bfirat*), qui dans la grande 
liste des anges tombés Hénoch, lxix, 5), figure à la deuxième 

. 1. A. Certeux et Henri Carnoy, L'Algérie Iraditionnelle, Paris, Alger, 1884. Harout 
et Marout, p. 23-28. 

2. Tha k labi, 'Ardis almadjâli*, Le Caire, 1312, p. 30-32. 

T. LX, no 120. 14 



210 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

place comme celui qui excita les fils des anges à profaner leurs 
corps avec les filles des hommes. Tha'labi raconte encore que le 
troisième ange Azriyail tint bon : dès qu'il sentit les dangers de la 
concupiscence, il retourna auprès de Dieu, devant qui il resta 
quarante années prosterné sans lever la tête 1 . Aussi, comprenons- 
nous que Azriyail obtient un rang d'honneur. Chez le poète judéo- 
persan Schahin, il est, le premier, envoyé pour ravir l'âme de 
Moïse et chargé, avec Gabriel, Mikhaèl et Izrafil, d'enterrer Moïse 2 , 
Ce qui importe surtout, c'est que Tha'labi a déjà identifié Azza avec 
Harout ; autrement dit, dès son temps on a entrevu que la légende 
de Ouzza, Azaël (Schemhazai) a été calquée sur celle de Harout et 
Marout. 

Développement postérieur de la légende. 

La légende de Harout et Marout, devenue tradition populaire, a 
continué à vivre. Elle a persisté chez les Morisques en Espagne 3 , 
et elle a été signalée de nos jours encore en Algérie'*. En Perse, 
sa patrie d'origine, le chevalier Chardin 5 l'a trouvée assez défor- 
mée, à moins que ce ne soit lui qui ait donné à la légende quelque 
fantaisie. Après la débauche, les anges retournent au ciel y 
menant cette femme avec eux. Gabriel lui fait un accueil désobli- 
geant : apprenant que c'est Harout et Marout qui l'avaient amenée, 
Dieu les précipita en terre, dans un puits profond, proche Baby- 
ione, où ils sont pendus par les pieds, s'occupant à enseigner aux 
Juifs la magie, etc.. 

D'autre paît, chez les Juifs de Perse vivait le souvenir de Azazel. 
C'est ainsi que le poète Schahin (xiv e siècle) nomme le chef des 
anges rebelles. Quand il s'opposa à l'ordre de Dieu et ne se pros- 
terna pas, lui formé de feu, devant Adam, formé de terre, il fut 
nommé Satan maudit . 

La légende de Schemhazai et Azaël s'est aussi développée dans 
la littéràLure juive. Ce développement se remarque, trait caracté- 

1. On en peut rapprocher ce que le Midraseh Abkhir dit de Schemhazai : 1TH 

naHtpna "«ibri niïi *p-n:n naiiuna. 

2. Bâcher, Zwei jûdisch-persische Dichter, Schahin und Imrâni,l, p. 102-103. 
"3. Grûnbaum, Neue Beifrtige, p. 261. 

4. Certeux et Carnoy, L'Algérie traditionnelle, 1884, p. 23-28. 

5. Voyages de M. le chevalier Chardin en Verse et autres lieux de l'Orient, 
Amsterdam, 1711, t. Vil, p. 44, 45. 

G. Bâcher, Zwei j udisch-persische Dichter Schaliin und linrdni, I, Budapest, 
1907, p. 105 et ion, n. 1. Le nom de Azazel pour Iblis se trouve d'ailleurs dans la lit-, 
térature arabe aussi, v. Griinbaum, Neue Beitràge, p. 261. 



LA CHUTE DES ANGES 211 

ristique pour la composition de ce midrasch aussi, déjà dans le 
Midrasch Abkhir , dans un fragment conservé Yalkout, Gen., § 161. 
Rabbi Mathiah b. Harash est tenté par le Satan : ns- 1 mzjfiO nb nni3 
rnian ^DNbïï m vara )y bain mn« nïïja nw» ûbv» nmwiD nn^n abta 
Dixn maa hn D-nbart -«an ik-pi 'au:. Satan lui apparaît comme une 
belle femme à qui aucune autre n'est à comparer depuis le temps 
de Naamah, sœur de Toubal Gain, qui a fait pécher les anges du 
service divin (d'après Gen., iv, 4). 

Naamali, comme type de la femme séductrice, est connue déjà du 
Midrasch Gen. R., 24, tzpaaia rmajb Epna niïyatt rtn^ï-nD rm?a. 
« Naamah, la charmante, qui entraînait par le prestige de son 
tambourin à adorer des idoles. » Dans la légende judéo-arabe c'est 
elle qui, la première, se vêtait de soie, dansait en frappant des 
mains, se faisait des tissus de cheveux, se fardait le visage et les 
mains (Grunbaum, Neue Beitràge, p. 74). 

Raschi (Yoma, 67 b. s. v. SaTsn nîj) rapporte aussi la légende 
de Ouzza et Azaël à Naamah. 

La tradition sur les anges tombés s'est surtout conservée dans 
les cercles mystiques et cabbalistiques 1 . 



conclusion . 

La légende de la chute des anges, développée plus tard par 
l'Église et par la tradition musulmane, n'est pas étrangère au 
judaïsme qui précède le christianisme. Ges idées, réunies dans le 
livre d'Hénoch, donc dans un milieu hellénisant, s'infiltrèrent dans 
le judaïsme talmudique. 

Que ces conceptions soient développées de mythes persans et 
babyloniens, — c'est à supposer, mais ce n'est pas encore 
démontré. Cependant, c'est évident pour la tradition centrale de ce 
type, pour le midrasch sur Schemhazai et Azaël. Celle-ci est née 
d'un mythe astral persan, qui devait expliquer la naissance de 
l'étoile de Vénus, invention analogue aux mythes sur la Pléiade 2 , le 
Ganopus, l'Orion,etc. - Vénus (Bîdoht, Anahîta, Istahar, Zouhara, 
Naamah , doit son rang à sa chasteté : elle a résisté à la concupis- 
cence des anges dégénérés. Plus tard, ce mythe devint un conte : 
Vénus, etc., tâche et réussit à entraînera l'idolâtrie, au meurtre, 

1. Griinbaum, dans Z.D.M.G., XXXI, p. 224, 233, 234. M. Aptowitzer dans fi. É. /., 
UV (1907), p. 60, n. 1. 

2. Chwolsohn, Die Ssabier und der Ssabismus, II, p. 171, n. 158 et p. 811. 



212 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

au vin. Ce n'est pas ici le lieu de montrer le sort extraordinaire de 
ce type, comment il a donné naissance à la légende de Barsîsa et des 
Trois Péchés de l'Ermite, qui ont eu un succès retentissant en 
Orient et en Occident. Contentons-nous de noter que c'est jus- 
tement le midrasch sur Schemkazai et Azaël qui est le plus près 
du mythe original et qui sert à reconstruire le mythe persan. 

Admirons la facilité avec laquelle ce mythe païen s'est adapté au 
judaïsme : d'abord, on en profite pour motiver le bouc émissaire 
consacré à Azazel ; puis, Vénus revêt même un nom biblique deve- 
nant Naamah. 

Ces conceptions étrangères se sont introduites dans le judaïsme, 
sans s'y acclimater. Le Livre d'Hénoch nous est conservé par 
l'Église, le Midrasch Abkhir, pour être compris, doit être rappro- 
ché de la légende arabe. Ce ne sont que les cercles mystiques qui 
s'en emparent. Le judaïsme talmudique ne s'en soucie guère, le 
judaïsme philosophique en est scandalisé. C'est une plante exotique 
à fleurs brillantes, mais sans racine dans le sol du judaïsme. 

Budapest, avril 1910. 

Bernard Heller. 



L'ÉPITRE DE BARNABE & LA POLÉMIQUE JUIVE 



Parmi les ouvrages de polémique dirigés contre le judaïsme, 
l'Épître de Barnabe vient au premier rang chronologiquement et en 
raison de l'influence qu'elle a exercée sur la littérature postérieure. 
Les attaques de Barnabe contre le judaïsme ont été reprises sous 
mille formes même dans les controverses du moyen âge. Toute la 
littérature patristique s'en inspire. 

Les thèses fondamentales de l'Épître de Barnabe sont les sui- 
vantes: 1° l'alliance que Dieu avait contractée avec Israël est abolie 
pour les Juifs ; 2° les lois et coutumes des Juifs ne sont pas voulues 
et commandées par Dieu; 3° les prophètes ont prédit la mission du 
Christ, sa vie et sa passion, sa mort et sa résurrection, le baplême 
et la croix. 

Quelle a été l'attitude des Juifs devant ces attaques? Il ne saurait 
être question de défense, car ils ne se sentaient nullement accusés ; 
mais ils devaient se croire menacés. Il ne pouvait leur être indif- 
férent d'entendre dire dans leurs propres synagogues et écoles, 
dans la société et dans la famille, qu'ils n'étaient pas les vrais Israé- 
lites, et que, victimes d'une illusion, ils étaient les adeptes d'une 
fausse religion ; que leurs sabbats et leurs fêtes, la circoncision et 
les pratiques alimentaires n'étaient que des actes de déraison et de 
sottise. Eux qui supportaient pour l'amour de leur Dieu et de ses 
lois la persécution et le martyre \ auraient laissé passer sans bron- 
cher l'accusation d'impiété ! Nous nous proposons de grouper et 
d'illustrer la polémique des rabbins contre ces attaques ; mais 

1. Voir Gant, r., s. v. rP72b"112în "^TlD "OIIZÎ : Les nations disent à Israël : « Com- 
bien de temps encore vous laisserez-vous tuer, pour votre Dieu? Venez à nous, nous 
ferons de vous des capitaines, etc. » Une idée semblable est développée dans la 
Mechilta, sur Exode, xv, 2; voir Jawitz, Geschichle Israels (en bébreu), VI, 128. Les 
souffrances éprouvées par les Juifs à cause de leur attachement à la Loi sont décrites 
avec vivacité dans la Mechilta sur Ex., xxx, 6; voir aussi Lév. r., ch. xxxn; 
Midrasch des Psaumes, p. 108 Buber. 



214 REVUE DES ETUDES JUIVES 

d'abord nous montrerons brièvement l'attitude prise par l'auteur 
de l'Épître de Barnabe vis-à-vis du judaïsme. 

Ces attaques sont-elles lancées par un judéo-chrétien ou par un 
pagano-chrétien? La question, fort importante pour l'histoire des 
origines du christianisme, n'a pour nous qu'un intérêt secondaire. 
G. Hoennicke { pense qu' « il est difficile de dire avec certitude si 
l'auteur était un judéo-chrétien ou un pagano-chrétien ». M. Giide- 
mann 2 aprouvé sa familiarité avec la traditionjuive et lesémitisme 
de sa langue. La seule objection est son hostilité ouverte envers le 
judaïsme, ce qui s'expliquerait mal, d'après ces savants, s'il était 
d'origine juive. Pas si mal, pourtant. Origène 3 , répondant à la ques- 
tion du Juif de Celse, qui demandait pourquoi les Chrétiens étaient 
infidèles à la loi, énumère les sectes suivantes parmi les Judéo- 
Chrétiens, c'est-à-dire lés Juifs qui reconnaissent Jésus : première- 
ment les Juifs qui croyaient au Christ et qui avaient complètement 
abandonné les anciens préceptes, auxquels ils attribuaient seule- 
ment une signification spirituelle et figurée ; deuxièmement ceux qui 
n'admettaient qu'une signification spirituelle et figurée des lois et 
de l'Écriture, mais n'en observaient pas moins les préceptes comme 
leurs pères ou comme au temps où ils ne croyaient pas encore à 
Jésus; troisièmement ceux qui croyaient à Jésus, le révéraient et 
l'adoraient, mais rejetaient les excès de l'interprétation figurée et 
vivaient conformément à la Loi. Il ne saurait y avoir de doute que 
notre auteur appartenait au premier de ces partis ; sa haine est 
due à son ardent désir de convaincre les deux autres partis, avec 
lesquels il avait en commun la foi au Christ. 

Dieu a rejeté Israël ; l'alliance qu'il a contractée avec lui par l'in- 
termédiaire de Moïse a cessé et, renouvelée par Jésus, elle a été 
transmise aux partisans de celui-ci : cette assertion forme le centre 
de gravité de l'Épître de Barnabe. Les Pères de l'Église se plaisent 
à citer tous les discours qui menacent Israël du châtiment pour 
finir par démontrer que les Juifs ont perdu l'alliance (Épitre de 
Barnabe, ch. iv-v) ou, comme le dit l'auteur dans le môme passage: 
« Prenez garde et ne ressemblez pas à certaines gens en accumulant 
péchés sur péchés et en disant: l'alliance est sûrement pour nous! 
Mais c'est ainsi que ceux-là (les Juifs) font perdue pour toujours. » 
Il va encore plus loin: Dieu a bien octroyé l'alliance; mais les Juifs 
n'étaient pas dignes de la recevoir (ch. x). 

1. Das Judenchristenlum im erslen und zwei/en Jahrhundert, Berlin, 1908, 
p. 284 et s. 

2. Eeliqionsqeschichtliche Sluclien, Leipzig, 1876, p. 102 et s. 

3. Contre Celse, II, 3. 



L'ÉPITRE DE BARNABE ET LA POLÉMIQUE JUIVE 215 

Contre cette affirmation paraissent s'élever R. Yosé b. Simon et 
R. Pinlias ha-Cohen ben Hama' : Je suis; apparu jadis comme 
Dieu tout-puissant à Abraham, à Isaac et à Jacob (Exode, vi, 4), 
à rapprocher de ce verset : Écoute, mon peuple, laisse-moi parler; 
Israël, laisse-moi témoigner contre toi (Psaumes, l, 7). R. Yosé b. 
Simon dit : « Avant que vous vous soyez tenus au pied du Sinaï 
et ayez reçu maTora. vous avez déjà été appelés « Israélites », de 
même que les nations sont appelées Sabachta ou Raama ; mais 
depuis que vous êtes venus au Sinaï et avez reçu la Tora, vous 
êtes appelés « mon peuple », comme il est dit: « écoute, mon peuple, 
laisse-moi parler ». Autre explication : R. Pinhas ha-Cohen ben 
Hama dit : « Ecoute, mon peuple, pour que j'aie une réponse à 
donner aux nations ; Israël, laisse-moi témoigner contre toi. » Ce 
Midrasch présente toutes les difficultés de ce genre d'interprétations. 
Que signifie ici le rapprochement des deux versets? Quel est le 
sens de la seconde explication? Quel est le rapport interne des 
deux explications avec le passage des Psaumes? Pour avoir le mot 
de l'énigme, il faut reconnaître la tendance du Midrasch. C'est la 
dernière phrase qui doit nous servir de point d'appui : -w ruEia 
^p ïttjw ba-na" 1 Db-tfn nraïab rrurrb [no] "pnns ^b wro, « Écoute mon 
peuple, afin que je puisse donner une réponse aux nations; Israël, 
laisse-moi témoigner contre toi. » Il est évident qu'il s'agit d'une 
polémique contre le judaïsme et que le sens est : afin que je puisse 
répondre à ceux qui me crient sans cesse : Israël, je veux témoi- 
gner contre toi. Mais où est la réponse? Précisément dans le verset 
d'Exode, vi, 3, qui dit que Dieu est déjà apparu aux Patriarches et 
a contracté une alliance avec eux. C'est en vain, pense Taggadiste, 
que vous vous efforcez de démontrer que l'alliance de Moïse est 
rompue, n'avons-nous pas l'alliance de nos premiers aïeux ? Voilà 
ce que signifie le rapprochement des deux versets. 

Une polémique évidente entre Juifs et Chrétiens nous paraît 
contenue dans un passage du Sifrê' 2 . « Un jour la communauté 
d'Israël dira : Maître de l'univers, nos témoins existent encore 
(et peuvent déposer en rua faveur), comme il est dit: Je prends 
aujourd'hui le ciel et la terre à témoins, (l)eut., \\\, 19). A quoi il 
lui répond : Certes, je crée un nouveau ciel ci une terre nouvelle 
(Isaïe, lxv, 17). — Maître de l'univers, je considère avec contrition 
les lieux où j'ai péché et j'ai honte, comme il est dit : Regarde ta 
conduite dans la vallée, reconnais ce que tu as fait (Jér., n, 20). 



1. Midrasch Tanhouma, éd. Buber, II, 10. 

2. Édition Friedmann, 130 6. 



21 ô REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Mais lui : Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et 
toute colline soient abaissées (Is., xl, 4). — Maître de l'univers, 
mon nom existe encore. Mais lui : Je le changerai, comme il est 
dit : On Rappellera d'un autre nom (Is., lxii. 2). — Maître de 
l'univers, ton nom est rappelé avec celui des idoles. Mais lui : 
Je ferai disparaître les noms des baals de leur bouche (Osée, n, 
19). — Maître de l'univers, les gens de la maison 1 le mentionnent 
tout de même. — Mais lui : et ils ne seront plus mentionnés avec le 
nom (Osée, ib.). — Une autre fois elle dit : Maître de l'univers, 
n'as- tu pas écrit : Si un homme répudie sa femme et qu'elle le 
quitte pour en épouser un autre (Jérémie, m, 1)? Et il répond : 
J'ai écrit « si un homme » [Wn») % mais de moi il est dit : Je suis 
Dieu et non un homme (Osée, xi, 9). Etes-vous séparés de moi, 
Israélites? N'est-il pas écrit : Où est le libelle de répudiationde votre 
mère, par lequel je V aurai renvoyée? Où est le créancier auquel 
je vous ai vendus? » Cette agada, qui se compose de deux parties, 
représente une polémique entre un Juif et un chrétien. Le Juif 
prend à témoin le ciel et la terre, qui attestent que les Juifs sont 
les véritables Israélites, le peuple de l'alliance. Le chrétien répond 
que ces témoins ne sont pas dignes de foi, car Dieu a créé un nou- 
veau ciel et une nouvelle terre. D'autre part, le Juif croit que les 
Israélites se sont déjà repentis des péchés commis, car le chrétien 
doit avoir répliqué en citant les discours de malheur où les pro- 
phètes exposent pourquoi les Israélites ont cessé d'être le peuple 
de l'alliance. Sur quoi le chrétien applique à Jésus les versets 
d'Isaïe, xl, 4 et s. Le Juif ne peut répondre que par cet argument : 
« Mon nom subsiste toujours » : nous continuons à nous appeler 
Israélites. Le chrétien démontre alors, en s'appuyant sur Is., lxii, 
2, que Dieu a changé le nom d'Israël et il proclame la mission du 
christianisme parmi les païens, à quoi le Juif réplique que le culte 
des idoles n'a pas encore disparu. Le chrétien annonce l'immi- 
nence de cette époque d'après Osée, n, 19. Le chrétien sort ainsi 
victorieux et fier du débat. Dans la seconde partie — qui se recon- 
naît à cette singulière formule d'introduction : 'tdi ïityij nrrab yw 
la communauté, saisie de scrupules à cause de Jér., m, 1, semble 
demander une réponse plus claire et plus précise; et, en effet, 
tous ses doutes sont dissipés par celle qu'elle reçoit. La profonde 
impression produite sur les judéo-chrétiens ou les chrétiens par 
les discours prophétiques est bien exprimée par l'aggadiste qui fait 



1. Goldfahn, apud Benjamin b. Moïse, Q^IttlDn mmttîn, P- 45, corrige 13a 
TP3 et TIlNt ce qui est sûrement faux. 



L'ÉPITRE DE BARNABE ET LA POLÉMIQUE JUIVE 217 

dire à Osée — dont les discours ont fourni en majeure partie aux 
Pères de l'Église l'occasion d'attaquer les Juifs — : « nations ! 
parce que je leur ai dit qu'ils ne sont plus mon peuple, vous vous 
imaginez que Dieu s'irrite? Considérez donc ce qui est écrit dans la 
suite, etc. *. » 

La destruction du Temple, l'exil du peuple, la catastrophe qui a 
ébranlé la nation dans ses fondements — c'est pour les chrétiens 
la preuve irréfutable de la rupture de l'alliance de Dieu avec Israël. 
L'auteur de FÉpître de Barnabe y revient souvent : « Si vous 
reconnaissez, si vous voyez qu'après tant de signes et de prodiges 
qui se sont produits en Israël, ils sont néanmoins abandonnés... » 
vCh. xi). <( Il fut révélé comment la ville et le temple seraient livrés, 
avec le peuple Israélite, à la destruction » (ibid.). Contre cette 
assertion est dirigé un passage polémique anonyme, ou attribué à 
R. Abbahou 2 : « Les nations disent : s'il en est ainsi (c'est-à-dire 
si vous êtes le peuple élu de Dieu), pourquoi vous a-t-il chassés de 
son pays, pourquoi a-t-il détruit son sanctuaire ? Mais Israël répond : 
Nous sommes semblables à la tille d'un roi qui, persécutée, fuit 
le palais paternel et retourne plus tard en grâce. » R. Hoschaya 
est mû aussi par une intention apologétique quand il déclare : 
« C'est un bienfait que Dieu a témoigné aux Israélites en les dissé- 
minant parmi les nations 3 . » 

Il nous faut montrer maintenant que, par nations (ûbisn mttia), 
on n'entend pas les païens en général, mais aussi les chrétiens. 
Même les auteurs grecs et romains contestaient fortement que les 
Juifs fussent le peuple élu 4 . Or, il résulte avec évidence des pas- 
sages où les Juifs défendent leur prérogative qu'ils niaient avec 
non moins d'énergie que les chrétiens fussent les vrais Israélites. 
« Quelques nations disent : Nous sommes les vrais Israélites et 
c'est pour nous que le monde a été créé, tandis que d'autres 
disent : C'est nous qui sommes les vrais Israélites et le monde a 
été créé pour nous. Alors Israël leur dit: Attendez seulement l'avè- 
nement du jour du Seigneur, nous verrons alors pour qui Dieu a 
créé le monde 5 . » De ce texte, nous pouvons d'abord déduire que 
les nations qui prétendent être les vrais Israélites ne sont pas des 
païens, car les Grecs et les Romains regardaient tout ce qui touche 
au judaïsme comme une honte et un opprobre. D'autre part, ce 

1. Nombres r., ch. n. 

2. Cant. r., s. v. rittin "ON UN- 

3. Pesahim, 87 6. 

4. Voir Origène, Contre Celse, I, 4 et s. 

5. Cant. r., s. v. -non ptf ^-nu;. 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

passage éclaire les luttes des chrétiens nomistes et antinomistes, 
chaque parti élevant la prétention d'être en possession de la véri- 
tahle alliance, perdue par les Juifs. Les Juifs répondent : Attendez 
le jour du Seigneur, nous saurons quels sont les vrais Israélites. 

L'Écriture était une arme puissante entre les mains des chrétiens 
qui l'interprétaient par la méthode apprise des Juifs. Ils mettaient 
dans le texte tout ce qu'ils désiraient. Cette exégèse n'était pas 
nouvelle : ils imitaient à la fois l'allégorisme des Juifs hellénistes 
et l'agada des Palestiniens. Mais ils n'hésitaient pas non plus à 
reproduire et à citer les textes inexactement ou incorrectement 
pour prouver qu'ils étaient, eux, les Israélites, le peuple allié de 
Dieu. Deux passages nous montrent comment les Juifs répliquaient 
à ces sortes de jeux. « Dieu, ayant vu que les nations traduiraient 
un jour l'Écriture Sainte et la liraient en grec pour dire ensuite : 
C'est nous qui sommes Israël! Jusqu'à présent la chose est en 
suspens, — dit aux nations : Vous dites que vous êtes mes (vrais) 
enfants, je ne reconnais comme mes élus que ceux qui possèdent 
mes mystères 1 . » L'accusation de falsifier l'Écriture est énergi- 
quement formulée contre les chrétiens dans un autre texte : 
« Dieu a donné à Israël deux ïoras ; la Tora écrite et la Tora orale... 
Il leur a donné la seconde afin qu'ils soient distincts des peuples 
et c'est pourquoi il ne la leur a pas donnée par écrit, afin qu'ils (les 
chrétiens) ne pussent pas dire, comme pour la Tora écrite : Nous 
sommes Israël 2 . » 

Un midrasch anonyme 3 trahit une certaine irritation et le peu de 
goût qu'on éprouvait pour les discussions sans but : « Où est allé 
ton bien-aimé, 6 la plus belle des femmes (Cantique, vi, I)? Où 
est allé ton bien-aimé de l'Egypte à la mer, au Sinaï, où s'est-il 
dirigé maintenant loin de vous? La communauté d'Israël répond : 
Pourquoi posez-vous cette question, puisque vous n'avez aucune 
part à lui? Puisque j'ai conclu une alliance, je puis me séparer 
de lui ou lui se détacher de moi. Ceux qui appartiennent l'un à 
l'autre se retrouveront bien. » L'ennemi du Juif lui dit pour le 
tourmenter : Vous avez perdu l'alliance et Dieu s'est éloigné de 
vous. Le fond de la réponse est : Vous n'avez aucune part a lui, 
c'est-à-dire l'alliance ne vous a pas été transférée et si nous l'avons 
perdue, nous le retrouverons. Bref, on ne fera pas admettre aux 
Juifs qu'ils ont perdu l'alliance de Dieu. 

La seconde doctrine fondamentale de l'Épître de Barnabe est 

1. Tanhoimia, Ki Tissa, 2. 

2. Nombres ?•., xiv. 

3. Cant. ?'., ^Jl-n *]brt ÏTDN. 



l'épitre de bàrnabé et la polémique juive 219 

que le Temple et les sacrifices, les sabbats et les fêtes, les pratiques 
alimentaires, les jeûnes et la circoncision, que toutes ces lois juives 
sont abolies, qu'elles ne sont pas voulues et prescrites par Dieu, 
mais qu'elles doivent être entendues allégoriquement ou préfi- 
gurent depuis l'origine le Christ, sa vie et sa passion. D'une 
manière générale, notre auteur veut surtout que la Loi ait été 
abolie. « Voyez, s'écrie-t-il une fois avec enthousiasme, comme la 
législation de Moïse est belle » (ehap. x, i. /'.). Mais il ne recon- 
naît la beauté de la Loi que dans l'interprétation allégorique, qu'il 
considère comme « conforme ». Moïse a donné toutes ses lois 
« dans le sens spirituel » ; on ne doit pas les prendre au pied de la 
lettre. Ce point de vue est bien illustré par la conception que se 
font les Pères de l'Église du rapport entre Moïse et Jésus. Moïse 
dépasse sans doute tous les poètes et tous les philosophes de Gelse, 
mais « il est bien au-dessous du Seigneur 1 ». 

Pour prouver que les sacrifices et les sabbats des Juifs ne sont 
pas voulus par Dieu, on invoquait Isaïe, i, II et s. « R Akiba, 
questionné un jour par un chrétien sur ces versets, répondit : S'il 
était écrit : Mes néoménies et mes fêtes, je te donnerais raison; 
mais tel quel, le verset parle des néoménies et des fêtes instituées 
par Jéroboam 2 . » On expliquait de même le verset des Lamen- 
tations, il, 6 : « Dieu a fait oublier à Sion fêtes et sabbats. Est-il 
possible que Dieu oublie les sabbats et les fêtes d'Israël? Non, il 
s'agit des fêtes et des sabbats imaginés par Jéroboam 3 . » Cette 
explication estattribuée aussi à R. Abbahou, qui avait de fréquentes 
relations avec les chrétiens à Césarée : preuve indirecte que 
l'argument répond à la polémique chrétienne. 

Une autre preuve donnée par l'Épître de Rarnabé est que Dieu 
n'a pas besoin de sacrifices et de présents (chap. m). Les rabbins 
n'enseignaient pas autre chose : « Les lois n'ont été données que 
pour purifier les Israélites (ou des hommes, d'après d'autres 
leçons), car il est indifférent à Dieu que tu tues l'animal au cou ou 
au dos '♦. » 11 en est de même de tous les rites. Après la destruc- 
tion du Temple, les rabbins eux-mêmes ont placé les prières au- 
dessus des sacrifices. « J'aime mieux un jour pendant lequel tu 
t'occupes de la Tora que mille béliers que m'offrira ton (ils Salo- 
mon », dit Dieu à David' 1 . « La maison d'Éli ne sera jamais par- 

1. Origène, Contre Celse, I, 18. 

2. Tanhouma, éd. Buber, p. 156. 

3. Midrasch Echu, éd. Buber, p. 113. 

4 Gen. r., xliv Lév. r., xm ; Pesikta r., xliii. 
5. Sabbat, 30 a, 



220 REVUE DES ETUDES JUIVES 

donnée par les sacrifices et les offrandes, mais par la prière '. » 
Dieu dit à Balaam : « Méchant, je ne veux pas de tes sacrifices, je 
n'aime que la prière 2 . » — La véritable circoncision, dit Barnabe, 
n'est pas celle que pratiquent les Juifs, mais celle du cœur et des 
oreilles (chap. vi). Contre cette affirmation est sans doute dirigée 
une interprétation, autrement inexplicable, de Rabbi Akiba : « Il 
y a plusieurs sortes de circoncision, celle des oreilles, celle de la 
bouche, celle des lèvres et celle du cœur, et c'est à propos de celle 
du corps qu'il est dit : Chemine devant moi et sois parfait 3 . Si 
l'on a en vue la circoncision des oreilles, de la bouche, des lèvres 
ou du cœur, on ne devient par là qu'imparfait; il ne peut donc être 
question ici que de la circoncision du corps. » 

A. Marmorstein. 



1. j. R. //., ii, 6; j. Sanh., i, 2. 

2. Midrasch des Psaumes, ('A. Buber, p. 125; Lév. 

.'{. Gen. /•., xlvi. 



LES POESIES INEDITES 

D'ISRAËL NADJARA 

(SUITE ET FIN 1 ) 



D 

Les recueils poétiques imprimés a Calcutta (1842) 
et a Jérusalem (1875). 

En 1842 parut à Calcutta un d^toîs 'o, dont la deuxième édition, 
augmentée (1856), a fait l'objet d'un compte rendu d'Abraham 
Geiger dans sa Jùdische Zeitschrift, IX (1871), p. 275-282. La 
seconde édition ne se distingue de la première que par l'adjonction 
d'un chapitre spécial contenant des poèmes d'auteurs yéménites. 
Je ne dispose que de la première édition, et c'est d'après elle que je 
vais décrire la partie principale de ce recueil, celle qui groupe les 
n 08 56 à 215 (la collection tout entière compte 238 numéros) d'après 
les modes, comme le Scheérit Israël de Nadjara. 

Des six modes du recueil de Calcutta, les trois premiers et le 
dernier sont identiques aux n os IV, I, VI et X de Nadjara; le 
quatrième et le cinquième sont nouveaux et portent les noms 
de nara et ramn' 2 . Les titres, déjà examinés brièvement par Geiger, 
p. 279, sont les mêmes que ceux du S. 1. : ^«om n^inn bipb nrpr©, 
etc. Des petits poèmes introductifs auxquels se rapportent les titres, 
ceux de VI et de X sont les mêmes que dans le S.I. ; le n°IVen a un 
autre, mais qui, comme chez Nadjara, fait allusion au nom du mode 
(■»aoin). Les trois autres introductions des modes du recueil sont des 
poèmes semblables aux autres, sauf que l'avant-dernier mode a 
pour introduction une petite poésie d'Israël Nadjara (=P. 29). Des 

1. Voyez Revue des Études juives, t. LV1II, p. 241 ; t. LIX, p. 96 et 231. 

2. Sur ces noms, voir plus loin l'Appendice E, 



222 REVUE DES ETUDES JUIVES 

poésies de celui-ci se trouvent dans tous les modes du recueil de 
Calcutta, qu'elles figurent dans Z. L, S. I. ou P., ou qu'elles ne 
figurent dans aucune de ces collections. 

Le premier groupe (56-143) contient les poésies suivantes de 
Nadjara qui se retrouvent dans ses œuvres : 60 (P. 35), 61 (P. 61), 
62 (Z. /. 49), 64 (IV, 17), 88 (Z. 7. 71), 89 (Z. /. 72), 97 (Z. 7. 215), 
98 (Z. 7. 195), 99 (Z.L 38), 100 (Z. /. 56), 101 (Z. 7. 64), 103 (Z. /. 
186), 104 (Z. 7. 88), 105 (Z. 7. 206), 106 (Z. 7. 129), 107 (Z. /. 54), 
108 (Z. 7. 55), 111 (Z.L 184), 112 (Z. 7. 182), 113 (Z. 7. 59). - 
Deuxième groupe (114-143) : M5 [Z.L 6), 116 (Z. L 197), 117 (VIII, 
4), 118 (IX, 17), 119 (1,37), 120 (III, 15), 121 (I, 40), 122 (111,13), 
123 (IX, 6), 124(111,14), 125 (Z. L 5), 126 (Z. /. 170), 128 (Z.L 26), 
130(Z.7.28), 137 (P. 33). — Troisième groupe (144-185): 144 (VI, 1), 
145 (VIII, 21), 146(XIII,6), 155 (XI, 10), 156 {P. 102), 159 (Z.L 50), 
160 (Z.L 62), 164 (VI, 6), 172 (IV, 4), 184 (VII, 28). - Quatrième 
groupe 186-197) : 187 (Z.7. 124). — Cinquième groupe (198-206) : 
198 (P. 29), 199 P. 11), 202 (VI, 35), 203 (XIV, 18), 204 (XIV, 17). — 
Sixième groupe (207-215) : 207 (X, 1), 208 (X, 30), 210 iX, 33), 21 1 
(P. 34), 212 (IV, 42) 213 (XIV, 13 , 214 (X, 50). 

En outre, les six groupes renferment un grand nombre de poésies 
d'Israël Nadjara qui ne se retrouvent pas dans ces trois collections, 
mais dont l'acrostiche 4 prouve qu'ils lui appartiennent : 

.i»&w *pm tdibi ûn*3 ab -pria m« *trn 56 

.13312373 btt Û1ZJ DD3 rs DD^IDN ba Û3> hniV* 57 

.rrobuî *]ba "»b Dibia nia*" 1 mms» •*» b* p »akn* 50 
.Dttvn nb->b ^b "para nnaïai tiû 109 

.«TUn ^jmj" 1 KT'K "'7373 mî* ^b ^T< 1 1 

éïTTWJ vttod ^i naa ab*3 bt* ami 140 

ibra» isba^u? -nx ibia abu *jt *p 33 1 49 

.•^b ■'Nia nba D^n n* 153 

. wnw ïvqni ^* pu*n lam» b* mm rn tzra nriD*» 200 

.nnna iab in rrttana ba nsv 201 

."pin 1© "jrrn MM t»œ n* ^ab ij-p 209 

En dehors du cadre des six modes, le recueil de Calcutta contient 
encore quelques autres poèmes de Nadjara, à savoir - : Z. 7. 53 (4), 
Z. 7. 142(3), Z./.122i6i, Z. 7.2(9), Z. 7.3(10), Z. 7. 135 (12), Z.L 

1. ba-iur ou (55 et 200) nra na baniïP. 

2. Les ij°« 1-43 sont intitulés nilDpa, les n°" U-53 : UHp rOttb 2"*3173TB. tes 
no- 54-55 : «Hn IBKlb niTBpa. 



LES POÉSIES INÉDITES D'ISRAËL NADJARA 223 

4(13), Z.7. 112 (30,21) 4 , Z. 7.58(23), Z. 7.97(24), Z. /. 57 (25), 

Z.l. 180(26), Z./. 131 (50). 

Autres poésies de Nadjara, qu'on ne retrouve pas dans les autres 
collections : 

sayayn n:ntz> *po» we* nnui ïi^vn 2 

.(en araméen) rpn'Db» ûb? msbtt nba rr 5 

,-ipnn -pb ba ma ^ia wm 7 

.■tf-ararj dv> imp naœ ara ^j-n ■" wan "pmn 48 

. 2 tr73Vi* nia nara na td ûwïi ba?3 watt î-jî ûv 51 

,->bîn:n mx "m» *b to-in rtsnur ta-in 55 

La dernière partie du recueil, intitulée d^apib», contient aussi 
des poèmes de Nadjara, à savoir : P. 25 (226), P. 53 (227), ainsi que 

•psb ">iz»a &tt-ftw wp» -um ir*r 222 

Le poème araméen, non numéroté qui ouvre le recueil, 

■pao Trrttt ri "prTn ba aoab yTDttJTp-WT ■pm* bb^a 

n'a pas d'acrostiche, mais est attribué par le titre (baniD* 'nb) à Israël 
Nadjara. 

Le recueil de Calcutta contient donc en tout près de cent poèmes 
d'Israël Nadjara. L'auteur et imprimeur, Eléazar b. Aron Iraki 
Hacohen 3 , ne s'est. pas borné à choisir, pour le gros des pizmonim 
réunis par lui, le cadre des modes qu'on trouve — en partie — 
chez Nadjara; les poèmes eux-mêmes ont été pris par lui de pré- 
férence dans les œuvres de ce poète. Le rapport des différents 
poèmes avec les modes est entièrement différent, à quelques 
exceptions près, de celui du Scheérit Israël. On a l'impression que 
la répartition en modes est tout à l'ait arbitraire dans les Pizmonim 
de Calcutta. Mais on ne pourra rien conjecturer à ce sujet aussi 
longtemps que nous ne serons pas renseignés sur la nature des 
modes. 

Pour être complet, je donne enfin une liste des autres poètes qui 
ont trouvé place dans le recueil de Calcutta : 

Abraham 5 (8, 44 46, 136, 174, 182, 185, 196, 197, 220, 228). 

1. Z.l. 112 est divisé par erreur eu deux numéros dans le recueil de Calcutta. 

1. C'est un des chants du sabbat qui figurent dans notre Rituel (v. Baer, nTTa^ 
bNTû'V p- 235 ; Zunz, Lly., 511). Les n os 49, 52, 53 du recueil font également partie 
des Zemirol sabbatiques de notre Rituel. 

3. Ses propres compositions sont les n°" 27-41, 43 ; le n° i-2 a pour auteur son frère 
Sehalom. 

f% Dan? quelques numéros Abraham ihn Ezra. 



224 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Abraham ï-fàabo (16). 

Baruch (49). 

Benjamin (246). 

David (95). 

David b. Aaron b. Housseïn (138). 

Ebiatar (216, 217). 

Eliahou Hayyim (229). 

Isaac (68, 157, 195, 218). 

Isaïe (142, 166). 

Jacob (81, 180). 

Jacob b. Yona (163). 

Joseph (96, 132). 

Joseph Saiil (80). 

Josné (94). 

Juda Halévi (54 . 

Lévi (186). 

Ma n cour (47). 

Menahem (70, 135,219). 

Michaël (143). 

Moïse (19,141, 178). 

Moïse Halévi (79). 

Moïse Housseïn (177). 

Mordechaï (134, 179, 225 . 

Nissim (78, 90-93, 158. 167-169, 171, 175, 181, 191-194, 206). 

Raphaël Salomon (154). 

Salin (65-67, 71, 74-77, 82, 83, 86, 102, 127, 131, 139, 161, 162, 188, 

189, 205). 
Salomon (4, 14, 17, 71, 152, 223 . 
Salomon b. Samuel (183). 
Samuel (72). 
Schemaïa (22). 

Souleïman (69, 84, 85, 133, 165, 170, 173, 190 *). 
Yona (221). 
Zerahya (215). 

Sur quelques-uns de ces noms, voir Geiger, loc. cit. 

En 1875 parut à Jérusalem un recueil de poèmes intitulé rmw 
bintt-< 2 , qui, comme celui de Calcutta, groupe en gros les poèmes 

1. Le titre dit ici par erreur b&ntai Itt^Q. L'acrostiche est pm •jNT^bra. 

2. Ce titre est aussi celui d'un recueil contenant des poésies hébraïques et persanes 
qui a paru à Jérusalem en 1901 et que j'ai décrit dans la J. Q. lt., XIV, 116-128. 
Là encore les poèmes de Nadjara occupent la place d'honneur. 



LES POESIES INEDITES D'ISRAËL NADJAKA 22b 

d'après des titres désignant des modes et contient principalement 
des poésies de Nadjara. Ces groupes, au nombre de treize, sont 
désignés par les noms de modes suivants 1 : l°aofin; 2° -nrro ; 
3° Para ; 4° TDin ; 5 la-nra* ; 6° mao ; 7 a mw ; 8° t»* ; 9 d rtPD ; 
10° pasifin»; I^tkoti; 12° nenn; 13°lNnDDN. De ces airs, le 1 er 
correspond au I e ' du S. /., le 2* au III e , le 4 e au IV e , le 6 e au VI e , 
le 7° au X e , le 8 e au XI e , le 9' peut-être au VII e (Steinschneider 
mentionne encore un mode nommé isolément : na, qui correspond 
évidemment au IX e ). Les modes 3 et 12 sont les 4 e et 5 e du recueil 
de Calcutta ; voir sur eux l'Appendice suivant (E.). Les n os 5, 10, 11 
et 13 sont nouveaux; le 5 e reviendra dans l'Appendice suivant. 
Le terme qui désigne le mode dans le recueil de Jérusalem n'est 
pas mari bip, mais ûtfpra. Sur cette signification du mot arabe 
maqâm, voir Dozy, Supplément, II, 427 etVullers, II, 1202. Vullers 
énumère, dans cet article, douze modes, dont le 1 er correspond à I, 
le 3° à XII, le 8 e à VIII, le 10 e à IV, le 12 e à X ; les sept autres ne 
figurent pas dans les listes examinées jusqu'à présent. Vullers 
ajoute cette indication : « quibus alii alios (modos canendi) adnu- 
merant ». Pour XII, je ferai remarquer maintenant que p*»bo"ia (ou 
"pboia -- avec un f à la fin — ) est donné par Dozy, Supplément, 
I, 127, avec le sens de « mode de musique » (d'après le Mouhît 
al-Mouhit). De même IX se trouve chez Dozy, I, 43, mais sous la 
forme il», qu'on lit aussi dans le recueil de Jérusalem (d'après la 
même source et Description de l'Egypte, XIV, 21) 2 . Sur VII, je 
note que l'adjectif ^Sto, joint à mas, a le sens de « harmonieux, 
mélodieux » (Dozy, l, 731). 

Parmi les rubriques nouvelles du recueil de Jérusalem, le Dic- 
tionnaire de Dozy connaît les n°* 5 djy**i, II, 13L, 11 (;Laa^, 
I, 295) et 13 (yl^î-J *j ^I^jU, I, 26; comme désignant des modes. 
Le n° 11 se trouve aussi chez Vullers, I, 620 a. Sur les n os 5 et 13, 
v. aussi la fin de l'Appendice E. Enfin, je n'ai pu identifier le n° 10. 



1. Ne possédant pas cet opuscule, je suis les indications de Steinschneider, H. &., 
XVIII, 75. 

2. Du reste iiH se trouve aussi chez Vullers, I, 140 a, qui l'explique par '« uomen 
soni musici », eu ajoutant que le mot est considéré comme hindou. Ainsi tombe la 
conjecture émise précédemment Revue, LVIII, 261, u. 1. 



T. LX, jr 120. I 5 



226 RKVUE DES ETUDES JUIVES 



Un recueil poétique manuscrit d'Alep. 

Mon ami M Elkan N. Adler possède un recueil poétique qu'il a 
acquis du rabbin Moïse Hamawi (^nan) d'Alepet qu'il a mis à ma 
disposition avec sa complaisance habituelle. Ce manuscrit, qui 
porte le n° 85, est un fort volume petit in-quarto, dont le titre et la 
fin manquent; il compte 349 feuillets, à peu près complètement 
remplis de poésies hébraïques. Ce n'est pas ici le lieu de décrin; en 
détail le riche contenu de ce recueil Mais la manière dont il est 
divisé est de nature à nous intéresser, parce qu'elle repose tout à 
fait sur la distribution du Sckeént Israël d'Israël Nadjara, dont le 
cadre est d'ailleurs considérablement élargi et parfois modifié. Les 
poèmes sont, en etfet, groupés d'après les modes et chaque section 
est précédée du titre 'd n-nn Vnpbmrns et d'une petite pièce de vers 
servant d'introduction. Mais le nombre des modes s'élève à vingt, 
sur lesquels trois des quatorze modes de Nadjara manquent; il 
reste donc en tout neuf modes qui manquent chez Nadjara. Voici 
la liste des vingt modes du recueil \ avec la concordance de ceux 
de Nadjara (désignés par des chiffres romains) et l'explication des 
modes nouveaux : 

1° (2 a) carcan = I. 

2° (35a) -mxn = III. 

3° (46al ni«TD (écrit aussi n&ttDKO, newoo). Voir Vullers, 1, 187a : 
^L, ou^SjL», « nomen [unius] modorum musicorum ». 

4° [tH a) nan* ou n^an*. Le premier élément du mol a peut-être 
du rapport avec l'arabe Jbjjfc, « musique » (Dozy, II, M4). 

5° (58a) p-PK ou pN-ra = VIII. 

6° (74a) *yoTn = IV. 

7° (107a) nîr-a ou n&na. Cet air, dont je n'ai pu identifier le nom, 
se trouve également dans les recueils poétiques de Gaicutta 
et de Jérusalem (voir plus haut, Appendice D). 

8° (143a) rrnéo ou min = X. 

9° (159a) nsma. Voir Vullers, II, 138a : oà^i, « nomen modula- 
tions musicœ ». 

1. Lus noms des modes se lisent, aussi sur chaque page comme titres des colonnes; 



LES POÉSIES INÉDITES D'ISRAËL NADJÀHA 227 

10° 160 a) *rœri. C'est ^L& ; , tiré du nom de la ville d'Edesse 
(Ruhd). Voir Dozy, I, 564; Vullers, II, 866 ; 1202a. 

11° (163 «) p^boia = XII (rfUUy, v. l'Appendice D i. f ) 

12° (184a) d-UN* ouûtm = XI (v. plus haut, t. LVIII, 264, n. 3). 

13* (203) nano ou rrem. aa* = VI. 

14° ($34a)TTn& ou nN^mtt^a^rra, c.-à-d .^Ia2, « mode de musique » 
(Dozy, I, 345). 

15° (240a KJnfiû. Ne peut être identifié. 

16° (245a) 6W>«3, probablement égala VII (voir l'Appendice D ?\/\L 

17 (278 a) •£■*« — IX (pt, voir îôiç?.). 

18- 1290 a) bna^XIV. 

19° 303 6, sans titre ni introduction) T&wrt, c.-à-d. )l^, « nomen 
modi primarii musices » (Vullers, 613 a). Dozy, I, 254, donne 
tôl^", « mode de musique ». Le même mode se trouve dans 
les recueils de Calcutta et de Jérusalem. 

20° 315a) Tarira ou wmo, c.-à-d. )U^û dans Johnson, Dictionary, 
772: « name of a note in music ». Vullers, II, 487 6, a 
^U^i et ajoute que )U^£ est une fausse lecture de ce mot. 
En réalité, la seconde leçon paraît la seule exacte ; le mot 
signifie quelque chose comme « délices royales ». 

A la fin du manuscrit (325a-329 6) viennent les tables (mnnaw) 
des poèmes, rangés d'après les vingt modes. 

Les petites poésies qui introduisent les différents chapitres sont, 
pour les modes 2, 5, 8, 11 , 13, 18, les mêmes que ceux des chapitres 
correspondants du Scheérit Israël de Nadjara. Pour 1 (Housseïni), 
le manuscrit aie même poème introductif que le recueil de Calcutta. 

Les derniers feuillets du manuscrit contiennent entre autres 
[3406-3456) une longue liste de poésies, groupées d'après les 
modes. Ce sont pour la plupart les mêmes que ceux qui figurent 
parmi les vingt modes énumérés tout à l'heure; mais il y en a 
aussi qui ne reviennent pas ailleurs ou qui ne reviennent qu'iso- 
lément ; ils sont rangés dans Tordre suivant (les modes cités plus 
haut sont désignés parleur numéro d'ordre) : 1, ma?, 2, 3, 4, 5, 
rpnen (nma tr), 6, Tinaa, 7, 8, 9, janc^à. 10, 11, *|«-pidj, 12, mra, 
1 4, 16, 17, 19. On voit que la succession est la même que dans la 
collection des poésies, mais il y manque les modes 13, 15, 18, 20. 
Parmi les modes nouveaux, ceux qui suivent les n os 9 et 11 sont 
également représentés dans le recueil de Jérusalem (voir l'Appen- 
dice D i. f.). m-o est évidemment égal à TYTti (XL. Je n'ai pu iden- 
tifier les trois autres termes. 



228 KKVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Le manuscrit cTAIep porte encore, sur deux pages primitivement, 
laissées en blanc (96 et 40a), une liste de modes avec de petits 
poèmes pour chacun d'eux, qui doivent servir, semble-t-il, 
d'exemples pour les modes. En voici les noms : 1° toi ba p*tMB ; 
2° -nsia» ; 3° N^mm ; 4° vnaa ; 5° Ètt^tts ; 6° iNnoat» ; 7° yacry 
laanos; 8° asi; 9° naashî; 10° aas ; 11° -wrra ; 12° «wn. De ces 
douze modes, quatre se retrouvent dans le S. I. : 1 est le même 
que III, 5 probablement le même que II, 7 doit être une subdivision 
de VIII et 10 se confond avec VI. Deux (Il et 42) figurent dans 
la liste principale précitée des vingt modes (14 et 49) ; deux (4 et 6) 
dans la seconde liste (après 4 et 9). Les quatre autres (4,3,8,9) 
sont nouveaux ; un seul peut être identifié : c'est <_*S) ou ^5;, 
nom d'un mode (Dozy, II, 552). Le second élément de 4 est aofin (I). 
Voir plus loin. 

Des petits poèmes de cette liste, je cile celui de aan : 

•p-iai nruan nrrew'a "pixab p*rça laïc 
"■•vatbi TabiRa l"narb anbcnb 

Enfin, je note que les cinquante premiers feuillets du recueil 
d'Alep contiennent, d'après les acrostiches des poèmes, les noms 
de poètes suivants : 

Abraham (32 6, 35 6, 37/;, 46a, 466, 47 a, 47 6, 49a). 

David (32 6, 36a, 37a, 38 a, 38 6, 42 a). 

Elie (36a, 486). 

Ezra (406, 496). 

Isaac (38 a). 

ïsaïe (346, 35a, 40 6, 46 6). 

Israël (32a, 36a, 366, 37a, 39 6, 44a, 416). 

Joseph David (346). 

Juda (32 a, 42a, 42 6). 

Menahem (33a, 44 6). 

Moïse (34a, 36 6, 39a, 48 a). 

Nissim (34 6, 38a). 

Salomon (47 6). 

Saûl (44 6). 

Yedidia (35a, 39 6, 40 a). 

On voit qu'Israël, c'est-à-dire Nadjara, est représenté dans une 
mesure proportionnellement faible. Mais les poésies réunies dans 
ce recueil se rattachent par le fond et par la forme, à sa manière, 
et nous avons montré plus haut que la distribution de la colleclion 



LES POESIES INEDITES D'ISRAËL NADJARA 229 

a été faite sur le modèle du Scheérit Israël. Au même titre que les 
recueils imprimés de Calcutta et de Jérusalem, le manuscrit d'Alep 
atteste la profonde influence que les poésies de Nadjaraont exercée 
en Orient. 

En complétant dans les Appendices D et E les données que nous 
fournit le Scheérit Israël sur les modes musicaux employés par 
Nadjara, j'ai éprouvé le regret de ne pouvoir rien dire sur ces 
modes eux-mêmes, d'après lesquels Nadjara a groupé ses poèmes 
et d'après lesquels les poésies sont groupées dans les autres collec- 
tions, et d'être obligé de me borner à l'identification lexicogra- 
phique de la plupart d'entre eux. Mais j'ai cru qu'il était de 
mon devoir de rendre accessibles les matériaux avec la plus grande 
exactitude possible, dans l'espoir d'attirer ainsi l'attention de 
musicographes qui seraient en état d'étudier la question en elle- 
même et de projeter la lumière sur ces modes musicaux arabo- 
persans et sur 1 usage qu'en font Israël Nadjara et ses imitateurs. 
Je note encore que les détails lexicographiques indiqués par Dozy 
dans son Supplément sont puisés soit dans le Mouhit al Mouhit 
1867), soit dans le tome XIV de la Description de VÉgypte 
(Paris. 1822). 



Un recueil poétique manuscrit de la Bodléienne. — Quelques 
recueils poétiques du fonds kaufmann. 

La même division en modes musicaux que le Scheérit Israël de 
Nadjara et les autres recueils examinés jusqu'ici, mais avec des 
noms tout différents pour les modes, apparaît dans une collection 
poétique de 1790, que M. Cowley a décrite avec beaucoup de soin 
dans le tome II du Catalogue des manuscrits hébreux de la 
Bodléienne sous le n" 2838 (col. 281 et suiv.). Ce recueil contient 
dans sa première partie (fol. 11-117) des groupes de poèmes avec 
des titres indiquant les modes. A la fin de cette partie on lit: -,ttn 
yn-j D-nun ruanisn ittbtDSv Le mot yn m û a le même sens que *-np 
msr. chez Nadjara. Dozy (II, 22) note ce sens de l'arabe xjJ& 
pluriel 9y&\ dans différents cas, d'après le Dictionnaire de Pedro 
de Alcala. L'auteur de notre collection groupe les poèmes de cette 
première partie sous vingt-quatre modes; en réalité, la liste de 
Gowley n'indique que vingt groupes pourvus de titres. Le manuscrit 
paraît présenter une lacune dans cette partie. Le premier titre est : 



230 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

I ï^aanb *aa. Le nom de ce premier mode est donc 'p'WDn, b étant 
l'article abrégé. II en est de même pour les autres titres, où yaa est 
suivi du nom du mode. Les voici : 2 asanb rom», 3 n^ntd, 4 wwoa, 
5 non, 6 i^nwn, 7 ^mair (-max» = Tnaatb»), 8 to, 9 dt? 10 a^aia, 

II û^nnb p*na [12 nbnanb dwa], 13 cifinita» (t|N-ûfc^b = cpsaabK) , 
14, 15, 16 yn m û seulement, sans le nom du mode, 17 n^txp ya, 
18, sans le nom du mode, 19 -«1km p, 20 comme 18. 

Des modes énumérés ici, le 5 e seul (won) a déjà figuré dans les 
listes précédentes (ms. d'Alep, n* 19). Le n° 1 est peut-être le même 
que le n° IV de Nadjara. Sous la forme qu'il revêt ici, ce nom 
correspond à l'arabe y* £4 , nom de la quatrième et de la 
sixième cordes du luth (Dozy, I, 288), auquel est sans doute 
empruntée aussi la désignation du mode IV. Le n° 2 paraît avoir été 
primitivement le nom d'une chanson arabe. Le n° 3 (exactement 
ÏTN73, mot persan) est indiqué par Dozy comme nom de mode (II, 
567; cf. Vullers, II, 11336 ; il en est de même du n° 6 (I, 320). Le 
n° 8 est, à proprement parler, le nom d'un instrument de musique, 
le luth ; le n° 10 est celui d'un mètre poétique arabe. Les n 08 4, 7, 
9, 13 sont des mots arabes, mais je ne les trouve pas signalés avec 
le sens de « modes » ; j'en dirai autant des n os 17 et 19, dont le 
premier élément pourrait, désigner le texte (de la chanson). Le n°ll 
(le b devant d'onn est l'article arabe) désigne « la manière des 
fiancés», c'est-à-dire sans doute une espèce de chant de noces. 
Le n° 12 indique simplement l'occasion a laquelle les chansons en 
question étaient chantées. 

Dans les titres de notre manuscrit, le nom du mode est suivi du 
mot naanoK que, d'après l'opinion exprimée par M. Cowley dans 
une lettre, j'explique par l'arabe ^Uaswt, « modèle, spécimen » 
(Dozy, I, 348, d'après Àlcala). Peut être ce mot indique-t-il le 
premier poème du groupe, celui qui suit le titre, parce qu il 
sert en quelque sorte de modèle aux autres poèmes du môme 
gi'oupe. Il se peut que ce mot ait désigné ensuite tous les poèmes 
afférents à un mode quelconque. On le trouve avec cette signification 
générale dans une note de la deuxième partie de notre manuscrit 
(131 b : moi: ^b ^nm trJaaa "iroa vona ab hth nannoNn, c'est-à- 
dire que ce poème aurait dû prendre place dans un des groupes de 
la première partie, rangés d'après les modes. On voit d'ailleurs 
par cette note que les deux termes étaient employés comme si 
c'étaient des vocables hébreux. On lit une fois, sur un poème de 
la première partie (856) : Diyaerua la*»» bywi ht, c'est-à-dire que 
ce poème n'aurait pas dû figurer à cette place. 



LES POÉSIES INÉDITES D'ISRAËL NADJARÀ 231 

D'après le Catalogue, ce manuscrit appartiendrait à l'Arabie 
méridionale. L'écriture est ainsi désignée: « Yemen Rabb. char. » et 
le contenu : « Hymns of tlie Yemen rite ». Mais il n'est pas possible 
de considérer ce recueil comme étant d'origine yéménite. Les 
recueils poétiques des Juifs du Yémen, que je ferai connaître sous 
peu dans une petite monographie 1 , sont disposés tout autrement. 
On n'y trouve aucune trace de modes musicaux. Et ce qui est 
décisif, c'est qu'aucun des poètes juifs qui figurent dans les recueils 
Yéménites ne se rencontre ici. Près de quatre-vingts auteurs 
difTérenls ont leurs poèmes réunis dans notre recueil ; aucun d'eux 
n'est yéménite. Quelle que soit donc l'écriture du manuscrit 2838 
de la Bodléienne, le contenu n'en est pas yéménite. 

A en juger par les noms des poètes, le manuscrit de la Bodléienne 
est de la môme origine que le n° 435 des manuscrits du regretté 
David Kaufmann, actuellement la propriété de l'Académie des 
Sciences de Hongrie (M. Weiss, Katalog, p. 155). Un autre manus- 
crit de la même collection, le n° 444 (Catalogue, p. 156), présente 
aussi les mêmes noms de poètes que le recueil de la Bodléienne et, 
de plus, les mêmes termes caractéristiques. Dans la seconde partie 
de ce manuscrit, chaque poème, en plus du titre de cave, a le mot 
naaroN. En outre, on y trouve les titres suivants pour les différents 
groupes: 1 (926) iwicsn *ata lasnoa ; 2 (100 a) 'port 'a ; 3 (108a) 
TTN-jnb 'ta 'a ; 4 (109 a) pKiDwb 'ta 'a ; 5 (117 6) yataba 'a ; 6 (128a) 
narnoK seulement ; 7 (137a) o^ba ta 'a ; 8 (145a) n-nboab 'ta 'a ; 
9 154a) comme 6; 10 Ttfb 'a 'a, Trois de ces modes (2, 3, 1.0; se 
retrouvent dans le manuscrit de la Bodléienne (1, 4, 8) ; le n° 1 est 
identique au dernier mode du recueil de Jérusalem. Le nom du 
mode manque dans les n os 5, 6 et 9. Le n° 4 (($*£, « l'amou- 
reux m) est indiqué comme mode par Dozy, II, 31 (v. aussi Vullers, 
II, 1202a . Je ne retrouve nulle part les n os 7 et 8 ; ce dernier est 
peut-être en rapport avec le n° XII de Nadjara. 

Un recueil du même genre se trouve dans le manuscrit 443 de 
la collection Kaufmann (Catalogue, p. 156). Les groupes de poésies 
sont pourvus de titres qui contiennent, outre le mot *ata, le nom du 
mode. Les voici (le début du manuscrit manque et sans doute 
aussi le premier titre) : 1 (18 6) Tfcunb j>ata ; 2 (31a) pstDvb 'ta; 
3 (406; babnrob 'ta ; 4 (52a) ■vpnrattb 'ta ; 5 (546) isn« 'ta (= lanb») ; 
6 59a) wmxb 'ta. De ces six modes, deux (1 et 6) figurent dans le 



1 . Die hebràische und arabische Poésie der Juden Jemens, dans le Rapport du 
séminaire de Budapest pour l'année scolaire 1909-10 (et séparément Strasbourg, 
Triibner, 1910 . 



232 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

manuscrit de la Bodléienne (5 et 3), un (2) dans le ms. Kaufmann 
444 4). Deux sont nouveaux : le n° 9 (j5A^v*J, inconnu dans 
ce sens) et le n" 4 (^iy*Jo, même observation, litl. « l'orientale »). 
Le n° 5 (*x*£) nous fournit la forme arabe du persan rôst, nom 
du mode I de Nadjara (v. Dozy, I, 532). 

De la même catégorie est le ms. Kaufmann 453 (Catalogue, p. 157), 
qui renferme les titres suivants : na^noa, pour deux poèmes isolés 
(103a, 104a) ; nnœttb Tfionb ?aa (117 ô), qui correspond au n° 1 du 
ms. Kaufmann 443; ^p-irattb ya-j = ibid., n° 4; nnu:ttb 'a (1346), 
nro^b 'a (141 a). Dans les deux derniers exemples, le nom du mode 
est peut-être tombé après le mot yaa ou bien ce mot est pris dans 
un sens étendu. 

Tous ces manuscrits de la Collection Kaufmann sont désignés à 
tort dans le Catalogue comme yéménites. Ils appartiennent très vrai- 
semblablement, comme le manuscrit de la Bodléienne, à l'Afrique 
du Nord, à en juger par les modes musicaux qui y sont nommés. 
La preuve nous en est donnée par le ms. Kaufmann, 436, écrit au 
Maroc en 1836 (Catalogue, p. 155). C'est un livre de prières dans 
lequel la Kedouscha est précédée dune instruction sur les diffé- 
rentes mélodies d'après laquelle la Kedouscha doit être chantée. Il 
y a là un nombre fabuleux de mélodies. Elles sont divisées en 
groupes d'après les modes et pour chaque mode on indique les 
mélodies qui s'y rapportent, avec des commencements de chansons, 
parfois en arabe. Voici ces modes: 1 Tfittn (avec 10 mélodies); 
2 ywn (6 mélodies) ; 3 na-na ^18 mélodies' ; 4 b->T nm (4 mélodies) ; 
5 parai? (4 mélodies) ; 6 a^awb bttn (6 mélodies) ; 7 babrinoa (9 mé- 
lodies) ; 8 DT3> pn* (2 mélodies) ; 9 lamas (3 mélodies) ; 10 nnrnob 
a^tftt (8 mélodies). Ces modes, à l'exception des n 08 3, 6 et 8, se 
retrouvent dans les recueils étudiés jusqu'ici (le 9° est le même que 
•jamsa), et ce sont les airs du ms. Kaufmann 443 qui se rap- 
prochent le plus de notre liste. L'indication du n° 10 se rapporte 
à la Kedouscha de l'office de Minha. Sur le n° 4, cf. Dozy, I, 932, 
d'après Daniel Salvador, La musique arabe (Alger, 1863) ; sur le 
n° 6, v. Dozy, I, 588 — On trouve plusieurs fois dans ce manuscrit 
le pluriel onnanoa dans le sens de « chants ». 

Le ms. Kaufmann 449, acheté à Tunis (Catalogue, p. 156) a en 
grande partie les mêmes noms de poètes que le ms. 2838 de la 
Bodléienne ; mais on n'y trouve rien sur les modes musicaux. 



LES POÉSIES INEDITES D'ISRAËL NADJARA 233 



Un recueil poétique imprimé a Tunis (1872). 
Le recueil poétique d'Alger (1892). 

Sous le titre de mttî ^Tta 'o, Joseph Salâma, avec la collaboration 
de Boulchair (-n^aba) de Tunis, a publié en 1872 un Recueil poétique 
qu'introduit une approbation fort élogieuse des rabbins de Tunis 1 . 
Ce recueil, où Israël Nadjara occupe une grande place, est divisé — 
abstraction faite d'un Appendice (91 b- 95 b) — en treize groupes 
pourvus de titres qui indiquent le mode de chaque groupe. Voici 
ces titres : 1 bn« ynv, 2 pjo^ba mu, 3 eo^ON 'a, 4 i^onb^a, 
o wto'b, 6 N^N^bN bTDn te, 7 Ninss r a, 8 ivtfa^abN ' Ui 9 V**!» wTta, 
10 bxna 'a, 11 iNnasabi* 'u, 12 mEtoba 'b, 13 «^«wb» 'a. Nous 
avons déjà vu la plupart de ces modes. Les n os 2, 4, 7 (emaa = 
KTwba — mieo) se trouvent chez Nadjara sous les n os VIII, IV, X ; 
le n° 5 dans le ms. Kaufmann 443 (n° 5) ; le n° 6 dans le ms. Kauf- 
mann 436 (n tt 6) ; le n° 9 ibidem (n° 4), le n° 10 (bzn plus l'article) 
est, à côté du n° 6, le second des deux modes cités parDozy, 1,558; 
le n° 11 figure dans plusieurs listes ; le n° 13 dans le ms. de la 
Bodléienne (n° 3). Parmi les termes nouveaux, le n° I (Joi plus 
l'article) est le second élément du n° 9, mais est aussi en lui-même 
le nom d'un mode (v. Dozy, II 493;. Le n° 3 est al£u* avec 
l'article, c'est un nom de mode qui vient du persan (v. Dozy, I, 713). 
Le n° 8 est cité par Dozy (I. 810) d'après l'ouvrage déjà nommé de 
Salvador ; de même pour le n° 12 (Dozy, I, 602). 

A l'intérieur des groupes,' les différents poèmes sont pour la 
plupart pourvus de titres qui se rapportent à la forme ou à la 
manière de les chanter. Ainsi, des 36 pièces du premier groupe, les 
n°- 1 à 17 ont la désignation "TPKaa, que nous avons rencontrée 
précédemment comme l'un des modes du recueil de la Bodléienne 
(p. 231); les n os 19-22 sont intitulés bma, les n os 23-25 m, les 
n" 26-29 sps5 (nom d'un mètre arabe, comp. tron, nom d'un mode 
du recueil de la Bodléienne et b?on dans ce recueil-ci) ; les n os 30-34 
am5. Ces désignations dans le titre des différentes pièces reviennent 
avec la même succession dans les autres groupes; la plus fréquente 
est Tpaaa, On y trouve plusieurs fois *btxay (26 6) et narbatta* ^22 b- 
356), une fois 3>ba*a (67a) ; rtaoïE qui figure devant les n os 18 et 35 

1. Voir Steinschneider, Die arabische Literatur der Juden, p. 298 



234 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

du premier groupe et en outre aux pages 61 b et 72 6, est sans doute 
-aiip, « chant de ceinture » (il est vrai que le changement de © 
en d est incompréhensible). 

Pour la plupart des poèmes, le recueil de Tunis indique aussi la 
mélodie fjnb), tout comme chez Nadjara, et généralement ce sont 
des commencements de chants arabes. Chose curieuse, les poèmes 
d'Israël Nadjara appartiennent ici à d'autres mélodies que dans les 
œuvres du poète lui-même ; telles sont les deux poésies de Nadjara 
qui se lisent aux pages 11 a et 14 a et qui correspondent aux 
n os 135 et 71 du Z. /. Il est évident que les commencements de 
chants indiqués par l'auteur perdirent leur signification plus tard, 
au moins dans le nord de l'Afrique et que d'autres mélodies furent 
assignées aux différents poèmes. C'est d'ailleurs une preuve de la 
persistance de son œuvre poétique chez les Juifs de ces contrées. 

Mentionnons encore que les petites pièces d'introduction de 
chaque groupe sont intitulées pour la plupart ntr'ON ; ce mot, qui 
est l'équivalent de l'hébreu dto, correspond aux mmns du Scheérit 
Israël. 

Dans lavant-dernier groupe (85a , on lit un poème arabe 1 , qui 
porte ce titre inn* 'prabn ^banaT. De plus deux « pioutim b arabes 
(ainsi intitulés) figurent en Appendice et forment la fin du recueil. 
L'auteur du premier de ces deux poèmes arabes est Eliahou Sna 
(Ghidj). C'est lui qui, vingt ans après la publication du recueil de 
Tunis, en a édité un sous le môme titre m»î -n" 1 © à Alger en 1892; 
j'en ai brièvement rendu compte dans la Zeitschrift fur hebràische 
Bibliographie, VII (1903, 117. Je répète seulement ici que, dans 
ce recueil tout moderne, les poèmes sont groupés d'après les modes 
suivants : 1 aia«-i, 2 ipro, 3 Win, 4 Day, 5 aax, 6 n»*a, 7 ïjon. 
Les sept modes se retrouvent dans le recueil d'Alep (voir plus haut, 
p. 226), où ils occupent respectivement les n os 1 , 16, 6, 12, 13, 7, 19. 
L'éditeur du recueil d'Alger désigne eiïectivement Alep comme le 
lieu d'origine des manuscrits dont il s'est servi. 

W. Bâcher. 
1. Non mentionné par Steinschneider. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG 

RELATIFS AUX JUIFS 



(JU1LLKT 1790 — FRUCTIDOR AN 



On sait que M. R. Reuss a entrepris depuis plusieurs années, 
en vue d'une histoire de la Révolution en Alsace, le dépouillement 
des registres de délibérations de l'Administration centrale du 
département du Ras-Rhin; et son récent article de la Revue* — 
qui peut servir d'introduction à nos notes — a montré quels 
renseignements cette exploration méthodique fournira sur l'histoire 
des Juifs. Il a semblé qu'il y avait lieu de tenter à ce point de vue 
un travail analogue pour les délibérations des administrations de 
district, et, à titre d'exemple, on trouvera ici le résultat de cet 
essai pour le district de Strasbourg. 

Les Administrations de district, organisées par décret du 
22 décembre 1789- 8 janvier 1790 et supprimées par l'article 174 de 
la Constitution du 5 fructidor, an III, comprenaient deux sections : 
un conseil général de douze membres élus et un directoire perma- 
nent de quatre membres pris dans le sein du conseil, un procureur 
syndic étant chargé de requérir l'application de la loi. Les procès- 
verbaux de ces deux sections du District de Strasbourg forment 
aux Archives de Rasse-Alsace une série non cotée de vingt-six 
registres in folio, comprenant les séances de juillet 1790 à vendé- 
miaire an IV 2 , sauf une lacune du 14 octobre 1791 au 8 mai 1792; 

1. Quelques documents nouveaux sur- l'antisémitisme dans le Bas-Rhin de 17 9A 
à 1799, dans Revue, LIX, 2iS sqq. — Voir aussi M. et E. Ginsburger, Contributions à 
l'histoire des Juifs d'Alsace pendant la Terreur, vbid., XL VII, p. 283 sqq. 

2. Un registre spécial est réservé aux séances du Conseil général tenues du 2 décem- 
bre 1792 au 13 août 1793; il contient, en outre, le compte rendu d'un certain nombre 
de séances extraordinaires où le Conseil général est réuni au Conseil général du dépar- 
tement, ou aux Conseils généraux du département et de la commune. 11 existe, en 
outre, quatre cahiers non reliés des procès-verbaux «le ce Conseil du 19 juillet au 
2 novembre 1792. 



236 HEVUK DUS ETUDES JUIVES 

cette lacune peut d'ailleurs être, en partie, comblée à l'aide des 
Avis du Bureau du Bien Public, c'est-à-dire de l'un des bureaux de 
cette Administration, dont les papiers sont conservés d'août 1790 à 
octobre 1793, en dix volumes in-folio. La série se complète d'un 
répertoire alphabétique, dressé par les bureaux à un point de 
vue administratif, d'ailleurs interrompu après les premiers mois 
de 1791, et d'un certain nombre de registres dépareillés provenant 
des différents services : correspondance, bureau des émigrés, 
bureau de la guerre, etc. Dans ces procès verbaux, chacune des 
délibérations est accompagnée de différentes indications, - repro- 
duites à la suite de nos analyses, — représentant : les chiffres, 
soit la numérotation courante de la série des protocoles, soit le 
numéro d'ordre attribué à chaque dossier; et les initiales, les diffé- 
rents bureaux de l'Administration '. 

C'est dans l'ensemble de ces procès-verbaux qu'ont été relevées 
et analysées les délibérations relatives aux Juifs. Un certain 
nombre sans doute ne visent que des questions toutes personnelles 
(décharges de contributions, patentes, service militaire) indépen- 
dantes de la confession du pétitionnaire. Mais la plupart intéressent 
les Juifs en tant que Juifs, et quelques-unes, comme celles par 
exemple qui concernent les démêlés de la communauté et de la 
municipalité de Bischheim, forment un ensemble curieux. La table 
qui accompagnera ces analyses et qui donnera, avec les noms de 
personnes et de localités, les principales matières, nous dispense 
de toute autre présentation de ces textes. Elle montrera suffisam- 
ment quelles indications l'historien pourra y trouver pour un tableau 
de la vie sociale, religieuse et économique des Juifs au moment où 
ils commencent, en dépit des résistances, à faire partie de la cité. 
Les lecteurs curieux de renseignements biographiques ou statis- 
tiques pourront se reporter &u Dénombrement àe 1784 2 , en en com- 
parant les données soit au recensement qui figure dansl'Almanacli 
d'Oherlin pour 1792 3 , soit aux états dressés pour les différentes 

1. Voici, d'après une délibération du 4 ventôse an II, la liste de ces bureaux : 
secrétariat, agent national (A. IN.), subsistances, bien public (B. P.), guerre (G.), 
appelé parfois : guerre et comptabilité militaire (G. M.), comptabilité et contributions 
publiques (G.), travaux publics et forestiers (F.), pensions et liquidations, émigrés (E.). 

2. Dénombrement général des Juifs qui so?il tolérés en la province d'Alsace 
en exécution des Lettres-patentes de Sa Majesté, en forme de règlement, du 
10 juillet 1784. (Colmâr, J.-H. Decker, 1785, in-fol.). — Cf. G. Hemerdinger, Le 
dénombrement des Israélites d'Alsace (1184), dans Revue, XLII, p. 253 sqq , et Les 
noms des Israélites d'Alsace, dans Univers Israélite, 1901-1902, p. 467. 

3. Almanach du département du Ras-Rhin, pour l'année bissextile 1792 (Stras- 
bourg, Lorenz et Schoulor; in-12); le chiffre de la population y est noté pour chaque 
commune, avec l'indication «lu nombre des Catholiques, tirs Protestants el des Juifs. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 237 

sections de Strasbourg en 1792-1793 ♦.. Il suffira pour l'intelligence 
de ces documents de rappeler les dates d'un certain nombre de 
textes législatifs : les lettres patentes du 10 juillet 1784, dont l'ar- 
ticle 6 interdit aux Juifs résidant en Alsace de contracter mariage 
sans permission royale, même hors du royaume; l'arrêté du 
28 septembre 1789 et le décret du 16 avril 1790, qui les placent 
sous la sauvegarde de la Loi 2 ; le décret du 27 septembre 1791, 
reconnaissant comme citoyens ceux qui prêteront le serment civi- 
que 3 ; le décret du 30 août 1792, mettant sous séquestre les revenus 
des biens des abbayes étrangères situés en France 5 ; le décret du 
10 juin 1793, instituant le partage des communaux entre tous les 
habitants, de tout âge, de tout sexe, présents ou absents, domi- 
ciliés dans la commune un an avant le 14 août 1792, date du décret 
établissant le principe du partage ri ; le décret du 27 germinal an II, 
contraignant les ex-nobles et étrangers originaires des pays en 
guerre avec la République, à quitter sous dix jours Paris, les places 
fortes et les villes maritimes, en indiquant aux comités révolution- 
naires le lieu où ils entendent se retirer 6 ; le décret du 19 vendé- 
miaire an II, confisquant au profit de la Nation, tous biens, sommes, 
effets appartenant ou dûs en France à des sujets du roi de Grande- 
Bretagne, Anglais, Ecossais ou Hanovriens 7 , et celui du 18 messidor 
an II, obligeant tous détenteurs de fonds ou effets appartenant 
aux habitants des pays en guerre avec la France à les déposer aux 
caisses publiques 8 . Enfin, un certain nombre de ces décisions 
mettent en jeu les actes de la Législative et de la Convention relatifs 
aux émigrés et en particulier le décret du 25 juillet 1793 qui, 
reprenant les lois du 2 septembre 1792 et 30 mars 1793, est comme 
le « Code de l'émigration 9 ». On sait qu'en vertu de cette législation 
tous les biens meubles et immeubles des émigrés sont mis sous la 
main de la Nation. Tous deniers, titres ou effets leur appartenant 
doivent être déclarés par les dépositaires; tous citoyens sont tenus 
à déclarer les sommes qu'ils savent appartenir à des individus 
actuellement absents. Les titres et papiers saisis sont adressés au 
directoire du district; l'or, l'argent et le cuivre portés aux hôtels 

1. Archives municipales, II, 79. 






Duvergier, l, 51 et 172 


3. 


Ibid., III, 428. 


4. 


Ibid., IV, 431. 


o . 


Ibid , V, 404. 


G. 


Ibid., VI. 172. 


1 . 


Ibid., VI, 272. 


S. 


Ibid . VII, 261. 



9. Ibid ,, VI, 50 sqq. 



238 REVUE DES ETUDES JUIVES 

des monnaies; les sommes versées aux caisses publiques; les effets 
remis aux dépôts désignés par le directoire du district ; le mobilier 
est vendu par l'autorité dudit directoire et le prix versé au receveur 
de l'enregistrement. D'autre part, les créanciers doivent avant 
le 1 er mars se transporter par eux ou par fondés de pouvoirs au 
chef-lieu du district, présenter les titres de leurs créances et 
les faire enregistrer; les créanciers se constituent en unions et 
nomment un directeur et des syndics pour les représenter; la 
liquidation préparée par le directoire du district, est homologuée 
par le directoire du département. Ce décret se complète par celui 
du 30 mars 1792 ' qui spécifie que ne seront pas considérés comme 
émigrés les Français établis en pays étrangers avant le 1 er juillet 
1789, et celui du 2 U 2 nivôse an III qui, — à la suite des déclarations 
du représentant Goupilleau, relatives à plus de deux mille Alsa- 
ciens qui avaient fui pendant la Terreur, — excepte de cette légis- 
lation les ouvriers et laboureurs sortis de France après le \ pr mai 
1793 et rentrés avant le 1 er germinal an III, et ordonne la restitution 
de leurs propriétés ou leur prix-. 

P. HlLDENFINGER. 



1790. 

1. — 31 juillet. — 11 est provisoirement interdit a un Juif d'Osthoffen 
de marier el établir son troisième Mis dans le village, en application des 
règles défendanl au\ Juifs de se marier sans l'autorisation du roi. 

31. 

2. — 2 août. — La demande des bouchers de Weslhoffen, offrant de 
faire tuer des hèles par des Juifs selon la loi juive et d'ôter ce droit à 
Baruch Abraham, qu'ils accusent d'introduire nuitamment de la viande 
provenant de bêtes malsaines, n'est pas adoptée, \u qu'on ne peut enlever 
aux Juifs celte faculté et que la question de visite des viandes concerne 
la municipalité. 

41. 

3.-9 août. — Abraham Hirsch, député des Juifs de Basse-Alsace, 
demandant le remboursement par Zacharias Lyon, receveur des Juifs de 

Basse-Alsace, d'une somme de 72 livres montant de ses frais pendant son 

1. Duvergier, IV, 110. 

2. Ibid., VU, 466. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 239 

séjour à Strasbourg, lors de la convocation 1 des Juifs pour la rédaction 
de leur cahier de doléances, est renvoyé à se pourvoir devant le juge 
ordinaire. 

66. 

4. — 17 août. — Le Directoire du Département est invité à hâter le 
recouvrement des impositions de diverses paroisses et de celles de la 
nation juive. 

103. 

5. — 28 août. — Il est enjoint à la municipalité de Bischheim de res- 
tituer à la femme de Lôbel Egbersheim, Juif du lieu, le pain à elle saisi 
pour Lavoir acheté hors du village et revendu à ceux de sa nation, et 
défense est faite de troubler ce commerce. 

154. 

6. — 4 septembre. — La requête d'Abraham Hirsch (cf. n° 3), est jointe 
au dossier de la demande principale faite par Marx Béer à la ci-devant 
Commission intermédiaire et tendant a rétablissement d'une imposition 
supplémentaire sur tous les Juifs pour le paiement des frais de l'assemblée 
réunie en vue de la rédaction d'un cahier de doléances. 

201. 

7. — 6 septembre. — Il n'y a lieu à délibérer sur la demande de Feysel 
Schaun, Schlumcn Salomon et David Salomon, Juifs de Fegersheim, 
tendant, sur certificat du prévôt des Juifs du lieu, rédigé en langue 
hébraïque, à être rayés du rôle des impositions, vu leur pauvreté, sauf à 
eux à présenter une traduction de ce certificat. 

209. 

8. — 6 septembre. — Défense est faite à la municipalité de Bischheim 
d'empêcher l'établissement en la commune d'Alexandre Libman Lazare, 
Juif, natif de Brnmath, vu qu'il a requis droit de domicile à titre onéreux 
par lettres de réception du seigneur du lieu (1772). 

210. 

9. — 24 septembre. — Maennel Gerschen, Juif de Quatzenhéim, pro- 
testant contre l'obligation où il a été, pour obtenir la permission de 
marier son fils, de payer au maire du lieu 120 livres au profit de qui il 

1. D'après les renseignements complémentaires fournis par l'avis correspondant du 
Bureau du Bien public, au dossier était jointe une lettre de convocation signée Marx 
Berr et datée du 7 mai dernier. Sur cette rédaction des cahiers de doléances, cf. 
Grégoire, Mu/ion en faveur des Juifs Paris, Belin, 1789) [Bibl. Nat. 8» Ld 18 *. 28], 
et [Levylierj, Notes et documents concernant ta famille Cerfberr (Paris, Plon- 
Nourrit, 1902), l, p. 31. 



240 KKVUE DES ÉTUDES JUIVES 

appartiendra, le cas est soumis à la décision du Comité de Constitution, 
qui est invité à provoquer de l'Assemblée Nationale la suppression de 
l'ordonnance défendant les mariages des Juifs sans la permission royale. 

321. 

10. — 13 octobre. — A la requête de Hirsch David, caissier général 
de la nation juive d'Alsace, il est ordonné, sans délai ultérieur et 
dans la huitaine, à Baruch Lévy, de Bischheim, receveur particulier des 
communautés juives, dépendantes des terres de la Noblesse pour les 
années 1786 et 1787, d'entrer en compte avec ledit David, par devant 
M. Lacombe, notaire royal à Strasbourg. 

450. 

11. — 20 octobre. — Fersel Scheyn, Schlumen Salomon et David 
Salomon, Juifs de Fegersheim demandant, sur le certificat des préposés 
et députés de la nation juive aud. Fegersheim en date du 26 août 1790, 
signé Salomon, fils d'Isaac, et Mayer, fils de Sander, et certifié par Simon 
Moyse Herrichheim, rabbin de Mutzig ', en date du 11 octobre, à être 
déchargés de toutes impositions royales, vu leur extrême pauvreté, et 
s'il échéait à faire répartir leurs cotes sur celle des autres de leur nation 
mieux possessionnés, sont renvoyés aux préposés généraux de la nation 
juive. (Cf. n° 7.) 

484 b. 

12. - - 20 octobre. - La requête de Baruch Léon Lévy, Juif de 
Bischheim,* ci-devant collecteur des impositions des Juifs domicilies 
dans les terres de la Noblesse de la Basse-Alsace, concernant l'audition 
de son compte avec Hirsch David, caissier gênerai a Hoshcim, est jointe 
aux pièces présentées par Hirsch David et envoyées au Département du 
Bas-Hhin le 14 octobre courant. (Cf. n° 10.) 

485 b. 

13. — 15 novembre. - Emmanuel Bloch, Juif, natif de Hattstatt, 
demandant qu'il soit ordonné a la municipalité de Lingolsheim de le 
recevoir au nombre des habitants du lieu, il y a lieu de soumettre la 
question de savoir si les Juifs d'Alsace ont la faculté de s'établir dans 
les lieux qu'ils n'habitaient pas précédemment, à la décision de l'As- 
semblée Nationale, qui a seulement mis les Juifs sous la protection de 
la loi sans les déclarer citoyens actifs. 

625. 

14. — 15 novembre. — Baruch Lyon Lévy, Juif de Bischheim, deman- 
dant que son débet dans sa contestation avec Hirsch David, caissier de la 

1. Figure au dénombrement de 178 i- sous le nom de Simon Horelieim, commis 
rabbin. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 241 

nation juive à Rosheim, soit tixé définitivement et pour solde à 124 1. 
5 s. o d. et qu'au cas où un nouveau décompte serait ordonné, il puisse 
présenter les personnes a qui il a déjà fait des versements, il lui est 
enjoint d'entrer en compte avec Hirseh David, dans la huitaine par 
devant La Combe, notaire royal à Strasbourg, toute exécution et con- 
trainte contre lui étant provisoirement suspendue. (Cf. n° 12.) 
629 

15. — 15 novembre. — La pétition de neuf habitants juifs de Mutzig, 
demandant que les préposés et le receveur général de la nation juive 
rendent compte devant des députés à nommer à cet effet de leur admi- 
nistration financière du 2 e semestre 1789 et justifient l'emprunt et l'emploi 
d'une somme de 140.000 livres, dont ils exigent intérêts, et aussi qu'il 
leur soit interdit de contraindre les Juifs pour impositions autres que 
pour deniers royaux 1 , est repoussée, vu que le receveur général de la 
Nation juive au département du Bas-Rhin ne rend son compte qu'aux 
syndics généraux ou aux préposés de cette nation et que pour faire 
rendre compte par les receveur général et préposés, comme le demandent 
les pétitionnaires, il faudrait autoriser les Juifs du district de Strasbourg 
à se réunir pour délibérer sur la pétition des Juifs de Mutzig et désigner 
s'il y avait lieu des députés à l'audition de ces comptes. 

G30. 

16. — l ei décembre. — Sur Ja plainte de Daniel Lévy, Scligmann 
Wittersheim et Mathias Lazare, comme députés des Juifs de la ville de 
Mutzig, il est enjoint à la municipalité du lieu, qui sera « sévèrement 
réprimandée », de cesser toute vexation contre les Juifs et de leur assurer 
l'exercice de leurs droits; défense lui est faite d'appliquer son règlement 
de police relatif aux Israélites et de les troubler dans leur droit d'habi- 
tation ou d'exiger d'eux aucune rétribution autre que les impositions et 
les charges communes » ; les plaignants « sont autorisés à se pourvoir en 
justice contre les officiers municipaux pour la restitution des sommes 
perçues injustement sur eux 2 ». 

704. 

1. Les pétitionnaires font observer que cette demande a déjà été accordée à une 
partie de la Nation juive par arrêté de la Commission intermédiaire du 8 avril dernier. 

2. Il est intéressant de noter les considérants de cet arrêté : ... « Considérant que 
les vexations que les Juifs ont éprouvées de la part de la municipalité et de la garde 
nationale de la ville de Mutzig sont prouvées, que son règlement de police concernant 
les Juifs est un règlement fait incompétemment et contient des dispositions contraires 
a la liberté qui est du droit naturel de chaque homme, que les amendes prononcées en 
vertu dudit règlement contre différents particuliers juifs font été injustement, que la 
municipalité est contrevenue au décret du 20 juillet sanctionné par lettres patentes le 
7 août qui supprime tout droit de protection, d'habitation et de tolérance sur les Juifs 
en imposant le 7 octobre dernier une taxe de G0 1. sur Jacques Lévy, pour lui accorder 
la permission de se marier et en y joignant une taxe encore plus indécente de 12 1. 
pour les salaires des officiers municipaux, que l'arrêté de lad. municipalité du 

T. LX, m" 120. 16 



242 REVUE DES ETUDES JUIVES 

17. — 4 décembre. — Il est enjoint à Pettmesser, receveur des 
revenus de l'Évêché de Strasbourg, de verser entre les mains du receveur 
du District les fonds qu'il détient, nonobstant la saisie du 15 novembre 
dernier faite à la requête de Cerf Behr, en vertu de la sentence et arrêt 
des 8 mai et 9 juin 1787 contre le cardinal de Rohan. 

724. 

18. — 11 décembre. — Le rabbin est autorisé, malgré la défense faite 
par la municipalité de Fegersheim, à célébrer le mariage de Nathan Lazard, 
Juif dud. Fegersheim avec une jeune fille juive. 

764. 

19. — 22 décembre. — Il est enjoint à Salomon, syndic des Juifs pour 
le comté de Hanau,àMarx Béer, de Strasbourg, et à Samuel Wickersheim, 
de Mutzig, d'indiquer à Meyer Bloch et Hirtzel Schwartz, Juifs de 
Westhotfen, les véritables préposés de la nation juive en vue d'une 
demande en décharge d'impositions. 

829. 

20. — 27 décembre. — Vu la requête de Hirsch David, caissier général 
de la nation juive en Alsace, et les observations de Marx Berr et Samuel 
Seligmann Wittershcim conformément à l'arrêté du Département du 
10 novembre dernier, lesdits Berr et Wittersheim ayant fait jusqu'ici 
fonctions de préposés généraux des Juifs et n'ayant justifié ni de leur 
démission ni de leur remplacement, seront tenus de procéder à la 
répartition des impôts des Juifs et de veiller à la confection des rôles 
pour l'exercice 1790, sauf à nommer un autre caissier général s'ils le 
jugent à propos. 

903. 



1791 

21. — 8 janvier. — Sur la requête de Machulen Abraham, Juif natif et 
demeurant à Fegersheim, demandant à pouvoir se marier, malgré le refus 
de la municipalité du lieu, les lois défendant aux Juifs de se marier sans 
permission du roi subsistant, mais semblant « bien contraires a la liberté 
naturelle de l'homme », le Directoire du Département est prié de solliciter 
une décision de l'Assemblée nationale sur ce point l . 
977. 

9 octobre, par lequel elle enjoint à tous les Juifs domiciliés a Moutiig de rèprésèùter 
leurs patentes sous peine d'être expulsés, est contraire aux lois et notamment aux 
décrets, qui mettent les Juifs d'Alsace sous la protection de la Loi.. s » 

1. La question fut, en effet, soumise le 2.*i janvier par le Directoire départemental à 
l'Assemblée nationale. Voir aux Archives nationales, I). iv. . r i(>. u° 1638. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 243 

22. — 12 janvier. — Michel Lévy et Godschau Franck, Juifs, sont 
renvoyés à se pourvoir en justice contre Samuel Wittersheim. 

988. 

23. — 23 mars. — 11 est enjoint aux préposés de la nation juive de 
donner satisfaction a la requête de Samuel Meyer et Daniel Lévy confor- 
mément à l'arrêté du Directoire du Département du 14 octobre 1790 *. 

1318. 

24. — 19 avril. — Cerf Berr, Juif négociant de Strasbourg, est renvoyé 
à se pourvoir contre le Cardinal personnellement, son brevet de pension 
n'ayant pas été homologué par le Grand Chapitre. 

1472. 

25. — 11 mai. — Les Juifs de Bischheim, propriétaires de maisons, 
seront tenus de payer une somme de 240 1. égale au montant de leurs 
contributions de 1789. 

1635. 

26. — 16 mai. — Eu réponse à la demande de la municipalité de Bisch- 
heim, il est déclaré que, — toute personne pouvant même sans être citoyen 
actif, se pourvoir d'une patente, mais l'Assemblée nationale laissant 
encore en suspens la question de l'état civil des Juifs, — on ne peut refu- 
ser aux Juifs déjà domiciliés dans la communauté la faculté d'exercer un 
négoce ou une profession et de prendre patentes, mais ce droit ne peut 
être accordé aux non-domiciliés et il y aurait lieu de faire demander à 
l'Assemblée nationale, par l'Administration départementale, une décision 
plus précise sur ce point. 

1661. 

27. — 19 mai. — La requête de Samson Isaac, Juif négociant d'ÏJt- 
tenheim, demandant à être reçu comme habitant à Fégersheim, est 
provisoirement repoussée, l'Assemblée Nationale n'ayant point encore 
réglé ce qui concerne l'état et l'habitation de la nation juive. 

1677. 

28. — 4juin. —Approbation des comptes rendus pour 1789 par Laurent 
Schœltel, receveur des deniers royaux et patrimoniaux de la commune 
de Holhzeim, sur le reliquat desquels saisie a été faite entre les mains 
du rendant à la requête de Cerf Berr, de Strasbourg. 

1782. 

I. Eu vertu de cette délibération, la requête de Daniel Lévi et Samuel Meyer, Juifs 
d.' Mutzig demandant qu'il leur soit l'ait restitution par le receveur général de leur 
nation pour trop perçu sur les impositions (les treize derniers mois, doit être commu- 
niquée par le Directoire du District ait* préposés de la nation juive, qui produiront 
l'état des déclarations des Juifs. 



244 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

29. — 15 juin. — Simon Halle, secrétaire interprète de la nation juive 
en Alsace 1 , demandant contrainte contre les contribuables de la Province 
pour le paiement de son traitement, est invité à faire valoir la contrainte 
qui lui a déjà été accordée l'année précédente. 

1806. 

30. — 15 juin. — Il y a lieu d'imposer à Hirzel Weyl, Juif de 
Bischheim, deux patentes, Tune comme boucher, l'autre comme marchand 
forain pour le commerce de bétail hors de son domicile. 

1809. 

31. — 27 juin. — Il y a lieu d'accorder gratis à Goctschel Meycr et 
Joseph Meyer, frères, Juifs de Lingolsheim, vu leur pauvreté, une patente 
de colporteur pour la présente année. 

1856. 

32. — 19 juillet. — Il est enjoint à Hirsch David, receveur de la nation 
juive à Rosheim, de verser entre les mains de Brunek, receveur des 
finances du bureau de Landau, la somme de 5083 1. 15 s., reliquat du 
vingtième du par les Juifs de Basse-Alsace pour 1790. 

1975. 

33. — 25 juillet. — Il est enjoint à Marx Béer, en sa qualité de préposé 
de la nation juive, de payer une somme de 97 1. 10 s. à Benjamin Lehman n, 
rabbin à Diebolsheim 2 . 

2018. 

34. — 30 juillet. — Lue patente de colporteur est accordée gratis à 
David Samson, Juif de Westhoffen, vu sa pauvreté. 

2057. 

35. — 30 juillet. — Approbation d'un accord relatif à Michel et Ignace 
Stakler, tambours de la Garde nationale de Mutzig, qui, entre autres 
avantages, recevront leur part de « la gratification donnée par les Juifs ». 

•2065. 

36. — 1 er août. — Vu l'inexécution de l'arrêté du Directoire, du 29 juil- 
let dernier, décidant que les vaches saines de Barueh Behr pourraient 
être jointes au troupeau communal de Biscbhcim, le maire « par une 
faiblesse repréhensiblc » n'ayant osé y donner suite, « ses senti mens 
civiques et constitutionnels » étant « calomniés par ses concitoyens qui 

1. Figure comme interprète juré au Directoire de la noblesse «le Basse-Als ce, ;i 
l'Almanach d'Alsace pour l'a nnre /?<?.'/, p. 230. 

2. Une première requête de Lelimann avait été déjà communiquée le 21 mai à Mai \ 
Béer, saus que celui-ci répondit. 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 245 

le taxent d'être dévoué aux Juifs parce qu'il s'efforce de les faire jouir 
des droits de l'honneur », le procureur de la commune sera mandé au 
Directoire et admonesté. 

2070. 

37. — 1 er août. — Cerf Lévy, Juif de Bisehheim, avant qu'il soit statué 
sur sa requête, est invité à fournir un certificat de la municipalité de 
Strasbourg constatant qu'elle lui a refusé le visa de sa patente. 

2078. 

38. — G août. — Conformément aux arrêtés de la ci-devant adminis- 
tration provinciale d'Alsace du 14 avril 1790, Manuel Jonas et Samuel 
Weyl, Juifs de Westhoffen, seront rayés du rôle des impositions nouvel- 
lement dressé par la municipalité, leur cote devant être ajoutée aux non- 
valeurs et répartie sur les autres Juifs contribuables du lieu. 

2125. 

39. — 11 août. — Vu la requête de Cerf Lévy 1 , Abraham Bigaret (sic), 
Jean Marx, citoyen de la ville de Paris, tous trois Juifs, demandant qu'il 
soit statué sur le refus de la municipalité de Strasbourg de viser leur 
patente et de les laisser commercer dans la ville, l'Assemblée nationale 
n'ayant pas encore déoidé sur l'état des Juifs et la municipalité de Stras- 
bourg réclamant contre leur admission, toute délibération est suspendue 
à ce sujet, les marchandises saisies par la municipalité devant cependant 
être restituées aux suppliants 2 . 

2160. 

40. — 31 août. — Il est enjoint à la municipalité de Plobsheim, d'as- 
surer à Joseph Xanther (Juif?), et Mathias Deck, malmenés par les maire 
et gardes nationaux, la protection qui leur est due, « indépendamment de 
la diversité de leurs opinions religieuses» et sauf leur recours judiciaire. 

2263. 

41. — 7 septembre. — Il est enjoint à la municipalité de Dûttlenheim 
de veiller, conformément à la loi, à la sûreté personnelle de Cerf Léon 
Wittersheim et Samuel Meyer, Juifs de Mutzig, et autres Juifs de 
Dûttlenheim. 

2349. 

42. — 12 septembre. -- Le Prince, concierge du château de Mutzig 3 , 

1. Cf. n" 37. 

2. Le Directoire du département, saisi de l'affaire, conclut de même. Cf. une copie 
de cette délibération du 2i octobre aux Arcbives municipales, II, 79. Elle spécifie que 
le premier des pétitionnaires est de Biscbheim, le second de Niederbagentbal et rectifie 
l'orthographe de son nom : Bigard. 

3. Appartenant au Cardinal de Rohan et saisi comme bien d'émigré. 



246 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

relevé de ses fonctions par arrêté du Directoire du District du 27 août 
(n° 2249), mais commis comme gardien des meubles lors de la saisie qui 
en a été faite le 17 novembre 1790, a la requête de Cerf Ben-, est autorisé 
à garder les clefs, mais ne sera plus payé sur les fonds publics, sauf à lui 
à se pourvoir contre la partie saisissante, les bâtiments restant d'ailleurs 
sous la surveillance de la municipalité. 
2365. 

43. — 15 septembre. — Une patente de colporteur est accordée, à 
raison de 10 1., à Abraham Wolff, Juif de Plobsheim; Samson Israël et 
Abraham Simon, du même lieu, en sont dispensés, à charge de produire 
un certificat d'indigence. 

238:;. 

44. — 21 septembre. — Défense est faite à la nation juive de Wol- 
fisheim de continuer la construction de sa synagogue sur un terrain 
dépendant de la ci-devant collégiale de Saint-Pierre-le-Jeune, jusqu'à ce 
qu'elle ait prouvé son droit de propriété sur ce terrain. 

2439. 

45. — 26 septembre. — Sur la plainte portée contre la municipalité de 
Quatzenheim par Meyer, Juif du lieu, annulation est prononcée de la 
vente de terrains communaux, faite le 4 du mois. 

2477. 

46. — 3 octobre. — Confirmation de la délibération du 12 septembre 
[n° 42] relative à Le Prince, concierge du château de Mutzig. 

2510. 

47. — 22 octobre. — « Vu la délibération des maire et officiers muni- 
cipaux de Lingolsheim aux fins que le procureur de la Commune soit 
tenu de restituer à la Commune le profit qu'il aurait fait sur elle, en ne 
lui remettant de la somme de 132 1. à lui paves par les Juifs Bloch et 
Marx Wolf 1 pour le droit de réception dans le village que celle de 108 1. 
dont il aurait encore proposé aux maire et officiers municipaux de 
prendre chacun pour sa part la somme de 6 francs, mais que ceux-ci 
auraient rejeté avec indignation et qu'en conséquence il soit destitué de 
sa place comme étant indigne de gérer les affaires de la commune », 
après intervention d'un commissaire qui a rétabli « l'ordre et la paix » 
audit lieu, il est recommandé aux officiers municipaux et procureur de 
la commune de vivre désormais en bonne intelligence et enjoint de rap- 
porter la somme illégalement exigée des Juifs. 

Avis du Bureau du Bieu Public, t. IV. 
1. Désigné dans une autro |»;uh'e <le ce procès -verbal sous le nom do Marx Bclir. 



ACTES f)U DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 247 

48. — 3 novembre. — Défense à la înunieipalité de Di'ippigheim de 
porter aucun empêchement an droit d'habitation et de colportage de 
Nathan Israël, Juif, natif de Woerth, établi à Dùppigheim depuis 
16 ans, ni à son mariage avec la nommée Zipper, native de Wintzenheim. 

Avis du Bureau du Bien Public, t. IV. 

49. — 6 décembre. — La municipalité de Westhoffen est autorisée à 
faire retirer des papiers du greffe de l'ancien bailliage du lieu, actuel- 
lement sous scellés, un jugement rendu en 1789 audit bailliage entre 
Salomon Loewel, Juif de Lingolsheim, et Seligman Aaron, Juif de Wol- 
fisheim, dont ce dernier demande la production dans un procès avec la 
môme partie, pendant devant le juge de paix de Molsheim. 

Avis du Bureau du Bien Public, t. IV. 



1792 

50. — 21 février. — Sur la requête de la municipalité de Westhoffen, 
exposant que les Juifs Baruch et Herz Mauschea, bouchers, introduisent 
des viandes en sacs, clandestinement et de nuit, choisissent « pour tuer 
des bestiaux le tems du service divin aux dimanches » et refusent de les 
soumettre à l'inspection de la police municipale « sous le faux prétexte 
de la liberté établie par la Constitution », il est enjoint aux bouchers de 
ne point s'opposer à la visite des viandes par des experts « qui ne pour- 
ront exiger aucune rétribution des particuliers » et à ceux qui impor- 
teront des viandes du dehors de fournir un certificat de visite de la 
municipalité du lieu d'origine. 

Avis du Bureau du Bien Public, î. IV. 

51. — 17 mars. — Les Juifs de Bischheim, se plaignant des difficultés 1 
faites par la municipalité pour recevoir leur serment civique et de la 
prétention où elle était de le leur faire prêter à la manière des Chrétiens 
« ce qui serait contraire à la croyance... nullement prescrit par les 
décrets... et... sans force obligatoire pour leur conscience », et demandant 
l'envoi d'un commissaire chargé de recevoir leur serment, il est enjoint 2 

1. Apres plusieurs ajournements, cette prestation de serment avait été fixée au 
samedi 3 mars. — Au contraire, malgré les efforts laits par la commune de Strasbourg 
contre l'émancipation des Israélites (voir /?. É. ./., LY1II, p. 11 2 sqq.) la municipalité 
avait reçu sans difficultés dans sa séance du 21 février 17 , )2 les serments de Marx 
Berr, Samuel Seli-uiann Alexandre, Barucb Berr, Woltf Lévi (Arcbiv. municipales, 
Délibérations du Corps municipal,, et cet exemple avait été aussitôt suivi par de nom- 
breux Juifs. 

2. Il est intéressant de noter les considérants : « Considérant que la loi du 
%"i septembre 1791 a révoqué tous ajournemens, réserves et exceptions relativement 
aux individus juifs, que tout bomme qui réunit les conditions fixées par la Constitution 



248 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

à la municipalité du lieu « d'accueillir favorablement ses frères les Juifs » 
qui se présenteront pour prêter serment, de les recevoir « en un lieu 
décent, au lieu des séances ordinaires de la municipalité, de ne point 
manifester aucune intolérance par une démonstration de mépris ou en 
gênant les opinions reçues parmi les Hébreux » et de les laisser suivre 
leur cérémonial habituel 1 . 

Avis du Bureau du Bien Public, t. V. 

52. — 17 avril. — Nomination du sieur Laurent, officier municipal de 
la commune de Strasbourg-, comme commissaire pour l'exécution de 
l'arrêté du Département relatif au serment des Juifs de Bischheim. (Cf. 
n° 51.) 

Avis du Bureau du Bien Public, t. V. 

53. — 2G avril. — A la suite des troubles de Bischheim (cf. n 08 51 et 52), 
il est décidé que le serment prêté par les Juifs devant Laurent est reconnu 
valable, le maire suspendu, la garnison de la commune indistinctement 
répartie chez tous les citoyens et que les Juifs seront admis à participer 
aux charges et avantages communs et les habitants du lien invités à 
l'union 2 . 

Avis du Bureau du Bien Public, t. V. 

et qui prête le serment civique a droit aux avantages qu'elle assure; considérant que 
la loi impose simplement L'obligation de la prestation du serment civique sans pres- 
crire ni la forme ni la manière dont il sera fait et que la différence du rit n'a aucun 
rapport avec un acte purement civique: considérant que la liberté des opinions reli- 
gieuses est consacrée par la Constitution même et fait un des plus précieux appanages 
des droits de l'homme, que ce serait la sapper jusques dans ses fondemens si Ton 
cherchait à astreindre les Juifs à une prestation de serment dont le mode de manifes- 
tation est contraire à leurs principes et répugne à leur conscience; considérant que la 
loi est satisfaiste si le serment civique, gage de l'obéissance aux loiv, est prêté et 
qu'il importe que l'Israélite le prête de la manière obligatoire qui attache toutes ses 
facultés morales et intellectuelles et qui lui laisse toute l'impression de l'engagement 
qu'il a contracté en face de l'Être suprême. » 

X. Le rédacteur de la minute avait précisé : « le ebapeau sur la tète, la main sur 
le Talmud, en présence du rabin ». Ces détails ont été ensuite effacés dans la rédac- 
tion définitive. 

2. Nous croyons devoir donner in extenso cette délibération : « Vu l'arretté du Direc- 
toire du Département du Bas-Rhin du (sic par lequel il a été ordonné que les Juifs qui, en 
exécution de la loi du 13 novembre dernier, se présenteront aux municipalités pour y prêter 
le serment civique, ne seront tenus à d'autre forme que celle commune à tous les citoyens 
de lever la main et de répéter les mots : Je le jure, et que la municipalité de Bischheim 
au Saum se conformera à cette règle à l'égard des Juifs demeurans dans sa commune, 
vu aussy les plaintes réitérées faites au Directoire du District par des Juifs de 
Bischheim que la municipalité leurs (sic) faisoit éprouver toutes les difficultés pos- 
sibles dans l'exécution de l'arretté du Département qui les concerne; notre arretté du 
17 avril par lequel* nous avons commis le Sr. Laurent, officier municipal de Strasbourg, 
pour mettre ledit arretté du Département à exécution dans l'étendue de la commune de 
Bischheim; le procès-verbal dressé par le sieur commissaire, les 17 et 18 de ce mois, 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 240 

54. — 30 avril. — Quelques citoyens Juifs de Bischheim voulant 
prêter le serment civique et se faire inscrire au tableau de la Garde 

autre dressé par la municipalité de Bischheim au Saum et signé d'une partie seule- 
ment de ses membres, la pétition de quelques Juifs du lieu qui se plaignent que le 
maire a logé chez les Juifs exclusivement les soldats qui tiennent garnison à Bischheim 
à notre réquisition, l'addresse de plusieurs municipaux et notables de cette commune 
ainsy que des commissaires nommés par le Tribunal du district pour le partage des 
communaux de ladite commune, 

Ouï le procureur sindic, 

Les Administrateurs composant le Directoire du District de Strasbourg, 

Considérant qu'il résulte du procès verbal du Sr. commissaire que s'étant rendu à 
l'autel de la Patrie de cette commune pour y recevoir le serment des Juifs et s'étant 
fait accompagner par la municipalité du lieu et plusieurs gardes nationaux armés, 
quelques uns de ces derniers ont tumultueusement exigé que les Juifs otassent leurs 
chappeaux, malgré que ni la loi ni l'arretté du Département ne l'exigent, que le Sr. 
Schaub, maire, présent et revêtu de son écharpe, au lieu d'appaiser ce tumulte, qu'il 
paroit par la réunion des circonstances^avoir provoqué lui même, a également crié : 
Chappeau bas; que le tumulte ayant augmenté et le Sr. commissaire ayant requis 
le maire de le faire cesser, celui-ci avoit resté immobile à ses côtés, même au moment 
où le nommé Lonis, dit Lion, caporal de la Garde nationale, est sorti armé de son 
rang et s'est permis d'insulter le Sr. commissaire, que le maire n'en a pas imposé non 
plus à l'attroupement qui a crié : Au diable les commissaires; 

Considérant que sans le secours de la force armée envoyée au Sr. commissaire il 
n'auroit pu faire respecter la loi et les décisions des autorités supérieures, et que 
lui-même auroit courrù des dangers, 

Considérant que le prétendu procès verbal de quelques membres de la municipalité 
de Bischheim est une diatribe amère tant contre les opérations du Sr. commissaire 
que contre l'admission des Juifs au rang des citoyens, qu'il est attentatoire à l'autorité 
dont les loix ont revetù les corps administratifs en ce qu'il porte qu'ils ne pourront 
jamais reconnoitre la validité du serment prêté par les Juifs, 

Considérant que le caractère impétueux' du Sr. Schaub, maire de Bischheim, et le 
despotisme qu'il se permet d'exercer dans sa commune sont notoires et trop reconnus 
par l'Administration, qui plusieurs fois a été obligée de le rapeller à l'ordre, 

Considérant que le principal motif de la résistance coupable qu'il apporte à l'admis- 
sion des Juifs est le partage des communaux, duquel il prétend les exclure et auquel 
il fait procéder en ce moment sans authorisation des corps administratifs, 

Considérant que l'authorité exclusive qu'il s'arroge dans sa commune est également 
notoire et prouvée par les réclamations de la majeure partie des membres du Conseil 
général et de la saine partie des citoyens, 

Considérant que ledit Schaub a mis le comble à son arbitraire repréhensible en se 
permettant de loger chez les citoyens qui suivent la loi de Moïse exclusivement le 
détachement en garnison à Bischheim, tandis que cette force publique n'a été apellée 
que pour contenir ceux qui en vouloieut à cette classe et qui seuls avoient provoqué le 
désordre dans la commune; 

Considérant , enfin, qu'il est essentiel au repos public de ce lieu de n'en retirer la 
force armée qu'à l'époque où le partage des communaux sera consommé et que d'ici 
là il est impossible de conserver la réquisition de la force publique a un fonctionnaire 
qui en a abusé d'une manière aussy coupable ; 

Estiment qu'il y a lieu d'approuver la conduite du Sr. commissaire et de dire que 
le serment des cent quarante-huit Juifs de Bischheim au Saum a été bien et vala- 
blement prêté ; 

De suspendre dès à présent de toutes ses fonctions le Sr. Schaub, maire, et d'or- 



250 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nationale du lien, Schoell, membre du Conseil général du Département, 
est délégué pour recevoir ce serment conformément à la délibération du 
Directoire du Département du 27 l . (Cf. n°s 51-53). 
Avis du Bureau du Bien Public, t. V. 

55. — 5 mai. — Minute d'une lettre du Directoire du District au Direc- 
toire du Département lui transmettant le rapport de Schœll 8 (cf. n° 54), 
accusant le maire de Bischheim de loger la compagnie restée en garnison 
uniquement chez les Juifs et d'avoir procédé au partage des biens com- 
munaux sans l'autorisation des corps supérieurs, et demandant à l'Admi- 
nistration départementale de réprimander la municipalité, de décider si 
les Juifs participeront au partage des communaux, d'approuver la con- 
duite de Laurent, et de déclarer valable le serment prêté devant lui le 
17 avril par cent quarante-huit citoyens 3 . 
Avis du Bureau du Bien Public, t. V. 

donner qu'il sera remplacé par le premier officier municipal, lequel repartira sur-le- 
champ chez tous les citoyens indistinctement le détachement en garnison dans la 
commune; 

D'ordonner que les citoyens juifs de Bischheim soyent compris dans le service de 
la Garde nationale et participent aux avantages et aux charges communes à tous les 
citoyens ; 

D'ordonner, en outre, qu'il sera écrit par le Directoire du Département à toute la 
commune de Bischheim pour lui rapeller les sentimens d'union et de fraternité qui 
doivent animer tous les citoyens français et que cette lettre soit lue par un commis- 
saire envoyé sans frais par le Directoire du District, la commune assemblée. 

Arrêtent (pie le tout sera communiqué à l'accusateur public pour faire sévir contre 
les séditieux. 

Fait au Directoire du District de Strasbourg, le 2;i avril 1792, l'an 4. 

[Signe' à In minute : Breu, vice-président ; Wangen, Zimmer, Gh. Popp, procureur 
sindic ; Christiani. » 

L'arrêté du Directoire du Département cité à la première ligne de ce texte semble 
celui du .30 mars (n° 14490 bis), décidant (pue les Juifs prêteront serment en levant 
la main, sans autre formalité. 

1. Cette délibération (n° 15354 décidait des poursuites contre les individus qui 
avaient insulté Laurent, commissaire, et l'envoi par le Directoire du District d'un 
commissaire charge de vérifieriez plaintes dirigées contre Schaub et régler le logement 
des soldats en détachement. 

2. Ce rapport est aual\>e dans la lettre même. Le Conseil municipal qui depuis plu- 
sieurs mois se plaignait du maire Schaub, se serait désisté de ses plaintes et aurait 
dit ne rien savoir des faits du 17 avril Les Juifs, qui déposaient en présence du maire, 
auraient été unanimes dans leurs déclarations, d'où ressort que : 1° plusieurs d'entre 
eux ayant demandé à Schaub, avant le 17, de fixer le jour de prestation de leur ser- 
inent, il répondit qu'ils le prêteraient comme les autres citoyens à l'Assemblée pri- 
maire et ipie le Département n'avait rien à voir à la question; — 2° les citoyens armés 
requis en vertu de l'arrêté du Département du 30 mars, ont été les premiers à crier : 
« Chapeau bas! » et « Au diable les commissaires ! »; — 3° le maire, malgré les 
objurgations de Laurent, n'a rien fait pour calmer le tumulte. 

3. A la suite de cette lettre, l'Administration départementale (séance du 21 mai. 
n° 16100) déclare valable le serment prêté par les Juifs devant Laurent et Sclnell, 
prescrit des poursuites contre le nommé Louis et autres qui ont insulté Laurent dans 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 251 

i 

56. — 22 mai. — La délibération du 21 septembre 1791 portant défense 
à la nation juive de Wolfisheim de continuer la construction de la syna- 
gogue sur le terrain que Abraham Samuel, Juif, a l'intention de lui 
vendre, jusqu'à ce qu'il ait établi son droit de propriété (cf. n° 44) est 
annulée, à charge pour Samuel de payer la rente et d'acquitter les arré- 
rages dus depuis 1786. 

4730. — 8048. 

57. — 29 mai. — A la requête de Samuel Meyer, receveur des impo- 
sitions des Juifs de Mutzig, l'état de répartition (fixé au 28 décembre 1791) 
d'une somme de 654 1. 2 s. 8 d. pour les appointements du rabbin des 
terres de l'évêché est rendu exécutoire sur les Juifs y domiciliés. 

4809. — 12375. 

58. — 9 juin. — Les maire et procureur de Fegersheim et Ohnenheim 
demandant que les Juifs de leur commune ne puissent envoyer leurs 
bestiaux que sur les pâturages qui leur étaient ci-devant destinés, sinon 
de certifier par certificat de la visite faite desdits bestiaux, la municipalité 
de Fegersheim est invitée à aviser l'Administration en cas d'épizootie. 

4920. — 12897. 

59. — 14 juin. — Réception d'un don patriotique de 165 1. 8 s. versé 
par les Juifs de Ballbronn par l'intermédiaire de Machalen Levi, Juif dudit 
lieu, pour subvenir aux frais de la guerre. 

5004. — 13076. 

60. — 3 juillet. — Lazare Aaron, Juif, négociant à Mutzig, demande à 
toucher chez le notaire une somme provenant de la succession de 
J. M. Speisser, adjudicataire à une vente volontaire faite par l'exposant le 
16 novembre 1777 et dont il n'a pas encore payement. 

5170. — 6177. 

61. — 17 juillet. — Le reliquat des appointements dus à Ben- 
jamin Bemmerdinger [Hemmerdinger], rabbin juif de Bischheim, pour 
Tannée 1790, soit 70 1. 14 s 4 d., et ses appointements pour 1791, soit 
186 1. 7 s. 7 d., seront payés, à défaut de paiement par les préposés du 
lieu, par les particuliers juifs portés sur les états de 1790 et 1791, ce 
dernier signé Joseph Lchmann. 

5291. — 13177. 

l'exercice de ses fonctions; arrête que les frais faits par les deux commissaires seront 
payés par le maire et la municipalité, et lea dépenses du détachement requis pour 
prêter main-forte à Laurent la nuit de son arrivée, par la caisse communale. En même 
temps il invite le Directoire du District à lui donner son avis sur le partage des com- 
munaux proposés par le maire et enjoint à la municipalité (sans (railleurs décider 
aucune poursuite contre Schaub) d'empêcher tonte vexation contre les Juifs. 



252 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

62. — 24 juillet. — La municipalité de Wolfisheim est autorisée à faire 
l'avance des frais nécessaires à la réparation de la maison de Sebel Jonas, 
qui menace ruine, sauf recours et droit d'hypothèque. 

5338. — 13363. 

63. — 4 août. — La requête de « Cerf Béer, résidant à Tomblen, ci- 
devant préposé de la nation juive, tendante à ordonner le renvoi pat- 
devant les commissaires délégués pour la liquidation générale des dettes 
de la nation juive » est renvoyée à Rémy, commissaire nommé pour lad. 
liquidation. 

5425. — 13789. 



64. — 16 août. -■ L'amende prononcée contre Boesach et consorts, 
îifs d 
tenue. 



Juifs de Bischheim, au tribunal de Strasbourg le 2 de ce mois est main- 



54,94. - B. G. 13985. 

65. — 40 septembre. — La requête de Mathias Gahen, Juif de Bisch- 
heim, demandant modération de sa contribution patriotique est renvoyée 
à la municipalité du lieu. 

5620. - B. G. 14229. 

66. — 18 septembre. — Lôw Lévy et consorts, Juifs de Ballbronn, 
demandant la vérification des rôles, il n'y a lieu à délibérer, sauf aux 
citoyens Juifs à former leur réclamation en règle. 

5688. — B. G. 14141. 

67. — 27 septembre. — En raison des dons patriotiques 1 déjà faits 
par Mayer Lazare, négociant à Strasbourg, sa contribution patriotique 
fixée par le Conseil général de la commune a i>,000 1. est réduite à 3,600. 

5761. — B. G. 14890. 

68. — 27 septembre. — Il n'y a lieu d'accorder à Aaron Isaac, de 
Dûppigheim, et Salomon Jacob, de Mutzig, adjudicataires de 6,000 paires 
de bas de laine à l'enchère au rabais faite au Département du Bas-Rhin, 
aucune réduction des droits d'entrée (4,000 1.) pour ces bas qu'ils ont 
dû faire venir de l'étranger. 

5762. — B. P. 14992. 

1. Soit : 400 1. pour contribution patriotique (17 septembre 1789), don d'une paire 
de boucles de souliers en argent au Comité de la crante nationale (16 janvier 1790), 
don de 300 1. à la Société des Amis de la Constitution (4 juillet 1792), engagement 
d'un homme à ses frais dans le bataillon des volontaires nationaux de Strasbourg 
(30 juillet 1792). — Cf. la décision du Comité de surveillance «t de sûreté générale 
(25 brumaire an II) réduisant à 10,000 1. la contribution de Marx Baerr « connu par son 
civisme » (Livre bleu, t. 1, 2 e partie, p. 29). 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 253 

69. — 27 septembre. — La requête dTsaac Kiïppenheim et consorts, 
Juifs de Bischheim, aux fins de les recevoir opposants à la contrainte 
obtenue contre eux par Benjamin Himmerdinger [sic), rabbin de Nicder- 
ehnheim, sera communiquée audit rabbin. 

5769. — B. C. 14905. 

70. — 6 novembre. — Sur la plainte dTsaac Kûppenheim et consorts, 
Juifs de Bischheim, molestés par les autres habitants de la commune 
lors de l'Assemblée primaire de Schiltigheim pour la nomination des 
électeurs, il est enjoint à la municipalité de Bischheim d'exécuter à la 
lettre l'arrêté du Département du Bas-Rhin du 30 mars dernier, en ce 
qui concerne le serment à prêter par les Juifs et, sous sa propre respon- 
sabilité, de ne tolérer aucune vexation à leur égard l . 

6100. — B. P. 15066. 

71. — 6 novembre. — Rumpler, prêtre, ayant accusé par lettre à la 
Convention nationale du 21 septembre dernier, deux des membres du 
Directoire du District de prévarication, à l'un desquels « il soutient avoir 
remis il y a quelques mois 1,000 1. de désistement d'une partie de 
domaines nationaux qu'il s'est fait adjuger dans la personne d'un Juif 
son associé », sera assigné devant le juge de paix pour y préciser sa 
dénonciation*. 

Procès-verbaux du Conseil général. 

72. — 18 novembre. — La requête de Manuel Weyl, Juif de Bischheim, 
demandant, vu son âge de quatre-vingt-un ans et sa pauvreté, exemp- 
tion de toutes contributions, est renvoyée à la municipalité du lieu pour 
enquête. 

6200. — B. C. 16143. 

73. — 6 décembre. — La requête de Lob Lévi, demandant au nom 
des Juifs de Ballbronn, la vérification des rôles de la commune (cf. 
n" 66), est rejetée, vu que suivant la matrice des rôles « ceux de la nation 
juive étant pauvres n'ont pas été taxés du tout, et ceux même aisés ne 
l'ont été que très modiquement », sauf à eux cependant, s'ils persistaient 



1. Cette délibération figure également au procès-verbal du Conseil général du District 
du même jour, avec cette précision que l'arrêté du Département du 30 mars, autorise 
les Juifs à prêter serment « à couvert et sans lever les doigts ». 

2. Sur le rôle des Juifs dans la vente des biens nationaux, voir E. Craf zu Solins- 
Rœdelbeim., Die Nationalgilter-Verkduf'e im Dislrikl Strassburg, 1791-1811, Inau- 
gural-Dissertation (Strasbourg, 1904 ; in-8°) : dans les tableaux dressés par l'auteur 
figurent à peine cinq ou six Juifs. — Cf. aussi la pétition du L l Vaillant (Biesbeim, 
20 floréal an II) demandant que les Juifs ayant les facultés nécessaires fussent 
contraints à acheter des biens nationaux (Archiv. Nationales, AA. 1361 [118]). 



254 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

à demander la nomination d'an commissaire, à déposer au secrétariat du 
District le montant de ses frais et vacations. 

6347. - B. C. 16466. 

74. — 11 décembre. — La requête de Meyer Mindel, Israélite, natif 
de Hochhausen l , demandant à se faire porter sa nourriture en prison 
par sa femme, est repoussée, vu que l'exposant a été placé dans la maison 
de force de Strasbourg, pour attentat commis contre la société, que les 
autres Juifs détenus dans la même prison n'ont pas la même répugnance 
pour le régime de la maison et que la police ne saurait être changée pour 
un seul individu. 

6359. — B. P. 16213. 

75. — 11 décembre. — Sur la plainte portée par Kuppenheim et con- 
sorts, Juifs de Bischheim, contre Schaub, maire du lien, qui les a 
empêchés de participer à l'élection du juge de paix du canton d'Ober- 
hausbergen, il est décidé que led. Schaub sera dénoncé à l'accusateur 
public comme perturbateur du repos public, que l'élection du juge de 
paix et de son greffier sera annulée, ainsi que celles qui peuvent déjà 
avoir été faites pour le renouvellement de la municipalité de Bischheim et 
qu'elles seront recommencées en présence d'un commissaire à ce délégué 
aux frais du dit Schaub. 

6369. — B. P. 16535. 

76. — 27 décembre. — Le Conseil général du District réuni au Con- 
seil général du Département, en présence des commissaires de la Conven- 
tion et du commissaire ordonnateur des guerres, statue sur les mesures 
a prendre relativement aux bœufs rassemblés pour l'approvisionnement 
des places fortes et ambulances, et dont partie a été fournie par Hayem 
Worms père et fils ». 

Procès-verbaux du Conseil général du District, 1791-1792, procès-verbal 
coté M. 



1. Palatinat. 

2. Worms, convoque à cette réunion ;ï l'effet d'indiquer si les 398 bœufs pâturant 
sur les glacis de la ville appartiennent à lui ou aux services militaires, est sommé de 
donner toutes pièces et renseignements sur cette entreprise. En vertu du contrat passe 
avec le ministre de la guerre, le 28 février 1792, Worms père et fils s'engagent à 
établir pour Chacune des deux années du Nord et du Rhin, à dater du 10 avril, un 
approvisionnement de bestiaux suffisant pour la consommation de six semaines, sur 
le pied de 2,000 malades pour l'armée du Rhin, à raison d'une livre de viande par 
homme et par jour. Le prix que l'assemblée juge exorbitant est li\é à il s. 3 d. la 
livre pour l'année du Rhin. Une avance de 10(1,000 I. est faite aux entrepreneurs. Ils 
seront indemnisés de tous les bestiaux pris par l'ennemi, morts de maladies épîdé- 
miques ou abandonnés par suite de départ précipité. Ils n'ont aucun droit à indem- 
nité pour cessation de la fourniture avant la lin de la campagne, saut a être prévenus 
six semaines d'avance. Il leur, est permis de faire fourrager partout où les troupes 



ACTES DU DISTRICT DE STRASBOURG RELATIFS AUX JUIFS 255 

77. — 29 décembre. — Sur la requête du citoyen Abraham Auerbach, 
Juif, « tendante à aviser aux moyens pour faire jouir aux Juifs en Suisse 
les mêmes prérogatives qu'aux citoyens français », l'exposant est invité à 
« adresser un mémoire à la Convention nationale sur les vexations aux- 
quelles sont- exposés les Juifs dans les cantons helvétiques, pour que le 
Corps législatif en obtienne une modération, des lois extrêmement avilis- 
santes pour les Israélites, ou du moins une exception en faveur de ceux 
qui ont l'avantage d'appartenir comme citoyens à la République fran- 
çaise ». 

6494. — B. P. 16871. 

(A suivre.) 

fourrageront elles-mêmes et il sera fourni à leur personnel du pain de munition au 
prix fait aux charretiers des ambulances. — Les ambulances n'ayant pas fonctionné, 
le ministre, pat- lettre du 30, accepta d'indemniser les fournisseurs de la nourriture du 
bétail jusqu'au moment de la consommation. — Le 17 mai, le ministère les informe que 
l'armée du Rhin ayant été portée de 30,000 à 41.000 hommes, les approvisionnements 
des ambulances devront être calculés à raison de 4,100 malades. — A la suite de 
cette augmentation, une nouvelle avance de 200,000 1. est faite à Hayems Worms. — 
Dans l'exécution du contrat, l'assemblée « croit saisir le fil d'une trame odieuse contre 
les intérêts de la nation ». 



NOTES ET MÉLANGES 



A PROPOS DU TALMUJ) DE JÉRUSALEM 
(Taanit, 63 rf-64 a) 

Il n'est pas besoin d'insister sur l'état défectueux dans lequel 
nous a été conservé le ïalmud de Jérusalem. M. Bâcher a exposé la 
question ici même \ avec sa compétence que tout le monde admire. 
Pour améliorer et compléter le lexte, on en est réduit à recourir aux 
ouvrages qui citent ce recueil et qui disposaient de manuscrits plus 
exacts que celui dont s'est servi le premier éditeur. C'est la tâche à 
laquelle M. Ratner a voué ses efforts depuis plusieurs années et 
dont il s'est acquitté jusqu'ici avec une science et une conscience 
irréprochables. Je voudrais montrer par un exemple et combien le 
texte de ce Talmud appelle des corrections et de quelle ressource 
est le Midrasch, pour les passages agadiques qu'il utilise. 

On lit dans j. Taanit, 63 d-QA a : 

ï-nx -pnïï y-pr> T n7J ) ûT»*M bN-na^ t>km û^m rttonn *pma 
vm N^in yprr ■yintt rtawri ^antt mas mar ^ama !inm ^an» 
btnw* ^aa anafcm a->*niT7o *p 7û n»^i aarrrî a^ann a^^a wi avon 
nrmas ^ama orpaa n« ûwk jjata-a mat ^n» np^n rmajn je 
:nt<s- ^:a n« û^nbN K"n ma» ma; ^inw im-ia ns* fiinb» nana 
ian73 fb nata "i73ix «in pa ypn ■pra 2 toWK ar*n rraitari ^in7û 
r-iai^n '■pna naaa ûwn m-anaa rtb«n D"»"iain ba *p«Àa r-naî 
na©^ «ba 'jmrr.a^ aba ^dt» n? a-wa -pnTa ■pnba ^ aam bs "»a 
^tp?: tanb -aa:a &rpa n»a« «an pi man naax ^ina ■•prou pna 
mai "pria arma Dnb -an ramas *pna an:" 1 -) n« ijbim mz 
.amarra ^~\r\i2 k a^amb Dm» fma raaaon ^pna a*nan aana ana^a ma» 

1. Revue, XLI1I, 1». 310. 

2. Exode, 11, 23-25. 

3. Deut., iv, 30-31. 

4. Psaumes, cvi. 44-45. 



NOTES ET MÉLANGES 257 

« A cause de cinq choses les Israélites ont été délivrés de 
rÉgypte : à cause de la fin (la date fixée étant arrivée), de la détresse, 
des supplications, du mérite des patriarches et du repentir. A 
cause de la fiu — car il est dit : « Après ce long temps mourut le 
roi d'Egypte, les enfants d'Israël furent dans l'angoisse et crièrent 
vers l'Éternel. » A cause de la détresse — : « Dieu écouta leur 
plainte ». A cause des supplications — : « Dieu se souvint de 
son alliance [faite avec les patriarches]. » A cause du mérite des 
ancêtres — : « Dieu vit les enfants d'Israël. » A cause du repentir : 
«Dieu reconnut... » A cause de la fin. Pareillement il est dit : 
« Lorsque tu seras dans la détresse » — c'est là la détresse « et 
que t'arriveront toutes ces choses à la fin des jours, tu reviendras » 
— voilà le repentir — , « car l'Éternel ton Dieu est un Dieu miséri- 
cordieux » — c'est la miséricorde — ; « il ne t'abandonnera pas, ni 
ne te fera périr, ni n'oubliera l'alliance de tes ancêtres » — voilà le 
mérite des patriarches. — Semblablement il est encore dit : « Dieu 
vit leur détresse » — détresse — ; « il entendit leurs cris — cris — ; 
« il se souvint en leur faveur de son alliance » — patriarches — ; 
« il se ravisa selon l'abondance de sa pitié » — repentir — ; « et 
il les prit en grâce » — miséricorde. 

Il ne faut pas une sagacité extraordinaire pour reconnaître que, 
dans le premier paragraphe, les versets sont cités à contre-sens et 
qu'au lieu de se rapporter à ce qui précède, ils expliquent ce qui 
suit. Le texte devait être ainsi conçu: « ...les enfants d'Israël 
furent dans l'angoisse. . . , de là : à cause de la détresse. — « Dieu 
entendit leurs plaintes », de là : à cause des supplications. — Dieu 
se souvint de son alliance : de là : cause des patriarches », etc. 

La correction s'impose : il suffit de supprimer les mots yprt ^pntt 
que nous avons mis entre parenthèses pour remédier à cet incon- 
vénient K . 

Mais on n'est pas encore sorti d'embarras, car dans le deuxième 
paragraphe manque la mention de la « fin », qui justement est 
redoublée inutilement dans la première partie. Sans le moindre 
doute, il faut la rétablir après les mots « à la fin des jours ». 

Cette difficulté résolue, s'en présente une nouvelle, c'est le défaut 

1. La déduction, au premier abord étrange, qui rattache la pénitence à ces mots : 
« Dieu vit», est confirmée par la Mechilla, sur xix, 2 (p. 616) : T2J"*pb "J3 rmrP '■) 

,rmiDn 110210 Dm n&n bfiour ^aa nx a^nbx crm -1731» ann ^nn -itoik 
ht -ut» xb-i mTOn iid*id orra jt svib'M sn 1 »! ,iiT nx ht-ini xb om 
N"rn -ittix eon ^nn rppotnn p ^ov xnx wmn -paix nrybx 'i ,ïiT2 
d'htij an© ovanb T-nn? un© V3sb sn-j-n -nba bsrmji -^a nx D^nbx 
rropn navan row rrob *p ban ywj. 

T. LX, n° 120. 17 



258 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de pendant à L'article « supplications »; celui-ci est remplacé par 
la « miséricorde ». 

Les « supplications » reviennent au troisième tableau, mais le 
rapport entre la « pénitence » et l'abondance de la pitié divine n'est 
pas visible ; comment celle-ci désigne-t-elle nécessairement le 
repentir? 

Enfin, manque la citation relative à la cinquième condition, à 
savoir la « fin ». 

En outre, il est singulier que tout le discours soit présenté sans 
nom d'auteur. 

Plus incompréhensible est encore l'absence d'un complément 
que nous attendrions. D'ordinaire, en effet, si l'on relève les raisons 
pour lesquelles les Israélites furent délivrés d'Egypte, c'est pour 
enseigner du même coup que c'est à ces mômes causes que sera dû 
le salut final d'Israël. 

Or, il se trouve justement que ce passage du Talmud de Jéru- 
salem est reproduit dans Debarim Rabba, h. 

i-rc7:n ^im ab» ib«aa «b Csi-ieee benc ibKaaœa a"n ^nzx 
"pn^T r-naN mDï ^inai ï-iavsn ^"intti ms -pnE ibi* ta-nan 
•■pnTa ^anc ^aa "inaetn a*ra-i mx "pritt ,yp- Tintti ta^Tarn 
riN trnba -nan 'ai ma» mDï 'jinB /Canne b*m 'roi naiïïn 
VP^ ^nnwn ^«-rtF ^aa dn bTib» «-m 'ai tram *pntn .irma 
ama«-j na^n "prira k?m "pbKaa y« »ab "prub t|«i ,ta^nbM an-n 
'n 13* n:ci ,1-nx ^pnE ^nn -b -122a 'roi mît ^pnn [...] ,nbbïi 
,tararn "pn?a ^n *pnb« 'n oirn b« ^a t n^nvir\ '■pntt nn *pnb* 
a-nanri ba ■p 5 ** 73 ' 1 ,ma« msT "prwa nn ^ma» rrna p« rDCT Rbï 
■nxa sn^i fma ©*pb Tm ,ypn "prun "nn sra^n mnrwa rib^n 
man ,nar:n *pn?a nn Dnan ba ujraa ,fns ^pntt "'•n anb 
"pria nn ta^omb amN jrrn ,ï-mM mar "çinTa "nn irma fcaîib 
.ypn ■jnnn ,- in û*nan ira nab^m lasap") la*^ ^nb« "»3y<win # tram 

R. Éléazar dit: « Les Israélites lurent sauvés de l'Egypte pour 
cinq raisons : à cause de leur détresse, de leur repentir, du mérite 
des patriarches, de la miséricorde divine et de la fin (parce que 
le moment assigné par Dieu était arrivé. A cause de la détresse, 
parce qu'il est écrit : « Les enfants d'Israël gémirent » ; à cause du 
repentir, parce qu'il est écrit : « leurs cris montèrent » ; à cause 
du mérite des patriarches, parce qu'il est écrit : « Dieu se souvint 
de son alliance » ; à cause de la miséricorde divine, parce qu'il est 
écrit : « Dieu vit les enfants d'Israël » ; à cause de la lin, parce 
qu'il est écrit : « Dieu reconnut. » Pareillement dans l avenir les 
Israélites seront sauvés pour ces cinq raisons, à cause de leur 



NOTES ET MÉLANGES 2S9 

détresse, etc. Il est écrit, en effet : Lorsque tu seras dans la 
détresse » — c'est là la détresse —, « tu reviendras à l'Éternel ton 
Dieu » — c'est le repentir —, « car l'Éternel ton Dieu est un Dieu 
miséricordieux » c'est la miséricorde — ; « il n'oubliera pas 
l'alliance de tes ancêtres » — c'est le mérite des patriarches, « alors 
que t'arriveront toutes ces choses à la lin des jours » — voilà la 
fin. C'est que David a ainsi exposé : « Dieu vit leur détresse » — 
détresse — ; « il entendit leurs cris » repentir ; r. il se souvint 
en leur faveur de son alliance — mérite des ancêtres — ; « il les 
prit en grâce » — miséricorde ; « sauve-nous, Dieu de notre salut, 
réunis-nous et arrache-nous aux nations » — fin. 

Toutes les difficultés disparaissent : 

1" Il y a un nom d'auteur, R. Éléazar. 

2° Les versets cités s'accordent exactement avec ce qu'ils doivent 
confirmer. 

3° Le complément final requis en pareille circonstance ne manque 
pas. C'est précisément l'objet de la seconde partie de l'exposé. 

Les lacunes sont comblées, et il y a harmonie parfaite entre les 
trois tableaux i . 

On voit même pourquoi a disparu le nom de R. Éléazar, c'est par 
suite d'un bourdon, le paragraphe précédent finissant précisément 
par le nom de R. Eliézer. 

Le compilateur de Debarim Rabba disposait donc d'un bon 
manuscrit. 

C'est un ms. du même genre qu'a utilisé le Midrasch sur les 
Psaumes, cvi, 3, et c'est une leçon analogue qu'a remaniée l'auteur 
de la Pesikta Rabbati, xliv, p. 184 b de l'éd. Friedmann. 

Israël Lévi. 



L'ACADEMIE DE LYDDÀ 

A propos des notices de M. S.Klein [Revue, LX, 107-8) il y a lieu 
de remarquer ce qui suit : 

1° Dans la baratta Sa?ih., Ma: jnz* Y'a "imn ^bn srmn pis pTO 
. . .Vn Tmb T"2-n -tin nbb k"*i ^ihn, les deux premiers termes de 
rénumération ne sont pas nécessairement authentiques, quant au 

1. Je n'examine pas ici s'il faut préférer la leçon !"î31ÏJP « repentir « , ; i relie de 
FimX « supplications 



260 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lieu de résidence des Sages. Sifré Deutéron., xvi, 20, a seulement 
n"i btë T"a nnan ï"a-n biD îan n->a -im, sans mention de lieu, -mab 
b^n est peut-être une addition, provenant de la Tossefta Maaser 
Rischon, n, 1 (R. Josué a, dans une certaine circonstance, fait le 
voyage dans cet endroit inconnu par ailleurs, au moment où R. 
Yohanan s'y trouvait fortuitement). — Quant à R. Eliézer, il n'est 
pas prouvé non plus qu'à l'époque du Temple il eût une école à 
Lydda. Dans Béça, 5, il est dit simplement qu'il possédait un vi- 
gnoble à l'est de Lydda nb rnraa tro. Ce qui est sûr, c'est que Lydda 
devint tout de suite après Yabné un lieu de séjour de docteurs ; 
cf. Tossefta Yadaïm, n (éd. Zuckerm., p. 683) trapr w vra ^» 
Tibb rtWîa iNaïaa D^im-fi, et alors R. Eliézer ne présidait aucun 
Rèt-Din, il y vivait à titre privé et demeurait dans une boutique de 
boulanger nba "pEinns bc rnana atm. Il résulte même de Tossefta 
Taanit, n (p. 217) que R. Eliézer (de même que R. Josué) ne se 
soumit pas à une décision du Bêt-Din de Lydda : rwn tiwi ïrtDato 
nD^oi a""") bj naiana (c'est là, sans doute, la vraie leçon, tandis que 
jer. Taanit, 66 a "iepdtb n"i by -nb? lins-) est une variante due à 
une mauvaise interprétation). 

2 d L'expression Nan Nnaviîa ne doit pas être prise comme la 
désignation officielle de l'académie de Lydda, don on puisse rien 
conclure à l'égard de l'araméen et de l'âge de l'école. En beaucoup 
d'endroits, l'académie de Lydda est appelée simplement tzmttn ma : 
par exemple Tossefta Pesahim, u p. l«sî> pour l'époque de R. 
Gamaliel II : mbn ibttoïi maa, et à la lin du même traité (p. 173) : 
«n*rorj mab isbm 1^1:1. 

Raschi a donc parfaitement raison d'identifier son Nna^ntt avec 
b*nan ï3"n» ma. 



Vienne, juillet 1910. 



A. Kaminka. 



LES NOVELLES DE IL NÏSS1M SUR MEGUILLA 

L'ouvrage intitulé les «Novelles sur Meguilla de R. Nissim » 
iD^oa "i^a-ib . ..nb^w "wm) a été imprimé à Jérusalem en 1884 
d'après un manuscrit d'Ancône, et l'éditeur l'attribue à R. Nissini 
(b. Ruben) Gérundi, en se référant à Azoulaï, qui. avait vu ce 
manuscrit. Mais l'ouvrage ne contient pas de Novelles sur le Tal- 
mud, ni n'appartient à IL Nissim Gérundi. 



NOTES ET MÉLANGES 261 

Ce ne sont pas desNovelles sur leïalmud, mais un commentaire 
d'Alfassi sur Meguilla, car Fauteur explique, d'une part, unique- 
ment les textes accueillis par Alfassi et, d'autre part, les textes 
d'autres traités cités par Àlfassi. Exemples : ^aatt naia 'atta *ja^a 
. . .ma (4 a) ; . . .din ^aa a"a "pcaaa "p^ona (7a) ; "p« ï^apa ""3H n»« 
. . ,p3 DO (96 ; pris dans Gaittin, 49 6, comme les autres passages 
cités par Alfassi ') ; irma» pios ûann^rr (10 b; d'après Tossefta 
Meguilla, citée par Alfassi à la fin du chap. îv, ici chap. m) ; [«bi] 
tdd-hd "ppm n* ma*»» rrmab ï-npsa (11 « ; de /^aôa 6a*ra, 36, cité par 
Alfassi' 2 ;. Dans 12a, s. v. Va '"totri an^a, l'auteur explique les 
paroles d'Alfassi ; à la même page, .9. v. 'fia «po^s, c'est une 
citation d'Alfassi, comme l'avait déjà remarqué l'éditeur, qui a 
ajouté inutilement ■'OBbaa. Plus loin, on lit : amn n"tf "labn n"an «m 
r-iao^a rrrowi . .s-wiasp mia*b mat» bbcnnb rcaan mab aaaDn 
fiKnfi p-is mana. V. encore 3a: . . .îTptn arnaaa r n73K; 7a: •ysn 
...«ai -ibk an^aa Nam 8n*»tz) amas. Si tout l'ouvrage est un 
commentaire d'Alfassi, il est naturel que celui-ci y soit souvent 
appelé mn tout court (4a, 406, 11 a, 106: b"î a-ifi b* . ■«afinm 
«m'nam nata^n vmabna ararraj ; 12a: mrt :r»tûn nra b? *wr tfbn 
ïiby inat* -i"cn anb airobtt b"T). 

Que si notre ouvrage est un commentaire d'Alfassi, il est impos- 
sible a priori de l'attribuer à R. NissimGerundi, puisque nous pos- 
sédons de celui-ci le commentaire complet sur Alfassi sur Meguilla. 

Or, voici une piste. Notre auteur cile plusieurs fois le Si fer 
Milhamot de Nabmanide, qu'il appelle son maître et qui est encore 
en vie (» w tt3 iranj. Comparer 46: ...mztù "irma ^aatt £"id na^a^i anav, 
56 : ...abn lan ana it"ua wam; 6 6 : ...NnaVn apposa "O ar"o ^a-i -ien; 
76: ...maria attiD -«usa ï"-h b? ir";a iran aroi, avec Milhamot, 
ad locos. Dans 13a-6, la note additionnelle (nb^am ^ao pns .E|ba ms) 
à laquelle l'auteur renvoie dans le commentaire, ad loc, est tout 
entière empruntée aux Novelles de Nahmanide sur Guittin, 6 b, 
sauf que les mots de celui-ci ...nma» na^wz) it na^nau; *b rtfina ba« 
-ian nny pi Lananua aba it fiaTûa ana^b "pToo aaa en ban sont rem- 
placés par ...it na->na ana^b la-vn ^pao an ban ...iï na^nau: ruoa bas. 
L'auteur est donc un disciple de Nahmanide. 

Ce n'est d'ailleurs pasR. Aaron ha-Lévi(fiVifi), qui est également 
un élève de Nahmanide et un commentateur d'Alfassi, car son 
commentaire diffère du nôtre par le plan et le style. De plus, 
R. Aaron passe presque toujours sous silence les objections de son 



1. L'addition de l'éditeur a"j> 'SlQ Ep 'ptaaa p^D"^ est «loue inutile. 

2. Toute l'addition de l'éditeur est inutile. 



262 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

arrière-grand-père R. Zerahya ha-Lévi ainsi que les répliques de 
son maître Nahmanide. Il appelle toujours R. Zerahya -opT -on» 
ouano m\ ce que ne fait pas notre auteur. Enfin, R.Nissim Gerundi, 
dans son Commentaire d'Alfassi, I (surf 128 b), cite un passage de 
celui de R. Aaron ha-Lévi : V't n"«in aro -ibbn n-punp prrraiD nenai 
«m û^d3 -oab r-VuTs namp nna •p-ina» û^ms nvo pi mabri '"-sa 
r-j373îa abs ann abu) rrj"n oms nrrotzH sib-wa -wip tmp iwipE î P ar 
contre, notre auteur donne la même explication que R.Nissim (5 a). 

Je crois que notre auteur est R. Nathan b. Joseph, élève de 
Nahmanide et auteur d'un commentaire sur les Hilchot Nedarim- 
de son maître, souvent cité dans la Schitta Mekoubbécet sur 
Nedarim 3 . Il écrivit aussi des commentaires ou des Novelles sur 
les traités Kiddonschin et Guittin (d'Alfassi?), qu'il cite dans celui 
de Nedarim' 1 . Son chiffre }''"> (ou "^an, comme il est appelé dans 
la Schitta) a été confondu par quelque copiste, ou par l'éditeur, 
avec celui de R. Nissim Gerundi (f% n"am). 

Au rebours de R. Nissim, notre commentateur est concis ; 
rarement il est plus que commentateur. Comme lui, il copie 
continuellement le Commentaire talmudique de Raschi ; il cite 
souvent le Maor de R. Zerahya ha-Lévi (4a, 46, 5a-6, 66, 1b, Sa, 
106 ; sans l'indication de l'auteur 26, s. v. rima "p-rip *pN ; i^a, s. v. 
rr-rra ; Mb, s. v. "p-oiTs "pN 'pmsntt ; cf. le Maor sur ces passages). 
Il utilise beaucoup les ouvrages de son maître Nahmanide, comme 
on Ta vu plus haut, et même sans le nommer (26 en bas — Sa, cf. 
Milhamot ; 46, s. v na-io ; 073a "ja^ona : ann -itqkid rroi ...m -nan b"-n 
....rcoJta wm V't est pris dans Milhamot sur Soucca, iv m. ; v. 
encore 2a: ...irm -ie-ièo ...nrn-ib Mena a-"* ...ira-ib truspi). Souvent 
aussi il cite le lttour (4a, 46, 8a, 126) ; il le copie textuellement 
sans le nommer (4c, s. v. nrwa abra = lttour, éd. Lemberg, 46a; 



1. Voir la préface du D*obn rmpD- 

2. Appelé mabïtn DlbUJn dans sa préface hébraïque et la poésie araméenrte 
des Hilchot Nedarim ou Bechorot (dans la préface : m D 5 H Û T b TZ5 n b DTHan 
'n "ON . ..bnan 13'"a'"i, Livourne, 1795; dans les éditions postérieures du Taltnud 
incorrectement : Û^b'Onb ; cf. sa poésie araméenne, v. 15, N n 73 *i t> O n "1*171731) 
et cité sous le même titre dans les prétendues Tossafot de R. Isaac l'Ancien sur 
Kiddouschin (dans l'éd. du Talmud de Wilna), f 1 23 : nna Dlbttînn 3J3 3"im 
5ÔD "nai D"m33 (cf. Hilchot Nedarim, sur 88a), 616: *>l3D1D73 "INwT b"'"n 
.. .^nn {H. Ned., surfil) p"D ÏD**~1"Ij"3 3rO DlbtZînrt ; >1 ne faut donc pas 
le confondre avec le nÉbttïrtîl b*3 [tô. f f° 616), contre Blau, dans la Festschrift 
Harkavy, p. 364. 

3. Voir la préface de Zomber. 

4. Voir Zomber. Outre le passage (65 «, s. v. "-m"-tf*i) indiqué par celui-ci, son 
commentaire sur Guittin est encore cité ibid., 46 6, s. v. NpO"33 TDip73"", ainsi que 
celui de Baba Kamma (...bmnfl piD N73p «333 ÉOlïï'HD-D). 



NOTES ET MÉLANGES 263 

5a, s. v. "pbba '\ TTrnptt iban = Ittour, AQb ; 6c-d. s. v. iroa T« 
= Ittour, 46 d ; 7 6, .v. v. D"ibu; ^ai = Ittour, 46c-d\ ibid., s. v. 
■^btcn-p = Ittour, AQd; 8c, s. ». n"3tt = Ittour, A$d; ib., s. v. tpïï 
tt"nrï, sans les mots de Maïmonide, ^nbwm — Ittour, 41 a; 12c, 
s. u. û-msa = Ittour, Al a). 

Il mentionne encore les ScheeltotdeR. Ahaï (26, d'après R. Tarn), 
R. Aha de Schabha (3 a) on S. Aha (4 a), les Halachot Guedolot 
(3 6, 46), R. Ephraïm, disciple d'Alfassi (outre les citations du 
Maor, dans la, lia : «"-îrf, R. Jacob (Tarn, 26 [bis], 9a) ouR. Tarn 
(Aa, 6b), son Tikkottn Se fer Tora [ibid.], son Sèfer ha-Yaschar 
(9a, 13a, d'après Nabmanide sur Gui t tin), le Rabad (126; 11 a: 
nbwD 'iinna ; 9 6 : otzn watt»), Maïmonide (ïfj ma» rai aift : 4 a, 
me» irai bmi a*ti : Ta, b"TEia tt"-a : 8 6, V't nu:73 irai a^n : 12 6), 
R. Hayyim (Cohen, 2a), le 5. Yeréim (la, d'après le Ittour), son 
père (? 11 6: b"r ^aa mn). 

Notre commentaire était connu de R. Nissim Gerundi, qui l'a 
ulilisé. Comparer R. Nissim sur Alfassi, 129 a : 173b» nnttUJ *j:m73in7n 
irna ab in mb^aa "13 ama dk d ^ ti s n rt n 2 p 73 ipanoa iddm tiohuî 
...arm Kù^iao 'psDfcriû'ra, avec notre commentaire, Qa : ■*» "jb apsûtt") 
ar'sn . . .awna ap ab ïTOfenn a™ ...»b 18 mb^a -no«. Autres emprunts 
indirects : 1286, s. v. "p* ira = notre commentaire, 5a (d'après le 
Ittour, v. plus haut) ; 129a, s. v. "pi-pan» 'm, nrpwuo, "«Dbrra Tfri 
ma» mbrai, pris à notre commentaire, 5a; 1356, s. r. awsipEiN 
= 12a ; 144a, 5. ». brtf rira*» (— 10 6), etc. 

Il est probable que les « Novelles » sur Be'ça et Taanit, qui se 
trouvent dans le même manuscrit d'Ancône, ne sont pas autre 
chose que le commentaire de R. Natan b. Joseph sur Alfassi. En 
tout cas, il vaudrait la peine d'examiner attentivement ce manuscrit, 
mais où est-il maintenant ? 

Vienne, 18 mai LMfc 

I. N. Epstein. 



UN MANUSCRIT HÉBREU DE LA BIBLIOTHÈQUE DE ROUEN 

La Bibliothèque municipale de Rouen possède un manuscrit 
hébreu qui rappelle un trait curieux de l'histoire des Israélites au 
moyen âge. 

Ce manuscrit fait partie de la Collection Leber 3017 (29). Il est 
décrit succinctement dans le Catalor/ue g e'néfal des Manuscrits 



264 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des Bibliothèques Publiques de Finance. — Départements, t. II 
(Rouen), page 71. 
En tête du manuscrit se trouve la notice suivante : 



LIVRE DE PIE VI. 

Emblèmes tirés de la Bible, peints sur 50 feuilles de vélin, avec des 
devises en hébreu et en latin, d'une très belle écriture, or et noir. 

Pet. in-f°, riche reliure italienne en veau, à compartiments, dentelle et 
fleurons, aux armes de Pie VI. 

(Ce manuscrit fut offert par les Juifs de Rome à Pie VI, lors de son 
avènement au pontificat. 

Le premier feuillet, orné des armoiries de ce pape en or et en couleurs, 
est suivi de la Dédicace partie en lettres d'or. 

On a joint à ce volume la traduction manuscrite des devises qu'il 
contient, par M. Silvestre de Sacy, avec une lettre de ce savant sur le 
même sujet.) 

Il était d'usage autrefois que le jour où un nouveau Pontife prenait 
possession du Saint-Siège, les Juifs de Rome lui offrissent un rouleau où 
étaient inscrits les préceptes de Moyse, ou le livre de la Loi. C'était une 
sorte d'hommage dont ils étaient tenus envers le souverain temporel qui 
les tolérait. Depuis un certain temps, le rouleau a été remplacé par un 
livre moderne, mais dont la forme et les ornements, plus ou moins 
riches, pouvaient varier ainsi que le sujet. 

On trouve dans le Moniteur du 10 mai 1835 et dans les journaux du 
lendemain la description du Livre présenté à Grégoire XVI 1 , suivant le 
même usage, et qui, à en juger par le prix, devait surpasser tous les 
autres en magnificence; il coûta 10,000 francs. 

Les devises, inscrites en bas des emblèmes, sont des versets ou 
fragments de versets de la Bible. Elles constituent toutes soit une 
louange du Pape, soit un vœu exprimé pour son bonheur. Au- 
dessous du texte hébreu de chaque devise se trouve la traduction 
latine. 

Chaque fois que dans les devises hébraïques paraît le mot p*T*, 
ce mot est écrit en lettres d'or. C'est une allusion au nom du Pape, 
Pie, Plus qui est la traduction de p"His. Voici les versets cités qui 
renferment ce mot : p"ns tûanb ms-n (Proverbes, x, 6); p"^£ ^nriD 



1. Il doit y avoir là une erreur de date : j'ai cherché en vain dans le Moniteur du 
10 mai 1835, la description du livre offert à Grégoire XVI. Une seconde notice, relative 
à la description de ce livre, est jointe au manuscrit; on indique qu'elle est extraite du 
Moniteur du 10 mars 1836 : je n'en ai pas trouvé trace dans le Moniteur de cette 
date; il y a donc là également une indication erronée. 



NOTES ET MÉLANGES 265 

■pin iw ib., 32); p'Hisb asra nvj (Psaumes, xxxvn, 16); n^rû p-ns 
pns^ (iô., xcii, 13); "pa bs p-«-7i£b nn*o ab (Proverbes, xu, 21). 

Outre la dédicace en vers hébreux qui se trouve à la tête du 
volume et qui est traduite en latin, une autre dédicace, également 
en vers hébreux et traduite en latin, est insérée entre le 25 e et le 
26 e feuillet, c'est-à-dire juste au milieu du volume. 

Le manuscrit se termine par une pièce hébraïque en prose, 
commençant par ces mots : tmbttb rrniDn irra-i. On y appelle la 
protection de Dieu sur le Pontife Pie VI, p^isn TPD-'san laamsb 

Moïse Schuhl. 



BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

ANNÉE 1908 (suite 1 ) 

2. Ouvrages en langues modernes (suite et fin). 

Taglicht (J.). Die angeblichen Wurzeln des Jndenhasses historisch 
beleuchtet. Vortrag. Vienne, 1908; in-8° de 19 p. (Tirage à part de la 
« Oesterr. Wocheoschrift », 1908, n ,s 2-4). 

[Talmud]. Der babylonische Talmud, mit Einschluss der vollstandigen 
Misnah, heratisgegeben nach der ersten, zensurfreien Bombergschen 
Ausgabe (Venedig 1520-1523), nebst Varianten derspàteren von S. Lorja, 
J. Berlin, J. Sirkes und Anderen revidirten Ausgaben und der Mùn- 
chener Talmudhandschrift, môglichst sinn- und wortgetreu ùbersetzt 
und mit kurzen Erklârungen versehen von Lazarus Goldschmidt. 
VIII. Band. 3. und 4. Lieferung. Der Traktat Menachoth (von den Speis- 
opfern). Leipzig, Harassowitz, 1908; in-4° de p 405 800. 

[Talmud]. The Babylonian Talmud. Original text edited, formulated, 
punctuated and translatée! by M. L. Rodkinson. New édition. Londres, 
1908; 10 vol. in-8". 210 s. 

Taubler (EJ. Voir à Mitteilungen. 

Telch (C). Introductio generalis in Scripturam saeram. Hatisbonne, 
F. Pustet, 1908; gr. in-8° de xvi -f 462 p., 1 fig. M. 4,50. 

Tell el-Mutesselim. Bericht ùber die 1903 bis 1905... veranstalteten 
Ausgrabungen. I. Band : Fundbericht. Erstattet von G. Schumacher. 
Herausg. un ter der verantwortlichen Hedaktion von Steuernagel. 
Text- und Tafelband. Leipzig, IL Haupt, 1908; in-4° de 492 p., 292 grav., 
1 table et iv p. -j- 50 tables. M. 40. 

1. Voir Revue, t. LVIII, p. 129 ; t. MX, p. 133 et 278 ; t. LX, p. 110. 



BIBLIOGRAPHIE 267 

Teneromo (J.)- Tolstoï sur les Juifs. Préface de 0. Pergament. St-Péters- 
bourg, 1908 ; in-8° de 64 p. R. 0,30. 
En russe. 

Tennenbaum (J.). Liturgische Gesânge fur Synagoge, Schule und Haus. 
1. Abt. : fur Freitagabend und Sabbat. Stuttgart, Metzler, [1908]; in-8° de 
32 p. M. 0,60. 

Theimer (C). Antisemitismus und Nationaljudentum. Ein arischer Beitrag 
zur Lôsung der Judenfrage. Vienne, Stern, 1907; in-8> de 53 p. M. 1. 

Theologischer Jabresbericht, herausgegeben von Prof. Kriiger und 
Kôhler. 27. Band, entbaltend die Literatur und Totenschau des Jahres 
1907. I. Vorderasiatische Literatur, bearbeitet von Gressmann. II. Das 
Alte Testament, bearbeitet von Volz Leipzig, Heinsius, 1908; 2 vol.gr. 
in-8° de ni + 53 et iv -f 108 p. 

Thirtle (J. W.). Old Testament problems. Critical study in the Psalms 
and Isaiah. Londres, Frowde, 1907; in-8° de 344 p. 6 s. 

Thomas (J. M.). The Christian faith and the Old Testament. New-York, 
Crowbell, 1908; in-12° de 10 -f 133 p. D. 1. 

Thomas (W. H. Gr.). Genesis, XXV, 2-XXVI, 8. A devotional commentary. 
Londres, 1908; in-8° de 190 p. 

Thompson (E. F.). u.exavo£o) and [xsxafxéXet in Greek Literatur until 100a. d., 
including discussion of their cognâtes and of their Hebrew équivalents. 
Chicago, University Press, 1908; gr. in-8° de 29 p. 

Thompson (H.). The Coptic (Sahidic) Version of certain books of the Old 
Testament from a Papyrus in the British Muséum. Londres, Frowde, 
1908 ; gr. in-8° de xvm f 191 p. 12 s. 6 d. 

Thompson (R. C). Semitic Studies, its origin and development. Londres, 
Luzac, 1908; gr. in-8° de xvi + 286 p. 10 s. 6 d, 

Thomsen(P.). Systematisehe Bibliographie der Paliistina-Literatur. I. Band: 
1895-1904. Leipzig, R. Haupt, 1908; gr. in-8° de xvi -f 204 p. M. 5. 

Pour faire suite aux Bulletins bibliographiques de la Zeitschrift des 
Deutschen Palastina-Vereins, qui s'arrêtent en 1894, M. Th. a réuni tous 
les ouvrages, articles et comptes rendus relatifs à l'histoire et à la géographie 
de la Palestine publiés de 1893 à 1904. Une suite paraîtra tous les cinq ans. 
Les articles sont rangés d'après les matières sous différentes rubriques. Les 
grandes divisions sont : Généralités et bibliographie, histoire, géographie 
historique et topographie, archéologie (voyages et fouilles), nouvelles trou- 
vailles archéologiques (mosaïques, inscriptions), Palestine moderne (y com- 
pris le sionisme), géographie. Un index des noms d'auteurs facilite les 
recbcrclies. Ce précieux répertoire bibliographique permet de s'orienter faci- 
lement dans une littérature tellement dispersée qu'il devient de plus en plus 
difficile fie s'y tenir au courant. 

Tolstoï (L.). Ueber die Juden. Deutsch von S. Brauner. Vorwort von 
0. Pergament. Berlin. E. Murawkin (N. 24, Friedrichstr. 136), 1908; 
in-8° de 48 p. M. 1. 



268 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Torge (P.). Unterweltsvorstellung und Unsterblichkeitshoffnung im Alten 
Testament. Thèse. Iéna, 1907 ; in-8° de 46 p. 

Torre (Lelio Délia). Scritti sparsi, preceduti da uno studio biografico 
intorno ail' autore. Padoue, R. Stab. P. Prosperini, 1908; 2 vol. in-8° de 
xvi 4- 556 et xvni -f 494 -f- CXVI (partie hébraïque) p. 
La biographie est de M. Michèle délia Torre. 

Townsend (L. T.). The Déluge. History or myth. New-York, 1907 ; in-12<> de 
117 p. 

Transactions of the Jewish Historical Society of England. Vol. V, 1902- 
1905. Londres, impr. Ballantyne, Hanson and Co, 1908; in-4° de xxn 
+ 352 p., ill. 

Ce volume contient, comme les précédents, le texte de plusieurs conférences 
de valeur sur l'histoire des Juifs en Angleterre au moyen âge ou après le 
retour. En ce qui concerne la première période, M. S. Levy étudie la condition 
de la communauté juive de Leicester (p. 34-42) ; M. S. Singer, la participation 
des Juifs aux couronnements royaux (p. 79-114) ; M. Israël Abrahams examine 
à nouveau l'objet connu sous le nom de « Bodleian Bowl » ; il suppose que 
c'est une espèce de tirelire destinée à recevoir les dons pour la Terre Sainte 
et qu'elle a appartenu à Joseph, fils de Yehiel de Paris ; ces deux hypothèses 
sont aussi plausibles qu'ingénieuses (p. 184-192). M. S. Levy publie encore 
les quatre rouleaux connus sous le titre de « Journal de Norwich » et qui 
consignent les transactions faites par les Juifs de Norwich pendant les années 
9 à 11 du règne de Henri III (p. 243-275). 

La période moderne est étudiée dans les travaux suivants : M. Lucien Wolf 
expose (p. 5-33) la situation des Juifs sous la Restauration (1660-1664). 
M. Albert M. Hyamson, qui vient de publier pour le compte de la Société une 
Histoire des Juifs d'Angleterre (voir à Hyamson), montre que la préoccupation de 
la découverte des Dix tribus n'a pas été étrangère au retour des juifs en Angle- 
terre (p. 115-147). M. H. Adler réunit ce que nous savons sur le curieux per- 
sonnage qu'est le Baal-Schem de Londres (p. 148-173). M. Elkan N. Adler 
publie et commente une lettre autographe en espagnol de Manassé b. Israël, 
datée d'Amsterdam, dernier jour de janvier 1648, et adressée à un correspon- 
dant inconnu ; Manassé y disserte sur la chronologie biblique et donne à la 
lin quelques détails sur ses occupations (p. 174-183). Enfin, M. Lucien Wolf 
retrace l'histoire de la famille Disraeli (p. 202-218). L'essai de M. L. Huhner 
sur les Juifs en Irlande chevauche sur les deux périodes (p. 226-242). 

Le judaïsme anglais a célébré en 1906 le 250 e anniversaire du retour des 
Juifs en Angleterre ; la Jewish Historical Society avait organisé un banquet à 
cette occasion ; ou trouvera dans ce volume les allocutions qui y furent pro- 
noncées (p. 276-298). 

Les discours présidentiels méritent d'être cités pour leur valeur intrinsèque. 
F. D. Mocatta a parlé sur les pérégrinations des Juifs (p. 1-4) et M. I. 
Abrahams sur la science de l'histoire juive (p. 193 202). La préface mentionne 
les travaux et les publications de la Société depuis 1903, date du précédent 
volume des Transactions. 

Trolard (P.). La question juive. Blida, impr. A. Mauguin, 1907; in-8° de 
28 p. (Extrait du Bulletin de la Société d'Études politiques et sociales, 
janvier 1907). 

L'auteur, qui se défend d'être antisémite, veut prouver à l'aide de citations 



BIBLIOGRAPHIE 269 

(1832-1870) « que depuis l'occupation il y a eu une continuelle et profonde 
antipathie entre les Européens et les Juifs ». Cependant un rapprochement 
est possible avec le temps. 

Ullmann (S.). Geschichte der judischen Gemeinde in Amsterdam. Franc- 
fort-s.-M., L. Golde, 1908; gr. in-8° de n 4- 77 p. 

Ce travail est une dissertation de doctorat et a paru dans le Jahrbuck 
der Jûd.-Liter. Gesellschaft, V. Il n'est pas assez scientifique pour une 
thèse et pas assez littéraire pour un article de revue. L'auteur, qui comprend 
le hollandais, a pu consulter un certain nombre de sources difficilement acces- 
sibles, mais il n'a pas beaucoup enrichi nos connaissances et, pour la « littéra- 
ture », sa documentation est plutôt en retard. S'il n'a pss renouvelé le sujet, il 
n'a pas su davantage l'exposer; celui qui qualifie le cas de Spinoza « d'inci- 
dent fâcheux » n'a pas senti la beauté en quelque sorte tragique de cette 
communauté d'échappés de l'Inquisition dont la destinée fait songer à un 
coucher de soleil. 

Unger (J. J.). Gesammelte Aufsâtze. Prague, Brandeis, 1908 ; in-8° de 
vin -f 206 p. M. 3. 

Union des associations cultuelles israélites de France et d'Algérie. Instal- 
lation solennelle à la synagogue consistoriale de M. le Grand-Rabbin du 
Consistoire central, 6 avril 1908. Paris, 44, rue de la Victoire, 1908 ; 
in-8° de 29 p. 

Cette brochure contient le discours d'installation de M. le Grand-Rabbin 
Alfred Lévy, qui avait choisi pour sujet, à cette occasion, le « Schéma ». 

Unna (I.). Die Lemle Moses Klaus-Stiftung in Mannheim. I. Francfort, 
Kauffmann, 1908; in-8° de 54 p. M. 1. 

Valeton j r (J. J. P.). Voorlezingen over Jesaja, Jeremia, Ezechiel. II. Jesaja, 
2 e verni, druck. Utrecht, Kenzink en Zoon, 1908 ; gr. in-8<> de 4 -j- 268 p. 
2 fr. 50. 

Van Hoonacker (A.). Les Douze Petits Prophètes traduits et commentés. 
Paris, Gabalda, 1908; in-8° raisin de xxm + 759 p. (Études bibliques). 

Le P. Van Hoonacker, professeur à l'Université de Louvain, est connu 
notamment par son livre sur Le sacerdoce lévitique dans la Loi et dans 
l'histoire des Hébreux (1899) et par de nombreux articles publiés dans la 
Revue Biblique. 11 est un des représentants les plus distingués de l'école 
exégétique catholique et critique, et son commentaire des Douze Prophètes est 
digne de prendre place à côté de celui des Juges par le P. Lagrange et de 
celui d'Isaïe par le P. Condamin (v. Revue, L, 296 et s.), qui font partie de la 
même collection. 

Son ouvrage atteste beaucoup de travail et de soin, et nous devons d'abord 
louer l'auteur pour le labeur et la conscience dont il a fait preuve ; ce n'est 
pas un mince mérite d'étudier, et à fond, douze écrits différents qui, inégaux 
d'étendue, présentent presque tous de grandes difficultés et dont quelques-uns 
soulèvent les problèmes les plus ardus. La traduction et le commentaire de 
chaque livre sont précédés d'une introduction et d'une courte bibliographie ; 
une ;< Notice préliminaire » sur toute la collection, une « Littérature générale » 
et une « Table chronologique » ouvrent le volume, que terminent une « Table 
alphabétique des matières » et une « Liste de quelques mots hébreux annotés » 
(c'est-à-dire qui font l'objet d'annotations dans le corps de l'ouvrage). 



270 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Les introductions particulières et le commentaire discutent les principales 
questions historiques et littéraires. L'auteur, s'il se place résolument au point 
de vue critique, réagit généralement contre certaines thèses en vogue, en 
quoi il fait preuve non seulement de courage, comme il «lit avec quelque 
coquetterie, mais aussi de sagesse et même de finesse. Pour caractériser ses 
tendances et la position qu'il prend dans les questions controversées, nous ne 
pouvons mieux faire que d'indiquer les principales solutions auxquelles il s'est 
arrêté. Osée — il manque une analyse du livre, que ne remplacent pas suffi- 
samment les sommaires dans le commentaire — a commencé à parler dans les 
dernières années de Jéroboam II, vers 750-745, et son ministère ne s'est pas 
prolongé au delà du règne de Menahem (745-735?); le livre qui contient ses 
prophéties est authentique en gros. Les chap. i et in doivent être interprétés 
allégoriquement, sans qu'on puisse dire si l'allégorie a été suggérée pour 
une part au prophète par sou expérience personnelle. — Joël est postérieur a 
l'exil de Babylone; ceux qui en ramènent la composition le plus bas sont le 
plus près de la vérité. Les descriptions des chap. i et n ne doivent être prises 
ni dans le sens allégorique, comme représentant dans l'idée du prophète des 
armées ennemies, ni dans le sens réaliste, comme se rapportant à un fléau 
réel et présent, mais dans le sens idéaliste ou apocalyptique, comme « une 
représentation typique des catastrophes futures qui annonceront la venue du 
jour de Julivé ».— La prédication d'Amos se place dans la première moitié du 
vin' siècle et aucun passade m; trahit une date plus récente ; il est difficile 
de retracer l'histoire de la formation du livre et il est inutile d'écarter, i, 9-12: 
n, 4-5; iv, 3; vi, 2, aussi bien que le tableau eschatoloidque de la fin. Le 
style décèle un rythme régulier, mais les essais strophiques qui ont été tentés 
jusqu'ici, étant loin de concorder entre eui, ne peuvent servir de critères de 
l'authenticité ou de l'ordre des textes. — La prophétie d'Obadia se rapporte 
à l'intervention d'Édom en 586 et a été composée vers 500; elle ne contient 
pas d'éléments pré-exiliens, il n'y a pas de contradiction ni de différence 
d'origine entre 1-9, 10-14, 15 et s. ; les passages du chap. xux de Jérémie 
qui se lisent dans Ohadia sont des additions au livre de Jérémie d'après celui 
d'Obadia. Le livre de Jouas n'a pas été composé avant le milieu du 

v e siècle; la distinction des sources par Bohme ne s'appuie sur aucune raison 
convaincante, quoique le livre présente bien des incohérences; les théories 
mythiques ou allégoriques sont également à rejeter (l'auteur ne connaît pas 
encore le livre de H. Schmidt, Jona, Gœttingue, 1907). — Michée se compose 
de trois parties, i-m, IV- v, vi-vn ; toutes sont authentiques. La première 
fut composée à l'époque OÙ les Assyriens allaient porter le dernier coup à 
Samarie ; la seconde, pendant les années de détente qui suivirent la prise de 
cette ville et qui semblaient promettre le salut à Juda ; la troisième est anté- 
rieure et se rapporte au royaume du nord. Pour ls., n, 2-4, et Mirh., iv, 
1 et s., la priorité appartient au second, mais ce n'est pas -Isaïe lui-même 
qui est l'auteur de l'emprunt. — Nahum, n, 2. ï m. est de 825 environ, peu 
avant la chute de Ninive ; i-n. 3 est. un poème alphabétique, « composé, 
peut-être à une époque assez récente, exprès pour servir d'introduction au 
livre » ; restitution hypothétique de ce psaume. — La prophétie de Hahacuc se 
place entre 605 et 600; le cantique est du même auteur, à l'exception des 
versets 17-19. — Le livre de Sophonie se compose de trois parties (ï, 1-13, 
ï, 14-n, ni), toutes trois de la même main ; le morceau final est authentique. 
L'auteur est contemporain de Nahum. — A propos du livre d'Aggée, le P. Van 
Moonacker réfute la thèse de Kosters. — Les visions de Zach., i-vi, Boni des 
procédés qui permettent au prophète de « se transporter en esprit à une 
époque du passé pour envisager de là, dans leur préparation, dr> événements, 



BIBLIOGRAPHIE 271 

tels que le retour de la captivité, qui en réalité étaient déjà arrivés au moment 
où il composait ses discours ». Ainsi, dans la première vision, i,7 et s., Zacha- 
rie se replace à l'époque de la captivité, avant 738, et ainsi de suite. Les 
chap. vu-vin, quoique d'un caractère littéraire différent, développent les 
mêmes idées. — Les morceaux qui forment Zacli., ix-xiv, datent également 
des premiers temps après le retour de la captivité ; l'auteur, par un pur arti- 
fice littéraire, s'est placé « au point de vue » des dernières années avant la 
captivité; les trois pasteurs de xi, 8, sont Yoachaz, Yoyakim et Yechonia; le 
pasteur insensé de xt, 15 et s., xih, 7 et s., est Sédécias. — Si les deux par- 
ties du livre de Zacharie présentent des caractères sensiblement différents, 
elles sont pourtant du même au leur, comme le prouve surtout l'analogie 
entre les procédés littéraires employés. — Malachie a exercé son ministère 
probablement vers 450-445, peu avant la première visite de Nébémie à Jéru- 
ralem. Il s'inspire du Deutéronome, non du Code sacerdotal (D'après l'auteur, 
le cbap. vin de Néh. ne raconte nullement la promulgation d'un code, mais 
une lecture solennelle du livre de la Loi, en conformité avec les usages tradi- 
tionnels ; cette vue nous parait très juste). 

Cette analyse montre qu'en général le P. Van Hoonacker maintieut les tbèses 
conservatrices de la critique et rejette toutes les tbéories extrêmes. Son opi- 
nion la plus originale est sa conception du livre de Zacbarie ; mais partout où 
il reprend les thèses anciennes, il les renouvelle et les rajeunit. Il fait preuve 
de mesure et de réserve, mais aussi d'aisance et de liberté. Une seule fois, il 
a l'aii- assez embarrassé : c'est dans l'introduction au livre de Jonas, qui 
semble l'avoir gêné (p. 320-325). D'une part, il admet que ce livre est un pur 
roman ; d'autre part, Jésus parait bien prendre au sérieux « le signe du pro- 
phète Jonas » (Matthieu, xn, 39-41] : « De sa nature, la question de savoir si 
l'auteur du livre de Jonas a voulu ou non écrire un récit historique propre- 
ment dit, relève de la critique littéraire. Et l'usage que le Seigneur fait de 
certaines données empruntées à ce livre ne se présente pas dans des condi- 
tions propres à changer la nature du problème (la phrase n'est-elle pas jolie?). 
Il faudra donc en chercher la solution dans l'examen du livre lui-même. 
Sans doute, qu'il s'y trouve raconté des miracles, ce n'est point là, de soi, 
une raison pour nier ou mettre eu doute, a priori, le caractère historique du 
récit, mais ce n'en est pas non plus une pour l'affirmer. Certains semblent 
oublier parfois qu'il serait tout aussi irrévérencieux envers un écrivain inspiré 
d'en faire un historien malgré lui, (pie de traiter de parabole ce qu'il aurait 
écrit comme histoire. . . On doit se garder avec le plus grand soin de con- 
fondre l'interprétation traditionnelle dont notre livre a pu être l'objet à partir 
de telle ou telle époque, avec la tradition dogmatique qui est l'écho de 
l'enseignement de l'Église touchant les vérités révélées dont le dépôt lui a été 
confié. » Fallait-il tant de précautions, et de distinctions, et de restrictions 
pour dire que Jésus ne pouvait pas ne pas croire, avec tous ses contempo- 
rains, à l'historicité du livre de Jonas? Par bonheur, les Douze Prophètes ne 
fournissaient pas au P. Y. H. beaucoup d'occasions de déployer son habileté 
de théologien. 

Voici comment le livre est agencé. En haut de chaque page, la traduction, 
dans laquelle les gloses et les additions sont distinguées typographiquement ; 
au-dessous, les divergences du texte massorétique, auxquelles il aurait fallu 
ajouter les changements de ponctuation, qui sont de véritables corrections; 
plus bas encore, et couvrant presque toute la page, un commentaire copieux. 
Dans la traduction, il est regrettable que l'auteur n'ait pas distribué le texte 
en forme de vers; il se défie à bon droit des théories stropliiques, mais il 
ne peut pourtant pas nier lu parallélisme et le rythme, qui suffisent à carac- 



272 REVUE DES ETUDES JUIVES 

tériser la poésie hébraïque. La traduction a l'air prosaïque et cette impression 
est encore accentuée par la langue lourde et épaisse du traducteur, que ne 
peuvent compenser beaucoup de trouvailles heureuses. Ce manque de goût 
étonne chez un auteur qui se montre sensible, dans les introductions, aux 
beautés littéraires et qui sait apprécier le style de chaque prophète. 

La traduction est justifiée dans le commentaire, qui discute les difficultés 
du texte et contient, en outre, une foule de digressions lexicographiques, 
archéologiques, géographiques et historiques (signalons à ce propos, dans 
l'introduction à Michée, la digression sur la chronologie du règne d'Ézéchias). 
L'auteur prend de toutes mains et choisit habilement. S'il traite la Vulgate 
sans ménagement, il fait un usage heureux de saint Jérôme (il y a beaucoup 
à prendre chez ce Père, quand il est renseigné par des Juifs) et des exégètes 
catholiques modernes. Par contre, il ne connaît pas, du moins directement, 
les commentateurs juifs anciens ou modernes (ainsi, il ne cite pas l'étude de 
N. Brùll sur Osée, dans ses Jahrbiicher, V-VI, 1-62) et ne paraît pas bien 
informé des cboses juives. Dès la première page, il écrit : « La collection 
des écrits prophétiques qui se suivent dans la Bible depuis Osée jusqu'à Mala- 
chie est depuis longtemps considérée parmi les Juifs comme formant un seul 
livre, appelé les « Douze » : iby D^tD ; aram. -\ : oy "HF » (lire -.tû*) . Les 

t t •• : ' t t - : - -: 

Douze Prophètes ne forment pas un seul livre dans le canon juif ; ils comptent 
pour douze dans le total des vingt- quatre livres bibliques. A la page sui- 
vante èv Trpo^Y)Tetou;, Sira, xliv, 1, ne signifie pas que Josué succède à Moïse 
« dans les livres prophétiques », mais dans les prophéties, c'est-à-dire dans 
l'histoire des révélations. P. 13 : « Saint Jérôme et le Jalqout Schiméoni 
croient devoir comprendre la notice en ce sens que.. . « ; le Yalkout n'est pas 
un commentaire, mais une collection de textes talmudiques et midraschiques. 
Dans le détail, il ne nous a pas semblé que la traduction et le commentaire 
innovent considérablement. Le texte des Douze Prophètes est parfois si 
obscur et a été tellement retourné en tous sens qu'on ne doit plus s'attendre à 
beaucoup de révélations. On ne peut guère arriver à de nouveaux résultats 
qu'en recourant à des correctious. Notre exégète ne s'en fait pas faute, mais 
ses restitutions sont généralement malheureuses. Prenons pour exemple le livre 
d'Osée, dont le texte présente tant de difficultés. Dans i, 9, nous lirions fcô 
Q3^nbN; une allusion à Ex., ni, 1 i, nous parait trop subtile. Dausn, 8, notre 
texte porte m"T3 PN TTjS*] (l'édition Letteris a un ?nappik dans le hê, ce 
qui rend inutile la remarque de V. H. à ce sujet), littéralement: je barrerai sa 
barrière ». V. H. corrige miS en HJm, qui n'existe pas en hébreu, et 
encore faudrait-il nnJm: ibidem, -jb ne signifie pas « cerner », mais 
« embarrasser, hérisser d'épines ». Dans iv, 4, corrigeant une correction 
de Oort, il remplace )rib ^n'HES Ïf733n par )rib ^~) ÛDÎMn « avec 
vous autres aussi, j'ai ma querelle, ô piètre ! ». Mais il faudrait dans 
ce cas inisn ou plutôt D^nbn et encore la phrase romprait-elle le contexte. 

Au verset suivant, corrigeant une correction de Winckler, il change nb^b 

. . T « T 

ÏT73N in" 1 ?:'!! en tTTp' 1 m?3T nb"^, « la nuit sera l'image de ton jour ». Il 

faudrait nb^b nV3^l ttTai" 1 , et encore serait-ce une singulière façon de parler. 

Après cette violence au texte reçu, il n' « ose » corriger DVH en D72V ! Il 

suffirait de lire D^a. Dans iv, 18, après avoir traduit ctfDO 10 par <« leur 

vin (leur) est monté (à la tète) », d'après l'arabe, ce qui est plausible, il fait 

de rPD3tt "pbp 13H lanN, qui n'a pas de sens, (m)rP lifcOtt "pbp IDTîN, 

« ils ont aimé la honte plus que l'honneur de Jahvé »,. mais pM5 n'a pas 

cette signification. Dans v, 2, il corrige D^IZ) HUnUil en Q^'Svri nnçï, 

« les persécuteurs sont pervertis », d'après la Septante; c'est remplacer un 



BIBLIOGRAPHIE 273 

non-sens par un autre. Treitol a montré ce que vaut la Septante sur Osée (Die 
alexandrimsche Uebersetzung des Duchés Hosea, 1887, et M. G. W. J., XLI, 
443 et s.). Dans v, 7, il lit lâbn « le vainqueur » (d'après Isaïe, xiv, 12) au 
lieu de U3in, ce qui est au moins ingénieux. Au verset suivant, ^"nnN est 
suspect, mais -nnr; ou "nrr ne vaut pas mieux. Au v. 11, il est inutile de 
corriger pr£J' et jpST\ en piDJ et y'Ji'l; il suffit de lire piiyjr et yi^l, 
formes actives ; en ajoutant "1TH73 « S011 censeur », après D"HCN (v. 12 , on 
n'améliore pas le texte. Au v. 13, et dans x, 6, changer 2~p "rb?- en nn " , 3~>;:2 
c< le grand roi », c'est, n'en déplaise à W.-M. Millier, IS'owack et Marti, sub- 
. stituer à un titre inconnu îYn autre aussi inconnu et grammaticalement 
incorrect. Dans VI, 8, la conjecture de Bacliman OT QrPSp.y est à rejeter, 
car on attend une épithète à Guilead (V. H. écrit « Giléad » et partout de 
même). Dans vi, 11, "P£p TU22 « je grefferai une branche » est possible, 
mais non T£ pnttJ, « le tourment (?) s'apaisera ». Dans vu, 1, la restitu- 
tion de rpby, après ou avant NT3^, introduit un mot qui serait déplacé dans 

t ■ -: 

le verset. Au v. 4, D^d:N « irrités », pour CT5fc073, est un participe, et 
~DN73rt « la fournée », pour riDN72, est un substantif, inventés ad hoc. Au 
v. o, in £3tt5n (cf. Is., v, 22), pour *ïT ^SOBi est plausible. Par contre, 
dans vu, 12, DZ13H b? Û^iU3 « suivant l'arrêt porté contre leur malice » 
ne serait pas de l'hébreu. Dans vin, 6, 'n DV3 ÏID^" 1 "^3 « il sera emmené 
en captivité au jour de Jahvé » introduit une idée étrangère au verset. Dans 
ix, 6 G3~pn pour D""3pn est un barbarisme ; il faudrait DlPHpn (ou 
Db^npn ?)/ Dans ix, 13,' la restitution nna nb WÔ T3ti> nb*N*nï3fiO 

' •; t t T - : v v — 

« de même que la biche a ses petits traités comme gibier » est une gageure 
qui renchérit sur celle de Marti. Le verset reste incompréhensible. De même 
x, 10, avec la correction Dia^fijp "»r<N3 « je survins et les châtiai » ; la suite, 
« les populations contre eux se liguèrent par un engagement commun au 
sujet de leur double crime » est un exemple du style de la traduction. Dans 
xi, 6, nj3 pour YH3 est une correction trop facile ; le verset suivant reste 
incompréhensible avec toutes les conjectures. Dans xi, 9, "p;?DN H2N «je ne 
me plais point à détruire » introduit deux verbes également impropres, xn, 
11-12 devient D"n~rb babaa... *pN "Ô'Ôa QJ 373*18, « je les ferai périr (!) 
avec les idoles de néant. . . au Gilgal, en rebelles qu'ils sont (!) ». Dans xin, 1, 
V. H. découvre caché sous nn"l *jm « Datan », comparé à Kphraïm ! Cette 
correction mérite qu'on s'y arrête. 

Nous pourrions continuer à passer en revue les émendations de l'auteur sur 
les autres livres. Mais nous croyons avoir suffisamment montré qu'autant il 
repousse avec raison celles de sus prédécesseurs, autant les siennes témoignent 
d'un sentiment insuffisant de l'hébreu. Quand donc les critiques renonce- 
ront-ils à comprendre les passages incompréhensibles ? S'ils considéraient 
seulement les textes restitués par eux comme des textes « massorétiques », ils 
s'apercevraient immédiatement de leur étrangeté. Illustrons encore cette fureur 
de corriger par trois exemples qui valent chacun celui de Datan. Dans Jonas, 
il, 7, V. H. retrouve l'Hadès grec (O^in pour D^HH), dans Michée, n, 8, le 
roi Salmanasar (nat«373bta3 pour "n^ rrablD) et dans Nahum, n, 8 (31irï) 
la déesse Zib (Ischtar). Ingéniosité est ici synonyme de manque de tact et de 
critique. Il est vrai que le français de M. V. H. n'est pas toujours plus 
élégant que son hébreu. C'est dommage, car il faut être un peu artiste dans 
l'exégèse biblique et le goût y est presque aussi nécessaire que l'érudition. 
Les lecteurs qui ne sacrifient pas aux grâces trouveront que le livre du P. Van 
Hoonacker n'en est pas moins bon. 
Les fautes d'impression sont assez nombreuses dans les mots hébreux. 
T. LX, n» 120. 11 



274 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Vassel (E.). La littérature populaire des Israélites tunisiens, avec un 
essai ethnographique et archéologique sur leurs superstitions. Fascic. 
m et iv (dernier). Paris, Leroux, 1907-1908; in-8" de 161-224 et 225-276 
-f- 8 p. (Bibliothèque de l'Institut de Garthage). 

Fascic. i : Revue, L, 287 ; fascic. n : ibid., LUI, 149. Recension du pre- 
mier par S. Poznanski, Z. f. H. B., IX, 141-2. 

Vassel (E.). Satire judéo-tunisienne contre les Juifs de Djerba. Texte, 
traduction et notes. Tunis, Imprimerie Rapide, 1908 ; in-8° de 16 p. 
(Extrait de la Revue Tunisienne). 

Venard (L.). Les études bibliques en France depuis quinze ans. Sens, 
impr. Levé, 1908; in-8° de 35 p. 

Vernon (A. W.). The religions value of the Old Testament. Londres, 
Brown, 1908 ; in-8° de 96 p. 2 s. 

Verôffentlichungen des Bureaus fur Statistik der Juden. 4. Heft. Die Juden 
in Oesterreich, von O. Thon. Berlin, Lamm, 1908 ; in-8° de n-f-161 p. 
M. 3,50. — 5. Heft. Die Juden in Rumânien, von A. Ruppin ; iu-8° de 
40 p. M. 1,50. 

Vollmer (H.). Voin Lesen nnd Denten der Heiligen Schrift. Tubingne, 
Mohr, 1907; in-12° de 64 p. ^Religionsgeschichtliche Volksbïicher). 
Sur l'histoire de l'exégèse juive et chrétienne. 

Volz (P.). Voir à Theologischer Jahresbericht. 

Voysey (G.). The purpose of the Jevv in history. Moorfields, Upfield 
Green, 1908. 

Vuilleumier (H.), Hollard (Roger), Trabaud (H.), Barrelet (J.), Gau- 
tier (L.). Les étapes de la révélation en Israël. Cinq conférences. Saint- 
Biaise, Foyer solidariste, 1908 ; in-8° de 131 p. i fr. 20. 

Weber (F. W.). Kurzgefasste Einleitung in die Heiligen Schriften Alten 
und Neuen Testaments. Zugleich ein Ililfsmittel fur kursorische Schrift- 
lektùre. Fur hôhere Schulen und gebildete Schriftleser bearbeitet von 
H. Weber. 12 e éd. Munich, Beck. 1907; in-8» de 411 p. M. 4,50. 

Weil (Br.j. K. C.-Jahrbuch 1908. Strasbourg, Singer, 1908; in-8° de 
154 p. 

Weinberg (M.). Ewige Weisheit. Spruchpoesie desTalmud und der rabbin. 
Literatur nebst Fabeln, Parabeln und Sagen derselben iibersetzt. Halle, 
O. Hendel, [1908]; in-8° de xu + 147 -f 56 -f xn p. M. 2.50 (Bibliothek 
der Gesamtliteratur des In- und Auslandcs, 2096-2099). 

Weiss (N.). Voir a Samuel l>en Moses ha Maa'rabi. 

Wengeroff (Pauline). Memoiren einer Grossmutter. Bilder aus der Kul- 
turgeschiehte der Juden llusslands im 19. Jahrhundert. l.Bd. Mit 
einem Geleitwort von (i. Kaipeles Berlin, Poppelauer, 1908; in-8° de 
vin -f 290 p., portrait de l'auteur. M. 3. 



BIBLIOGRAPHIE 275 

Le sous-titre est plus exact que le titre : ce sont, non des Mémoires histo- 
riques, mais des tableaux de mœurs du judaïsme russe au xix° siècle, d'après 
les souvenirs de l'auteur. Les scènes principales sont : les solennités de l'année 
juive (p. 5-117), le sabbat (p. 161-170 , un mariage (p. 171-184). La peinture est 
fidèle, à peine idéalisée et dégage un véritable charme, dû autant à la poésie 
des mœurs décrites qu'au talent, à l'art, de celle qui les décrit. Même dans le 
dernier chapitre, forcément prosaïque — c'est une description minutieuse des 
costumes portés par les Juifs et les Juives avant l'ukase de 1845 (p. 185-200) — 
on relève quelques jolis traits, tel celui sur les « peyes » ou boucles de cheveux 
en tire-bouchon. « d'où les meilleures pensées étaient comme tirées ». 

Le chapitre le plus intéressant pour l'historien est celui qui raconte les débuts 
de la campagne entreprise par Lilienthal, en 1838, avec les encouragements 
du gouvernement russe, pour moderniser l'instruction (p. 118-136). Cette ten- 
tative se heurta à la mauvaise volonté de la masse, dont les soupçons étaient 
en partie légitimés par les procédés du gouvernement et ses réformes à la 
cosaque. Une scène, qui ne manque pas de pathétique, donne le ton. A 
Minsk, une assemhlée des Juifs fut convoquée à l'arrivée de Lilienthal. « La 
grande question était : quelles sont les intentions du ministre de l'instruction 
publique avec cette réforme? Voulait-on préparer en fin de compte tous les 
Juifs russes au baptême ? Dans ce cas, ils se lèveraient tous comme un seul 
homme contre cette réforme et la feraient échouer. Car si l'on enlève au Juif 
sa religion, le sol manque sous ses pas et il est perdu. Ses propres enfants se 
révolteraient contre lui. Le D r Lilienthal était indigné. Il jura sur un séfer- 
tora qu'il voulait conserver aux Juifs leur religion et qu'il avait le baptême 
en horreur. Pleurant d'émotion, il assura qu'il ne visait que le bien des Juifs. 
Il réussit enfin à rassurer l'assemblée. » 

M me W. note (p. 137-160) les changements que les idées modernes appor- 
tèrent dans la vie religieuse et sociale des Juifs en Lithuanie (le cadre est la 
communauté de Brest-Litowsk pendant cette période troublée qui fut a la fois 
une Aufklârung et un Sturm-rUPd-Drang : le judaïsme russe brûlait les étapes. 
Une petite minorité sut seule garder l'équilibre ; la masse ne fut guère 
atteinte, mais la classe moyenne fut comme déracinée sur place. Le contraste 
est saisissant avec les mœurs intimes d'autrefois. Le volume est d'une lecture 
très attachante et nous attendons avec impatience la suite. 

We.nsinck (A. J.). Mohammed en de Joden te Médina. Proefschrift. Leyde, 
Briil, 1908 ; in-8° de xn + 181 p. 

Westphal (G). Jahwes Wohnstatten nach den Anschaiiungen der alten 
Hebràer. Eine alttestamentlichc Unterstichnng. Giessen, Tôpelmann, 
1908 ; gr. in-8' de xvi + 280 p. M. il (Beihet'te zur Z. A. W-, XV). 

Étude îles plus complètes de l'un des problèmes les plus importants de 
l'histoire de la religion biblique. Eu voici les grandes divisions : I. Yahwé 
et la Montagne de Dieu (Sinaï Horeb). — IL Valiwe sur la Montagne de Dieu 
et Israël en Chanaan. — III. Yahwé et le pays de Chanaan. — IV. La 
demeure de Yahwé dans les anciens lieux de culte israélites. — V. Le temple 
de Jérusalem en tant que demeure de Yahwé. — VI. Yahwé dans le ciel. — 
Matériaux abondants, discussion approfondie. Avec la première partie on 
pourra comparer maintenant l'article de M. 11. Weill. Revue, LVI1 et LVIII, et 
celui, prodigieusement aventureux, de P. Haupt, Midinn und Sincti, dans 
Z. />. M. d., LXIII, 506-530. 

Wildeboek (G.). He.t Onde Testament van hislorisch standpnnt toegelicht, 
Groningue, Wolters, 1908 ; gr. in-8° de xn -|- 340 p. 3 IV. 'ÔO. 



276 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Wildeboer (G.). Het outstaan van den Kanon des Ouden Verbonds. Vicrde, 
vermeerde druk. Groningue, Wolters, 1908; gr. in-8° de xn -|- 176 p. 

Wise (Stephen S.). Intellectual piety. New-York, Bloch Publishing C", 
1908. 10 cents (Free Synagogue Pulpit, 6-7). 
Sermon. 

Wolf (A.). De Flavii Josephi Belli Judaici scriptoris studiis rhetoricis. 
Thèse, Halle, 1908; in-8° de 95 p. 

Wolff (A. A.). Gebete fur Israeliten zum Gebrauche beim Gottesdienstc 
im Hause und auf dem Friedhofe. 5. verm. u. verb. Aufl. Francfort, 
J. Kauffmann, 1908; in-8° de vin -f 152 p. M. 1. 

Wolff (M.). La souffrance. Sermon prononcé au temple israélite de Sedan 
le 1 er jour de Roch-Hachana 5669 (26 septembre 1908). Sedan, Impr. 
E. Laroche, [1908]; in-8° de 15 p. 

Wolff (W.). Û^ÙJr» -pis Das Lied der Lieder ùbersetzt und erlâutert. 
Francfort, Sânger et Friedberg, 1908; gr. in-8° de vi -f 71 p. M. 1,90. 

Wright (C. H. H.). Light from Egyptian papyri on Jewish history before 

Christ. Londres, Williams and Norgate, 1908 ; in 8° de xvn -j- 123 p. 3 s. 

Sur le temple d'Éléphautine et celui de Léontopolis, sur la date de Daniel. 

Yahuda (A. S.). Ueber die Unechteit des samaritanischen Josuabuches. 
Berlin, G. Reimer, 1908; gr. in-8° de p. 887-914. M. 1 (Sitzungsberichte 
derKgl. Preussischen Akademie der Wissenschaften, XXXIX). 
V. le compte rendu de M. Schwab, t. LIV, 149-152. 

Year Book of the Central Conférence of American Babbis. Volume XVII, 
edited by Tobias Schanfarber, Samuel Hirschberg and Joseph Stolz. 
1907-5667, containing the proceedings of the Convention lield at 
Frankfort, Michigan, U. S. A., July 2 to 8, 1907. New-Nork, Bloch 
Publishing C° (Chicago, impr. T. Rubovits), 1908 ; gr. in-8" de 280 p. 

Les conférences faites au Synode et qui ont été suivies de discussions inté- 
ressantes sont les suivantes : Moïse Hayyim Luzzato en riionneur de son 
deuxième centenaire, par I. I.andmann ; Histoire et rôle des cérémonies 
dans le judaïsme, par K. Kolilcr (beaucoup de vues contestables ; influence 
religieuse de l'enfance sur l'adolescence, par MonlagueN. A. Cohen; l'instruc- 
tion religieuse dans les asiles pour enfants en retard, par S. Peiser. 

Zamenhof (L.). La Predikanto el la Biblio, cl la originalo tradukis. Paris, 
Hachette, 1908 ; in-8* de 26 p. fr. 75. 

Zamrnhoi- (L.). La Psalmaro el la Biblio, el la originalo tradukis. Kun 
antauparolo klarigoj kaj noletoj pri la hebrea muziko de F. de Ménil. 
Paris, Hachette, 1908; in-8° de xv + 165 p. 2 IV. 50 

Zammatto (A.). Gli israeliti d'Italia nella coltura. Padoue, Soc. coop. lip., 

1908; in-8° de 12 p. 
Zapletal (V.). Hermeneutica biblica. Ed. altéra, emendata. Fribourg 

(Suisse), Universitats-Buchh., 1908; in-8° de xi + 197 p. M. 4. 



BIBLIOGRAPHIE 277 

Zionistisches A-B-C Buch. Herausgegeben mit Unterstiïtzung zahlreicher 

sachverstandiger Mitarbeiter von der zionistischen Vereinigung fur 
Dcutschland. Cologne, Judischer Vcrlag, 1908 ; in-8° de vin -j- 293 p. 

Zuckekmandel (M. S.). Tosefta, Mischna und Boraitha in ihrem Verhâltnis 
zu einander oder palâstinensischc und babylonische Halucha. Ein 
Beitrag zur Kritik und Geschichte der Halacha. Erster Band Francfort, 
Kauffmann, 1908; gr. in-8° de xxx -f- 484 p. M. 16. 

Le 2» vol. a paru en 1909. L'auteur a présenté lui-même son œuvre dans la 
Monalsschrift, LU, 1908. 626-630. Nous avons demandé à M. Blau d'apprécier 
pour les lecteurs de la Bévue cet ouvrage considérable, en dehors de toute 
prévention scientifique ou autre. 

Zuckermann (M.). Dokumente zur Geschiehte der Juden in Hannover. Erstes 
Heft. Hanovre, Vereinsbuchdruckerei, 1908 ; in-8° de ix -j- ^ P- M- *• 

M. Z. édite 17 documents allemands du xvn e et du xvni" siècles, tirés des 
Archives de Hanovre, et un règlement synagogal en hébreu de 1742. 11 y 
joint les tables généalogiques de deux « agents royaux », Michaël David 
(m. 1758) et son fils Salomon Michaël David (m. 1791). Ce sont autant de maté- 
riaux pour l'histoire de la communauté hanovrienne que l'auteur prépare. 

Zurhellen-Pfleiderer (E.). Die Religion der Patriarchengeschichten, 
Tubingue, Mohr, 1908 ; gr. in-8° de p. 29-65. M. 1 (Tirage à part de* 
« Theologische Arbeiten ans dem Rhein. wiss. Prediger-Verein », Neue 
Folge, 10 Heft). 



3. Périodiques. 

ta^n Hakedem (Saint-Pétersbourg, trimestriel). = = 2 e année, 1908. 
N os l-2, 25 mars-juin. = = Partie hébraïque. = H. Brody : Fragmentd'un 
poème anonyme du genre « tedjniss ». — A. Kaminka: Sur les Scheeltot 
de R. Ahaï et leurs rapports avec le Yerouschalmi (elles ne le con- 
naissent pas). — S. Poznanski : Etudes sur l'époque des Gueonim (suite 
de 1907 ; fin nos 3.4 ; ces articles ont paru à part, nous y reviendrons). — 
D.Kahna : Une controverse d'Abraham Ibn Ezra (avec un caraïte, sur 
les lumières du vendredi soir; publication d'un texte plus correct). — 
H. P. Chajes : Notices (Sira, xi, 9 ; R. Hasda et R. Yohanan). — Partie 
non hébraïque. A. Sarsowsky : Sachliche und sprachliehe Aufschliïsse 
zum (iilgames-Epos, II. — V. Aptowitzer : Die rabbinischen Berichte 
iïber die Entstehung der Septuaginta (suite ?i" s 3-4). — H. Pick : Lese- 
friïchte ans der Keilschriftliteraturzu Hibel und Talmud(swi/e de 1907 ; 
à suivre). — S. Krauss : Bad und Badevvesen im Talmud {fin). — 
L. Grùnhut : Wo liegt der Hôr ba-IIàr? (c'est le Djebel el-Akra, au s. 
d'Antioche). — I. Markon : Einige slavische Worter in den Responsen 
des R. Israël Isserlin. — B. Koenigsberger : Talmudische Miszellen 
(suite n 09 3-4 . = = N us 3-4, 25 septembre-décembre. = = Partie 
hébraïque. A. Sch. Herschberg : La laine et le lin à l'époque de la 
Mischna et du Talmud. — A. Harkavy : D'une gueniza oiientale 



278 KKVUE DES ÉTUDES JUIVES 

à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (fin ; consulta- 
tions inédites de Haï, dont une sur la question de mn ïinrtN et 
Dbiy riarfftj. -- H. P. Ghajes : Sur un commentaire manuscrit de 
Taanit. Additions à l'article sur Immanuel de Rome. — D. Yellin : 
Notes sur le texte arabe publié par Harkavy, I, 156-164. — Partie non- 
hébraïque. W. Bâcher : Das Verbum zum Ausdrucke ô*r«J> m^n:: 
Cpm) (dans B M., 23 b, )^yn )nyniD &ÔD est pour inyau). — A. Le- 
winsky : Zur Geschichte der Juden inPolen und Russland wahrend dos 
18. Jahrh. (suite de 1907; à suivre). 

The American Journal of Semitic languages and literatures 

(Chicago, trimestriel). == = Volume XXIV. N« 1, octobre 1907 = — 
G. C. Torrey : The first chapter of Ezra in ils original form and setting. 

— H. P. Smith : Theophorous proper names in the Old Testament. - 
M. L. Margolis : The character of the anonymous Greek version of 
Habakkuk, chapter 3. — The ItHprecht case. = — IN 2, janvier 1908. = 
P. Haupt : Gritical notes on Esther (avec le texte hébreu « reconstitué»;. 

— J. M. P. Smith : The strophic structure of the book of Micàh. = = 
N° 3, avril 1908. = = G. C. Torrey: The Arâmaic portions of Ezra. — 
A communication from Professor Hilprecht. = = N° 4, juillet 1908. == 
B. Halper : The root *|3n (racine supposée avec le sens de « ressembler 
a »). — A Letter from Professor Ch. H. Lanmann (affaire Hilprecht). 

Giornale délia Société Asiatica Italiana. = = XXI, 1908. = = 
H. P. Chajes : Note lessicali. — [j. fiàssiito : Nuovi manoscritti ebraici 
délia Bibliotcca Nazionale di Firenze. — F. Scerbo : Dei verbi in média 
wàw. — U. Gassuto : Ancora un manoscritto ebraico délia R. Bibl. Naz. 
di Firenze. 

Israelitische Monatsschrift 'Supplément de la « Jùdische Presse ». 
Berlin, 1908). = = N° 1, 23 janvier. = = A. Berliner : Spràchlichè Wandc- 
rungen. I. Defr Enkel als Neft'e ("IDD dans le sens de neveu). II. Eindring- 
linge (mots hébreux qui ont pénétré dans les langues européen nés . 
III. Der Nasenmann (DUinn 3*3, dans Tattn., 29 a, est une traduction 
de « rir rïdsi »). IV. Die Spinnc als Brandstiftcrin (l'araignée a incendié 
le Temple, d'après YàlUoui sur Prov., xxx, 28). Das Wahlschwein, ein 
Bild des rÔmischèh Keiches. — Griinliut : Der Jorusehalmi Ghulin und 
Bechoroth (est authentique ; suite,). — A. Berliner : Erklarung der 
Midraschstelle Ttëîrt pp by Dnb iarb. = N° 2, 5 mars. ==' == Stein : 
Das Buch Hiob [suite et fiu /?°s 3, 4, 5, 6). — L. M. : Babylonien und 
Assyrien. = == N° 3, 8 avril. = = M. Munk : Das Geburlsjahr des 
« Jakob Emden » (Emden se contredit lui-même). — S. Klein : Ein 
wichtiges Massora-W'erk (P. Finfer, "f"5nn piidt:). ===== N° 4, 7 mai. 
= = A. Berliner : Synagogales (le Kiddousch a la synagogue). — 
Grunhuf : Der 14. Nissan nach der Halàeha (réponse a S. Krauss . = = 
N° 5, 4 juiil. == == S Klein : Der hebfaïschë Naine der htittn/'-Khowo 



BIBLIOGRAPHIE 279 

(NL1U3 ma n^pD, Gen >■., 79). — S. Krauss : Der 14. Nissan nach der 
Halacha (réplique). = == N° 6, 1 er juillet. == === W. Jawitz : Leben und 
Treiben des Volkes Israël in vorsalomonischer Zeit (à suivre). = — N° 8, 
25 septembre. = — Klein : Ueber den Ursprung zweier arabischer 
Salomo-Legenden. ss = N° 9, 30 octobre. = M. Stern : Ein Gemeinde — 
Haushalt vor 150 Jahren (Halberstadt, 1750). — Grïmhut: Sppî **■ alûttJ 
(néologismes pour « vertical » et « horizontal »). = = N° 10, 11 dé- 
cembre. = = L. Landshut : « Der Jude Posner soll mich und seinen 
Bart ungescboren lassen », ein Beitrag zur Charakteristik Veitel Heine 
Ephraims. — L. Lôwenstein : Zur Geschichle der Juden in Berlin (fin 
1909, n° 4 ; lettre de la communauté de Berlin a celle de Metz, 1771, 
lui demandant une copie de la traduction française des règles sur le prêt 
à intérêt dans le Schoulhan Arouch). 

Magyar-Zsidô Szemle (Budapest, trimestriel) 1 . ===== Tome XXV, 1908. 
N° 1, janvier. = == L. Blau : Nouveaux papyrus d'Assouan. — 
L. Venetianer : Étude comparative sur l'histoire de la liturgie (suite et 
fin /* 0s 2 rt S . — B. Heller et L. Blau : Sur l'article « Les allusions 
juives dans les Gesta Romanorum ». — E. Vadâsz : Additions aux 
« Contributions » (fin n° 2). — A. Levinsky : La communauté juive 
d'Ersekujvâr (Neuhânsel). = = N° 2, avril. = = L. Blau : L'époque et 
la cause de l'institution des lectures prophétiques (suite n° 2i). — 
M. Weisz : Contributions à l'histoire du synode rabbinique de Paks. — 
B. Heller : Une prétendue légende relative à Raschi (le compagnon au 
paradis). — B. Vajda : David Gans et Tycho de Brahé. — L. Grunhut : 
Beth-Schean fut-il autrefois une ville juive? — E. Vadâsz : Proverbes 
juifs . = == N° 3, juillet. = = L. Blau : Les papyrus d'Assouan à la 
lumière de la littérature talmudique. — L. Blau : Mordechaï Horovitz. 
** Fr. Lôvy : Une page de la traduction de Kohélet par Simon Pécsi. — 
— M. Weisz : Nouvelles pierres tumulaires trouvées à Ofen. = = N° 4, 
octobre. = = A. Péris : La moyenne de la taille chez les Juifs à 
l'époque talmudique. — E. Vadâsz : Souccot (folklore), usages au 
moment de la naissance. 

Mitteilungen zur jûdischen Volkskunde. . . herausgegeben von 
M. Grunwald (Leipzig, M. W. Kaufmann ; périodicité non indiquée). = 
= 10 e année, 1908. Fascicule 1. = = Regina Lilienthal : Das Kind bei 
den Juden (surtout dans la Pologne russe; traduit du polonais avec des 
notes du trad., A. Landau ; fin n° 2). — Ad. Lowinger : Der Traum in 
der jûdischen Literatur (fin n° 2 ; voir suprà, p. 116-8). — Biïcherschau 
(L. Gi'mther, Das Rotwelsch des deutschen Gauners, par A. Landau, 
etc.). fc= = Fascic. 2. = = F. Falk : Die Biicher Samuelis in deutschen 
Nibelungenstrophen des xv. Jahrhunderts (suite n os 3 et A ; commence- 
ment d'une étude sur le 'rso^-Bueh ; bon historique des travaux sur 

1. La partio scientifique de cette revue a été dépouillée par M. Wellesz. 



280 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le judéo-allemand). — Bûcher- und Zeitschriftenscb.au (M. Huguet, Les 
Juifs du Mzab, et Warren J. Moulton, Das samaritanische Passahfesl, 
par S. Weissenberg, etc.). = = Fascic. 3. == = Albert Wolf: Fahrende 
Lente bei den Juden (suite ?i° 4). — D. Feuchtwang et W. Toch : Reges- 
ten zur Geschichte der Israelitengemeinde Nikolsburg (suite n° 4 ■; actes 
de la communauté depuis 1617). — A. Marmorstein : Eioe hebraische 
Anekdotensammliing ans dem xviii. Jahrhundert (ras.). — Dorothca 
Weissenberg: Die kaukasischen Bergjuden [fin n° 4) — Biïcherschau. = 
= Fascic. 4. ===== Biïcherschau. 

Monatsschrift fur Geschichte und Wissenschaft des Judentums 

(Breslau, trimestriel). ===== 52 e année, 1908. N" s 1-2, janvier-février. 
= = H. Gross : Die Satire in der jiïdischen Literatur [suite et fin 
?î° s 3-4, 5-6 ; voir Bévue, LIX, 282). — S. Jampel : Die bibelwissenschaft- 
liche Litteratur der lctzten Jahre (suite de 1907, fin n°* 3-4; critique 
du panbabylonisme et de la théorie de Baentsch, exposé du système 
conservateur). — V. Aptowitzer : Joseph Kohlers Darstellung des talmu- 
dischen Kechtes [fin » gS 3-4; relève de nombreuses erreurs d'interpré- 
tation). — M. Barol : Menachem bcn Simon aus Posquières und sein 
Commentar zu Jeremia und Ezecliieli'/i^)- — A. Lewin : Die Vorarbeiten 
fur die badische Judengesetzgebung in den Edikten I807-I809 (suite et 
fin n" 3-4, 5-6, 7-8). — L. Geiger: Analekten fin n^ 3-4 ; l. Zu Gœthe 
und die Juden, 1775 ; 2. Staatsmann Stage i inann ; 3. Die Juden und das 
jungc Deutschland. 4. Aus einem Kataloge [participation des Juifs de 
Rome aux fêtes de l'avènement de Grégoire XV, 1621] ; 5. Eine Stelle von 
David Friedrich Strauss ; G. Juden in neuen Romanen). — Notiz. 
S. Poznanski : Zur Elégie auf den Tod des H. Zadok (publiée par 
Marmorstein ; c'est Zadoc b. Josiya, de l'académie palestinienne du xi c s. 
Besprechung. V. Aptowitzer : P. Kri'igcr, Aboduh zarah (suite et fin n os 3-4, 
5-6 ; ouvrage sans valeur). — Mitteilungen der Gesellsehaft zur Fôr- 
derùng der Wissenschaft des Judentums. == N os 3-4, mars-avril. 
===== B. Jacob :« lin Namen... » (critique de Heilmuller, Ini Namen 
Jesu). — H. Hosenberg : Das Geschlecht der Hauptwôrter in der 
Mischna (suite et fin n 0s 5-6, 7-8, 9-10, 11-12 ; v. suprà, p 136). — 
S. Horovitz : Der Sifre Sutta nach dem Jalkut und anderen Quellen 
(suite de 1907 ; suite iv« 5-6, 7-8,9-10, 11-12). — Notizin. H. Brody : 
Der verkannte Jebuda ha-Levvi (réédite un poème de J. ha-L.). — Porges 
(corrections aux textes publiés par Marmorstein). = = N° s 5-6, mai- 
juin. = = V. Aptowitzer : Die talmudische Literatur der letzten Jahre 
(fin n os 7-8 ; Commentaire de Berachot par Saadia, éd. Wertheimer 
[M. A. ne se demande pas si l'ouvrage est bien de SaadiaJ ; Comment, de 
Kalla rabbati par Abraham b. Natan ha-Yarhi, éd. Toledano ; Ratner, 
D^r , i:i-i" , T li" 1 ^ nnnN ; le faux Yerouschalmi sur Kodaschim ; M Gutt- 
mann, linbnn nnDTD). — S. Eppenstein : Beitriige zur Geschichte und 
Literatur im gaonaischen Zeitalter (suite n°" 7-8, 9-10; 1° Bostanaï; 
2° rapports de l'exilarcat et du gaonat, organisation des metibtas ; 



BIBLIOGRAPHIE 281 

3° l'activité intellectuelle en Palestine jusqu'au début du x? siècle, 
poésie synagogale, Massora, Midrasch). — BespbechuiNG. J. Pollak : 
H. Brody et K. Albrecht, Ton -|J». = = N os 7-8, juillet-août. ===== 
J. Eschelbacher : Michael Sachs (finn oa 9-10; voir Revue, LIX, 153). — 
Besprechung. B. Jacob : F. Goblenz, Judische Religion (critique excel- 
lente). ===== N os 9-10, septembre-octobre. = •= L. Geiger : Zum 
Andenken an Moritz Veit (y. Revue, ibid.). — I. Friedlander : Ein 
Autograph des Maiinonides (consultation). — Notiz. B. Ritlcr (sur 
Friedlander et son pseudo-Yerouschalmi). — Besprechung. S. Zucker- 
mandel, Tossefta, Mischna und Boraitka (par l'auteur), = = Nos u_i2, 
novembre-décembre. ===== J. Guttmann : Die Stellung des Simon ben 
Zemacb Duran in der Gescbichte der jûdischen Religionsgescbicbte 
(à suivre). — W. Bâcher : Schammai als Tradent einer alten Kalen- 
der regel [R. 27., 19 b, lire ^N73'£î pour *txty<3 ^m). — A. Epstein : Der 
Pardes als Quelle fur die Literaturgcschicbtc der Juden in Deutsch- 
land {à suivre; étude des mss.). — Besprechungen. V. Aptowilzer : 
A. Bi'ichler, Der galilàische Am ha-Arez. — D. Feuchtwang : S. Funk, 
Die Juden in Babylonien, II; Behrens : S. Maybaum, Predigten, III ; 
E. Brann : P. Wengeroff, Memoiren einer Grossmutter. 

Palestine Exploration Fund. Quarterly Statement (Londres, 
trimestriel). = = 1908. Janvier. = = Notes and News. — R. A. S. 
Macalister : Sixteenth quarterly report on the excavation of Gezer 
(il Aug.-9 Nov., 1907). — C. J. Bail, G. H. W. Johns, Th. G. Pinches, 
Sayce : Communications on the « Zodiac-Tablet » from Gezer. — 
W. E. Jennings-Bramley : The Bédouin of the Sinaitic peninsula {suite 
de 1907 ; suite en avril). — R. A. S. Macalister : Further talcs of the 
Fellahin (trad. de l'arabe). — E. W. G. Masterman : The fisherics of 
Galilée — R. A. S. Macalister : Gleanings from the minute-books of the 
Jérusalem Lilerary Society (suite en avril ; communications faites à cette 
société en 1849). — C. Hauser : Notes on the Geography of Palestine 
(fin). — R. A. S. Macalister : A sketch of the grammatical structure of 
the Niiri language (espèce de bohémiens palestiniens). — R. A. S. 
Macalister : Some further observations on the « Craftsmen's Guild » of 
Judah. — Notes and qderibs. R A. S. Macalister : Sacrificial cakes. — 
E. J. Pilcher : Stamped jar-handle from Gezer. — S. A. Cook : The 
inscribed objects from Gezer. — J. E. Hanauer : Foundation sacrifice 
superstition. — G. St. Clair: The Zodiac-Tablet. — W. F. Birch : The 
site of the Acra. — = Avril. = = Notes and News. — R. A. S. Macalister: 
Seventeenth quarterly report on the excavation of Gezer (il Nov., 1907- 
10 Febr., 1908). — C. Hauser: From Hazeroth to Mount Hor, notes on 
the topography of the wilderness. — R. A. S. Macalister : Rauwolff's 
travels in Palestine, 157:} à suivre; imprimé]. — Miss G. Dickson : 
A Jérusalem Christian treatise on astrology (suite en juillet et en 
octobre). — Dowling : The Grcek tire in the Church of Résurrection, 
Jérusalem. — J. Cropper : The présent state of the Jérusalem to Nàblus 



282 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

road. — E. W. G. Masterman : Two Greek inscriptions from Khurbet 
Harrawi. — A. Datzi : Meteorologieal observations in Jérusalem (en 1906 
et 1907). — E. W. G. Masterman : Dead sea observations. — Notes and 
queries. G. R. Conder : The Gezer zodiacal signs. — J. Offord : St Paul 
at Corinth. — R. A. S. M. : The Hebiew graffitto in the Golden Gâte 
(pm fiC^lS» -n Dtt-DN). — R. A. S. M. : Fellah superstitions. — R. A. 
S. M. : Palestine folklore in Spain. — A. Carr : Sacrificial cakes. = = 
Juillet. = == Notes and News. — Annual meeting. — R. A. S. Maca- 
lister : Eighteenth quarterly report on the excavation of Gezer (11 Febr- 
9 May 1908). — H. Vincent : The Gezer tunnel. — E. W. G. Masterman : 
Notes on a visit to Engedy, Masada and JebalUsdum. — Miss G. Dickson : 
Notes on Palestinian folk-lore [Suite de 1907). — C. K. Spyridonidis : 
The church over Jacob's well. — Notes and tueries. R. A. S. Maca- 
lister : Khurbet Jedireh. — h Offord : A Greek inscription from Abil 
(Abel of Beth Maacali) in Galilée. == = Octobre. = = Notes and News. 
— R. A. S. Maealister : Nineteenth quarterly report on the excavation of 
Gezer (11 May-iO Aug. 1908). — Ph. J. Baldensperger : The inamovible 
East (suite de 1907 ; à suivre). — C. Dickie : Masonry remains around 
the Church of the Holy Sepulchre. — R. A. S. Maealister: Taies of ttie 
Prophets trad. de l'arabe). — Observations météorologiques à Jaffa et a 
Tibériade. — G. A. Smith : Compte rendu de Selah Merrill, Ancient 
Jérusalem. — Notes and queries. J. Offord : Garlic (l'ail en Egypte, à 
propos de Nombres, xi, 'ô). — W. M. Ramsay : A Greek inscription from 
Galilée. — R. A. S. Maealister : A bronze object from Nàblus. — R. A. S. 
Maealister : A tomb with Aramaic inscription near Silwân (inscription : 
■pmrp N3N aTSthait)* — R. A. S. Maealister : Wild wheat in Palestine 
(sur le blé sauvage primitif découvert par Aaronsohn). 

Revue biblique internationale < v Paris, trimestriel). = = Tome V, 
1908, No 1, janvier. == = M.-J. Lagrange : Le règne de Dieu dans 
l'Ancien Testament. — P. Dhorme : L'élégie de David sur Sai'il et 
Jonathan. — Mélanges. De Brnvne : Une concordance biblique d'ori 
gine pélagienne. — M. Lepin : A propos de l'origine du quatrième 
Évangile (l'auteur, qui connaît parfaitement la Palestine et le judaïsme, 
est Jean). — M.-J. Lagrange : La revision de la Vulgate (prudemment 
favorable). — Chronique. H. Vincent : Les fouilles anglaises à Gézer, 
les fouilles autrichiennes k Jéricho. — Recensions. — Bulletin. ±=âaN°2, 
avril. = = A Condamin : Le serviteur de Iahvé, un nouvel argument 
pour le sens individuel messianique (cet argument est tiré du plan îles 
neuf poèmes xl-lv -f- lx-lxii ; xlii, 1-9 doit être placé après xlix, 7 ; — il 
est inexact que l'interprétation collective du chap. lui a été « imaginée » 
par l'exégèse rabbinique « en haine des chrétiens »). — H. Vincent : 
La troisième enceinte de Jérusalem, état actuel des recherches (fin 
en juillet). — P.. Dhorme : Hammourabi-Amraphel (Amraphel est 
Hammourabi ; les noms delà famille d'Abraham sont babyloniens ou 
des noms ouest-sémitiques retrouvés en Babylonie; Hammourabi et 



BIBLIOGRAPHIE 283 

Abraham sont contemporains et la campagne de Genèse xiv se place 
avant 2010). — Mélanges. A. Fabre : L'étoile du matin dans l'Apoca- 
lypse c'est le symbole de la puissance, provenant du culte d'Ischtar 
et attesté chez les Arabes et chez les Juifs). — L. Maries : Remarques 
sur la forme poétique du Livre de la Sagesse (i, l-ix, 17). — E. Levesque : 
TXn ou trsm (Num., xi, 5)*? (il faut lire O^n). — Chronique. M -J. 
Lagrange : Les fouilles d'Éléphantine. — H. Vincent : A travers Jéru- 
salem, notes archéologiques. — Recensions. — Bulletin. = = N° 3, 
juillet. ===== M.-J. Lagrange : Les nouveaux papyrus d'Eléphantine 
(papyrus Sachaul. — M.-J. Lagrange : Le règne de Dieu dans le judaïsme 
(« tout le monde était d'accord dans le judaïsme sur le principe du 
règne de Dieu et sur le développement de ce règne par une intervention 
divine, mais un ne savait pas quel serait le mode de son inauguration, 
ni les conditions de son exercice »). — Mélanges. H. Vincent: 
Amulette judéo-araméenne (dans la collection Clark, trouvée à 
Amwàs; est-elle si vieille que cela?) — Chronique. H. Vincent : Les 
fouilles anglaises à Gézer. — Recensions. — Bulletin. = == N" 4, 
octobre. == = M.-J. Lagrange : La paternité de Dieu dans l'Ancien 
Testament (cette notion est celle d'un rapport religieux, plutôt que 
d'une filiation naturelle). — P. Dhorme : Les pays bibliques au temps 
d'El-Amarna d'après la nouvelle publication des Lettres (à suivre; le 
pays d'Amourrou et de Canaan). — H. Vincent : Jérusalem d'après la 
lettre d'Aristée (à suivre). — Mélanges. A. Deiber : Fragments 
coptes inédits de Jérémie. — Chronique. H. Vincent : Les fouilles 
anglaises à Gézer — Recensions. — Bulletin. 

Revue Sémitique d'épigraphie et d'histoire ancienne (Paris, 
trimestriel; à moins d'indication contraire, les articles sont de M. J. 
Halévy). ===== 16° année : 1908. Janvier. == = Recherches bibliques. Le 
prophète Zacharie (suite de 1907 ; suite en avril et juillet). -- La 
conversion de saint Paul (« Même en faisant abstraction de ses théo- 
phanies, qui sont, pour nous modernes, de la nervosité surexcitée et de 
l'hallucination, saint Paul, disciple de Gamaliel, ne connaissant que le 
désordre chaotique des midraschim pharisiens, et se trouvant, par consé- 
quent, désarmé contre l'exégèse homogène, disciplinée, dogmatique et 
agressive des missionnaires nazaréens... », ambitieux et orgueilleux). 
— Inscription araméenne d'Éléphantine [suite et fin en avril). — Biblio- 
graphie. = = Avril. == — J. Barth : Zur Bauinschrift des Bar-Rkhb. — 
Inscription de Zakir, roi de Hamat, découverte par M. H. Pognon. — 
Bibliographie. = = Juillet. = === Le livre de Joël (fin en octobre). — 
Notes bibliques. La légende du prophète Elie (provient d'une double 
explication du nom du prophète). — Nouvelles remarques sur l'inscrip- 
tion de Zakir. — Bibliographie. = = Octobre. = = Les Samaritains 
dans le Coran (le péché du veau d'or est attribué dans le Coran à un 
Samaritain, soit parce qu'on adorait un veau dans le royaume de 
Samarie, soit parce qu'on pensait à la secte de Melchisédec, qui profes- 



284 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sait l'impureté de l'humanité et dont le patron avait élé le roi de 
Salem, ville de Samarie; il n'y a pas de rapports entre les Samaritains 
et les Falachas). — Encore NaÇtùpatoç signifie « prophète », non « de 
Nazareth », a été remplacé à Antioche par « chrétien »\ — Biblio- 
graphie. 

Rivista israelitica (Florence, bimestriel). == 5 e année, 1908. N° 1. 
= = S. H. Margulies : Note liturgiche. 1SV, II (le passage D^mnK abia 
'iDT est dirigé contre la conception des anges déchus). — H. P. Chajes: 
Note critiche su Ezechiele (doublets dans ri, 6 ; m, 1, 5-6, 15; v, 14-15; 
vu, 13 ; vin, 6). — L. Ginzberg et H. P. Chajes : Varia (Peschitto sur 
Prov., xxxr, 6 ; Sira hébr., xi, 9 xlv, 25).— S. H. Margulies : Il Talmud 
Tcra di Firenze ixvn-xix e s., suite et fin n° 2). — U. Cassuto : Gli 
Incunaboli ebraici del Gollegio rabbinico italiano (16 numéros). — 
Rivista délie Riviste. = = N° 2.= = S. H. Margulies : La nuova prima- 
vera d'Israele (sermon). — H. P. Chajes : Note esegetiche su Giobbe 
(1° xxvin ; 2' xxxni, 23-28). — R. Gottheil : Gli studi ebraici in America 
{suite et fin n os 3, 4, 3-6). — S. H. Margulies : Dali' Archivio dell' Uni- 
versita israelitica di Pisa (4 documents de 1593, 1595, JG16, 1648). — 
L. Ginzberg: Libro dei Giubilei, xvi, 30 (les «couronnes sur la tête» 
proviennent d'une méprise du traducteur ; le texte parlait de l'orne- 
mentation du toit de la soucca). — Un ms. délia Mishna (exemplaire 
italien, vocalisé, de Kodaschim et Tohorot avec le comment, de Maïmo- 
nide). — Rivista délie Riviste. = = N° 3. = = H. P. Chajes : Relazione 
sul xv Congrcsso degli Orientalisti. — H. P. Chajes : Is., xix, 18-25 (à la 
lumière des papyrus d'Éléphantine ; l'auteur a vécu vers Tan 525). — 
H. P. Chajes : Note critiche su Ezechiele, xi. — H. P. Chajes : Un 
C3"in di R. Mosé Zaccuto contro il giuoco 'J693). — I. Elbogcn : A pro- 
posito délia parola Seder "~HO dans la littérature rabbinique). — 
A. Lewinsky : Sulla storia degli Ebrei in Italia {suite de 1907 n u * 5-6). 
— U. Cassuto : Alcuni incunaboli ebraici conservât! nella R. Biblioteca 
Nazionale di Firenze. — H. P. Chajes : Bibliografia (Scheellol, éd. Ka- 
minka). — H. P. Ch. : RivisLa délie Riviste. = = N° 4. = = S. H. Mar- 
gulies: Note liturgiche {fin): nxc;, n^n nttÉ^naiEBI nfc^d^Dan by, le 
sécler de pâque yrrn 'iip. — S. Poznanski : fimo e K-no O'n (énumé- 
ration des personnages qui ont porté ce titre). — S. Poznanski : Uno 
scritto postumo dello Steinschncider {Rangslreit-Literatur, Vienne, 
1908). — H. P. Chajes : Una lettera del Nassi Sintzheim al Rabb. Mosè 
Levi Zacut (sur le Sanhédrin). — H. P. Ch. : Rivista délie Riviste : L'iscri- 
zione di Zakir. — U. Cassuto : Ancora sugl' incunaboli del Colleg'O 
rabbinico italiano e délia R. Biblioteca Nazionale di Firenze (2 numé- 
ros). — H. P. Ch : Meir Friedmann (nécrologie).' = = N 0s 5-0. = = 
H. P. Chajes : Ancora del commento di R. Shelomô ben Ha-Jathom. — 
H. I'. Chajes : Note critiche su Giobbe (xxxiv, 29 a-37 ; xxxv, 9-12; 
xxxvi, 7, 8, il, 16-19). — L. Blau : La letteratura moderna sul libro 
considerata dal punto di vista del libro ebraico {à suivre; à propos de 



BIBLIOGRAPHIE 285 

Albert Gim, Le Livre, Paris, 1905-1906). — Elia Samuel Artom : Sull' 
alleanza fra Giuda Maceabeo e Roma (l'alliance fut réellement conclue, 
le document de I Macc. est authentique en gros et se rapporte a ce fait, 
le récit et le document ne sont pas interpolés, le texte de I Macc. est 
plus voisin de l'original que celui de Josèphe). — A. Lewinsky : Un fatto 
di cronaca romana dcl cinquecento. — U. Gassuto : Gl' incunaboli 
ebraici délia eollezione Delciana nella R. Biblioteca Medico-Laurenziana 
(11 n° s ). — U. Gassuto : Sulla famiglia da Pisa (à suivre). — H. P. Ch. : 
Rivista délia Riviste. 

Zeitschrift des Deutschen Palâstina-Vereins (Leipzig, trimestriel). 
= Tome XXXI, 1008. = No* 1-3. = = E. von Mïilinen : Beitrage zur 
Kenntnis des Karmels (suite et fin). = = N°4. = = G. Dalman : ïopo- 
graphische Notizcn zum Wcge naeh Petra. — G. Dalman : Epigraphi- 
sebes (inscriptions grecques et latines^. — J. Thoma : Das Kidrontal von 
el-Ka'a bis bir cijub. — G. Grunhut : Der Raum des Tcmpels nach 
Estori hap-Parehi (traduction annotée). — G. Mommert : Die Memoria 
sancti Gethae zu Thesbe. 
Table des vol. XXVI-XXX par G. Steuernagel (23 p.). 

Zeitschrift fur die alttestamentliche Wissenschaft (Giessen, 
trimestriel). = = 28* année, 1908. N° 1. ===== J. Dahse : Textkri- 
tische Studien I (les sources de Jérusalem à propos de lxx sur II Chr., 
xxxii, 30, et xxxiii, 14; l'envoi des oiseaux par Noé dans Gen., vjii, 6-12, 
où certaines versions de la lxx ont conservé le texte primitif, plus 
rapproché du récit babylonien ; la durée du déluge d'après le texte 
hébreu, les différentes versions de lxx et le Livre des Jubilés; l'ordre 
des 6 e , 7 e et 8 e commandements dans lxx ; les recensions de la Genèse 
grecque d'après les variantes du chap. xlii). — E. Baumann : 3>"T und 
seine Derivate (fin ir 2; sur les significations précises de ce verbe dans 
les différents livres et surtout dans les passages théologiques). — 
F. Kïichler : Der Gcdanke des Eifers Jahwes im Alten Testament (filia- 
tion des sens de tt'p ; la notion de la jalousie de D remonte à Osée; 
Ézéchiel change la signification de HNSp après la destruction du Temple 
et l'applique à l'intervention de D. en faveur de son peuple). — 
J. Boehmer : Ein alphabetisch-akrostichisches Ratsel und ein Versuches 
zu lôsen (essaie d'expliquer la succession y après s dans les acrosti- 
ches alphabétiques : on voulait obtenir un sens magique en réunissant 
les initiales deux à deux : 3N, ta... tp, V^). — A. Bertholct : Ein crux 
interpretum (lit dansPs., n, 11-12 : rnsna "pbâna ipffiîî). — A.Rahifs : 
Nachwirkungen der Ghronik des Eusebius in Septuaginta-Handschrif- 
ten (corrections chronologiques d'après E. ; extraits d'E. dans un ms. 
des lxx). — A. Rahlfs : Ueber das Fehlen der Makkabaerbùcher in der 
athiopisehen Bibeliibersetzung (dû à l'influence de S 1 Anathase) — Ilans 
H. Spoer : Psalm 151 (mss. syriaques). — E. Nestlé : Miscelle (vocalisa- 
tion et accentuation de 83 n^ioin). = — N° 2. ===== Fr. Kûchler : 



286 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Jabwe und sein Volk naeh Jeremia. - H. llosenberg : Notizcn aus der 
tannaïtischen Literatur i'iber das Geschlecht der hebrâischen Hauptwor- 
ter. — Miscellen. J. Barth : Zu « Hosianna » (accentuation du mot). — 

E. Nestlé : Ein neuer Vers im Leviticus (dans la première Bible alle- 
mande, faite sur la Vulgatel Dtn. 26, 17-18 dire rn?:~ et TV?:-). Der 
Richter Elon (manque dans d'anciens textes grecs) Alttestamentliches 
aus altchristlichen Kalendern. Eine empfindliche Li'icke in unsern 
hebrâischen Wôrterbùchern (traductions des versions sur les mots rares). 
Akzentbei Maqqeph (deux mots reliés par le m. peuvent-ils avoir chacun 
un accent'?). K. Marti : Zur Siloaliinschrift (des considérations tech- 
niques justifient le sens de «écho» proposé par Praetorius pour mi) 
= = N° 3. = = J. Dahse : Textkritische Studien II (classification des 
mss. de la lxx sur la Gen.). — E. Kônig : Die letzte Pentateuchsehieht 
und Hesekiel 'contre Boyd, qui soutient qu'Ez. est antérieur à P) — 

F. Stàhelin : Elephantine und Leontopolis. — W. Gaspari : Progressive 
Assimilation in II Sam 3,25; 15,18(8,18,20,7,23). — L W. Batten : David's 
destruction of the Syrian chariots (II Sam., vin. 4 : ~p^ signifie «brisa»). 
— A. Bcrtholet : Nochmals zu Ps. 2, 11 f. u. plus haut . — M. Flashar : 
Das Ghain in der Septuaginta (d'après In transcription des noms propres 
dans la Genèse; on distingue encore les deux y ; fin n° 4). — M. Sie- 
mens : HatJ. G. Eichhorn die Conjectures von J. J. Astruc geknnul, als 
er 1779 seine Abhandlung iiber « Mosis Nachrichten von der Noachi- 
sehen Flut» veroff'entliehte? (oui). — A. Biïchler : Kirchenkalender. — 
J. Katzenstein : Akzent vor Maqqeph (c'est une espèce de mëleg). — 
Nestlé : Miscellen. 1 Zum Text der Konigsbueher in der vorlutherischen 
deutschen Bibel. 2. Agagund Samuel in den Spri'ichen des Bileam dans 
Nombres, xxiv, 23 6-24 a). 3. Nuin. 23, 19 (dans lxx). 4. Noch einmal 
Dtn 26, 17, 18 (combat l'explication de L. Low : « t'a fiancé») ; sens de 
"W! dans Nomb., xi, 15). 5. Die Wafife des Samgar (Jdc 3, 31) pifcbn 
pourrait signifier « soc . - 6. Zu I (3) Reg. 18, 27 (trad. de IPtp) 7. Nieht 
nachgewiesene Bibelcitate (latines). = = N° 4. = = S Krauss : Stàdte- 
namen und Bauvvesen i position, construction et caractère des villes 
palestiniennes d'après leurs noms. - Hans H. Spoer : Versuch einer 
Erklârung des Zusammenhanges zwischen Dolmen, Mal und Schalen- 
steinen in Palastina (conclusions contestables; la preuve en faveur du 
matriarcat tirée d'une «prière* juive, p. 285, est bien amusante). — 
Johs. Herrmann : .Egyptisehe Analogien zum Funde des Dcuterono- 
miums. 

Zeitschrift fur hebrâische Bibliographie (Francfort, bimestriel). 
= = Vol. XII, 1908. N« 1, janvier-lévrier. =?== Comptes rendus (J^fïT, 
VII, [>ar S. Poznanski ; B. Wachstcin, Wiener hebrâische Epitaphien, 

par H. P. Cbajes et Lowenstein ). — A. Berliner : Die DicliLer der 13 
Glaubensartikel en enuinere trente;. — A. Freimaun : Typographi- 
sches. — A. Marx : Eine unbekannte Inkunabel (•"icrnE rniD^n de 
Maïmonide, imprimé en Portugal). — S. Seeligmann : Ein portugiesi- 



BIBLIOGRAPHIE 287 

scher Talmuddruek (10 fragments de i'éd. de Faro). — S. Munk : Manu- 
scrits hébreux de l'Oratoire, à la Bibliothèque Nationale de Paris {mite 
de 1907; suite n os 2, 3, 4, 5). — A. Marmorstein : Die Superkommen- 
tare zu Raschis Pentateuchkommentar {suite de 1907 ; la suite n'a pas 
paru). — H. P. Ghajes : Bemerkung (sur la pièce publiée par Marmor- 
stein, Monatsschr., 1906, 589). — A. Marx : Bemerkungen zu : Die 
Druckereien in Konstantinopel und Salonichi — Eine von Elia Levita 
besorgte Ausgabe des sefardischen Siddur Venedig 1543. — I. Hirschin- 
ger: Tefillat Venedig (Bomberg)1519.= = N° 2 mars avril. = = W. Bâ- 
cher : Der Ausdruck 173 173 in den Handschriften des babylonisehen 
Talmuds (se trouve dans le ms. de Munich; la censure Ta substitué 
partout à TQITPQ), — W. Zeitlin : Bibliotheca sionistica. Hebraische 
Schriften i'iber Zionismus (1852-1905 (suite et fin n os 3, o). — H. P. 
Ghajes : Ans einem handschriftlichen RSI Commentar zu Ta'anith. — 
UeberGod. Laur. Plut. I, 53 (■«"un by rvpsnp). = = Nq 3, mai-juin. ===== 
Comptes rendus (Péris, )J2ZV tn^n, par M. Eisler; Davidson, Parody 
in Jew. Lit., par S. Krauss ; Ph. de Haas, Breslauer. . . Malizor-Hand- 
scliriften, par LE). — B. Waehstein (réponse à Chajes) et Chajes (répli- 
que). = = N° 4, juillet— août. --= == Comptes rendus (Bernstein,/wrfwc/ie 
Sprichwôrter, par Porges). — Porges : Zum Ausdruck -173173 in den 
Handschriften des Talmud (les Juifs l'ont eux-mêmes introduit dans 
les textes par crainte de la censure; histoire du mot). — S. Poz- 
nanski : Jiïdisch-arabische Bucherlisten ans der Geniza iu Cambridge. 
= =f N° 5. septembre-octobre. = = Comptes rendus (Strack, Ein- 
leituny in den Talmud'*, par Chajes). — = N" 6, novembre décembre. 
= = W. Bâcher : Zur neuesten arabischen Literatur der Juden (des- 
cription de publications modernes). — H. Gross : Ein anonymer 
handschriftlicher Siddur von Orléans (fin 1909, n° 1; pourquoi 
d'Orléans?). 



4. Notes et extraits. 

1. — J. Hastings: Encyclopœdia of Religions and Elliirs, t. I (A — Art). 
Edimbourg, Clark, 1908 ; in-4° de xxu + 888 p. 28 s. — Les principaux 
articles qui intéressent le judaïsme sont : Age du monde (E. N. Adler), 
Ahikar (Lidzbarski , Akiba (E. N. Adler), Anglo-Israelitism (A. M. Hyam- 
son), Antichrist (Boussetj, Antisémitisme (H L. Strack), Architecture et 
Art J. Abraham s pour le judaïsme), etc. 

2. — E. Gushing Hichardson : An alpkabetical subjecl Index and Index 
eiicyclop;i'dical to periodical articles on religion 1890-1899. New-York, 
Th. Scribner's Sons Paris, Stechert et C°), 1907; gr. in-8' de xlii + 
1168 p. — Ce précieux répertoire indique sur chaque question religieuse 
les articles parus dans les revues de 1890 a 1899 et l'étendue de ces 
articles. De nombreux périodiques ont été dépouillés (la liste occupe 



288 REVUE DES ETUDES JUIVES 

plus de 30 pages), de sorte que les matériaux réunis sont très abondants 
(l'art. Jews va de la p. 556 à la p. 567). Les articles ne sont, pas appréciés 
et le titre seul est indiqué, non le contenu. 

3. — S. Reinach : Cultes, mythes et religions. Tome III. Paris, Leroux, 
1908; in-8° de 537 p. — Des vingt-huit mémoires qui remplissent ce 
volume plusieurs ressortissent en tout ou en partie à nos études. Dans 
celui qui est intitulé « Tarpéia » (p. 223-253), M. Reinach étudie ce qu'il 
appelle le tabou des dépouilles, dont la Bible fournit la théorie (Deut., 
vu, t-3; Nombres, xxxi, 22, 23) et la pratique (Josué, vi, 1 et s. ; I Sam., 
xv, 3, 11, 23) : les dépouilles, parle fait même de leur capture, deviennent 
sacrées et intangibles. Dans sa conférence sur « l'idée du péché originel » 
(p. 343-363). il met en parallèle la doctrine orphique du péché et de la 
purification, très répandue dans les couches inférieures de l'hellénisme, 
avec la conception hébraïque et conclut que le christianisme trouva les 
esprits prêts à accepter une théorie qu'ils croyaient déjà connaître. 
L'étude historique sur « l'inquisition d'Espagne » est un compte rendu 
de l'ouvrage de Lca (l'historien américain, qui est mort depuis, a encore 
publié une histoire de l'inquisition dans les colonies espagnoles). Les 
deux travaux d'histoire juive sont connus des lecteurs de la Revue. Le 
premier cherche à établir qu'il y avait une communauté juive à Lyon au 
ii c siècle (p. 449 456 = Revue, Li, 245 250) ; la démonstration ne nous a 
pas convaincu, car il n'est pas prouvé que les chrétiens de Lyon obser- 
vaient encordes lois juives sur les viandes interdites; en tout, cas un 
boucher païen aurait pu leur fournir des viandes à eux permises (c'est ce 
qui se fait aujourd'hui en France dans la plupart des communautés 
juives). Sur « la prétendue race juive » (p. 457-471 = Revue, XLV1I, 
Actes) nous sommes d'accord avec M. Reinach; nous aurions seulement 
ajouté que, s'il n'y a pas, anthropologiquement parlant, de « race » 
juive, la communauté de vie, de condition et même d'idées a créé peu 
a peu une sorte de race artificielle. Les autres articles de ce volume inté- 
ressent par endroits le judaïsme: on retrouvera ces passages à l'aide de 
l'Index alphabétique des matières contenues dans les trois premiers 
tomes (p. 520-528). 

4. — P. Saintyves : Les vierges mères et les naissances miraculeuses, 
essai de mythologie comparée. Paris, Nourry, 1908 ; in-12° de 280 p. — 
Saintyves ce pseudonyme cache un moderniste plein de talent) étudie 
dans cet ouvrage les contes et légendes où intervient une naissance 
miraculeuse, et notamment une naissance virginale. Il les classe sous 
différentes rubriques : pierres fécondantes, théogamies aquatiques, 
phytornorphiques et thériomorphiques, fécondations météorologiques, 
théogamies solaires et anthropomorphiques. Dans un dernier chapitre, il 
montre que la légende de la naissance et de l'enfance de. Jésus utilise dif- 
férents thèmes traditionnels. Beaucoup de ces contes intéressent la 
littérature juive (naissance d'Abraham, de Moïse) ; ils ne sont pas 



BIBLIOGRAPHIE 289 

approfondis ici, mais les rapprochements institués sont des plus sug- 
gestifs. Ecrit d'une plume alerte, ce livre très sérieux se lit avec plaisir. 

5. — St. A. Gook : The Religion of ancient Palestine in the second 
millenium b. C. in the light of archœology and the inscriptions. Londres, 
Constable, 1908 ; in-8° de 122 p. — Les fouilles entreprises récemment 
en Palestine et dans les pays voisins nous ont révélé en partie la civilisa- 
tion et notamment la religion des peuples qui ont précédé les Hébreux en 
Palestine. Dans cet élégant petit volume, l'auteur passe en revue les sites 
sacrés, les objets cultuels, les rites et les pratiques, les esprits et les 
dieux auxquels on rendait ce culte. L'exposition est claire et exempte de 
toute théorie. 

6. — Albert Dufourcq : Histoire comparée des religions païennes et de 
la religion juive. 3 e édition refondue. Paris, Bloud, 1908 ; in-16° de 
xxvi -f- 330 p. (L'avenir du christianisme. Première partie : Le passé 
chrétien, vie et pensée. I. Epoque orientale). — Voici un ouvrage d'un 
professeur d'Université, rigoureusement scientifique, qui se donne 
comme une apologie du christianisme et est dédié à Léon XIII. M. Du- 
fourcq croit que la « fin de l'Histoire (est) la réalisation d'une conscience 
commune à l'humanité, — que le Christianisme (est) la forme de cette 
conscience universelle ». Il veut pronostiquer « l'avenir du christianisme » 
par l'étude du « passé chrétien, vie et pensée ». Mais dans le chr's- 
tianisme lui-même confluent les traditions religieuses des Juifs et des 
païens; une histoire du christianisme a donc comme introduction néces- 
saire une étude comparative des religions païennes et de la religion 
juive. Cette étude, qui occupait quelques pages dans les deux premières 
éditions, remplit dans la troisième tout un volume, ainsi divisé : 1° les 
religions égyptiennes, 2° les religions sémitiques, 3° les religions 
aryennes (Perses, Grecs, Romains), 4° la religion juive : A. Moïse, B. Les 
Prophètes, C. L'Église d'Israël. Les trois chapitres sur la religion juive, 
que « l'avenir attendait », font pendant aux trois chapitres sur les autres 
religions orientales, dont aucune « n'avait pour elle l'avenir » ; partout 
les traits essentiels sont dégagés avec netteté, l'action des hommes et la 
poussée des événements déterminées avec précision. Ce n'est pas une 
« résurrection », c'est la vie même. Cet art est au service d'une science 
très sûre ; c'est à peine si des fautes d'impression dans les mots étran- 
gers et des inexactitudes de détail révèlent que l'auteur n'est pas un spé- 
cialiste dans ce domaine. Généralement l'information est étendue et la 
méthode avisée. En exégèse biblique, M. D adopte de préférence les 
théories catholiques critiques; l'influence du P. Lagrange est particu- 
lièrement sensible. C'est dans cet esprit, mais avec plus de liberté encore, 
qu'il expose l'évolution du judaïsme. Abraham dégage les plus hautes 
idées religieuses des croyances grossières dont elles s'enveloppaient en 
Chaldéc. Moïse sauve la tradition des patriarches ; il donne à Israël son 
existence nationale et sa religion iahvéiste ; il proclame un Dieu juste, 

T. LX, no 120. 1!) 



290 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

moral, représentant un idéal de perfection et l'imposant à quiconque 
s'attache à lui ; il interprète les vieux usages, les anime d'un esprit nou- 
veau et vraiment les transfigure. Les Prophètes restaurent et dévelop- 
pent la tradition mosaïque; ils prêchent un moralisme universaliste. 
Jérémie incarne l'individualisme religieux, Ezéchiel l'individualisme 
moral et en même temps le sacerdotalisme. L'Église d'Israël est orga- 
nisée par Néhémie ; son âme religieuse palpite dans les Psaumes et sa foi 
en l'avenir est chantée par le second Isaïe. « Transcendantalisme, his- 
toricisme : ces deux traits caractérisent la religion juive; elle conçoit 
Iahvé, à la fois, comme très haut et très près de l'homme; selon la foi 
juive, VAbsolu agit dans l'histoire.;. Et sans doute les religions païennes 
se rapprochent en certains points particuliers de la religion juive. . . Li, 
agitation, trouble ; là, marche sûre. Lors même qu'elle emprunte, l'âme 
juive transforme profondément ses emprunts. Le rapport des religions 
païennes et juive jusqu'au temps d'Alexandre se définit d'un mot : « diver- 
gence ». Nous devrions faire des réserves sur la solidité de cette con- 
struction — pour le savant, il n'y a pas d' « histoire » biblique, mais une 
série de traditions et d'hypothèses — nous préférons l'admirer et louer 
une œuvre où la science d'un P. Lagrange s'unit au talent d'un 
Brunetière. 

7. — Et. Combe : Histoire du culte de Sin en Babylonie et en Assyrie. 
Paris, Geuthner, 1908; in-8°de xix+159 p. — L'auteur écarte le rapproche- 
ment du nom du dieu lunaire Sin avec le Sinaï et se montre sceptique 
envers le panbabylonisme panastral, qui voit des mythes lunaires dans 
Ter ah et Abraham. 

8. — Raymond Wkill : La presqu'île du Sinaï, étude de géographie et 
d'histoire. Paris, Champion, 1908; in-8° de ix-f- 380 p., cartes (Bibliothèque 
de l'Ecole des Hautes Etudes, section des sciences historiques et philolo- 
giques, l'ascic. 171). — M. Wcill, qui avait déjà abordé la géologie, la 
géographie et l'histoire (limitée à la période des établissements égyptiens) 
de lit presqu'île du Sinaï dans l'introduction de son Recueil des inscrip- 
tions égyptiennes du Sinaï (Paris, 1904), consacre ici une étude appro- 
fondie à celte région, qu'il a dépouillée de son auréole en montrant que 
le Sinaï biblique n'est pas situé dans la presqu'île, mais quelque part 
dans le désert au sud de la Judée. Les lecteurs de la Revue connaissent 
les thèses de l'auteur sur Pharan, ainsi que sur le Sinaï de la Bible et de 
la tradition christiano-modernc (LVII, 19-54, 194-238, LVIII, 83-50); on les 
trouvera résumées dans ce volume (p. 205-218). Si sa démonstration géo- 
graphique peut être considérée comme irréfutable, sa restitution exégé- 
tique et sa reconstruction historique appellent encore des réserves. Dans 
un autre passage, il admet, avec Ed. Meyer, que TElohiste intercalait 
dans le récit du voyage au désert une description de l'oasis et du sanc- 
tuaire de Tôr, dont on trouve des fragments dans Exode, xv, 22-37 
(p. 97-98".. 



BIBLIOGRAPHIE 291 

9. — H. Pognon: Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopo- 
tamie et de la région de Mossoul, II. Paris, Gabalda, 1908. — M. Pognon 
a découvert en 1903 et publié en 1908 une inscription d'une grande impor- 
tance historique, qui prendra place à côté de celle de Méscha. Ce sont 
deux fragments dune stèle dédiée par Zakir (ou Zakar), roi de Hamat et 
de Laach (?), au dieu Alour (ou Aloud) à l'occasion d'une victoire rem- 
portée par ce prince sur Bar-Hadad, fils de Hazaël, roi d'Aram, qui l'avait 
assiégé dans Hazrakh. Cette inscription, qui éclaire l'état politique de la 
Syrie au vm e siècle, est écrite en araméen, avec des constructions qui 
rappellent l'hébreu biblique [vav consécutif). Elle a déjà provoqué une 
abondante « littérature » ; signalons seulement : .1. Halévy, Revue sémi- 
tique, avril et juillet 1908; R. Dussaud, Revue Archéologique, 1908, 
I, 232 et s.; T. Nôldeke, Zeitschrifl fur Assyriologie, XXI, 1908, 325-384; 
Lidzbarski, Literarisches Zentralblatl, 1908, 582-583; M. Hartmann, 
Orientalist. Literaturzeitung , 1908, 341-342. — Les n 0s 40-43 du recueil de 
M. Pognon sont des inscriptions tumulaires juives d'Edesse, dont une 
bilingue (araméenne-grecque). 

10. — L. G. Fillion : Le Folklore et l'Ancien Testament, dans la Revue 
de l'Institut catholique de Paris, juillet-août 1908. 

11. —A. J. Reinach : La lutte de Jahvé avec Jacob et avec Moïse et 
V origine de la circoncision, tirage à part de la Revue des éludes ethnogra- 
phiques et sociologiques. Paris, 1908; gr. in-8° de 25 p. —Ed. Meyer a 
observé que, dans le récit de la circoncision du fils de Moïse (Exode, iv, 
24-26), c'est aux pieds non de Moïse, mais de Jahvé que Sippora jette le 
prépuce sanglant de son fils. M. Reinach rapproche de ce fait le duel de 
Jacob (Gen., xxxn, 25 et s.); d'après lui, c'est Jacob qui saisit son adver- 
saire Jahvé au haut des cuisses et l'oblige ainsi à devenir son allié. Dans 
les deux cas nous tenons des rites d'alliance, là par l'aspersion du sang, 
principe delà vie, ici parle contact du membre qui est le siège de la 
virilité. La circoncision reposerait donc « sur cette notion primitive que 
les membres d'un clan sont parents et alliés dans la mesure où ils parti- 
cipent à. un même sang qui est celui du dieu générateur du clan ». Telle 
serait « l'explication rituelle et sociale des deux épisodes. Bien d'autres 
éléments sont venus s'y surajouter : éléments mythologiques, — lutte, 
sur leur frontière même, des dieux de deux clans ennemis, l'Elohim des 
Jakobélitcs contre l'Elohim des Edomites, ou duel d'un héros contre le 
dieu qu'il ignore et qui lui accorde sa protection lorsqu'il se révèle, Jacob 
contre l'El du Jabboq, Moïse contre le Jahvé du Sinaï; — éléments géo- 
graphiques, — le désir d'expliquer le nom du fleuve de la lutte, Jabok, 
passant aux pieds d'un rocher qui semble une face de dieu, Penéël {sic), 
de montrer pourquoi le lieu de Y épreuve, Massah, est voisin de la source 
delà querelle, Meribah; — d'éléments historiques, — l'alliance et la 
fusion de Jacob et d'Israël, l'établissement des Jacobélites sur les bords 
du Jabboq; — éléments liturgiques : la recherche d'une origine divine 



292 REVUE DES ETUDES JUIVES 

pour l'interdiction de manger le nerf sciatique et pour l'institution de la 
défloration ou de la circoncision, peut-être aussi pour un changement de 
nom qui aurait eu lieu au moment de la circoncision; éléments juridiques 
enfin: l'existence de jugements tranchés par ordalie aux sources sacrées 
de Qadesh et d'Elim ». Ce résumé suffira peut-être à montrer combien 
cette étude est suggestive. Mais que d'hypothèses aventureuses! 

12. — A. Deissmann : Licht vom Osten. Das Neue Testament und die 
neuentdeckten Texte der hellenistisch-rômischen Welt. Tubingue, Mohr, 

1908. — L'auteur développe sa thèse favorite sur l'importance des 
papyrus pour l'intelligence de la littérature des juifs hellénisants et de 
celle des premiers chrétiens. Dans un appendice, il montre que les impré- 
cations de Rhenaia sont d'origine juive. 

13. — Eb. Nestlé : Die zwei Namen Kapernaum und Kaiphas. Leipzig, 
Deichert, 1908; gr. in-8° de 20 p. — 1° La forme « caper... » au lieu de 
« caphar » serait nestorienne. Pour le second élément du nom, nous ne 
comprenons pas les hésitations de l'auteur : ûin: ncs est cité dans la lit- 
térature juive, qui connaît aussi la forme Dimn idD, donnée par un ms. 
arabe. 2° Orthographe (Caïaphasou Caïphas) et étymologie (tpp) du nom 
de Gaïphe; traditions sur ce grand-prêtre. 

14. — Giovanni Rosadi : Le procès de Jésus, traduit de l'italien par 
Mena d'Albola. Paris, Perrin, 1908; in-16° de 328 p. — La Revue d'histoire 
ecclésiastique, IX, 1908, 746, résume ainsi la thèse de l'auteur : « En 
Judée, comme dans toutes les autres provinces soumises, Rome se réser- 
vait le pouvoir judiciaire suprême aussi bien dans sa phase préparatoire 
que dans sa phase exécutoire. Elle retenait le droit d'enquêter, de déli- 
bérer, de juger et de condamner. Qu'elle ait laissé aux Juifs le droit 
d'arrêter un citoyen, d'instruire sa cause et de prononcer contre lui une 
sentence capitale, sous réserve de l'approbation subséquente, c'est une 
contre-vérité historique, aussi bien que c'eût été une contradiction juri- 
dique. L'arrestation de Jésus, la réunion nocturne du Sanhédrin dans une 
cause entraînant la mort du prévenu, le prononcé de la condamnation 
au jour même du procès, de même que l'envoi de Jésus à Hérode, la 
flagellation, la mise en parallèle avec Barabbas, sont quelques exemples 
des violations flagrantes de la justice et des lois de la part des Juifs et des 
Romains. Aucune sentence régulière ne fut portée, aucun supplice déter- 
miné ne fut décerné contre Jésus. » 

La même question est examinée par un juriste allemand, Mumm, dans 
un article intitulé Der Prozess Jesu, et publié par la Juristische Rund- 
schau, supplément du Berliner Tagebtatt, 24 et 31 décembre 1908. Dans 
cet article, que nous ne connaissons que par une analyse et une discus- 
sion de B. Elsass, dans Y Allgemeine Zeitung des Judentwns, du 13 août 

1909, l'auteur conclut que les formes judiciaires n'ont pas été violées par 
les Juifs. 



BIBLIOGRAPHIE 293 

Nous avons encore noté sur ce sujet : 

W. M. Chandlrr : The trial of Jésus, from a lawyers standpoint. Vol. 1 : 
The Hebrevv trial. Vol. 2 : The Koman trial. New- York, Empire publ. G , 
1908; 2 vol. in 8° de 35 + 36G et 21 -f 406 p. 

A. P. Drucker : Trial of Jésus from Jewish sources. Londres, Goût. 
Export G°, 1908; in-8° de 64 p. 

Christos Trapezountion : C H Si'xt] tou 'Ir^ou (le procès de Jésus). Athènes, 
1909 (étudie en même temps l'histoire politique, religieuse, philosophique 
.. .des Juifs). 

15- — G. Hoennicke : Bas Judenchristentum im ersten und zweiten 
Jahrhundert. Berlin, Trowitzsch, 1908; gr. in-8° de vu -f 419 p. — Après 
avoir exposé la situation intérieure du judaïsme au i cr et au n e siècle, 
l'auteur retrace la diffusion de l'Évangile dans les communautés juives 
de la Palestine et du dehors; il examine les idées et l'attitude des chrétiens 
judaïsants et montre enfin tout ce que le christianisme doit au judaïsme. 
On trouvera dans la Monatsschrift de 1909 (p. 617-626) un bon compte 
rendu, du à M. Elbogen, de cet ouvrage solide et sage, bien informé et 
généralement impartial vis-à-vis du judaïsme. Parmi les nombreux 
problèmes qu'il aborde, citons celui des « Minim », qui est discuté 
dans un appendice. 

16. — M. Goguel : Les chrétiens et l'empire romain à V époque du Nou- 
veau Testament. Paris, Fischbacher 1908; gr. in-8° de 32 p. — Etude sur 
l'attitude des premiers chrétiens vis-à-vis du gouvernement romain. A 
partir de Paul, citoyen romain, on fait desavances au pouvoir et le récit 
du procès et de la mort de Jésus est modifié dans ce sens. Seule 
l'Apocalypse déclare la guerre à Rome, mais elle est d'inspiration juive. 
— La vérité est que les deux tendances ont existé chez les Juifs; il y eut 
des prêtres et des rabbins favorables à un rapprochement avec Rome. La 
catastrophe de l'an 70 coupa les ponts, mais môme plus tard certains Juifs 
ne crurent pas la rupture définitive. 

17. — E. F. Thompson : [xeTavoéw and (xera^éXei in Greek Literature until 
100 a. D., including discussion oftheir cognâtes and oftheir Hebrew équi- 
valents. Chicago, University Press, 1908; gr. in-8° de 29 p. — L'auteur con- 
clut que, dans la littérature judéo-chrétienne, ptexavoéco signifie un chan- 
gement de la volonté en général ou par rapport à une faute déterminée, 
tandis que [j.sTa[xéXs'. désigne le repentir. 

18. — F. Nau : Histoire et sagesse d'Ahikar l'Assyrien, traduction des 
versions syriaques (mss. de Berlin, Cambridge et Londres), avec les prin- 
cipales différences des versions arabe, néo-syriaque, grecque, arménienne 
slave et roumaine, avec une étude sur l'auteur et l'ouvrage. Paris, 
Letouzey, 1908. — L'éditeur a encore pu utiliser les papyrus dÉléphantine 
conservés à Berlin et qu'il a sommairement décrits dans la Revue du 
clergé français, 1^ nov. 1908, 306-307. 



294 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

19. — L. Leroy : Histoire d'Haikar le Sage, dans la Revue de l'Orient 
chrétien, 1908, n° 4, édite et traduit une version arabe fournie par les 
mss. 3637 et 3656 delà Bibliothèque Nationale. 

20. — F. Nau : Un extrait de la Didascalie : la prière de Manassé, avec 
une édition de la version syriaque, dans la Revue de V Orient chrétien, 
1908, n° 2, p. 134-141. Cf. p. 448. — « Tous les textes grecs de la prière de 
Manassé et ceux qui en découlent, comme le copte et le latin, proviennent 
des Constitutions apostoliques » et par là de la Didascalie, et c'est « l'au- 
teur de la Didascalie lui-même qui, remaniant tout le passage [le récit du 
livre des Chroniques], a composé la prière », dont l'auteur serait ainsi un 
chrétien, non un Juif. 

21. — De Bruyne a publié dans la Rewue Bénédictine (XXV, 1908, 149- 
160) de «'Nouveaux fragments des Actes de Pierre, de Paul, de Jean, d'André 
et de l'Apocalypse d'Elie », cités par une Épître apocryphe (Epistola Titi 
discipuli Pauli) qui s'est conservée dans un manuscrit de la Bibliothèque 
de l'Université de Wurzbourg. Le fragment de l'Apocalypse d'Elie décrit 
les châtiments de l'enfer. Feu Schiïreracruy trouver un reste authentique 
de l'apocryphe juif de ce nom (Theologische Literaturzeitung, XXXIII, 
1908, 615; Geschichle, III*, 362). 

22. — Lkvrier : Date légale de la pâque juive ; la pâque juive et Véqui- 
noxe du printemps, dans la Revue des sciences ecclésiastiques, X, 1908, 
n 06 2 et 5. 

23. — W. Eicrmann : Die Angelologie und Dàmonologie des Korans im 
Vergleich zu der Engel- und Geistëflehrt der Heiligen Schrifl. Leipzig, 
PaulEger, 1908 ; gr. in-8° de iv+62 p. — La partie comparative de cette étude 
est assez faible. L' A. T. n'a presque point d'angélologie, ce dont Fauteur 
ne paraît pas s'être avisé, et les rapprochements avec la littérature rabbi- 
nique, qu'on ne s'attendait pas à trouver ici, sont pris de seconde main. Le 
Yalkout Hadasch n'est pas une source à citer ; l'étymologie de Harût et 
Marùt par l'hébreu est malheureuse; etc. 

24. — R. Roberts : Bas Familien-, Sldaven- und Erbrecht im Qoran. 
Leipzig, Hinrichs, 1908; in-8° de 56 p. (Leipziger semistische Studien, 
II, 6). — Outre les rapprochements que fait l'auteur avec le droit mosaïco- 
rabbinique, il est intéressant de constater le développement parallèle des 
deux législations. Ainsi, comme les rabbins, les jurisconsultes musulmans 
ont reconnu à la femme le droit de réclamer le divorce dans des cas 
déterminés. 

25. — R. Griveau : Histoire de la conversion des Juifs habitant la ville 
de Toméi, en Egypte, d'après d'anciens manuscrits arabes, dans la Revue 
de VOrient chrétien, 1908, n° 3, p. 298-313. — Toméi est un village près 



BIBLIOGRAPHIE 295 

de Bilbeïs. Deux moines rencontrent un Juif docte nommé Amran et enta- 
ment avec lui une controverse, dans laquelle ils allèguent 230 témoignages 
tirés de l'Écriture. Le Juif, s'avouant vaincu, accepte le baptême et les 
Juifs de Toméi, au nombre de 375, suivent son exemple. Il prend le nom 
de Paul, devient prêtre, puis évêquè. L'histoire se passerait vers 620, un 
pou avant la conquête arabe ; elle aurait été consignée par les moines 
dans une relation utilisée par un écrivain arabe du commencement du 
vme siècle. M. G., qui s'est servi des mss. arabes 205 et 214 de la Bibl.Nat., 
croit à l'authenticité de cette relation, mais elle fourmille d'invraisem- 
blances etd'anachronismes. 

26. — M. Tangl : Zum Judenschutzrecht unter den Karolingern, dans 
Xoies Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtskunde, 
XXXI, 1908, 197-200.— On a admis qu'il existait sous les Carolingiens une 
législation constituée sur la protection des Juifs, parce qu'on lisait dans 
des lettres de protection accordées à des marchands chrétiens (M. G. For- 
mulae, éd. Zeumer, p. 311, n° 32, et p. 315, n° 37) &Hcut ipsi Iudei» et 
«sicul Iudaeis». Or, ces formules sont écrites en lettres tironiennes et 
le signe lu « fudann doit être déchiffré « diximus ». Nous possédons d'ail- 
leurs des lettres de protection accordées à des marchands juifs. 

27. — Un économiste russe, Jos. Kulischer, a publié dans la Zeitschrift 
fur Vollis/ririschaft, Sozialpolitik und Yerwaltung (Vienne et Leipzig, 
W. Braunmiïller), XVII, 1908, p. 29-56 et 201-254, une étude fort intéres- 
sante, intitulée Warenhancller und Geldhàndler im Mittelalter, où il 
soutient cette thèse : tous les marchands d'argent sont en même temps 
marchands de denrées, et vice versa; toutes les classes de la société 
médiévale ont pratiqué «l'usure»; la loi canonique n'avait presque aucun 
effet. Ces conclusions sont combattues par le D r Franz Arens, Commerce 
d'argent et commerce de denrées au moyen âge, dans la Revue de synthèse 
historique, t. XVII-3, 1908, p. 298-308. M. K. trace de la position commer- 
ciale des Juifs au moyen âge une esquisse qui est ainsi appréciée par son 
critique : «Il est vrai que la question : pourquoi les Juifs étaient-ils persé- 
cutés? ne touche pas de très près le sujet principal de l'étude; mais 
notons que M. Kulischer prend aussi dans ce cas un point de vue trop 
absolu en excluant, ou presque, l'usure de ce peuple comme un motif im- 
portant de leur haine générale. Il lui échappe, à mon avis, que les Juifs, 
étant une masse compacte et relativement sédentaire, pouvaient être plus 
facilement frappés que leurs concurrents chrétiens, qui, en outre, ce qui 
reste toujours vrai, n'étaient pas non plus de race, de religion et d'habi- 
tudes si complètement étrangères aux peuples du Nord. Après la digres- 
sion dont nous venons de parler, M. Kulischer prend sa position dans la 
controverse sur ce point, si les Juifs étaient, oui ou non, de grands mar- 
chands avant les croisades et limités à l'usure après. Il donne des faits 
très intéressants prouvant qu'en effet le commencement du moyen âge 
les voyait dans une position enviable, ce qui d'ailleurs n'était pas absolu- 



296 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

raent dénié même par Bïicliei-, et qu'ils n'étaient jamais complètement exclus 
du trafic des marchandises. Sur ce dernier point il y a lieu d'adoucir une 
théorie courante qui, en effet, est exagérée ; et j'admets le fait que les 
Juifs n'étaient jamais absolument confinés dans le commerce d'argent, 
beaucoup plus généralement que je ne puis le faire pour les 'prêteurs 
italiens. Car il ne s'agit pas ici de bourgeois d'une ville importante qui 
allaient à l'étranger avec un but commercial tout défini, pour en rentrer 
après fortune faite, mais plus ou moins de pauvres diables saisissant 
toute occasion de gain qui se présentait à eux ; encore est-il naturel que 
les Juifs, restant pendant des générations à la même place, fussent liés à 
la vie économique de leurs voisins d'une façon plus étroite et plus mul- 
tiple que des visiteurs étrangers, — un Cahorsin assimilé n'étant plus un 
Gahorsin, tandis que le Juif restait toujours dans sa position de demi- 
étranger. Je ne veux signaler que les pages consacrées par l'auteur à 
l'histoire des Juifs dans l'Europe méridionale, où la vie économique était 
plus développée dans des républiques pénétrées de l'esprit latin et dans 
un pays — l'Espagne — dont la civilisation était établie sur des fonde- 
ments arabes. Il est tout naturel que dans ces pays où encore la différence 
de race était moins sensible, l'influence des Croisades sur le sort des Juifs 
ait été moins sérieuse, et que ceux-ci, au moins jusqu'à la contre-réforme, 
aient continué de jouer un rôle actif dans tous les champs de l'activité 
économique» (p. 30">-306; v. aussi la note de la p. 304, sur les causes de 
l'expulsion des Juifs d'Angleterre; nous ne connaissons pas d'expulsion 
de Juifs de France en 1291). 

La Zeitschrift fur Volkswirtschaft avait déjà publié, en 1907, un travail 
de J. Schipper, Aufânge des Kapitalismus bei den abendldndischen Juden 
im frùheren Mittelalter (Revue, LVII, 127). 

28. — N. Frrorf.lli : Gli ebrei nelV Italia méridionale dali età romana 
a Carlo Borbone, dans YArchivio storico per le provineie Napoletane, 
XXXII, 1907, p. 244-274 ; XXXIII (1908), 134-149 (à suivre). — Chap. i : Le 
prime colonie e le loro vicende fino al pontificato di S. Gregorio Magno. 
Le immigrazioni avvenuto prima e dopo la distruzione de Gerusalemme 
(des Juifs à Pompéi, R. Akiba à Brindisil), e le communità di Puglia e di 
Calabria verso la fine del quarto secolo. — Gli ebrei di Venosa, di Napoli 
c di altre città; il variare délie loro condizioni, e l'azione esercitata su 
questa di S. Gregorio Magno. — Chap. u : Gli ebrei di Napoli, Benvento, 
Salerno, Capua. — Gli ebrei di Brindisi, Venosa (publie une inscription 
tumulaire d'Abigaïl, fille de *p~iàn, morte à six ans en l'an 740 de la 
destruction du Temple), Lavcllo, Matera; risveglio intellettuale ; colonie 
di Oria, di Bari, di Rossano : Donolo. — Travail consciencieux, mais 
d'une critique insuffisante. Les sources juives sont utilisées de seconde 
main. Jusqu'ici l'auteur suit surtout Ascoli, D. Kaufmann et Nino 
Tomassia (Stranieri ed ebrei nelV Italia méridionale, Venise, 1904). Les 
1500 documents inédits qu'il a dit avoir réunis trouveront place dans la 
suite. 



BIBLIOGRAPHIE 207 

29. — R. La touche : V abbaye de Saint-Martin de Sées et tes Juifs au 
début du xin e siècle, dans la Province du Maine, XVI Cl 908), p. 329-330, 
publie une «notice de Henri, abbé de Saint-Martin de Sées, dans laquelle 
il rappelle qu'il a porté la peine de l'excommunication contre tous les 
moines de Saint-Martin qui feraient un emprunt aux Juifs, soit directe- 
ment, soit par personne interposée, sans l'autorisation du chapitre des 
moines» (1 er mars 1201). Ce document est tiré du Livre blanc de Saint- 
Martin de Sées, dont l'original est à la Bibliothèque municipale d'Alençon. 

30. — Arsène Pkrier : Un prévôt de Paris sous Charles V. Hugues 
Aubriot. Dijon, impr. de Jacquot et Florct, 1908; in-8° de 292 p. [Mémoi- 
res de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, XXIV). — 
L'historien du moyen âge aime à s'arrêter devant certains personnages 
qui, en opposition avec leur temps et avec leur époque, nous sont d'au- 
tant plus sympathiques qu'ils tranchent davantage sur leur milieu. Ce 
sont des hommes aux passions fortes, indépendants, courageux, souvent 
violents ; ils osent encourir l'hostilité de la puissance souveraine, l'Église, 
et étendre leur protection aux parias de la société, les Juifs. Ils sont fina- 
lement brisés par les pouvoirs établis, qui les condamnent et les désho- 
norent pour crime d'immoralité et d'accointances judaïques. Un de 
ces personnages est le prévôt Hugues Aubriot, dont M. Périer, sans 
renouveler sa biographie, à ce qu'il nous semble, a esquissé avec sympa- 
thie la figure « aux traits puissants, une des plus caractéristiques d'un 
siècle troublé». Aubriot, nommé prévôt de Paris par Charles V en 1367 
(M. P. dit, p. 58, que la date exacte est contestée ; mais l'acte existe, 
v. L. Delisle, Mandements et actes de Charles V, Préface, p. v), se montra 
«courageux, actif, justicier sans défaillance, dévoué corps et âme à son 
roi et à son office». Fidèle à la maxime de son maître, rapportée par 
Christine de Pisan, il rendait justice même aux Juifs. «Parmi les griefs 
accumulés contre les actes de la vie d'Aubriot, dit M. P. (p. 222), il en est 
un sur lequel il n'est pas inutile d'insister, parce que le crime imputé au 
prévôt constitue simplement un acte de courage qui lui fait honneur; 
c'est le fait d'avoir traité humainement les Juifs et d'avoir rendu aux 
mères les enfants qu'on leur avait enlevés. Cet acte est d'ailleurs en par- 
faite harmonie avec la politique libérale de Charles V». M. P. ne s'est pas 
demandé à quel titre Aubriot eut à s'occuper des Juifs. Le prévôt de Paris, 
placé à la tète du Châtelet, était un officier de police et un magistrat ; 
mais c'était aussi un représentant du roi, au nom duquel il administrait 
la capitale et percevait les deniers royaux. Les Juifs étaient-ils constam- 
ment placés sous l'autorité et la juridiction d'Aubriot parce qu'ils appar- 
tenaient en quelque sorte au roi ou n'intervenait-il que lorsque l'action 
policière ou judiciaire était mise en mouvement? Les Juifs qu'on voit 
détenus au Châtelet sont-ils des victimes qu'il protège? sont-ce des con- 
damnés ou des inculpés qu'il incarcère? La compétence du prévôt était 
assez mal déterminée pour n'être pas très large; en 1395 la justice des 
Juifs, refusée à l'évêque, lui fut adjugée par le Parlement (Félibien et 



298 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Lobineau, Histoire de la ville de Paris, IV, 546 a-b; voir l'exposé de 
l'affaire, II, 714-715). Cette question est quelque peu éclairée par l'événe- 
ment qui donna l'occasion à Aubriot de protéger les Juifs. À l'avènement 
de Charles VI, une émeute éclata dans Paris; les mutins se jetèrent sur 
les Juifs «et ils en auraient fait un horrible carnage si ces malheureux, 
fuyant avec effroi vers le Chàtelet royal, n'avaient réclamé avec instance 
le privilège du Palais [qui était domus regia] et demandé à y être gardés 
avec les autres prisonniers » ; des forcenés saisirent des enfants juifs et les 
firent baptiser (p. 55, 57). « Le lendemain, avec l'assentiment du roi, 
Aubriot rétablit les Juifs dans leurs maisons et leur fit rendre leurs 
enfants baptisés la veille, avec ordre, sous peine de vie, de leur restituer 
tout ce qu'on leur avait pris. C'était là, on le répète, de la part du prévôt 
comme de la part du roi, un acte de courage autant que d'équité. L'un et 
l'autre, dans cette circonstance, furent supérieurs à leur temps» (p. 224). 
M. P. raconte ces faits (à deux reprises différentes) d'après le Religieux de 
Saint-Denis, dont le récit peut être complété par plusieurs actes de 
Charles VI, notamment l'ordonnance du 27 janvier 1382 contre la villede 
Paris (publiée parFélibien et Moreau, III, 519 b, et Sauvai, III, 28-31). Le 
prévôt indépendant finit par succomber dans la lutte contre les clercs et 
les suppôts de l'Université. Il fut cité à comparaître devant la juridiction 
ecclésiastique, dont il avait réprimé les empiétements, pour crime d'hé- 
résie. On l'accusait encore d'immoralité. « Il était enclin au libertinage, 
quoiqu'il fût sexagénaire, dit le Religieux de Saint-Denis (éd. Bellaguet, 
I, 63)... On le soupçonna aussi d'avoir entretenu des liaisons illicites 
avec des Juives, parce qu'il avait eu plusieurs fois avec elles des entrevues 
secrètes et trop familières. Il leur rendit même, sur leur demande, leurs 
fils qu'on avait baptisés de force... se montrant en cela fort inconsidéré, car 
il donnait ainsi aux Juifs, ennemis du Christ, l'occasion de profaner la 
sainteté du baptême. » C'est là-dessus qu'on a échafaudé le roman des 
amours de Hugues Aubriot et d'une juive (Arnould et Alloye du Pujol. 
Histoire de la Bastille, I, 1844, 15-150). Le malheureux prévôt ne pouvait 
échapper, les clercs le tenaient. « Le 17 mai [1381], il fut exposé sur un 
échafaud en planches, dressé au parvis de Notre Dame. Là, à genoux et 
sans chapeau, il demanda la faveur de l'absolution, fit VOBu d'offrir des 
cierges pour les enfants juifs baptisés qu'il avait rendus à leurs parents ». 
Puis l'évêque « le condamna tout haut à faire pénitence perpétuelle au 
pain de tristesse et à l'eau de douleur comme fauteur de la perfidie 
judaïque et contempteur des sacrements de l'Église, etc.» (p. 107; voir 
la sentence p. 275 : il est condamné ad restitulionem dictorum pueront m 
baptizatum ecclesie faciendam). On en fit des chansons, telle cette com- 
plainte d'inspiration cléricale (p. 280) : 

Tu te plains de l'aulx hérésie 
Qui est en toy très grand diffamé, 
Tu es maistre de sodomie, 
Si corne disent homes et femmes, 
Tu as dampné de ceux-là les âmes 
Que tu as aux Juifs rendus; 
Dignus es d'être ars ou pendu. 



BIBLIOGRAPHIE 299 

31. — Abbé Arnaud d'Agnel : La politique de René envers les Juifs de 
Provence, dans le Bulletin historique et philologique du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques (publication du Ministère de l'Instruction 
publique), 1908, n os 1-2, p. 247-276 (tirage à part, 1909, 32 p.). — M. l'abbé 
Arnaud d'Agnel, qui publie en ce moment les Comptes de René I er 
d'Anjou, comte de Provence (1435-1480), a étudié la politique du « bon 
roi » dans une communication faite au Congrès des sociétés savantes et 
dont voici la substance. René est exceptionnellement bienveillant pour 
les Juifs, plus par intérêt, d'ailleurs, que par bonté. Le 5 février 1443, il 
confirme les statuts de sa mère, la reine Yolande, en faveur des Juifs, du 
27 mai 1423. En 1447, soixante délégués des communautés provençales 
se plaignent de vexations et obtiennent des lettres de rémission. Même 
requête en 1474. Le 18 mai 1454, le roi leur accorde plusieurs licences, 
dont une relative à la rouelle. Le 12 novembre 1474, il leur donne, ou 
leur vend plutôt, pour 8,000 florins, un délai de huit mois pour acquitter 
leurs dettes envers les chrétiens. Deux ans avant sa mort, il supprime la 
commission générale des usures et reçoit en échange 4,000 florins. « En 
dehors de ces mesures d'ordre général, un très grand nombre de pièces 
d'intérêt particulier témoignent de la bienveillance effective du prince à 
l'égard des Juifs. Il intervient sans cesse dans leurs affaires ». Des parti- 
culiers et des communautés lui demandent des grâces dilatoires pour 
leurs dettes ou un prompt règlement de leurs créances. En 1474, il 
défend à ses sujets de baptiser les Juifs par ruse ou violence et de les 
gêner dans l'exercice de leur culte. En 1475, il protège la communauté de 
Digne, victime de deux émeutes successives excitées par les capucins ; 
interventions analogues à Manosque (1495), Salon, Aix (à noter qu'un 
mouvement antijuif gagne toute la province à cette époque). Mais d'autre 
part, il favorise les conversions, ressource des Juifs endettés ou crimi- 
nels ; il gracie les néophytes et leur sert de parrain. Les Juifs paient de 
fortes amendes sous forme de compositions. Ils sont industrieux, mais 
font peu d'affaires pour leur propre compte ; ils servent notamment 
d'agents aux gros négociants italiens. Les communautés et les particu- 
liers empruntent beaucoup. De nombreux Juifs sont viticulteurs. « Lors 
de l'abandon de la terre au xiv° siècle et pendant la première partie du 
xv e , ils en avaient profité pour acquérir à bas prix des propriétés rurales. 
Dans certaines communes, comme Sisteron et Manosque, ils détenaient 
le tiers du terroir et même davantage. Au moyen âge, les israélites de 
Provence, plus favorisés que ceux des autres pays, ont non seulement le 
droit de détenir des cens et des fiefs, mais encore celui d'acquérir des 
terres libres. Ils peuvent, le fait paraît invraisemblable, exercer leur 
domination sur des vassaux chrétiens. » Beaucoup de Juifs d'Avignon et 
du Comtat, en voyant leurs coreligionnaires traités avec tant d'équité et 
de douceur, émigraient en Provence. — Ce travail copieux groupe un 
nombre considérable de faits et repose sur de nombreux documents, qui 
intéressent même par endroits l'histoire littéraire; ainsi on y trouve cités 
Bonet de Lates (p. 269) et Isaac Nathan d'Arles (p. 273). 



300 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

32. — La Chronique médicale du D r Cabanes publie, dans son numéro 
du 15 janvier 1908 (XV, 2), p. 58, un certificat médical en vieux provençal 
écrit à Tarascon, le 5 février 1424, et signé par « Maystre Jacob de Lunell, 
fisician », et un collègue chrétien. 

33. — Rodrigo Amador de los Rios y Villala : Toledo, tome I des 
Monumentos arquitectônicos de Espaha (Madrid, 1905-1907), 19 livraisons 
in-folio. Les livr. 16 à 19 décrivent avec le plus grand luxe de détails la 
synagogue de Samuel b. Méir Halévi, « El Transito ». et la synagogue 
Majeure, aujourd'hui « Santa Maria de la Blanca ». « Les décorations 
exquises de ces constructions, inspirées du style oriental le plus pur, 
donnent aux illustrations de ce chapitre un intérêt tout particulier. Ce sont 
des souvenirs de l'influence sarrasine, qui rendent les monuments de 
cette époque particulièrement précieux pour l'histoire de l'art » (Journal 
des Savants). 

34. — R.-F. Valbuena : La « Bel-Ham-Midrds » ô « Casa de Estudio » 
de los judios en Toledo, dans la Rev. d. Arch. Bibiiot. y Museos, mai- 
juin 1908. 

35. — M. Steinschneider : Bangstreit-Literatur, ein Beilrag zur ver- 
gleichenden Literatur- und Kulturgeschichte. Vienne, Holder, 1908;in-8° 
de 87 p. M. 2 (Sitzungsberichte der K. Akademie der Wissenseh. in 
Wien. Philosophisch-historische Klasse, 155. Band, 4. Abhandlung). — 
Dans ce travail, publié après sa mort, St. étudie le genre littéraire des 
« tensons », qui fut si florissant au moyen âge et que les Juifs ont égale- 
ment cultivé. Comp. le compte rendu de M. Poznanski, dans Rivista 
israelitica, V, 1908, 135-139. 

36. — J. Rambaud : L'Assemblée de Paris, 1806-1807, Lettres du rabbin 
Jacob Israël Carmi, dans la Bévue Napoléonienne, VIII, 1908, 131-134, 
résume la publication AlV Assemblea ed al Sinedrio <li Parigi, 1806- 
1807, Lellere del Rabbino Maggiore Jacob Israele Carmi, édite dal Con- 
siglio amministrativo delf Université israelitica di Reggio dell' Emilia, 
con prefazione del prof. Andréa Balletti e note e traduzione di L. Laide- 
Tedesco. Reggio, Dondavalli, 1905; in-8° de 160 p. 

37. — Dans la même revue, juillet 1909 : J. Bay>e : La condition des 
Juifs en France depuis 1789 (« article d'un naïf antisémitisme a propos 
du livre de M. II. Lucien-Brun », Rev. Hist., CIV, 202). 

38. — Confession israélile et la question des Juifs, rédigé par le 
bureau de la commission centrale pour la bibliographie suisse (Biblio- 
graphie nationale suisse. Fascicule V, 10* S.). Berne, K.-.I. Wyss, 1907 ; 
in-8° de vin -j- 104 p. — C'est un répertoire méthodique par ordre alpha- 
bétique des ouvrages parus en Suisse sur les Juifs. Il contient : 1° les lois, 



BIBLIOGRAPHIE 301 

décrets, règlements, arrêts, recours ; 2° les publications périodiques ; 
3° la question israélite en général, les Juifs et l'opinion publique, 
judaïsme et politique, droit et police, émancipation des Juifs, prosély- 
tisme, action missionnaire, fondations d'asiles israélites pour vieillards, 
colportage, situation faite à la femme dans le judaïsme, argent, mon- 
naies frappées; 4° histoire; 5° religion juive : a) théologie en général, 

b) Bible, Ancien Testament et autres écrits saints édités en Suisse, 

c) Psaumes, d) rituels, e) conversion des Juifs, sectes, relations des Juifs 
avec croyants d'autres confessions. Efforts accomplis en vue du rétablisse- 
ment du royaume d'Israël; 6° grammaire et linguistique, poésie hébraïque ; 
7" rapports annuels, congrès, réunions, fêtes ; 8° antisémitisme et persé- 
cution des Juifs; 9° instruction, universités et étudiants israélites; 10° bio- 
graphies et nécrologies. C'est un instrument de travail utile pour les 
recherches sur l'histoire, la littérature et la vie des Juifs en Suisse. — 
E. G. 

39. — La Société d'histoire et de littérature juive d'Alsace-Lorraine a 
inauguré le 9 septembre 1908 un Musée juif (Jùdisches Muséum) dans les 
locaux de YElsâssisches Muséum de Strasbourg. La collection est décrite 
sommairement dans la Strasburger Israelitische Wochenschrift, 1908, 
n° 38 (17 septembre 1908) et plusieurs objets reproduits dans les Images 
du musée alsacien. 

40. — Juifs de Russie. — La révolution avortée, en Russie, et le régime 
quasi-constitutionnel ont donné un regain d'acuité à la question jui\e, 
qui a fait l'objet, la liberté de la presse s'étant trouvée élargie pendant la 
crise, d'un grand nombre de publications. Celles dont la liste suit ont 
paru, à moins d'indication contraire, à Saint-Pétersbourg (généralement 
dans les éditions « Razym »), en 1908, dans le format in-8° : 

S. Anikine : Qui sont les Juifs et pourquoi les bandes noires ne les aiment 

pas ; 78 p. 
J. Annossow : La question juive d'après Dostoïewsky ; 16 p. 
Ben-Efraïm : La condition actuelle des Juifs en Allemagne ; G p. 
B.-M. Blank : Le rôle de la population juive dans la vie économique de la 

Russie ; 64 p. 
Br. . .in : Les écoles chez les Juifs de Russie; 27 p. 

B. Bkutzkus : La répartition par métiers de la population juive en Russie ; 
V + 80 p. 

L. Ch...g : La tragédie d'un peuple de six millions d'hommes, 3 e édition; 

22 p. 

M. -A. Enoelgardt : Les races nuisibles et les races nobles ; 40 p. 

C. Grunwald : Le territorialisme, solution immédiate de la question juive; 

23 p. 

L. M[arto]ff : Le peuple russe et les Juifs ; 54 p. 

F. Oppknhkimer : Réponse au livre de II. St. Chamberlain, « Die Grundlagen 

des XIX Jahrh. » (« Les Juifs »). Traduit de l'allemand; 2'.\ p. 
M.-L. Oussoff : La tradition et les faits. Contribution à la question juive ; 

86 p. 



302 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

G. Pétroff : En conscience [Sur la question juive en Russie] ; 32 p. 

La première Douma et les Juifs. Discours des députés d'après le compte rendu 

sténographique, 16 p. 
Contribution à l'histoire des pogromes antijuifs et des procès des pogromes. 

Plaidoiries des défenseurs. Préface de M. G. Korolenko. Kiew, 143 -f- x * P- 
Les aventures d'un hooligan [affidié aux bandes noires]. Kiew, 64 p. 
D. âïsbmànn : Les ennemis, conte ; 32 p. 

M. Gokwitz : Le mouvement idéologique dans le judaïsme moderne ; 151 p. 
B. Lazare : Les idéals sociaux du peuple juif . Traduit du français ; 30 p. 
N. Ossipovitch : Pourquoi ? conte ; 16 p. 

41. — Peretz : Travaux récents sur les judaisants (en russe), dans les 
Universit. Izviestiia, XLVIII, 1908, 1-42, étudie les origines et les doc- 
trines de la secte des judaisants en Russie. 

J. Boutch Bronévitch : Matériaux pour l'histoire et V étude des sectes et 
du raskol russe (en russe). 2 volumes ont paru. Saint-Pétersbourg, 1908- 
1909. 

42. — E.-F. Gautier: Sahara algérien (Paris, Colin, 1908; tome I des 
Missions au Sahara) décrit (p. 346) l'inscription hébraïque qu'il a trouvée 
dans le ksar de IVormali, dans l'oasis de Bonda (Touat). Il reproduit la tra- 
duction fautive qu'en a donnée M. Ph. Berger dans les Comptes rendus de 
V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1903, 236, et qui a été rectifiée 
depuis par M. Schwab (Revue, XLVIII, 137-138; Rapport sur les inscrip- 
tions hébraïques de la France, 364-365). Le premier mot de la deuxième 
ligne, lu pibnnn, est invraisemblable. — Des inscriptions berbères exis- 
tant au ksar d'Ouled Mahmoud et à Albani, près de Tespfaout (Touat), 
sont considérées par les indigènes comme hébraïques (p. 345). — Du temps 
d'Ibn Daud [M. J. C, I, 78 21 ,79 6 ), il y avait des Juifs à In Saleh et a 
Ouargla (?) ; de nos jours, les Juifs du Sahara ont été visités par l'explo- 
rateur Paul Soleillct (Revue, I, 344). Voir aussi B. Basset, Notes de lexi- 
cographie berbère, dans le Journal asiatique, 1887, II, 382-383. 

43. — L.-G. Dominique : Un gouverneur général de V Algérie : V amiral 
de Gueydon. Alger, Ad. Jourdan, 1908 ; in-4° de vm -f 256 p. (Mémoires de 
la Société historique algérienne, II). — L'amiral de Gueydon fut nommé 
gouverneur général civil de l'Algérie en 1871, peu après la promulgation 
du décret Grémieux. Il commença par réclamer l'abrogation de cette 
mesure, qui « n'a pas été seulement une erreur administrative regrettable, 
mais encore une grande faute politique ». Mais sur l'intervention de 
Grémieux et sur les représentations du Consistoire central, l'amiral 
biaisa et convint que le retrait du décret était inopportun. Cette affaire 
est exposée avec pièces à l'appui dans le chap. n du livre II (p. 73-96), 
dont voici la conclusion : « Sans doute, dans la courte période qui venait 
de s'écouler, le Gouverneur général avait pu entrevoir chez le Juif indi- 
gène les indices d'une transformation possible; il était dès lors inutile 
d'apporter à l'Algérie un sujet nouveau d'animosité. L'avenir a donné 



BIBLIOGRAPHIE 303 

raison à cette opinion et l'on doit reconnaître que la mentalité de l'israé- 
lite algérien est maintenant tout autre ; il s'est transformé, nous emprun- 
tant de très utiles qualités, mais développant, malheureusement, celles 
héréditaires. Le Juif occupe aujourd'hui, dans bien des branches de 
notre organisation sociale, une situation presque prépondérante. On ne 
saurait la lui reprocher puisque cette « prépondérance » est le fruit de 
son travail et de sa persistance. Mais il ne devrait pas oublier que cet 
« envahissement », pour si lent et si justifié qu'il soit, ne peut manquer 
de rencontrer de légitimes résistances. » 

Maurice Liber. 



H.-L. Strack, Sanhedrin-Makkoth, Die Mischnatraktate ùber Staatsrecht 
und Gerichtsverfahren, herausgegeben und ùbersetzt, Leipzig, Hinrichs, 1910 ; 
in-8° de 56 + 60 p. 

Les qualités qui distinguent tous les travaux de M. Strack — être exact 
et complet tout en restant concis — caractérisent aussi la dernière pro- 
duction de son infatigable activité. Du même auteur nous possédons 
déjà les traités de la Mischna sur Sabbat, Yoma, Aboda zara, dont une 
deuxième édition a paru tout récemment, et il nous annonce maintenant 
Pesahim. 

Dans une courte introduction, l'éditeur nous fait connaître les moyens 
qui peuvent servir à l'établissement du texte; en outre de l'édition de 
Naples et de celle de Lovve, c'est le ms. de Berlin 568 qui lui a été fort 
utile. Pour les questions de détail, il a pu se contenter maintes fois de 
renvoyer à sa Einleitung in den Talmud, dont la quatrième édition a 
paru l'année dernière. Maître consommé dans l'art d'économiser de la 
place, il réunit, à la p. 6*, les tannaïtes cités dans les traités de Sanhé- 
drin et de Maccot, en indiquant seulement leurs noms et en se référant 
toujours, pour leur biographie, à sa Einleitung. C'était suffisant, à mon 
avis, et il était inutile de consacrer une notice à chaque tannaïte dans les 
notes de la traduction. De plus, il surcharge le texte de celle-ci en com- 
plétant chaque fois le nom du tannaïte; ainsi, il écrit partout Jehuda 
(b. El'aj), dans l'intention Jouable de le distinguer de Juda b. Baba et 
d'autres tannaïtes ; or, le nom de Juda b. ">tihy revient près de trente 
fois dans les deux traités et on imagine combien il est gênant de 
retrouver constamment dans la traduction ce nom ainsi complété. Il 
aurait parfaitement suffi de prévenir une fois pour toutes que Juda tout, 
court est Juda b. "*$by ; de même pour les autres noms. Remarquons à 
ce propos que l'orthographe El'aj est contestable. Dans la Einleitung, 
p. 93, M. Strack nous apprend que "wbfi* (.sic) est une abréviation d'Éléa- 
zar, ce qui est tout à fait invraisemblable. Cette forme s'explique d'une 
manière parfaitement satisfaisante par le rapprochement avec l'araméen 



304 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

rrb?, îwb* (Daniel, îv, 31), d'après le kethib *b* (ib., m, 32). Ce nom 
doit donc être prononcé et écrit 'Illaï (non Haï, comme dans Bâcher, 
Ag. d. Tan., II, 191). Comp., dans l'hébreu biblique, le nom de nnn. 

Voici encore quelques observations touchant la langue, nban (i, 1) ne 
doit pas provenir nécessairement d'un singulier ïiban, mais de ban 
(cf. mbao, bao), ainsi que je l'ai fait remarquer dans mon ouvrage The 
Mishnah treatise Sanhédrin (Leyde, 1909), p. 55. — yi2"ài2 (p. ex. dans 
i, 6) est une forme nominale incorrecte ; lire yftW (espèce d'infinitif, 
comme latJW, Nnp?2, etc.) ; M. Bâcher ponctue de même [Die exegetische 
Terminologie, I, 190). — Pour psn (vu, 1), lire psn, comme ponctue le 
ms. Kaufmann et comme le fait déjà remarquer Aboudirham sur la 
liturgie de Kippour (éd. Varsovie, lia). Comp. nn3. — On ne peut pas, 
sans plus, poser TW comme singulier de "piTS (îx, 6) ; il faut ou cons- 
tater l'irrégularité ou regarder la variante T"PT3 comme seule exacte. — 
Puisque l'auteur, dans le Glossaire, place rrp^T (ix, 4) à ppT, il devrait 
ponctuer npT, comme !"DD de aao, tîds (ix, 3, 5) de C1D3. Mais la racine 
peut être p")T. 

Étant données la grande expérience de M. Strack comme traducteur et 
sa profonde connaissance de la littérature rabbiniquc, on peut être 
assuré que sa version rend fidèlement le sens des passages. Voici pour- 
tant quelques petites rectifications en vue d'une prochaine édition. 
« Traktamenl », pour fcrriDDN (n, 4) parait comique; mieux dans le 
Glossaire : « Lebensunterhalt ». — « Slab » pour a^aiO (n, 5) est trop 
peu en parlant d'un roi ; le Glossaire dit mieux « Szepter » ; cf. tt^aiQ 
dans le Livre d'Esther. — m:73"iN.(iu, 3) est traduit par « Tàtigkeit » ; il 
faudrait « Krwerb » (profession, travail).— L'auteur n'a pas vu que, dans 
nain riN "nwa (m, 7), le mot nai est l'équivalent de "pi, « procès » ; 
cf. vin, 4; xii, 10. — Dans xm, l>, msnDa ne signitie pas que les rues sont 
« disposées » (hergerichtel). mais que les rues d'une ville de refuge con- 
duisaient à l'autre. — naiDO (xîii, 7) n'est pas « voisinage » [Nachbar- 
schaft), mais « quartier, partie de la ville ». 

Certains termes ne sont rendus qu'imparfaitement dans la traduction, 
sans qu'il faille en accuser le traducteur, car il en est ainsi dans toute 
œuvre de ce genre. Pour "poinN (vu, 4) « Ueiratszusage » (« promesse de 
mariage ») est trop faible; mieux « Angelobung » (« engagement »). La 
traduction « transgresse une défense » [ùbertritl eine Warnung] pour 
mmaa (vu, 7), ne peut qu'induire en erreur, le sens étant que l'homme 
en question encourt la peine (mpb») édictée pour la transgression d'une 
défense (mz;yn sb). Dans certains cas, le traducteur s'efforce de préciser 
par une addition placée entre parenthèses ou même incorporée dans le 
texte. Une addition inutile nous paraît être la translation du mot ïlba, si 
fréquent dans le traité Maccot (p. ex. xn, 1) par « fuir dans une ville 
libre » (in eine Freistadt flùchten) : un terme technique ne doit pas être 
affaibli. Le verbe « fuir» lui-même n'est pas exact; mieux vaudrait 
« s'expatrie, s'exile ». La phrase !fX"n D*7N !T33 [ibid ) est incompréhen- 
sible dans la traduction. 



BIBLIOGRAPHIE 305 

Une des exigences techniques d'une traduction est à coup sur que le 
même terme soit toujours rendu de la même manière. Or, le mot "paott, 
qui indique partout la position couchée pendant le repas, est traduit ici 
différemment dans deux passages consécutifs (n, 3 et n 4). Le mot DU5, 
qui signifie a peu près « titre » (xn, 2 : rrDtt "»T»b TWaJflïl bisn Nbtt5, 
etc.), est rendu autrement en trois endroits (xu, 2; xiv, 1 et 9). û^arna 
n'est pas traduit dans ix, 2 comme dans vi, 4. 

Il est regrettable que M. Strack ait accordé trop peu d'attention à l'édi- 
tion de Naples, que j'ai prise pour base dans mon édition. Dans m, 4, la 
série des parents doit sûrement commencer par le père; il faut donc lire 
V38 avec celte édition. Dans vi, 4, les phrases ne sont bien liées que si 
on lit, avec les éditions de Naples et de Venise, ttbm ; R. Éliézer réplique: 
nbiB p "pJtttBa ma*52 Nbm, etc. Dans n, 4, au lieu de watim, il aurait 
fallu lire, avec Féd. de Naples, m«nïl n?anb7ab N2Tm, car la même 
mischna dit plus loin ïtonbab Êttfc-p. L'auteur renvoie ici à une note, 
mais celle-ci manque. La traduction « hinausfuhren zu einem gewollten 
Kriege » n'est pas très heureuse ; munn r\l2rhi2 est quelque chose 
comme une guerre dont on prend soi-même l'initiative, par opposition 
à celle qui est religieusement obligatoire (min nftnb?:). Sur m, 8, 
note 27, l'auteur parle d'une « leçon », qu'il ne cite nulle part. Dans u, 2, 
les mots nat*) DN figurent deux fois dans le texte ; la deuxième fois, ils 
manquent dans la traduction. Par contre, dans n, 3 (D3>n dn) D^sb, qui 
manque dans le texte, n'en est pas moins traduit. Dans xi, 3, la phrase 
ïTYin "HaTan tr-isio naia "lïan est devenue une sentence théologique, 
alors que ces mots servent simplement à introduire l'exemple qui suit ; 
le sens est : « il est quelque chose qui est plus sévère dans les paroles 
des docteurs que dans celles de la Tora ». Dans vm, 1, les mots fpt 
•pnnnn ne peuvent pas être séparés, comme si 'pnnnn et ce qui suit 
étaient une glose explicative ; le tout forme une expression complète et 
originale ; comp. vm, 4. Dans îx, 2, il faudrait lire deux fois -nas, avec 
l'édition de Naples, et traduire en conséquence. 

La traduction est accompagnée de notes brèves, mais d'un grand prix. 
Il me semble avoir constaté que les notes historiques sont plus abon- 
dantes sur le traité d'Aboda zara, où elles étaient d'ailleurs exigées par 
le texte, que sur Sanhedrin-Maccot. Néanmoins Sanhédrin offrait égale- 
ment matière à d'intéressantes remarques; le terme de « Synedrion », 
notamment, aurait dû être défini. On ne trouve de note assez longue que 
sur la décapitation (anït) chez les Romains (p. 23); celles sur Python 
(p. 27) et sur la magie (p. 29) sont aussi fort intéressantes. Le mot "piNW 
est expliqué insuffisamment tant dans la n. 21 de la p. 2 que dans le 
Glossaire, p. 49*, car il s'agit d'une mineure qui a été mariée par sa mère 
et ses frères; le pouvoir du père reste donc intact. La note de la p. 13 
sur TïD^no insiste trop sur la conception chrétienne. 

La grande expérience de M. Strack dans la composition de manuels est 
bien connue. Ce volume contient cependant quelques disparates qu'il 
convient de signaler. Le ternie noms» ÏT123 devait être expliqué à 
T. LX, n« 120. 20 



306 REVUE DES ETUDES JUIVES 

vu, 4, non à vu, 9. Dans ix, 2, nokhri ("HD3) figure inutilement dans la 
traduction avec son équivalent allemand (p. 33). Dans xi, 1 (p. 40), le mot 
stiehlt est entre parenthèses sans raison. Dans xiv, 9, lire UJrn'b au lieu 
de u35ib. Aucune autre faute d'impression. 

Nous nous sommes donné la peine de noter jusqu'à des vétilles, parce 
que nous sommes assuré que l'ouvrage aura plusieurs éditions, qui pour- 
ront être amendées. Puisse cet ouvrage contribuer pour sa part à une 
meilleure intelligence de la littérature rabbinique, — c'est un vœu qui, 
malheureusement, est toujours de mise. 

Vienne, juin 1910. 

S. Krauss. 



H. Gkaetz. Geschichte der Juden . . . Fiinfter Band. Geschichte der Juderl 
vom Absclduss des Talmud (500) bis zum Aufblùhen der jùdisch-spanischen 
Kultur (1027). Vierte verbesserte und ergànzte Autlage. Bearbeitet von S. Eppen- 
stein. Leipzig, Oskar Leiner, 1909; in-8° de xix + 572 p. 

Le cinquième volume de l'Histoire de Graetz embrasse une des époques 
les plus importantes de l'histoire juive, celle qui a vu la diffusion du 
Talmud et son avènement à la souveraineté, en même temps que la nais- 
sance des genres les plus variés et dune valeur durable : la Masora et les 
systèmes de vocalisation, le piyyout et le calendrier, l'évolution du Mid- 
raseh et de la mystique, les débuts des sciences exactes et de la philoso- 
phie religieuse, pour ne mentionner que ceux-là. C'est encore durant cette 
période qu'un schisme s'est produit au sein du judaïsme et qu'est apparue 
la secte des Caraïtes, précédée et suivie de différentes autres sectes. Mais 
aussi cette époque était-elle plongée dans une obscurité qui ne s'éclaire 
graduellement que depuis fort peu, grâce à diverses trouvailles, et elle 
était le jouet des hypothèses et des théories les plus osées, que la cri- 
tique s'est efforcé et s'efforce encore de corriger à force de labeur et de 
perspicacité. ÔD sait que Graetz s'était, lui aussi, laissé égarer, notam- 
ment en ce qui concerne les Caraïtes, par ces conjectures, qu'on avait 
tenté d'etayer par les faux de Firkowitch ; aussi le cinquième tome de 
son Histoire est-il plus d'une fois inutilisable, malgré la beauté de l'agen- 
cement et de l'exposition, qu'on a toujours admirée, et nous n'y contre- 
disons pas. Des chapitres entiers ont besoin d'être ajoutés d'après les 
trouvailles récentes de la Gueniza, par exemple la lutte de Hen Méirau 
sujet du calendrier, l'existence d'académies de Gueonim en Palestine 
aux x ,! et xi c siècles. D'autres demandent a être entièrement récrits, 
notamment celui des Caraïtes et des autres sectes contemporaines, le pro- 
blème des quatre captifs, les origines de la science juive en Europe* etc. 
D'antres, enfin, peuvent être considérablement augmentes et développes 
d'après l'état actuel de nos connaissances, qu'on veuille caractériser les 



BIBLIOGRAPHIE 307 

différents Gueonim en général et en particulier l'activité de Saadia, ou 
exposer la culture des sciences profanes, etc. 

M. Eppenstein, qui possède parfaitement cette époque, a entrepris de 
mettre ce volume, par des additions et des corrections, au niveau actuel 
de la science. Mais on est obligé de se demander si cette méthode est 
convenable ou même possible. D'une part, on veut et on doit savoir 
comment le grand historien du judaïsme a retracé cette période, on ne 
peut donc pas ébranler son édifice; et d'autre part, on est étonné de lire 
dans une courte note— une ligne souvent — du nouvel éditeur que des 
pages entières de l'auteur sont maintenant insoutenables (voir p. ex. 
p. 182, n. 1 ; p. 191, n. 1 ; p. 270, n. 2 ; p. 285, n. 1 ; p. 325, n. 2 ; p. 390, 
n. 1 ; p. 546, n. 1, etc., etc.). Mais ce n'est qu'au profane qu'il sera diffi- 
cile de se retrouver au milieu de ces contradictions ; quant aux savants, 
ils sauront gré à l'éditeur d'avoir signalé, dans ses notes brèves mais 
substantielles, tout ce qui est de nature a compléter Graetz et à le cor- 
riger. Car M. Eppenstein est parvenu à tout épuiser, ou presque. Il a tenu 
compte non seulement des trouvailles si abondantes de la Gueniza, dont 
cette période profite tout particulièrement, mais aussi d'autres publica- 
tions, telles que les Regesten fur die Geschichte der Juden in Dcutsch- 
land, la Chronique d'Ahimaaç, etc. Il a consulté également des histoires 
générales, comme les Kèinige der Germanen de Dahn, les Annali deW 
Islam de Caetani, etc. Il s'est borné là à des références sommaires, tandis 
qu'il consacrait aux questions qui demandaient à être étudiées en détail 
une série d'articles qui ont paru dans la Monatsschrift sous le titre com- 
mun de Beitrdge zur Geschichte und Literalur im geondischen Zeilaller. 
Les cinq premiers ont été publiés en 1908; en voici les sujets : 1° Bosta- 
naï; 2° les rapports de l'exilarcat et du gaonat et l'organisation de l'en- 
seignement dans les « metibtas » ; 3° l'activité intellectuelle en Palestine 
jusqu'au début du x e siècle ; 4° le développement de la Masora; 5° l'étude 
de la loi en Palestine. Le sixième a commencé à paraître dans la présente 
année 1910; il a pour objet Saadia et sera suivi d'un autre sur les quatre 
captifs. 

Je me bornerai ici à présenter, en suivant l'éditeur, quelques observa- 
tions complémentaires ou rectificatives tant sur l'exposé de Graetz que 
sur les notes de M. Eppenstein. 

Corps de l'ouvrage. — P. 12. Il n'est pas si certain que la ponctuation 
dite babylonienne soit plus ancienne que celle de Tibériade ; les objec- 
tions de Noldeke dans la Zeil.se/irifi de Geiger. XI, 290, sont dignes 
d'attention. Il faudrait ajouter qu'un troisième système de ponctuation 
supralinéaire a été retrouvé, voir J.Q.H., VII, 301, 504 et cf. Bâcher, 
dans la Jew. Enrycl., s. v. Ponctuation. — P. 20, n. 3. Il est vrai qu'un 
mineur ne pouvait pas fonctionner comme officiant, mais il avait le droit 
d'être lecteur, v. M. Meguilla, iv, 6, et Tosefta, îv, 11, 21. — P. 48. Sur 
les origines de l'histoire des Juifs en France, v. Israël Lévi, Histoire des 
Israélites de France, Paris, 1904. Schïirer, dans la quatrième édition du 
vol. III de sa Geschichl<\ passe également en revue les plus anciens 



308 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

établissements des Juifs en Europe, d'après les plus récentes données 
fournies par les catacombes italiennes et d'après d'autres sources. — P. 60. 
Sur le monument de Tortose, voir maintenant M. Schwab, Rapport sur 
les inscriptions hébraïques de l'Espagne, p. 7 et suiv. — P. 80 en haut. 
C'est Albéruni (éd. Sachau, p. 62) qui dit formellement que les Arabes 
antéislamiques ont emprunté aux Juifs le mois intercalaire, mais il 
explique le nom de Nasi par le verbe nsa, « retarder »'. Voir encore sur 
le calendrier des Arabes antéislamiques Wellhausen, Reste arabischen 
Heidentums, 2 e édit., p. 95 et suiv. — P. 93. Une Kasside de Samuel b. 
Adiya, trouvée dans la Gueniza, a été éditée par Hirschfeld (J.Q.R, XVII, 
436), mais l'authenticité en est contestée. Cf. aussi Diwan d'as-Samoiïal, 
d'après la recension de Niftaweihi, éd. Cheikho (Beyrouth, 1909) 2 . — 
P. 100 et suiv. Sur Mahomet et les Juifs, comparer maintenant la mono- 
graphie hollandaise de Wensinck, Mohammed en de Joden te Médina 
(Leyde, 1908). — P. 102. Les éléments juifs de la soura de Joseph ont 
été étudiés par Isr. Schapiro, Die haggadischen Elemente im erzâhlenden 
l^eil des Koran, I, 1907; cf. Kiïnstlinger, dans Hakedem, I, 151 et s. — 
P. 109, n. 3. Nous trouvons une communauté juive à Wadi-al-Qura à 
l'époque de Scherira, à qui elle adresse une question, voirHarkavy, Stud. 
u. Milt., IV, 397. — P. 122. Sur le pacte d'Omar, il faut voir les copieuses 
indications de Steinschneider, Polem. und Apolog. Literatur, p. 165 et 
suiv. — P. 126. Sur Abdallah ibn Saba, le prétendu fondateur du chiitisme, 
et ses rapports avec le judaïsme, v. à présent Friedlànder, dans la Zeil- 
schrift fur Assyriologie, t. XXIII-XXIV. — P. 134, n. 5. L'identité des titres 
fcom fc*r"H et "{"H ma 3N doit, malgré les arguments de M. Eppenstein 
(Monatsschrift, 1908, 336 et suiv.), être maintenue, v. encore Harkavy, 
Stud. u. Milt., III, n. 124. Ces titres doubles étaient courants dans les 
coHèges gaoniques, voir mes Studien zur gaonàischen Epoche, I, 48. — 
P. 135, n. 2. Sur l'organisation des académies, voir ce que j'en ai dit, 
ibid., p. 45 et s. — P. 136. Les •'N^D-in ne sont sans doute pas ceux qui 
prennent place hors de la salle d'étude, mais derrière les sept rangées, 
v. ibid., p. 46, n. 3. — P. 165. Les poésies liturgiques de Yannaï étaient 
réunies sous le titre de "wi rï^NTn» v. /. Q. ]{., XV, 77 ; Monatsschrift, 
1908, 471, et le fragment de la Gueniza édité par Davidsohn, dans J.Q.R., 
New Séries, I, 106 ss. — P. 180. Sur les Scheeltot, ajouter maintenant Ginz- 
berg, Geonica, I, 75 et s., ainsi que les textes de la Gueniza édités ibid., II, 
353 et s., et qui jettent de nouvelles lumières sur Tordre et la composition 
de cet ouvrage. — P. 188. Il est peu probable qu'Anan ait déjà glorifié le 
fondateur du christianisme ; nous le voyons, au contraire, prendre, dans son 
Livre des Préceptes, une attitude hostile à l'égard des religions non-juives. 
Benjamin Nahawendi appliquait encore à Jésus (comme plus tard Maïmo- 

1. Voici ses mots ' jLa-aJI J 3 i (j^L-JL» \yL> ^il ^jJ\ ^4l*3 ^ \jka y^^w^ 

2. Cf. cependant, en dernier lien, Hirschfeld dans le Centenario délia nascita <h 
Michèle Amari (Païenne, 1910), vol. II, p. 245-251, où le texte est réimprimé. 



BIBLIOGRAPHIE 309 

nide) le verset de Daniel, xi, 14. C'est seulement Kirkisàni (I, 8) qui parle 
d'un jugement plus favorable porté sur Jésus par certains Caraïtes : N72N"i 
'jDt* Kn'rNi: «bi-i i^a vr^ }$ ■pEam an2ND *p^opbN p ûip. — P. 194. 
Sur ffalarhot Gûedolot, ajouter Ginzbcrg, op. cit., I, 95 et s. ; II, 382 et s. 

— P. 259. Il est invraisemblable que Kohcn Cédek ben Abimaï ait formé un 
rituel complet, v. Ginzberg, op. cit., I, 123, n. 3, et les passages auxquels il 
renvoie. — P. 261, n. 4. Le passage final tourné en forme de salut n'est 
pas particulier à Amram, mais est employé par d'autres Gueonim, v. 
Revue, LV, 248, et mes Studien, I, 46-48. — Ib., n. 5. Sur le Siddour 
d'Amram, voir encore Ginzberg, op. cit., I, 123 et s. — P. 263, n. 1. Le 
compendium sur l'abatage rituel faussement attribué à Nahschon Gaon 
est le n?2"ifcO nso (Constantinople, 1565), ouvrage excessivement rare et 
dont l'auteur, "pN roiTM lyiv ynaa \rora, indique formellement, 
dans sa préface, l'an 1300 comme date de composition (v. Ginzberg, 1, 155). 

— P. 268, n. 1. Dans le calcul des années de la vie d'Israéli, on ne doit 
pas oublier qu'il s'agit d'années musulmanes, c'est-à-dire lunaires. — 
P. 269. Les « affligés de Sion » ("JT , i£ "ôatf) ne constituent pas une spé- 
cialité caraïte et nous ne connaissons que deux caraïtes qui se nomment 
eux-mêmes « les affligés » : c'est Tobie b. Moïse, "jt^ "6:3873 bafitti 
(v. Revue, XXXIV, 167) et Juda Hadassi bafitr». Nous trouvons l'expres- 
sion *J"P£ "ôaN dans la prière de DH3 (pour le jeune du 9 Ab), dans la 
Pesikta Rabbati, xxxiv, dans la Chronique d'Ahimaaç, éd. Neubauer, 128 
(où on lit aussi D^biyïi ma ^ba«, cf. encore Revue, XXXII, 149) et chez 
Benjamin de Tudèle (éd. Asher, p. 70, 111). C'est un malentendu qui a 
fait croire que, du temps de Sahl, il y avait parmi les caraïtes de Jérusalem, 
soixante pénitents qui jouaient un grand rôle. Sahl dit (apud Pinsker, 
p. 36) : anp»i"n !mnn "maa ->-p by dn "»a naïuîn *nb mnn «bv.. 
i-rabrabiD "intftt r^n aina: 'îah rrçbia ^btttt ib nwy •j-p-isk "paya amaa 
rwn n»^ bsrm^ raanw a-^an o^iata an lanns haï omaa a^aia 
û^inbtti aTpara o^biara» a^a îavinDi ...p "htik inN 'ri a? n« 
nbifiwn snan arm bttrw* mai* Dncba am rnnai n«?aïa b&nurb 
'iai n-!^n 1*1? naam a N s 73 n a i bcntD**b (Cf. aussi le Commentaire de 
Yefet ben Ali sur Cant., m, 7, éd. Barges, p. 46). Sahl déduit donc 
de ce verset du Cantique, que lorsqu'il y aura soixante hommes pieux, 
la délivrance viendra grâce à eux ; d'affligés, il n'est pas question ici. 
C'est une pensée analogue à celle du Talmud, sur les trente-six pieux. Il 
est d'ailleurs exact que les Caraïtes ont présenté, comme les sectes aux- 
quelles ils sont apparentés, certains traits ascétiques. — fbicl., n. 3. 
Daniel al-Kumisi n'a pas reçu son nom de Kum, mais de la province de 
Kumis dans le Tabaristan, dont la capitale était Damagàn ; aussi est-il 
également appelé Damagàni. Voir l'article que j'ai donné sur lui à \aJew. 
EncycL, s.v. (IV, 432-434). — P. 275. Juda ibn Koreisch a écrit aussi un 
lexique, dont l'existence est maintenant assurée, mais qui ne portait sans 
doute que sur la première lettre de l'alphabet, v. Revue, LVII, 257. — 
P. 291. On ne sache pas qu'Isaac Israéli ait lu avidement les ouvrages de 
Saadia, mais celui-ci a correspondu avec lui alors qu'il était encore à 



310 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Fayyoum, v. le Commentaire du S. Yecira, éd. Grossberg, p. 17 (le passage 
96 lit aussi chez Graetz, p. 524) : ba* Inwa m«3 vn mm nvaN *$ 
...n""» NDinri n&?T3 p pmr («35^=) TOprbM lanpbK N-ipan Dip?ûrî 

Diptt b* VP73ytt W*m HîtiJ 'D p ÏN WVT1 •••D^D3 pT£ rTn ^W 

'"D"i *j!-n Nurtn. C'est seulement le disciple d'Israéli, Dounasch b. Tamîm, 
qui connaît le Commentaire du S. Yecira de Saadia et le combat (ibidem : 
san ton mxnpjpn 55» vnxjji -ison rsrb iiûi-pb ir>bN T\y y»in -iuj&o-i 
'W ûnnno» nm ">j iTjy Nbi bnODi). Rien n'indique ici un respect 
particulier envers Saadia. V. aussi mon 1frn"pp H W2&, p. 17. —P. 301. Ibn 
ar-Rawendi n'était pas un juif apostat, mais un libre penseur arabe, qui a 
d'ailleurs influencé des sectaires juifs. V. mon *oban i"pn, p. 21-22.— P. 323, 
n. Il n'est pas prouvé que David al-Mokammeç ait été appelé en général 
aussi David ha-Babli l . Le *bS3H TH nommé chez Pinsker, p. 43 et s., est 
un correspondant de Menahem Guizni, que nous savons maintenant avoir 
vécu plus tard. — P. 334, n. 3. Au lieu de la date de 9(18 pour la rédac- 
tion du Tanna dibé Eliyahou, qui est fondée sur le passage connu N£*n 
rijO mN73 ynW2 nrrp lr,u, nous en avons à présent une autre plus précise, 
celle de 904, v, Z. f. H. B t XIII, 132. — P. 341. Sur le titre de rrô ttfin 
décerné à llasdaï ibn Schapront, voir mes Studien, I, 54. — P. 359. Le 
disciple de Menaliem, Ben Kalron, ne s'appelait pas Ephraïm, mais Isaac ; 
nous avons de lui une seliha avec l'acrostiche ^"Wp p pnx\ publiée par 
Harkavy, D^:D^ D3 Û^IHi X" ~, p. 1 (ce qu'il faut ajouter dans la Jeir. 
Encycl., s. v., II, 676). — P. 367. Ce n'est pas Jacob b. Nissim qui fut 
l'élève de Houschiel, mais son fils, le célèbre Xissiui b. Jacob, comme il 
le dit formellement dans son Ma/'léak (éd. Goldenthal, 1 3 r/ ) : rTO9ftn nn 
b"T "pin ^ cni bvnpin -an qvrpn ann 13^1» lyro ^b^N ib nbspa 
rpnnbl ; v. aussi mon JKYTip "HP3K, p. 19. — P. 388. Sur les rapports de 
Hakim avec les Juifs, voir encore le fragment édité par INeubauer, J.Q. Ii., 
IX, 24 et s., et le commentaire de Kaufmann, Z.D. M. (r., LI,436. Hakim 
n'en a pas moins eu un médecin juif, qui était connu sous le nom de 
jseobN -ppnbN « le pauvre utile», v. Monatssohrift, XLVIII, 49. 

Notes. — P. 403. Sur le passage, de Halaohot Guedolot, v. Riv. Ave, VI, 179. 
Sur la désignation de rh323p, v. aussi MonatsiChrift, XLIV, 548. — P. 416. 
Les passages talmudiques sur la Gaule ont été recueillis par Krauss, 
Revue, XXV, 14 et suiv. ; v. aussi ses Lehnwôrter, s. v. fiTEDOfct et W*b*. 
M. Salomon Reinach a cru pouvoir établir l'existence d'une communauté 
juive à Lyon au u° siècle Revue, LI, 24b et s .). — P. 1-17 et s. Sur la succes- 
sion des rois judéo-himya rites et le judaïsme de Dliou Nowàs, on trouvera 
maintenant d'amples indications dans Hartmann, Die arabiaehe Fraye, 
481 et s., 507. La destruction de la puissance himvarile, c'est-à-dire le 

1. Il est vrai que .lehuda 1>. Harzilai L'appela ainsi (Commentaire du S. Yeciru, 
p. 77 : '1DT D7ÛP73 PK jmTl "ÔS^n TH Y"1£0 nbnna 3PDi : cf. lîevue, L, 27), 
mais il ne doit guère avoir eu de renseignements authentiques, à son sujet. Les fantai- 
sies d'Alneck dans son édition du.bsUJNn 1DD (fascicule I, Berlin. 1910, p. 74) qui 
voudrait faire de David le père de Meborach b. D. (voir sur lui mon 'JNin^p "ÏÎSM, 
p. 35) et du Gaon Hai b. D., ne méritent guère d'attention. 



BIBLIOGRAPHIE 311 

detrônement de Dhou Nowàs par la seconde invasion des Abyssins, survint 
en 525 (iô., p. 162), ce qui justifie la chronologie de Graetz. — P. 451. 
Sur les relations entre Soura et Poumbadita et leurs revenus, v. encore 
le commencement de ma monographie sur Dosa b. Saadia. — P. 475. Sur 
les rapports des Garaïtes avec les Sadducéens et la théorie de Geiger, v. 
maintenant mes observations dans le recueil Abraham Geiger, Lebenund 
Lebensicerk (Berlin, 1910), p. 382 ss. — P. 480. Le rnawan ">so me paraît 
ne pas être identique avec le rûbnD, qui était sans doute un abrégé du 
premier; c'est ce qui ressort formellement des paroles de Yéfet publiées 
par mci (Bévue, XLV, 186) : . ..nb "HbN mata 120 ^d Cp? "W b«p &nprn 
ïÏDVÎDbtf "•s b«pi (cf. ibid., p. 187, n. 1). — P. 481 et s. La reproduction des 
textes de Kirkisàni et d'Anan, à présent que leurs ouvrages sont imprimés, 
était complètement inutile ; de simples références auraient suffi. — 
P. 496. La défense de laisser brûler une lumière le sabbat, la théorie du 
31D1 et la restriction du lévirat à des parents remontent toutes à Anan 
lui-même, v. Bévue, XLIV, 175; XLV, 61 etKaufmann Gedenkbuch, p. 173. 
— P. 497. Les Ananites existaient encore à l'état de groupe distinct, 
d'ailleurs en décroissance, à l'époque de Kirkisàni ; celui-ci écrit en effet 
(éd Harkavy, p, 317, 1. 4) : an ifcû N?3 ?3p fini» ibp ips rn$:ybx n^nd 
■jtf^p: "S. — P. 499. Sur les opinions de Benjamin Nahawendi, v.à présent 
mon article d'ensemble dans l'Encyclopédie hébraïque bçoçp -|£"IN, s. v. 
(III, 126-129). — P. 510, n. 2. Les Schadganites ne sont pas identiques avec 
les Youdgapites. Les premiers ont reçu leur nom d'un certain Schadgân, 
dont on ne sait presque rien. M. Harkavy a trouvé un nouveau détail dans 
un fragment qu'il voudrait attribuer à Saadia (publié dans le Woskhod, 
février 1900, p. 85). D'après ce texte, ce sectaire soutenait qu'un pécheur 
doit jeûner quarante jours, interprétant le mot 12D*< dans Deut.,' xxv, 3, 
rapproché de Prov., xx, 30, dans le sens de jeune, et que le mois de 
Schebat y est compris à cause de sa ressemblance avec le mot a S'a : 
tr^s-iN noD" 1 nDNb ««"p '» rnaiSD *jk ajn ...s&uba "j&a fau-iNia bap abi 
ûDwS R3pi -in n ... 19 aaœ nnv p^i pa mn m^ n:«b nitti^j «aa* 
nDV2 Ç3\&. — P. 512, Au lieu de « Akbariten », lire « Okbariten », c'est- 
à-dire originaires de la ville d'Okbara, v. Revue, XXXIV, 162, n 2. Meswi 
al-Okbari (qui figure plus loin, p. 52'i, comme fondateur de la secte des 
Baalbékites) est confondu ici avec Ismaël al-Okbari. Sur ce dernier, v. 
mon article dans la Jeiv. Ewucl., s. v. (VI, 648, la faute d'impression 
Akbara a causé le déplacement de l'article). — P. 513. Abou Imràn al» 
Titlisi ou Moùsa al-Za'fràni, qui était originaire de Za'franiya (près de 
Bagdad et vécut ensuite à Tiflis, n'a rien de commun avec Moïse b. 
Amram ha-Parsi, cité par Ibn Ezra, comme le veut aussi Steinsehneider 
(Je/rish Literalure, p. 118). — P. 514. Sur Meswi, v. encore Revue, L, 18. 
Sur l'énigmatique "anp rçp? û*>mrtTrî ^y, \JbuL, XXXIV, 165, n. 1. — 
P. 515. Sur Scharischtan, y. Israelsohn, Revue, XX, 306; il est fort plau- 
sible, comme le montre ce savant, qu'au lieu de ripiOND "pa&ttan il faille 
lire 'e \H7zr\ et qu'il s'agisse des nui derniers versets du Pentateuque. — 



342 revue des études juives 

P. 552. Les Caraïtes n'affirment nulle part que Ben Ascher ait été des 
leurs. L'épithète de nwbwîi n'est pas exclusivement caraïte, v. Revue, 
XLVIII, 145, n. 1, et l'addition n"-n chez Hadassi ne prouve rien. 

Ces remarques de détail montreront, je l'espère, que j'ai lu avec beau- 
coup d'attention le texte de Graetz et les additions de M. Eppenstein. Car, 
encore que notre connaissance du passé fasse chaque jour des progrès, 
Grœtz restera toujours notre historien classique et comme l'architecte 
de notre histoire. Et si le cinquième volume, qui avait le plus besoin 
d'être modifié, peut encore être utilisé maintenant, nous le devons à 
M. Eppenstein, qui s'est acquitté de sa tâche avec beaucoup d'application 
et d'intelligence. 

Varsovie. 

Samuel Poznanski. 



Amram (D.W.). The makers of Hebrew books in Italy being chapters 
in the history of the Hebrew printing press. Philadelphie, Julius H. 
Greenstone, 1909; in-8° de xx + 417 p. 

Cet ouvrage est la première étude d'ensemble sur l'histoire des impres- 
sions hébraïques en Italie ; c'est une contribution intéressante non seule- 
ment à la bibliographie hébraïque, mais aussi à l'histoire intérieure des 
Juifs. Le livre est divisé en quinze chapitres. Le chapitre i contient une 
introduction qui nous mène jusqu'à 1475, année du premier imprimé hé- 
breu daté ; le chap. u étudie les plus anciens imprimés datés, de Reggio di 
Galabria, Pieve di Sacco, Mantoue, Ferrare et Bologne; le chap. in est 
consacré à la famille des Soncinates et à leurs impressions de Soncino et 
de Naples ; le chap. iv, à Gerson Soncino et à ses impressions de 1488 à 
1535; les chap. vn-ix, à Daniel Bomberg, imprimeur à Venise de 1515 à 
1549 ; le chap. x passe en revue quelques imprimeries moins importantes 
du xvi e siècle. Le chap. xi raconte les contestations entre Giustiniani et 
Bragadini ainsi que l'autodafé du Talmud. Le chap. xn est consacré à 
Ferrare, Sabbioneta, Riva di Trento ; le chap. xm, à Crémone et Mantoue ; 
le chap. xiv, aux impressions postérieures de Venise ; le chap. xv, à celles 
des xvn e , xviue et xix c siècles. Le volume se termine par la bibliographie 
et un Index des noms de personnes et de lieux. Il est orné de cinquante- 
quatre illustrations, pour la plupart reproductions de textes, frontispices, 
vignettes, initiales et marques typographiques. L'exécution en est fort 
bonne, de sorte qu'il est d'une lecture non seulement utile, mais aussi 
agréable. Ce n'est pas une sèche collection de détails, de noms et de 
dates, mais une exposition vivante, « finaliste » et attrayante d'un chapitre 
intéressant de l'histoire de la civilisation juive. 

Mais nous touchons là au côté faible de cet ouvrage. Il a de la valeur 
pour les profanes, non pour les spécialistes, parce qu'il manque de 



BIBLIOGRAPHIE 313 

précision et de sûreté en matière de bibliographie, de philologie et 
d'histoire, et surtout parce qu'il ne repose pas sur un examen personnel 
et original des sources. C'est une compilation faite à l'aide de sources 
secondaires; beaucoup d'indications ont été acceptées de seconde main 
sans avoir été vérifiées et sont pour cette raison partiellement inexactes 
ou du moins imprécises. L'auteur n'est pas un savant de profession. Les 
mots étrangers fourmillent de fautes d'impression. Les illustrations ne 
me paraissent également remplir leur but qu'imparfaitement, parce que 
les reproductions, généralement réduites et souvent manquées, ne donnent 
pas au lecteur une idée exacte de la beauté, de la finesse et de la netteté 
des originaux. Quelques lignes seulement d'une reproduction en grandeur 
naturelle et aussi soignée que possible de l'original d'un imprimé auraient 
été meilleures et plus intéressantes que des pages entières, réduites et 
mal exécutées. Celui qui connaît les imprimés ne pourra pas se soustraire 
à l'impression peu satisfaisante produite par ces illustrations. Le fac- 
similé de la marque typographique de Gerson Soncino à Rimini est 
passablement grossier et ne paraît même pas 'être une reproduction de 
l'original, mais plutôt du fac-similé de Sacchi. Dans le fac-similé de la p. 75, 
il est difficile de reconnaître une page du Mahzor de Soncino 1486. La 
reproduction de la marque typographique de Crémone à là p. 317 est 
manquée. On pourrait en dire autant d'autres reproductions. 

Les observations qui suivent peuvent servir d'additions et de rectifica- 
tions. L'auteur croit que l'Allemagne ne peut revendiquer que l'honneur 
de l'invention de l'imprimerie, mais que, par suite de la rudesse des 
mœurs qui y régnaient alors, elle s'est montrée incapable de développer 
cet art ou n'importe quel autre (p. 21) ; cette opinion est erronée en ce 
qui concerne l'art de l'imprimerie au xv e siècle. Il est également inexact 
que le premier incunable hébreu daté (le commentaire de Raschi sur le 
Pentateuque) ait disparu, sauf un seul exemplaire, par la faute de l'Inqui- 
sition (p. 24). Le commentaire de Raschi n'a jamais fait partie des 
ouvrages interdits par l'Inquisition. Bien mieux, il y a des livres 
hébreux qui n'ont jamais été inquiétés par elle et dont nous ne savons 
plus rien, sinon qu'ils ont existé. On est étonné de lire (même page) que 
Raschi a écrit son commentaire près de sept cents ans avant 1475. — 
P. 25, D"m:3 ynito est traduit par « quatre piliers», avec cette explication 
que ces piliers servent à soutenir la tente tombée de David dans le pays 
des étrangers. — P. 26, 1. 3, le mot rwro, qui signifie « écriture», est 
traduit par « mot », comme s'il y avait nirna. Je crois qu'il s'agit en cet 
endroit de l'écriture droite. — La note 1 de la p. 28 présente une confu- 
sion de deux livres différents de Petrus Niger. — La formule "P3>:2 
D^ppirTEn est trop pressée par l'auteur (p. 48), qui y voit à tort l'indice 
d'une modestie extrême. — Le nom de Mentzlin est considéré par erreur 
comme un sobriquet dans la bouche de contemporains chrétiens, ce qui 
amène l'auteur à supposer gratuitement que Samuel prit le nom de 
Soncino pour se débarrasser de ce surnom méprisant (p. 52). De plus, ce 
qui est raconté ici de Samuel Soncino et des privilèges financiers à lui 



314 REVUE DES ETUDES JUIVES 

accordés par le duc de Milan est inexact en ce sens que, d'après Sacchi 
(p. 47;, ce n'est pas Samuel, mais Symon, qui fut privilégié. Pour la mort 
d'Israël Nathan Soncino, l'auteur indique d'après Sacchi, et sans hésitation, 
la date de 1488 (p. 56). Mais Sacci lui-même hésite entre 1488, 1490 et 1492 
(p. 12, 15 et 57). — M. A. ne peut expliquer le nom de Colonto qu'on 
trouve chez Putnam (p. 56). Ce nom, qui ne donne aucun sens, provient 
évidemment de l'hébreu H^Tlbiaa, mal lu et mal compris. — Ce qui est 
dit p. 60 du premier Mahzor romain imprimé est bien exagéré et ce qui est 
dit p. 61 du û"Hpy 'o est fantaisiste et, en partie au moins, complètement 
faux. — Il est inexact que plusieurs des premiers imprimeurs de Naples 
aient porté le nom d'Aschkenazi et de Gunzenhanser (p. 63 en bas). — 
Dans la note de la même page, il est parlé de l'édition des « Proverbes » 
d'Immanuel de Rome, comme s'il ne s'agissait pas du livre biblique des 
Proverbes, mais d'une collection de proverbes d'Immanuel. — P. 64, il 
faut lire Katorzi, au lieu de Ibn Katorzi, ou, comme dans l'édition du 
HVUDH 'o de Naples, 1491, imaNp p, «celui qui est originaire de 
Catorzo». — P. 67, les illustrations du "^ittip- huJJî sont présentées 
comme une infraction formelle à l'interprétation traditionnelle du second 
commandement du Lévitique. Ce n'est vrai que cuni grano salis. Au 
surplus, il n'eût pas été hors de propos, dans une histoire des livres 
hébreux imprimés en Italie, de parler en détail des gravures sur bois 
servant à encadrer les titres et les pages. Il n'aurait pas fallu manquer de 
citer le premier graveur sur bois juif dont le nom nous soit connu, celui 
qui a orné de plusieurs encadrements magnifiques l'édition princeps du 
Commentaire du Pentateuque par Behaï, Naples, 1482: Moïse b. Isaac, 
ainsi qualifié dans le colophon : rrwyb yy nizmm awnm D^n unn 
Oicnn rôfctVw bsa. — Ce qui est dit p. 82 de l'édition de Sanhédrin de 
Barco manque de précision et l'étalage de science sur le mot »TS chez 
Raschi (p. 83-84) est complètement faux. L'auteur a omis d'indiquer le 
passage où Raschi explique D"HS par « disciples de Jésus de Nazareth », et 
pour cause, car ce passage n'existe pas. Il a utilisé et cité Popper, p. 21, 
mais il ne l'a pas bien lu ; quant à Rabbinowiez, Maamar, p. 25, n. 29, il 
ne l'a pas vu ou ne l'a pas compris. — P. 92, note, il faut effacer le mot 
always. — Il s'étonne (p. 92) que Gerson (Jérôme) Soncino désigne son 
édition de Pétrarque parue en 1503 à Fano comme le premier fruit de ses 
travaux. Mais ces mots ne veulent pas dire que c'était le premier ouvrage 
imprimé par lui à Fano, puisque c'était le seplième, mais que c'était le 
premier qu'il imprimât avec ses nouveaux caractères ; cf. les mots 
« questa nova forgia de stampa » dans le poème dédicatoireà César Borgia 
(p. 96). — pinpnn '0 est traduit inexactement (p. 117) par « Livre de la 
Bouteille » et qualifié de « parodie grossière (broad) du Livre d'Habacuc ». 
La vérité sur ces points est exposée tout au long dans l'ouvrage de 
Davidson, Parody in Jewish Literature. — L'édition de Gersonide sur le 
Pentateuque à Pesaro en 1514 (p. 117, 142) n'existe pas, pas plus que celle 
du D^ia-NDtt '0 de Kimhi à Rimini en 1522 (p. 132) et celle du même 
ouvrage à Venise en 1521 (p. 133). — Il est inexact que ce soit seulement 



BIBLIOGRAPHIE 315 

après la mort de Gerson Soncino (1534) qu'on s'est servi d'un portail 
pour encadrer les titres (p. 132). Déjà la première grande Bible rabbinique 
de Venise (1517-1518) a cette figure au titre. — « Barfat, Responsa » (p. 145) 
est une désignation originale des ©"3^71 n'hta, mais le même ouvrage 
est cité plus loin (p. 304 en bas) sous le titre de « Séfer Bar Sheshet ». 
Cette manière de citer est d"un profane qui ne connaît pas bien l'ouvrage 
et qui copie sans réfléchir les indications bibliographiques qu'il a puisées 
à deux sources différentes. Mais pourquoi l'auteur n'a-t-il pas utilisé pour 
la liste des p. 144-145 l'article de Freimann dans la Zeitschr. f. Hebr. 
Bibliogr., IX, 22 et suiv. ? — P. 155 et suiv., il aurait fallu noter ce fait 
important que Samuel Bomberg reçut du pape Léon X, pour sa grande 
édition de la Bible, le privilège suivant, reproduit dans une partie des 
exemplaires à la fin des Hagiographes : « Ne quis hosce libros cum Tar- 
gum vel absque targum Bibliaeque expositores hebreos Ad decennium 
A. M.D.XV. imprimat vel imprimendos curet ; Léo. X. Pont. Max. sub 
excommunicationis et in terris Sanctae Roma. Ecclesiae librorum quoque 
amissionis pœna cavit. » Ce premier privilège en faveur d'un livre hébreu 
est devenu le modèle des Approbations rabbiniques postérieures 
(m»3Dïi), avec la défense de réimprimer dans un intervalle déterminé. — 
P. 205, l'auteur cite un ouvrage grammatical de Cidkia Anav, qui aurait 
paru chez Bomberg. Nous ne sommes pas curieux de connaître ce livre 
inconnu des bibliographes. Il n'existe pas. Il est dû à une confusion entre 
Benjamin b. Juda 3"ba (xvi e siècle) et Cidkia Anav (xm e ). .-». P. 217 : 
Pesukim uketubim, au lieu de Pesakim uketabim, est une lourde erreur, 
de même « the Gaon o/'Liwa», comme si Liwa était un nom de lieu et 
non un nom de personne ; de môme p. 219, pour Se fer Hanock, au lieu 
de Séfer hahinnuk CpaTin c), et pour la mention de Yipn ^n 
mp'VQÏTIi comme si c'était un livre distinct paru en 1525, alors que c'est 
seulement un appendice de la Bible rabbinique. Une grossière méprise 
est encore Shebile Haleket (p. 223) pour Shibbole haleket (Bp&K ^V).— 
Que faut-il entendre par les « Seven rules of Asher b. Yehiel » tp. 221 en 
bas)? D'où l'auteur sait-il que Yehiel b. Yekoutiel ha-Cohen était 
docteur? — P. 255, 1. 3-7, inexactitudes. D'abord l'ouvrage de Maïmonide 
ne s'appelle pas npTnrs t, mais min nSîBB ; ensuite, il a été imprimé 
non quatre, mais au moins cinq fois jusqu'en 1550. — La note de la p. 
266 est erronée. La bulle indiquée comme n'existant pas a été publiée 
in extenso en 1893 par M. Stern dans ses Urkundliche Beitrage, ce que 
l'auteur, avec un peu plus d'attention, aurait pu voir dans l'ouvrage, 
utilisé par lui, de Popper, The Censorship of Hebreir Hooks. — Les quatre 
signatures reproduites en fac-similé p. 301 ne prouvent pas, comme il le 
croit, une censure quadruple, car les deux dernières signatures de 1598 
sont étroitement attachées l'une à l'autre et attestent que Luigi da Bologna, 
sur l'ordre de Fr. Giov. Montef. .., inquisiteur de Modène, a soumis le 
livre à l'examen. Des notes de censeurs multiples (jusqu'à six) ne sont 
pas rares dans les ouvrages hébreux provenant d'Italie. — P. 328, lire 
Pius V, au lieu de Pius IV. — P. 330, Mirra di Crescino est Méir b. 



316 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Ephraïm. — Parmi les imprimeries hébraïques fondées an xvi e siècle, il 
aurait fallu citer celle de Bergamo, où une grammaire hébraïque de 
Guglielmo Franchi Romano, Neofita, intitulée wpn )roh ejeej, parut en 
1591, puis en deuxième édition, en 1599. — P. 358, note, les mots 
D^DWborî 173 (Kozari, in in.) sont, traduits « among publishers » ! — C'est 
à tort que la dépréciation de soi-même sous la plume de celui qui écrit, 
dans le style hébreu, est considéré par Fauteur comme une humiliation 
et un défaut de dignité (p. 394). — Il est amusant de relever une faute 
d'ignorance dans les corrections de fautes d'impressions (il y en a une 
douzaine environ). Un livre Amer naki, publié en 1810, est cité p. 397, 
note. Dans les Errata, on lit la « rectification » Orner naka. Ainsi l'auteur 
ignore non seulement le passage de Daniel, vu, 9 («pa "iwys), mais encore 
la prononciation et la signification de ces mots. 

En dépit de ces nombreuses inexactitudes et incorrections, en dépit de 
beaucoup d'erreurs et de fautes d'impression, et quoique ce livre ne 
constitue pas un enrichissement delà science, il mérite d'être chaudement 
recommandé. Gomme on n'y a pas employé de caractères hébreux et que 
tous les mots de cette langue ont été transcrits en lettres latines, il peut 
être lu avec profit même par ceux qui ne savent pas l'hébreu. Habilement 
composé, il est d'une lecture instructive et suggestive pour quiconque 
s'intéresse à l'histoire des impressions hébraïques. Il n'en a été tiré que 
500 exemplaires et le prix (3 dollars) est modique eu égard à la beauté de 
l'exécution. 

N. PORGES. 



Blaij (L.). Bâcher Vilmos élete es mùkôdése (La vie et l'œuvre de 
W. Bâcher). Budapest, Athenaeum, 1910 ; in-8° de xi +176 p. (Tirage à part 
de la Magyar-Zsidô Szemle, 1910, n° 1.) 

Le 12 janvier de cette année, M. Wilhelm Bâcher, directeur du Sémi- 
naire rabbinique de Budapest, a atteint sa soixantième année et les 
nombreux amis et élèves du maître ont saisi cette occasion pour lui 
témoigner leur affectueux dévouement. Il n'était pas besoin de cette 
circonstance pour apprécier la valeur scientifique de M. Bâcher; établie 
sur des œuvres d'un mérite durable, elle est reconnue dans des cercles 
chaque jour plus étendus. On sait depuis longtemps ce que la science du 
judaïsme doit à ce travailleur éminent, à ce pionnier qui a fraye des voies 
inconnues, à ce chercheur qui a enrichi nos trésors littéraires. D'ail- 
leurs, la modestie du jubilaire se dérobe aux honneurs. Les bienfaits 
qui rayonnent de son existence simple et calme sont si abondants et 
si variés qu'il est plus facile de les ressentir que de les décrire. Il n'est 
pas seulement le premier maître du Séminaire rabbinique de Budapest, 
où il a formé une lignée d'élèves distingués ; il en est le soutien, dans le 
sens le plus élevé du mot. Par l'ascendant de son caractère, il dirige, 



BIBLIOGRAPHIE 317 

anime et féconde les forces juvéniles qui lui sont confiées. Il ne recherche 
pas l'influence personnelle, il ne tient pas à se faire valoir, mais qui- 
conque a eu le bonheur de recevoir ses leçons reste sous le charme et 
se sent puissamment attiré vers lui. 

Aussi, bien qu'il puisse se passer d'hommages, tous ceux qui ont eu 
leur part de ses bienfaits ont-ils considéré comme un devoir de témoigner 
au maître leur profonde gratitude à son entrée dans la vieillesse, si Ton 
peut appeler vieillesse cette maturité allègre et toujours ardente au 
travail. C'est ainsi que le 25 janvier 1910 fut une fête pour l'école où 
M. Bâcher a enseigné pendant trente-deux ans et qu'il dirige aujourd'hui, 
fête aussi cordiale que solennelle. A cette occasion, la Magyar-Zsidô 
Szemle, dont le jubilaire fut un des fondateurs et rédacteurs, a édité un 
numéro spécial, également tiré à part, dont l'éditeur est M. L. Blau, 
disciple et collègue digne du maître. 

Le volume dédié à M. Bâcher se compose d'une série de travaux où 
sont appréciés tous les mérites de l'homme et de l'œuvre. M.Arnold Kiss, 
le célèbre en une ode d'inspiration élevée ; M. Fr. Mezey le caractérise 
heureusement ; M. Edouard Neumann retrace sa vie avec beaucoup de 
sentiment et M. Ludwig Blau dresse l'inventaire de son œuvre littéraire 
avec un soin minutieux ; elle ne comprend pas moins de six cent onze 
travaux, dont quarante-cinq livres; le reste se compose d'articles dis- 
persés dans quarante-six périodiques. M. Alexandre Bùchler s'occupe de 
la famille Bacharach, dont descend M. Bâcher; cette étude intéressante 
repose sur des documents d'archives et contient beaucoup de renseigne- 
ments nouveaux, qui méritaient d'être connus. 

M. Samuel Krauss apprécie Bâcher comme exégète biblique et le carac- 
térise par des traits fort justes ; il expose avec quelle précision et quelle 
sobriété le maître explique la Bible, l'élevant au-dessus de la littérature 
surabondante, comment il en favorise la connaissance positive et quels 
services il a rendus dans ce domaine. C'est M. Adolphe Bùchler qui 
étudie l'œuvre la plus considérable et la plus importante de Bâcher, 
celle qui est consacrée à l'Agada des Tannaïm et des Amoraïm. Il montre 
comment l'auteur y a groupé et ordonné les éléments dispersés de la 
littérature traditionnelle, comment il a fait revivre, à l'aide de leurs 
enseignements épars, la personnalité des docteurs du ïalmtui, avec quelle 
pénétration et quelle diligence il a recueilli les matériaux pour élever ce 
monument d'histoire littéraire. A cette étude se rattache un Index hébreu 
des ouvrages consacrés à l'Agada, par M. M. Guttmann ; c'est un répertoire 
qui sera utile à consulter. 

M. L. Venetianer caractérise Bâcher comme théologien en choisissant 
des exemples dans ses différents ouvrages et en réunissant de fines obser- 
vations qui font mieux comprendre les philosophes juifs du moyen âge. 
M. M. Kichtmann nous présente Bâcher comme orientaliste enrichissant 
la linguistique par ses études comparatives, révélant les relations litté- 
raires des Arabes et des Juifs, consacrant des études à Nizami et à Sadi, 
introduisant Schàhin et Imràni dans la littérature juive. M. Blau fournit 



318 REVUE DÉS ÉTUDES JUIVES 

des renseignements intéressants sur l'histoire de la traduction hongroise 
de la Bible, à laquelle Bâcher prit une part prépondérante. Le travail 
dura onze ans et occupa sept cent soixante-neuf séances. Il ne s'agissait 
pas seulement d'uniformiser les traductions antérieures ; elles furent 
remaniées quant au fond et quant à la forme et il en sortit une œuvre 
digne de l'exégèse moderne. M. B. Vajda retrace l'activité publique de 
Bâcher et M. J. Bânôczi, qui fut un des rédacteurs en chef de la Magyar- 
Zsidô Szemle, rappelle en termes cordiaux la collaboration du maître à 
cette revue. 

C'est à M Blau que nous sommes redevables de ce volume. Il contient 
beaucoup de notes biographiques qui n'intéressent pas la science pro- 
prement dite. Mais quand il s'agit d'honorer un homme dont toute la vie a 
été vouée au service de la science et dont la modestie a toujours dédaigné 
les questions de personnes pour se consacrer au fond des choses, les 
circonstances extérieures et les traits individuels n'acquièrent-ils pas du 
prix à nos yeux ? En honorant W. Bâcher, le judaïsme s'honore lui-même. 

J. Wellesz. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. LX, p. 70. — 1*mn:pT"D signifie à Rockenhausen. Tel est, en effet, 
le nom de la localité, et nullement Brauckenhausen, qui n'existe pas. 
Cette erreur, commise déjà par Graetz, a été corrigée par moi dans ma 
Geschichte der Juden in (1er Kurpfalz, p. 4, n. 5. — Lœwenstein, 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



TABLE DES MATIERES 



ARTICLES DE FOND. 

Aptowitzer (V.). Les noms de Dieu et des anges; contributions à 

l'histoire de la mystique et de la Cabbale 39 

Bâcher (W.). Les poésies inédites d'Israël Nadjara (suite et fin) 221 

Berto (Paul). Le Temple de Jérusalem (suite et fin) . 1 

Goldziher (I.). Mélanges judéo-arabes 32 

Heller (Bernard). La chute des anges : Schemhazai, Ouzza et Azaël. 202 
Hildenfinger (P.). Actes du district de Strasbourg relatifs aux Juifs 

(juillet 1790 — fructidor an III) 235 

Lévi (Israël). Les Dorschè Reschoumot 24 

Marmorstein (A.). L'épitre de Barnabe et la polémique juive 213 

Régné (Jean). Catalogue des actes de Jaime I er , Pedro III et Alfonso III, 

rois d'Aragon, concernant les Juifs (1213-1291) 161 

Schwab (Moïse). Manuscrits hébreux en France 98 

\Vellesz (J.). Méir b. Baruch de Rothcnbourg (suite) 53 

Wolfson (David). Le Bureau du commerce et les réclamations contre 

les commerçants juifs (1726-1746) 73 

NOTES ET MÉLANGES. 

Epstein (I. N.). Les Novelles de R. Nissim sur Meguilla 260 

Lévi (Israël). A propos du Talmud de Jérusalem (Taanit, 63 d-6ba). 256 

Kami.nka (A.). L'académie de Lydda 259 

Klein (S.). I. R. Josué à Emmaùs 106 

IL La Km Nnrrntt de Lydda 107 

III. R. Yosé et R. Yosé b. Hanina 109 

Schuhl (Moïse). Un manuscrit hébreu de la Bibliothèque de Rouen. 263 

BIBLIOGRAPHIE. 

Bâcher (W.). Û'ÔlOr'Pl \lftt nnriN HDD Varianten und Ergànzungen 
des Textes des Jerusalemischen Talmuds nach alten Quellen 
und handschriftlichen Quellen ediert, mit kritischen Noten 

und Erklarungen versehen, Traktat Joma, par B. Ratner. . . 151 



320 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Krauss (S.)- Sanhedrin-Makkoth, Die Mischnatraktate ùber [Staats- 

recht und Geriehtsverfahren, par H.-L. Strack 303 

Lambert (Mayer). Die Syntax des Autors der Chronik verglichen mil 

der seiner Quellen, par Arno Kropat 149 

Liber (Maurice). Revue bibliographique {suite et fin) 110 et 266 

Porges (N.). The makers of Hebrew books in Italy being chapters in 

the history of the Hebrew printing press, par D. W. Amram. 312 

Poznanski (Samuel). I. The Commentary of Rabbi Meyuhas b. Elijah 

on the Pentateuch 154 

. II. Geschiehte der Juden... Fûnfter Band. Geschichte der 
Juden vom Abschluss des Talmud (500) bis zum Aufbliihen 
der judisch-spanischen Kultur (1027). Vierte verbesserte 
und erganzte Auflage. Bearbeitet von S. Eppenstein, par 
H. Graetz 306 

Wellesz (J.). Bâcher Vilmos élete es mùkodése (La vie et l'œuvre de 

W. Bâcher), par L. Blau 316 

Additions et rectifications 160 et 318 

Table des matières 319 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 



DS 
101 

t. 60 




Revue des études juives; 
historia judaiea 



PLEASE DO NOT REMOVE 
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET 



UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY 




pp"Y 4 






% 



l < 



M n % 






^ 









o ■* 


>^^ 


s|| 


111 ^ 


— o 
==c/î 




= Q_ o 




U- 

— ^ co 


o= 


^=W CM 


*-» =g>- 


5= 


^=C0 4- 




7" 


d as 


=< co 


"~ w 


^ o> 



J*-*"* 









'i» 






'1 



> . 



V <-*&,